Le précédent album des Pet Shop Boys, Release, était une expérience acoustique qui, malgré trois ou quatre chansons sublimes, avait laissé sceptiques la plupart des fans du groupe (et des journalistes), décontenancés par l'absence de sonorités électroniques. Le message fut apparemment parfaitement reçu puisque Neil Tennant et Chris Lowe ont alors enchaîné les projets très électro : Disco 3 (mini-album contenant nouvelles chansons et remixes sortis en 2002), PopArt (un best-of contenant deux nouvelles chansons électro-pop flamboyantes, 2003), un album Back to Mine oscillant entre l'italo-disco et l'electronica ambient (2005) et une bande originale pour le Cuirassé Potemkine qui évoquait tout à la fois Bernard Herrmann et le new-age synthétique de Tangerine Dream. La parenthèse folk était bel et bien refermée et le nouvel album semblait devoir être conçu dans le même esprit.
Pourtant, si on en croit les bribes d'information qui ont filtré depuis 2002, l'accouchement n'a pas été sans mal. En effet, Neil Tennant avait mentionné (en 2004?) qu'il était en train d'écouter le nouvel album sur son ipod et qu'il le trouvait plutôt bon, ce qui laissait entendre que, à tout le moins, l'écriture des démos était terminée. Pourtant, quelques semaines plus tard, on apprenait que le groupe était reparti en Italie (de mémoire) pour composer. Alors, cette première version de l'album a-t-elle été jugée invendable par la maison de disques ? Neil et Chris lui ont-ils soudain trouvé des défauts rédhibitoires ? Nous ne le saurons sans doute jamais mais, à en juger par les démos assez moyennes qui avaient fait surface à cette époque (Only Love, Motoring), on ne peut sans doute que se réjouir de ces deux années de travail supplémentaires.
Pour la première fois depuis Very, le groupe a fait appel à un producteur extérieur unique pour enregistrer l'album. Trevor Horn avait déjà collaboré avec les Pet Shop Boys à l'époque de Introspective, principalement sur leur grand-oeuvre Left to my own devices. Pour moi, Trevor Horn est un peu aux années 80 ce que Phil Spector fut aux années 60 et l'expression "Wall of Sound" est une description parfaitement valable des chansons qu'il a pu produire pour Frankie goes to Hollywood, ABC et Propaganda ou écrire pour les Buggles et the Art of Noise. A l'époque, on reconnaissait sa patte dans un usage de l'orchestre parfois à la limite du pompiérisme et dans un empilement de couches de synthés qui finissaient par former un mur sonore (hé hé) infranchissable. Pour beaucoup, il représente l'exemple parfait de ce que fut la pop britannique lors de l'âge d'or des années 80 (jusqu'à 1987 en tout cas, lorsque l'écurie Stock-Aitken-Waterman viendra faire table rase du passé en imposant Kylie Minogue, Jason Donovan, Mel & Kim et leurs multitudes de clones interchangeables... mais c'est un autre débat). Il se fit plus calme pendant les années 90 (je sais juste qu'il a produit une face de l'album The Tenement Symphony de Marc Almond et quelques chansons pour Seal) avant de revenir au premier plan en produisant le premier album de t.A.T.u puis, dans un autre genre, l'avant-dernier album de Belle and Sebastian. Son apport sur Fundamental ne pourrait pas à mon avis être surestimé. Bien qu'il ne soit jamais explicitement crédité comme compositeur, toutes les chansons portent sa griffe. Du coup, Fundamental est l'album des Pet Shop Boys qui sonne le plus "plein", le plus "ample". Engager Trevor Horn était sans doute le meilleur moyen pour remédier au principal défaut de Release, c'est-à-dire une production qui, à part sur Birthday Boy, tombait à plat. De plus, le fait que tout l'album ait été confié au même producteur permet d'obtenir un disque au son nettement plus homogène, ce qui change agréablement du caractère disparate des morceaux que l'on trouvait sur Bilingual ou Nightlife.
1. Psychological (7)
Dès les premières secondes, le riff de synthés qui soutient toute la chanson est installé, distillant une ambiance sombre et gentiment claustrophobique qui n'évoluera plus guère. Neil Tennant utilise pour chanter un registre assez grave, laissant de côté le falsetto dont il avait tendance à abuser ces dernières années. Ce parti-pris vaut également pour la plupart des chansons de l'album, à ma grande joie.
Psychological fonctionne à vrai dire mieux comme une déclaration d'intention, comme un prélude à l'album que comme une chanson à proprement parler. Les paroles très disjointes semblent énumérer des pensées, des images obsédantes dont on ne peut ni saisir le sens ni se défaire, entre rêve et réalité. On peut aussi sans doute y voir une description de l'univers mental qui a présidé à l'élaboration de l'album. Ca n'avait pas l'air de rigoler beaucoup.
2. The Sodom and Gomorrah Show(9)
Cela faisait longtemps que les Pet Shop Boys n'avaient plus réussi à écrire un tube, un morceau qui donne envie de sauter sur place en levant les mains et de chanter à tue-tête en se dandinant. Fundamental en contient pourtant deux, dont voici le premier. Introduit comme un numéro de music-hall par un Mr Loyal que l'on imagine en veste rouge à boutons dorés, il mêle arpèges de synthés et guitares qui tachent pour former un couplet étonnamment accrocheur et un refrain qu'il suffit d'entendre trois fois pour retenir à jamais. Les paroles contiennent ce qui est sans doute le slogan politique ultime "Sun, sex, sin, death and destruction". Toutes les grandes chansons pop ont en commun une capacité à emporter pour quelques minutes l'auditeur dans une bulle où la vie réelle disparaît et où n'existe plus que la joie autarcique de réentendre encore et toujours les 12 mêmes mesures, réminiscence de l'époque où, enfants, nous voulions qu'on nous raconte encore et toujours la même histoire. The Sodom & Gomorrah Show remplit parfaitement ce cahier des charges. Difficile, en revanche, de savoir exactement de quoi ça cause. Neil Tennant aurait dit que la chanson n'a pas de connotation ouvertement sexuelle et, à en juger par les costumes utilisés lors de la tournée actuelle, il semblerait qu'il faille plutôt y voir une parabole sur les élites décadentes, sur comment le pouvoir aveugle ceux qui le possèdent, les isole du reste du monde et les encourage à rechercher avant tout leur plaisir personnel. A moins que ce ne soit tout autre chose.
3. I made my excuses and left (6)
S'il existait une médaille d'or de la plus longue introduction, nul doute que IMMEAL serait bien placé pour la recevoir. Première chanson de l'album à faire un usage intensif de l'orchestre, elle ne commence en effet réellement qu'après 1m49s de tapis de cordes et de voix spectrales (censément une mélodie enregistrée par Chris Lowe sur son téléphone portable un soir de pluie). Lorsque la chanson proprement dite commence, après un claquement de porte, on se retrouve en terrain plus balisé. Des percussions synthétiques rythment une sucession de quatrains narratifs insipides, sans refrain, qui ne semblent mener nulle part. En fait, toute la chanson tend vers la modulation qui acompagne l'arrivée du titre à 3m15s et introduit un dernier couplet un peu plus lyrique. Cela dit, c'est sans doute une chanson trop désincarnée pour parler vraiment aux tripes et si je peux, à tête reposée, lui trouver quelques qualités, je n'éprouve pas grand-chose en l'écoutant. Peut-être parce que cette histoire d'adultère inopinément découvert ne me parle guère. Je ne suis par ailleurs pas très sûr de comprendre ce qu'est cette chose qu'il "hadn't heard". Je suis ouvert à toutes les suggestions.
4. Minimal (8.5)
On devrait donner cette chanson en exemple à tous ceux qui mettent le "songwriting" au premier plan et doutent de l'importance de la production. Sur papier, les couplets et le refrain ne paraissent pas particulièrement brillants : beaucoup de répétition, des lignes mélodiques que l'on oublie très vite. Pourtant, lorsqu'on écoute le produit final, ces couplets et ce refrain a priori banals semblent baigner dans une sorte d'évidence éthérée qui colle parfaitement au propos. Pour moi, les paroles décrivent une certaine forme dépouillée de l'art contemporain (lumières froides, espaces vides et blancs, transparences, etc., soit en fait tout ce que l'on retrouve dans la scénographie de la tournée actuelle ou encore dans l'accompagnement visuel de l'album). Minimal réussit l'exploit de ne rien dire, mais de le faire avec une sophistication délicieusement prétentieuse. En écoutant Neil chanter "Light and shade, time and space", je me plais à imaginer que sur la feuille où il a noté les paroles, il a placé des majuscules devant chacun de ces mots, pour bien montrer qu'ils ne désignent pas seulement des réalités physiques terre-à-terre mais aussi les concepts artistiques, voire philosophiques, sous-jacents. Je serais incapable d'expliquer comment la production parvient à transcender la chanson mais je trouve le dernier tiers quasi-parfait avec sa ligne de basse new-order-esque (interprétée par Trevor Horn) et son final orchestral très Herrmannien. Ce dernier a malheureusement été odieusement coupé dans la version single, en vertu la sacro-sainte loi tacite qui veut que les radios ne diffusent aucun morceau qui dure plus de 3 minutes 30. Pffff.
(la vidéo est visible sur le site officiel, section product)
5. Numb (7.5)
Pour je crois la première fois de leur carrière, les Pet Shop Boys ont délégué l'écriture d'une de leurs chansons. Comme ils aiment surprendre, ils ont fait appel pour cela à une compositrice qui se trouve a priori aux antipodes de leur style : Diane Warren, la reine américaine de ce que les anglo-saxons appellent la "power ballad" (If I Turn Back Time de Cher par exemple). Selon certaines sources, elle serait l'auteur-compositeur qui aurait vendu le plus de singles au monde, même si je ne peux en citer qu'une dizaine, dont le niveau me semble osciller entre le 'juste passable' (Sugababes) et le 'franchement terrifiant' (les ballades d'Aerosmith qui ont pourri mon milieu des années 90). C'est un peu comme si Cliff Richard avait composé une chanson pour The Cramps ou si Boulez avait composé un lied pour Britney Spears. En vrais pervers de la pop, les Pet Shop Boys tirent d'ailleurs un réel plaisir du fait que Numb a d'abord été proposé à Aerosmith, qui n'en a pas voulu. Ce que d'autres considèreraient peut-être comme un motif de légère honte ("Bon, OK, on avoue que c'est un peu pathétique de fouiller ainsi les poubelles d'Aerosmith."), ils en font un motif de fierté. Je suppose que, Aerosmith représentant une forme de rock FM américain dont ils ont horreur, en prendre le contre-pied leur paraît être une bonne idée. C'est en tout cas assez troublant d'entendre Neil Tennant interpréter une chanson aussi étrangère à l'univers du groupe. Les paroles semblent tout droit tirées d'une B-side de Linkin Park ou de Limp Bizkit ("Rhaa, j'ai mal. Vivre me tue. Je voudrais m'échapper de cette chape de plomb qui m'oppresse, échapper à la douleur pour quelques instants d'inconscience blah blah blah") et les mélodies suivent des méandres compliqués que l'on n'a pas l'habitude d'entendre dans les chansons des PSB. Pourtant, la production imposante de Trevor Horn et la voix de Neil Tennant transforment immédiatement Numb en une chanson des Pet Shop Boys et lui permettent de s'intercaler naturellement dans leur répertoire.
La BBC a donné une visibilité médiatique énorme à cette chanson en l'utilisant pour illustrer l'élimination de l'Angleterre en quart de finale de la Coupe du Monde. Je me demande si EMI a été/est/va être tenté d'en faire un single. Un succès massif serait en effet une bien mauvaise blague pour l'ego des compositeurs Neil Tennant et Chris Lowe, obligés d'admettre qu'il ne sont plus capables de rencontrer le grand public qu'en chantant les chansons des autres (voir aussi Go West). En tout cas, je ne peux plus écouter la chanson sans voir Michael Owen se bousiller le genou au ralenti ou entendre les déclarations optimistes de Sven-Goran Eriksson et David Beckham à l'entrée du second tour.
6. God Willing (5)
Intermède quasi-instrumental où Neil Tennant se laisse juste aller à quelques "lalala lalala" discrets. Sa présence au milieu de l'album est sans doute un moyen de rappeller la séparation des anciens 33 tours en deux faces distinctes (on y avait même vu à une époque la preuve que Fundamental serait un album concept sur la guerre en Irak). A chaque fois que le morceau se termine, j'ai envie d'enchaîner avec Never Can Say Goodbye des Communards, dont l'intro doit sans doute être basé sur les mêmes harmonies.
7. Luna Park (10)
Les chansons des Pet Shop Boys que je préfère sont souvent des ballades, et Luna Park est pour moi clairement la meilleure ballade de l'album, et sans doute une de leurs meilleures chansons (quoique le temps la fera peut-être rentrer dans le rang). La production peut sembler au premier abord un peu cheap. Les percussions floues qui apparaissent après une intro d'arpèges DeadCanDanciens rappellent ainsi les moins bonnes de leurs B-sides récentes (ou encore leur reprise de Philadelphia de Neil Young). Le reproche paraît cependant presque mesquin au vu de ce morceau miraculeux où mélodies, textes et production agissent en parfaite symbiose. Il paraît assez clair après lecture des textes que Neil y décrit les Etats-Unis (et plus généralement le monde occidental) comme une sorte d'immense parc d'attractions où tout est fait pour rassurer, pour distraire. Guerre, terrorisme, catastrophes naturelles. Notre mode de vie est voué à disparaître ("A storm will come one day, to blow us all away, like dust on the moon") mais n'y pensons pas trop et prenons du plaisir. Il n'y a de toutes façons rien que nous puissions faire. L'analogie n'est pas neuve. On a notamment beaucoup lu après le 11 septembre 2001 que les Etats-Unis étaient devenus un immense Disneyland reclus sur lui-même et indifférent au monde extérieur. Il me semble pourtant que c'est la première fois que l'image est utilisée comme source d'empathie plutôt que de moquerie, ce qui en fait à mon avis une des chansons les plus émouvantes jamais écrites par le groupe. On y trouve aussi un bel exemple de comment un détail de production peut transcender une chanson. Les grondements sourds que l'on entend à 2m36s et 2m48s peuvent évoquer indifféremment des bombardements lointains, des coups de canon ou des explosions nucléaires. Leur présence est pour beaucoup dans l'impression de désespoir qui émane du morceau.
8. I'm with stupid (7.5)
L'utilisation de cette chanson comme single éclaireur de Fundamental était sans doute légèrement trompeuse en ce qu'une écoute distraite pouvait laisser présager un album gentiment ironique, plutôt léger dans sa thématique et dont les sonorités résolument eighties allaient ressuciter les souvenirs de Propaganda et de Frankie Goes To Hollywood (ou, et ce n'est pas forcément contradictoire, la production luxuriante de Can You Forgive Her?). Trevor Horn semble en effet y pasticher le style qui fit sa gloire, avec notamment cette avalanche de percussions que l'on retrouve après chaque couplet. Le reste de l'album s'est finalement révélé être assez différent.
De même, il suffit de deux ou trois écoutes pour se rendre compte que le caractère gentiment crétin du titre dissimule en fait une satire politique assez vacharde. La "special relationship" des paroles désigne en effet le lien qui unit depuis plus d'un siècle les Etats-Unis à la Grande-Bretagne et la chanson est donc une allusion assez claire à la relation privilégiée existant entre Tony Blair et George Bush. Ce n'est pas forcément très fin (ni très original, I Get Along parlait déjà des rapports entre Tony Blair et Peter Mandelson) mais c'est indéniablement efficace, au moins pendant les 20 premières écoutes. Après, l'indigence du refrain commence à devenir problématique.
9. Casanova in hell (8)
Neil Tennant a toujours eu une légère propension au snobisme culturel, que ce soit dans sa manière de reprendre du Kurt Weill, de chanter les affres idéologiques de Chostakovich ou, ici, de documenter la manière dont un amant vieillissant trouve le salut dans la littérature et la retranscription par écrit de ses exploits passés. Il aime à répéter en interview que les Pet Shop Boys sont le seul groupe pop au monde à pouvoir écrire des chansons sur ces sujets et il n'a sans doute pas tort. Une fois encore, la production fait preuve d'une totale adéquation avec le sujet et la dynamique du morceau épouse parfaitement l'évolution des sentiments décrits dans les textes : le son de synthé funèbre du début, l'apparition d'un contre-thème ironique dans le deuxième couplet, le léger glissando descendant après "He couldn't get an erection" (dont je vous laisse juge du bon goût) et l'apothéose extatique du couplet final, renforcé par des choeurs féminins et une diction plus féroce. La chanson a été interprétée lors du concert de la BBC par Rufus Wainwright, qui a réussi à la faire sonner comme une de ses propres compositions. C'est la première fois que je prends conscience de la parenté qui peut exister entre leurs deux univers.
10. Twentieth Century (8.5)
De tous les morceaux de l'album, c'est sans doute celui qui plaira le plus aux fondus d'électronique. Tout, de la basse rebondie aux nappes de synthés sombres, rappellent les morceaux de Relentless ou Time on my hands (sur Disco 3). A l'exception de deux courtes apparitions de la guitare, le morceau est d'ailleurs entièrement synthétique. Il s'agit sans doute aussi des paroles les plus explicitement politiques de l'album et la seconde Guerre du Golfe y est implicitement mentionnée (via les statues déboulonnées). La thèse défendue "Sometimes the solution is worse than the problem", peut sans doute paraître simpliste mais elle colle bien à l'état d'esprit d'un Neil Tennant qui, après que l'euphorie de la chute de Saddam Hussein se fut dissipée, est en quelques semaines passé du camp des "pro-war" au camp des "anti-war". Une phrase comme "Everyone came to destroy what was rotten but they killed off what was good as well." résume assez bien la situation délicate dans laquelle se retrouvent les Etats-Unis en Irak, même si elle ne devrait pas valoir à Neil Tennant une place de rédacteur en chef au Monde Diplomatique. Cela dit, la musique pop n'est sans doute pas la mieux adaptée aux analyses géopolitiques fines. Comme pour Eminem avec Mosh, elle doit au contraire se saisir d'idées simples, puis les transcender par la musique de sorte qu'elles s'imposent à l'auditeur. Twentieth Century n'y parvient à mon avis qu'imparfaitement, même s'il s'agit sans doute de la chanson de l'album qui gagne le plus à être écoutée souvent. Elle ne paie guère de mine au départ mais devient de plus en plus irrésistible au fur et à mesure des écoutes.
11. Indefinite leave to remain (6)
Le problème des réfugés avait déjà inspiré une chanson de Release (London), dont l'impact se trouvait malheureusement amoindri par une mélodie filandreuse, dont je suis d'ailleurs incapable de me souvenir aujourd'hui. Indefinite Leave To Remain, malgré une splendide intro de cuivres façon "sonnerie aux morts", souffre un peu du même problème. J'ai beau l'écouter, je ne parviens pas à en retenir le moindre fragment de mélodie. C'est typiquement le genre de chansons qui rentre par une oreille et ressort immédiatement par l'autre. Dommage car le texte, supplique d'un réfugié espérant obtenir un permis de séjour permanent (dont la dénomination officielle en Grande-Bretagne est justement "Indefinite Leave to Remain"), méritait mieux.
12. Integral (10)
Il est des chansons qui ne dévoilent leurs charmes que petit à petit (Luna Park, Twentieth Century). Il en est d'autres qui, dès les premières secondes, sortent le grand jeu. Integral fait clairement partie de cette seconde catégorie. Le refrain, irrésistible (notamment à cause du glissando montant à la fin de chaque phrase), est asséné dès le début, suivi par des percussions martiales et un riff de synthé dont on ne peut se défaire. C'est bien simple, ce n'est plus une chanson, c'est un rouleau compresseur. Foin de subtilité et de sous-entendus, fi des clins d'oeil et des allusions, l'heure n'est plus au rire mais à la résistance. Neil Tennant s'oppose farouchement à l'introduction en Grande-Bretagne d'une carte d'identité obligatoire, projetée par le gouvernement de Tony Blair. Sa voix semble d'ailleurs ne contenir qu'à grand peine sa colère (surtout dans le premier couplet) lorsqu'il évoque la manière dont des élites politiques sûres de leur bon droit font lentement dériver son pays vers un fascisme à la Orwell ("Sterile, Immaculate, Rational, Perfect" semble être un slogan de 1984). La chanson a été écrite dans le seul but de transmettre cette colère, par tous les moyens, et ne laisse l'auditeur respirer que pendant un petit pont désuet de vingt secondes à 2m25s, brefs instants de répit avant que le refrain ne revienne asséner son propos avec toute la subtilité d'une séance d'électro-chocs. Ayant reçu ma première carte d'identité à 10 ans et n'ayant jamais eu l'impression que cela portait atteinte à mes libertés fondamentales, je ne suis pas sûr de bien comprendre exactement pourquoi un petit bout de plastique les met dans un tel état (quoique), mais Dieu que c'est bon. Rarement contestation politique a été aussi irrésistible.
PS : Je suis sidéré par la manière dont Neil Tennant prononce "threat" dans le refrain.
Voilà. Comme d'habitude, c'est trop long (et encore j'ai coupé) et habité d'un esprit de sérieux un peu agaçant.. mais bon, ça n'arrive qu'une fois tous les quatre ans.
Parce que la musique est une chose trop importante pour être laissée à ceux qui la prennent au sérieux.
mercredi, juillet 26
mardi, juillet 25
Les classements crétins de la semaine
- Les chansons les plus mauviettes de tous les temps. Ce n'est pas souvent qu'on peut lire un classement où Iron&Wine se retrouve coincé entre Richard Marx et Spandau Ballet.
- Dans le même genre, existe un classement des plus grandes mauviettes. Il y en a plus du quart dont je n'ai jamais entendu parler.
Sinon, dans un autre genre : le pouce le plus suggestif de l'histoire de la vidéo musicale.
- Dans le même genre, existe un classement des plus grandes mauviettes. Il y en a plus du quart dont je n'ai jamais entendu parler.
Sinon, dans un autre genre : le pouce le plus suggestif de l'histoire de la vidéo musicale.
lundi, juillet 24
Liens de la semaine
- L'anonyme de Château Rouge propose un billet sur l'Arlésienne ultime, c'est-à-dire l'hypothétique troisième album de Portishead, qui devient lentement mais sûrement l'équivalent au 3ème millénaire de ce qu'était le nouvel album de My Bloody Valentine dans les années 90. On y trouve notamment une improbable démo (un work in progress) dont je doute un peu de l'authenticité.
- Comme toutes les deux semaines, Absolut Noise tente de trouver un meilleur duo électro-pop suédois que Le Sport. J'ai peur que ce ne soit pas encore cette fois-ci que je vais abandonner Your Brother is my only hope, même si The Embassy (et, dans un genre un peu différent, The Bondage Fairies) maîtrisent plutôt bien leur sujet.
- Une triplette de retours pop en avant-première était disponible ici. Malheureusement, j'ai trop tardé à vous fournir le lien et les mp3 ne sont plus accessibles mais je suis un vrai McGyver quand je m'y mets et voici donc le nouveau single des Scissor Sisters et celui de The Killers. Celui de Robbie Williams m'avait l'air un peu nul, donc pas de regrets à avoir.
EDIT : Ah ben non, en fait, si on parvient à faire abstraction du fait que Robbie Williams rappe comme ma grand-mère, ce single n'est pas si mal. Et vous le trouverez ici ou là.
- Charlotte Gainsbourg produite par Nigel Godrich... et on ne me dit rien ?
- Après avoir redécouvert Woven Hand avec Mosaic, j'ai réécouté le premier album et je ne suis plus sûr de comprendre pourquoi j'avais à l'époque rechigné à aimer Woven Hand autant que Sixteen-Horsepower. Pour pouvoir éclaircir ce mystère, une piqûre de rappel sur ces derniers s'impose.
- Le guitariste d'Art Brut ressemblant à un prof de math avait quitté le groupe il y a deux ans. Il semble en avoir depuis formé un nouveau.
- Et comme presque chaque semaine, quelques jolies reprises.
- Comme toutes les deux semaines, Absolut Noise tente de trouver un meilleur duo électro-pop suédois que Le Sport. J'ai peur que ce ne soit pas encore cette fois-ci que je vais abandonner Your Brother is my only hope, même si The Embassy (et, dans un genre un peu différent, The Bondage Fairies) maîtrisent plutôt bien leur sujet.
- Une triplette de retours pop en avant-première était disponible ici. Malheureusement, j'ai trop tardé à vous fournir le lien et les mp3 ne sont plus accessibles mais je suis un vrai McGyver quand je m'y mets et voici donc le nouveau single des Scissor Sisters et celui de The Killers. Celui de Robbie Williams m'avait l'air un peu nul, donc pas de regrets à avoir.
EDIT : Ah ben non, en fait, si on parvient à faire abstraction du fait que Robbie Williams rappe comme ma grand-mère, ce single n'est pas si mal. Et vous le trouverez ici ou là.
- Charlotte Gainsbourg produite par Nigel Godrich... et on ne me dit rien ?
- Après avoir redécouvert Woven Hand avec Mosaic, j'ai réécouté le premier album et je ne suis plus sûr de comprendre pourquoi j'avais à l'époque rechigné à aimer Woven Hand autant que Sixteen-Horsepower. Pour pouvoir éclaircir ce mystère, une piqûre de rappel sur ces derniers s'impose.
- Le guitariste d'Art Brut ressemblant à un prof de math avait quitté le groupe il y a deux ans. Il semble en avoir depuis formé un nouveau.
- Et comme presque chaque semaine, quelques jolies reprises.
jeudi, juillet 20
Climat et productivité
La pièce où se trouve l'ordinateur étant orientée plein sud, je n'ai guère le courage en ce moment de m'y enfermer trop longtemps. Du coup, les mises à jour sont rares et l'intérêt des phrases que mon cerveau anesthésié par la chaleur parvient à produire est discutable. Pour y remédier partiellement et histoire de faire patienter les quelques lecteurs qui n'ont pas fondu devant leur écran, voici le premier jet de la première moitié de ma chronique de Fundamental. Le poster ici m'obligera à le retravailler très vite. Je n'ose imaginer le nombre de fautes de frappe, d'orthographe ou de grammaire qui se terrent dans ce fouillis verbal.
[...]
Voir la version définitive ici.
[...]
Voir la version définitive ici.
samedi, juillet 15
Les Ardentes, Liège, 9 juillet 2006
Dès l'entrée sur le site, il est clair que le public est nettement plus nombreux aujourd'hui qu'hier et les tee-shirts Indochine sont légion. Pour une bonne part des spectateurs, le festival ne démarrera réellement qu'à 22h30, mais commençons par le commencement, ce qui pour moi signifie le set de VENUS à 16h00. Je connais très peu de choses de ce groupe qui m'a toujours semblé non dénué de talent mais dont les chansons ont rarement provoqué en moi autre chose qu'un désintérêt poli. Ce concert ne va rien y changer. Bravo pour l'utilisation d'un violon et d'une contrebasse, un bon point pour la présence scénique du chanteur (qui devrait pourtant un peu moins baser ses interventions parlées sur la rivalité Standard-Anderlecht, ça a fini par se voir), et j'étais plutôt content qu'ils aient joué leur tube mais, malgré tout cela, je n'y pensais déjà plus un quart d'heure plus tard, sans doute parce que j'étais alors en train d'écouter ETE 67, le petit groupe liégeois qui monte. J'ai tendance en général à être plus sévère dans mes jugements pour les groupes belges que pour les groupes étrangers (anglais par exemple), ce qui fait que rares sont les groupes belges que j'aime vraiment (même si le dernier album de Half Asleep est vraiment une merveille). Eté 67 est un peu l'exception à cette consternante forme de chauvinisme inversé. Des chansons comme Le quartier de la gare ou Dis-moi encore par exemple font preuve d'un sens de la mélodie largement au-dessus de la moyenne et rappellent un peu Louise Attaque (la voix du chanteur y est sans doute pour beaucoup). Certes, les paroles ont parfois un petit côté boy-scout ("la pauvreté c'est triste, la guerre c'est mal et les amis c'est super") et le groupe fait preuve sur scène d'une désarmante candeur qui peut sans doute rebuter les plus cyniques (ils dédient notamment une chanson à leur camionnette de tournée, apparemment sincèrement) mais bon, pour avoir réussi le mariage du pop-rock mélodique à la française et de la chanson réaliste, je leur pardonne beaucoup (il y a deux titres à écouter ici).
Tant qu'à parler de pop-rock mélodique à la française, on enchaîne avec le concert de DOMINIQUE A, venu présenter son dernier album L'horizon (qui est peut-être bien celui que je préfère de toute sa carrière). Je m'attendais à voir pour l'occasion monter sur scène le régional de l'étape Sacha Toorop (aka Zop Hopop), présent sur le site et batteur de longue date pour Dominique A (notamment sur le dernier album). Il n'en fut rien mais cela n'a pas empêché Dominique A de donner un concert très compact qui a fait une large place aux chansons du nouvel album sans oublier quelques morceaux plus anciens pour combler les fans de la deuxième heure (La peau, La mémoire neuve). On est décidément très loin du minimalisme amateur des deux premiers albums (complètement, sauf erreur de ma part, absents de la setlist) et on a assisté à un vrai concert de musiciens. Le batteur et le guitariste font appet à toute leur science du jeu pour construire de jolies cages soniques dont s'échappe la voix envoûtante de Dominique A, qui se fait presque lyrique par instants. J'ai vraiment l'impression que, après deux albums décevants et quatre-cinq ans de recherche, Dominique A a enfin retrouvé un style qui convient à son âge et avec lequel il se sent en phase. J'ai eu l'impression de voir un chanteur heureux, ce qu'il n'était clairement pas à l'époque de Remué, quand je l'avais vu pour la dernière fois.
Histoire de ne pas encore devoir jouer les mauvais Belges, je fais poliment l'impasse sur MALIBU STACY et attend le concert de COCOROSIE en discutant. Je n'ai jamais bien compris l'enthousiasme critique qui a entouré la sortie des deux albums des soeurs Cassidy. Suffit-il vraiment de prendre une voix de petite fille et de tapoter sans y croire sur des jouets d'enfants pour enthousiasmer les foules ? A force de gloser sans fin sur la "magie" qui se dégage de la musique de Cocorosie, tout le monde semble feindre d'ignorer qu'elles n'ont jamais écrit une chanson digne de ce nom et le concert n'allait pas vraiment me faire changer d'avis. Après une demi-heure où les deux soeurs rivalisent de minauderie devant leur batteuse butch et leur b-boy caillera, j'étais même à la limite de l'irritation, désarçonné par l'enthousiasme délirant d'un public que j'imgaginais défoncé à la grenadine et au marshmallow. Ce n'est qu'à la toute fin du concert, lorsque les musiciens ont fait monter sur scène des petits n'enfants (très nombreux dans les premiers rangs) pour leur faire danser la ronde sur un petit air de comptine que la vraie nature de Cocorosie, faite de ludisme régressif et d'innocence frelatée, m'est apparue. Finalement, il n'y a aucune raison que je m'énerve. J'ai juste passé l'âge d'écouter de la musique pour enfants.
Plutôt que d'aller voir NADA SURF sur la grande scène, je me suis confortablement assis contre la barrière au premier rang pour regarder sur l'écran géant le début de la finale de la Coupe du Monde de Football. Avec un pénalty qui n'en est pas un et un but de la tête qui en est vraiment un, les Italiens méritaient mieux et le public présent, largement acquis à leur cause, semblaient de mon avis. Quelques minutes après la fin de la première mi-temps, les NITS entrent en scène devant un public franchement clairsemé (la concurrence du foot sur l'autre scène est rude). Je ne sais pas trop qu'ajouter à ce que j'ai déjà écrit à propos du précédent concert bruxellois des Nits. Le set donné ici y ressemblait beaucoup jusqu'à sa division en une partie "intime" et une partie "grand spectacle" (même si le grand spectacle signifie ici juste une batterie et un clavier légèrement plus grands). Les chansons imparables s'enchaînent. Henk Hofstede chante comme toujours avec un sourire jusqu'aux oreilles. Rob Kloet fait honneur à son statut de meilleur percussioniste pop et Robert Jan Stips joue ses traits sans se douter que Le Soir du lendemain l'appellerait Laetitia (gageons que le journaliste avait préféré aller suivre Zidane à l'autre bout du site que de vérifier de visu si ses fiches étaient à jour). Comme toujours, un petit moment de bonheur.
Ensuite, retour vers la grande scène où un public compact s'entasse, partagé équitablement entre les "Forza Italia", "Allez Zidane", "Tout sauf la France" et les "Rien à foutre du foot, on veut INDOCHINE !!!". Finalement, après que justice sportive fut faite, le groupe entre enfin en scène pour un concert de presque deux heures qui m'a laissé assez perplexe. J'avoue volontiers ne connaître de la bande à Sirkis que quelques tubes des années 80 (L'aventurier, Trois nuits par semaine ou Troisième sexe, scandaleusement exclu de la setlist), et J'ai demandé à la lune. Pendant 1h50, j'ai donc entendu pour la première fois (ou presque) une kyrielle de chansons et me suis rendu compte avec une certaine surprise qu'elles sonnaient toutes exactement de la même façon. Des arrangements rock très basiques et une fâcheuse propension à la dilution n'arrangeaient rien, ce qui fait qu'au bout d'1h, je commençais à poliment m'ennuyer. Je me suis alors mis pour passer le temps à tenter de prévoir après chaque phrase à quoi ressemblerait la suivante. Sur les derniers morceaux, j'étais devenu assez bon. Cela dit, à quoi bon s'acharner sur un groupe qui a réussi à survivre à 25 ans de critiques assassines ?
Tout bien considéré, le festival fut pour moi une vraie réussite. Il ne reste plus qu'à espérer que, malgré ses apparents déboires financiers, il connaîtra une seconde édition.
Tant qu'à parler de pop-rock mélodique à la française, on enchaîne avec le concert de DOMINIQUE A, venu présenter son dernier album L'horizon (qui est peut-être bien celui que je préfère de toute sa carrière). Je m'attendais à voir pour l'occasion monter sur scène le régional de l'étape Sacha Toorop (aka Zop Hopop), présent sur le site et batteur de longue date pour Dominique A (notamment sur le dernier album). Il n'en fut rien mais cela n'a pas empêché Dominique A de donner un concert très compact qui a fait une large place aux chansons du nouvel album sans oublier quelques morceaux plus anciens pour combler les fans de la deuxième heure (La peau, La mémoire neuve). On est décidément très loin du minimalisme amateur des deux premiers albums (complètement, sauf erreur de ma part, absents de la setlist) et on a assisté à un vrai concert de musiciens. Le batteur et le guitariste font appet à toute leur science du jeu pour construire de jolies cages soniques dont s'échappe la voix envoûtante de Dominique A, qui se fait presque lyrique par instants. J'ai vraiment l'impression que, après deux albums décevants et quatre-cinq ans de recherche, Dominique A a enfin retrouvé un style qui convient à son âge et avec lequel il se sent en phase. J'ai eu l'impression de voir un chanteur heureux, ce qu'il n'était clairement pas à l'époque de Remué, quand je l'avais vu pour la dernière fois.
Histoire de ne pas encore devoir jouer les mauvais Belges, je fais poliment l'impasse sur MALIBU STACY et attend le concert de COCOROSIE en discutant. Je n'ai jamais bien compris l'enthousiasme critique qui a entouré la sortie des deux albums des soeurs Cassidy. Suffit-il vraiment de prendre une voix de petite fille et de tapoter sans y croire sur des jouets d'enfants pour enthousiasmer les foules ? A force de gloser sans fin sur la "magie" qui se dégage de la musique de Cocorosie, tout le monde semble feindre d'ignorer qu'elles n'ont jamais écrit une chanson digne de ce nom et le concert n'allait pas vraiment me faire changer d'avis. Après une demi-heure où les deux soeurs rivalisent de minauderie devant leur batteuse butch et leur b-boy caillera, j'étais même à la limite de l'irritation, désarçonné par l'enthousiasme délirant d'un public que j'imgaginais défoncé à la grenadine et au marshmallow. Ce n'est qu'à la toute fin du concert, lorsque les musiciens ont fait monter sur scène des petits n'enfants (très nombreux dans les premiers rangs) pour leur faire danser la ronde sur un petit air de comptine que la vraie nature de Cocorosie, faite de ludisme régressif et d'innocence frelatée, m'est apparue. Finalement, il n'y a aucune raison que je m'énerve. J'ai juste passé l'âge d'écouter de la musique pour enfants.
Plutôt que d'aller voir NADA SURF sur la grande scène, je me suis confortablement assis contre la barrière au premier rang pour regarder sur l'écran géant le début de la finale de la Coupe du Monde de Football. Avec un pénalty qui n'en est pas un et un but de la tête qui en est vraiment un, les Italiens méritaient mieux et le public présent, largement acquis à leur cause, semblaient de mon avis. Quelques minutes après la fin de la première mi-temps, les NITS entrent en scène devant un public franchement clairsemé (la concurrence du foot sur l'autre scène est rude). Je ne sais pas trop qu'ajouter à ce que j'ai déjà écrit à propos du précédent concert bruxellois des Nits. Le set donné ici y ressemblait beaucoup jusqu'à sa division en une partie "intime" et une partie "grand spectacle" (même si le grand spectacle signifie ici juste une batterie et un clavier légèrement plus grands). Les chansons imparables s'enchaînent. Henk Hofstede chante comme toujours avec un sourire jusqu'aux oreilles. Rob Kloet fait honneur à son statut de meilleur percussioniste pop et Robert Jan Stips joue ses traits sans se douter que Le Soir du lendemain l'appellerait Laetitia (gageons que le journaliste avait préféré aller suivre Zidane à l'autre bout du site que de vérifier de visu si ses fiches étaient à jour). Comme toujours, un petit moment de bonheur.
Ensuite, retour vers la grande scène où un public compact s'entasse, partagé équitablement entre les "Forza Italia", "Allez Zidane", "Tout sauf la France" et les "Rien à foutre du foot, on veut INDOCHINE !!!". Finalement, après que justice sportive fut faite, le groupe entre enfin en scène pour un concert de presque deux heures qui m'a laissé assez perplexe. J'avoue volontiers ne connaître de la bande à Sirkis que quelques tubes des années 80 (L'aventurier, Trois nuits par semaine ou Troisième sexe, scandaleusement exclu de la setlist), et J'ai demandé à la lune. Pendant 1h50, j'ai donc entendu pour la première fois (ou presque) une kyrielle de chansons et me suis rendu compte avec une certaine surprise qu'elles sonnaient toutes exactement de la même façon. Des arrangements rock très basiques et une fâcheuse propension à la dilution n'arrangeaient rien, ce qui fait qu'au bout d'1h, je commençais à poliment m'ennuyer. Je me suis alors mis pour passer le temps à tenter de prévoir après chaque phrase à quoi ressemblerait la suivante. Sur les derniers morceaux, j'étais devenu assez bon. Cela dit, à quoi bon s'acharner sur un groupe qui a réussi à survivre à 25 ans de critiques assassines ?
Tout bien considéré, le festival fut pour moi une vraie réussite. Il ne reste plus qu'à espérer que, malgré ses apparents déboires financiers, il connaîtra une seconde édition.
vendredi, juillet 14
Les Ardentes, Liège, 8 juillet 2006
Pour qui n'a jamais vraiment eu l'esprit boy-scout, la partie la plus pénible de l'expérience festivalière est sans doute le camping (ou , si le site n'est pas situé au bout du monde, les trajets aller et retour quotidiens). Dans ce cadre, l'organisation d'un festival dans un site boisé en périphérie de Liège est une idée splendide. Dix minutes de bus me mènent du bout de ma rue à l'entrée du site. Franchement, avoir le troisième meilleur groupe du monde à un quart d'heure de chez soi, c'est un plaisir rare et j'entendais bien le savourer (je l'ai d'ailleurs tellement savouré que je n'ai pas pris l'ombre d'une note durant tout le week-end et que ce compte-rendu sera donc assez sommaire).
Si on en croit une rumeur persistante, le festival sera loin d'atteindre l'équilibre financier. Une des raisons de ce semi-échec est sans doute à trouver du côté du déséquilibre des affiches. Le vendredi ne s'adressait qu'aux clubbeurs et aux électroniciens (Modeselektor, Black Strobe, Sven Väth,...). Le samedi proposait quelques beaux noms pop-rock mais sans tête d'affiche fédératrice (Woven Hand, Echo and the Bunnymen, Zita Swoon, le Peuple de l'Herbe, the Young Gods,...). Le dimanche en revanche proposait une programmation en moyenne plus intéressante et surtout Indochine, un groupe qui peut attirer des dizaines de milliers de personnes sans problèmes. Le ticket un jour coûtant 28€ (soit presque deux fois moins qu'un ticket de concert standard pour Indochine), il n'a jamais fait de doutes que la journée de dimanche serait complète mais beaucoup semblent avoir hésité à débourser plus et à acheter un forfait trois jours (50€). Je n'avais d'ailleurs moi-même pris de ticket que pour la journée de dimanche, après avoir décidé qu'un concert de Woven Hand de 40 minutes ne valait pas forcément 22€. Ce n'est que par le plus grand des hasards que l'on m'a proposé vendredi soir d'échanger mon ticket du dimanche pour un pass trois jours.
En conséquence, je n'ai rien vu de la journée électro (Superlux, TTC, Modeselktor, Sven Väth, Black Strobe, The Glimmers, Detroit Grand Pubahs, Juan Atkins, Zombie Nation, Oxia). Ayant pris des engagements préalables, je n'ai par ailleurs pu voir qu'un petite partie des concerts du samedi et suis arrivé à 15h40 pour voir THE YOUNG GODS, que je pensais être à la Suisse ce que Front 242 est à la Belgique et qui s'est révélé finalement plus proche d'un Suicide francophile, avec moins de testostérone et plus de fragilité. Ils sont trois sur scène (batterie, claviers, voix) mais la plupart des regards sont concentrés sur la gestuelle du chanteur, dont les mains et les bras évoquent des serpents hypnotiseurs (ou, mais ça revient au même, Julian Cope). Sinon, ils jouent leur tube Skinflowers (en écoute ici) et c'est tout ce que je demande d'un groupe que je découvre en festival. L'alternance des deux scènes étant scupuleusement respectée, on enchaîne directement avec NERVOUS CABARET, groupe new-yorkais qui exploite à merveille l'effet hypnotique que procure toujours la présence sur scène de deux batteurs jouant à l'identique (voir aussi Manitoba ou...Sigue Sigue Sputnik). D'autant qu'ici la session rythmique est accompagnée de deux joueurs de cuivres quasi-free-jazz et d'un nain de jardin barbu qui semble ne quitter son banc solaire que pour monter sur scène et dont la voix haut perchée et techniquement très au point fascine. Le groupe connait un début de hype depuis quelques semaines et on le compare souvent aux Dresden Dolls (sans doute à cause du mot "cabaret"). Après les avoir vus, je ne suis pas sûr que ce soit une comparaison très judicieuse mais le groupe dégage clairement quelque chose d'unique dont je serais curieux d'entendre la transposition sur disque (morceaux en écoute ici).
La grande scène enchaîne avec le plus grand groupe liégeois du moment, les glam-rockeurs poseurs d'HOLLYWOOD PORN STARS, dont les frasques sur scène m'ont assez vite irrité, sans doute parce qu'elles semblent toujours démesurées par rapport aux qualités de leurs chansons (échantillons ici). Cela dit, le public (assez peu nombreux en ce samedi après-midi) en redemandait visiblement, ce qui est finalement bien le principal.
Retour à la scène FIL ensuite pour THE TOASTERS, qui m'ont douloureusement rappelé ma totale inculture dans le domaine des musiques noires. Le groupe mélange reggae, ska et funk dans un mix somme toute assez plaisant mais que je ne parviens à appréhender que de loin, comme la marque d'un monde inconnu dont je ne sais rien. Il faudra un jour que je me demande pourquoi la zone "groovy" de mon cerveau est à ce point atrophiée (extraits ici). Vient ensuite le tour de WOVEN HAND (aka David Eugene Edwards, ex-16 Horsepower), dont le récent album Mosaic est un de mes disques préférés de ces derniers mois. J'avais déjà vu 16HP à l'Ancienne Belgique et en étais ressorti un peu déçu. Pas de déception aujourd'hui, bien que le concert ne devait sans doute pas être très différent. En effet, quel que soit le nom sous lequel sortent les disques, la musique reste en gros la même : lignes de guitare acérées malgré un fond de reverb et hululements plaintifs portés par une voix envoûtante. David Eugene Edwards, assis sur un tabouret au centre de la scène, chapeau de cow-boy sur la tête, joue de la guitare et chante, en général les yeux fermés. Par instants pourtant, ses paupières s'ouvrent, mais elles ne révèlent alors que des yeux révulsés, peut-être en quête d'une lumière intérieure. A voir ce fils de pasteur, bardé de tatouages et habité par on ne sait quels démons inavouables, on s'étonnerait presque de ne pas pouvoir lire Good et Evil tatoués sur ses doigts. Me voilà en tout cas réconcilié avec le bonhomme.
C'est sans trop de regrets que je quitte ensuite le site du festival, faisant l'impasse sur Zita Swoon, le Peuple de l'herbe, Magnus et Echo & the Bunnymen. La journée de demain devrait normalement largement compenser ces quelques rendez-vous manqués.
Si on en croit une rumeur persistante, le festival sera loin d'atteindre l'équilibre financier. Une des raisons de ce semi-échec est sans doute à trouver du côté du déséquilibre des affiches. Le vendredi ne s'adressait qu'aux clubbeurs et aux électroniciens (Modeselektor, Black Strobe, Sven Väth,...). Le samedi proposait quelques beaux noms pop-rock mais sans tête d'affiche fédératrice (Woven Hand, Echo and the Bunnymen, Zita Swoon, le Peuple de l'Herbe, the Young Gods,...). Le dimanche en revanche proposait une programmation en moyenne plus intéressante et surtout Indochine, un groupe qui peut attirer des dizaines de milliers de personnes sans problèmes. Le ticket un jour coûtant 28€ (soit presque deux fois moins qu'un ticket de concert standard pour Indochine), il n'a jamais fait de doutes que la journée de dimanche serait complète mais beaucoup semblent avoir hésité à débourser plus et à acheter un forfait trois jours (50€). Je n'avais d'ailleurs moi-même pris de ticket que pour la journée de dimanche, après avoir décidé qu'un concert de Woven Hand de 40 minutes ne valait pas forcément 22€. Ce n'est que par le plus grand des hasards que l'on m'a proposé vendredi soir d'échanger mon ticket du dimanche pour un pass trois jours.
En conséquence, je n'ai rien vu de la journée électro (Superlux, TTC, Modeselktor, Sven Väth, Black Strobe, The Glimmers, Detroit Grand Pubahs, Juan Atkins, Zombie Nation, Oxia). Ayant pris des engagements préalables, je n'ai par ailleurs pu voir qu'un petite partie des concerts du samedi et suis arrivé à 15h40 pour voir THE YOUNG GODS, que je pensais être à la Suisse ce que Front 242 est à la Belgique et qui s'est révélé finalement plus proche d'un Suicide francophile, avec moins de testostérone et plus de fragilité. Ils sont trois sur scène (batterie, claviers, voix) mais la plupart des regards sont concentrés sur la gestuelle du chanteur, dont les mains et les bras évoquent des serpents hypnotiseurs (ou, mais ça revient au même, Julian Cope). Sinon, ils jouent leur tube Skinflowers (en écoute ici) et c'est tout ce que je demande d'un groupe que je découvre en festival. L'alternance des deux scènes étant scupuleusement respectée, on enchaîne directement avec NERVOUS CABARET, groupe new-yorkais qui exploite à merveille l'effet hypnotique que procure toujours la présence sur scène de deux batteurs jouant à l'identique (voir aussi Manitoba ou...Sigue Sigue Sputnik). D'autant qu'ici la session rythmique est accompagnée de deux joueurs de cuivres quasi-free-jazz et d'un nain de jardin barbu qui semble ne quitter son banc solaire que pour monter sur scène et dont la voix haut perchée et techniquement très au point fascine. Le groupe connait un début de hype depuis quelques semaines et on le compare souvent aux Dresden Dolls (sans doute à cause du mot "cabaret"). Après les avoir vus, je ne suis pas sûr que ce soit une comparaison très judicieuse mais le groupe dégage clairement quelque chose d'unique dont je serais curieux d'entendre la transposition sur disque (morceaux en écoute ici).
La grande scène enchaîne avec le plus grand groupe liégeois du moment, les glam-rockeurs poseurs d'HOLLYWOOD PORN STARS, dont les frasques sur scène m'ont assez vite irrité, sans doute parce qu'elles semblent toujours démesurées par rapport aux qualités de leurs chansons (échantillons ici). Cela dit, le public (assez peu nombreux en ce samedi après-midi) en redemandait visiblement, ce qui est finalement bien le principal.
Retour à la scène FIL ensuite pour THE TOASTERS, qui m'ont douloureusement rappelé ma totale inculture dans le domaine des musiques noires. Le groupe mélange reggae, ska et funk dans un mix somme toute assez plaisant mais que je ne parviens à appréhender que de loin, comme la marque d'un monde inconnu dont je ne sais rien. Il faudra un jour que je me demande pourquoi la zone "groovy" de mon cerveau est à ce point atrophiée (extraits ici). Vient ensuite le tour de WOVEN HAND (aka David Eugene Edwards, ex-16 Horsepower), dont le récent album Mosaic est un de mes disques préférés de ces derniers mois. J'avais déjà vu 16HP à l'Ancienne Belgique et en étais ressorti un peu déçu. Pas de déception aujourd'hui, bien que le concert ne devait sans doute pas être très différent. En effet, quel que soit le nom sous lequel sortent les disques, la musique reste en gros la même : lignes de guitare acérées malgré un fond de reverb et hululements plaintifs portés par une voix envoûtante. David Eugene Edwards, assis sur un tabouret au centre de la scène, chapeau de cow-boy sur la tête, joue de la guitare et chante, en général les yeux fermés. Par instants pourtant, ses paupières s'ouvrent, mais elles ne révèlent alors que des yeux révulsés, peut-être en quête d'une lumière intérieure. A voir ce fils de pasteur, bardé de tatouages et habité par on ne sait quels démons inavouables, on s'étonnerait presque de ne pas pouvoir lire Good et Evil tatoués sur ses doigts. Me voilà en tout cas réconcilié avec le bonhomme.
C'est sans trop de regrets que je quitte ensuite le site du festival, faisant l'impasse sur Zita Swoon, le Peuple de l'herbe, Magnus et Echo & the Bunnymen. La journée de demain devrait normalement largement compenser ces quelques rendez-vous manqués.
vendredi, juillet 7
Do do do do dododododo doooo !
Mon billet de la semaine sur la Blogothèque fait la part belle au recyclage, à la psychanalyse de bazar, à la noise japonaise en général et à Afrirampo en particulier.
jeudi, juillet 6
Justiiiin
Pour ceux qui veulent se faire une idée, le nouveau single de Justin Timberlake est téléchargeable (en qualité médiocre) ici. Une version de meilleure qualité est disponible sur sa page Myspace et, depuis quelques heures, sur tous les mp3-blogs de la planète.
EDIT : Ceux que la nouvelle direction electro-freak Timbalandesque de Justin Timberlake effraie trouveront du réconfort dans le fait qu'un certain Jesse McCartney, sentant que la place était libre, s'est mis à faire du Timberlake première période.
EDIT : Ceux que la nouvelle direction electro-freak Timbalandesque de Justin Timberlake effraie trouveront du réconfort dans le fait qu'un certain Jesse McCartney, sentant que la place était libre, s'est mis à faire du Timberlake première période.
mercredi, juillet 5
Liens du jour
- Obscure sounds propose une rétrospective de la carrière des Sparks. Si vous n'avez jamais vraiment eu l'occasion de découvrir les chansons du plus excentrique des duos américains, profitez de ces 8 mp3 pour y remédier.
- Les mêmes ont également proposé deux extraits du nouvel album d'Outkast. Comme pour Hey ya!, je vais commencer par trouver ça pas mal avant de succomber comme tout le monde après 2545 écoutes du single à la radio.
- La Blogothèque fait le recensement des artistes confirmés ayant donné la primeur de leurs nouveaux morceaux à Myspace (The Rapture, Jarvis Cocker,...).
- Blog Pop propose trois morceaux de Film School que, selon votre degré de cynisme, vous considérerez comme les dignes héritiers de la vague shoegazing ou comme des Engineers au rabais.
- Quand les Inrocks, le NME et Popjustice sont d'accord pour encenser un même nom, on peut légitimement employer le terme 'hype'. On risque donc d'entendre parler de Lily Allen pendant un certain temps. Personnellement, au vu des chansons que j'ai entendues, elle me semble être essentiellement une sorte de Nelly Furtado, mais avant que cette dernière ne se mette à faire des chansons intéressantes (avant Maneater donc). Cela dit, je ne demande qu'à changer d'avis. Ecoutez-la reprendre Oh My God des Kaiser Chiefs ici. La vidéo de son single Smile est par ailleurs visible sur le site (en sursis) de Top of the Pops. La mélodie présente une parenté plus qu'évidente avec l'hymne mycophage bien connu de Billy-ze-Kick.
- Sur le même site, on peut voir la vidéo très conceptuelle de We Are Your Friends de Justice vs Simian, celle de Pull-Shapes des Pipettes ou encore celle du folkeux atmosphérique dont tout le monde parle, Jim Noir.
(et si je me mettais enfin à écrire cette chronique de Fundamental ?)
- Les mêmes ont également proposé deux extraits du nouvel album d'Outkast. Comme pour Hey ya!, je vais commencer par trouver ça pas mal avant de succomber comme tout le monde après 2545 écoutes du single à la radio.
- La Blogothèque fait le recensement des artistes confirmés ayant donné la primeur de leurs nouveaux morceaux à Myspace (The Rapture, Jarvis Cocker,...).
- Blog Pop propose trois morceaux de Film School que, selon votre degré de cynisme, vous considérerez comme les dignes héritiers de la vague shoegazing ou comme des Engineers au rabais.
- Quand les Inrocks, le NME et Popjustice sont d'accord pour encenser un même nom, on peut légitimement employer le terme 'hype'. On risque donc d'entendre parler de Lily Allen pendant un certain temps. Personnellement, au vu des chansons que j'ai entendues, elle me semble être essentiellement une sorte de Nelly Furtado, mais avant que cette dernière ne se mette à faire des chansons intéressantes (avant Maneater donc). Cela dit, je ne demande qu'à changer d'avis. Ecoutez-la reprendre Oh My God des Kaiser Chiefs ici. La vidéo de son single Smile est par ailleurs visible sur le site (en sursis) de Top of the Pops. La mélodie présente une parenté plus qu'évidente avec l'hymne mycophage bien connu de Billy-ze-Kick.
- Sur le même site, on peut voir la vidéo très conceptuelle de We Are Your Friends de Justice vs Simian, celle de Pull-Shapes des Pipettes ou encore celle du folkeux atmosphérique dont tout le monde parle, Jim Noir.
(et si je me mettais enfin à écrire cette chronique de Fundamental ?)
dimanche, juillet 2
Pourquoi la BBC fait la meilleure télévision du monde...
Certains d'entre vous le savent peut-être mais je soutenais l'Angleterre lors de cette Coupe de Monde. Comme on pouvait le prévoir, ils se sont faits éliminer en quart de finale (comme d'habitude) par une séance de tirs aux penalties (comme d'habitude... l'équipe d'Angleterre n'a jamais gagné une seule séance de tirs aux penalties). A la fin du match, j'étais un peu triste, mais pas trop... après tout, le football n'est qu'un jeu pour grands gamins et il n'y a pas de raison de lui donner une importance démesurée. Je pensais donc m'en tirer avec ma dignité intacte.
C'était sans compter sur les ressources de la BBC qui, en terminant la retransmission en direct du match par ce montage d'images avec en fond sonore Numb des Pet Shop Boys, a réussi à me faire pleurer comme un bébé. Apparemment, ITV (la chaîne rivale) a utilisé Hurt de Johnny Cash. Ca m'aurait sans doute fait le même effet.
EDIT : The Guardian se fait presque lyrique en parlant de ce montage.
C'était sans compter sur les ressources de la BBC qui, en terminant la retransmission en direct du match par ce montage d'images avec en fond sonore Numb des Pet Shop Boys, a réussi à me faire pleurer comme un bébé. Apparemment, ITV (la chaîne rivale) a utilisé Hurt de Johnny Cash. Ca m'aurait sans doute fait le même effet.
EDIT : The Guardian se fait presque lyrique en parlant de ce montage.
jeudi, juin 29
Rassurez-vous...
... je n'ai pas fait une crise cardiaque en apprenant la séparation des Backstreet Boys ou les tendances cannibales d'Axl Rose. J'étais juste un peu malade. Pour fêter mon retour chez les bien-portants, je viens de publier deux billets sur la Blogothèque. L'un est consacré à une interview de Apparat Organ Quartet. L'autre est un honteux réemploi de deux vieux billets consacrés à Brian Eno. Je me rappelle avoir été frustré à l'époque de leur première publication ici-même de ne pas être capable de leur adjoindre du son. C'est à présent chose faite.... et j'en ai profité pour les retravailler un peu.
Sinon, si on place Fundamental à part, je crois que mon disque préféré pour ce premier semestre 2006 est l'album de Howling Bells, je vous en reparle bientôt.
Sinon, si on place Fundamental à part, je crois que mon disque préféré pour ce premier semestre 2006 est l'album de Howling Bells, je vous en reparle bientôt.
vendredi, juin 23
PSB maxi-chronique
Je vais tenter la semaine prochaine de rédiger une chronique de Fundamental, le nouvel album des Pet Shop Boys. En attendant, vous pouvez si vous le voulez aller lire celle de l'album précédent, Release. Elle date d'avril 2002, bien avant la création de ce blog. Je ne l'écrirais sans doute plus de la même manière aujourd'hui et j'ai eu en la relisant aujourd'hui très envie de la retravailler. J'ai pourtant décidé de la mettre en ligne telle quelle (par souci d'authenticité ou, plus vraisemblablement, par paresse).
(merci à Christophe d'en avoir retrouvé la trace)
(merci à Christophe d'en avoir retrouvé la trace)
jeudi, juin 22
Je reçois du courrier
- Suite à mon billet sur la Blogothèque, un gentil lecteur m'a envoyé un lien vers deux morceaux que Scott Walker a écrits pour Ute Lemper. Les deux morceaux sont sublimes. Malheureusement, l'un des deux n'est disponible que sur un import japonais introuvable de l'album Punishing Kiss. Pour un collectionneur comme moi, c'est une très mauvaise nouvelle. Si vous êtes moins atteints et que la pensée que vous ne pourrez jamais posséder un morceau sublime sur CD ne vous rend pas fou de douleur, n'hésitez pas à aller les écouter. J'ai laissé les liens dans les commentaires de l'article.
- J'ai également reçu du renfort dans ma recherche des sources plus ou moins déclarées du Gabriel de Najoua Belyzel. Un post récapitulatif des résultats obtenus est disponible ici. Je dois bien avouer être un peu perplexe en écoutant le résultat final (cfr le fichier mp3). La ressemblance avec Nuit de Folie, évidente selon eux, me semble par exemple un peu tirée par les cheveux. Chacun semble jouer au petit jeu des ressemblances avec ses propre règles, ce qui rend parfois les résultats surprenants.
- Je me trouve à redire périodiquement du bien de Monika Bullette et je ne vois pas pour quelle raison je m'arrêterai. Monika a récemment formé avec Rob Montejo (ancien membre d'un goupe dont je n'ai jamais entendu parler, Smashing Orange) un duo, The Sky Drops. Deux titres (ou, comme ils le disent pour faire chic, "a double A-side internet-only single") sont à télécharger sur leur site. On pourrait les décrire comme un mélange de shoegazing My Bloody Valentinesque et d'harmonies vocales Lowiennes. Après deux écoutes, cela me semble à nouveau très prometteur. Pour vous aider à resituer le contexte, je vous conseille d'aller écouter l'album solo de Bullette. Il est proposé en téléchargement gratuit sur son site. We Are Not From Sugar est, comme j'aime à le répéter, une sorte de chef-d'oeuvre, quelque part entre This Mortal Coil, Broadcast et Opus III.
- J'ai également reçu du renfort dans ma recherche des sources plus ou moins déclarées du Gabriel de Najoua Belyzel. Un post récapitulatif des résultats obtenus est disponible ici. Je dois bien avouer être un peu perplexe en écoutant le résultat final (cfr le fichier mp3). La ressemblance avec Nuit de Folie, évidente selon eux, me semble par exemple un peu tirée par les cheveux. Chacun semble jouer au petit jeu des ressemblances avec ses propre règles, ce qui rend parfois les résultats surprenants.
- Je me trouve à redire périodiquement du bien de Monika Bullette et je ne vois pas pour quelle raison je m'arrêterai. Monika a récemment formé avec Rob Montejo (ancien membre d'un goupe dont je n'ai jamais entendu parler, Smashing Orange) un duo, The Sky Drops. Deux titres (ou, comme ils le disent pour faire chic, "a double A-side internet-only single") sont à télécharger sur leur site. On pourrait les décrire comme un mélange de shoegazing My Bloody Valentinesque et d'harmonies vocales Lowiennes. Après deux écoutes, cela me semble à nouveau très prometteur. Pour vous aider à resituer le contexte, je vous conseille d'aller écouter l'album solo de Bullette. Il est proposé en téléchargement gratuit sur son site. We Are Not From Sugar est, comme j'aime à le répéter, une sorte de chef-d'oeuvre, quelque part entre This Mortal Coil, Broadcast et Opus III.
mardi, juin 20
Comme un coup de poignard dans le coeur.
Comment je vais faire moi maintenant pour me tenir au courant de la culture pop britannique, hein ? On pouvait penser ce qu'on voulait de la formule du show mais c'était tout de même la seule émission où, en tant que continentaux, nous pouvions avoir un aperçu de ce qui faisait vibrer les fans de pop anglais.
So Long, Farewell. Auf Wiedersehen, Goodbye. Adieu Hard-Fi, S Club 8, McFly, Rachel Stevens, Jamelia, The Feeling (ce sont les premiers noms qui me sont venus en tête). Vos successeurs ne traverseront plus la Manche. Vais-je devoir me mettre à la variété française pour compenser ? J'en frémis.
Ca n'a rien à voir mais
- Blogpop propose un beau billet sur le très beau Drinking Songs de Matt Elliott. Le ton choisi décrit bien l'atmosphère qui se dégage d'une chanson comme The Kursk.
- Obscure Sounds propose sa playlist du jour. Une occasion de plus de se demander comment un groupe aussi moyen que Mansun a pu un jour composer un pépite pop comme Wide Open Space.
So Long, Farewell. Auf Wiedersehen, Goodbye. Adieu Hard-Fi, S Club 8, McFly, Rachel Stevens, Jamelia, The Feeling (ce sont les premiers noms qui me sont venus en tête). Vos successeurs ne traverseront plus la Manche. Vais-je devoir me mettre à la variété française pour compenser ? J'en frémis.
Ca n'a rien à voir mais
- Blogpop propose un beau billet sur le très beau Drinking Songs de Matt Elliott. Le ton choisi décrit bien l'atmosphère qui se dégage d'une chanson comme The Kursk.
- Obscure Sounds propose sa playlist du jour. Une occasion de plus de se demander comment un groupe aussi moyen que Mansun a pu un jour composer un pépite pop comme Wide Open Space.
vendredi, juin 16
jeudi, juin 15
Juin est le mois des bulletins
Ron l'infirmier a donc distribué ses bons points aux auteurs de ses blogs musicaux préférés, qui sont dans l'ensemble très très pop. Je suis très vexé de ne pas être repris mais je lui pardonne car, bien que la plupart des blogs qu'il recommande sont déjà dans ma colonne de liens, il mentionne deux ou trois adresses que je ne connaissais pas encore et qui proposent des petites choses ma foi fort gouleyantes. Du genre des extraits de l'album américain de McFly, une rétrospective This Mortal Coil-4AD, des chansons de Wild Orchid, le premier groupe de Fergie des Black-Eyed Peas (groupe qui était si je ne m'abuse 'managé' par la mère de Justin Timberlake, ce qui est une info en béton armé, vous en conviendrez) et, pour les vrais pervers, quelques extraits de l'album de Nadiya.
lundi, juin 12
Disparition
Gyorgy Ligeti, un des trois ou quatre compositeurs ""classiques"" du XXème siècle qui m'intéressaient, est mort aujourd'hui. Je tenterai de lui rendre un mini-hommage de néophyte dans mon billet de vendredi sur la Blogothèque.
Sinon, comme le monde continue malgré tout de tourner (1) :
- des reprises à ne plus savoir qu'en faire : There is a light that never goes out des Smiths et Enjoy the silence de Depeche Mode.
- Girls Aloud a rencontré un succès mérité mais je conserve un inavoué penchant pour cette chanson de The 411
- Deux extraits du nouvel album de Muse et une mini-chronique.
- The Long Blondes est le dernier groupe dont on cause en Angleterre. On peut voir entendre ici pourquoi.
(1) Si la mort de Ligeti ne devrait normalement pas entraîner la fin du monde, il est moins sûr que ceci (l'affreux James Blunt chantant une chanson des Pixies) ne nous entraîne pas tous dans l'Apocalypse.
Sinon, comme le monde continue malgré tout de tourner (1) :
- des reprises à ne plus savoir qu'en faire : There is a light that never goes out des Smiths et Enjoy the silence de Depeche Mode.
- Girls Aloud a rencontré un succès mérité mais je conserve un inavoué penchant pour cette chanson de The 411
- Deux extraits du nouvel album de Muse et une mini-chronique.
- The Long Blondes est le dernier groupe dont on cause en Angleterre. On peut voir entendre ici pourquoi.
(1) Si la mort de Ligeti ne devrait normalement pas entraîner la fin du monde, il est moins sûr que ceci (l'affreux James Blunt chantant une chanson des Pixies) ne nous entraîne pas tous dans l'Apocalypse.
Journal de cure (jour 69 et fin)
Bon, cette fois, c'est fini. Mon petit impair d'il y a trois semaines était encore pardonnable mais j'ai porté ce samedi un coup définitif à toutes mes bonnes résolutions. Dans ces conditions, il vaut mieux interrompre le traitement et le reprendre plus tard (d'autant que les soldes d'été approchent à grands pas). Pour information, j'ai craqué notamment sur un joli coffret reprenant trois disques d'Anne Clark, sur un DVD reprenant des peintures sonores de Brian Eno et sur le coffret 5 EP de Robert Wyatt qui, pour des raisons obscures, a soudainement baissé de prix la semaine dernière. L'amère blessure que cet échec porte à mon amour-propre sera sans doute largement compensée par la qualité des achats effectués. Du moins, je l'espère. De plus, l'échec n'est pas total. Sur ces 2 mois et des poussières d'achats raisonnables, ma pile de disques à écouter a sensiblement diminué de taille.
PS : A en juger par mes statistiques de visite et quelques coups de sonde sur des sites dont le compteur est public, la Coupe du Monde de Football a un effet sensible sur la fréquentation des sites Internet (environ 30% de baisse). C'est impressionnant. Pour enrayer la chute, je devrais sans doute trouver des sujets ayant un rapport avec l'événement. Tout le monde le fait.
PS : A en juger par mes statistiques de visite et quelques coups de sonde sur des sites dont le compteur est public, la Coupe du Monde de Football a un effet sensible sur la fréquentation des sites Internet (environ 30% de baisse). C'est impressionnant. Pour enrayer la chute, je devrais sans doute trouver des sujets ayant un rapport avec l'événement. Tout le monde le fait.
jeudi, juin 8
Auto-spam
J'évoque la deuxième partie de la carrière de Scott Walker ici.
Dans un genre un peu différent, je ne sais que penser de cette tentative de mariage forcé entre Eminem et Jordy.
Dans un genre un peu différent, je ne sais que penser de cette tentative de mariage forcé entre Eminem et Jordy.
mardi, juin 6
The number of the beast
En attendant que je mette la dernière main à mes billets sur Apparat Organ Quartet, Dolorian et Scott Walker et pour fêter comme il se doit la fin du monde en ce 6/6/6, quelques liens de circonstance (l'idée est loin d'être originale).
- A tout saigneur (ha ha), tout honneur.
- Si on en croit Music for Robots, Strapping Young Lad fait une musique entre le métal extrême et l'auto-parodie. La description me semble assez juste.
- Les mêmes ont posté aujourd'hui une chanson de Young and Restless intitulée Satan, qui ne tient malheureusement pas toutes ses promesses, à moins évidemment que vous aimiez du punk-rock crié par des jeunes filles nubiles, ce qui est de l'ordre du possible.
- La mythologie chrétienne nous apprend que le démon est l'origine de toutes les tentations et de toutes les perversités. En conséquence, ce jour est particulièrement propice pour écouter les nouveaux singles de Paris Hilton ou de George Michael. Si vous êtes plus gravement atteints, il y a ici trois reprises par les A-Teens. Selon votre degré de dépravation, je vous conseille de vous diriger vers celle de UB40 (les irrémédiables), Nick Kamen (les sérieux....c'est mon cas, j'adore cette chanson) ou Abba (les légères).
- Si l'espérance est une vertu cardinale, sûrement la dépression est une manifestation du démon. Allez donc déprimer avec l'Anonyme de Château Rouge qui a compilé une collection de chansons à rendre Rafael Nadal apathique et sans énergie.
- Je vous laisserai faire vous-mêmes le lien entre James Brown et le démon mais Blog Pop propose trois extraits d'un album où il se laisse aller à une sorte de jazz-lounge assez étonnant.
- Par ailleurs, le démon se manifestant dans l'adoration des idoles, on ne peut qu'applaudir pas.longtemps qui dans son billet du mp3-blog de la Blogothèque, révèle que l'inspiration est à Belle and Sebastian ce que le serpent est à Adam et Eve et explique comment il est parvenu à vaincre l'envoûtement dans lequel ce vil tentateur l'avait placé.
- A tout saigneur (ha ha), tout honneur.
- Si on en croit Music for Robots, Strapping Young Lad fait une musique entre le métal extrême et l'auto-parodie. La description me semble assez juste.
- Les mêmes ont posté aujourd'hui une chanson de Young and Restless intitulée Satan, qui ne tient malheureusement pas toutes ses promesses, à moins évidemment que vous aimiez du punk-rock crié par des jeunes filles nubiles, ce qui est de l'ordre du possible.
- La mythologie chrétienne nous apprend que le démon est l'origine de toutes les tentations et de toutes les perversités. En conséquence, ce jour est particulièrement propice pour écouter les nouveaux singles de Paris Hilton ou de George Michael. Si vous êtes plus gravement atteints, il y a ici trois reprises par les A-Teens. Selon votre degré de dépravation, je vous conseille de vous diriger vers celle de UB40 (les irrémédiables), Nick Kamen (les sérieux....c'est mon cas, j'adore cette chanson) ou Abba (les légères).
- Si l'espérance est une vertu cardinale, sûrement la dépression est une manifestation du démon. Allez donc déprimer avec l'Anonyme de Château Rouge qui a compilé une collection de chansons à rendre Rafael Nadal apathique et sans énergie.
- Je vous laisserai faire vous-mêmes le lien entre James Brown et le démon mais Blog Pop propose trois extraits d'un album où il se laisse aller à une sorte de jazz-lounge assez étonnant.
- Par ailleurs, le démon se manifestant dans l'adoration des idoles, on ne peut qu'applaudir pas.longtemps qui dans son billet du mp3-blog de la Blogothèque, révèle que l'inspiration est à Belle and Sebastian ce que le serpent est à Adam et Eve et explique comment il est parvenu à vaincre l'envoûtement dans lequel ce vil tentateur l'avait placé.
lundi, juin 5
Encore un peu...
Le deuxième album de Junior Boys sort ces jours-ci et les mp3-blogs du monde entier se sont empressés d'en proposer des extraits, notamment ici ou là. Pour ceux qui ne situent plus très bien, Junior Boys est un duo électronique qui avait sorti un très bon album intitulé Last Exit en 2004,dont j'ai déjà parlé ici.
Par ailleurs, mes suédois préférés de Le Sport sortent un nouveau single. Absolut Noise en parle ici.
Par ailleurs, mes suédois préférés de Le Sport sortent un nouveau single. Absolut Noise en parle ici.
vendredi, juin 2
Un peu d'électro
- Vous vous êtes toujours demandé ce que le monde serait devenu si Antony avait été le chanteur de Soft Cell ? Un début de réponse ici avec My Robot Friend.
- Music for Robots a par ailleurs posté un d'électro-pop champêtre russe qui est l'oeuvre de SCSI-9 et me rappelle un peu Post Industrial Boys, quoique c'est sans doute plus à cause de mon besoin de cohérence géographique qu'à cause d'une objective ressemblance entre les deux.
- Music for Robots a par ailleurs posté un d'électro-pop champêtre russe qui est l'oeuvre de SCSI-9 et me rappelle un peu Post Industrial Boys, quoique c'est sans doute plus à cause de mon besoin de cohérence géographique qu'à cause d'une objective ressemblance entre les deux.
jeudi, juin 1
En vrac (avec des bonus)
Pour fêter le retour du haut-débit.
- Le nouveau single de JC Chasez.
- Trois extraits de l'album de Thom Yorke.
- Les chansons interprétées par les trois invités principaux du concert des Pet Shop Boys sur Radio 2. Quatre titres du même concert, non diffusés, sont par ailleurs écoutables ici tandis que vous pouvez écouter là Minimal la chanson que beaucoup présentent comme le sommet de leur nouvel album.
- Absolut Noise voit dans la musique de Black Light Co. du David Bowie, du Nick Cave ou du U2. Personnellement, j'y vois plutôt du Elbow, ce qui est tout aussi bien.
- Minnie Driver est a priori une actrice assez moyenne mais elle a sorti au moins une jolie chanson, Everything I've got In My Pocket. Elle est écoutable, avec deux autres extraits de l'album, ici. Tout cela reste très sage mais, dans le genre Norah Dido Roché, ce n'est pas pire qu'autre chose.
- Qui a sorti la version originale de Self Control ? Raf ou Laura Branigan ? Le débat rebondit.
EDIT : Le verdict est tombé. C'est Raf.
- Mon billet de la semaine sur la Blogothèque est consacré à la première partie de la carrière de Scott Walker, de 1959 à 1969.
- Le nouveau single de JC Chasez.
- Trois extraits de l'album de Thom Yorke.
- Les chansons interprétées par les trois invités principaux du concert des Pet Shop Boys sur Radio 2. Quatre titres du même concert, non diffusés, sont par ailleurs écoutables ici tandis que vous pouvez écouter là Minimal la chanson que beaucoup présentent comme le sommet de leur nouvel album.
- Absolut Noise voit dans la musique de Black Light Co. du David Bowie, du Nick Cave ou du U2. Personnellement, j'y vois plutôt du Elbow, ce qui est tout aussi bien.
- Minnie Driver est a priori une actrice assez moyenne mais elle a sorti au moins une jolie chanson, Everything I've got In My Pocket. Elle est écoutable, avec deux autres extraits de l'album, ici. Tout cela reste très sage mais, dans le genre Norah Dido Roché, ce n'est pas pire qu'autre chose.
- Qui a sorti la version originale de Self Control ? Raf ou Laura Branigan ? Le débat rebondit.
EDIT : Le verdict est tombé. C'est Raf.
- Mon billet de la semaine sur la Blogothèque est consacré à la première partie de la carrière de Scott Walker, de 1959 à 1969.
mardi, mai 30
Los 80
Un enfant des années 80 a compilé une liste impressionnante de liens Youtube vers des vidéos de l'époque, parmi lesquelles Something's got a hold of my heart de Marc Almond et Gene Pitney dont j'avais dit un mot à l'occasion de la mort de ce dernier.
lundi, mai 29
Pourquoi je n'ai pas écrit de compte-rendu du concert de Calexico.
En ces temps de disette, je n'ai aucun scrupule à utiliser comme combustible pour mon blog les sujets les plus absurdes. Voici donc un billet pour expliquer pourquoi je n'ai pas écrit de compte-rendu du concert de Calexico au Cirque Royal.
Les excuses sont classées des plus recevables aux moins acceptables.
- Je suis incapable d'apprécier complètement un concert quand je ne suis pas dans les premiers rangs, là où je peux réellement observer les interactions des musiciens entre eux ou avec le public. En fait, quand je suis assis en hauteur dans les balcons et que je ne peux même pas vraiment distinguer le visage des musiciens, j'ai l'impression de n'avoir pas vraiment assisté au concert et je me dis que j'aurais tout aussi bien fait de faire autre chose.
- LE concert a eu lieu il y a plus de trois semaines et le détails sont devenus un peu vagues dans mon esprit.
- Bien que j'aime bien la plupart des albums de Calexico, ce n'est pas un groupe dont je connais l'oeuvre intimement et j'aurais bien du mal à retrouver les titres des chansons que j'ai entendues durant le concert. Nous avons par exemple eu droit à la chanson de leur nouvel album qui ressemble aux Beatles mais je serais bien en peine d'en donner le titre (pareil pour les quelques tubes de la grande époque qui ont été joués et ne sont pas Crystal Frontier).
- J'étais tellement crevé le jour du concert que je n'ai aucun souvenir d'une reprise de Venus in Furs quand bien même mon voisin m'a juré qu'il y en avait bien eu une.
Finalement, comme mon esprit pervers aime bien l'idée qu'il y ait un mini-compte-rendu dans un billet qui explique pourquoi il n'y aura pas de compte-rendu, je conclurai juste en disant que Iron & Wine tout seul, c'était gentiment soporifique, que Iron & Wine et Calexico ensemble, c'était déjà nettement meilleur (rien de tel qu'une bonne session rythmique pour donner un peu de corps à des chansons trop malingres), que Calexico tout seul, c'était comme d'habitude très bien et que Salvador Duran m'a épaté dans son rôle de Rémi Bricka hispanique : claquettes (pour les percus), harmonica, guitare et une voix qui peut passer en quelques secondes d'une envolée de ténor d'opéra à un bêlement de chèvre. Seul moment de folie dans un concert par ailleurs assez sage.
Les excuses sont classées des plus recevables aux moins acceptables.
- Je suis incapable d'apprécier complètement un concert quand je ne suis pas dans les premiers rangs, là où je peux réellement observer les interactions des musiciens entre eux ou avec le public. En fait, quand je suis assis en hauteur dans les balcons et que je ne peux même pas vraiment distinguer le visage des musiciens, j'ai l'impression de n'avoir pas vraiment assisté au concert et je me dis que j'aurais tout aussi bien fait de faire autre chose.
- LE concert a eu lieu il y a plus de trois semaines et le détails sont devenus un peu vagues dans mon esprit.
- Bien que j'aime bien la plupart des albums de Calexico, ce n'est pas un groupe dont je connais l'oeuvre intimement et j'aurais bien du mal à retrouver les titres des chansons que j'ai entendues durant le concert. Nous avons par exemple eu droit à la chanson de leur nouvel album qui ressemble aux Beatles mais je serais bien en peine d'en donner le titre (pareil pour les quelques tubes de la grande époque qui ont été joués et ne sont pas Crystal Frontier).
- J'étais tellement crevé le jour du concert que je n'ai aucun souvenir d'une reprise de Venus in Furs quand bien même mon voisin m'a juré qu'il y en avait bien eu une.
Finalement, comme mon esprit pervers aime bien l'idée qu'il y ait un mini-compte-rendu dans un billet qui explique pourquoi il n'y aura pas de compte-rendu, je conclurai juste en disant que Iron & Wine tout seul, c'était gentiment soporifique, que Iron & Wine et Calexico ensemble, c'était déjà nettement meilleur (rien de tel qu'une bonne session rythmique pour donner un peu de corps à des chansons trop malingres), que Calexico tout seul, c'était comme d'habitude très bien et que Salvador Duran m'a épaté dans son rôle de Rémi Bricka hispanique : claquettes (pour les percus), harmonica, guitare et une voix qui peut passer en quelques secondes d'une envolée de ténor d'opéra à un bêlement de chèvre. Seul moment de folie dans un concert par ailleurs assez sage.
Fondamental.
Les Pet Shop Boys ont enregistré il y a quelques semaines un concert d'une heure et demie pour la BBC : Rufus Wainwright, Ann Dudley, Trevor Horn, Robbie Williams, Frances Barber, un orchestre symphonique, une chanteuse d'opéra. Ils sont venus, ils sont tous là. Le tout est écoutable ici jusqu'à samedi. Je ne prétends pas être objectif mais j'ai eu une petite poussée de larmes pendant l'intro de It's A Sin.
mercredi, mai 24
Retour vers l'Antiquité
Devant me contenter d'une connexion escargot jusqu'au début du mois de juin, je doute de pouvoir mettre en ligne quoi que ce soit de consistant d'ici la semaine prochaine. Cette diminution du flux Internet devrait en revanche me donner le temps de peaufiner hors-ligne mon billet sur Scott Walker ou bien une éventuelle maxi-chronique du nouvel album des Pet Shop Boys (il n'y a pas de raisons que vous y échappiez). Pendant ce temps, vous pouvez en profiter pour aller voir ailleurs ce qui s'y passe, via par exemple la colonne de liens à gauche (ou bien aller vous promener et profiter du grand air, ce qui serait sans doute plus sain).
dimanche, mai 21
Lordi, help us....
J'aime bien les commentaires abasourdis que les grands médias se sentent obligés de faire sur la victoire de la Finlande au concours Eurovision de la chanson hier soir. La plupart y voient une incongruité totale, le triomphe inattendu du death-metal sur la pop basique qui constitue habituellement le fond de commerce du concours. Ils ont évidemment tout faux. C'est une chanson tout ce qui a de plus pop qui a gagné et il n'y aucune raison que les fanatiques du genre pop se sentent lésés. Pour moi, cette chanson de Lordi est au death-metal ce que Il Divo est à Placido Domingo, c'est-à-dire une appropriation des apparences d'un genre, mais qui en occulte totalement l'esprit. Pourtant, là où la machine Il Divo n'est qu'une entreprise mercantile qui se prend très au sérieux, il semblerait que Lordi soit plus ironique dans sa démarche. Ainsi, Hard-Rock Hallelujah est sans doute plus proche musicalement du grand-guignol de Kiss ou de Ozzy Osbourne (on n'est pas très loin de Shot in the dark par exemple) que de Mayhem et au final, sa victoire m'est plutôt sympathique.
Si vous voulez vous faire une idée, la chanson peut être écoutée ici et une vidéo est visible là.
Si vous voulez vous faire une idée, la chanson peut être écoutée ici et une vidéo est visible là.
jeudi, mai 18
Encore et toujours
Pendant que je m'escrime à trouver le ton juste pour parler du nouvel album de Scott Walker, voici encore quelques liens.
- Les Pet Shop Boys pour les nuls (un tour d'horizon des quatre premiers albumd avec quelques mp3 plutôt bien choisis).
- Mon billet de lasemaine quinzaine sur la Blogothèque est consacré à Richard Youngs.
- On peut voir ici Jodie "L'amour c'est chouette" Foster s'essayant au rap en reprenant Lose Yourself en plein discours officiel (pour l'obtention d'un titre de docteur honoris causa ?). C'est à la fois légèrement ridicule et étonnamment touchant, mais bon, j'aime beaucoup Jodie.
- Les Pet Shop Boys pour les nuls (un tour d'horizon des quatre premiers albumd avec quelques mp3 plutôt bien choisis).
- Mon billet de la
- On peut voir ici Jodie "L'amour c'est chouette" Foster s'essayant au rap en reprenant Lose Yourself en plein discours officiel (pour l'obtention d'un titre de docteur honoris causa ?). C'est à la fois légèrement ridicule et étonnamment touchant, mais bon, j'aime beaucoup Jodie.
mercredi, mai 17
Et deux trois quatre autres...
- J'aimerais bien parvenir un jour à produire un texte qui soit aussi bien écrit que celui consacré à Pillow sur cette page et donne autant envie d'écouter le morceau qu'il décrit.
- Ce bootleg met parfaitement en évidence le haut coefficient de Britneyttitude du nouveau single de Muse.
- Etant donné que le proverbe dit "jamais deux sans trois" et que, contrairement à ce que je pensais, je n'ai apparemment pas encore mentionné Dangerous Muse ici, je signale que The Rejection est typiquement le genre de morceau qui me met dans tous mes états (d'âme Eric). Il est écoutable sur leur page Myspace.
- Sinon, en voyant dans la liste des sorties de la semaine que Justice vs Simian avait sorti un nouveau single, We are your friends, je fus légitimement tout émoustillé. Leur précédent single, Never Be Alone, était en effet une bombinette dance-pop d'un fort beau gabarit. Hélas, cette excitation ne fut que de courte durée puisque, après recherches, je me suis rendu compte qu'il s'agissait en fait de la même chanson, bien que dans un mix un peu plus couillu. Je crois que c'est la première fois que je vois un groupe ressortir le même morceau deux ans plus tard en en changeant le titre.
- Ce bootleg met parfaitement en évidence le haut coefficient de Britneyttitude du nouveau single de Muse.
- Etant donné que le proverbe dit "jamais deux sans trois" et que, contrairement à ce que je pensais, je n'ai apparemment pas encore mentionné Dangerous Muse ici, je signale que The Rejection est typiquement le genre de morceau qui me met dans tous mes états (d'âme Eric). Il est écoutable sur leur page Myspace.
- Sinon, en voyant dans la liste des sorties de la semaine que Justice vs Simian avait sorti un nouveau single, We are your friends, je fus légitimement tout émoustillé. Leur précédent single, Never Be Alone, était en effet une bombinette dance-pop d'un fort beau gabarit. Hélas, cette excitation ne fut que de courte durée puisque, après recherches, je me suis rendu compte qu'il s'agissait en fait de la même chanson, bien que dans un mix un peu plus couillu. Je crois que c'est la première fois que je vois un groupe ressortir le même morceau deux ans plus tard en en changeant le titre.
mardi, mai 16
dimanche, mai 14
Journal de cure (jour 46)
Cela fait presque un mois que je n'en avais plus parlé mais j'étais jusqu'à hier parvenu à tenir mes résolutions. Mon rythme d'achats avait sensiblement ralenti et ma pile de disques à écouter diminuait gentiment. Pour tout dire, j'étais même parvenu à faire trois magasins bruxellois de disques d'occasion sans avoir rien envie d'acheter (un indéniable exploit, réalisé en partie grâce à des achats de substitution, ici des livres d'occasion). Malheureusement, hier, j'ai chuté, et de la manière la moins glorieuse qui se puisse imaginer. En effet, après avoir écouté Brian Eno parler dans son interview sur BBC6music de sa collaboration avec James, un groupe dont je ne sais quasiment rien, je n'ai pas pu résister à acheter la compilation qui me faisait de l'oeil dans les présentoirs de la FNAC. Espérons que ce ne sera qu'une rechute isolée et que je parviendrai à en faire abstraction jusqu'en juin.
Sinon, j'ai enfin trouvé le nouvel album de Scott Walker et je vous en reparle très vite.
Sinon, j'ai enfin trouvé le nouvel album de Scott Walker et je vous en reparle très vite.
mercredi, mai 10
Faire Mu-Muse avec la pop
J'ai déjà dit il y a deux jours que j'aimais bien le nouveau single de Muse. Vous pouvez à présent juger par vous-mêmes, si ce n'est déjà fait.
Par ailleurs, suivant en cela les bons conseils de Manur sur la Blogothèque, je vous incite vivement à aller jeter une oreille ici ou là sur Pull Shapes des Pipettes, typiquement le genre de chansons dont on aurait pu croire que la recette avait été perdue au début des années 70.
Doléance : J'aurais bien voulu, mais je peux point.
Par ailleurs, suivant en cela les bons conseils de Manur sur la Blogothèque, je vous incite vivement à aller jeter une oreille ici ou là sur Pull Shapes des Pipettes, typiquement le genre de chansons dont on aurait pu croire que la recette avait été perdue au début des années 70.
Doléance : J'aurais bien voulu, mais je peux point.
Soirée Spire, Cathédrale de Bruxelles, 7 mai 2006
Cette année, le festival "Les Nuits Botanique" s'est terminé par un grand concert de prestige à la Cathédrale Sts Michel & Gudule de Bruxelles qui rassemblait deux papes de l'électro expérimentale (Christian Fennesz et Philip Jeck), l'ensemble Musiques Nouvelles et deux organistes (Xavier Deprez et Charles Matthews). Le spectacle faisait partie de la série de concerts Spire organisée par le label Touch. Si on en croit le peu qu'en dit le site du label, cette série de concerts se veut la rencontre entre la musique électronique et la musique contemporaine pour orgues. L'adjonction ici de deux oeuvres pour orchestre à cordes semble d'ailleurs a priori être une exclusivité bruxelloise. Le programme complet du concert de Bruxelles et des autres concerts de la série est disponible ici.
Pour donner une idée de ce qu'était la soirée, il faut d'abord parler du lieu. L'idée d'organiser des concerts dans des églises n'est pas neuve et a depuis longtemps fait ses preuves. L'acoustique de ces vastes espaces clos, aux plafonds ridiculement hauts est en général très bonne. De plus, le lieu (que je n'avais jamais eu la curiosité de visiter jusqu'ici) est très beau et tout temps mort peut être passé à observer la manière dont les vitraux filtrent la lumière du jour finissant ou l'enfilement des piliers le long de la nef. Mieux, les églises continuant malgré tout à inspirer une certaine forme de recueillement, les spectateurs se sentent obligés de faire silence et osent à peine applaudir, ce qui garantit un confort d'écoute optimal.
Cette adéquation entre la musique et l'espace est particulièrement bienvenue pour les pièces pour orgues. L'orgue (d'église) est un instrument que je n'aime a priori guère car il me semble souvent inspirer les compositeurs à en faire trop et à mulitplier inutilement les voix. Même un tube comme la Toccata et Fugue en ré mineur de Bach me procure rapidement une sensation de léger écoeurement. Pourtant, les morceaux d'ouverture et de clôture du concert, Estampie 1 et 2, extraite du Robertsbridge Codex (un document du XIVème siècle) me plaisent par la manière dont ils déjouent constamment les attentes de l'auditeur du XXIème siècle, dont l'oreille est façonnée depuis toujours par son rapport à la musique tonale. A cette époque, la musique tonale ne s'était pas encore imposée et j'ai été constamment surpris par ces lignes mélodiques filandreuses qui semblent n'aller nulle part et où une large part est laissée à la répétition (on peut à ce propos aller lire ces explications techniques sur Wikipedia).
LIEN : Une version pour clavecin de Estampie (l) est disponible ici.
La suite du programme rassemble les deux papes de ce que j'appelle en général les compositeurs contemplatifs slaves, l'ensemble Musiques Nouvelles interprétant d'abord Fratres d'Arvo Pärt puis le Concerto pour Clavier de Henryk Gorecki. Fratres est une succession de courtes séquences polyphoniques pour cordes entrecoupées de silence dont l'ensemble forme une construction en soufflet (crescendo-decrescendo). C'est une musique contemplative, en suspension et d'un beauté fragile, soit tout ce que n'est pas le Concerto de Gorecki. En fait, plus je découvre Gorecki, plus j'aime Pärt. Mis à part sa scie (la Troisième symphonie, dont on a finalement assez vite fait le tour), je me rends compte que je n'aime presque rien de son oeuvre, qui manque de finesse et est décidément trop rentre-dedans à mon goût. Cela dit, on ne peut qu'être content pour l'organiste à qui Gorecki a donné l'occasion de prouver au public à quel point son instrument pouvait être bruyant. Plus tard dans la soirée, la Toccata de Maurice Duruflé m'a laissé sensiblement la même impression.
En revanche, je me suis retrouvé, à ma grande surprise, à beaucoup aimer In Nomine Lucis de Giacinto Scelsi, un compositeur sur lequel je n'avais pourtant pas un a priori très favorable. Le caractère déconstruit, à base de fragments qui se succèdent sans vraiment s'enchaîner, est la caractéristique qui me rebute en général le plus dans la musique contemporaine. Pourtant, elle me convient plutôt bien pour de la musique d'orgue, sans doute parce qu'elle empêche le compositeur d'en faire trop ou d'abuser des capacités de l'instrument. La succession d'accords dissonants qui compose In Nomine Lucis a même fini par me rendre assez enthousiaste. Je serais curieux de réentendre l'oeuvre sur disque, pour voir si mon jugement serait le même.
Pour en finir avec la partie non-électronique de la soirée, je dois confesser que la création mondiale de Drawn By Drone For Six Hands, Three Feet And One Pencil, la pièce pour orgue de Jean-Paul Dessy m'a laissé un goût de trop peu. Certes, je retrouve dans l'oeuvre des points de référence qui me plaisent (notamment le Philip Glass de Koyaanisqatsi) mais la pièce était trop courte (ou trop convenue) pour me convaincre tout à fait, ce qui ne remet pas en cause tout le bien que j'ai pu dire par ailleurs des oeuvres de Jean-Paul Dessy.
Le fil directeur des concerts "Spire" est le mariage entre l'orgue et les musiques électroniques et c'est donc sans transition aucune que Philip Jeck ou Christian Fennesz ont commencé leurs sets. Je me demandais a priori comment ces passages électroniques allaient pouvoir s'inscrire dans le contexte de la soirée. Cet étrange mariage pouvait-il réellement fonctionner ? Les premières secondes du set de Philip Jeck ont rapidement apporté la solution, qui semble a posteriori évidente. Tous les deux ont en effet basé leur set sur la matière sonore des oeuvres (acoustiques) qui précédaient, c'est-à-dire essentiellement les sons d'orgues et, pour Philip Jeck, les cordes de l'orchestre. L'un et l'autre en tirent une musique assez calme, faite de longues nappes sonores tour à tour apaisantes et angoissantes qui flottent, se croisent et se répondent. J'aurais du mal à décrire plus précisément à quoi ressemblaient ces cinquante minutes de musique mais ces passages électro ont au final été les meilleurs moments d'une soirée qui s'est au bout du compte révélée à la hauteur de mes attentes. La seule véritable critique que je puisse formuler est la manière dont le programme distribué à l'entrée abuse du mot "électro-contempo", le plus grotesque néologisme que j'aie eu la malchance de voir depuis longtemps. Je suis tout à fait en faveur du mariage des genres mais il me semble urgent de trouver un terme moins grotesque. Simplement éviter l'abréviation et écrire "électro-contemporaine" serait déjà un énorme progrès.
Pour donner une idée de ce qu'était la soirée, il faut d'abord parler du lieu. L'idée d'organiser des concerts dans des églises n'est pas neuve et a depuis longtemps fait ses preuves. L'acoustique de ces vastes espaces clos, aux plafonds ridiculement hauts est en général très bonne. De plus, le lieu (que je n'avais jamais eu la curiosité de visiter jusqu'ici) est très beau et tout temps mort peut être passé à observer la manière dont les vitraux filtrent la lumière du jour finissant ou l'enfilement des piliers le long de la nef. Mieux, les églises continuant malgré tout à inspirer une certaine forme de recueillement, les spectateurs se sentent obligés de faire silence et osent à peine applaudir, ce qui garantit un confort d'écoute optimal.
Cette adéquation entre la musique et l'espace est particulièrement bienvenue pour les pièces pour orgues. L'orgue (d'église) est un instrument que je n'aime a priori guère car il me semble souvent inspirer les compositeurs à en faire trop et à mulitplier inutilement les voix. Même un tube comme la Toccata et Fugue en ré mineur de Bach me procure rapidement une sensation de léger écoeurement. Pourtant, les morceaux d'ouverture et de clôture du concert, Estampie 1 et 2, extraite du Robertsbridge Codex (un document du XIVème siècle) me plaisent par la manière dont ils déjouent constamment les attentes de l'auditeur du XXIème siècle, dont l'oreille est façonnée depuis toujours par son rapport à la musique tonale. A cette époque, la musique tonale ne s'était pas encore imposée et j'ai été constamment surpris par ces lignes mélodiques filandreuses qui semblent n'aller nulle part et où une large part est laissée à la répétition (on peut à ce propos aller lire ces explications techniques sur Wikipedia).
LIEN : Une version pour clavecin de Estampie (l) est disponible ici.
La suite du programme rassemble les deux papes de ce que j'appelle en général les compositeurs contemplatifs slaves, l'ensemble Musiques Nouvelles interprétant d'abord Fratres d'Arvo Pärt puis le Concerto pour Clavier de Henryk Gorecki. Fratres est une succession de courtes séquences polyphoniques pour cordes entrecoupées de silence dont l'ensemble forme une construction en soufflet (crescendo-decrescendo). C'est une musique contemplative, en suspension et d'un beauté fragile, soit tout ce que n'est pas le Concerto de Gorecki. En fait, plus je découvre Gorecki, plus j'aime Pärt. Mis à part sa scie (la Troisième symphonie, dont on a finalement assez vite fait le tour), je me rends compte que je n'aime presque rien de son oeuvre, qui manque de finesse et est décidément trop rentre-dedans à mon goût. Cela dit, on ne peut qu'être content pour l'organiste à qui Gorecki a donné l'occasion de prouver au public à quel point son instrument pouvait être bruyant. Plus tard dans la soirée, la Toccata de Maurice Duruflé m'a laissé sensiblement la même impression.
En revanche, je me suis retrouvé, à ma grande surprise, à beaucoup aimer In Nomine Lucis de Giacinto Scelsi, un compositeur sur lequel je n'avais pourtant pas un a priori très favorable. Le caractère déconstruit, à base de fragments qui se succèdent sans vraiment s'enchaîner, est la caractéristique qui me rebute en général le plus dans la musique contemporaine. Pourtant, elle me convient plutôt bien pour de la musique d'orgue, sans doute parce qu'elle empêche le compositeur d'en faire trop ou d'abuser des capacités de l'instrument. La succession d'accords dissonants qui compose In Nomine Lucis a même fini par me rendre assez enthousiaste. Je serais curieux de réentendre l'oeuvre sur disque, pour voir si mon jugement serait le même.
Pour en finir avec la partie non-électronique de la soirée, je dois confesser que la création mondiale de Drawn By Drone For Six Hands, Three Feet And One Pencil, la pièce pour orgue de Jean-Paul Dessy m'a laissé un goût de trop peu. Certes, je retrouve dans l'oeuvre des points de référence qui me plaisent (notamment le Philip Glass de Koyaanisqatsi) mais la pièce était trop courte (ou trop convenue) pour me convaincre tout à fait, ce qui ne remet pas en cause tout le bien que j'ai pu dire par ailleurs des oeuvres de Jean-Paul Dessy.
Le fil directeur des concerts "Spire" est le mariage entre l'orgue et les musiques électroniques et c'est donc sans transition aucune que Philip Jeck ou Christian Fennesz ont commencé leurs sets. Je me demandais a priori comment ces passages électroniques allaient pouvoir s'inscrire dans le contexte de la soirée. Cet étrange mariage pouvait-il réellement fonctionner ? Les premières secondes du set de Philip Jeck ont rapidement apporté la solution, qui semble a posteriori évidente. Tous les deux ont en effet basé leur set sur la matière sonore des oeuvres (acoustiques) qui précédaient, c'est-à-dire essentiellement les sons d'orgues et, pour Philip Jeck, les cordes de l'orchestre. L'un et l'autre en tirent une musique assez calme, faite de longues nappes sonores tour à tour apaisantes et angoissantes qui flottent, se croisent et se répondent. J'aurais du mal à décrire plus précisément à quoi ressemblaient ces cinquante minutes de musique mais ces passages électro ont au final été les meilleurs moments d'une soirée qui s'est au bout du compte révélée à la hauteur de mes attentes. La seule véritable critique que je puisse formuler est la manière dont le programme distribué à l'entrée abuse du mot "électro-contempo", le plus grotesque néologisme que j'aie eu la malchance de voir depuis longtemps. Je suis tout à fait en faveur du mariage des genres mais il me semble urgent de trouver un terme moins grotesque. Simplement éviter l'abréviation et écrire "électro-contemporaine" serait déjà un énorme progrès.
Liens du jour
- Le concert des Flaming Lips au Printemps de Bourges donne lieu à la chronique la plus originale de la semaine (du mois ? de l'année ?) sur Bopperenlarme.
- Je garde du seul disque d'Arthur Russell que j'ai écouté jusqu'à présent (World of Echo) le souvenir d'une sidération totale qui décourageait le moindre jugement, l'impression de découvrir une musique pour laquelle je ne disposais d'aucune grille d'analyse. Le fait que l'album qui vient de sortir contienne apparemment une sorte de muzak écrite pour accompagner un cours de philiosophie bouddhiste (un extrait ici) donne une idée de la richesse de l'inspiration do bonhomme. Un jour, je me repencherai sur personnage. Il me semble qu'il le mérite.
- Une musique qui ressemble à la fois à Cradle of Filth, Mogwai, Amplifier et les Cocteau Twins, ça vous paraît impossible ? Et pourtant, Music For Robots l'a découverte. Aussi étrange que cela puisse paraître, ce morceau me plait énormément et me donne une furieuse envie de découvrir l'album.
- Tant qu'on y est, et parce qu'un peu de death/black-metal fait toujours plaisir, Said the Gramophone a invité un fan du genre à présenter ses morceaux favoris et ça dépote. J'avais oublié que la bio de Mayhem était à ce point attendrissante et la reprise de Losing My Religion par Graveworm est d'ores et déjà un classique.
- Je garde du seul disque d'Arthur Russell que j'ai écouté jusqu'à présent (World of Echo) le souvenir d'une sidération totale qui décourageait le moindre jugement, l'impression de découvrir une musique pour laquelle je ne disposais d'aucune grille d'analyse. Le fait que l'album qui vient de sortir contienne apparemment une sorte de muzak écrite pour accompagner un cours de philiosophie bouddhiste (un extrait ici) donne une idée de la richesse de l'inspiration do bonhomme. Un jour, je me repencherai sur personnage. Il me semble qu'il le mérite.
- Une musique qui ressemble à la fois à Cradle of Filth, Mogwai, Amplifier et les Cocteau Twins, ça vous paraît impossible ? Et pourtant, Music For Robots l'a découverte. Aussi étrange que cela puisse paraître, ce morceau me plait énormément et me donne une furieuse envie de découvrir l'album.
- Tant qu'on y est, et parce qu'un peu de death/black-metal fait toujours plaisir, Said the Gramophone a invité un fan du genre à présenter ses morceaux favoris et ça dépote. J'avais oublié que la bio de Mayhem était à ce point attendrissante et la reprise de Losing My Religion par Graveworm est d'ores et déjà un classique.
lundi, mai 8
Brian Eno est en interview...
...pendant deux heures dans l'émission de Tom Robinson diffusée sur BBC6Music le mercredi 3 mai. La liste des morceaux diffusés augurait du meilleur et je ne suis pas déçu. L'anecdote sur le coup de téléphone du pape est grandiose. L'émission peut être réécoutée sur le site. L'interview commence après 30 minutes).
Sinon, et ça n'a rien à voir, je crois que j'aime beaucoup le nouveau single de Muse. La description que j'en avais lue ("Muse goes Britney") est parfaite.
Sinon, et ça n'a rien à voir, je crois que j'aime beaucoup le nouveau single de Muse. La description que j'en avais lue ("Muse goes Britney") est parfaite.
dimanche, mai 7
Esquisses
Des versions lives de trois nouvelles chansons de Radiohead sont apparues sur le web, notamment ici. La première écoute me laisse perplexe (à part peut-être Cymbal Rush, qui semble prometteur) mais je me garderai bien de porter un jugement avant d'avoir entendu les versions studio définitives.
EDIT : Plein d'autres chansons inédites de Radiohead sont disponibles à partir de cette page.
Sinon, pour en finir avec les liens, Edward O a entrepris de comparer le nouvel album des Pet Shop Boys et celui de BWO. Je ne suis pas d'accord avec tout ce qu'il raconte mais que cela ne vous empêche pas d'aller y pêcher un extrait de ces deux albums.
EDIT : Plein d'autres chansons inédites de Radiohead sont disponibles à partir de cette page.
Sinon, pour en finir avec les liens, Edward O a entrepris de comparer le nouvel album des Pet Shop Boys et celui de BWO. Je ne suis pas d'accord avec tout ce qu'il raconte mais que cela ne vous empêche pas d'aller y pêcher un extrait de ces deux albums.
Nécrologie
J'avais dans l'idée de lancer une rubrique dans laquelle je me forcerais à écouter et donner mon avis de béotien sur des "grands classiques" qui font l'unanimité mais dont j'ignore tout. Le principe de cette rubrique me semblait riche en possiblités comiques ou sérieuses et la liste des albums que je pouvais traiter était innombrable (je n'y connais absolument rien en "classic rock" par exemple).
J'avais dans l'intention d'inaugurer cette rubrique la semaine prochaine avec 16-lovers lane des Go-Betweens. Je comptais en dire beaucoup de bien et c'est donc avec une certaine tristesse que j'ai appris la mort de Grant McLennan. Un communiqué officiel est disponible sur leur site officiel.
Sinon, moins triste, You Ain't Picasso propose une session acoustique de We Are Scientists (dont l'album a été pour moi une excellente surprise) avec notamment une étonnante reprise de Hoppipolla de Sigur Ros et une autre reprise live de Be My Baby des Ronettes.
J'avais dans l'intention d'inaugurer cette rubrique la semaine prochaine avec 16-lovers lane des Go-Betweens. Je comptais en dire beaucoup de bien et c'est donc avec une certaine tristesse que j'ai appris la mort de Grant McLennan. Un communiqué officiel est disponible sur leur site officiel.
Sinon, moins triste, You Ain't Picasso propose une session acoustique de We Are Scientists (dont l'album a été pour moi une excellente surprise) avec notamment une étonnante reprise de Hoppipolla de Sigur Ros et une autre reprise live de Be My Baby des Ronettes.
jeudi, mai 4
You can win if you want
Un ami a tenté récemment de me convaincre que Self Control de Laura Branigan (une chanson que j'aime bien) ressemblait à s'y méprendre à une chanson de Modern Talking (un groupe que j'abhorre). Sans doute y est-il en partie parvenu parce que, depuis lors, la notion même de self-control me fait horreur. J'ai donc écrit mon billet de la semaine sur la Blogothèque en levant toutes mes inhibitions et en m'interdisant toute forme d'auto-censure. Le résultat est objectivement un peu terrifiant mais j'en suis étrangement content.
Integral
La chanson du nouvel album des Pet Shop Boys pour laquelle à peu près tout le monde s'enflamme comme des petits cubes de Zip par temps sec est écoutable sur cette page Myspace (probablement non-officielle mais ne boudons pas notre plaisir). Cela faisait longtemps qu'ils n'avaient plus sorti une mélodie aussi immédiate. C'est l'exemple-type de ce que les anglo-saxons appellent un "stomper" (de "stomp" qui signifie si je ne me trompe "taper du pied"). Pour l'instant, je ne connais personne qui ait résisté à cette chanson. Je serais curieux d'avoir votre avis. L'album sort le 22 mai. Sur la même page, vous pouvez écouter Luna Park, une ballade qui rappelle leurs faces B du début des années 2000. Si je pouvais trouver un lien vers Minimal, vous auriez une bonne vue d'ensemble des meilleures chansons de l'album.
mercredi, mai 3
Liens
- Deux "nouveaux" morceaux de Patrick Wolf sont dispos sur sa page Myspace : un instrumental et un remix de Don't Say No.
- Claudia Brücken était la chanteuse de Propaganda et a sorti un album de reprises avec le compositeur minimaliste Andrew Poppy (le nom de la semaine, indéniablement). Deux extraits ici. La reprise de Running Up That Hill est très belle.
- Deux morceaux du (bon) deuxième album de BOW (ex-Bodies Without Organs) sont à écouter chez Jessica si vous voulez associer un son à ma description de leur premier album.
- Claudia Brücken était la chanteuse de Propaganda et a sorti un album de reprises avec le compositeur minimaliste Andrew Poppy (le nom de la semaine, indéniablement). Deux extraits ici. La reprise de Running Up That Hill est très belle.
- Deux morceaux du (bon) deuxième album de BOW (ex-Bodies Without Organs) sont à écouter chez Jessica si vous voulez associer un son à ma description de leur premier album.
lundi, mai 1
Phouïaïaïe...
J'ai plein de choses à dire qui trainent sur un bout de papier et que je dois mettre au net (toutes aussi inintéressantes les unes que les autres mais ce n'est pas une raison pour ne pas les dire).
En attendant, j'ai fait un petit tour sur Myspace et vais donc en profiter pour signaler
- l'existence de Wigwam aux fans de Blur et de Betty Boo qui l'ignoreraient encore.
- une chanson bien crétine (mais efficace) comme il faut : City Place de Dead Disco
- que tous ceux qui s'extasient sur Arcade Fire ou Wolf Parade par exemple seraient bien inspirés de se pencher sur un groupe qui me semble n'avoir pas encore eu droit aux honneurs de la hype (quoique je suis tellement déconnecté depuis un mois que ça pourrait tout aussi bien avoir fait la une de Télérama) : Frog Eyes. Dans un genre assez proche des précités, j'aime beaucoup les deux premiers morceaux proposés à l'écoute.
- que You Said des Semifinalists est pas mal, mais n'a strictement rien à voir avec du 2-step (Your Heart est pas mal non plus d'ailleurs pour peu que l'on regrette les Catchers).
- que, dans un genre pop-rock plus classique, je suis assez séduit par Soft and Warm de Voxtrot, groupe qui a de plus réussi à faire cohabiter les refrains de Belle and Sebastian et les couplets des Smiths dans leur chanson The Start of Something.
Sinon, le prochain album des Pet Shop Boys contient un chanson que, en termes techniques, l'on peut qualifier de tuerie, Integral. J'en reparlerai plus longtemps bientôt.. quand le goût des mots me sera revenu.
EDIT : Tant que j'y suis, trois autres adresses Myspace découvertes hier.
- The Rumble Strips, qui réinventent les Dexy's Midnight Runners pour le nouveau millénaire.
- Walk with me de Good Books est ma chanson préférée de la journée.
- Les membres de Zom Zoms pratiquent une forme d'electro-punk sautillant à base d'onomatopées diverses que je trouve assez irrésistible.
Mais rassurez-vous, je ne vais pas prendre l'habitude de commenter ainsi mes flâneries sur Myspace, d'autant que, si mes stats sont fiables, un seul d'entre vous a cliqué sur un de ces liens. C'est juste pour me donner du coeur à l'ouvrage pour mon billet sur le concert de Calexico de vendredi dernier.
En attendant, j'ai fait un petit tour sur Myspace et vais donc en profiter pour signaler
- l'existence de Wigwam aux fans de Blur et de Betty Boo qui l'ignoreraient encore.
- une chanson bien crétine (mais efficace) comme il faut : City Place de Dead Disco
- que tous ceux qui s'extasient sur Arcade Fire ou Wolf Parade par exemple seraient bien inspirés de se pencher sur un groupe qui me semble n'avoir pas encore eu droit aux honneurs de la hype (quoique je suis tellement déconnecté depuis un mois que ça pourrait tout aussi bien avoir fait la une de Télérama) : Frog Eyes. Dans un genre assez proche des précités, j'aime beaucoup les deux premiers morceaux proposés à l'écoute.
- que You Said des Semifinalists est pas mal, mais n'a strictement rien à voir avec du 2-step (Your Heart est pas mal non plus d'ailleurs pour peu que l'on regrette les Catchers).
- que, dans un genre pop-rock plus classique, je suis assez séduit par Soft and Warm de Voxtrot, groupe qui a de plus réussi à faire cohabiter les refrains de Belle and Sebastian et les couplets des Smiths dans leur chanson The Start of Something.
Sinon, le prochain album des Pet Shop Boys contient un chanson que, en termes techniques, l'on peut qualifier de tuerie, Integral. J'en reparlerai plus longtemps bientôt.. quand le goût des mots me sera revenu.
EDIT : Tant que j'y suis, trois autres adresses Myspace découvertes hier.
- The Rumble Strips, qui réinventent les Dexy's Midnight Runners pour le nouveau millénaire.
- Walk with me de Good Books est ma chanson préférée de la journée.
- Les membres de Zom Zoms pratiquent une forme d'electro-punk sautillant à base d'onomatopées diverses que je trouve assez irrésistible.
Mais rassurez-vous, je ne vais pas prendre l'habitude de commenter ainsi mes flâneries sur Myspace, d'autant que, si mes stats sont fiables, un seul d'entre vous a cliqué sur un de ces liens. C'est juste pour me donner du coeur à l'ouvrage pour mon billet sur le concert de Calexico de vendredi dernier.
mercredi, avril 26
Liens
Je n'ai rien de bien malin à raconter aujourd'hui (ah, si, le premier morceau du nouvel album de Black Heart Procession est quasi-parfait). Du coup, je vais enfin prendre le temps de remettre à jour ma colonne de liens. Il n'y a aucune signification particulière à l'ordre dans lequel ils sont classés et je n'exclus pas d'avoir oublié deux ou trois incontournables. Je referai un tri et un recensement plus précis ultérieurement.
jeudi, avril 20
White Stripes on a red can
La pub écrite par Jack White pour une célèbre marque de boisson anti-rouille est visible ici. Je n'ai jamais beaucoup aimé The White Stripes et accepte donc avec gratitude tout ce qui, comme ce spot, apporte de l'eau à mon moulin.
Par ailleurs, mon billet de la semaine sur la Blogothèque est consacré à Falco.
Par ailleurs, mon billet de la semaine sur la Blogothèque est consacré à Falco.
mercredi, avril 19
Mogwai, 65daysofstatic, Wolf Eyes, Akron/Family, Grails, Ancienne Belgique, 16 avril 2005
13h00 : C'est le dimanche de Pâques. Je cache des oeufs cuits dur et des sachets d'oeufs en chocolat en prévision de la visite de mes nièces.
15h30 : "Dis, tonton, tu joues à un jeu ?"
15h30-16h30 : J'obtempère. Le jeu consiste par exemple à faire deviner "Sur le quai de la gare, un policier fouille les valises d'un voyageur hagard." en créant un tableau muet à partir d'un ballon de baudruche, une brosses à dents, un métronome, un caillou, etc... C'est amusant.
16h00 : Départ du train qui m'aurait permis de voir une partie du concert de Grails.
16h30 : Je gagne la partie (j'ai donc bien fait de rester).
17h00 : Départ vers Bruxelles.
18h18 : Comme presque toujours à l'Ancienne Belgique, l'horaire semble avoir été respecté à la seconde près et je n'ai donc droit qu'à une petite dizaine de minutes du set d'Akron/Family. C'est bien triste parce que j'avais plutôt bien aimé leur album, écouté distraitement il y a quelques jours, et que le peu que j'ai pu voir du concert semblait très prometteur. Les quatre musiciens sont assis au centre de la scène, très proches les uns des autres comme pour faire corps face au public. Leur musique, basée notamment sur des harmonies vocales répétitives, m'a vaguement fait penser à celle de A Silver Mt Zion dernière mouture et ajoute encore à cette impression de compacité (le nom du groupe ne comprend apparemment pas le mot 'Family' par hasard). J'étais assez loin de la scène et n'ai donc pas toujours bien compris ce que je voyais. J'ai notamment eu la nette impression que le batteur mangeait des fleurs mauves tandis qu'un étrange bruit de frottement jaillissait des baffles (si quelqu'un était près de la scène à ce moment-là et peur éclairer ma lanterne...). Ne pas en avoir vu plus sera mon regret du jour.
LIENS : Leur page Myspace et leur site officiel (les deux semblent inaccessibles pour le moment)
18h45 : Je me prends à souhaiter que Wolf Eyes ait joué avant Akron/Family. En effet, comme une écoute de leur album Burned Mind me l'avait déjà appris, la musique de Wolf Eyes n'est pas très éloignée de celle pratiquée par la moitié des groupes vus lors du festival Fat Cat il y a quelques semaines. A gauche de la scène se trouve sans aucun doute le type le plus mal habillé qu'il m'ait été donné de voir : si on excepte le tronc, il présente un chic classe moyenne très conventionnel (mocassins vernis et coiffure d'employé de banque, pantalon de costume brun) qu'il annihile par un tee-shirt serrant sans manches tout à fait repoussant. Il joue du saxophone et maltraite une guitare artisanale à une corde fabriquée à grand renfort de papier collant, le tout en trifouillant sur une sorte de plaque dont, configuration de la salle aidant, je n'ai vu que le dessous. Au milieu, un hardeux plus ou moins repenti secoue ses longs cheveux noirs comme s'il était figurant dans une pub pour du shampooing tout en poussant des hurlements dans les deux micros qu'il tient en main. A droite, un bassiste barbu joue sur trois notes (au grand maximum, vu que son instrument n'a que trois cordes et qu'il n'a pour ainsi dire jamais daigné toucher les cordes le long du manche), tout en triturant Dieu sait quoi à l'intérieur d'une valise en métal.
En les voyant se démener sur scène pour faire le plus de bruit possible, je me suis demandé si ce genre de abstract-noise ne serait pas en fait devenu un refuge top-crédibilité pour tous les métalleux qui se sont rendus compte que le hair-metal de leur enfance était devenu gentiment désuet. A l'appui de ma théorie, je peux arguer que les spectateurs les plus réceptifs semblaient tous avoir passé leur adolescence à écumer les festivals metal. Dès que quelques motifs rythmiques apparaissaient, ça pogotait même assez sec (des agents de sécurité sont d'ailleurs intervenus, sans que je comprenne trop pourquoi). Cela dit, leur set m'a semblé plutôt plus intéressant que celui de Yellow Swans au Fat Cat Festival par exemple. D'abord parce qu'on y trouve au moins des jeux sur les nuances et la dynamique des morceaux, ensuite parce que depuis Wham! et Guru Josh, je n'ai jamais pu résister à un solo de saxophone. Il va également sans dire que c'est une musique qui ne peut réellement s'apprécier que sur scène. Je me ferais extraire la rate sans anesthésie plutôt que de réécouter l'album mais je ne m'enfuirais pas en courant si je devais un jour retomber sur le groupe lors d'un prochain festival.
LIEN : Un extrait représentatif de Burned Mind en bas de cette page.
20h00: Une écoute du premier album de 65daysofstatic m'avait fait ranger le groupe dans le haut du panier de la musique instrumentale post-rock-abstract-funk-machinchose mais je ne m'attendais pourtant pas à être aussi enthousiasmé par leur set, quelque part entre Do Make Say Think (pour la musique) et !!! (pour la présence scénique). Le centre de la scène est laissé entièrement vide, et le piano électrique par exemple fait face aux coulisses sur le côté de la scène, histoire de laisser aux trois guitaristes suffisamment d'espace pour pouvoir bondir et sautiller tout leur content. Au fond, un batteur tente de nous impressionner par sa technique (j'ai tendance à qualifier le niveau technique d'un batteur à l'aide du nombre de cymbales qu'il utilise ; ici, il y en a 5, ce qui en fait assurément un roi de la baguette). Leur musique mêle riffs pêchus, rythmiques synthétiques et batterie même si, parfois, les ambiances se font plus calmes et le guitariste de droite se laisse aller à quelques motifs tiersenniens au clavier (comme sur Radio Protector). Comme les morceaux sont courts et les mélodies souvent limpides, leur musique reste toujours parfaitement accessible, ce qui me convient bien. Je m'en vais réécouter l'album avec un intérêt renouvelé.
LIENS : Le site officiel et la page MySpace.
21h05 : Je garde un souvenir émerveillé de mes premiers concerts de Mogwai, à l'époque de la sortie de Young Team. A l'époque, la musique rock instrumentale (pour ne pas écrire p***-rock) me paraissait délicieusement expérimentale et je prenais des morceaux comme Like Herod ou Mogwai Fear Satan en pleine figure (et sans bouchons...inconscience de la jeunesse). L'album suivant, Come On Die Young me semblait encore meilleur (c'est toujours mon préféré) et je me souviens encore avec émotion de leur version de Christmas Steps au Botanique. Malheureusement, c'est à partir de là que les choses ont commencé à se gâter. Comme tous les albums où intervient Gruff Rhys, Rock Action est un disque plutôt sympathique, beaucoup mieux peigné que les précédents, tout endimanché dans les arrangements BCBG de Dave Fridmann. La voix y fait son apparition et Mogwai apparaît au fond comme un groupe apaisé, ne se sentant plus obligé de faire du bruit pour se faire entendre. Cette évolution me convenait plutôt bien et je n'avais pas compris pourquoi le groupe était apparu sur scène aussi agressif, jouant chaque morceau comme pour enterrer les versions studio sous une bouillie sonore assourdissante (malgré mes bouchons, j'en suis sorti avec les oreilles qui sifflaient). Comme de plus, j'avais trouvé l'album suivant, Happy Songs for Happy People, assez mauvais (je le réécoute en écrivant ceci et c'est encore pire que dans mon souvenir, un bon morceau et demi en tout et pour tout), je n'attendais plus grand chose du groupe mais, après avoir entendu de loin 10 minutes plutôt encourageantes de leur concert au Pukkelpop l'année dernière et quelques extraits de (l'excellent) Mr Beast, j'ai quand même eu la curiosité de retourner les voir su scène et le verdict est mitigé.
Le groupe n'a clairement plus grand-chose à voir avec ce qu'il était à son début. Ainsi, Kappa a été abandonné pour Adidas et les membres du grope semblent s'être confortablement installés dans leur rôle, qu'ils se contentent de reprendre soir après soir. Stuart "nain de jardin" Braithwaite explique d'ailleurs candidement en interview que le groupe est devenu pour lui un boulot comme un autre et qu'après l'avoir accompli, il rentre paisiblement à la maison pour voir sa femme et boire des bières avec ses copains au pub du coin. En soi, cette honnêteté est plutôt sympathique mais elle a comme conséquence directe que, contrairement à l'époque Young Team ou aux deux groupes précédents, Mogwai est sans doute devenu un groupe plus intéressant sur disque que sur scène. La communication avec le public est quasi-nulle. Les membres du groupe ne sont pas très loquaces (on peut dire sans risque de se tromper que le mot gouaille n'a pas été inventé pour eux). Les anciens morceaux sont joués sans conviction, très loin de l'intensité qu'ils pouvaient avoir il y a quelques années. Les nouveaux (depuis Rock Action) m'ont de toutes façons toujours semblé être des oeuvres de studio pas vraiment taillés pour la scène. Les deux meilleurs moment du concert furent sans doute pour moi Hunted by a freak (sans doute parce que je n'ai jamais bien compris comment il était possible que l'instrument disco par excellence - le vocoder - se marie aussi bien avec la musique de Mogwai) et, surtout, l'inusable Helicon 1, sans doute le seul morceau ambient qui ne peut fonctionner qu'à plein volume et le sommet insurpassable de la carrière de Mogwai.
Setlist
Auto Rock
Helicon 1
Travel is dangerous
Tracy
Acid Food
Like Herod
Glasgow Mega-Snake
Kids will be skeletons
Hunted by a freak
Friend of the night
Ratts of the capital
We're no here
--
Mogwai Fear Satan
15h30 : "Dis, tonton, tu joues à un jeu ?"
15h30-16h30 : J'obtempère. Le jeu consiste par exemple à faire deviner "Sur le quai de la gare, un policier fouille les valises d'un voyageur hagard." en créant un tableau muet à partir d'un ballon de baudruche, une brosses à dents, un métronome, un caillou, etc... C'est amusant.
16h00 : Départ du train qui m'aurait permis de voir une partie du concert de Grails.
16h30 : Je gagne la partie (j'ai donc bien fait de rester).
17h00 : Départ vers Bruxelles.
18h18 : Comme presque toujours à l'Ancienne Belgique, l'horaire semble avoir été respecté à la seconde près et je n'ai donc droit qu'à une petite dizaine de minutes du set d'Akron/Family. C'est bien triste parce que j'avais plutôt bien aimé leur album, écouté distraitement il y a quelques jours, et que le peu que j'ai pu voir du concert semblait très prometteur. Les quatre musiciens sont assis au centre de la scène, très proches les uns des autres comme pour faire corps face au public. Leur musique, basée notamment sur des harmonies vocales répétitives, m'a vaguement fait penser à celle de A Silver Mt Zion dernière mouture et ajoute encore à cette impression de compacité (le nom du groupe ne comprend apparemment pas le mot 'Family' par hasard). J'étais assez loin de la scène et n'ai donc pas toujours bien compris ce que je voyais. J'ai notamment eu la nette impression que le batteur mangeait des fleurs mauves tandis qu'un étrange bruit de frottement jaillissait des baffles (si quelqu'un était près de la scène à ce moment-là et peur éclairer ma lanterne...). Ne pas en avoir vu plus sera mon regret du jour.
LIENS : Leur page Myspace et leur site officiel (les deux semblent inaccessibles pour le moment)
18h45 : Je me prends à souhaiter que Wolf Eyes ait joué avant Akron/Family. En effet, comme une écoute de leur album Burned Mind me l'avait déjà appris, la musique de Wolf Eyes n'est pas très éloignée de celle pratiquée par la moitié des groupes vus lors du festival Fat Cat il y a quelques semaines. A gauche de la scène se trouve sans aucun doute le type le plus mal habillé qu'il m'ait été donné de voir : si on excepte le tronc, il présente un chic classe moyenne très conventionnel (mocassins vernis et coiffure d'employé de banque, pantalon de costume brun) qu'il annihile par un tee-shirt serrant sans manches tout à fait repoussant. Il joue du saxophone et maltraite une guitare artisanale à une corde fabriquée à grand renfort de papier collant, le tout en trifouillant sur une sorte de plaque dont, configuration de la salle aidant, je n'ai vu que le dessous. Au milieu, un hardeux plus ou moins repenti secoue ses longs cheveux noirs comme s'il était figurant dans une pub pour du shampooing tout en poussant des hurlements dans les deux micros qu'il tient en main. A droite, un bassiste barbu joue sur trois notes (au grand maximum, vu que son instrument n'a que trois cordes et qu'il n'a pour ainsi dire jamais daigné toucher les cordes le long du manche), tout en triturant Dieu sait quoi à l'intérieur d'une valise en métal.
En les voyant se démener sur scène pour faire le plus de bruit possible, je me suis demandé si ce genre de abstract-noise ne serait pas en fait devenu un refuge top-crédibilité pour tous les métalleux qui se sont rendus compte que le hair-metal de leur enfance était devenu gentiment désuet. A l'appui de ma théorie, je peux arguer que les spectateurs les plus réceptifs semblaient tous avoir passé leur adolescence à écumer les festivals metal. Dès que quelques motifs rythmiques apparaissaient, ça pogotait même assez sec (des agents de sécurité sont d'ailleurs intervenus, sans que je comprenne trop pourquoi). Cela dit, leur set m'a semblé plutôt plus intéressant que celui de Yellow Swans au Fat Cat Festival par exemple. D'abord parce qu'on y trouve au moins des jeux sur les nuances et la dynamique des morceaux, ensuite parce que depuis Wham! et Guru Josh, je n'ai jamais pu résister à un solo de saxophone. Il va également sans dire que c'est une musique qui ne peut réellement s'apprécier que sur scène. Je me ferais extraire la rate sans anesthésie plutôt que de réécouter l'album mais je ne m'enfuirais pas en courant si je devais un jour retomber sur le groupe lors d'un prochain festival.
LIEN : Un extrait représentatif de Burned Mind en bas de cette page.
20h00: Une écoute du premier album de 65daysofstatic m'avait fait ranger le groupe dans le haut du panier de la musique instrumentale post-rock-abstract-funk-machinchose mais je ne m'attendais pourtant pas à être aussi enthousiasmé par leur set, quelque part entre Do Make Say Think (pour la musique) et !!! (pour la présence scénique). Le centre de la scène est laissé entièrement vide, et le piano électrique par exemple fait face aux coulisses sur le côté de la scène, histoire de laisser aux trois guitaristes suffisamment d'espace pour pouvoir bondir et sautiller tout leur content. Au fond, un batteur tente de nous impressionner par sa technique (j'ai tendance à qualifier le niveau technique d'un batteur à l'aide du nombre de cymbales qu'il utilise ; ici, il y en a 5, ce qui en fait assurément un roi de la baguette). Leur musique mêle riffs pêchus, rythmiques synthétiques et batterie même si, parfois, les ambiances se font plus calmes et le guitariste de droite se laisse aller à quelques motifs tiersenniens au clavier (comme sur Radio Protector). Comme les morceaux sont courts et les mélodies souvent limpides, leur musique reste toujours parfaitement accessible, ce qui me convient bien. Je m'en vais réécouter l'album avec un intérêt renouvelé.
LIENS : Le site officiel et la page MySpace.
21h05 : Je garde un souvenir émerveillé de mes premiers concerts de Mogwai, à l'époque de la sortie de Young Team. A l'époque, la musique rock instrumentale (pour ne pas écrire p***-rock) me paraissait délicieusement expérimentale et je prenais des morceaux comme Like Herod ou Mogwai Fear Satan en pleine figure (et sans bouchons...inconscience de la jeunesse). L'album suivant, Come On Die Young me semblait encore meilleur (c'est toujours mon préféré) et je me souviens encore avec émotion de leur version de Christmas Steps au Botanique. Malheureusement, c'est à partir de là que les choses ont commencé à se gâter. Comme tous les albums où intervient Gruff Rhys, Rock Action est un disque plutôt sympathique, beaucoup mieux peigné que les précédents, tout endimanché dans les arrangements BCBG de Dave Fridmann. La voix y fait son apparition et Mogwai apparaît au fond comme un groupe apaisé, ne se sentant plus obligé de faire du bruit pour se faire entendre. Cette évolution me convenait plutôt bien et je n'avais pas compris pourquoi le groupe était apparu sur scène aussi agressif, jouant chaque morceau comme pour enterrer les versions studio sous une bouillie sonore assourdissante (malgré mes bouchons, j'en suis sorti avec les oreilles qui sifflaient). Comme de plus, j'avais trouvé l'album suivant, Happy Songs for Happy People, assez mauvais (je le réécoute en écrivant ceci et c'est encore pire que dans mon souvenir, un bon morceau et demi en tout et pour tout), je n'attendais plus grand chose du groupe mais, après avoir entendu de loin 10 minutes plutôt encourageantes de leur concert au Pukkelpop l'année dernière et quelques extraits de (l'excellent) Mr Beast, j'ai quand même eu la curiosité de retourner les voir su scène et le verdict est mitigé.
Le groupe n'a clairement plus grand-chose à voir avec ce qu'il était à son début. Ainsi, Kappa a été abandonné pour Adidas et les membres du grope semblent s'être confortablement installés dans leur rôle, qu'ils se contentent de reprendre soir après soir. Stuart "nain de jardin" Braithwaite explique d'ailleurs candidement en interview que le groupe est devenu pour lui un boulot comme un autre et qu'après l'avoir accompli, il rentre paisiblement à la maison pour voir sa femme et boire des bières avec ses copains au pub du coin. En soi, cette honnêteté est plutôt sympathique mais elle a comme conséquence directe que, contrairement à l'époque Young Team ou aux deux groupes précédents, Mogwai est sans doute devenu un groupe plus intéressant sur disque que sur scène. La communication avec le public est quasi-nulle. Les membres du groupe ne sont pas très loquaces (on peut dire sans risque de se tromper que le mot gouaille n'a pas été inventé pour eux). Les anciens morceaux sont joués sans conviction, très loin de l'intensité qu'ils pouvaient avoir il y a quelques années. Les nouveaux (depuis Rock Action) m'ont de toutes façons toujours semblé être des oeuvres de studio pas vraiment taillés pour la scène. Les deux meilleurs moment du concert furent sans doute pour moi Hunted by a freak (sans doute parce que je n'ai jamais bien compris comment il était possible que l'instrument disco par excellence - le vocoder - se marie aussi bien avec la musique de Mogwai) et, surtout, l'inusable Helicon 1, sans doute le seul morceau ambient qui ne peut fonctionner qu'à plein volume et le sommet insurpassable de la carrière de Mogwai.
Setlist
Auto Rock
Helicon 1
Travel is dangerous
Tracy
Acid Food
Like Herod
Glasgow Mega-Snake
Kids will be skeletons
Hunted by a freak
Friend of the night
Ratts of the capital
We're no here
--
Mogwai Fear Satan
mardi, avril 18
Finalement...
...MySpace, c'est sympa. J'aime notamment beaucoup Another Day, le nouveau single de Neil's Children, Raoul de The Automatic est aussi pas mal dans son genre. Pouvoir juger par soi-même des chansons chroniquées par la presse sans perdre son temps sur les réseaux p2p, ça n'a pas de prix.
Sinon, les nouveaux albums de Gregor Samsa et d'Isolée m'ont laissé splendidement indifférent et je ne me sens pas d'humeur à leur donner une deuxième chance dans l'immédiat.
Sinon, les nouveaux albums de Gregor Samsa et d'Isolée m'ont laissé splendidement indifférent et je ne me sens pas d'humeur à leur donner une deuxième chance dans l'immédiat.
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