dimanche, novembre 23

Je vois tout....

.... si vous êtes trentenaires, je peux lire dans vos pensées, la preuve :



(source : http://bum.net/pics/final.jpg)

samedi, novembre 8

Euréka ! La réponse !

Les lecteurs les plus fidèles de ce blog se rappelleront peut-être que je me suis creusé les méninges pendant plusieurs semaines pour retrouver à quoi pouvait bien me faire penser Gabriel de Najoua Bélyzel.

Rappel des faits : Voici la chanson de Najoua Bélyzel.



Après cogitations intenses et mises en commun de plusieurs personnes "on-line and in real life", j'ai réussi à isoler des traces du Self-Control de Laura Branigan (les oh oh oh principalement), les percussions de Bette Davis Eyes de Kim Carnes, la basse d'introduction de Can't Get You Out Of My Head de Kylie Minogue, des traces aussi du générique du dessin animé Les Mondes Engloutis, pour ne parler que des plus évidentes. Les ressemblances sont manifestes. Pourtant, je ne parvenais pas à me défaire de l'idée que ce n'était pas vraiment à une de ces chansons-là que j'avais tout de suite pensé en entendant Gabriel pour la première fois. Pendant presque trois ans, la question était restée ouverte, même si je n'y avais plus repensé depuis des lustres.... jusqu'à ce soir.

Alors que je prenais un verre après être allé voir un spectacle de danse, mon oreille a été attirée par une vieille chanson des années 80 qui m'a tout de suite fait repenser à ce mystère inéclairci.



Bizarrement, la chanson ressemble objectivement plutôt moins à Gabriel que certaines des hypothèses précédemment citées. Pourtant, je suis formel. C'est bien à Femme Publique que j'avais spontanément associé la chanson de Najoua Bélyzel. Le cerveau humain est décidément plein de mystères.

Je vous laisse juge, mais personnellement, je vais me coucher avec le sentiment du devoir accompli.

I'm a Barbie Girl, in a Barbie world.



La course pour la plus laide pochette de l'année vient de connaître un tournant, que j'imagine décisif. J'ai du mal à voir qui pourrait faire pire dans les prochaines semaines (à moins évidemment que Mercury Rev ou Mansun ne sorte une compilation pour les fêtes).

mercredi, novembre 5

Remarquable contribution à la musique

Le deuxième meilleur groupe du monde (c'est les Pet Shop Boys pour ceux qui débarquent ici par hasard) vont recevoir un "Outstanding Contribution to Music Award" à la cérémenonie des Brit Awards cette année. La nouvelle ne manquera pas de faire sourire les fans de longue date. En effet, il y a quelques années, lorsque le groupe était au faîte de sa gloire et que l'arrogance était devenue pour eux une seconde nature, Neil Tennant avait déclaré que les Brit Awards étaient "irrelevant" et qu'ils refuseraient une stautette "Brit d'honneur" avec tout le mépris qu'une telle accolade (sous-entendant sans doute un truc du genre "il n'y a rien de pire que d'être aimé par des marchands de soupe"). Cela dit, ils ont déjà reçu un Brit du meilleur single britannique pour West End Girls en 1987 et un Brit du meilleur groupe britannique en 1988, et ont participé à plusieurs reprises à la cérémonie.



Il sera amusant de voir ce que Neil et Chris vont bien pouvoir faire maintenant qu'ils sont redescendus de leur piédestal commercial, rester fidèle à leur intransigeance de jeunesse ou bien mettre de l'eau dans leur vin. Je suppute qu'ils feront un peu les deux en acceptant le prix, tout en le prenant publiquement à la légère.

Pour les fans (et uniquement pour les fans, les autres n'y comprendront pas grand-chose) le billet de Popjustice sur la "performance" qu'ils devraient présenter lors de la cérémonie est un petit bijou.

jeudi, octobre 16

L'original, le connu et le parodié

L'original (ou "ce à quoi nous avons échappé") :


Le connu (ou "comme quoi un budget marketing et un producteur, ça sert vraiment", ou encore "un des clips qui a le plus façonné mes goûts futurs, pour le meilleur et pour le pire) :


Le parodié (ou "c'est bête mais ça me fait beaucoup rire") :

mercredi, octobre 15

Recette pour un buzz annoncé

Björk (talent unique ! admirable liberté ! Islande ! Matmos ! Visionnaire !)

+ Thom Yorke (génie ! RADIOHEAD ! OK fucking COMPUTER ! Album directement vendu sur Internet ! Visionnaire !)

+ Lightning Bolt (expérimentation ! noise ! le groupe préféré des musiciens au nez fin ! percussions hallucinantes !)

+ bonne cause (sauvons la planète ! Carbon footprint ! ne laissons pas l'industrie défigurer le dernier paradis sur Terre de l'hémisphère nord ! Geyser4ever !)

=


(plus d'infos ici)

PS : Cela dit, on pourrait croire que je me moque, mais la chanson est très bien.

lundi, octobre 6

Je suis une merde...

Micah P Hinson (presque album de l'année ici-même en 2004, Myspace) est en concert à 500 mètres de chez moi, mais je me suis levé ce matin à 6h (ce qui ne m'arrive pour ainsi dire jamais) et je viens seulement de rentrer du boulot. Je crains donc fort de faire l'impasse sur le concert. Me connaissant, j'avais tenté d'acheter une place en prévente la semaine dernière, mais les organisateurs n'en avaient pas prévu. Grossière erreur car, le ticket en poche, je me serais senti obligé d'y aller.

Pour me faire pardonner, un mp3 de John Maus chez Stereogum.

dimanche, octobre 5

Blind-test

Je reviens d'un blind-test, qui avait lieu dans un café du centre de Liège. Il est sans doute révélateur de l'état de déchéance de mes exigences artistiques que les deux chansons que j'ai eu le plus de plaisir à réentendre furent :



et


(pour cette dernière vidéo, la chanson commence à 2:06)

mardi, septembre 30

Marc Moulin est mort

Marc Moulin, pour un belge francophone, c'était nettement plus qu'un musicien. En multipliant les casquettes, il était devenu une personnalité incontournable dans notre paysage culturel et médiatique : homme de télévision et de radio, chroniqueur et musicien, pour me limiter à ses activités que je connais le mieux. J'ai l'impression de connaître Marc Moulin depuis toujours. J'ai grandi en écoutant La Semaine Infernale et Le Jeu Des Dictionnaires sur la RTBF. Plus récemment, j'ai lu pendant des années ses chroniques dans le Télémoustique. En fait, finalement, ce sont ses oeuvres de musicien que je connais le moins bien. Jazzman à la base, il a fondé, bien avant Brian Molko, le collectif Placebo (dont je ne sais rien), avec notamment Philip Catherine.





A le fin des années 70, il fonde dans la lignée de Kraftwerk et des débuts de l'italo-disco, le trio Telex, qui est sans doute ce qui l'a fait connaître du plus grand nombre. Une compilation hommage comprenant une impressionnante collection de remixes est ainsi sortie il y a une dizaine d'années.







Dans les années 80, il a surtout produit et composé des chansons pour notamment Lio et Alain Chamfort. Depuis une dizaine d'années, il s'était reconverti dans le jazz-lounge en sortant trois albums sur Blue Note, un peu dans la lignée de Saint-Germain, ce qui ne m'intéressait à dire vrai pas beaucoup.



EDIT : Vous pouvez découvrir tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur Marc Moulin en écoutant le podcast en trois parties de l'émission spéciale de la RTBF radio ce matin, où j'ai notamment appris qu'il était un ami proche des Sparks et avait co-produit un de leurs albums.

PS : La disparition de Marc Moulin m'a vraiment affecté. Cela dit, je suis bien conscient que mes billets "Machinchose est mort" sont toujours d'une effrayante banalité, mais je ne peux m'empêcher de les trouver justifiés, bien que je serais bien en peine d'expliquer pourquoi la mort de quelqu'un crée souvent un besoin de découvrir son oeuvre.

vendredi, septembre 26

Journal d'une crise

14h00 : Après un frugal dîner, je me remets au travail en écoutant, pour me faire une idée de ce que c'est, un album de DJ Tiësto (oui, je sais c'est une drôle d'idée). J'en suis à la dernière plage et suis un peu surpris d'entendre une mélodie bien connue s'immiscer parmi les beats habituels. Naïvement, je pensais qu'il n'y avait pas la place pour deux reprises trance pouet-pouet du même morceau, que le marché était déjà saturé et que DJ Tiësto aurait mieux fait de reprendre l'Adagio d'Albinoni ou la Sonate au clair de lune de Beethoven. Néanmoins, ne voulant pas être injuste en vouant aux gémonies un Tiësto qui aurait en fait été un précurseur, je m'en vais regarder sur la pochette la date de l'album : 2004. Autant dire hier. Sûrement le remix de Ferry Corsten de la version de William Orbit était antérieur. A l'époque où elle était sortie, on voyait même encore des clips à la télé, c'est dire si ça antédiluve ta mère en peaux de bête devant les grottes de Lascaux. Mais bon, comme il n'est jamais mauvais de vérifier ses sources, je me lève pour aller chercher le CD single. Je me dirige calmement, sûr de la pertinence de mon classement, vers mes étagères à CD, dirige mon regard vers les 'O' et d'un doigt tranquille caresse les tranches : Placebo, Pixies, Piano Magic, Pearls Before Swine, Panasonic, Pan American, Mark Owen, Our Brother The Native. Comme un roi moyen-âgeux parcourant d'un regard son royaume du haut de la tour de son château, je regarde défiler ces CD attendant servilement mon bon plaisir pour accomplir leur office. Jim O'Rourke, OMD, Orbital. Voilà, ça y est. Il est là ! Confiant, je tends la main mais, qu'arrive-t-il ? Non, IL N'EST PAS LA ! Mon CD single de William Orbit n'est pas à sa place. Entre In-Sides d'Orbital et le CD single de Walking on Thin Ice de Yoko Ono, il n'y a rien. La surprise de ne pas voir rangé à sa place un disque que j'étais sûr de posséder est réelle et mon petit coeur de collectionneur fait un bond (que je serais enclin à qualifier de pathologique mais l'heure n'est pas aux considérations psychiatriques de comptoir).

14h05 : La résistance s'organise. Que personne ne sorte, appelez le FBI. Mettez la pièce sous scellés. Je veux quinze agents 24h/24 sur cette affaire. Top priority !

14h10 : Avant d'accuser à tout va les membres de mon entourage, je tente de réfléchir sur les causes possibles de la disparition. Ai-je en des temps immémoriaux prêté ce disque à quelqu'un ? Je n'ai pas l'impression. Il y avait bien eu une discussion à ce sujet avec mon frère, mais il me semble qu'il avait fini par le télécharger (légalement je suppose, il est très bien élevé). Aurais-je pu le ranger ailleurs ? Pour être sûr, je regarde dans mon classement à tous les endroits possibles : W comme William, B comme Barber (dans mon étagère 'classique'), C comme Corsten... Et comme chou blanc. Rien. Nada.

14h20 : Je continue ma recherche aux alentours de l'endroit où le disque aurait dû être. Sinead O'Connor, Nusrat, Gary Numan, jusqu'aux singles de Justin Timberlake, bien évidemment rangés à N comme Nsync. Sans résultat, si ce n'est me rappeler que j'ai tout de même une chiée de disques assimilés peu ou prou à ces derniers. Mais ce n'est pas le moment de se remémorer ses coups de coeur passés. L'heure est grave. Je me dois de rester concentré sur ma mission.

14h30 : La panique est à son comble. En désespoir de cause, je refais toutes les étagères Benno à plus ou moins dix cases de l'endroit où le disque aurait dû être, portant une attention particulière au fond des étagères, pensant qu'une fausse manoeuvre aurait pu faire en sorte que le petit CD single cartonné se serait immiscé là lors d'une des précédentes réorganisations de ma collection. Je crois un instant ma quête couronnée de succès quand je sens une pochette cartonnée sous mes doigts en dessous des disques du compartiment supérieur de mon Benno L-Q (en-dessous du coffret de Low si vous voulez vraiment tout savoir). Las, il ne s'agit que d'un promo de Kings Of Convenience offert avec un vieux numéro des Inrocks. L'envie me prend de le jeter par terre de rage, mais je me reprends bien vite et le glisse consciencieusement entre mes deux albums du groupe. Ce serait bête que, dans deux ans, je revive mes affres actuels en le recherchant (bien que je me demande bien pourquoi j'irais chercher un CD promo single alors que j'ai l'album, que de plus je n'écoute jamais, mais bon, trève de digressions). Puis je repars à l'assaut de la montagne que ce coquin de sort a placée sur ma route en cette belle après-midi ensoleillée. Il ne sera pas dit que je me suis laissé aller au découragement et au désespoir.

14h35 : Oubliant complètement le travail que je m'étais assigné pour aujourd'hui (je prendrai sur mon weekend s'il le faut), je m'assieds à mon bureau pour tenter de retracer l'ensemble des mouvements de disques au cours des trois dernières années. La case des O était-elle dans l'organisation précédente plus en amont ou plus en aval ? Autrement dit, avais-je rajouté une étagère en début de classement ? Auquel cas, les O étaient auparavant plus en aval dans l'agencement naturel des étagères. Ou avais-je au contraire libéré une étagère vers la fin de mon classement ? Auquel cas les O risquent bien d'avoir été plus en amont, là où sont maintenant les N, les M, les L, voire les K ou les J. Force est de constater que je n'en sais plus rien. Le trou noir. J'ai l'impression que mes disques ont de toute éternité été rangés de cette façon et que jamais ils ne furent bougés.

14h45 : Cela fait 45 minutes que la musique s'est arrêtée et je ne pense même pas à aller remettre un disque. Comment pourrais-je apprécier un disque de substitution alors que LE disque vers lequel tous mes sens se tendent reste introuvable. Je décide d'envisager le problème sous un autre angle. Aurais-je pu embarquer par erreur le William Orbit alors que je déménageais pour une raison ou pour une autre un de ses voisins. Je ne vois pas pour quelle raison j'aurais pu placer Orbital ailleurs que dans les O, ce serait absurde ! Je ne suis pas maniaque pour rien. Pareil pour Yoko Ono. Je n'ai même pas un John Lennon auquel j'aurais pu l'accoler. A moins que... à moins que..., car sur le single de Yoko Ono, il y a un remix des Pet Shop Boys, et il fut un temps où tous mes remixes des Pet Shop Boys étaient classés avec les disques du groupe. Reprenant espoir, je plonge vers mon étagère "vaches sacrées" (Dead Can Dance, Pet Shop Boys, Nits) et m'en vais farfouiller à la fin du classement PSB, là où toutes les pièces rapportées sont rassemblées (Pete Burns, Fat Les, Back To Mine, etc.) et, miracle, hosanna, kyrie, il est là, négligemment placé entre le Pete Burns et le premier album de Dead Can Dance, semblant ne même pas se rendre compte du mauvais tour qu'il venait de me jouer. Bouh, vilain CD!

Mais non, tout est pardonné, d'ailleurs je me le mets :

mercredi, septembre 10

Popjustice vs Mercury

Le Nationwide Mercury Prize est sans doute le prix musical le plus réputé de Grande-Bretagne. Il récompense chaque année le meilleur album britannique et fonctionne sur base d'un jury de 12 personnes. Il est donc un peu l'équivalent musical du Festival de Cannes, alors que les Brit Awards, ls Victoires ou les Grammy Awards sont l'équivalent des Oscars. Depuis 2003, Popjustice organise le même soir que la remise du Mercury Awards, une cérémonie plus intimiste pour le meilleur single pop britannique, le £20 Music Prize. Chaque année jusqu'ici, j'ai préféré le gagnant du prix offert par Popjustice à celui du Mercury Prize, bien que ce dernier soit en général toujours de qualité.

2003 : Girls Aloud - No Good Advice (8/10) vs Dizzee Rascal – Boy in Da Corner (7.5/10)
2004 : Rachel Stevens - Some Girls (10/10) vs Franz Ferdinand – Franz Ferdinand (6/10)
2005 : Girls Aloud - Wake Me Up (8/10) vs Antony and the Johnsons – I Am a Bird Now (7/10)
2006 : Girls Aloud - Biology (9/10) vs Arctic Monkeys – Whatever People Say I Am, That's What I'm Not (8/10)
2007 : Amy Winehouse - Rehab (8/10) vs Klaxons – Myths of the Near Future (7/10)

Cette année, en revanche, sera différente. En effet, Elbow vient de gagner le Mercury Prize avec The Seldom Seen Kid, alors que le £20 Music Prize se décide en ce moment dans un pub londonien entre About You Now des Sugababes et Call The Shots de Girls Aloud. Deux bonnes chansons mais qui ne font pas le poids face à un de mes groupes préférés.

2008 sera-t-elle l'année où je tourne définitivement le dos à la pop ? Sans doute pas. Surtout quand les Pet Shop Boys annoncent qu'ils vont faire produire leur nouvel album par Xenomania, les producteurs derrière la plupart des singles de Girls Aloud (si pas tous, cela demanderait à être vérifié).

Girls Aloud - Call the Shots



Sugababes - About You Now



Elbow - The Bones Of You



Elbow - One day like this

mardi, septembre 9

Hector Zazou est mort

En guise d'hommage, je vous propose de (ré-)écouter la plus belle chanson de Björk, extraite de son album Chansons des Mers Froides, que je vous recommande vivement.



Tant qu'on y est, voici aussi un extrait de Sahara Blue, avec la participation de Dead Can Dance.



(ignorez les images, qui sont extraites du récent et superflu remake des Mystérieuses Cités d'Or par Spielberg, aussi appelé Indiana Jones et le crâne de cristal.)

Ce sont à dire vrai les deux seuls albums de Hector Zazou que je connaisse. Lorsque les hommages plus érudits tomberont, je donnerai quelques liens pour ceux qui veulent en savoir plus sur le personnage. C'est mon côté service public.

mercredi, septembre 3

Henk fait sa Carla

Une session acoustique de Henk Hofstede, seul à la guitare, est disponible sur le site de Planet Claire. Au programme, huit titres parmi lesquels quelques classiques des Nits et des extraits de leur dernier album, Doing The Dishes.

(désolé pour le titre consternant que j'ai donné à ce billet)

samedi, août 23

Mais.... mais... mais

C'est moi ou bien cette chronique d'un enregistrement des quatuors à cordes de Philip Glass sur le site d'ARTE s'est inspirée de mon billet sur la Blogothèque ?

La chronique d'ARTE :

Je ne sais pas pourquoi, mais la musique de Philip Glass m’a toujours fais songer au mouvement presque immobile du paysage aux fenêtres des trains. Certes, pas n’importe quel train : la malédiction de la vitesse et du confort qui frappe nos contemporains a réservé aux voyageurs de province le plaisir de voir la fuite des arbres et des maisons accompagné du bruit régulier que les wagons produisent en glissant sur les rails.

Musique ferroviaire donc, musique de rêve surtout. A moins que tout cela ne se fonde dans un même concept : la musique de Philip Glass, cet art de la répétition, pourrait bien surgir d’un rêve éveillé, née du mouvement et de l’immobilité d’une très antique micheline. [...]


Mon billet :

Le soir tombe. Vous prenez le train. Comme vous avez oublié d’emporter un bouquin, vous n’avez rien de mieux à faire que de regarder par la fenêtre. C’est une activité frustrante. Tout ce qui est proche de vous et dont vous pourriez avoir une vision claire (les maisons et les arbres qui longent la voie, les panneaux indiquant le nom des gares traversées) n’est visible que pendant une fraction de seconde puis aussitôt relégué dans le lointain par la course inexorable du train. Ce qui est plus éloigné (l’orée d’une forêt à l’horizon ou le clocher d’un village situé à bonne distance de la voie par exemple) apparait sans détails, comme un contour indistinct à moitié noyé dans la pénombre. Dès lors, en quelques secondes, vous en faites le tour et votre regard se remet automatiquement à errer dans le vague. L’ennui menace.

Personnellement, je trompe en général cet ennui en baissant les yeux et en observant les rails de la voie d’à côté. Dans un champ de vision où rien ne devrait a priori pouvoir se maintenir, ces interminables poutres de métal luisant apportent un trompeuse apparence de stabilité que seules quelques variations lentes et progressives (voies qui s’éloignent ou se rapprochent au gré du relief, de rares aiguillages) viennent troubler. Le bruit régulier du train passant d’un tronçon de voie (tougoudou tougoudou) à l’autre contribue également à me faire sombrer dans une torpeur contemplative. [...]


A moins que ce billet dont j'étais si fier ne contienne en fait que de consternantes banalités ? Mais non, je n'ose y penser, ce serait trop horrible.

lundi, août 18

Pré-annonce

Cette année, je n'ai pu assister qu'à une seule journée du Pukkelpop, ce qui ne m'a pas empêché de voir au moins deux excellents concerts. J'y reviens très vite. En attendant, vous pouvez avoir ci-dessous un avant-goût de ce dont je reparlerai très vite.



dimanche, août 10

Isaac Hayes est mort





Les sampleurs du monde entier sont en deuil.

EDIT : Comme mes bons amis de la Blogothèque se font remonter les bretelles, je précise que je n'en dirai pas plus car je n'en sais pas beaucoup plus. Allez plutôt voir par là ce qui s'y passe.

mardi, août 5

Christian Music

Je viens de regarder Jesus Camp, un documentaire traitant du mouvement évangéliste américain que je vous conseille vivement. J'en retire, outre une grosse grosse déprime, quelques noms de représentants de cette fameuse "musique chrétienne", dont on ne sait rien ici mais qui représente une bonne part de l'entertainement business aux Etats-Unis.

Jusqu'à présent, je savais juste que :
- les affreux Evanescence avaient commencé leur carrière dans ce milieu,
- un des membres des Backstreet Boys (je fais semblant de ne pas savoir lequel, alors qu'en fait, si, mais chut...) s'était un temps recyclé dans le genre
- j'aimais beaucoup cette chanson de P.O.D., honorable représentant de la vague nu-metal-pop qui avait dominé MTV il y a quelques années.
I feel so alive
For the very first time
I can't deny You
And I think I can fly



A part ça, ça restait très mystérieux. C'est donc avec une certaine curiosité que j'ai épluché le générique de fin du film pour dénicher cette perle :



Je ne sais si le caractère complètement ridicule de ce clip et de cette chanson doit me rassurer (des gens qui foirent à ce point leurs instruments de propagande ne doivent pas être si dangereux) ou m'inquiéter (si même ça, ça marche, ces pauvres enfants doivent vraiment avoir perdu tout sens commun)

(pour les curieux, les paroles sont ici)

Le fossé culturel entre les Etats-Unis et l'Europe (un de mes sujets de conversation favoris) ne m'a en tout cas jamais paru aussi grand, même si nous avons tout de même à répondre de ça.



(à part ça, la musique du film est très efficace. Je vais voir si j'en trouve la trace quelque part)

jeudi, juillet 24

Le chaînon manquant...

...entre Björk, Liz Fraser et Ryan Teague est Tagaq, qui a d'ailleurs déjà collaboré avec la première, si on en croit le texte de présentation de Obscure Sounds.

dimanche, juillet 20

Les Ardentes, Liège, 12 et 13 juillet 2008

Il fut un temps où sur une demi-journée de festival, je pouvais écrire dix pages. Ce temps est révolu j'en ai peur. Néanmoins, voici un rapide compte-rendu de ce que j'ai retenu des deux dernières soirées :

Samedi :

- Spiritualized ne semblait pas intéresser grand-monde (à tout casser deux cents personnes dans les dix mètres près de la scène) et Jason Pierce semble n'avoir aucune envie de faire quoi que ce soit pour que ça change, se contentant d'aligner les morceaux sans piper mot. Cela dit, Come Together reste assez classieux dans le genre, et les dix dernières minutes ressemblent exactement à l'idée que je me faisais de ce à quoi les dix dernière minutes d'un concert de Spiritualized devaient ressembler.
- Est-ce parce que The Kills n'est plus un couple à la ville (s'il l'a jamais été) que les interactions sur scène entre VV et Hotel sont devenues plus distantes ? Je n'ai pas du tout retrouvé ici l'énergie des deux précédents concerts que j'ai vus d'eux. Dommage parce que j'aime beaucoup leur dernier album.
- J'ai trouvé le concert de Dizzee Rascal sensiblement meilleur que celui du Pukkelpop l'année dernière, en grande partie parce que j'entendais nettement mieux la bande sonore, qui est essentiellement pour moi ce qui distingue Dizzee des 10.000 rappeurs qui l'entourent.
- Calvin Harris prétend avoir inventé la disco alors qu'il a juste inventé le concept du Richard X écossais (ou du Fischerspooner produit blanc, ou des deux à la fois). Cela dit, il le fait plutôt bien, pour peu que l'on accepte de passer outre un certain simplisme mélodique (Colours) et de tirer son plaisir d'une ligne de synthé délicieusement cheap (la basse de Industry, les tapis numan(umay)iens de I created Disco) et d'une exubérance scénique gentiment forcée. Le public semble en tout cas réceptif et manifeste un enthousiasme que je n'ai retrouvé pour aucun des autres concerts du weekend. Un très bon moment en ce qui me concerne.
- J'ai entraperçu en passant d'une scène à l'autre 15 secondes de The Mars Volta, qui m'ont tétanisé d'horreur : voix de teletubbies sous hélium, grosses guitares qui fachent, gros plan d'un Omar tout suant sur l'écran géant. Tout se combinait pour suggérer que Liège allait gagner le douteux privilège d'avoir accueilli le pire concert de tous les temps. Cela dit, je suis certainement injuste. Les organisateurs avaient donné 2h15 au groupe en début de soirée (je n'ai jamais vu dans aucun festival une telle plage horaire en début de soirée) et je suis sûr qu'assister au concert dans sa durée aurait permis à leur musique de faire (un peu plus) sens. Après tout, leurs disques sont écoutables, même si ce n'est pas a priori le genre de choses qui me fait crier Euréka dans mon bain.
- Il est sympa, Mike Skinner, vraiment, mais chaque nouvel album de The Streets est sensiblement moins bon que le précédent et sa musique passe très mal l'épreuve du concert. Une déception.


Dimanche :
- Nada Surf a connu un succès énorme au milieu des années 90 avec Popular, qu'ils ont d'ailleurs jouée en avant-dernier morceau. Le programme du festival prétend que c'est parce qu'il n'en a plus jamais connu depuis que le groupe toujours là aujourd'hui. Je ne suis pas sûr d'être convaincu par ce genre de paradoxe, d'autant que la "power-pop" m'a toujours semblé être un oxymoron. La pop est mauviette et délicate, ou n'est pas. Cela dit, ils remportent haut la main le prix du meilleur contact avec le public, même si parfois leur côté GO pour coin du feu peut irriter. Je leur remettrai aussi, ex-aequo, le prix "lien avec l'actualité" pour le commentaire selon lequel ils regrettaient de n'avoir pas appris le flamand lors de leur enfance à Bruxelles. Bravo à eux.
- The Cinematic Orchestra fait de l'électro-jazz. J'ai mangé une crêpe à la mozzarella. Si, si, il y a un lien.
- Cela faisait plus de dix ans que je n'avais pas vu Arno en concert et j'avais oublié que son répertoire convenait aussi bien à un festival. Bon, certes, il a commencé par ue poignée de chansons blues dont je n'avais pas grand-chose à faire mais après il a déroulé Putain, Putain, Oh La La La, Les Yeux de ma Mère et Les filles du bord de mer (ne manquaient que Dans mon lit, que je ne me rappelle pas avoir entendue, et Elle Adore Le Noir pour que mon bonheur soit complet). Il reçoit également, ex-aequo, le prix "lien avec l'actualité" pour avoir chanté "une chanson belge" (apparemment un vieux titre de TC Matic) et avoir cité Yves Leterme. Bravo à lui. Cela dit, les nombreux flamands présents à Liège ce week-end semblaient bizarrement assez peu réceptifs.
- Je souffre d'une sorte de snobisme inversé (à moins que ce ne soit du snobisme à l'endroit, cela mériterait que l'on en débatte) qui me fait juger avec beaucoup de circonspection tout ce qui vient de Belgique (j'ai malheureusement raté Freaky Age pour me faire une idée). Alors que tout le monde chante les louanges de Girls In Hawaii, je reste complètement de marbre. A part une chanson qui commence plus lentement et parvient à installer une certaine atmosphère, tout le set m'est passé par-dessus la tête, sans que j'en retire quoi que ce soit..... Rendez-nous Eté 67, au moins ils chantent mon quartier.
- Pour être bien placé au concert suivant, j'ai laissé tomber Dionysos, suis allé acheter un jus d'oranges frais à 3€ (!!!, et après on s'étonne que certains taxent les Ardentes de festival bourgeois et d'anti-Dour) et ai fait le pied de de grue devant la scène intérieure.

- En effet, Alain Bashung est venu clôturer la soirée par un concert de 1h30. J'ai avec Bashung une relation bizarre faite d'admiration sincère mais un peu distante. Ainsi, j'ai trouvé il y a trois ou quatre ans son coffret intégral "Les Hauts de Bashung" dans une liquidation, mais n'en ai encore écouté que deux CD récents, de peur sans doute de ne pas aimer autant ses premiers albums que ses derniers, souvent imparables. Cela dit, ne pas connaître sur le bout des doigts son répertoire passé n'est pas ici vraiment un problème puisque, sauf erreur de ma part, l'écrasante majorité du set va puiser dans le dernier album (presque tout sauf, bizarrement, Résidents de la République et, heureusement, les deux reprises ratées), sur Osez Joséphine (le morceau-titre, Madame Rêve, Happe et, en dernier rappel, sa reprise déceptive de Nights In White Satin des Moody Blues) et Fantaisies Militaires (La Nuit Je Mens et Malaxe), la seule véritable vieillerie étant Vertige de l'Amour. Il y a sans doute quelque chose d'admirable à ce qu'un chanteur ayant 30 ans de carrière puisse ainsi faire l'impasse sur toute la première partie de sa carrière tout en donnant l'impression de faire un concert-best-of. Il ne doit pas y avoir beaucoup d'autres exemples de groupes ou de chanteurs qui ont ainsi toujours semblé s'améliorer avec le temps.

Bashung, chapeau, costume et lunettes noirs, monte sur scène, accompagné d'un guitariste, d'un bassiste et d'un violoncelliste, sous des applaudissements nourris qui semblent le mettre mal à l'aise (je suppose que, sur le longueur d'une tournée, ces ovations à répétition pourraient parfois lui laisser croire qu'il est déjà mort) et il demande vite "On peut y aller ?". Pour faire comprendre d'emblée aux curieux venus seulement pour les tubes qu'ils allaient être déçus, il commence par une version allongée de Comme Un Légo qui a bien duré huit ou neuf minutes. Tout le concert sera d'ailleurs à l'avenant, fait d'atmosphères plutôt lentes qui se dévoilent lentement sur un tapis de guitare et de violoncelle. Certains ont reproché au guitariste d'en faire un peu trop, de prendre des poses de rock-star et de se laisser aller parfois à des solis hors de propos, mais j'ai au contraire trouvé que son jeu se mariait parfaitement avec l'ambiance générale du concert, très uniforme (il n'y a guère que Je Tuerai la Pianiste et Osez Joséphine qui accélèrent quelque peu le tempo). Ils forment également un contrepoint bienvenu aux mouvements très lents de Bashung, pour qui chaque geste est à la limite de la pose (boire dans son verre d'eau, prendre ou reposer son harmonica, tendre les mains vers le haut). Tout cela fait qu'il se dégage du concert une impression de très grande solennité qui m'a beaucoup impressionné. Je suis content d'avoir pu ainsi le voir au moins une fois en concert. Bashung rentre ainsi dans le cercle très fermé des chanteurs français que j'ai vus en live (Sheller, Dominique A et lui).

LIEN : Photos et setlist du concert (histoire de constater par vous-mêmes que je dis plein de bêtises quand je chronique de mémoire)

Un bon festival donc, dans l'ensemble, même si je ne trouve jamais tout à fait mon compte dans la programmation.

mardi, juillet 15

Publicité mensongère

Après avoir lu deux ou trois commentaires enthousiastes sur la diffusion d'une soirée hommage à Leonard Cohen ce soir sur Arte, je décide en fin de soirée de jeter un oeil sur la chose.

Horrifié, je tombe sur Garou massacrant Everybody knows. J'ai rarement zappé aussi vite. On ne m'y reprendra plus. Brrrr.