A partir de cette semaine, je recommence à écrire pour le mp3-blog de la Blogothèque, à raison d'un billet toutes les deux semaines. Au programme cette semaine : Elbow et les Super Furry Animals.
Par ailleurs, vous pouvez écouter un extrait du nouvel album de Faye Wong ici. Profitez-en bien. J'ai toujours eu énormément de mal à trouver sur Internet des endroits où on peut écouter et/ou télécharger de la canto-pop. (D'ailleurs, si certains d'entre vous ont des tuyaux, je suis preneur.)
Parce que la musique est une chose trop importante pour être laissée à ceux qui la prennent au sérieux.
vendredi, septembre 30
mardi, septembre 27
World pop music
- Vous pouvez écouter un extrait du nouvel album de tATu chez Stypod.
- Un nouveau mp3-blog consacré à la pop que l'on n'entend nulle part ailleurs vient de naître. Du russe, du norvégien, du hong-kongais... Que du bonheur.
- Il paraît qu'il existe encore, quelque part dans l'univers, des gens qui ne connaissent pas Fade to Grey de Visage. C'est intolérable. Comme déjà mentionné par ailleurs, je vous conseille d'enchaîner l'écoute de ce morceau par celle du One Word de Kelly Osbourne.
Sinon, ça fait deux jours que j'essaye d'écrire un billet, sans y arriver. Je ne perds pas espoir.
- Un nouveau mp3-blog consacré à la pop que l'on n'entend nulle part ailleurs vient de naître. Du russe, du norvégien, du hong-kongais... Que du bonheur.
- Il paraît qu'il existe encore, quelque part dans l'univers, des gens qui ne connaissent pas Fade to Grey de Visage. C'est intolérable. Comme déjà mentionné par ailleurs, je vous conseille d'enchaîner l'écoute de ce morceau par celle du One Word de Kelly Osbourne.
Sinon, ça fait deux jours que j'essaye d'écrire un billet, sans y arriver. Je ne perds pas espoir.
samedi, septembre 24
Au faussaire ! Au faussaire !
Internet est décidément plein de surprises. Je cherche des informations sur l'album que Scott Walker est censé enregistrer pour 4AD et tombe sur ça. C'est d'autant plus drôle que cet imposteur canadien s'appelle réellement Scott Walker alors que le vrai Scott Walker s'appelle en fait Noel Scott Engel.
jeudi, septembre 22
Ils se reconnaissent entre eux.
Les végétariens, c'est un peu comme les francs-maçons.
Sinon, et ça n'a rien à voir, vous pouvez aller écouter un morceau des Electric Prunes ici.
Sinon, et ça n'a rien à voir, vous pouvez aller écouter un morceau des Electric Prunes ici.
mercredi, septembre 21
Des images qui bougent
Quelques vidéos vues récemment sur le Web.
- Glosoli de Sigur Ros ici.
- Civil Sin de Boy Kill Boy ici. J'ai découvert hier ce groupe qui tente vaillamment de piétiner les plates-bandes des Killers. Etant donné que la chanson est plutôt meilleure que Mr Brightside et qu'en plus le chanteur imite les mimiques d'Eddie Vedder dans la vidéo de Jeremy, je pense que ça pourrait marcher. (Je tente des prédictions à l'emporte-pièce, mais si ça se trouve, ça tourne déjà en boucle sur MTV2).
- Push the Button, le nouveau single des Sugababes ici.
- Glosoli de Sigur Ros ici.
- Civil Sin de Boy Kill Boy ici. J'ai découvert hier ce groupe qui tente vaillamment de piétiner les plates-bandes des Killers. Etant donné que la chanson est plutôt meilleure que Mr Brightside et qu'en plus le chanteur imite les mimiques d'Eddie Vedder dans la vidéo de Jeremy, je pense que ça pourrait marcher. (Je tente des prédictions à l'emporte-pièce, mais si ça se trouve, ça tourne déjà en boucle sur MTV2).
- Push the Button, le nouveau single des Sugababes ici.
Hello, Kate.
Le nouveau single de Kate Bush s'appelle King of the Mountain et vient à l'instant d'être diffusé sur Radio 2 (la chaîne adulte grand public de la BBC). Je m'étais préparé à faire un compte-rendu circonstancié de l'événement. J'avais mis les baffles à un volume confortable et ouvert le bloc-notes pour noter mes impressions en direct. Las, durant les trois-quatre minutes de la chanson, je n'ai su quoi écrire et me suis finalement retrouvé avec ça :
Un grand moment de chronique en temps réel vous en conviendrez.
Une nouvelle écoute s'imposera donc. Cela devrait être possible dès cet après-midi (13h30) en allant sur cette page. La chanson est diffusée à 10h07 heure locale, soit 37 minutes après le début du show (il faut donc avancer de 35 minutes grâce aux boutons qui vont bien).
staccatos, peu de percussions.
Voix n'a pas changé
Mélodie qui reste longtemps sans décoller.
Suivi par Bon Jovi... Je rêve.
Un grand moment de chronique en temps réel vous en conviendrez.
Une nouvelle écoute s'imposera donc. Cela devrait être possible dès cet après-midi (13h30) en allant sur cette page. La chanson est diffusée à 10h07 heure locale, soit 37 minutes après le début du show (il faut donc avancer de 35 minutes grâce aux boutons qui vont bien).
mardi, septembre 20
Grace (under pressure)
Une étonnante reprise de Jeff Buckley par King Creosote à écouter ici. La chanson est extraite d'une compilation hommage aux Buckley père et fils sur laquelle on retrouve des gens aussi intéressants que Micah P. Hinson, The Magic Numbers, Adem, Engineers, Tunng et Sufjan Stevens. Ca donne envie. Extraits ici.
Les dirigeants du monde libre.
Il y a pour moi un vrai mystère Elbow et la sortie de leur troisième album, Leaders of the free world, ne fait que l'épaissir. Le groupe est apparu à peu près en même temps que toute une kyrielle de groupes plus ou moins dépressifs dont, à première vue, rien ne les distinguait vraiment. Pourtant, alors que toute cette vague de groupes a depuis longtemps disparu de mon horizon musical (qui s'intéresse encore aux Turin Brakes... franchement ?), je ressens avec la musique du groupe une affinité très forte qui ne diminue pas et que je ne m'explique pas vraiment.
Les morceaux ont beau faire 3'30'' en moyenne, la notion de 'chanson' avec sa rassurante alternance couplet-refrain et ses mélodies à fredonner sous la douche est assez éloignée des préoccupations du groupe, qui préfère mettre sur pied des installations sonores qui paraissent à première vue comme grossières, un peu lourdingues et assemblées à la va-vite et sans souci du détail. Pourtant, l'écoute (répétée) des deux précédents albums du groupe ont été pour moi la source constante d'épiphanies mineures, d'éblouissements passagers. Mieux, le concert auquel j'ai assisté en mars 2004 a généré en moi une euphorie inattendue. J'avais à l'époque tenté de comprendre pour quelle raison la musique du groupe m'émouvait à ce point et n'y étais pas arrivé.
Une chose est sûre en tout cas. Cette première impression d'une musique qui manque de finesse et d'une instrumentation un peu lourdingue n'est qu'une vaste foutaise (peut-être en partie générée par la figure de bûcheron mal réveillé de Guy Garvey). Leurs albums finissent en effet par se révéler des miniatures pop aussi finement ciselées que le plus parfait des EP de Belle and Sebastian (période Dog on Wheels). Derrière le son un peu crade des guitares, les ambiances retenues, la batterie qui impose, tel un métronome imperturbable, un tempo moyen et la voix voilée du chanteur, se cachent des trésors de légèreté. Ce paradoxe (lourdeur aérienne, sophistication rudimentaire ?) n'est que le premier d'une longue série qui fait d'Elbow le groupe idéal pour développer son catalogue d'oxymores. La musique d'Elbow peut ainsi m'évoquer une tristesse euphorisante, une résignation confiante, un optimisme désespéré ou un bonheur sans joie. Il y a chez Guy Garvey un côté Droopy (même physiquement), mais son "I'm happy" est sincère. Sans doute est-ce parce que cet état d'esprit me touche que je suis à ce point réceptif à la musique d'Elbow.
Comment décrire cette dernière ? Les points de comparaison ne manquent pas. Le plus évident, à cause d'un troublant mimétisme vocal, est sans doute Peter Gabriel (Station Approach sonne comme une chute de studio de So ou Us) mais on peut également y entendre le Talk Talk de Spirit of Eden ou même des Nits qui auraient enregistré un album de chansons lentes entre Giant Normal Dwarf et Ting (cfr The stops). Toutes ces références sont inattaquables (oui, oui, même Peter Gabriel) et pourtant aucune ne rend complètement justice à cet album (ou aux deux précédents) qui, dans l'effet qu'il produit (sur moi en tout cas), est tout à fait unique. Le sommet du disque est sans doute l'enchaînement de Mexican Standoff, avec son riff de guitare imparable que l'on aurait envie d'entendre répété à l'infini, et ce qui est sans doute le plus beau morceau de l'album, The everthere, où une mélodie toute en suggestion serpente paresseusement entre une guitare acoustique et quelques notes de piano. Ce n'est pas grand-chose mais je ne suis pas sûr que ça ait déjà été fait avec autant de grâce.
Bon, je viens de me relire et ce n'est pas encore aujourd'hui que je parviendrai à exprimer clairement ce que m'évoque Elbow. Si j'osais, je dirais que ce billet est à nouveau "a thick Elbow in the water". Heureusement que je n'ose pas, j'aurais honte.
Les morceaux ont beau faire 3'30'' en moyenne, la notion de 'chanson' avec sa rassurante alternance couplet-refrain et ses mélodies à fredonner sous la douche est assez éloignée des préoccupations du groupe, qui préfère mettre sur pied des installations sonores qui paraissent à première vue comme grossières, un peu lourdingues et assemblées à la va-vite et sans souci du détail. Pourtant, l'écoute (répétée) des deux précédents albums du groupe ont été pour moi la source constante d'épiphanies mineures, d'éblouissements passagers. Mieux, le concert auquel j'ai assisté en mars 2004 a généré en moi une euphorie inattendue. J'avais à l'époque tenté de comprendre pour quelle raison la musique du groupe m'émouvait à ce point et n'y étais pas arrivé.
Une chose est sûre en tout cas. Cette première impression d'une musique qui manque de finesse et d'une instrumentation un peu lourdingue n'est qu'une vaste foutaise (peut-être en partie générée par la figure de bûcheron mal réveillé de Guy Garvey). Leurs albums finissent en effet par se révéler des miniatures pop aussi finement ciselées que le plus parfait des EP de Belle and Sebastian (période Dog on Wheels). Derrière le son un peu crade des guitares, les ambiances retenues, la batterie qui impose, tel un métronome imperturbable, un tempo moyen et la voix voilée du chanteur, se cachent des trésors de légèreté. Ce paradoxe (lourdeur aérienne, sophistication rudimentaire ?) n'est que le premier d'une longue série qui fait d'Elbow le groupe idéal pour développer son catalogue d'oxymores. La musique d'Elbow peut ainsi m'évoquer une tristesse euphorisante, une résignation confiante, un optimisme désespéré ou un bonheur sans joie. Il y a chez Guy Garvey un côté Droopy (même physiquement), mais son "I'm happy" est sincère. Sans doute est-ce parce que cet état d'esprit me touche que je suis à ce point réceptif à la musique d'Elbow.
Comment décrire cette dernière ? Les points de comparaison ne manquent pas. Le plus évident, à cause d'un troublant mimétisme vocal, est sans doute Peter Gabriel (Station Approach sonne comme une chute de studio de So ou Us) mais on peut également y entendre le Talk Talk de Spirit of Eden ou même des Nits qui auraient enregistré un album de chansons lentes entre Giant Normal Dwarf et Ting (cfr The stops). Toutes ces références sont inattaquables (oui, oui, même Peter Gabriel) et pourtant aucune ne rend complètement justice à cet album (ou aux deux précédents) qui, dans l'effet qu'il produit (sur moi en tout cas), est tout à fait unique. Le sommet du disque est sans doute l'enchaînement de Mexican Standoff, avec son riff de guitare imparable que l'on aurait envie d'entendre répété à l'infini, et ce qui est sans doute le plus beau morceau de l'album, The everthere, où une mélodie toute en suggestion serpente paresseusement entre une guitare acoustique et quelques notes de piano. Ce n'est pas grand-chose mais je ne suis pas sûr que ça ait déjà été fait avec autant de grâce.
Bon, je viens de me relire et ce n'est pas encore aujourd'hui que je parviendrai à exprimer clairement ce que m'évoque Elbow. Si j'osais, je dirais que ce billet est à nouveau "a thick Elbow in the water". Heureusement que je n'ose pas, j'aurais honte.
lundi, septembre 19
Je sais, je sais...
Je promets des billets sur Elbow pour samedi et le lundi suivant, toujours rien. On mettra ça sur le compte de la fatigue. En attendant le billet promis, vous pouvez aller jeter un oeil sur mon compte-rendu du concert de mars 2004 ici.
Dans un tout autre genre, la pochette du nouvel album de Madonna est visible ici.
Dans un tout autre genre, la pochette du nouvel album de Madonna est visible ici.
samedi, septembre 17
Nous sommes tous des ingénieurs.
vendredi, septembre 16
Fluxblog nous gâte
- Un extrait du prochain album de The Fall.
- Un morceau de Magnetophone.
- Une reprise de Ray of Light de Madonna par un quatuor à cordes (avec de la disto).
- Un morceau de Quintron & Miss Pussycat, que j'avais vu en première partie de Le Tigre l'année dernière. On peut définir ça comme du post-punk synthétique (j'aime bien le terme post-punk, on peut lui faire dire n'importe quoi).
Par ailleurs, vous avez chez Said The Gramophone une reprise des Yeah Yeah Yeahs par mes surhypés préférés, Arcade Fire.
Pour ma part, je vous cause demain de l'album d'Elbow.
- Un morceau de Magnetophone.
- Une reprise de Ray of Light de Madonna par un quatuor à cordes (avec de la disto).
- Un morceau de Quintron & Miss Pussycat, que j'avais vu en première partie de Le Tigre l'année dernière. On peut définir ça comme du post-punk synthétique (j'aime bien le terme post-punk, on peut lui faire dire n'importe quoi).
Par ailleurs, vous avez chez Said The Gramophone une reprise des Yeah Yeah Yeahs par mes surhypés préférés, Arcade Fire.
Pour ma part, je vous cause demain de l'album d'Elbow.
jeudi, septembre 15
Timide retour
- La bonne nouvelle du jour : Britney Spears sait enfin ce que Dieu attend d'elle. Elle l'a vu dans les yeux de son enfant.
- L'abomination du jour : les Royal Gigolos, ou quand la techno devient folle : Benny Benassi meets Mama Cass.
- L'info étonnante du jour : Les Nits auraient quitté PiaS pour retourner chez Sony.
- Le travail du jour. Retrouver un logiciel d'encodage pour reprendre le mp3-blog sur la Blogothèque.
- L'abomination du jour : les Royal Gigolos, ou quand la techno devient folle : Benny Benassi meets Mama Cass.
- L'info étonnante du jour : Les Nits auraient quitté PiaS pour retourner chez Sony.
- Le travail du jour. Retrouver un logiciel d'encodage pour reprendre le mp3-blog sur la Blogothèque.
mercredi, septembre 7
Soeur Anne, soeur Anne, ne vois-tu rien venir ?
Les premières images du film Edison circulent enfin sur le Web. Aucune sortie en salles n'est pourtant prévue. Les mauvaises langues diront que Justin Timberlake s'est révélé un acteur tellement pitoyable que les studios ont peur de le sortir. Les fans diront : "C'est même pas vrai. Kevin Spacey a même dit qu'il était le meilleur acteur avec lequel il ait jamais joué." A ce rythme-là, nous ne saurons sans doute jamais le fin mot de l'histoire.
Tant qu'à parler de méga-stars, le nouveau single de Madonna s'appelle Hung Up, contient un sample du Gimme Gimme Gimme de Abba et paraît dans l'ensemble assez pitoyable (jusqu'à ce que je change d'avis). Robbie Williams, quant à lui, se lance dans le reggae.
Désolé, je n'ai pas de liens à vous proposer. Vous devrez chercher par vous-mêmes si ça vous intéresse. En revanche, vous pouvez aller ici pour écouter ce qui est en gros une reprise du Sinatra français par la Kate Bush belge (hypothèse haute).
EDIT : Ce billet est pitoyable. On mettra ça sur le compte du stress.
Tant qu'à parler de méga-stars, le nouveau single de Madonna s'appelle Hung Up, contient un sample du Gimme Gimme Gimme de Abba et paraît dans l'ensemble assez pitoyable (jusqu'à ce que je change d'avis). Robbie Williams, quant à lui, se lance dans le reggae.
Désolé, je n'ai pas de liens à vous proposer. Vous devrez chercher par vous-mêmes si ça vous intéresse. En revanche, vous pouvez aller ici pour écouter ce qui est en gros une reprise du Sinatra français par la Kate Bush belge (hypothèse haute).
EDIT : Ce billet est pitoyable. On mettra ça sur le compte du stress.
dimanche, septembre 4
Sans transition (quoique)
On m'avait conseillé à plusieurs reprises de jeter un coup d'oeil à Nile, un groupe de death-metal qui, m'avait-on dit, se costumait en dieux égyptiens sur scène. Lorsque leur dernière vidéo a été mise en ligne, je me suis donc empressé d'aller la regarder, m'attendant à en prendre plein les yeux. La déception est cruelle. Les musiciens sont habillés en civil et ne paient franchement pas de mine. La vidéo n'est pas sans intérêt cela dit. On peut reconnaître au groupe un certain talent pour le 'hair-swinging' (malgré une calvitie galopante) et une dextérité époustouflante sur le manche des guitares. Je sens confusément qu'il y a là des doigtés qui feraient se pâmer la plupart des lecteurs de Guitare Magazine.
Mais visuellement, c'est une cruelle déception. N'y aurait-il que Mortiis et Gwar pour assouvir ma soif de costumes improbables ? Ce serait dommage car leur musique est un peu mollassone. Celle de Mortiis est même significativement plus proche de Apoptygma Berzerk (au hasard) que de Cannibal Corpse. C'est dire.
Pour conclure, je comprendrais tout à fait que vous vous disiez un truc du genre "L'éclectisme, c'est a priori une qualité mais passer des Pet Shop Boys à Nile en 24 heures est un hiatus un peutrop forcé pour être honnête.".
Et pourtant, des Pet Shop Boys au death-metal, il n'y a qu'un pas et je le prouve.
EDIT : Je précise que je n'y connais absolument rien en death-metal mais que, à très petites doses, j'éprouve pour le genre une indulgence coupable et une sorte de repect amusé (sans doute à cause d'un condisciple au lycée).
Autre EDIT : Ceux-ci sont tout de même pas mal du tout dans le genre.
Mais visuellement, c'est une cruelle déception. N'y aurait-il que Mortiis et Gwar pour assouvir ma soif de costumes improbables ? Ce serait dommage car leur musique est un peu mollassone. Celle de Mortiis est même significativement plus proche de Apoptygma Berzerk (au hasard) que de Cannibal Corpse. C'est dire.
Pour conclure, je comprendrais tout à fait que vous vous disiez un truc du genre "L'éclectisme, c'est a priori une qualité mais passer des Pet Shop Boys à Nile en 24 heures est un hiatus un peutrop forcé pour être honnête.".
Et pourtant, des Pet Shop Boys au death-metal, il n'y a qu'un pas et je le prouve.
EDIT : Je précise que je n'y connais absolument rien en death-metal mais que, à très petites doses, j'éprouve pour le genre une indulgence coupable et une sorte de repect amusé (sans doute à cause d'un condisciple au lycée).
Autre EDIT : Ceux-ci sont tout de même pas mal du tout dans le genre.
samedi, septembre 3
vendredi, septembre 2
Linking Park (express)
- Un morceau de Efterklang à écouter chez Stylus, assez conforme à ce que je connais du groupe.
- Du Bent comme s'il en pleuvait chez Silence is a Rhythm Too (et les trois billets qui précèdent). Bent fait une sorte de coffe-music à la Morcheeba mais qui pavient souvent à être plus intéressante. Je vous laisse juge.
- Pour finir, pas de panique. Fats Domino va bien.
- Du Bent comme s'il en pleuvait chez Silence is a Rhythm Too (et les trois billets qui précèdent). Bent fait une sorte de coffe-music à la Morcheeba mais qui pavient souvent à être plus intéressante. Je vous laisse juge.
- Pour finir, pas de panique. Fats Domino va bien.
jeudi, septembre 1
Bouhouhou...
Un commentaire d'insultes a été envoyé sur mon précédent billet. Je pense bien que c'est le premier depuis le début de ce blog. Ca me déprime. En fait, je fais sans doute bien de me concentrer sur ce que j'aime et d'éviter de parler de choses qui ne m'intéressent pas. Apparemment, ça irrite certains de lire des opinions contraires aux leurs (alors que j'adore ça personnellement).
Sinon, je suis allé écouter le nouveau single des Sugababes ici et cela m'a un peu redonné la moral. Dans un autre genre, vous pouvez aller choper ici Fuck Forever, la chanson qui, selon le NME, va faire de Babyshambles le plus grand groupe d'Angleterre depuis Oasis. Je suis sceptique.
Sinon, je suis allé écouter le nouveau single des Sugababes ici et cela m'a un peu redonné la moral. Dans un autre genre, vous pouvez aller choper ici Fuck Forever, la chanson qui, selon le NME, va faire de Babyshambles le plus grand groupe d'Angleterre depuis Oasis. Je suis sceptique.
lundi, août 29
Pukkelpop Samedi
(suite de ce billet)
La programmation du samedi est traditionnellement celle qui m'intéresse le moins. Entre Patrick Wolf (14h30) et Nick Cave (23h30), il n'y a pas grand-chose rien qui m'emballait a priori. Je me préparais donc à passer une journée sous le signe de la découverte et de l'intérêt poli, et c'est en moyenne ce à quoi j'ai eu droit.
La journée commence, après une grasse matinée bienvenue, par l'ami Patrick Wolf. C'est la troisième fois que j'ai l'occasion de le voir sur scène, mais la première fois en festival. En conséquence, le piano à queue des précédents concerts est ici remplacé par un orgue électrique tout rikiki, posé sur une chaise et qui lui arrive au bas des genoux quand il s'assied pour en jouer. Il faut sans doute porter à son crédit que, malgré ces conditions difficiles, le concert soit si proche de celui de l'Ancienne Belgique il y a quelques mois : même gilet troué de serveur de restaurant devenu clochard, même air gêné quand il regarde les spectateurs mais même capacité à retenir leur attention, même accompagnement par un batteur et setlist analogue, principalement tirée de son excellent deuxième album Wind in the wires. La seule vraie surprise du concert fut sa reprise du Running up that hill de Kate Bush, qu'il interprète comme une de ses chansons, c'est-à-dire avec un sens du pathos (placements de voix, rallentendos,...) qui ravit certains spectateurs et en irrite d'autres. C'est sans doute en écoutant cette reprise que je comprends le mieux les reproches que l'on peut faire à sa musique : maniérée, inutilement emphatique, etc.. Ce qui fonctionne parfaitement dans ses propres compositions a tendance à paraître naïf et forcé lorsque transposé aux chansons des autres mais bon, ceci est un reproche mineur. Un très bon concert, donc, malgré quelques fausses notes et un brouhaha constant, inévitable au Château. Je suis personnellement tout prêt à voir un concert de Patrick Wolf tous les six mois pour entretenir ma fan-attitude et celui-ci convenait parfaitement. A l'année prochaine donc, si tout va bien.
J'enchaîne avec le concert de Boom Bip. Le programme du festival le définit comme un 'human beatbox', d'autres le décrivent comme d'abord et avant tout un rappeur tandis que se musique évoque à certains de l'électronica post-rock disco. En fait, la musique de Boom Bip se situe exactement à mi-chemin entre le (post-)rock et l'électronica, une sorte d'hybride parfait qui refuse jusqu'au bout de choisir son camp. Ils sont quatre sur scène, la tonalité générale est plutôt gentiment mid-tempo et le tout fait un concert parfait pour le milieu d'après-midi de ce dernier jour, alors que la fatigue accumulée les jours précédents commence à se faire sérieusement sentir. Sons and daughters vont ensuite gentiment réinsuffler un peu de tonus dans les esprits. Tous habillés de noir, les quatre membres du groupe (deux hommes, deux femmes) font une musique qui évoque tout à la fois le blues crade des White Stripes (ou des Kills) et le rock'n'folk hanté de Sixteen-Horsepower. Je suis complètement rentré dedans malgré une chanteuse qui se laissait parfois un peu emporter par son envie de hurler à la mort. Je suppute néanmoins que, sur disque, ce problème ne se pose pas et que le groupe pourrait donc vite devenir un substitut adéquat des White Stripes pour ceux (dont moi) qui considèrent que le succès a rendu Jack White rédhibitoirement tête à claques.
Nous enchaînons par un petit quart d'heure nourriture et rafraîchissements en écoutant de loin les Dropkick Murphys, un groupe dont je ne connaissais même pas le nom et avait les honneurs de la grande scène. Je suppose qu'on peut décrire leur musique comme du punk hardcore avec des gros bouts de cornemuse dedans, ce qui est un créneau assez peu fréquenté. Il fallait bien qu'un groupe se dévoue pour l'occuper. Ils se sont proposés. Bravo à eux. Nous passons ensuite jeter un oeil sur Riton, groupe dont j'avais vaguement écouté l'album il y a un an, sur la foi d'une chronique du NME et d'une reprise de Killing an arab. Le groupe se comporte d'un chanteur, d'un guitariste et d'un bidouilleur et crée une musique que je serais bien en peine de définir, quelque part entre la house poisseuse, le funk lubrique (il y a des intonations de Prince dans la voix) et le post-punk salace. Pendant vingt minutes, je me suis cru téléporté dans une discothèque louche des fins fonds du New York des années 70. Des beats robotiques et des riffs de guitare soutiennent un chanteur qui harangue les spectateurs, non sans un soupçon de vulgarité. Drôle d'expérience, d'autant que le Chateau était étouffant de chaleur à ce moment. J'en suis sorti avec un début de mal de crâne. On ne m'y reprendra plus.
Le programme présente les Towers of London en citant Motley Crüe et les Sex Pistols. On ne pourrait mieux dire : les cheveux de Motley Crue et les tee-shirts des Sex Pistols, les solos de guitare de Motley Crue dans des morceaux à la manière des Sex Pistols. L'interaction du groupe avec le public est également un étrange mariage de l'attitude antagoniste des Sex Pistols (le chanteur hurlant "Come on. Move, you paltry cunts.") et des poses de guitar-hero du pire hair-metal des années 80. Le tout est très drôle mais à oublier très vite sous peine de graves séquelles psychiatriques. Le contraste avec le trip-pop de Ozark Henry sur la grande scène n'aurait pas pu être plus grand. Certains n'ont retenu du concert que la verrue de la chanteuse sur les écrans géants. N'ayant pas eu la curiosité de regarder les écrans géants, je n'en ai rien retenu du tout, bien que j'aime plutôt bien ce que je connais des albums du groupe.
La fatigue accumulée m'a rendu assez paresseux en ce dernier jour de festival. En conséquence, je ne me décide que très tard à aller faire un tour au dance-hall pour voir T. Raumschmiere. A ma grande surprise, le chapiteau est bourré à craquer de clubbers rendus fous par une sorte de dance bourrine à base de percussions et de riffs de guitare. Ca m'évoque en fait beaucoup le morceau I'm so crazy de Part-T-One vs INXS sorti il y a quelques années. Trente secondes à peine après notre arrivée, un nouveau morceau commence, accueilli par des milliers de hurlements de joie et de sauts en l'air. Devant cet enthousiasme unanime de la foule (j'ai rarement vu une telle clameur au début d'un morceau, tous concerts confondus), je me demande un instant si Mr T aurait écrit un tube planétaire sans que je ne m'en rende compte, mais non. La mélodie reprise en choeur par des milliers de gosiers extatiques ne m'évoque strictement rien. La comparaison la plus proche que je puisse faire est le Satisfaction de Benny Benassi. C'est une expérience troublante de se retrouver ainsi perdu au milieu d'une foule réagissant comme un seul homme à des stimuli que l'on ne comprend pas. Si l'un de vous peut me dire comment s'appelle le tube ultime de ce monsieur, ça m'intéresse. Je serais curieux d'entendre à quoi ressemble la version studio.
(EDIT : La chanson s'appelle Monster Truck Driver et peur s'écouter ici ou là.)
Cette après-midi piteuse laisse la place à un début de soirée tout aussi piteux, qui commence par deux morceaux de Morcheeba, que je pourrais difficilement décrire autrement que comme insipides, d'autant que la chanteuse historique du groupe a mis les voiles et que le groupe en a donc engagé pour cette tournée une nouvelle, qui ferait presque regretter les versions studio (et pour que je regrette des chansons de Morcheeba, il en faut beaucoup). Le NME a un jour dit que Morcheeba faisait de la "musique d'ascenseur pour conducteurs de Volvo qui mettent des cravates beiges". C'est assez bien vu. N'ayant ni Volvo ni cravate beige, il ne me reste plus qu'à partir discrètement prendre un bain de glamour hollywoodien avec le concert de Juliette and the Licks. Juliet Lewis, dans une combinaison rouge moulante, y tente de nous convaincre que le rock'n'roll a toujours été sa vraie passion et que sa carrière sur grand écran n'était qu'un trempli vers son véritable amour, la scène. Elle serait plus crédible si elle savait chanter et si ses chansons avaient un soupçon d'intérêt.
La cerise sur le gâteau de la médiocrité festivalière sera posée par Korn, qui est pour moi au nu-metal ce que les Who sont au 'classic-rock', c'est-à-dire un groupe culte ('séminal' diraient certains) mais dont je serais bien en peine de citer ne serait-ce que le titre d'une chanson. Aucune diffusion à la radio ou sur les chaînes musicales, pas d'amis fans (Dieu merci) et un a-priori immensément négatif ont fait de Korn un des groupes dont je peux dire le plus grand mal sans en rien connaître et sans la moindre mauvaise conscience. Le petit quart d'heure passé à regarder Jonathan Davis (dont le charisme sur scène est rigoureusement nul) et ses dreadlocks s'agiter sur des chansons n'ayant ni queue ni tête n'ont rien fait pour me dissuader de continuer à l'avenir de me servir de mon ignorance comme d'un étendard. Le set se termine par une reprise d'Another Brick in the wall qui se contente de singer l'original avec une voix rocailleuse de grand fumeur. Dieu seul sait (et il l'a sûrement dit à l'ex-guitariste du groupe) comment ils ont pu penser que c'était une bonne idée.
Heureusement, une fois qu'on a atteint le fond du puits , on ne peut plus que remonter et les deux derniers concerts de la journées allaient me réconcilier avec la musique. Celui de !!! commence on ne peut mieux lorsque le chanteur monte sur la scène du club, très exposée aux sons provenant de la scène principale, en disant : "Sorry for being late. We were waiting for that awful racket [Korn] to end." En une phrase, j'étais déjà quasiment conquis, exploit d'autant plus admirable que, sur disque, !!! m'a toujours laissé perplexe. En fait, comme pour The Go! Team, j'ai l'impression que la musique du groupe ne trouve sa vraie dimension qu'interprétée sur scène. Tout y est en effet centré autour de l'énergie véhiculée. En fait, voir le chanteur sauter, danser, ramper, se contorsionner sans jamais faire de pause pendant une heure tandis que derrière les percussionistes tabassent leurs fûts avec jubilation, c'est un peu comme découvrir le mode d'emploi d'un lecteur CD dont le tiroir aurait jusque là toujours refusé de s'ouvrir. Je doute que cette épiphanie m'aide à mieux apprécier l'album mais il est indéniable que, pendant une heure passée à sautiller sur place avec un sourire béat, !!! avait tous les atouts pour être le meilleur groupe de festival du monde, sans doute parce qu'ils ne laissent planer aucun doute sur le plaisir qu'ils prennent à jouer sur scène, plaisir qui finit forcément par contaminer le spectateur.
La soirée (et le festival) se termine par un concert qui vient démentir ce que des années de festival m'avaient fait appeler la malédiction de la grande scène, condamnée dans mon esprit à empêcher la musique qui y est jouée de transporter une émotion autre que l'habituel "Putain, ça tabasse". J'avais d'ailleurs été surpris d'apprendre que Nick Cave and the bad seeds avaient été choisis pour clôturer le dernier jour de festival. Sa musique sombre ne m'apparaissait pas a priori propice à réunir 40000 festivaliers. Sans doute avais-je sous-estimé la popularité du personnage car il a rempli son rôle à la perfection. Le son était parfait et le choix de la set-list ne l'était pas moins. Certains ont eu du mal à se faire au départ de Blixa Bargeld et à l'introduction d'un choeur gospel sur le (mirifique) dernier album mais je suis de plus en plus persuadé que cette adjonction du choeur est une des meilleures idées que Nick Cave ait eues depuis longtemps. Même les anciennes chansons bénéficient énormément, je trouve, de ces touches soul qui viennent tempérer la furie orchestrale des 7 Bad Seeds. Durant 1h15, le public écoutera, dans un recueillement quasi-religieux, les morceaux emblématiques de la carrière de Nick Cave alterner avec les extraits de son dernier album. C'est sans aucun doute le meilleur concert que j'aie jamais vu sur la scène principale d'un grand festival et, franchement, ça m'a donné envie de revenir l'année prochaine.
...
Ouf, voilà, je suis arrivé au bout de mon compte-rendu kilométrique. Félicitations à ceux qui ont tout lu depuis le début. Ils ont bien du mérite.
La programmation du samedi est traditionnellement celle qui m'intéresse le moins. Entre Patrick Wolf (14h30) et Nick Cave (23h30), il n'y a pas grand-chose rien qui m'emballait a priori. Je me préparais donc à passer une journée sous le signe de la découverte et de l'intérêt poli, et c'est en moyenne ce à quoi j'ai eu droit.
La journée commence, après une grasse matinée bienvenue, par l'ami Patrick Wolf. C'est la troisième fois que j'ai l'occasion de le voir sur scène, mais la première fois en festival. En conséquence, le piano à queue des précédents concerts est ici remplacé par un orgue électrique tout rikiki, posé sur une chaise et qui lui arrive au bas des genoux quand il s'assied pour en jouer. Il faut sans doute porter à son crédit que, malgré ces conditions difficiles, le concert soit si proche de celui de l'Ancienne Belgique il y a quelques mois : même gilet troué de serveur de restaurant devenu clochard, même air gêné quand il regarde les spectateurs mais même capacité à retenir leur attention, même accompagnement par un batteur et setlist analogue, principalement tirée de son excellent deuxième album Wind in the wires. La seule vraie surprise du concert fut sa reprise du Running up that hill de Kate Bush, qu'il interprète comme une de ses chansons, c'est-à-dire avec un sens du pathos (placements de voix, rallentendos,...) qui ravit certains spectateurs et en irrite d'autres. C'est sans doute en écoutant cette reprise que je comprends le mieux les reproches que l'on peut faire à sa musique : maniérée, inutilement emphatique, etc.. Ce qui fonctionne parfaitement dans ses propres compositions a tendance à paraître naïf et forcé lorsque transposé aux chansons des autres mais bon, ceci est un reproche mineur. Un très bon concert, donc, malgré quelques fausses notes et un brouhaha constant, inévitable au Château. Je suis personnellement tout prêt à voir un concert de Patrick Wolf tous les six mois pour entretenir ma fan-attitude et celui-ci convenait parfaitement. A l'année prochaine donc, si tout va bien.
J'enchaîne avec le concert de Boom Bip. Le programme du festival le définit comme un 'human beatbox', d'autres le décrivent comme d'abord et avant tout un rappeur tandis que se musique évoque à certains de l'électronica post-rock disco. En fait, la musique de Boom Bip se situe exactement à mi-chemin entre le (post-)rock et l'électronica, une sorte d'hybride parfait qui refuse jusqu'au bout de choisir son camp. Ils sont quatre sur scène, la tonalité générale est plutôt gentiment mid-tempo et le tout fait un concert parfait pour le milieu d'après-midi de ce dernier jour, alors que la fatigue accumulée les jours précédents commence à se faire sérieusement sentir. Sons and daughters vont ensuite gentiment réinsuffler un peu de tonus dans les esprits. Tous habillés de noir, les quatre membres du groupe (deux hommes, deux femmes) font une musique qui évoque tout à la fois le blues crade des White Stripes (ou des Kills) et le rock'n'folk hanté de Sixteen-Horsepower. Je suis complètement rentré dedans malgré une chanteuse qui se laissait parfois un peu emporter par son envie de hurler à la mort. Je suppute néanmoins que, sur disque, ce problème ne se pose pas et que le groupe pourrait donc vite devenir un substitut adéquat des White Stripes pour ceux (dont moi) qui considèrent que le succès a rendu Jack White rédhibitoirement tête à claques.
Nous enchaînons par un petit quart d'heure nourriture et rafraîchissements en écoutant de loin les Dropkick Murphys, un groupe dont je ne connaissais même pas le nom et avait les honneurs de la grande scène. Je suppose qu'on peut décrire leur musique comme du punk hardcore avec des gros bouts de cornemuse dedans, ce qui est un créneau assez peu fréquenté. Il fallait bien qu'un groupe se dévoue pour l'occuper. Ils se sont proposés. Bravo à eux. Nous passons ensuite jeter un oeil sur Riton, groupe dont j'avais vaguement écouté l'album il y a un an, sur la foi d'une chronique du NME et d'une reprise de Killing an arab. Le groupe se comporte d'un chanteur, d'un guitariste et d'un bidouilleur et crée une musique que je serais bien en peine de définir, quelque part entre la house poisseuse, le funk lubrique (il y a des intonations de Prince dans la voix) et le post-punk salace. Pendant vingt minutes, je me suis cru téléporté dans une discothèque louche des fins fonds du New York des années 70. Des beats robotiques et des riffs de guitare soutiennent un chanteur qui harangue les spectateurs, non sans un soupçon de vulgarité. Drôle d'expérience, d'autant que le Chateau était étouffant de chaleur à ce moment. J'en suis sorti avec un début de mal de crâne. On ne m'y reprendra plus.
Le programme présente les Towers of London en citant Motley Crüe et les Sex Pistols. On ne pourrait mieux dire : les cheveux de Motley Crue et les tee-shirts des Sex Pistols, les solos de guitare de Motley Crue dans des morceaux à la manière des Sex Pistols. L'interaction du groupe avec le public est également un étrange mariage de l'attitude antagoniste des Sex Pistols (le chanteur hurlant "Come on. Move, you paltry cunts.") et des poses de guitar-hero du pire hair-metal des années 80. Le tout est très drôle mais à oublier très vite sous peine de graves séquelles psychiatriques. Le contraste avec le trip-pop de Ozark Henry sur la grande scène n'aurait pas pu être plus grand. Certains n'ont retenu du concert que la verrue de la chanteuse sur les écrans géants. N'ayant pas eu la curiosité de regarder les écrans géants, je n'en ai rien retenu du tout, bien que j'aime plutôt bien ce que je connais des albums du groupe.
La fatigue accumulée m'a rendu assez paresseux en ce dernier jour de festival. En conséquence, je ne me décide que très tard à aller faire un tour au dance-hall pour voir T. Raumschmiere. A ma grande surprise, le chapiteau est bourré à craquer de clubbers rendus fous par une sorte de dance bourrine à base de percussions et de riffs de guitare. Ca m'évoque en fait beaucoup le morceau I'm so crazy de Part-T-One vs INXS sorti il y a quelques années. Trente secondes à peine après notre arrivée, un nouveau morceau commence, accueilli par des milliers de hurlements de joie et de sauts en l'air. Devant cet enthousiasme unanime de la foule (j'ai rarement vu une telle clameur au début d'un morceau, tous concerts confondus), je me demande un instant si Mr T aurait écrit un tube planétaire sans que je ne m'en rende compte, mais non. La mélodie reprise en choeur par des milliers de gosiers extatiques ne m'évoque strictement rien. La comparaison la plus proche que je puisse faire est le Satisfaction de Benny Benassi. C'est une expérience troublante de se retrouver ainsi perdu au milieu d'une foule réagissant comme un seul homme à des stimuli que l'on ne comprend pas. Si l'un de vous peut me dire comment s'appelle le tube ultime de ce monsieur, ça m'intéresse. Je serais curieux d'entendre à quoi ressemble la version studio.
(EDIT : La chanson s'appelle Monster Truck Driver et peur s'écouter ici ou là.)
Cette après-midi piteuse laisse la place à un début de soirée tout aussi piteux, qui commence par deux morceaux de Morcheeba, que je pourrais difficilement décrire autrement que comme insipides, d'autant que la chanteuse historique du groupe a mis les voiles et que le groupe en a donc engagé pour cette tournée une nouvelle, qui ferait presque regretter les versions studio (et pour que je regrette des chansons de Morcheeba, il en faut beaucoup). Le NME a un jour dit que Morcheeba faisait de la "musique d'ascenseur pour conducteurs de Volvo qui mettent des cravates beiges". C'est assez bien vu. N'ayant ni Volvo ni cravate beige, il ne me reste plus qu'à partir discrètement prendre un bain de glamour hollywoodien avec le concert de Juliette and the Licks. Juliet Lewis, dans une combinaison rouge moulante, y tente de nous convaincre que le rock'n'roll a toujours été sa vraie passion et que sa carrière sur grand écran n'était qu'un trempli vers son véritable amour, la scène. Elle serait plus crédible si elle savait chanter et si ses chansons avaient un soupçon d'intérêt.
La cerise sur le gâteau de la médiocrité festivalière sera posée par Korn, qui est pour moi au nu-metal ce que les Who sont au 'classic-rock', c'est-à-dire un groupe culte ('séminal' diraient certains) mais dont je serais bien en peine de citer ne serait-ce que le titre d'une chanson. Aucune diffusion à la radio ou sur les chaînes musicales, pas d'amis fans (Dieu merci) et un a-priori immensément négatif ont fait de Korn un des groupes dont je peux dire le plus grand mal sans en rien connaître et sans la moindre mauvaise conscience. Le petit quart d'heure passé à regarder Jonathan Davis (dont le charisme sur scène est rigoureusement nul) et ses dreadlocks s'agiter sur des chansons n'ayant ni queue ni tête n'ont rien fait pour me dissuader de continuer à l'avenir de me servir de mon ignorance comme d'un étendard. Le set se termine par une reprise d'Another Brick in the wall qui se contente de singer l'original avec une voix rocailleuse de grand fumeur. Dieu seul sait (et il l'a sûrement dit à l'ex-guitariste du groupe) comment ils ont pu penser que c'était une bonne idée.
Heureusement, une fois qu'on a atteint le fond du puits , on ne peut plus que remonter et les deux derniers concerts de la journées allaient me réconcilier avec la musique. Celui de !!! commence on ne peut mieux lorsque le chanteur monte sur la scène du club, très exposée aux sons provenant de la scène principale, en disant : "Sorry for being late. We were waiting for that awful racket [Korn] to end." En une phrase, j'étais déjà quasiment conquis, exploit d'autant plus admirable que, sur disque, !!! m'a toujours laissé perplexe. En fait, comme pour The Go! Team, j'ai l'impression que la musique du groupe ne trouve sa vraie dimension qu'interprétée sur scène. Tout y est en effet centré autour de l'énergie véhiculée. En fait, voir le chanteur sauter, danser, ramper, se contorsionner sans jamais faire de pause pendant une heure tandis que derrière les percussionistes tabassent leurs fûts avec jubilation, c'est un peu comme découvrir le mode d'emploi d'un lecteur CD dont le tiroir aurait jusque là toujours refusé de s'ouvrir. Je doute que cette épiphanie m'aide à mieux apprécier l'album mais il est indéniable que, pendant une heure passée à sautiller sur place avec un sourire béat, !!! avait tous les atouts pour être le meilleur groupe de festival du monde, sans doute parce qu'ils ne laissent planer aucun doute sur le plaisir qu'ils prennent à jouer sur scène, plaisir qui finit forcément par contaminer le spectateur.
La soirée (et le festival) se termine par un concert qui vient démentir ce que des années de festival m'avaient fait appeler la malédiction de la grande scène, condamnée dans mon esprit à empêcher la musique qui y est jouée de transporter une émotion autre que l'habituel "Putain, ça tabasse". J'avais d'ailleurs été surpris d'apprendre que Nick Cave and the bad seeds avaient été choisis pour clôturer le dernier jour de festival. Sa musique sombre ne m'apparaissait pas a priori propice à réunir 40000 festivaliers. Sans doute avais-je sous-estimé la popularité du personnage car il a rempli son rôle à la perfection. Le son était parfait et le choix de la set-list ne l'était pas moins. Certains ont eu du mal à se faire au départ de Blixa Bargeld et à l'introduction d'un choeur gospel sur le (mirifique) dernier album mais je suis de plus en plus persuadé que cette adjonction du choeur est une des meilleures idées que Nick Cave ait eues depuis longtemps. Même les anciennes chansons bénéficient énormément, je trouve, de ces touches soul qui viennent tempérer la furie orchestrale des 7 Bad Seeds. Durant 1h15, le public écoutera, dans un recueillement quasi-religieux, les morceaux emblématiques de la carrière de Nick Cave alterner avec les extraits de son dernier album. C'est sans aucun doute le meilleur concert que j'aie jamais vu sur la scène principale d'un grand festival et, franchement, ça m'a donné envie de revenir l'année prochaine.
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Ouf, voilà, je suis arrivé au bout de mon compte-rendu kilométrique. Félicitations à ceux qui ont tout lu depuis le début. Ils ont bien du mérite.
samedi, août 27
Pukkelpop Vendredi (2ème partie)
(suite de ce billet)
La soirée du vendredi commence avec le concert de Fischerspooner. Il y a deux ans (il faut se rendre à l'évidence, l'affiche de cette année est une copie conforme de celle de 2003), Fischerspooner nous avait gratifié d'un show en play-back complet avec changement de costumes, chorégraphie et une bonne dose de ridicule assumé. C'était arty en diable, somme toute assez grotesque et en conséquence assez jouissif. Cette année, le groupe a sorti Odyssey, un album de vraies chansons (c'est pas moi qui le dis, c'est la critique, qui semble bizarrement persuadée que #1 n'en contenait aucune) et se présente donc sur scène comme un vrai groupe de musiciens (chanteur, guitariste, claviériste, batteur, bassiste et choriste), et non plus comme une bande de poseurs prétentieux. En conséquence, Casey Spooner chante en direct, sur une scène sans décors et avec très peu de changements de costumes. On sent confusément que ce dépouillement lui pèse (même s'il est objectivement tout relatif, pour n'importe quel autre groupe, un costume composé d'une longue cape, d'un costume militaire rouge et or d'apparat, d'un boa et d'un chapeau à plumes paraîtrait plus extravagant que discret). Il tente donc de la faire oublier en jouant à outrance avec les clichés de la pop-star, ce qui fait que j'ai eu la curieuse impression d'assister à un concert du Duran Duran de la grande époque. Casey est parfait en Simon Le Bon tête à claques (dont il reproduit les poses et les mimiques) et ses musiciens font des Taylor et Rhodes tout à fait crédibles. Le tout forme un spectacle indéniablement divertissant, même si les chansons du groupe sont en général d'un intérêt limité. Emerge flotte tellement au-dessus du reste de leur répertoire qu'ils feront mine de la commencer deux fois avant de la jouer pour de bon et, parmi les autres, seules The 15th et We need a war provoquèrent véritablement l'enthousiasme du public, enthousiasme qui m'a d'ailleurs un peu surpris. Peut-être finalement Fischerspooner a-t-il encore un avenir.
Dans la famille "Je porte des costumes extravagants", je demande le cousin goth qui préférait arracher les ailes des mouches plutôt que d'aller souhaiter un bon anniversaire à sa cousine Christina. Marilyn Manson est sur la grande scène. J'ai plutôt un a priori favorable sur Marilyn Manson. Sociologiquement, visuellement et même musicalement, je le trouve plus intéressant que toute la cohorte nu-metal apparue à la même époque (à l'exception des mes bons gars Mike et Chester évidemment). Pourtant, ce concert fut en tous points pénible. D'où je me trouvais (très loin, il faut bien le reconnaître), je n'ai rien trouvé à quoi m'accrocher. Je ne reconnaissais aucun morceau, d'abord parce qu'il a privilégié ses deux derniers albums, dont je ne sais rien, et ensuite parce qu'il semble naïvement croire qu'en live, tout ce qu'on attend de lui est qu'il hurle comme un possédé par-dessus un mur de guitares saturées... alors que pas du tout, j'aurais préféré qu'il nous montre l'étendue de son répertoire (j'aurais par exemple adoré entendre The speed of pain dans une version proche de l'album par exemple). Las, au bout du cinquième titre, nous en avions entendu plus qu'assez et sommes partis nous placer pour voir la hype du millénaire, j'ai nommé les cultissimes Arcade Fire.
Qu'écrire, qu'écrire ? Depuis un an que les rouleaux compresseurs du bon goût (des Inrocks au NME et de la Blogothèque à Pitchfork... toutes sources d'informations par ailleurs tout à fait estimables, là n'est pas la question) nous imposent de voir en Funeral la huitième merveille du monde, Arcade Fire est un groupe dont j'adore dire du mal et, à voir les gens autour de moi se comporter durant le concert comme si Dieu leur était apparu dans un halo de lumière dorée, j'ai peaufiné quelques phrases assassines dont je comptais bien me resservir ici (un exemple ? "Arcade Fire est aux 'Houhouhou' ce que les Kaiser Chiefs sont aux 'Nanana' : des grossistes de seconde main."). Pourtant, il serait un peu facile de mettre l'enthousiasme débordant que le groupe suscite un peu partout sur le compte d'une hallucination collective auto-alimentée par des médias effrayés à l'idée de passer à côté de 'the next big thing'. D'autant que, franchement, c'est pas si mal, Arcade Fire. L'album souffre certes d'une production lourdingue sur certains morceaux et le chanteur a une des voix les plus exaspérantes depuis Anastacia mais, dans l'ensemble, c'est un bon petit disque sympathique, qui mêle avec un certain bonheur euphorie et tristesse, rythmes endiablés et sujets graves, rock et folk. Il méritera certainement une place dans le top 20 de fin d'année. En concert, c'est même encore un peu mieux : le groupe fait corps avec sa musique et parvient sans problèmes à mettre dans sa poche un public qui, pour être honnête, ne demande que ça. Pourtant, j'ai avec leur set le même problème qu'avec celui de The Polyphonic Spree : je ne crois pas une seconde à la sincérité de leur comportement sur scène. Sur un des morceaux (ne me demandez pas lequel, ils se ressemblent tous.. il y avait des 'houhouhou' en tout cas), un des musiciens était préposé aux percussions et, tout gonflé de l'importance de sa mission, a grimpé aux échafaudages jouxtant la scène, cymbale en main (pied compris, ce qui est, je suppose, une sorte d'exploit sportif), a fait le pitre pendant quelques minutes dans les hauteurs, tapant sa cymbale sur tout ce qui lui tombait sous la main, en équilibre instable, le visage rougeaud d'excitation. Il est ensuite redescendu sur scène où il a entrepris d'étrangler un autre musicien avec la lanière de sa guitare tout en jouant (ah oui, il jouait de la guitare aussi, c'est que, voyez-vous, ce sont des musiciens complets et il faut que ça se voie), sans doute parce que, à ce moment du concert, il était tellement dans sa musique qu'il en était comme possédé par le démon du rythme, de la danse, du rock, de la mort (biffez les mentions inutiles). Cela fait peut-être de moi un être froid, ennuyeux, cynique, pisse-froid, terre-à-terre (biffez les mentions inutiles) mais je suis rigoureusement incapable de rentrer dans ce genre de 'trip' et n'y vois qu'un positionnement marketing soigneusement pensé. Du coup, je me cabre et décide d'en rire et, à mon grand désespoir, j'avais l'impression d'être le seul dans un rayon de 100 mètres à ressentir le besoin de faire appel à mon sens de l'humour durant cette heure de concert. Dommage. J'ai toujours eu du mal avec les gens qui se prennent au sérieux. Cela dit, comme je suis plein de bonne volonté, j'accepterai peut-être de reconnaître qu'il s'agissait (musicalement parlant) d'un des dix meilleurs concerts du festival quand le souvenir des yeux hébétés de béatitude de mes voisins se sera estompé. Là, pour l'instant, ça me ferait trop mal.
Au risque de continuer à me fâcher avec tout le monde, je dois à présent dire un mot du concert des Pixies. Le groupe n'a jamais vraiment fait partie de mon univers musical et je n'ai à vrai dire jamais ressenti le besoin d'y remédier (j'étais bien trop occupé à découvrir tout le reste du catalogue 4AD). Le début du concert semblait prometteur, un son parfait où chaque instrument se détache avec la netteté d'une incision au scalpel, des tubes à foison (Monkey gone to heaven,... ce genre de choses) mais, très vite, ces morceaux reconnaissables me semblent laisser la place à un festival de cris et de grognements dont je ne parviens plus à rien retirer. Sans doute que, pour les fans, il s'agit d'interprétations électrisantes de je ne sais quel morceau-culte de Trompe le monde, mais pour le béotien que je suis, c'est surtout beaucoup de bruit et, comme vous avez sans doute pu vous en rendre compte, mon seuil de tolérance pour le bruit sur la grande scène est quasi-nul (je suis beaucoup plus ouvert pour les scènes annexes, où je peux ressentir un minimum d'empathie avec les musiciens). Je suis donc parti me placer pour le prochain concert. Cela dit, cette ignorance n'a que trop duré. Je m'en vais dans les prochains jours écouter avec attention le best-of, Doolittle et Bossa Nova (je sens confusément que ça devrait m'intéresser), histoire de pouvoir raconter moins de bêtises la prochaine fois que je croiserai leur chemin en festival, mais pour ce qui est du concert de cette année, je dois bien avouer que ça m'est un peu passé par-dessus la tête.
La soirée se termine par le concert de TTC, pourtant initialement prévu en début d'après-midi. La présence d'un groupe francophone au Pukkelpop est, à vrai dire, un événement rare. La langue française est en général assez mal vue dans les festivals flamands. Ainsi, certains groupes anglo-saxons se sont, à une époque, fait huer pour avoir oser dire "Merci" et "Bonjour" sur scène. En conséquence, le fait d'entendre parler français était un retour aux sources bienvenu même si je dois bien avouer que mon taux de compréhension des paroles fut à peine plus élevé ici que pour Goldie Lookin' Chain. Je ne connaissais de TTC que Dans le club et leur participation à Le hip-hop, c'est mon pote mais m'étais forgé un a-priori plutôt favorable qui fut glorieusement confirmé par leur concert. Le groupe comprend trois personnalités, trois physiques et trois types vocaux très différents (je passe sous silence le DJ, tapi dans l'ombre durant la majorité du set). Un Jésus portant un tee-shirt jusqu'aux genoux (Cuisinier), dont la spécialité est le rap sur intonation montante, un Yannick Noah (le plus "cool" de la bande) et un François Hadji-Lazaro, dont la présence sur scène durant tout le pré-concert m'avait donné l'impression qu'il était un roadie. Le plus admirable dans TTC (outre leur capacité à exploser la barrière des 345 mots, au moins, à la seconde) est l'énergie hallucinante transportée par les beats, qui ont plus à voir avec l'electronica festive (et la musique de jeux vidéo) qu'avec le bandes sonores du rap US (sauf peut-être celles de Timbaland). Une autre raison de sortir du concert avec un sourire jusqu'aux oreilles est leur manière de traduire littéralement en français les expressions toutes faites du rap anglo-saxon ("Bouge ton cul", "Faites du putain de bruit", ce genre de choses..) Je ne sais pas si c'est un hommage ou s'ils prennent la pisse (moi aussi je peux) mais c'est très drôle. Sans aucun doute un de mes concerts du weekend. Il va aussi falloir que j'écoute l'album. En fait, les festivals ne sont jamais que des immenses machines promotionnelles destinées à me faire acheter des disques, et je me laisse encore avoir comme un bleu.
Nous terminons cette (trop) longue journée par cinq minutes d'Apocalyptica, un quatuor de violoncellistes qui s'étaient fait connaître il y a plusieurs années par un album de reprises de Metallica. Nous sommes d'ailleurs arrivés pour le rappel où ils ont justement joué Enter Sandman devant un public chauffé à blanc (qui hurlait les textes) puis une composition à eux. Il y a quelque chose d'infiniment jouissif à voir ces quatre hurluberlus torse nu dans un décor de cimetière à l'abandon jouer du violoncelle tout en agitant leurs cheveux comme dans une pub pour du shampooing au Monoi d'autant que, un batteur et l'amplification électrique aidant, ils parviennent à reproduire de manière assez bluffante le son du heavy-metal. Les dix minutes de concert auxquelles j'ai assistés m'ont bluffé. Il n'aurait peut-être pas fallu que cela dure beaucoup plus longtemps cela dit.
(suite et fin ici)
La soirée du vendredi commence avec le concert de Fischerspooner. Il y a deux ans (il faut se rendre à l'évidence, l'affiche de cette année est une copie conforme de celle de 2003), Fischerspooner nous avait gratifié d'un show en play-back complet avec changement de costumes, chorégraphie et une bonne dose de ridicule assumé. C'était arty en diable, somme toute assez grotesque et en conséquence assez jouissif. Cette année, le groupe a sorti Odyssey, un album de vraies chansons (c'est pas moi qui le dis, c'est la critique, qui semble bizarrement persuadée que #1 n'en contenait aucune) et se présente donc sur scène comme un vrai groupe de musiciens (chanteur, guitariste, claviériste, batteur, bassiste et choriste), et non plus comme une bande de poseurs prétentieux. En conséquence, Casey Spooner chante en direct, sur une scène sans décors et avec très peu de changements de costumes. On sent confusément que ce dépouillement lui pèse (même s'il est objectivement tout relatif, pour n'importe quel autre groupe, un costume composé d'une longue cape, d'un costume militaire rouge et or d'apparat, d'un boa et d'un chapeau à plumes paraîtrait plus extravagant que discret). Il tente donc de la faire oublier en jouant à outrance avec les clichés de la pop-star, ce qui fait que j'ai eu la curieuse impression d'assister à un concert du Duran Duran de la grande époque. Casey est parfait en Simon Le Bon tête à claques (dont il reproduit les poses et les mimiques) et ses musiciens font des Taylor et Rhodes tout à fait crédibles. Le tout forme un spectacle indéniablement divertissant, même si les chansons du groupe sont en général d'un intérêt limité. Emerge flotte tellement au-dessus du reste de leur répertoire qu'ils feront mine de la commencer deux fois avant de la jouer pour de bon et, parmi les autres, seules The 15th et We need a war provoquèrent véritablement l'enthousiasme du public, enthousiasme qui m'a d'ailleurs un peu surpris. Peut-être finalement Fischerspooner a-t-il encore un avenir.
Dans la famille "Je porte des costumes extravagants", je demande le cousin goth qui préférait arracher les ailes des mouches plutôt que d'aller souhaiter un bon anniversaire à sa cousine Christina. Marilyn Manson est sur la grande scène. J'ai plutôt un a priori favorable sur Marilyn Manson. Sociologiquement, visuellement et même musicalement, je le trouve plus intéressant que toute la cohorte nu-metal apparue à la même époque (à l'exception des mes bons gars Mike et Chester évidemment). Pourtant, ce concert fut en tous points pénible. D'où je me trouvais (très loin, il faut bien le reconnaître), je n'ai rien trouvé à quoi m'accrocher. Je ne reconnaissais aucun morceau, d'abord parce qu'il a privilégié ses deux derniers albums, dont je ne sais rien, et ensuite parce qu'il semble naïvement croire qu'en live, tout ce qu'on attend de lui est qu'il hurle comme un possédé par-dessus un mur de guitares saturées... alors que pas du tout, j'aurais préféré qu'il nous montre l'étendue de son répertoire (j'aurais par exemple adoré entendre The speed of pain dans une version proche de l'album par exemple). Las, au bout du cinquième titre, nous en avions entendu plus qu'assez et sommes partis nous placer pour voir la hype du millénaire, j'ai nommé les cultissimes Arcade Fire.
Qu'écrire, qu'écrire ? Depuis un an que les rouleaux compresseurs du bon goût (des Inrocks au NME et de la Blogothèque à Pitchfork... toutes sources d'informations par ailleurs tout à fait estimables, là n'est pas la question) nous imposent de voir en Funeral la huitième merveille du monde, Arcade Fire est un groupe dont j'adore dire du mal et, à voir les gens autour de moi se comporter durant le concert comme si Dieu leur était apparu dans un halo de lumière dorée, j'ai peaufiné quelques phrases assassines dont je comptais bien me resservir ici (un exemple ? "Arcade Fire est aux 'Houhouhou' ce que les Kaiser Chiefs sont aux 'Nanana' : des grossistes de seconde main."). Pourtant, il serait un peu facile de mettre l'enthousiasme débordant que le groupe suscite un peu partout sur le compte d'une hallucination collective auto-alimentée par des médias effrayés à l'idée de passer à côté de 'the next big thing'. D'autant que, franchement, c'est pas si mal, Arcade Fire. L'album souffre certes d'une production lourdingue sur certains morceaux et le chanteur a une des voix les plus exaspérantes depuis Anastacia mais, dans l'ensemble, c'est un bon petit disque sympathique, qui mêle avec un certain bonheur euphorie et tristesse, rythmes endiablés et sujets graves, rock et folk. Il méritera certainement une place dans le top 20 de fin d'année. En concert, c'est même encore un peu mieux : le groupe fait corps avec sa musique et parvient sans problèmes à mettre dans sa poche un public qui, pour être honnête, ne demande que ça. Pourtant, j'ai avec leur set le même problème qu'avec celui de The Polyphonic Spree : je ne crois pas une seconde à la sincérité de leur comportement sur scène. Sur un des morceaux (ne me demandez pas lequel, ils se ressemblent tous.. il y avait des 'houhouhou' en tout cas), un des musiciens était préposé aux percussions et, tout gonflé de l'importance de sa mission, a grimpé aux échafaudages jouxtant la scène, cymbale en main (pied compris, ce qui est, je suppose, une sorte d'exploit sportif), a fait le pitre pendant quelques minutes dans les hauteurs, tapant sa cymbale sur tout ce qui lui tombait sous la main, en équilibre instable, le visage rougeaud d'excitation. Il est ensuite redescendu sur scène où il a entrepris d'étrangler un autre musicien avec la lanière de sa guitare tout en jouant (ah oui, il jouait de la guitare aussi, c'est que, voyez-vous, ce sont des musiciens complets et il faut que ça se voie), sans doute parce que, à ce moment du concert, il était tellement dans sa musique qu'il en était comme possédé par le démon du rythme, de la danse, du rock, de la mort (biffez les mentions inutiles). Cela fait peut-être de moi un être froid, ennuyeux, cynique, pisse-froid, terre-à-terre (biffez les mentions inutiles) mais je suis rigoureusement incapable de rentrer dans ce genre de 'trip' et n'y vois qu'un positionnement marketing soigneusement pensé. Du coup, je me cabre et décide d'en rire et, à mon grand désespoir, j'avais l'impression d'être le seul dans un rayon de 100 mètres à ressentir le besoin de faire appel à mon sens de l'humour durant cette heure de concert. Dommage. J'ai toujours eu du mal avec les gens qui se prennent au sérieux. Cela dit, comme je suis plein de bonne volonté, j'accepterai peut-être de reconnaître qu'il s'agissait (musicalement parlant) d'un des dix meilleurs concerts du festival quand le souvenir des yeux hébétés de béatitude de mes voisins se sera estompé. Là, pour l'instant, ça me ferait trop mal.
Au risque de continuer à me fâcher avec tout le monde, je dois à présent dire un mot du concert des Pixies. Le groupe n'a jamais vraiment fait partie de mon univers musical et je n'ai à vrai dire jamais ressenti le besoin d'y remédier (j'étais bien trop occupé à découvrir tout le reste du catalogue 4AD). Le début du concert semblait prometteur, un son parfait où chaque instrument se détache avec la netteté d'une incision au scalpel, des tubes à foison (Monkey gone to heaven,... ce genre de choses) mais, très vite, ces morceaux reconnaissables me semblent laisser la place à un festival de cris et de grognements dont je ne parviens plus à rien retirer. Sans doute que, pour les fans, il s'agit d'interprétations électrisantes de je ne sais quel morceau-culte de Trompe le monde, mais pour le béotien que je suis, c'est surtout beaucoup de bruit et, comme vous avez sans doute pu vous en rendre compte, mon seuil de tolérance pour le bruit sur la grande scène est quasi-nul (je suis beaucoup plus ouvert pour les scènes annexes, où je peux ressentir un minimum d'empathie avec les musiciens). Je suis donc parti me placer pour le prochain concert. Cela dit, cette ignorance n'a que trop duré. Je m'en vais dans les prochains jours écouter avec attention le best-of, Doolittle et Bossa Nova (je sens confusément que ça devrait m'intéresser), histoire de pouvoir raconter moins de bêtises la prochaine fois que je croiserai leur chemin en festival, mais pour ce qui est du concert de cette année, je dois bien avouer que ça m'est un peu passé par-dessus la tête.
La soirée se termine par le concert de TTC, pourtant initialement prévu en début d'après-midi. La présence d'un groupe francophone au Pukkelpop est, à vrai dire, un événement rare. La langue française est en général assez mal vue dans les festivals flamands. Ainsi, certains groupes anglo-saxons se sont, à une époque, fait huer pour avoir oser dire "Merci" et "Bonjour" sur scène. En conséquence, le fait d'entendre parler français était un retour aux sources bienvenu même si je dois bien avouer que mon taux de compréhension des paroles fut à peine plus élevé ici que pour Goldie Lookin' Chain. Je ne connaissais de TTC que Dans le club et leur participation à Le hip-hop, c'est mon pote mais m'étais forgé un a-priori plutôt favorable qui fut glorieusement confirmé par leur concert. Le groupe comprend trois personnalités, trois physiques et trois types vocaux très différents (je passe sous silence le DJ, tapi dans l'ombre durant la majorité du set). Un Jésus portant un tee-shirt jusqu'aux genoux (Cuisinier), dont la spécialité est le rap sur intonation montante, un Yannick Noah (le plus "cool" de la bande) et un François Hadji-Lazaro, dont la présence sur scène durant tout le pré-concert m'avait donné l'impression qu'il était un roadie. Le plus admirable dans TTC (outre leur capacité à exploser la barrière des 345 mots, au moins, à la seconde) est l'énergie hallucinante transportée par les beats, qui ont plus à voir avec l'electronica festive (et la musique de jeux vidéo) qu'avec le bandes sonores du rap US (sauf peut-être celles de Timbaland). Une autre raison de sortir du concert avec un sourire jusqu'aux oreilles est leur manière de traduire littéralement en français les expressions toutes faites du rap anglo-saxon ("Bouge ton cul", "Faites du putain de bruit", ce genre de choses..) Je ne sais pas si c'est un hommage ou s'ils prennent la pisse (moi aussi je peux) mais c'est très drôle. Sans aucun doute un de mes concerts du weekend. Il va aussi falloir que j'écoute l'album. En fait, les festivals ne sont jamais que des immenses machines promotionnelles destinées à me faire acheter des disques, et je me laisse encore avoir comme un bleu.
Nous terminons cette (trop) longue journée par cinq minutes d'Apocalyptica, un quatuor de violoncellistes qui s'étaient fait connaître il y a plusieurs années par un album de reprises de Metallica. Nous sommes d'ailleurs arrivés pour le rappel où ils ont justement joué Enter Sandman devant un public chauffé à blanc (qui hurlait les textes) puis une composition à eux. Il y a quelque chose d'infiniment jouissif à voir ces quatre hurluberlus torse nu dans un décor de cimetière à l'abandon jouer du violoncelle tout en agitant leurs cheveux comme dans une pub pour du shampooing au Monoi d'autant que, un batteur et l'amplification électrique aidant, ils parviennent à reproduire de manière assez bluffante le son du heavy-metal. Les dix minutes de concert auxquelles j'ai assistés m'ont bluffé. Il n'aurait peut-être pas fallu que cela dure beaucoup plus longtemps cela dit.
(suite et fin ici)
vendredi, août 26
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