samedi, septembre 25

Guess who's back !

Peut-être est-ce déjà une info faisandée, mais le nouveau single d'Eminem est en écoute sur son site officiel. De persistantes rumeurs annoncent que la vidéo accompagnant le morceau va faire beaucoup parler d'elle. Je crains que ce brave Marshall ait bien besoin de ce petit coup de pouce publicitaire, parce qu'après une poignée d'écoutes, je suis franchement dubitatif sur la chanson.

Sinon, sur ma page de référence en ce qui concerne les clips vidéos, on peut écouter (et voir) le single de Alcazar (rappelez-vous "Crying at the Discotheque"). "This is the world we live in" mélange de façon monstrueuse "Upside Down" de Diana Ross et "Land of Confusion" de Genesis, et c'est à fuir. Pour ne rien arranger, on apprend sur la même page que Dido se lance dans la dance music et que Rachel Stevens tente de devenir la nouvelle Kylie.

Ce sont deux mauvaises idées.

On peut aussi arriver à cette consternante conclusion. Il suffit dorénavant d'une mélodie de 10 secondes et d'une vidéo avec de la fesse frétillante pour faire un carton mondial. Après Benny Benassi et son catalogue des travaux publics, voici donc Eric Prydz et ses séances d'aérobic. Un jour, Daft Punk comparaîtra devant un tribunal pénal international pour avoir ainsi lancé la mode de ces morceaux dance qui tournent à vide et ne fonctionnent que grâce à l'image. Quand je veux piquer une petite colère rentrée pour me changer les idées, je les imagine souvent dans leur loft Versaillais.

"Around the world, around the woorld. Around the world, arouund the woorld". Et voilà, c'est dans la boîte, Guigui. On n'a plus qu'à programmer la boucle et appeller Gondry. A nous les royalties, et tu verras, si ça se trouve, dans 10 ans, on nous dira que nous avons révolutionné la musique avec nos conneries. On est vraiment trop forts."

Heureusement, lorsque la pop me laisse ainsi lâchement tomber, Nick Cave, Björk, Post Industrial Boys, Interpol et les autres sont là pour me remonter le moral. J'espère parler plus longuement de tout cela dans les prochains jours.

jeudi, septembre 23

"Self-satisfied petty bourgeois"

Une critique très intéressante de la représentation du Cuirassé Potemkine dont j'ai parlé ici il y a quelques jours est apparue sur le World Socialist Web Site. Clairement, la musique pop ne fait pas partie des préoccupations principales des responsables du site. Ils ne se gênent pourtant pas pour lapidairement résumer la carrière des PSB et leur musique, sujets dont ils ne savent clairement pas grand chose. Cela rend un peu moins percutante leur (légitime) accusation selon laquelle les Pet Shop Boys n'étaient sans doute pas suffisamment informés des événements de 1905 pour pouvoir faire justice au propos du film. Cependant, tout ce qui concerne l'interprétation politique du film est assez bien vu, leurs remarques sur l'adéquation entre la musique et les images aussi, et le dernier paragraphe est un formidable exemple de taillage en pièces.

Pour relativiser tout cela, je rappelle que les Pet Shop Boys ont écrit ce qui restera sans doute la plus belle chanson sur les désillusions qui suivirent l'expérience communiste, en tentant d'imaginer les états d'âme d'un Chostakovich repensant, après coup, à ses engagements passés.

mardi, septembre 21

Le titre d'album du jour

"Hurrah! Another year, surely this one will be better than the last; the inexorable march of progress will lead us all to happiness..." par Youthmovie Soundtrack Strategies. Ce serait du post-rock burné si on en croit le CR de leur concert dans le NME. Je vais tenter de trouver ça.

De l'absence et de la nécessité du lien social

Ce blog fonctionne essentiellement en autarcie, et je n'ai jamais vraiment pris le temps de m'intéresser à ce que font les autres bloggeurs ou à tenter de trouver ma place parmi eux. En fait, je me suis lancé dans cette aventure un peu par hasard.
Au départ, je voulais juste poster un commentaire sur No Rock&Roll Fun, et en moins de temps qu'il n'en faut pour remplir deux formulaires, je me suis retrouvé avec un blog rien qu'à moi, tout propret avec sa belle présentation, sa jolie police de caractères et son adresse perso. La pensée de le laisser à l'abandon m'est vite devenue insupportable. Pourtant, je ne dispose a priori pas d'énormément de temps pour m'y consacrer (j'ai après tout une thèse à rendre pour décembre). Dès lors, je préfère me concentrer sur la rédaction des billets plutôt que sur l'exploration du monde extérieur. C'est ce qui explique notamment la pauvreté affligeante de ma colonne de liens (ça et le fait que je ne suis jamais parvenu à les incorporer comme je le voudrais dans mon modèle HTML). De plus, je crois, à tort ou à raison, que la plupart des gens qui atterrissent ici sont mieux informés que moi sur toutes ces questions. Pour les autres, je pourrais en fait me contenter de citer un lien, celui de la Blogothèque, d'abord parce que sa richesse et son professionalisme en font une sorte de fringant étalon des blogs musicaux francophones, ensuite parce que la myriade de liens que l'on y trouve recoupe assez largement la liste des blogs francophones que je consulte moi-même.
Cette référence était devenue d'autant plus inévitable que j'ai eu l'honneur et le privilège d'être approché pour collaborer au tout nouveau mp3-blog inauguré hier par leurs animateurs.

France - Rachel 1-1

J'ai la fâcheuse tendance, à quelques exceptions près, de ne pas prêter attention aux paroles des chansons que j'écoute. Lorsqu'il s'agit de textes en anglais, on pourrait mettre cela sur le dos de la paresse (la prononciation du chanteur anglo-saxon moyen est en-dessous de tout), mais même en Français, lorsque la compréhension de textes ne me demande presque aucun effort, j'ai tendance à ne pas considérer ce qui est dit comme réellement essentiel. A ma décharge, dans 90% des cas, les textes d'une chanson n'ont effectivement aucun intérêt. Qui irait par exemple prétendre que les textes de Franz Ferdinand, des Strokes, des Nits, de Britney Spears ou de Mogwai sont la principale cause de leur succès ? Les chroniques de disques passent également le plus souvent cet aspect sous silence. Le rap fait pour des raisons évidentes exception et seuls Eminem et The Streets m'ont ces dernières années donné envie de m'intéresser à leurs textes.

En-dehors de cela, il faut en général qu'un événement extérieur mette les paroles en lumière pour que je daigne m'y intéresser. Ainsi, cette inteview récente dans le NME où Rachel Stevens se voit expliquer la signification de ce qu'elle chantait sans réfléchir depuis des semaines et ne peut que dire "Oh mon Dieu. Vous avez raison. Je n'avais pas compris ça."

Si la légende dit vrai, elle rejoint ainsi France Gall au panthéon des chanteuses dont la candeur a été scandaleusement abusée par des paroliers libidineux.

vendredi, septembre 17

Avez-vous déjà fait ce cauchemar ?

Vous êtes tranquillement installé chez vous. Vous sirotez une boisson alcoolisée (ou non, selon votre bon plaisir) en feuilletant un exemplaire du catalogue Ikea. Un bonheur domestique pur, sans soucis, avec juste ce qu'il faut de perspective d'avenir pour ne pas étouffer sur place. Soudain, le téléphone sonne :

"Bonjour, je suis bien chez Monsieur ou Madame Trucmuche ? Oui ? C'est Europe 7 qui vous appelle pour le grand jeu de la Malette. La malette contient aujourd'hui 657 574 euros. Cette somme est à vous si vous pouvez me répondre à cette question. Vous avez cinq secondes. Citez le nom du groupe ayant enregistré récemment un formidable disque qui mêle à la fois une voix nonchalante mi-chantée, mi-parlée qui évoque Leonard Cohen, les rythmiques et les voix féminines de Broadcast et l'excès d'émotion du fado, le tout dans une langue qui a tout l'air d'être slave, mais pourrait tout aussi bien être scandinave. Top chrono."

Un. Tic tac. Deux. Tac toc. Trois. Toc Tuc. Quatre. Tuc tec. Cinq. Tec Tic.

"Vous ne voyez pas ? Quel dommage... Mais vous qui êtes à l'écoute, réjouissez-vous. Cela signifie que nous remettrons cette somme en jeu demain lors d'une nouvelle édition de la Malette.. En attendant, voici une nouveauté qui rappelle le premier single des Sugababes. C'est the 411, avec Dumb. Restez branchés sur Europe 7."

Puis il raccroche, sans que vous ayez pu proférer le moindre son.

C'est là que vous vous réveillez en sueur, terrifié à l'idée que ce rêve puisse être prémonitoire et que cette somme d'argent va réellement vous passer sous le nez pendant la journée.

Et bien, ne paniquez plus. Si par extraordinaire votre téléphone devait sonner, vous saurez quoi répondre. Cet album improbable, qui est à la musique ce que l'archéoptéryx est au monde animal (une aberration), a été enregistré par Post Industrial Boys. Je ne sais strictement rien d'eux, et Google n'est pas très coopératif pour le coup. Espérons donc qu'il n'y ait pas de questions subsidiaires du genre : "D'où viennent-ils ? Combien sont-ils ? Est-ce qu'ils aiment la mousse au chocolat ?". Sinon, vos projets de vacances à Tahiti pourraient bien quand même tomber à l'eau, ce qui serait dommage.

jeudi, septembre 16

Pfffff

Même après plusieurs relectures, il reste dans mes billets des fautes d'orthographe grosses comme les piles d'invendus des disques de la Star Ac (4 rien que dans le message précédent). N'hésitez jamais à me les signaler. L'idée qu'il en reste sans doute encore des dizaines me rend malade.

Et ce n'est pas la nouvelle vidéo de Britney Spears qui va arranger les choses. C'est une reprise de My Prerogative qui fut, si je ne m'abuse, initialement interprété par Mr Whitney Houston. Tout comme sa version de "I Love Rock'n'Roll", c'est d'un pitoyable qui confine au n'importe quoi. Elle n'est décidément pas faite pour chanter les chansons des autres.

Vous vouliez encore une autre raison de déprimer en songeant à la future Mme Federline ? Pas de problème. La liste des morceaux repris sur sa compilation à paraître en novembre vient d'être rendue publique. Non seulement on n'y trouve pas le meilleur des singles issus des deux premiers albums (Born to make you happy), mais en plus sa pièce maîtresse (Overprotected) apparaît dans une version remix (que j'avoue ne pas connaître, mais qui ne pourra jamais être aussi admirablement produite que l'originale).

Sa maison de disques tenait là une bonne occasion de refourguer tous les tubes d'un coup à la multitude de gens qui aiment secrètement les chansons mais se seraient fait tatouer "I love Demis Roussos" sur le front plutôt que de les acheter un à un. Pourtant, elle semble préférer l'option "Refourguons-leur n'importe quoi, on en vendra toujours bien quelques-uns." Conséquence directe ; le boycott et la réinstallation de Kazaa pour se créer une compilation à la hauteur du répertoire.

Non mais.

mardi, septembre 14

P(otemkine) S(oundtrack) B(onanza)

Lorsque j'ai appris que les Pet Shop Boys avaient composé une bande originale pour 'Le Cuirassé Potemkine' et allaient la présenter lors d'un concert gratuit à Trafalgar Square, l'idée m'a frappé comme étant éminemment PSBienne, empreinte de cette volonté de combler le vide entre la culture pop et les art dits nobles. Ce mélange des genres n'a pourtant pas été hier soir sans présenter quelques inconvénients. Les spectateurs étaient nombreux (entre 15.000 et 25.000 spectateurs selon les estimations même si j'ai du mal à concevoir comment ne serait-ce que 10.000 personnes auraient pu s'entasser dans le peu d'espace disponible) et n'étaient pas tous là pour les mêmes raisons.

On pouvait distinguer quatre grands types de publics. D'abord, le cinéphile, situé à distance respectable de la scène pour mieux voir, petites lunettes rondes, un exemplaire de Sight&Sound dépassant de la poche intérieure de sa veste en daim, trop heureux de pouvoir regarder le film sur un écran géant. Ensuite, il y avait les fans des Pet Shop Boys, souvent la petite trentaine, habillés de tee-shirts distinctifs, massés dans les premiers rangs et venus découvrir 75 minutes de musique originale pour pas un rond (si ce n'est évidemment le prix du voyage, du parking et de l'hôtel éventuel, ce qui donne un sens tout relatif au terme 'pas un rond'). On pouvait ainsi repérer, collés à la scène, des Allemands, des Américains, des Hongrois, beaucoup de Hongrois, des Belges, des Français, des Néérlandais, des Anglais, des Suisses, des Danois, et sans doute beaucoup d'autres fans venus des quatre coins du monde pour assister à l'événement. Ensuite, il y avait, enfermés dans leur enclos privé sur les escaliers, les journalistes, les officiels et les VIP venus voir le nouveau projet de l'ICA (Institute of Contemporary Arts). Enfin, nous avions les activistes politiques auxquels la présentation précédant le film était destinée. Elle commença par un type debout sur une estrade en train de haranguer la foule et d'énumérer quelques-unes des 1700 et quelques manifestations qui se sont déroulées sur Trafalgar Square depuis sa construction (Reclaim The Streets, les manifestations contre la guerre en Irak ou au Viet-Nam, contre la Poll Tax thatchérienne, pour l'Irlande du Nord, pour les mineurs grévistes, etc....) avant de nous expliquer qu'Engels avait résidé quelques centaines de mètres plus loin lors de son séjour à Londres, le tout sur fond d'images édifiantes marquées du poing rouge de la colère (la phrase "50% de la population mondiale vit sous le seuil de pauvreté" est bien apparue dix fois sur l'écran) et entrecoupé de phrases (apparemment) extraites du Manifeste du Parti Communiste. Il ne semblait pas y avoir le moindre embryon de distance par rapport au discours, ce qui, pour un événement financé en partie par des deniers publics, m'a sur le moment même un peu surpris. Sans doute faut-il y voir la preuve que les slogans révolutionnaires ne font plus peur à personne et que le pourcentage de la population souhaitant une réforme radicale de la société est devenu tellement faible que les propos insurrectionnels ne sont plus que des colifichets à la mode, sans aucun pouvoir subversif.

Lorsque le film commença, un désavantage évident de notre position proche de la scène fut rapidement révélé. Il fallait lever les yeux vers le ciel pour voir le film et très vite j'ai eu mal au cou. D'un autre côté, cela signifiait que tout l'écran était visible, ce qui ne fut apparemment pas le cas pour les spectateurs situés plus en arrière, dont le champ de vision était envahi de parapluies ouverts. Je ne vais pas m'étendre ici sur le film qui était assez semblable au souvenir que j'en avais, soit, en gros : "Vive la révolution. Quoi ? Manger des asticots ? Vous n'y pensez pas. Arrêtez de tirer, messieurs les soldats. Regardez ce que vous avez fait à mon fils. Aaah ! Un landau dévale les escaliers. Pif paf. Hourra, camarades, nous avons gagné." Certes, même avec le recul de l'Histoire, il conserve un vrai pouvoir de galvanisation et de propagande mais j'ai du mal à m'investir totalement dans la vision d'une oeuvre que son époque éloigne irrémédiablement de moi.

Reste donc la musique, principale raison de ma présence. Créer une bande originale de film est un exercice compliqué, surtout quand le film est aussi connu et que l'on porte un nom aussi connoté que celui des Pet Shop Boys. Un équilibre délicat doit être trouvé et il aurait sans doute été impossible de contenter tout le monde. Les cinéphiles allaient crier au scandale si une musique trop envahissante dénaturait le film ou son propos (il n'est qu'à voir les tombereaux d'injures qui ont accueilli la nouvelle partition écrite par Giorgio Moroder pour Metropolis). Ceux venus pour entendre la nouvelle oeuvre des PSB allaient quant à eux critiquer leur manque d'inspiration si la musique semblait ne pas se suffire à elle-même.

Pour ma part, je pense qu'ils se sont plutôt bien tirés de cet écueil. La synchronisation entre la musique et les images était parfaite et le lien qui les unissait était en général évident. Seule l'insertion de trois chansons au cours du film m'a semblé poser problème. La voix de Neil Tennant est tellement reconnaissable que l'on ne peut s'empêcher de la dissocier du film. De plus, je ne suis pas sûr de voir en quoi la phrase 'How come we went to war?' chantée pendant le massacre perpétré par les troupes du Tsar sur les escaliers d'Odessa entre en résonance avec celui-ci. Je comprends bien qu'ils aient été tentés d'imposer leur marque sur LA séquence emblématique du film, mais je ne suis pas sûr qu'ils s'y soient pris de la meilleure manière. La qualité de la chanson n'est pas en cause, mais peut-être aurait-elle été plus à sa place en-dehors du film, dans un pré- ou post-générique par exemple. Heureusement, les passages chantés représentaient moins de dix minutes au total et étaient dans leur ensemble moins discutables.

La plus grande partie de la musique est dominée par l'électronique et les cordes du Dresdner Sinfoniker servaient principalement à donner à l'ensemble un ton plus organique, plus humain. Neil a expliqué dans une interview qu'ils avaient eu du mal à trouver un équilibre entre les tentations dissonantes de Torsten Rasch (le compositeur contemporain avec lequel ils ont collaboré) et leur propre sensibilité. Il semblerait donc que ce soit finalement eux qui aient imposé leurs vues. Ceci dit, cette impression pourrait aussi provenir du son durant le spectacle vu que l'orchestre semblait toujours un peu couvert par les machines. Il faudrait entendre l'enregistrement studio pour mieux juger.

Les noms évoqués dans la presse pour décrire la musique sont Soft Machine, Klaus Schulze, Orbital ou Jean-Michel Jarre. Je ne suis pas sûr qu'un de ces noms soit en lui-même un point de comparaison indiscutable mais, pris dans leur ensemble, ils délimitent assez bien l'ensemble de ceux qui peuvent venir à l'esprit durant ces 73 minutes de musique (Vangelis, µ-Ziq et Digitonal pour ma part, avec un soupçon de Peter Rauhofer, via un sample de son remix de 'I don't know what you want...'). Afin de ne pas trop distraire le spectateur de ce qui se passe sur l'écran, les Pet Shop Boys emploient beaucoup la répétition des mêmes motifs, au sein desquels des variations lentes et progressives servent à illustrer le propos du film. Les meilleurs passages pour moi correspondent à l'émeute des marins sur le Potemkine et aux préparatifs de la bataille navale (à la toute fin du film), passages pour lesquels la musique et les images font véritablement corps. Evidemment, rien n'étant parfait en ce bas monde, il y eut quelques moments où je fus moins convaincu, mais en général, à peine avais-je le temps de me dire "Ah, ça c'est pas terrible." qu'ils étaient déjà passés à autre chose.

Deux jours plus tard, mon impression globale est franchement positive. Ils ont réussi à créer un accompagnement sonore qui porte la griffe PSB, mais ne dénature pas l'esprit du film, ce qui semble indiquer que la greffe de la musique électronique sur un film de 1925 a bien pris. On peut d'autant moins parler de trahison que Eisenstein lui-même avait apparemment exprimé le souhait que l'on réécrive une nouvelle bande originale tous les dix ans, histoire que le film conserve sa modernité. Pourtant, je me garderai bien pour l'instant de crier au chef-d'oeuvre. J'aurais besoin pour cela de 2-3 écoutes supplémentaires. Le CD (ou le DVD ?) devrait sortir en février si tout va bien.

Comme à chaque fois que je vais voir un concert des Pet Shop Boys, j'ai ensuite pris un plaisir coupable à jouer au petit jeu du chat et de la souris avec Neil et Chris (les deux membres du groupe). Où sont-ils allés après le concert ? Aura-t-on la possibilité de les féliciter de vive voix ? De leur poser des questions ? D'avoir un autographe ? Même si la perspective d'un autographe ne me fait plus guère saliver (une fois qu'on en a un, on les a tous), il y a un côté gratuit à cette quête rituelle d'après-concert et cela génère un sentiment d'appartenance à un groupe (ce que Neil et Chris appellent eux-mêmes la communauté des Petheads) qui me met toujours un petit sourire aux lèvres. De plus, quand le sentiment du ridicule de la chose devient trop grand pour être ignoré, je me dis que je ne fais que suivre mes amis de peur de les perdre avant le voyage retour et que je ne suis évidemment pas empli de la même frénésie qu'eux. En général, ça me rassure et je peux me remettre à courir.

Comme il n'y a que quelques lettres de différence entre Eisenstein et Einstein, je vous laisse méditer le caractère relatif des impressions humaines.

dimanche, septembre 12

God save the Proms

Chaque année, à peu près à la même époque, je voudrais devenir anglais pour une soirée. La cause de cette étrange lubie est la retransmission sur la BBC de la Dernière Nuit des Proms, qui clôture traditionnellement la saison estivale des 'Concerts-Promenades'. Les 'Proms' existent depuis un siècle et sont une affaire tout ce qu'il y a de plus sérieuse. La programmation ne dévie que rarement de l'orthodoxie de la musique 'sérieuse' (pour employer une expression qui ne veut rien dire mais semble largement comprise) et les musiciens qui s'y succèdent sont en général de réputation mondiale, ce qui fait des Proms le plus grand festival de musique classique au monde.

Poutant, ce dernier concert de la saison est, surtout dans sa seconde moitié, indéniablement plus proche du concert rock que du concert classique. Le programme se termine par un enchaînement rituel d'oeuvres de compositeurs britanniques, oeuvres que le public connait absolument par coeur et chante avec entrain. Le Royal Albert Hall est envahi de drapeaux (majoritairement britanniques mais pas seulement) que les spectateurs agitent frénétiquement. Les spectateurs du parterre sont debout, déguisés en marins ou en chefs d'orchestre. Ils plient les genoux en rythme pendant les passages les plus taïaut-taïaut (Pompe et circonstances de Elgar) et se balancent dans une communion orgasmique de patriotisme goguenard durant les passages chantés (Jerusalem par exemple). Ils pleurent dans des grands mouchoirs disproportionnés pendant les moments tristes (la Fantasy on British Sea-Songs de Henry Wood contient un solo de violoncelle résolument lacrymal). Ils ponctuent les fins de phrase de coups de klaxon, lancent des serpentins, etc... L'ambiance est festive et leur enthousiasme terriblement communicatif, même quand on ne fait que les regarder bien tranquillement assis dans un fauteuil à plusieurs centaines de miles de là. Depuis quinze ans, j'ai dû ne louper qu'une fois la retransmission de 'The last night of the Proms' et, à chaque fois, j'ai passé la soirée avec un grand sourire béat sur les lèvres.

Pourtant, j'ai a priori beaucoup de mal avec le nationalisme et de voir tous ces gens agiter frénétiquement leurs drapeaux en reprenant en choeur non pas un, non pas deux, non pas trois, mais quatre (quasi-)hymnes nationaux (Land of Hope and Glory, Rule Britannia, Jerusalem et, évidemment, God Save the Queen) devrait a priori me rebuter. Pourtant, il n'en est rien, car ce qui est indéniablement une manifestation de patriotisme se fait dans une ambiance détendue et avec cette conscience aiguë de leur propre ridicule qui est la qualité que j'envie le plus aux Anglais. Chaque année, je me dis que, un jour, moi aussi j'irai à Hyde Park chanter Land of Hope and Glory sous la pluie, et je crois que je verserai même une petite larme de bonheur.

PS A : Attention de ne pas confondre les Proms anglais avec leur homonymes allemands ou néérlandais, qui ont tenté d'en recréer l'ambiance mais sans en comprendre l'esprit. On y entend Toto ou Meat Loaf au milieu de valses de Strauss et c'est à fuir.
PS B : On me confirme ce que je craignais confusément. Il n'y a pas grand-chose chez les jeunes anglais qui n'en veulent qui soit considéré comme plus ringard que les Proms. Comme quoi, la branchitude, c'est très surfait.

jeudi, septembre 9

Pour un piratage éthique

suivez ces bons conseils (tiré de No Rock&Roll Fun ou de La Blogothèque).

Pop pop pop music

Ca fait plusieurs jours que je suis très sérieux et ne parle que de sujets culturellement corrects. Ca ne me ressemble guère. Voici donc quelques chansons qui ne risquent pas d'être sur la prochaine play-list de Wire :

* Le nouveau Destiny's child. On ne prend guère de risques ici. La voix de Beyoncé est mise en avant, la production ressemble à s'y méprendre à celle de l'album précédent. Ca reste très efficace même si guère surprenant. On est a priori assez loin des cimes de Crazy in love ou de Independent Women mais, au moins, Beyoncé a eu le courage de retourner dans son groupe après son escapade solo. Certains devraient en prendre de la graine. Suivez mon regard. Ayons d'ailleurs une pensée émue pour Joey Fatone qui s'est marié hier.

* Le nouveau Duran Duran. Une catastrophe qui ne ravira personne (sauf peut-être les fans de Spandau Ballet, tout heureux de voir les rivaux humiliés). Un des meilleurs groupes issus de la nouvelle vague des garçons-coiffeurs à mèches décolorées se reforme à grands fracas avec ses membres originaux et se ridiculise en beauté. Tout dans cette chanson est embarrassant et on a presque honte pour eux, qui n'ont même plus l'air de croire à ce qu'ils font. Réécoutons plutôt Ordinary world, comme souvenir d'une époque où leurs comebacks avaient encore de la gueule.

* Le nouveau Robbie Williams : Robbie 'Fat Dancer' Williams est un personnage étrange. Malgré un répertoire qui ne contient qu'une poignée de bonnes chansons, il a réussi à devenir une star incontournable un peu partout dans le monde (sauf aux Etats-Unis). A l'occasion de la sortie de son best-of et avant, apparemment, de commencer une nouvelle carrière dans l'électronica sombre sous le nom de Pure Francis (??), il sort un nouveau single 'Radio' (coécrit avec Stephen Duffy). Musicalement, il était grand temps que Robbie prenne le train du revival 80s vu que les années 90 sont déjà en train de piaffer d'impatience derrière la porte. On pense un peu à Gary Numan (jusque dans la voix), à The Human League ou à P.I.L. On pense aussi, bizarrement, à David Byrne ou à Peter Gabriel pour la gestuelle. Je dois bien avouer que plus j'entends cette chanson, plus je la trouve irrésistible. Pour ne rien gâcher, le refrain contient une sentence définitive qui montre que ce garçon à tout compris aux médias modernes : "Listen to the radio and you will hear the songs you know."

* Britney Spears est quasiment une mamy. Elle va bientôt se marier et être la maman de deux enfants. Elle a des poches sous les yeux et ses articulations ne supportent plus les pas de danse trop énergiques. Elle a clairement largement dépassé sa date de péremption. Je vous présente donc JoJo, la toute nouvelle Britney, 13 ans et des ambitions plein la tête. Si on écoute la chanson sans l'image, c'est plutôt plaisant, on dirait un mélange entre la pop acoustique de Iva (Où tu veux, quand tu veux), la bonne chanson d'Avril Lavigne et Christina Aguilera. En revanche, avec l'image, je suis pris d'une gêne insurmontable. Sa prestation à Top of the Pops la semaine dernière, pleine d'ambition et d'assurance donnait l'impression que l'on avait greffé l'esprit blasé d'une chanteuse de 45 ans sur le corps d'une gamine.

* Maintenant que les chaînes musicales ne passent plus que des dessins animés ou des émissions de télé-réalité, Internet est un peu la nouvelle MTV. Donc, toujours sur la même page (pour quelques jours seulement), plein d'autres trucs, dont le dernier single de McFly, que j'aime décidément beaucoup dans le genre White-Stripes-meet-Les-Musclés. Ou le dernier Girls Aloud. Malheureusement, le lien vers la kitscherie ultime qu'est Alcazar semble inactif.

* Le nouveau Michael Jackson : Une reprise de 'La mélodie du bonheur'. Ce doit être une blague.

mercredi, septembre 8

Chers Inrocks

Je m'en souviens comme si c'était hier. Casino venait de sortir en salles. Jeff Buckley préparait son deuxième album. Bush père n'était plus qu'un mauvais souvenir, Bush fils attendait son heure et vous aviez inséré dans mon exemplaire de l'hebdo un beau papier glacé multicolore me vantant les bienfaits de l'abonnement : l'assurance de ne rater aucun numéro et de recevoir des CD promotionnels exclusifs tous les trois mois, la possibilité de participer à des concours réservés aux abonnés chaque semaine,... Vous promettiez également en cadeau de bienvenue un double-CD rétrospective dont le contenu m'avait fait saliver. Comment, dans ces conditions, résister ? Las, le cadeau de bienvenue était déjà épuisé lorsque vous avez reçu ma demande mais, pour le reste, vous n'aviez pas menti. En presque 8 ans d'abonnement, seul un numéro ne m'est pas parvenu (je l'ai racheté en kiosque). J'ai gagné une fois un cadeau réservé aux abonnés et ai effectivement découvert à intervalles réguliers (quoique vous ne respectiez jamais les fréquences théoriques) des CD négligemment glissés entre deux pages, comme des billets doux réservés à ces abonnés que vous aimiez tant.

C'était une époque exaltante, faite d'idéaux élevés et de confiance mutuelle. Lorsque, vers 1998, le canard a touché le fond d'un point de vue rédactionnel, mon identification à un certain mode de pensée, le sentiment d'appartenance à une "tribu" Inrockuptibles m'avait incité à renouveler mon abonnement.

Depuis quelques semaines pourtant, cela ne suffit plus. La qualité du journal n'est pas en cause (il est ces derniers temps plus intéressant qu'il ne l'a jamais été depuis son passage en hebdo) mais méritez-vous réellement de conserver vos abonnés si vous les prenez ouvertement pour des imbéciles et décidez de cyniquement exploiter leur fidélité ? J'ai vu disparaître sans broncher le caractère exclusif des compilations offertes aux abonnés (bon nombre d'entre elles sont dorénavant aussi disponibles en kiosque) car, après tout, cela ne me lésait en rien. En revanche, j'ai tenté de reconstituer le raisonnement qui vous a conduit à penser que ce serait un bon plan marketing de proposer en kiosque des compilations plus complètes que celles réservées aux abonnés. La seule explication plausible que j'aie trouvée est que cela forcerait les abonnés (vos lecteur privilégiés, vos camarades, vos frères en Inrocks-attitude) à acheter le canard en double. Ce n'est pas tant pour l'argent que cela demande (d'autant que tout ce que vous proposez sur ces compiles est disponible pour rien sur le Net), mais comment continuer à éprouver ce sentiment d'appartenance qui, bien que mes options musicales s'éloignent de plus en plus des vôtres, ne m'avait jamais quitté, lorsque l'on sait que, quelque part dans un bureau de la rue de Rivoli, un Fevret, un Deverre, un Beauvallet ou un Viviant ont pu penser que, puisque le nombre de lecteurs stagne, la nouvelle stratégie commerciale devra être de les forcer à acheter le journal deux fois (et bientôt plus, je prévois des quadruples couv' "à collectionner" pour dans quelques semaines).

Ca fait longtemps que je ne me faisais plus d'illusions sur la pureté de vos motivations, depuis sans doute une interview fameuse dans laquelle Christian Fevret faisait part de son rêve de voir lesinrocks.com devenir une start-up prospère qui vous permettrait de vous faire un max de blé dans la nouvelle économie. On pourrait aussi parler de ces petits labels indépendants à qui vous demandiez de payer un forfait (10000 francs à l'époque, si mes informations sont exactes) pour pouvoir être représenté sur le CD que vous alliez ensuite gentiment 'offrir' à vos abonnés. Comme tout le monde, j'ai reçu et propagé cet atterrant fichier qui reprenait le mediakit que vous destinez aux annonceurs (les Nike, Universal et Coca-Cola qui sont devenus vos vrais clients). On pouvait y lire comment vous considériez réellement vos lecteurs et c'était édifiant. Rétrospectivement, on n'était pas très loin de cet aveu candide de Patrick Le Lay expliquant que les programmes de TF1 ont comme but unique de rendre les téléspectateurs réceptifs à la publicité. Pareillement, les articles des Inrocks serviraient donc de filtre permettant de proposer aux annonceurs un échantillon très pur de early adopters ou de trendsetters avec un pouvoir d'achat plus élevé que la moyenne.

Tout cela, je le savais et décidais de l'ignorer, mais aujourd'hui, pour la première fois, je me sens personnellement victime de ce nouvel esprit Inrocks, qui est à l'ancien esprit Inrockuptibles (il faut toujours se méfier des mots qui raccourcissent) ce que la troisième voie Blairiste est au socialisme. En tant que fers de lance auto-proclamés d'une alter-mondialisation de bon aloi (pour peu que cela ne remette pas en cause votre petite cuisine interne), vous comprendrez aisément que je sois dorénavant tenté de subtiliser les CD chez mon marchand de journaux puis, lorsque mon abonnement arrivera à échéance, le canard dans son entier. Ce serait un acte citoyen fort, la reprise en main par le peuple de son destin face aux excès du capitalisme et aux dérives du marketing. Comme le lecteur des Inrocks est, selon votre propre jargon, un trendsetter (ou à tout le moins un early adopter), cela pourrait être les prémices d'une véritable remise en cause globale des lois du marché. Si on en croit votre ligne éditoriale, cela aurait tout pour vous plaire. Qui sait, peut-être même serez-vous considérés par quelque historien du 22ème siècle comme les pères spirituels de la Seconde Révolution Française, celle où on pendra le dernier pseudo-journaliste avec les tripes du dernier étudiant en marketing. Une place garantie pour l'éternité dans l'Histoire. Vous comprendrez que je ne voudrais pas vous priver de ce destin grandiose en achetant bêtement le CD en kiosque demain. Ce serait cruel.

Bien à vous.

PS : Merci aux tripes des Guignols.

mardi, septembre 7

Autre bel exemple de prix écrasé

Je suis encore une fois passé entre les mailles du filet. J'avais acheté une compile intitulée 'Seasons in the sun' contenant entre autres 'In the Summertime' de Mungo Jerry, qui me fit à lui seul acquérir le disque (1€.. soit à peu près le prix du morceau sur Itunes, s'il y est disponible). De nouveau, le tracklisting promet de belles choses (Trini Lopez, George McRae, Ike&Tina Turner, les Beach Boys,...) et rien sur la pochette extérieure ne semble louche. Le livret contient cependant une phrase assez mystérieuse que je vous livre telle quelle "This album contains some tracks that are rerecorded. All single artist tracks are performed by the original artist. Tracks featuring groups were recorded using as many as the original group members as possible." Voilà qui me laisse perplexe. La maison de disques aurait-elle fait le tour des groupes oubliés dont seul les batteurs étaient encore vivants et leur aurait-elle proposé de réenregistrer leur plus grand succès avec des musiciens de studio ? Suis-je naïf de penser que, si ils ont les droits d'exploitation de la chanson et du groupe qui l'interprétait à l'époque, ils auraient tout intérêt à prendre l'enregistrement d'origine ? Ca me semble assez mystérieux, d'autant qu'aucune indication ne vient dire quels morceaux ont été ré-enregistrés, et encore moins la date du ré-enregistrement éventuel. Après une écoute complète du disque, difficile de savoir où se cachent les copies et qui les a effectuées. Si j'étais vraiment curieux, j'irais faire un tour sur les p2p pour tenter de retrouver les versions originales et jouer au jeu des sept erreurs, mais je ne suis pas sûr que ça en vaille la peine, d'autant que je ne suis pas mécontent de mon achat. Quatre ou cinq chansons m'étaient familières et je sais maintenant que "L'Amérique" de Joe Dassin était une reprise de Yellow River d'un certain Christie, une info qui peut toujours servir dans les soirées mondaines. A ce prix-là, on pouvait difficilement demander plus.

dimanche, septembre 5

Le mammouth écrase les prix

Cette semaine, une grande chaîne d'électro-ménager-hi-fi-vidéo-informatique-multimédia-communication-CD-DVD-super-discount-strodélire s'est installée près de chez moi. Je suis allé voir (le jour de l'ouverture, ce qui rétrospectivement n'était peut-être une très bonne idée) si les prix défiant toute concurrence vantés dans les prospectus étaient à la hauteur de leur réputation. La foule était compacte et certains rayons étaient littéralement pris d'assaut, ce qui donnait parfois lieu à des scènes qui frisaient l'hystérie. Ainsi, au milieu du magasin, trois grands bacs d'un bon mètre cube contenaient des DVD au prix imbattable de 2.49€. Un rapide coup d'oeil permettait assez vite de se rendre compte que le choix était limité et que le mètre cube était principalement rempli de centaines d'exemplaires des 15 mêmes DVD, dont le titre n'évoquait sans doute rien pour les 10 personnes en train de fouiller avec l'énergie du désespoir l'un des bacs. Pourtant, cela ne les empêchait pas de saisir des poignées de DVD, de les passer frénétiquement en revue avant de tout laisser retomber dans le bac et d'en reprendre d'autres, espérant toujours dénicher la perle rare. Pour un peu, je m'attendais à voir les DVD s'envoler comme, dans les vaudevilles, les sous-vêtements d'une épouse volage dont le mari jaloux fouille la valise. Lorsque certains arrivaient à creuser un puits et à entr'apercevoir, au niveau du sol, les DVD du fond du bac, ils se penchaient, tendaient les bras avec l'énergie du désespoir, avant d'implorer leurs voisins plus grands de s'en emparer, pensant sans doute que les gérants avaient mis les titres les plus intéressants tout au fond, hors d'atteinte, par pure méchanceté ou bien parce qu'ils pratiquaient des prix tellement bas qu'ils espéraient secrètement que le public ne s'en aperçoive pas.

Or, s'il y a bien une chose qui ne laisse aucun doute, c'est que tout est fait pour que le stock, et surtout celui des marchandises à plus bas prix, s'écoule aussi rapidement que possible. D'abord, contrairement à ce qui est le cas dans la plupart des magasins que je fréquente, la moitié de l'espace alloué aux disques et aux DVD est occupé par des présentoirs où les produits sont classés, non par genre ou par ordre alphabétique, mais par ordre de prix, de 1€ à 6.99€. Le but est manifestement de diriger préférentiellement le client vers ce qui coûte le moins cher. Drôle d'idée pourrait-on se dire a priori. Pourquoi vouloir à tout prix diriger le public vers une compile Johnny Cash à 1€ quand il y en a à 18€ quelques étagères plus loin ? La réponse apparait cependant assez vite. La plupart de ses disques et DVD prix sacrifiés sont rarement ce qu'ils paraissent de prime abord, ce qui explique que les droits soient peu élevés. Prenons par exemple, les compiles vendues comme "Les plus grands succès de Machinchose" mais où, pour peu que l'on connaisse un peu Machinchose, on constate que ce sont surtout "les fonds de tiroir de Machinchose". Autre grande catégorie : les CD promettant "Les plus grands succès de Trucmuche" avec un tracklisting impeccable mais où, en lisant bien les petits caractères (pour peu que ceux-ci ne soient pas couverts par l'étiquette "1€99"), on peut lire "interprétés par Julot Bonvoyage et son accordéon magique". Parfois aussi, le tracklisting semble alléchant et on nous garantit que l'interprète est bien qui on croit. On se dit alors "Bingo, la voilà la bonne affaire." Pourtant, souvent, on se rend compte, une fois le disque dans le lecteur, que la moitié du disque est constitué de versions live enregistrées au GSM par un type accoudé au bar. Et j'exagère à peine.

Il existe ainsi toute un marché parallèle du disque auquel je n'avais jusqu'à présent été que rarement confronté (à part une fois où j'achetai une compile de Nina Simone et dus me contenter d'une version live de "My Baby just cares for me", enregistrée un jour où elle était manifestement atteinte d'une bronchite chronique). Je suis passablement surpris de voir qu'il n'est apparemment pas requis que le contenu du disque soit précisément décrit sur la face arrière du boîtier (parfois le livret est plus précis, mais il est évidemment inaccessible lorsque le disque est cellophané). Dans ces conditions, on se dit que oui, effectivement, il vaut mieux liquider les stocks très vite avant un éventuel bouche-à-oreille négatif. Je me demande quel pourcentage des acheteurs de ces disques à 3€ ou moins, se diront contents de leur achat dans quelques semaines. Ceci dit, il suffit le plus souvent de fréquenter un peu assidûment les disquaires pour distinguer le bon grain de l'ivraie. Lire attentivement les jaquettes, tenter d'écouter les disques avant achat, se méfier des éditeurs les plus obscurs sont par exemple des habitudes à prendre.

Pourtant, même dans ces conditions, on est parfois surpris. Ainsi j'ai acheté hier un disque intitulé 'French pop hits', principalement parce qu'on y trouvait "John" de Desireless qui est une chanson que j'ai toujours beaucoup aimée (d'ailleurs si quelqu'un ici peut me dire où trouver l'album de Desireless, ça m'intéresse beaucoup). De ce point de vue-là, bingo, je n'ai pas été déçu. La chanson est bien présente, dans le version dont je me souvenais. En revanche, le reste du disque ménage quelques petites surprises. Etienne de Guesch Patti apparait dans une remix datant de 2000 qui semble basé sur les sons d'un Casio bon marché, Dominique de Soeur Sourire dans une version disco 1982 et La vie par procuration de Jean-Jacques Goldman apparait dans une version live. Le plus surprenant ceci dit est le morceau censé être, si on en croit la jaquette, Ouragan de Stéphanie et qui se révèle comme un court morceau essentiellement parlé qui n'a strictement rien à voir avec la scie grimaldienne. S'agit-il d'une erreur plus ou moins intentionnelle ou bien y a-t-il vraiment eu une autre Stéphanie qui a chanté son 'Ouragan' en 1985 ? Mystère. Pourtant, il s'agit là d'un disque Sony Music Germany, tout ce qu'il y a de plus officiel à première vue.

Le cas des DVD mérite aussi qu'on s'y attarde quelques instants. Les DVD qui ne comprennent que la version française ou, c'est pire, la version néérlandaise sont légion, mais au moins, dans le cas du DVD, la description sur la jaquette est précise et sans ambiguïté (quoique la qualité de l'image et du son peut varier fortement d'une édition à l'autre). Dans le même genre, il y avait ainsi une étagère pleine de DVD intitulés Mulan, Toy Story, Le Prince d'Egypte, Pocahontas,.... avec une belle jaquette dessinée, mais qui ne contiennent sans doute pas ce que l'on croit. Je serais d'ailleurs curieux de savoir ce qu'on y trouve exactement, parce que la jaquette pratique une telle langue de bois avec des descriptions à ce point sibyllines que l'on ne sait trop s'il s'agit de dessins animés faits à la va-vite sur les même thèmes, de reportages, de lectures du textes sur des images fixes,...

Mais bon, ne crachons pas trop dans la soupe car certaines bonnes affaires peuvent indéniablement être effectuées. Dans les sorties normales, j'ai acheté le 'Piano Works' de Craig Armstrong 3€ moins cher que chez le célèbre agitateur culturel installé quelques dizaines de mètres plus loin. Je suis aussi l'heureux possesseur d'un best-of Ultravox à 6.99€ qui, à première écoute, me plait beaucoup, et le fait que les best-of de Johnny Cash contiennent peu de tubes m'arrange plutôt vu que, les tubes, je les avais déjà par ailleurs. En définitive donc, à condition d'être prudent, il y aura moyen de faire des affaires et de laisser jouer la concurrence entre les différents magasins. Et puis, cela permet à tout un chacun de prendre conscience de la marge bénéficiaire pratiquée sur les produits que l'on nous vend habituellement. Je sais dorénavant que des disques vendus à 1€ peuvent être bénéficiaires. Ca fait tout de même réfléchir (un peu).





This means nothing to meeee. This means nothing to meeeeeee. Ooooooh Vienna. Yep... C'était vraiment une bonne affaire.

vendredi, septembre 3

Voix

J'étais parti avec l'intention de parler du nouvel album de Björk, mais je ne suis pas encore très sûr de ce que j'en pense vraiment, bien que ce soit globalement du bien. A la place, et parce que maintenant que la mode hystérique des top 5 est passée, on peut s'y abandonner sans mauvaise conscience panurgique, je vous propose mon classement des meilleurs morceaux voix seules.

1 - L'indémodable "Only you" des Flying Pickets. Peut-être à cause du générique de fin des Anges Déchus de Wong Kar-Wai. Peut-être aussi parce que lorsque les "palalala" s'enchaînent, j'ai toujours un petit frisson dans le dos. Et puis, ils ont l'intelligence de mettre une touche de synthés pendant quelques secondes, évitant ainsi de tomber dans le piège qui transformerait l'originalité de leur démarche en contrainte. Ils avaient besoin d'une harmonie en plus, ils l'ont mise et puis c'est tout.
2 - Le malheureusement démodé 'Caravan of love' des Housemartins. Parce que dans le clip, ils s'étaient tous les quatre rasé une zone en forme de croix au-dessus des oreilles. Parce que, dans la catégorie message de Noël, on a quand même rarement fait mieux que 'Every woman, every man, join the caravan of love. Stand up. Stand up. Stand uuuup.' et parce que j'aime bien le contraste que la chanson fait avec l'image de Norman Cook maintenant.
3 - Le spartiate 'Tom's dinner' de Suzanne Vega qui, contrairement aux précédents pousse l'a cappella dans ses derniers retranchements en n'invitant pas ses musiciens à faire "ahaha dong tralala" en arrière-plan.
4 - La scie absolue "Don't worry, be happy" de Bobby McFerrin. Parce que, quoiqu'on en dise, l'écoute de ce titre finit toujours bien par provoquer un faible sourire.
5 - Enfin, par défaut, puisque mon panthéon personnel ne semble plus contenir aucune chanson a cappella, je mettrai "The Wind that shakes the barley" de Dead Can Dance, l'interprétation par Lisa Gerrard d'une vieille complainte irlandaise (en fait, j'en sais trop rien, mais les complaintes devraient toujours être irlandaises), qui est loin d'être le meilleur titre du groupe (donc du monde), mais qui a le mérite de faire un numéro 5 top crédibilité, ce qui est toujours un plus.
Je finirai en ayant une pensée émue pour tous ces groupes pop préfabriqués qui, à un moment ou à un autre, enregistrent un morceau a cappella pour prouver au monde que ce sont des vrais artistes et qu'ils savent chanter. C'est évidemment le plus souvent à pleurer d'ennui mais, si ça leur fait plaisir, on serait cruel de les en priver.

Ceci dit, il serait franchement idiot de prétendre que l'idée de chanter a cappella est apparue en 1980. La musique chorale a toujours existé en musique classique (classique au sens large, du chant grégorien jusqu'à la musique contemporaine) et donc, en extra-bonus parce que je ne sais vraiment pas quoi dire du disque de Björk, un rapide top 5 de mes oeuvres chorales préférées du 20ème siècle.

1 - Lux Aeterna, de Gyorgy Ligeti, surtout connu comme la "musique du monolithe" dans 2001, odyssée de l'espace.
2 - The Beatitudes, de Arvo Pärt, malgré ce qu'il faut bien appeler un solo d'orgues à la fin.
3 - Entflieht auf Leichten Kähnen, d'Anton Webern. J'aime bien ce morceau parce qu'il prouve par A+B que le plus rebutant dans la musique contemporaine, ce n'est pas tant l'atonalité que la déconstruction du rythme. Quand, comme ici, on a de la musique purement atonale mais chantée avec un vrai sens de la phrase, ça passe comme une lettre à la poste.
4 - Funeral Ikos, de John Tavener
5 - Totus Tuus, de Henrik Gorecki. Par défaut et pour ne pas citer deux fois le même compositeur.

Tout ceci ne m'aidera guère à savoir que penser du nouveau Björk.

EDIT : A ma grande honte, je me suis rendu compte que ce qu'on appelle couramment la musique du monolithe n'est pas du tout Lux Aeterna, mais le "Requiem pour soprano, Mezzo Soprano, Deux Choeurs Mixtes et Orchestre", toujours de Ligeti. La présence d'un orchestre le rend stricto sensu inéligible pour ce classement, mais il ne joue pas un rôle prépondérant, donc on fera comme si. Lux Aeterna apparait bien dans le film (d'où ma confusion), mais à un tout autre moment. Mea Maxima Culpa.

jeudi, septembre 2

Benicassim(e) dans ma cuisine...(air connu)

Pour ceux qui n'ont pu ou voulu aller à Benicassim ont été mis à disposition, dans leur quasi-intégralité, les concerts en vidéo et en audio. Je pense que des Muchas Gracias s'imposent. Pour ceux qui ne connaissent pas, c'est une occasion unique de voir exactement de quel bois Patrick Wolf se chauffe. Pour les autres, il y a Einstürzende Neubauten, Wire, Belle & Sebastian, les Tindersticks et plein d'autres.

mardi, août 31

C'est du lourd, du très lourd.

Je ne me rappelle plus quel était précisément le disque de Sunn O))) que j'avais écouté il y a quelques mois. En revanche, je me souviens très bien que, même à un volume raisonnable, il provoqua en moi un vague sentiment de nausée et fit trembler sur ses bases tout mon meuble hi-fi, à tel point que je devais sans cesse faire pause et diminuer le volume pour garantir son intégrité physique. J'avais donc rapidement rangé le groupe dans la catégorie "Musique à écouter lorsque l'on veut faire s'écrouler sa maison pour toucher l'assurance" et n'y avais plus guère pensé.

Lorsque leur nouvel album White 2 est sorti il y a quelques semaines, quelques échos favorables et deux bonnes chroniques dans la presse m'ont donné envie de m'y replonger et bien m'en prit puisque j'aime beaucoup. Comme pour Pan Sonic, je ne suis pas sûr de comprendre exactement pourquoi ces trois morceaux me plaisent, mais sans doute la raison est à trouver dans le ballet de goules et de momies pourrissantes qu'ils m'évoquent.

La première plage (Hell-0)))-Ween) est une lente suite d'accords graves, régulièrement répétés avec cet effet à la guitare (ou à la basse) qui fait que les notes durent des plombes*. On pense bizarrement un peu au début du premier mouvement de la 3ème Symphonie de Gorecki et à ces voix de contrebasses qui se répondent, mais on imagine surtout le groupe en train de jouer plongé dans un bain de mercure liquide. Chaque note semble enfantée dans le douleur, le fruit d'un effort contre-nature et on les écoute avec une fascination sadique et un peu morbide.

Dans le second (bassAliens), retentit à intervalles réguliers une note claire à la guitare, qui n'est pas sans évoquer le son du tocsin le jour du Jugement Dernier. Pour le reste, on retrouve les tremblements de basses qui avaient déjà causé tellement de torts à mes étagères, des parasites radio, quelques larsens parcimonieux et une bonne dose de bruits en -ments : deux-trois froissements indistincts, des sifflements, une poignée de crissements, des bruissements indéfinissables, des feulements étouffés.... Le tout pendant 20 minutes. La fin du morceau quant à elle n'évoque rien tant que le bruit que produirait un chat affamé enfermé après avoir reçu une injection de caféine dans une caisse opaque sur laquelle on aurait collé un micro.

Le troisième morceau (Decay2 Nihil's Maw) est essentiellement la bande-son d'un film d'horreur. Le vent souffle, de vagues mugissements évoquent des spectres décharnés vous fixant de leurs orbites désertes et agitant devant votre visage leurs doigts squelettiques et griffus. On croit au début deviner quelques hurlements étouffés extraits de gosiers que Lovecraft n'hésiterait sûrement pas à qualifier de sous-humains, mais peut-être s'agit-il d'hallucinations. Des bruits sourds de résonance métallique rappellent ceux accompagnant la téléportation dans les mauvais films de science-fiction. Vers le milieu du morceau apparaissent des voix indéniablement humaines, graves et détimbrées qui évoquent indifféremment les incantations psalmodiées lors des cultes sataniques dans les films de série Z et la scène de l'orgie dans Eyes Wide Shut (mais c'est un peu la même chose). Le NME, jamais avare d'informations, nous apprend qu'il s'agit de la voix de Attila Csihar, une légende du death-metal hongrois, chantant des textes en ancien Sanskrit, ce qui est tout de même plus rock'n'roll que la voix d'Adamo, le légendaire crooner belgo-italien, chantant Tombe la neige en japonais.

Un disque idéal pour les gueules de bois, en somme. Le terme proposé par allmusic pour définir leur musique est finalement assez juste (ambient doom drone). Leurs concerts ont tout l'air d'être apocalyptiques, et vraisemblablement criminels pour les tympans.

*J'ai voulu me renseigner pour trouver le terme technique qui correspond et ainsi passer pour un abonné à Guitar-Mag mais on m'a répondu que c'est un effet qui pouvait être obtenu par une basse avec de la grosse distorsion (fuzz), un compresseur réglé en mode sustainer ou un e-bow... J'ai renoncé.

dimanche, août 29

Elle a rejoint les Créatures de la nuit

Il est peu de choses plus désagréables que d'avoir une air en tête et de ne plus pouvoir lui associer un titre ou un interprète. Je me rappelle avoir passé, durant mon adolescence, des heures entières à me creuser les méninges et à chantonner sans relâche des lambeaux de mélodies en espérant qu'un jour, ma mémoire se débloque et me permette d'enchaîner sur la suite du morceau. Une autre solution était de tanner sans relâche mes proches pour qu'ils me délivrent de mon tourment. Ca donnait quelque chose du genre (imaginez une voix geignarde d'enfant boudeur) : "Mais si ! Une chanson qui fait 'Over and over again', assez lent et dramatique, puis une dernière phrase plus rapide qui finit par 'you' et après il y avait un solo de guitare. C'est une femme qui chante. J'suis sûûûûr que vous connaisseeez..." Vous imaginez le calvaire que ma famille a dû subir. Et encore, le multimédia en étant toujours, quoi qu'on en dise, à ses balbutiements, vous échappez ici à mes tentatives de reproduire la mélodie. La frustration était évidemment d'autant plus grande que j'étais persuadé que tout le monde connaissait cette chanson par coeur et qu'on me laissait mariner dans mon ignorance par pure méchanceté, comme pour dire "Tu chantes tellement faux. Comment veux-tu que l'on reconnaisse ?"

Cette question m'a obsédé pendant plusieurs mois jusqu'à ce qu'un jour, je réentende la chanson à la radio. Louée soit Chérie FM (quoiqu'elle n'a sans doute fait là que réparer le préjudice qu'elle m'avait d'abord fait subir en me fourrant la chanson en tête)*.

Jusqu'au milieu des années 90 et la généralisation d'Internet, même la connaissance partielle des paroles était souvent insuffisante pour retrouver l'interprète. C'est ainsi qu'une autre de ces chansons insaisissables qui ont pourri mon adolescence répondait en gros à ce signalement : "Oooh oooh ooh *bang* Oooh oooh ooh *bang* Ooooh oooh oooh oooh oooh oooh You take my self control... In the night...Ooooh ooh ooh *bang*" Ce n'est donc que quelques années plus tard qu'Internet me permit de retrouver le sommeil et de mettre un nom sur la chanson : Laura Branigan - Self Control.

Vous comprendrez qu'après tant de mois et d'années à conserver ce fragment de mélodie en moi, précieusement de peur qu'il ne s'efface avant d'avoir livré ses secrets, à le contempler sous toutes ces facettes comme un diamant rare, j'aie développé une relation un peu privilégiée avec le morceau, qui n'est pourtant pas ce que les années 80 ont livré de plus excitant. C'est donc avec une certaine tristesse que j'ai appris que Laura Branigan était morte il y a quelques jours d'une rupture d'anévrisme. Elle avait 47 ans. Par pudeur, je ne commenterai pas le caractère déplacé du petit drapeau américain que l'on trouve sur son site, et méditerai à la place ceci.

Merci au forum Popjustice pour l'info et le titre du billet.

* Si ça vous intéresse, la chanson en question était Woman in love de Barbra Streisand. Oui, je sais....

Fausse alerte

Souvent, on présente le journalisme comme un métier difficile, fait de rigueur et de recoupements d'informations. C'est sans doute vrai dans certains cas (la préface de 'Lettres de Londres' de Julian Barnes chez Folio est particulièrement édifiante), mais le journalisme musical semble souvent échapper à la règle et abuse d'à-peu-près, d'emphase, d'hyperbole, et de formules toutes faites.

Par exemple, méfiez-vous quand on essaye de vous présenter dans la presse généraliste tel ou telle artiste comme une superstar enchaînant les numéros 1 aux Etats-Unis. Le plus souvent, il n'en est rien, à part peut-être dans un de ces classements obscurs comme les Américains en ont le secret, genre le "top 45 download-only West-Coast-country track". Le plus souvent, il s'agit là d'une formule toute faite signifiant simplement qu'ils sont légèrement plus connus aux Etats-Unis qu'en Europe. On trouve un autre bel exemple dans une chronique récente de l'album de The Icarus Line qui mentionnait que le groupe était tellement à la mode qu'il faisait régulièrement la une du NME, alors que, en fait, euh... pas du tout. Ils ont juste bénéficié de deux ou trois chroniques bienveillantes et d'une ou deux interviews.

Cependant, le plus bel exemple récent provient sans doute d'un journal flamand (Het Nieuwsblad) qui, pour parler du concert des Tindersticks la semaine dernière dans le cadre du festival 'Feest in het park', a apparemment jugé utile d'en rajouter un peu dans le sensationnel, ce qui nous vaut un titre du genre "Demain, peut-être le dernier concert des Tindersticks". Apparemment, un concert d'un des meilleurs groupes actuels n'est pas en soi une information intéressante et ne le devient que s'il s'agit d'un concert d'adieux.

L'article affirmait tellement catégoriquement que le groupe allait prendre congé de son public sur scène dans des torrents de larmes que cetains fans s'en étaient émus, et le groupe s'est senti obligé de se fendre d'un communiqué via leur site officiel :


I suppose I should have posted something yesterday
after I got a call from the label in Belgium. The
journalist in question knew full well that the band
had not split and that the gig today is not even the
last one this year but he choose to ignore these facts
and write the story the way he wanted to. As I
explained earlier this year the band are having a
break in order to complete various side projects and
solo recordings. These vary from Dickon doing the
mercedes ad music and a score for a new american film
to David recording some songs to Stuart doing the
score for Claire Denis new film and recording some
songs on his own. The band needed a break from the lp
- tour - lp - tour cycle which is what they are doing.
No one is thinking too far ahead at present, the band
are still doing the odd gig and more are planned for
later in the year and the tentative plan is for the
band to start work on new songs at christmas, I will
keep you posted on any developments one way or the
other. The band have been in this position at least
three times before and always ended up making another
record. Thats it for now. Peace. db


J'aime bien la manière dont ils accusent le journaliste de mentir sciemment, refusant même de plaider le diplomatique 'malentendu' qui aurait arrangé tout le monde. Retenons finalement de toute cette histoire que Stuart va (encore) faire la musique d'un film de Claire Denis et que le groupe refera sans doute un album l'année prochaine.

vendredi, août 27

Si Dragostea din tei fut le tube de l'été...

...sûrement ceci sera le tube de l'automne.

EDIT : Grâce à ce site, j'en sais maintentant un peu plus sur ce morceau. Comme on pouvait le craindre, il faut prendre tout cela au second degré. Cette vidéo est en fait une petite partie d'une mystification beaucoup plus large : l'invention complète de tout un pays, la Molvanie, censé se nicher entre la Roumanie et la Bulgarie. L'entreprise a trompé tellement de monde que même la BBC s'en est fait l'écho. Borges aurait été fier.

jeudi, août 26

Le morceau du jour

Tout d'abord, attention ! Cet en-tête pourrait laisser penser que je suis en train de lancer une nouvelle séquence quotidienne. Il n'en est évidemment rien, mais, comme entrée en matière, c'est tout de même plus vendeur que 'le morceau d'une période aléatoire pouvant aller d'un jour à deux mois selon mon humeur'.

Aujourd'hui : The Go! Team - The Ice Storm

Ca commence par quelques secondes de vent qui souffle à travers les sapins et un tintement de clochettes. Le décor est planté : une tempête de neige. On n'y voit pas à cent mètres. Il fait presque nuit. Apparait à l'horizon un traîneau, tiré par trois rennes, aux cous desquels tintinnabule une clochette. Un matelas cristallin amortit leurs pas. Leur avancée est rapide et sans heurts.

Le morceau démarre réellement avec l'entrée du piano, du glockenspiel ou de je ne sais quel autre instrument du même genre (voire de tous ceux-là à la fois), et on pense immédiatement au meilleur Yann Tiersen (celui qui joue Rue des Cascades ou reste chez lui) ou, dans une moindre mesure, à Wim Mertens (période 'Struggle for pleasure') ou Philip Glass (disons... période 'The Photographer'). Une ritournelle endiablée qui se répète sans cesse, avec juste ce qu'il faut de variations pour que l'on ne se lasse pas... et ça marche. Après chaque écoute, je n'ai qu'une seule envie : enlever mes moufles, souffler sur mes mains pour les réchauffer et rappuyer sur play.

Le morceau peut se trouver sur le EP de The Power is On, sorti récemment. Bizarrement, le morceau titre répondrait plutôt à la description : big-beat cuvée 1997 ponctué de cris féminins (pour paraphraser ce que j'ai entendu récemment à la radio, c'est un peu Fatboy Slim feat. The Beastie Girls). Ca n'a pas grand intérêt et cela aurait dû me mettre la puce à l'oreille. J'attendais beaucoup de leur premier album, et après deux écoutes, il s'agit d'une franche déception.

Une écoute partielle est possible ici.

lundi, août 23

Sweet dreams (are made of this)

Hier, c'était le dernier jour du festival gratuit Euritmix à Bruxelles. Au programme, Scala puis les Nits.

Nous arrivons sur la Grand-Place de Bruxelles vers 19h35, juste pour le troisième morceau de Scala. J'ai déjà dit tout le mal que je pensais a priori du concept. Ces impressions cependant n'étaient basées que sur les quelques chansons entendues distraitement à la radio. Après une heure de concert suivi avec patience et un esprit ouvert (je ne suis pas du genre à m'encombrer d'a priori.. quoique...), je peux en parler plus longuement et, franchement, c'est encore pire que ce que je craignais.

Passées dans la moulinette Scala, toutes les chansons se ressemblent : U2 ressemble à Radiohead et Gainsbourg ressemble à Indochine. Tout est ralenti, mollifié et impitoyablement dépouillé de toute personnalité. Restent les notes, les textes et... euh, c'est à peu près tout. Les ambiances, les rythmes, les phrasés, les nuances sont impitoyablement gommés pour se fondre dans la moule, et ce n'est pas toujours du meilleur goût : les rallentendos et les soufflets en fin de phrase, les demi-secondes de suspension, etc... Le plus consternant massacre est sans doute à chercher dans leur version de 'Creep'. Au départ, la chanson exprime une forme de dégoût de soi, ainsi qu'un soupçon de rébellion (perceptible dans le 'What the hell am I doing here?'). Interprétée par Scala, elle n'exprime absolument plus rien. C'est à se demander quel est le but poursuivi par les deux têtes pensantes du projet : l'arrangeur-pianiste et son frère qui dirige le choeur. Comment expliquer qu'ils choisissent un répertoire a priori estimable, si pas au-dessus de tous reproches (Radiohead, Gainsbourg, Manu Chao, Indochine, Muse, Police,...), pour ensuite l'expurger de tout ce qui en fait le prix ? Il y a vraiment là quelque chose qui m'échappe. La démarche me fait un peu penser à Rondo Veneziano. On y retrouve la même volonté apparente de rendre hommage à un type de musique particulier (pop-rock ici, musique classique là) et la même trahson, soit due à une incapacité à en extraire la substantifique moëlle (hypothèse haute) soit volontaire (hypothèse basse).

Loin de moi l'idée d'accabler les pauvres chanteuses qui font a priori ce qu'on leur demande et ne sont pas pour grand-chose dans le naufrage qui en résulte. D'autant que, les deux responsables semblant ne pas être peu imbus d'eux-mêmes (le directeur de choeur présentera son frère comme un 'génie'), il est très possible qu'elles n'aient guère voix au chapitre. Je me prends même à espérer que la plupart d'entre elles sont conscientes qu'il est grotesque de taper dans les mains et de se balancer comme une chorale gospel en répétant en boucle "When I think about you, I touch myself." (le seul moment du concert où je n'ai pu m'empêcher d'éclater de rire), mais qu'elles font contre mauvaise fortune bon c(h)oeur parce que ça leur permet de voir du pays.

Bon, je clos là parce que c'est finalement plus insignifiant que vraiment grave, mais je serais vraiment curieux d'entendre les arguments de ceux qui ont pu laisser croire que cela avait un quelconque intérêt (le cas des Inrocks est particulièrement intriguant). Je vous fiche mon billet que, d'ici quelques semaines, on aura droit à un 'Scala chante Noël'. Brrrr.

Ceci dit, la suite de la soirée allait être autrement plus enthousiasmante. Histoire de ne pas trop me répéter, voici mon compte-rendu du concert des Nits à l'Ancienne Belgique en décembre dernier. La plus grosse part de ce qui y est dit vaut toujours (le personnel est le même, les attitudes sur scène également et mon enthousiasme est tout aussi délirant). Les seules différences sont minimes. S'agissant d'un concert en plein air sur "la plus belle place du monde" (dixit l'Office du Tourisme bruxellois), la scène, ouverte à l'arrière, ne comprenait que les musiciens et leurs instruments, sans éclairage ou projections particulières.

La setlist évidemment n'est pas exactement la même. Ils ont surtout joué les morceaux les plus connus ou les plus entraînants, ce qui est logique pour un concert gratuit en plein air. Bien que le set fut plus court (95 minutes environ), ils ont joué quelques chansons qui avaient, à mon grand dam, brillé par leur absence en décembre dernier. Ainsi, lorsque les premières notes cristallines de 'Cars & Cars' ont retenti, j'ai pendant quelques secondes eu la chair de poule. Le son était absolument parfait et à aucun moment les bouchons ne furent nécessaires.

A chaque fois que je les vois, ou même simplement lorsque j'écoute leurs disques, je suis abasourdi de constater que ces chansons ne leur ont pas garanti un public plus large. Que l'Angleterre par exemple, terre de la pop par excellence, les aient toujours boudés reste pour moi un mystère.

Si je devais vraiment trouver un défaut à ce concert, ce serait que, bizarrement, Henk semble avoir voulu chanter 'Aquarium' comme un hymne rock, ce que la chanson (un morceau calme extrait de '1974') n'est clairement pas, mais bon, c'est vraiment si je suis obligé de chicaner, parce que je n'ai aucun état d'âme à qualifier un concert de parfait.

Pour ceux qui suivent la carrière du groupe d'un peu près, ce concert avait un statut un peu particulier. Il s'agissait en effet du dernier concert de (Lae)Titia Van Krieken, la musicienne que le groupe avait engagée à l'époque de 'Alankomaat' pour compenser sur scène et en studio le départ de Robert-Jan Stips (elle avait aussi activement participé à l'élaboration de 'Wool' en studio). Elle a décidé de quitter le groupe pour se consacrer à d'autres activités. Sans doute avait-elle un peu de mal à trouver exactement sa place dans un groupe ayant, depuis le retour de Stips, retrouvé sa configuration historique. L'événément est sans doute passé inaperçu du plus grand nombre vu que Henk s'est contenté de dire à la fin du premier rappel "Et maintenant, je vais embrasser Titia."

Embryon de setlist (dans le désordre le plus complet et il manque certainement quelques titres) :

Bike in head
The infinite shoeblack
Soap Bubble Box
Cars and cars
In the Dutch mountains
Nescio
The train
A touch of Henry Moore
Cabins
Adieu, sweet bahnhof
J.O.S Days
The dream
Aquarium
Eifelsucht
Rumspringa
Espresso Girl
Home before dark
Fire in my head (?)

jeudi, août 19

Un petit jeu.

1) Allez lire ceci. Laissez-vous imprégner de ce qui y est dit. Vous pouvez être outré, amusé, attristé, effondré, hilare. Quel que soit votre sentiment, laissez-le mûrir pendant quelques secondes jusqu'à être convaincu qu'il est la seule réponse possible à cette comparaison.
2) Téléchargez ensuite ce fichier (a priori légal).
3) Analysez a posteriori votre sentiment.

Personnellement, je fus amusé après l'étape 1 avant de me dire, arrivé à l'étape 3, que finalement, c'était plutôt bien vu. Ca fait un moment que R.E.M. ne m'intéresse plus (depuis New Adventures in Hi-Fi sans doute), mais là, ils me semblent avoir atteint une sorte de point de non-retour dans l'insignifiance.

Une malédiction péserait-elle sur les Michael musiciens ? Il n'est pas vraiment nécessaire de s'appesantir sur pourquoi ça ne va pas fort pour Michael Jackson. Michael Hutchence est mort. Michael Jones a disparu sans laisser de traces. Michael Nyman erre sans but depuis 'The Piano', Michael George ne fait plus rien de bon, et voilà maintenant que Michael Stipe cesse d'avoir la moindre importance. Où sont les jeunes Michael qui viendront prendre la relève et redorer le prestige de leur prénom ? En tout cas, Franz Ferdinand vient de sortir un single portant ce titre. Peut-être sera-ce le déclic. Rendez-nous nos Michael !

Scotty voix d'or

Lorsqu'un chanteur atteint un certain niveau de célébrité, tout ce qu'il a pu enregistrer au cours de son existence devient en quelque sorte un fragment de son oeuvre et à ce titre digne d'intérêt, surtout s'il a eu le bon goût d'avoir une carrière-météore voire, c'est encore mieux, de mourir jeune. Signalons à ce propos que Grace, l'unique album de Jeff Buckley, va ou vient de ressortir dans une version 2CD+DVD (les fonds de tiroir chez les Buckley sont striés de traces d'ongles avides). Mais ce n'est pas de cela que je voulais parler aujourd'hui.

Je suis tombé sur un disque improbable intitulé 'In the beginning', qui reprend des enregistrements effectués par Scott Walker en 1958 et 1959, alors qu'il avait à peine une quinzaine d'années, bien avant donc les Walker Brothers ou sa tétralogie d'albums solos. A l'écoute, cela laisse une impression bizarre. Sa voix n'a pas encore trouvé le timbre quasi-extraterrestre qui allait transcender ses enregistrements d'adulte et il chante ici avec la voix de gorge d'un crooner de kermesse, le vibrato d'un roi de karaoké et l'assurance un peu gauche du gamin prodige qui a pris l'habitude d'être exhibé à la moindre occasion. Ce n'est pas à proprement parler désagréable à entendre. Les chansons, pour la plupart composées par un certain Baird, sont d'honorables exemples de pop des années 50 et 60 (Sing Boy Sing par exemple est assez entraînant, dans le genre). Ceci dit, avec le recul, le ridicule n'est jamais très loin et on peut se demander à quoi sert réellement un tel disque. Il existe certes un intérêt historique : ce disque prouve que même les chanteurs les plus intouchables, les plus vénérés peuvent avoir débuté leur carrière sous de douteux auspices. En écoutant ce disque, j'imagine très bien le jeune Scott, duvet aux lèvres, affublé d'un smoking trop étroit et d'un noeud papillon disproportionné, se dandinant seul sur scène face à une meute de grands-mères californiennes en mal d'attendrissement dont les yeux humides témoignent d'une résurgence d'instinct maternel, tandis qu'un manager sans scrupules compte ses dollars en coulisses. Je suppose que Scott Walker, dans sa tour d'ivoire, est au courant que ce disque existe et qu'il aurait pu en empêcher la sortie s'il l'avait voulu. S'il n'en a rien fait, c'est qu'il estime ne pas avoir à en rougir. Pourtant, comme toujours dans ces cas-là, le disque sort sur un obscur label anglais et il n'y a évidemment pas l'ombre d'un résidu de cette époque sur le (formidable) coffret rétrosepctif "Scott Walker in 5 easy pieces", sorti l'année dernière. Il ne doit donc pas non plus revendiquer complètement cette époque. Pour les fanatiques uniquement donc.

Toutes proportions gardées, cela me rappelle un disque intitulé 'Nick Carter : Before the Backstreet Boys', que j'ai eu la 'chance' d'écouter il y a quelques semaines. Certes, le style de musique est différent, mais l'intention derrière les sessions d'enregistrement et la manière de chanter ont l'air assez similaires. Je ne sais pas ce qu'il en est pour vous, mais le fait que Scott Walker et Nick Carter aient pu avoir, à un certain âge, des points communs me plonge dans des abîmes de perplexité.

mardi, août 17

Sit still. It's still The Stills' "Still in love".

Il y a bien longtemps, j'ai exprimé mon étonnement face à l'indifférence apparemment rencontrée par "Still in love", la chanson de The Stills. Je comprenais mal pourquoi une chanson dont le refrain était à ce point entêtant et qui aurait été parfaitement à son aise sur un des deux albums d'Interpol n'était pas devenue un objet de culte pour tout ce que l'univers compte de corbeaux poppisants. L'explication en est peut-être que la chanson sort seulement cette semaine en Angleterre, là où toutes les hypes autour des groupes en 'The' semblent toujours naître. La vidéo est en tout cas visible ici, et franchement, quelques mois après, c'est toujours aussi bon.

EDIT : En fait, le single était déjà sorti il y a quelques mois dans une indifférence coupable. La maison de disques a dû penser que la chanson méritait une seconde chance. Nous verrons.

PS : J'espère que vous me pardonnerez la déplorable tentative humoristique qui sert de titre à ce billet. Il se fait tard et je viens de me farcir tout un album de dance du début des années 90 (Culture Beat pour ne pas les nommer) et, franchement, ça n'aide pas à conserver un esprit fin et alerte. Pour me faire pardonner, je signale néanmoins que, dans le tout nouveau catalogue d'un célèbre marchand suédois de meubles en kit (ou de puzzles 3D grandeur nature, selon le point de vue choisi), les étagères Billy, qui abritent des centaines de milliers de CD de par le monde, sont présentées sous le titre "l'idole Billy".

lundi, août 16

Je ne vais pas me laisser abattre par si peu.

Bon, c'est pas tout ça, mais que s'est-il passé d'important dans le monde ces derniers jours ?

- J'ai appris que Richard Gotainer était devenu animateur sur une station de radio confidentielle réservée aux moins de 15 ans. Pauvre Richard. Après tant d'années de services loyalement rendus à la cause du calembour vaseux et de la chanson sautillante (tout le monde devrait vénérer Chants Zazous, au minimum), une telle ingratitude est criminelle. Didier Barbelivien n'est sans doute pas tombé si bas, et pourtant, qu'a-t-il apporté au monde, lui ?
- Justin Timberlake aurait décidé d'enterrer Nsync et de se consacrer à sa carrière solo. Il aurait dit non à l'enregistrement d'un nouvel album, et non aussi à l'enregistrement de deux nouvelles chansons pour la sortie d'une compilation à Noël. Il le regrettera d'ici cinq ans. Tant pis pour lui.
- Il y a deux semaines, le NME a publié une double interview de Pete Doherty et de Carl Barat, des Libertines. Je dois bien avouer avoir un peu décroché de cette saga interminable. J'attends la mort d'un des deux ou la réunifcation du groupe pour m'y intéresser à nouveau réellement mais, en gros, ça donne ça : lorsqu'il parvient à exprimer ses pensées avec un minimum de clarté (et ce n'est pas souvent), Pete joue aux victimes. Carl de son côté fait de son mieux pour gérer la crise, justifie sa décision de maintenir son ami en dehors du groupe et pèse chacun de ses mots pour ne pas risquer de heurter sa sensibilité. Après avoir lu les deux interviews, il m'est d'avis que ce n'est pas près de s'arranger. Peut-être que si Carl décidait de participer activement à la cure de désintoxication de Pete, il parviendrait à lui forcer la main ?
- Les tabloïdes américains bruissent de rumeurs sur la cause des mystérieuses ecchymoses apparues sur les bras de Paris Hilton. Nick Carter, récemment largué, est pointé du doigt. Et ça, mes amis, ça ferait un bien beau scandale.
- Björk a chanté un extrait de son nouvel album lors de la cérémonie d'ouverture des Jeux Olympiques. Bizarrement, rien n'a été fait pour donner à sa prestation un semblant de lien avec les Jeux, ce qui fait qu'on se demandait un peu ce qu'elle faisait là. Ceci dit, le nouvel album m'a tout l'air d'être dans la lignée de Vespertine.
- Si tu es une jeune femme d'environ 25 ans, vaguement française, vaguement chrétienne, les cheveux courts à la Jean Seberg et si tu aimes les garçons timides et romantiques, vaguement roux, j'ai peut-être un rencard à te proposer.


Voili voilà. Comme je n'écoute pas grand-chose de neuf en ce moment et que je ne fais pas de concerts, je n'ai pas grand-chose à dire. Ca devrait aller mieux d'ici quelques semaines où j'espère reprendre des mises à jour plus fréquentes.

Qu'avez-vous fait de vos vingt ans ?

Loin de moi l'idée de présenter les fanatiques de musique comme des gens à plaindre, mais n'y a-t-il pas au coeur de cette course sans fin à la nouveauté, de cette frénésie d'achats et de ce besoin de tout connaître une fêlure cachée de la personnalité ? Depuis bientôt quinze ans, cette quête incessante d'informations, ce besoin de découvrir toujours plus de nouveaux groupes, de nouveaux genres de musique est un des principaux moteurs de mon existence. Tant qu'on se trouve dans le mouvement, cela semble finalement assez naturel, le fruit d'une curiosité intellectuelle qu'il serait bien malvenu de critiquer. Pourtant quand, pour une raison quelconque, on a l'occasion de prendre un peu de recul, d'objectiver son comportement, on se retrouve face à d'embarrassantes interrogations. A quoi cela sert-il d'acheter des disques ou de télécharger des fichiers, lorsque la plupart des disques bien rangés sur les étagères (jamais assez grandes) n'ont pas été écoutés plus de cinq fois ? Je ne sais même pas le plus souvent exactement ce que ma collection contient. Je sais juste que l'ensemble serait suffisant pour me permettre d'écouter de la musique 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 pendant deux mois sans jamais avoir à mettre deux fois le même disque. Cela ne veut d'ailleurs pas dire que je n'écouterais pas deux fois la même chanson, car un à-côté désagréable de cette pulsion compulsive d'achat est de se retrouver parfois avec des doublons (j'ai déjà acheté par erreur cinq disques que j'avais déjà. Depuis, je me suis fait une liste) ou des quasi-doublons (le meilleur exemple étant sans doute pour moi les compilations années 80, toujours achetées à prix écrasés mais souvent quasi-identiques dans le choix des morceaux). Certes, l'instinct de collection est quelque chose qui n'est pas propre aux disques, et on pourrait certainement trouver des anecdotes tout aussi consternantes sur les philatélistes, les copocléphiles ou les fibulanomistes, mais la musique a ceci de particulier que notre environnement en est saturé. Quasiment tout le monde pratique la musique en dilettante, a un avis sur telle ou telle chanson à la mode ("Pfff. Las Ketchup, c'était quand même autre chose que O-Zone"... "Radiohead, ils sont trop géniaux"... "Obispo, c'est un naze") et possède au moins deux ou trois disques. Dans un tel contexte, les vrais mordus apparaissent d'autant plus excentriques.

Ces derniers temps, une autre question me vient souvent à l'esprit. Tout ce temps investi, tout cet argent dépensé sert-il un but tangible ? D'ici quelques semaines, je serai au chômage. Dans ces conditions, est-il bien raisonnable d'avoir encore acheté ces deux dernières semaines une bonne quinzaine de disques lors de deux expéditions chez les disquaires d'occasion de Bruxelles ? Ne ferais-je pas mieux de faire quelques économies et de me consacrer à la recherche d'un emploi ? Il y a quelque chose de glorieusement immature dans cette dévotion aveugle envers les oeuvres culturelles, et plus encore les modes d'expression populaire, ceux qui n'ont même pas le cachet chic des arts dits nobles. Certes, quand j'écoute Lycanthropy de Patrick Wolf, quand je vais voir un concert des Nits, quand je lis, le sourire aux lèvres, la chronique des singles de la semaine dans le NME ou bien quand je trouve en magasin un disque que je cherchais depuis longtemps, j'éprouve du plaisir et le plaisir peut être (et est le plus souvent) une fin en soi. Pourtant, le vil démon de la raison, vient de temps à autres perturber cette belle insouciance et demande à ce qu'on lui justifie les journées entières passées à classer, enregistrer, écouter ou commenter des disques. Que lui répondre ? La réponse logique serait de dire que je pourrai peut-être en vivre un jour et que cela justifiera a posteriori tout l'investissement consenti mais, même si c'est une possibilité que je caresse régulièrement pour le simple plaisir de l'entendre ronronner, je me rends bien compte que c'est assez improbable (beaucoup d'appelés, peu d'élus, pas les bonnes études,... toussah). J'en suis donc réduit à m'inventer des réponses telles que "On n'a que le bien que l'on se donne", "Ca m'a permis de rencontrer des tas de gens très bien" ou encore, en désespoir de cause, la franchement terrifiante "Au moins pendant de temps-là, je ne suis pas au bistrot et je ne vole pas les sacs des vieilles dames... et puis, c'est tout de même mieux que de s'intéresser à la formule 1, non ?"

...mais dans 10 ans, que restera-t-il de tout cela ?

lundi, août 9

Des étincelles de génie

Je parlais il y a peu de ces groupes qui viennent brouiller la ligne de démarcation imaginaire que je trace entre les groupes anglais et les groupes américains. Et bien, un nouveau nom est venu faire bien plus que simplement l'envelopper d'un brouillard indistinct, il l'a annihilée, en a rendu le concept même aussi vide de sens que des textes de Duran Duran. Et oui ! A l'encontre de toutes les lois régissant l'univers, les Sparks, les auteurs de "When do I get to sing My Way?" sont américains. Certes, à leurs débuts, leur glam-prog-pop (This town ain't big enough...) était moins situable géographiquement, mais leur virage pop synthétique dans les années 90 les avaient pour moi rendus aussi anglais que les trains en retard, le boeuf bouilli à la menthe et le porridge à la marmite. Et bien non, ils sont Californiens.. comme les Red Hot. Dingue. J'en suis encore tout ruisselant de stupéfaction (quoique la chaleur n'y est peut-être pas pour rien).

L'occasion de cette révélation fut leur dernier album, Lil' Beethoven (2002), dont j'avais déjà entendu quelques bribes par des moyens que l'amoral approuve, mais que je n'ai écouté en entier que hier. Tellement enthousiasmé je fus que toute la soirée en boucle il tourna. Si l'expression n'était pas une terme déposé, je dirais qu'il s'agit du disque le plus vavavoum qu'il m'ait été donné d'entendre. Il en devient même difficile à décrire. Il est finalement assez court, une quarantaine de minutes, mais tellement immense dans son ambition qu'il parait en fait beaucoup plus long. Les morceaux sont complexes et se déploient progressivement jusqu'à exploser dans un maelstrom étourdissant de choeurs qui se répondent et de mélodies qui s'emboîtent. Pourtant, à aucun moment on a l'impression qu'ils en font trop. Ca ne vire jamais dans le symphonique prétentieux, sans doute parce que le tout sonne incroyablement ludique. Dans les titres des morceaux ("How do I get to Carnegie Hall?", "Your call is very important to us. Please hold.", "Ugly guys with beautiful girls" ou le formidable "What are all those bands so angry about?"). Dans les textes ensuite qui, bien que tous basés sur la répétition de quelques phrases, sont consciencieusement retranscrits dans le livret.

Je défie quiconque d'écouter "Ugly guys with beautiful girls" sans sauter tout partout comme un chimpanzé sous acide en arborant le sourire béat du pyromane en villégiature estivale dans le Var. Quand je pense que certains se sont excités comme des malades sur des groupes qui tentaient, à peu près en même temps, d'atteindre le même résultat sans y parvenir (Electric Six par exemple), je me gondole comme un store vénitien.

En tout état de cause, j'ai un nouveau groupe culte. Et bonheur ultime, un vieux groupe culte. J'ai toujours été assez content de ne pas être un adepte du vieux rock qui tache, pourtant il y a un truc que je leur ai toujours envié. Lorsqu'ils découvrent un nouveau groupe, il peuvent parfois se retrouver face à 15 albums inconnus, à chercher dans les brocantes ou sur le Net. A chaque nouvelle révélation, une oeuvre complètement formée, toute auréolée de son caractère définitif, s'ouvre à eux, continent mystérieux à explorer. Sauf exception, le genre de musiques que j'aime ne me procure pas ces joies. Ici, trente ans de musique s'offrent à moi. Je pense que je vais commencer par le plus récent et leur période : "Et si on faisait du Pet Shop Boys". Ca me parait être un bon début.

dimanche, août 1

Infos en vrac

- Le nouveau single de Robbie Williams serait écrit par Stephen Duffy. Selon ce dernier, il s'agirait d'"électro gothique". Une perspective intriguante, à tout le moins.

- Réjouissons-nous. Dee Snider et ses canines taillées en pointe (il se prenait pour la réincarnation du Comte Dracula), Jay-Jay French et Mark 'The Animal' Mendoza sont de retour. Et oui, contenez votre joie. Twisted Sister, les maîtres du glam-metal nous reviennent. Auteurs d'au moins deux très bons albums (Come out and play et Stay hungry) durant la première moitié des années 80, ils furent ma première ouverture sur le hard-rock et ma dévotion était à l'époque totale (enfin, aussi totale que peut être une dévotion à 10 ans) et je garde un souvenir très vivace de la vidéo de 'The leader of the pack', leur reprise des Shangri-Las. Depuis, je n'ai pu me défaire d'une sympathie coupable à leur endroit, sans aucun doute entretenue par une idée bizarre dont je ne peux me défaire (Dee Snider chante formidablement bien) et, surtout, leur ridicule glorieusement assumé (cheveux longs aux boucles étonnamment serrées, maquillages tribaux, tenues de biker,... tout l'attirail du parfait hardeux de l'époque). Ils sont en concert à Londres aujourd'hui même. Eussé-je été Londonien, ça m'aurait fait un formidable cadeau d'anniversaire. Hélas, je ne suis anglais que de coeur et devrai me contenter de réécouter l'album ce soir. Apparemment, le groupe du fils de Dee Snider, Jesse Blaze, n'a pas été invité pour assurer la première partie, ce qui n'est pas très sympa. Ce sont des petits gars qui en veulent et si on ne peut pas compter sur notre papounet pour nous mettre le pied à l'étrier, à quoi bon ?

- Vendredi soir, pour la première fois depuis la naissance de l'émission il y a 40 ans, Top of the Pops a été enregistré en plein air, pour un show d'une heure. Comme souvent, beaucoup de bonnes choses (Jamelia, Girls Aloud,...) et de moins bonnes (Natasha Beddingfield, Javine,...). Pour ma part, l'émission a surtout été l'occasion de découvrir, enfin, une bonne chanson de Busted. Busted, pour ceux qui ne connaissent pas, sont le produit d'une expérience à la Frankenstein qui a fonctionné au-delà de toutes les espérances : greffer les techniques du marketing de la pop pour enfants (matraquage radio-télévision, posters dans les magazines,...) sur une musique ""punk-rock"" à la Blink-182 (avec des gros guillemets). Le succès est total, ils ont à peine 20 ans et leurs trois albums se sont déjà vendus à plus d'un million d'exemplaires chacun. Pourtant, malgré une conviction profondément ancrée en moi (grâce à de nombreuses séances d'hypnose) que tout ce qui se vend en Angleterre ne peut être que formidable, je n'étais jamais parvenu à trouver ne serait-ce qu'intéressante la moindre de leurs chansons. Ils avaient bien fait une reprise de Teenage Kicks qui tenait à peu près la route, mais c'était un peu court. Là, sous l'impulsion sans doute du 'Crazy in love' de Beyonce, ils (ou leurs compositeurs parce que je ne suis pas sûr que ces braves gens écrivent eux-mêmes leurs chansons) ont eu une idée de génie : ajouter des cuivres. Cela donne Thunderbirds are go, un single absolument irrésistible, tiré de la BO de ce qui promet d'être un de plus beaux navets de l'année. De plus, on ne peut que compatir au destin de Charlie Simpson (le leader du groupe). Il porte des tee-shirts Elliott Smith. Son groupe préféré est Aereogramme et, pour gagner sa vie, il doit pourtant se résoudre à sauter tout partout sur scène devant un parterre de gamines de 10 ans en furie. Y a pas à dire, c'est dur la vie d'artiste ! Qu'il se rassure cependant, son calvaire se termine bientôt. La relève est déjà là, qui renifle ses plates-bandes avec arrogance (oui, oui, McFly, c'est de vous que je parle) et l'heure de la retraite approche.

- Ecoutes (rapides) de la semaine
* Pearls before swine : Constructive melancholy (Birdman). Une compile en mid-price qui est surtout l'occasion de découvrir l'original de The Jeweller (This Mortal Coil). C'est tellement bien que je vous en reparlerai peut-être.
* Madre Deus : O Espirito da paz. Leur meilleur album selon moi, et en prix sacrifié pendant les soldes.
* Tindersticks : la réédition de leur deuxième album que j'ai tout de même fini par acheter. Le CD bonus qui contient le live, déjà proposé lors de la sortie de l'album en édition limitée, est une petite merveille.

It's alright (baby's coming back)

Sur la mailing-list consacrée aux Nits, un sondage a été effectué il y a quelques mois (avant la sortie de 1974 donc) pour déterminer quel était l'album préféré des fans et, à ma grande surprise, les albums que je préfère (Ting et Adieu Swwet Bahnhof) étaient quasiment derniers. Plus étrange encore, l'album qui est arrivé en tête, avec une confortable avance qui plus est, était Wool, sans doute leur disque le plus en demi-teinte, que je trouve donc aussi difficile à aimer qu'à ne pas aimer. Etrange que des gens puissent ainsi se retrouver autour d'un même groupe mais en ayant des visions si différentes de leur musique. A chaque fois, cela m'étonne. Tout ça pour dire que le 22 août prochain, le groupe donnera un concert gratuit sur la Grand-Place de Bruxelles dans le cadre du Festival Euritmix. Bien que je suive leur carrière depuis le début des années 90 (quelque part entre Giant, Normal, Dwarf et Ting), mon premier concert d'eux, à mi-chemin entre récital intimiste et happening poétique, date seulement de l'année dernière et j'en garde un souvenir émerveillé. Je me demande comment ils pourront recréer cette magie lors d'un concert en plein air.

Ils suivront sur scène les collégiennes flamandes de Scala, la hype la plus incompréhensible de ces dernières années. Depuis quand des chorales scolaires interprétant sans émotion des chansons (pas toujours très fraiches qui plus est) est-il devenu le dernier concept à la mode ? Certes, reconnaissons-leur qu'elles ne chantent pas mal, mais les arrangements vaguement contemplatifs et les tempi subtilement ralentis tentent à tout niveler. Du coup, ça devient assez vite répétitif et on se lasse. Pourtant, après la Belgique, la France avait également succombé à cette marée blonde. Même les Inrocks, qui n'encenseraient pas à la légère un disque qui contient des bons gros morceaux d'Indochine, se sont laissés aller à émettre quelques couplets louangeurs. Un truc a dû m'échapper, mais quoi ? Ce sera une bonne occasion de pousser mon investigation plus avant.

mardi, juillet 27

Ecoutes de la semaine

- Pan American : Quiet city. Après des recherches infructueuses pendant plusieurs semaines, j'ai enfin réussi à dénicher le nouvel album de Pan American. La première écoute laisse supposer un retour à des sons un peu plus acoustiques. Je vous en recauserai sans doute un de ces jours.

- The Killers : Hot Stuff. Souvent, on peut, rien qu'à l'écoute, distinguer les groupes britanniques des groupes américains. En traçant à grs traits des lignes de démarcation entre sophistication et retour aux sources ou entre guitares crades et guitares propres. Et souvent ça marche, Blur est anglais et Pavement est américain, les Red Hot Chili Peppers sont américains et les Beatles sont anglais. Parfois, pourtant, certains s'amusent à jouer les trouble-fêtes. Le cas le plus exemplaire est celui des Dandy Warhols que j'ai très longtemps cru être anglais. On peut dorénavant leur associer 'The Killers', un groupe de Las Vegas qu'on jurerait sorti tout droit des pubs de Camden. L'album commence sur les chapeaux de roues avec trois chansons rigoureusement imparables (Mr Brightside, Jenny was... et Somebody told me), puis ça se gâte légèrement avec notamment un 'Glamorous Indie Rock'n'Roll' que l'on peut difficilement écouter sans une petite moue de dégoût amusé. Dans l'ensemble, cela reste néanmoins une bonne surprise dans le genre dark-synth-indie-pop-rock, quelque part entre Interpol (on dira qu'ils étaient anglais, hein !), les Pet Shop Boys et Blur.

- Baby Dayliner : High Heart and low estate. Il faudra que je réécoute mais ça semble a priori assez prometteur. J'en reparlerai également si besoin est.

Le service minimum étant ce qu'il est. J'en reste là.
Bonnes vacances à tout le monde.

Chantez, jouez, dansez, mais ne parlez pas.

Les élections américaines approchant à grands pas, les pontes de l'entertainment sortent de leur réserve habituelle et se mettent à prendre position. C'est sans doute la marque d'une élection qui polarise plus que de coutume l'opinion. Après les Dixie Chicks, Sean Penn, Tim Robbins et les autres, c'est Linda Ronstadt qui a subi l'ire des spectateurs d'un gala qu'elle donnait dans un casino à Las Vegas, après qu'elle les ait encouragés à aller voir Fahrenheit 9/11. Elle s'est fait huer et certains spectateurs ont quitté la salle en déchirant les affiches aux murs. Michael Moore, qui n'en rate pas une, lui a envoyé un gros bouquet de fleurs en guise de consolation. Notons au passage que Justin Timberlake a décidé d'apporter publiquement son soutien aux démocrates, ce qui de la part de quelqu'un qui a refusé pendant des années toutes questions ayant trait à la politique est une petite surprise.

PS : Je pourrais en profiter pour signaler que ce même Justin Timberlake semble avoir définitivement tiré un trait sur une possible réunion de Nsync en refusant de retourner en studio pour enregistrer quelques titres pour un futur best-of. Le vilain ! Heureusement que Ian Brown n'est pas aussi difficile et a donné son accord à une réunion des Stone Roses. (Oui, je sais, le raccourci est osé.)
EDIT : Mes informations étaient fausses. Ian Brown a juste, pour la première fois depuis presque 10 ans, fait un concert contenant une majorité de chansons des Stone Roses, accompagné par deux membres d'un tribute band. Apparemment, cela ne prélude absolument pas à une reformation du groupe. Désolé.

Mises à jour et corrections

Comme vous l'avez sans doute remarqué, je n'ai guère le temps en ce moment de poster régulièrement, attendez-vous à des mises à jour très irrégulières dans les prochaines semaines. L'actualité musicale tourne au ralenti et je me sens obligé de travailler un peu à ce pour quoi je suis payé (plus pour très longtemps, mais quand même). Donc, ce sera le service minimum. J'ai notamment omis de conserver les URL de mes sources. Une simple recherche sur GoogleNews devrait en général vous dépanner si nécessaire.

- Douze heures à peine après mon dernier message, les mixes de Rammstein (cfr mon post du 22/07) sont apparus sur le Net, soit quelques jours seulement avant leur sortie officielle, ce qui est en soi un bel exploit. Le "You are what you eat" mix est finalement assez proche de la version originale, dont ils ont gardé toute l'énergie rock. Ils ont certes ajouté quelques lignes de synthé à la Relentless, mais en conservant la trame générale de la chanson. L'effet obtenu est étrange, le côté grand-guignol de leur musique en est bizarrement accentué (les mélismes inquiétants du début par exemple m'ont immédiatement évoqué Cradle of Filth, alors que la comparaison ne m'était pas venue à l'esprit en entendant le morceau original). Le titre du deuxième mix parle de lui-même. Il s'appelle le 'There are no guitars on this mix' et ressemble un peu à un exercice de style. Comment faire pour recréer l'atmosphère du morceau original en le rendant tout synthétique ? Dans l'ensemble, c'est plutôt agréable à écouter, mais assez éloigné de ce que je pressentais. Les PSB n'ont pas profité de cette occasion pour explorer une veine plus sombre, mais ont fait des mixes comme ils en ont déjà réalisé plusieurs. Tant pis, on attendra le prochain album pour en savoir plus.

- En réécoutant, j'ai enfin entendu du saxophone sur Pressure Point des Zutons. Hourrah !

- Nick Carter et Paris Hilton, c'est fini. Elle va donc pouvoir se consacrer pleinement à sa 'Simple life' et lui à préparer le nouvel album et la nouvelle tournée des Backstreet Boys. Ne faites pas l'erreur d'appeler votre petite soeur pour lui annoncer la bonne nouvelle ceci dit. Leur prochain single supputé 'Beautiful woman' est apparu sur le Net et donne toutes les indications que le nouvel album sera très mauvais.

- Après avoir longtemps hésité, Britney Spears et Kevin Federline ont signé un 'pre-nup', une sorte de contrat de mariage préalable. Elle avait dans un premier temps refusé de le faire, arguant que c'était un mariage d'amour et qu'il ne fallait donc pas le ternir avec des questions bassement matérielles. Je ne suis pas sûr que sa vision romantique du couple résistera très longtemps à la pression de médias, aux pensions alimentaires et aux droits de visite de ses beaux-enfants (dont le deuxième est né il y a quelques jours), mais, courage!, on y croit encore.