mercredi, mars 26

Les Inrockuptibles : organe officiel des grands de ce monde

Bien que j'hésite chaque année avant de renouveler mon abonnement, je reçois toujours les Inrocks chaque semaine dans ma boîte aux lettres. Aujourd'hui, j'ai reçu avec mon exemplaire les feuilles d'envoi de quatre autres abonnés de la région liégeoise, avec noms, adresses et numéros d'abonné. C'est franchement édifiant.

En effet, ceux qui pensent encore que les Inrockuptibles sont un magazine-phare de le contre-culture, destiné aux sans-voix et aux sans-grades, un magazine de la marge pour les gens en marge, seront sans doute surpris d'apprendre que dans un échantillon aléatoire de quatre abonnés belges, on trouve :
- le service des périodiques d'une bibliothèque publique (les Inrocks sont donc devenus un magazine que les pouvoirs publics se doivent d'archiver, ce qui prouve leur statut)
- un producteur de longs-métrages (dont au moins un lauréat du festival de Cannes)
- un responsable de salles de concert et organisateur d'un grand festival d'été
et
- un ministre (la Belgique en est pleine, certes, mais quand même, d'autant que ce n'est pas le plus petit).

A vrai dire, j'ai maintenant la distincte impression d'être abonné au-dessus de ma condition.

PS : Je ne sais pas si ce problème signifie que les quatre abonnés risquent d'être privés de leur numéro de la semaine. Dans le doute, j'ai néanmoins transmis par mail aux Inrocks leurs numéros d'abonné... Ne suis-je pas adorable ?

2 commentaires:

lamateur a dit…

Curieux que vous vous étonniez que les Inrocks fassent partie des abonnements d'une bibliothèque publique:
- les bibliothèques ont pour mission de proposer à leurs usagers (potentiellement tout le monde puisque leur accès est libre et gratuit) des sources d'information, de connaissance, de culture et de loisirs et proposent donc à ce titre les Inrocks comme d'autres revues et périodiques (selon le vilain terme professionnel), de Charlie Hebdo au Figaro par exemple;
- d'autre part, ce n'est pas parce qu'une bibliothèque publique est abonnée aux Inrocks qu'elle va forcément l'archiver. Sans doute le conservera-t-elle quelques années mais il y a de fortes chances qu'elle se débarrasse de sa collection au bout d'un certain temps;
- sachez enfin que la Bibliothèque Nationale de France a elle pour mission de conserver l'ensemble de ce qui est publié sur le territoire français et qu'il est fait obligation à tout éditeur (de presse, de livres, de prospectus même) de déposer au titre du dépôt légal 3 exemplaires de leurs publications (ou 4, ma mémoire n'est pas sûre de ce point). Rien à voir donc avec la ligne éditoriale du journal, pour les Inrocks comme pour les autres.
J'espère ne pas avoir été trop long.
A bientôt peut-être

Pierre a dit…

Je ne suis pas étonné que les bibliothèques soient abonnés aux Inrocks. J'étais surtout étonné que sur quatre abonnés pris au hasard, on ne trouve aucun "quidam".