mardi, décembre 30

Top albums pour l'année en cours

Pour ce qui est de mes albums préférés de l'année en cours, je ne peux que vous faire part de cette statistique effarante. J'ai acheté deux fois moins d'albums récents en 2008 qu'en 2006, l'année où mon classement de fin d'année comptait 77 titres. Aujourd'hui, je me rends compte en consultant ma feuille Excel que je n'ai acheté "que" 38 albums de l'année. Plus inquiétant encore, je n'ai pour ainsi dire écouté aucun autre album de manière illégale ("Youpie !" diront les professionnels de la profession). Donc, le classement de mes albums préférés va être par la force des choses très incomplet. Je dirai un mot des grands absents en fin de billet.

Sans ordre particulier, mes 12 albums préférés et achetés cette année sont :
- Black Mountain - In The Future
- Elbow - The Seldom Seen Kid
- The Kills - Midnight Boom
- Nits - Doing The Dishes
- Portishead - Third
- We Are Scientists - Brain Thrust Mastery
- Sigur Ros - Med Sud ieyrum vid spilum endalaust (si je lis bien)
- Ladytron - Velocifero
- Micah P. Hinson - Micah P. Hinson and the Red Empire Orchestra
- I Was A Cub Scout - I Want You To Know That There Is Always Hope
- McFly - Radio:Active
- Johann Johannson - Fordlandia

Pas loin derrière on trouve :
- Lambchop - Oh Ohio
- Bloc Party - Intimacy
- The Music - Strength in Numbers
- Klaus Schulze and Lisa Gerrard - Farscape
- The Ting Tings - We Started Nothing

Ce qui me frappe le plus dans ce classement (outre ce que j'ai déjà mentionné dans mon précédent billet sur l'absence de véritables coups de coeur) est qu'on y trouve essentiellement des vieilles gloires, dont j'ai déjà plus ou moins aimé les précédents albums. Dans mon top 12, on ne trouve ainsi que deux un premiers albums (Black Mountain et I Was A Cub Scout). Il semblerait donc que j'aie pris étonnamment peu de risques cette année, restant prudemment à distance des différentes hypes, qui ont pourtant comme toujours été nombreuses.

Pour remédier à cet état de fait, je me suis donné pour mission durant ces vacances de Noël d'écouter les albums qui semblent faire l'unanimité dans les classements récapitulatifs de ces derniers jours. Je donnerai brièvement mes impressions au fur et à mesure des écoutes. L'exercice est évidemment assez iconoclaste car je dois en une écoute (parfois deux) me confronter aux déluges d'éloges qui nous ont envahi les oreilles pendant des semaines et la tentation est donc vive d'être hyper-critique, d'autant que, tant qu'à faire, j'aimerais autant me convaincre que je n'ai rien raté d'important cette année.

- MGMT - Oracular Spectacular : Un survol de mon agrégateur de blogs et de la presse musicale semble indiquer qu'il s'agit des grands gagnants de l'année. La manière dont on en parlait ces derniers mois ne m'avait jamais permis de savoir si c'était un groupe de rock ou d'électro. Il s'agit en fait d'un savant mélange des deux et, malgré la voix très moyenne du chanteur, j'y trouve de quoi tapoter du pied sous mon bureau. A réécouter.
- Vampire Weekend - s/t : Je ne sais qu'en penser, c'est rentré par une oreille et directement ressorti par l'autre. Ca doit être le violon qui a mis la blogosphère en émoi. La blogosphère est souvent en émoi quand il y a du violon.
- Fleet Foxes - s/t : Bon, comme c'était l'album qui faisait le plus l'unanimité, je n'en attendais pas grand-chose, mais je dois bien avouer que, après une écoute, je suis vraiment sous le charme. Je vais sans doute l'acheter pour le réécouter dans de bonnes conditions.
- Bodies Of Water - A Certain Feeling : Le retour de la vengeance des clônes d'Arcade Fire. Déjà que j'aimais seulement très moyennement les originaux, là, après une écoute, je sature sévère, avant de reconnaître à contrecoeur après la deuxième écoute que la première moitié de l'album se laisse gentiment écouter.
- Deerhunter - Microcastle :
- Hercules & Love Affair - s/t : A part la présence top-crédibilité d'Antony, j'ai vraiment du mal à comprendre l'engouement. C'est dans l'ensemble de l'électro assez poussive, non ?
- Lykke Li - Youth Novels : Annie était la Britney pour bobos, et Lykke Li est l'Annie pour ultra-bobos. Cela dit, c'est pas mal dans le genre bubblegum pop éthérée pour gens qui voudraient aimer la pop mais restent accros à leur compilation Buddha Bar.
- Santogold - s/t :
- Bon Iver - For Emma Forever Ago :
- Crystal Castles - s/t : En lisant ce que le NME en disait, je m'attendais à des fous furieux, genre Selfish Cunt meet the rrrriot-girrrrrl movement. Et en fait, pas du tout, c'est très sage, très bien peigné et sans grand intérêt, à part Tell Me What To Swallow, un morceau calme qui est tout à fait charmant.
- Black Kids - Partie Traumatic : Parce que chaque année a besoin de son Go! Team pour faire tapoter du pied les journalistes musicaux qui s'encroûtent devant leur écran. Ca marche, il y en a même un ou deux qui se seraient discrètement déhanchés pendant une réunion de rédaction.

Autre avantage de ces écoutes différées : les albums sont à présent disponibles pour une bouchée de pain et je peux donc compléter ma collection pour pas cher, en commençant par Fleet Foxes, MGMT et Lykke Li.

lundi, décembre 29

Top albums pour l'année écoulée

Décembre est typiquement le mois des bilans. Voici donc la liste des 14 albums de l'année écoulée que j'ai préférés, sans ordre particulier :

- !!! - Myth takes
- Arctic Monkeys - Favourite Worst Nightmare
- Autechre - Quaristice
- Gui Boratto - Chromophobia
- Vic Chesnutt - North Star Deserter
- Girls Aloud - Tangled Up
- Grinderman - s/t
- Mika - Life In Cartoon Motion
- Pan Sonic - Katodivaihe
- Radiohead - In rainbows
- Britney Spears - Blackout
- Tarwater - Spider Smile
- Patrick Wolf - The Magic Position
- Robert Wyatt - Comicopera

Une liste où on retrouve 3 albums de pure pop, 4 albums de rock indépendant, 4 albums d'électro plus ou moins expérimentale, 1 album de pop ciselée vétéran avec des petits bouts de Eno dedans, 1 album de post-rock&folk et 1 album de Patrick Wolf (bien que ce soit l'album de lui que j'aime le moins). Par ailleurs, depuis que ce blog existe, il s'agit de l'année où j'ai acheté le moins d'albums récents. Serait-ce le début de la fin pour ma frénésie de tout connaître et tout entendre ? Peut-être. Cette impression est en tout cas corroborée par le fait que, sur ces 14 albums, il n'y en a pas un seul que j'aie réellement A-DO-RE !, qui m'ait mis dans les mêmes états de plaisir orgasmique que les albums ayant pris place au sommet de mes classements de mes années précédentes (Lycanthropy, Hail To the thief, le premier album des Post Industrial Boys, etc...). La musique continue de m'accompagner mais elle ne me procure plus des plaisirs de la même amplitude qu'il y a un ou deux ans, se trouvant le plus souvent réduite au rôle ingrat d'accompagnement sonore. Dure réalité, mais à laquelle je devrais sans doute me faire, car je ne vois pas les choses changer dans l'immédiat. Tout ceci fera d'ailleurs sans doute avant longtemps l'objet d'un billet ici-même.

Pour information, les 9 suivants, toujours sans ordre, sont :
- Bat for lashes - Fur and gold
- Cold War Kids - Robbers & Cowards
- Einstürzende Neubauten - Alles Wieder Offen
- Enter Shikari - Take to the skies
- Jonny Greenwood - OST There Will be Blood
- Klaxons - Myths of the near future
- Lupen Crook and the Murderbirds - s/t
- Cass McCombs - Dropping the Writ
- Marissa Nadler - Songs III: Bird on the water

jeudi, décembre 25

Les joies des soldes

Acheter pour 3€ deux disques d'un chanteur folk américain dont on connaissait vaguement le nom et se rendre compte que le premier morceau du premier disque est déjà formidable :



De plus, le message de cette vidéo est de circonstance aujourd'hui. Joyeux Noël à tous.

dimanche, novembre 23

Je vois tout....

.... si vous êtes trentenaires, je peux lire dans vos pensées, la preuve :



(source : http://bum.net/pics/final.jpg)

samedi, novembre 8

Euréka ! La réponse !

Les lecteurs les plus fidèles de ce blog se rappelleront peut-être que je me suis creusé les méninges pendant plusieurs semaines pour retrouver à quoi pouvait bien me faire penser Gabriel de Najoua Bélyzel.

Rappel des faits : Voici la chanson de Najoua Bélyzel.



Après cogitations intenses et mises en commun de plusieurs personnes "on-line and in real life", j'ai réussi à isoler des traces du Self-Control de Laura Branigan (les oh oh oh principalement), les percussions de Bette Davis Eyes de Kim Carnes, la basse d'introduction de Can't Get You Out Of My Head de Kylie Minogue, des traces aussi du générique du dessin animé Les Mondes Engloutis, pour ne parler que des plus évidentes. Les ressemblances sont manifestes. Pourtant, je ne parvenais pas à me défaire de l'idée que ce n'était pas vraiment à une de ces chansons-là que j'avais tout de suite pensé en entendant Gabriel pour la première fois. Pendant presque trois ans, la question était restée ouverte, même si je n'y avais plus repensé depuis des lustres.... jusqu'à ce soir.

Alors que je prenais un verre après être allé voir un spectacle de danse, mon oreille a été attirée par une vieille chanson des années 80 qui m'a tout de suite fait repenser à ce mystère inéclairci.



Bizarrement, la chanson ressemble objectivement plutôt moins à Gabriel que certaines des hypothèses précédemment citées. Pourtant, je suis formel. C'est bien à Femme Publique que j'avais spontanément associé la chanson de Najoua Bélyzel. Le cerveau humain est décidément plein de mystères.

Je vous laisse juge, mais personnellement, je vais me coucher avec le sentiment du devoir accompli.

I'm a Barbie Girl, in a Barbie world.



La course pour la plus laide pochette de l'année vient de connaître un tournant, que j'imagine décisif. J'ai du mal à voir qui pourrait faire pire dans les prochaines semaines (à moins évidemment que Mercury Rev ou Mansun ne sorte une compilation pour les fêtes).

mercredi, novembre 5

Remarquable contribution à la musique

Le deuxième meilleur groupe du monde (c'est les Pet Shop Boys pour ceux qui débarquent ici par hasard) vont recevoir un "Outstanding Contribution to Music Award" à la cérémenonie des Brit Awards cette année. La nouvelle ne manquera pas de faire sourire les fans de longue date. En effet, il y a quelques années, lorsque le groupe était au faîte de sa gloire et que l'arrogance était devenue pour eux une seconde nature, Neil Tennant avait déclaré que les Brit Awards étaient "irrelevant" et qu'ils refuseraient une stautette "Brit d'honneur" avec tout le mépris qu'une telle accolade (sous-entendant sans doute un truc du genre "il n'y a rien de pire que d'être aimé par des marchands de soupe"). Cela dit, ils ont déjà reçu un Brit du meilleur single britannique pour West End Girls en 1987 et un Brit du meilleur groupe britannique en 1988, et ont participé à plusieurs reprises à la cérémonie.



Il sera amusant de voir ce que Neil et Chris vont bien pouvoir faire maintenant qu'ils sont redescendus de leur piédestal commercial, rester fidèle à leur intransigeance de jeunesse ou bien mettre de l'eau dans leur vin. Je suppute qu'ils feront un peu les deux en acceptant le prix, tout en le prenant publiquement à la légère.

Pour les fans (et uniquement pour les fans, les autres n'y comprendront pas grand-chose) le billet de Popjustice sur la "performance" qu'ils devraient présenter lors de la cérémonie est un petit bijou.

jeudi, octobre 16

L'original, le connu et le parodié

L'original (ou "ce à quoi nous avons échappé") :


Le connu (ou "comme quoi un budget marketing et un producteur, ça sert vraiment", ou encore "un des clips qui a le plus façonné mes goûts futurs, pour le meilleur et pour le pire) :


Le parodié (ou "c'est bête mais ça me fait beaucoup rire") :

mercredi, octobre 15

Recette pour un buzz annoncé

Björk (talent unique ! admirable liberté ! Islande ! Matmos ! Visionnaire !)

+ Thom Yorke (génie ! RADIOHEAD ! OK fucking COMPUTER ! Album directement vendu sur Internet ! Visionnaire !)

+ Lightning Bolt (expérimentation ! noise ! le groupe préféré des musiciens au nez fin ! percussions hallucinantes !)

+ bonne cause (sauvons la planète ! Carbon footprint ! ne laissons pas l'industrie défigurer le dernier paradis sur Terre de l'hémisphère nord ! Geyser4ever !)

=


(plus d'infos ici)

PS : Cela dit, on pourrait croire que je me moque, mais la chanson est très bien.

lundi, octobre 6

Je suis une merde...

Micah P Hinson (presque album de l'année ici-même en 2004, Myspace) est en concert à 500 mètres de chez moi, mais je me suis levé ce matin à 6h (ce qui ne m'arrive pour ainsi dire jamais) et je viens seulement de rentrer du boulot. Je crains donc fort de faire l'impasse sur le concert. Me connaissant, j'avais tenté d'acheter une place en prévente la semaine dernière, mais les organisateurs n'en avaient pas prévu. Grossière erreur car, le ticket en poche, je me serais senti obligé d'y aller.

Pour me faire pardonner, un mp3 de John Maus chez Stereogum.

dimanche, octobre 5

Blind-test

Je reviens d'un blind-test, qui avait lieu dans un café du centre de Liège. Il est sans doute révélateur de l'état de déchéance de mes exigences artistiques que les deux chansons que j'ai eu le plus de plaisir à réentendre furent :



et


(pour cette dernière vidéo, la chanson commence à 2:06)

mardi, septembre 30

Marc Moulin est mort

Marc Moulin, pour un belge francophone, c'était nettement plus qu'un musicien. En multipliant les casquettes, il était devenu une personnalité incontournable dans notre paysage culturel et médiatique : homme de télévision et de radio, chroniqueur et musicien, pour me limiter à ses activités que je connais le mieux. J'ai l'impression de connaître Marc Moulin depuis toujours. J'ai grandi en écoutant La Semaine Infernale et Le Jeu Des Dictionnaires sur la RTBF. Plus récemment, j'ai lu pendant des années ses chroniques dans le Télémoustique. En fait, finalement, ce sont ses oeuvres de musicien que je connais le moins bien. Jazzman à la base, il a fondé, bien avant Brian Molko, le collectif Placebo (dont je ne sais rien), avec notamment Philip Catherine.





A le fin des années 70, il fonde dans la lignée de Kraftwerk et des débuts de l'italo-disco, le trio Telex, qui est sans doute ce qui l'a fait connaître du plus grand nombre. Une compilation hommage comprenant une impressionnante collection de remixes est ainsi sortie il y a une dizaine d'années.







Dans les années 80, il a surtout produit et composé des chansons pour notamment Lio et Alain Chamfort. Depuis une dizaine d'années, il s'était reconverti dans le jazz-lounge en sortant trois albums sur Blue Note, un peu dans la lignée de Saint-Germain, ce qui ne m'intéressait à dire vrai pas beaucoup.



EDIT : Vous pouvez découvrir tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur Marc Moulin en écoutant le podcast en trois parties de l'émission spéciale de la RTBF radio ce matin, où j'ai notamment appris qu'il était un ami proche des Sparks et avait co-produit un de leurs albums.

PS : La disparition de Marc Moulin m'a vraiment affecté. Cela dit, je suis bien conscient que mes billets "Machinchose est mort" sont toujours d'une effrayante banalité, mais je ne peux m'empêcher de les trouver justifiés, bien que je serais bien en peine d'expliquer pourquoi la mort de quelqu'un crée souvent un besoin de découvrir son oeuvre.

vendredi, septembre 26

Journal d'une crise

14h00 : Après un frugal dîner, je me remets au travail en écoutant, pour me faire une idée de ce que c'est, un album de DJ Tiësto (oui, je sais c'est une drôle d'idée). J'en suis à la dernière plage et suis un peu surpris d'entendre une mélodie bien connue s'immiscer parmi les beats habituels. Naïvement, je pensais qu'il n'y avait pas la place pour deux reprises trance pouet-pouet du même morceau, que le marché était déjà saturé et que DJ Tiësto aurait mieux fait de reprendre l'Adagio d'Albinoni ou la Sonate au clair de lune de Beethoven. Néanmoins, ne voulant pas être injuste en vouant aux gémonies un Tiësto qui aurait en fait été un précurseur, je m'en vais regarder sur la pochette la date de l'album : 2004. Autant dire hier. Sûrement le remix de Ferry Corsten de la version de William Orbit était antérieur. A l'époque où elle était sortie, on voyait même encore des clips à la télé, c'est dire si ça antédiluve ta mère en peaux de bête devant les grottes de Lascaux. Mais bon, comme il n'est jamais mauvais de vérifier ses sources, je me lève pour aller chercher le CD single. Je me dirige calmement, sûr de la pertinence de mon classement, vers mes étagères à CD, dirige mon regard vers les 'O' et d'un doigt tranquille caresse les tranches : Placebo, Pixies, Piano Magic, Pearls Before Swine, Panasonic, Pan American, Mark Owen, Our Brother The Native. Comme un roi moyen-âgeux parcourant d'un regard son royaume du haut de la tour de son château, je regarde défiler ces CD attendant servilement mon bon plaisir pour accomplir leur office. Jim O'Rourke, OMD, Orbital. Voilà, ça y est. Il est là ! Confiant, je tends la main mais, qu'arrive-t-il ? Non, IL N'EST PAS LA ! Mon CD single de William Orbit n'est pas à sa place. Entre In-Sides d'Orbital et le CD single de Walking on Thin Ice de Yoko Ono, il n'y a rien. La surprise de ne pas voir rangé à sa place un disque que j'étais sûr de posséder est réelle et mon petit coeur de collectionneur fait un bond (que je serais enclin à qualifier de pathologique mais l'heure n'est pas aux considérations psychiatriques de comptoir).

14h05 : La résistance s'organise. Que personne ne sorte, appelez le FBI. Mettez la pièce sous scellés. Je veux quinze agents 24h/24 sur cette affaire. Top priority !

14h10 : Avant d'accuser à tout va les membres de mon entourage, je tente de réfléchir sur les causes possibles de la disparition. Ai-je en des temps immémoriaux prêté ce disque à quelqu'un ? Je n'ai pas l'impression. Il y avait bien eu une discussion à ce sujet avec mon frère, mais il me semble qu'il avait fini par le télécharger (légalement je suppose, il est très bien élevé). Aurais-je pu le ranger ailleurs ? Pour être sûr, je regarde dans mon classement à tous les endroits possibles : W comme William, B comme Barber (dans mon étagère 'classique'), C comme Corsten... Et comme chou blanc. Rien. Nada.

14h20 : Je continue ma recherche aux alentours de l'endroit où le disque aurait dû être. Sinead O'Connor, Nusrat, Gary Numan, jusqu'aux singles de Justin Timberlake, bien évidemment rangés à N comme Nsync. Sans résultat, si ce n'est me rappeler que j'ai tout de même une chiée de disques assimilés peu ou prou à ces derniers. Mais ce n'est pas le moment de se remémorer ses coups de coeur passés. L'heure est grave. Je me dois de rester concentré sur ma mission.

14h30 : La panique est à son comble. En désespoir de cause, je refais toutes les étagères Benno à plus ou moins dix cases de l'endroit où le disque aurait dû être, portant une attention particulière au fond des étagères, pensant qu'une fausse manoeuvre aurait pu faire en sorte que le petit CD single cartonné se serait immiscé là lors d'une des précédentes réorganisations de ma collection. Je crois un instant ma quête couronnée de succès quand je sens une pochette cartonnée sous mes doigts en dessous des disques du compartiment supérieur de mon Benno L-Q (en-dessous du coffret de Low si vous voulez vraiment tout savoir). Las, il ne s'agit que d'un promo de Kings Of Convenience offert avec un vieux numéro des Inrocks. L'envie me prend de le jeter par terre de rage, mais je me reprends bien vite et le glisse consciencieusement entre mes deux albums du groupe. Ce serait bête que, dans deux ans, je revive mes affres actuels en le recherchant (bien que je me demande bien pourquoi j'irais chercher un CD promo single alors que j'ai l'album, que de plus je n'écoute jamais, mais bon, trève de digressions). Puis je repars à l'assaut de la montagne que ce coquin de sort a placée sur ma route en cette belle après-midi ensoleillée. Il ne sera pas dit que je me suis laissé aller au découragement et au désespoir.

14h35 : Oubliant complètement le travail que je m'étais assigné pour aujourd'hui (je prendrai sur mon weekend s'il le faut), je m'assieds à mon bureau pour tenter de retracer l'ensemble des mouvements de disques au cours des trois dernières années. La case des O était-elle dans l'organisation précédente plus en amont ou plus en aval ? Autrement dit, avais-je rajouté une étagère en début de classement ? Auquel cas, les O étaient auparavant plus en aval dans l'agencement naturel des étagères. Ou avais-je au contraire libéré une étagère vers la fin de mon classement ? Auquel cas les O risquent bien d'avoir été plus en amont, là où sont maintenant les N, les M, les L, voire les K ou les J. Force est de constater que je n'en sais plus rien. Le trou noir. J'ai l'impression que mes disques ont de toute éternité été rangés de cette façon et que jamais ils ne furent bougés.

14h45 : Cela fait 45 minutes que la musique s'est arrêtée et je ne pense même pas à aller remettre un disque. Comment pourrais-je apprécier un disque de substitution alors que LE disque vers lequel tous mes sens se tendent reste introuvable. Je décide d'envisager le problème sous un autre angle. Aurais-je pu embarquer par erreur le William Orbit alors que je déménageais pour une raison ou pour une autre un de ses voisins. Je ne vois pas pour quelle raison j'aurais pu placer Orbital ailleurs que dans les O, ce serait absurde ! Je ne suis pas maniaque pour rien. Pareil pour Yoko Ono. Je n'ai même pas un John Lennon auquel j'aurais pu l'accoler. A moins que... à moins que..., car sur le single de Yoko Ono, il y a un remix des Pet Shop Boys, et il fut un temps où tous mes remixes des Pet Shop Boys étaient classés avec les disques du groupe. Reprenant espoir, je plonge vers mon étagère "vaches sacrées" (Dead Can Dance, Pet Shop Boys, Nits) et m'en vais farfouiller à la fin du classement PSB, là où toutes les pièces rapportées sont rassemblées (Pete Burns, Fat Les, Back To Mine, etc.) et, miracle, hosanna, kyrie, il est là, négligemment placé entre le Pete Burns et le premier album de Dead Can Dance, semblant ne même pas se rendre compte du mauvais tour qu'il venait de me jouer. Bouh, vilain CD!

Mais non, tout est pardonné, d'ailleurs je me le mets :

mercredi, septembre 10

Popjustice vs Mercury

Le Nationwide Mercury Prize est sans doute le prix musical le plus réputé de Grande-Bretagne. Il récompense chaque année le meilleur album britannique et fonctionne sur base d'un jury de 12 personnes. Il est donc un peu l'équivalent musical du Festival de Cannes, alors que les Brit Awards, ls Victoires ou les Grammy Awards sont l'équivalent des Oscars. Depuis 2003, Popjustice organise le même soir que la remise du Mercury Awards, une cérémonie plus intimiste pour le meilleur single pop britannique, le £20 Music Prize. Chaque année jusqu'ici, j'ai préféré le gagnant du prix offert par Popjustice à celui du Mercury Prize, bien que ce dernier soit en général toujours de qualité.

2003 : Girls Aloud - No Good Advice (8/10) vs Dizzee Rascal – Boy in Da Corner (7.5/10)
2004 : Rachel Stevens - Some Girls (10/10) vs Franz Ferdinand – Franz Ferdinand (6/10)
2005 : Girls Aloud - Wake Me Up (8/10) vs Antony and the Johnsons – I Am a Bird Now (7/10)
2006 : Girls Aloud - Biology (9/10) vs Arctic Monkeys – Whatever People Say I Am, That's What I'm Not (8/10)
2007 : Amy Winehouse - Rehab (8/10) vs Klaxons – Myths of the Near Future (7/10)

Cette année, en revanche, sera différente. En effet, Elbow vient de gagner le Mercury Prize avec The Seldom Seen Kid, alors que le £20 Music Prize se décide en ce moment dans un pub londonien entre About You Now des Sugababes et Call The Shots de Girls Aloud. Deux bonnes chansons mais qui ne font pas le poids face à un de mes groupes préférés.

2008 sera-t-elle l'année où je tourne définitivement le dos à la pop ? Sans doute pas. Surtout quand les Pet Shop Boys annoncent qu'ils vont faire produire leur nouvel album par Xenomania, les producteurs derrière la plupart des singles de Girls Aloud (si pas tous, cela demanderait à être vérifié).

Girls Aloud - Call the Shots



Sugababes - About You Now



Elbow - The Bones Of You



Elbow - One day like this

mardi, septembre 9

Hector Zazou est mort

En guise d'hommage, je vous propose de (ré-)écouter la plus belle chanson de Björk, extraite de son album Chansons des Mers Froides, que je vous recommande vivement.



Tant qu'on y est, voici aussi un extrait de Sahara Blue, avec la participation de Dead Can Dance.



(ignorez les images, qui sont extraites du récent et superflu remake des Mystérieuses Cités d'Or par Spielberg, aussi appelé Indiana Jones et le crâne de cristal.)

Ce sont à dire vrai les deux seuls albums de Hector Zazou que je connaisse. Lorsque les hommages plus érudits tomberont, je donnerai quelques liens pour ceux qui veulent en savoir plus sur le personnage. C'est mon côté service public.

mercredi, septembre 3

Henk fait sa Carla

Une session acoustique de Henk Hofstede, seul à la guitare, est disponible sur le site de Planet Claire. Au programme, huit titres parmi lesquels quelques classiques des Nits et des extraits de leur dernier album, Doing The Dishes.

(désolé pour le titre consternant que j'ai donné à ce billet)

samedi, août 23

Mais.... mais... mais

C'est moi ou bien cette chronique d'un enregistrement des quatuors à cordes de Philip Glass sur le site d'ARTE s'est inspirée de mon billet sur la Blogothèque ?

La chronique d'ARTE :

Je ne sais pas pourquoi, mais la musique de Philip Glass m’a toujours fais songer au mouvement presque immobile du paysage aux fenêtres des trains. Certes, pas n’importe quel train : la malédiction de la vitesse et du confort qui frappe nos contemporains a réservé aux voyageurs de province le plaisir de voir la fuite des arbres et des maisons accompagné du bruit régulier que les wagons produisent en glissant sur les rails.

Musique ferroviaire donc, musique de rêve surtout. A moins que tout cela ne se fonde dans un même concept : la musique de Philip Glass, cet art de la répétition, pourrait bien surgir d’un rêve éveillé, née du mouvement et de l’immobilité d’une très antique micheline. [...]


Mon billet :

Le soir tombe. Vous prenez le train. Comme vous avez oublié d’emporter un bouquin, vous n’avez rien de mieux à faire que de regarder par la fenêtre. C’est une activité frustrante. Tout ce qui est proche de vous et dont vous pourriez avoir une vision claire (les maisons et les arbres qui longent la voie, les panneaux indiquant le nom des gares traversées) n’est visible que pendant une fraction de seconde puis aussitôt relégué dans le lointain par la course inexorable du train. Ce qui est plus éloigné (l’orée d’une forêt à l’horizon ou le clocher d’un village situé à bonne distance de la voie par exemple) apparait sans détails, comme un contour indistinct à moitié noyé dans la pénombre. Dès lors, en quelques secondes, vous en faites le tour et votre regard se remet automatiquement à errer dans le vague. L’ennui menace.

Personnellement, je trompe en général cet ennui en baissant les yeux et en observant les rails de la voie d’à côté. Dans un champ de vision où rien ne devrait a priori pouvoir se maintenir, ces interminables poutres de métal luisant apportent un trompeuse apparence de stabilité que seules quelques variations lentes et progressives (voies qui s’éloignent ou se rapprochent au gré du relief, de rares aiguillages) viennent troubler. Le bruit régulier du train passant d’un tronçon de voie (tougoudou tougoudou) à l’autre contribue également à me faire sombrer dans une torpeur contemplative. [...]


A moins que ce billet dont j'étais si fier ne contienne en fait que de consternantes banalités ? Mais non, je n'ose y penser, ce serait trop horrible.

lundi, août 18

Pré-annonce

Cette année, je n'ai pu assister qu'à une seule journée du Pukkelpop, ce qui ne m'a pas empêché de voir au moins deux excellents concerts. J'y reviens très vite. En attendant, vous pouvez avoir ci-dessous un avant-goût de ce dont je reparlerai très vite.



dimanche, août 10

Isaac Hayes est mort





Les sampleurs du monde entier sont en deuil.

EDIT : Comme mes bons amis de la Blogothèque se font remonter les bretelles, je précise que je n'en dirai pas plus car je n'en sais pas beaucoup plus. Allez plutôt voir par là ce qui s'y passe.

mardi, août 5

Christian Music

Je viens de regarder Jesus Camp, un documentaire traitant du mouvement évangéliste américain que je vous conseille vivement. J'en retire, outre une grosse grosse déprime, quelques noms de représentants de cette fameuse "musique chrétienne", dont on ne sait rien ici mais qui représente une bonne part de l'entertainement business aux Etats-Unis.

Jusqu'à présent, je savais juste que :
- les affreux Evanescence avaient commencé leur carrière dans ce milieu,
- un des membres des Backstreet Boys (je fais semblant de ne pas savoir lequel, alors qu'en fait, si, mais chut...) s'était un temps recyclé dans le genre
- j'aimais beaucoup cette chanson de P.O.D., honorable représentant de la vague nu-metal-pop qui avait dominé MTV il y a quelques années.
I feel so alive
For the very first time
I can't deny You
And I think I can fly



A part ça, ça restait très mystérieux. C'est donc avec une certaine curiosité que j'ai épluché le générique de fin du film pour dénicher cette perle :



Je ne sais si le caractère complètement ridicule de ce clip et de cette chanson doit me rassurer (des gens qui foirent à ce point leurs instruments de propagande ne doivent pas être si dangereux) ou m'inquiéter (si même ça, ça marche, ces pauvres enfants doivent vraiment avoir perdu tout sens commun)

(pour les curieux, les paroles sont ici)

Le fossé culturel entre les Etats-Unis et l'Europe (un de mes sujets de conversation favoris) ne m'a en tout cas jamais paru aussi grand, même si nous avons tout de même à répondre de ça.



(à part ça, la musique du film est très efficace. Je vais voir si j'en trouve la trace quelque part)