mardi, décembre 27

Et surtout.... joyeux Noël.

Voilà sans doute ce que les responsables de Polydor ont dit à Rachel Stevens il y a quelques jours, si on en croit l'info donnée le 23 décembre sur ce site.

Sinon, Gaël propose une petite piqûre de rappel sur les Sparks ici (et j'y ai appris pas mal de choses) tandis que Digital Eargasm nous fait un panorama complet des remixes de Stuart Price aka Jacques Lu Cont aka Thin White Duke aka Les Rythmes Digitales aka Zoot Woman aka le type derrière le dernier Madonna.

EDIT : Pour finir, voici une vidéo de Final Fantasy faisant une reprise de Bloc Party. Il serait grand temps que j'écoute son album.

samedi, décembre 24

Nous aussi, on peut.

J'ai déjà signalé ici que, suite à la généralisation des mp3-blogs en 2005, les classements de fin d'année que l'on trouve traditionnellement à cette époque un peu partout sur le Web sont cette année souvent accompagnés d'extraits sonores. La Blogothèque n'est évidemment pas en reste. Vous pouvez notamment écouter ici des extraits de cinq de mes albums préférés de cette année (ainsi que ceux de la plupart de mes petits camarades).

Joyeux Noël à vous.

vendredi, décembre 23

Tout est dit.

La première chronique de l'album le plus attendu de 2006 est en ligne.

(Un jour, moi aussi, je ferai des super graphiques qui n'en jettent)

Sinon, pour ceux qui en veulent encore, 18 nouvelles versions de Last Christmas ici et le récapitulatif de tous les morceaux de Noël du Houbablog .

jeudi, décembre 22

Avant-première

- Deux morceaux extraits du nouvel album des Sparks à paraître en février (Hello Young Lovers) sont disponibles ici. Une première écoute rapide semble indiquer que l'on ne retrouvera pas le niveau stratosphérique de Lil' Beethoven.

- Un extrait de la version instrumentale d'une des chansons du prochain album des Pet Shop Boys est trouvable ici.

mercredi, décembre 21

L'âme musique, le rythme&bleuze et le dur-roc

- Je viens de voir en zappant le clip de Besoin d'espace, interprété par un certain Pierrick Liliu. Il a manifestement beaucoup écouté Linkin Park mais n'a pas pour autant intégré le sens de la mélodie ou de l'arrangement hip-hop-électro-metal des Californiens. Il semble en revanche avoir pris un réel plaisir à reproduire les clichés sur le "malaise adolescent" véhiculés par leurs textes dans les paroles de sa propre chanson. "Je souffre. La douleur est ma compagne dans le grand désert sans repères qu'est cette vie adulte qui s'annonce et dans laquelle je ne parviens pas à rentrer. Je suis maaaal dans ma peau.". C'est très drôle, d'autant que les concepteurs du clip (visible ici) veillent bien à l'inscrire visuellement dans une mythologie américaine de base, histoire sans doute de jouer avec la fascination qu'exerce les Etats-Unis sur les 10-14 ans, tout en rentrant dans les quotas de diffusion de chansons francophones.

Dans la foulée, j'ai eu droit au clip d'une certaine Myriam Abel (la Mariah Carey de Clermont-Ferrand ?) chantant un truc dont les paroles du refrain contiennent une lapalissade hallucinante ("Donne à la vie le sens que tu lui donnes"... franchement). Le clip, visible ici, se déroule évidemment aux Etats-Unis (à New York à première vue).

Il existe plein d'autres exemples du même genre et il suffit en général de regarder MTV France ou MCM pendant un quart d'heure pour avoir la joie incommensurable de découvrir une Beyoncé toulousaine ou un Muse de Sarcelles. Je me rappelle notamment avoir vu un clip de Pokora-j'sais pas quoi, qui était une copie carbone de Justin Timberlake. Cette manie qu'ont les majors françaises de sortir (un ou deux ans trop tard) des pâles photocopies de ce qui se fait ailleurs m'amuse beaucoup.

Je ne suis pas sûr que lorsque la loi instaurant des quotas de diffusion de chansons francophones a été votée à l'Assemblée Nationale, les députés avaient prévu (et encore moins souhaité) un tel déferlement de mimétisme. Ils espéraient sans doute que les cours de récré bruisseraient de conversations sur les nouveaux Brassens, Brel et Ferré.... C'est clairement loupé. En passant, et parce que je suis taquin, je rappelle que l'industrie du disque en France est une des plus mal en point d'Europe.

- Plus triste, les Sugababes splittent.

mardi, décembre 20

Pop de fin d'année

- (L'indispensable) Edward O. vient d'entamer son classement des 100 meilleurs singles de l'année. On y trouve tout et n'importe quoi, un long texte pour chaque chanson et quelques mp3.
- Jessica "Dirrrrty Pop" a créé une "Poptastic!" compilation de Noël. De nouveau, on y trouve un peu tout et n'importe quoi (même une chanson tirée de l'inécoutable album de Noël de Nsync, c'est dire) mais l'idée est belle.
- Pour des chansons de Noël plus culturellement correctes, allez jeter un oeil sur lehoubablog, où des morceaux sur le sujet sont proposés depuis quelques jours, et ce billet de Stereogum (où on trouve une version live du morceau de The Go! Team ayant fait l'objet de mon premier billet sur la Blogothèque).
- Entre ces deux extrêmes se trouvent le billet de Copy, Right? proposant 15 reprises de l'inusable Last Christmas de Wham!.
- Pour finir, Minotaur Shock (auteur avec Maritime d'un des très bons albums de l'année) propose pour d'obscures raisons une reprise des Eagles à l'occasion de Noël.

Joyeux Noël.

EDIT1 : Des chants de Noël version soul (de Marvin Gaye aux Jackson 5) sont proposés ici (avec également une de mes chansons françaises préférées).
EDIT2 : Il semblerait que mon EDIT1 ait placé le billet en quarantaine pendant quelques heures. Désolé.

vendredi, décembre 16

Liens du jour.

- J'avais dans l'idée de consacrer mon billet de la semaine sur la Blogothèque aux musiques de film de Lisa Gerrard. Au bout du compte, aucun des deux morceaux proposés ne rentre stricto sensu dans cette catégorie. Bah !

- Je profite de l'occasion pour vous filer ce lien, qui m'a notamment appris l'existence d'une vidéo pour The Human Game réutilisant des images du film Baraka. Elle est visible sur la page "audio-vidéo" consacrée à Dead Can Dance. Tant que vous y êtes, vous pouvez aussi aller jeter un oeil celle consacrée aux Cocteau Twins, en attendant que je recause plus longtemps de ces derniers à l'occasion de la sortie de leur coffret de B-sides.

- J'aime beaucoup le morceau de Copy proposé hier par Music for robots.

- Bullette met à disposition sur son site deux nouvelles chansons, dont The Finest Gifts, que j'aime beaucoup. Je vous rappelle en passant que son premier album est téléchargeable gratuitement sur la même page. We are not from Sugar en particulier est rigoureusement formidable.

jeudi, décembre 15

A écouter.

- Music for kids who can't read good se fend à son tour d'un classement de l'année avec des vrais morceaux de mp3 dedans. Je ne suis pas sûr de trouver mon bonheur dans leurs choix, cela dit.
- Des remixes comme s'il en pleuvait chez Stereogum, avec notamment ce lien.
-Bopperenlarme parle de The Prayer And Tears of Arthur Digby Sellers, un groupe dont je n'avais encore jamais entendu le nom (à coucher dehors) et qui a enregistré une ma foi fort sympathique reprise de Billie Jean.

mercredi, décembre 14

De la musique pour ceux qui n'aiment pas la musique

J'ai déjà dit ici tout le mal que je pensais des groupes de popera type Il Divo (officiellement des stars en Belgique depuis six mois) et G4 (jugez par vous-mêmes du désastre ici).
La deuxième génération du genre vient d'arriver en Angleterre et combine pour le pire l'esthétique "Les Choristes" avec cette vieille croyance que la jeunesse fait vendre. Je vous laisse juge.

Rien n'a d'importance. Tous les coups sont permis.

Attention, ce billet est long et fastidieux mais ça fait longtemps que je me dis que je devrais mettre au net ma position sur ces questions. D'autant que, même si j'y vois surtout des évidences, elles ne vont pas toujours sans dire.

Lorsque quelqu'un écrit sur Internet ou ailleurs ce qu'il pense d'un disque, d'un concert ou d'un film, il doit s'attendre à provoquer des réactions, plus ou moins amicales, et être prêt à y faire face. Face à un avis contraire aux leurs, certains tentent d'argumenter pour défendre leur position, disant qu'ils ont un avis différent parce que ça, ça ou ça. On peut alors assister à des discussions intéressantes pouvant parfois mener l'une ou l'autre partie à infléchir sa position. Malheureusement, d'autres au contraire quittent très vite le domaine de la discussion de l'oeuvre au sens strict pour s'attaquer à la personne ayant donné son avis, ce qui donne en général des échanges nettement moins civils et policés. Dans ce dernier cas, la question de la relativité du goût ou de l'objectivité en art est rapidement placée au centre des discussions. Or, je m'aperçois que je n'en ai jamais rien dit ici. Ayant un peu de temps devant moi, je vais tenter d'y remédier.

Je ne vais pas convoquer, comme beaucoup le font, Kant et Schopenauer pour donner du poids à mon propos. J'en suis bien incapable et ce serait sans doute contre-productif. Ma position sur ces questions étant un savant mélange de lieux communs et d'esprit ludique, je doute qu'elle gagnerait à se voir associée à des marronniers philosophiques qui ne pourraient qu'en souligner l'inanité. Je vais donc me contenter d'énumérer les grands principes auxquels je tente de me conformer :

1) Il n'existe pas d'échelle absolue sur laquelle on pourrait classer les albums en fonction de leur valeur intrinsèque. Aucun argument ne pourra jamais me convaincre que l'album de Rachel Stevens est meilleur (ou moins bon) que celui d'Arcade Fire ou de Pascal Obispo (je devais bien inclure ici un artiste que je hais pour rester crédible). Dès lors, je considère que, pour juger des oeuvres, le goût personnel est souverain. J'ai tendance à croire que la seule objectivité possible en matière d'art est statistique et que, par conséquent, elle n'est pas toujours souhaitable et est souvent parasitée par des considérations sociologiques ou ethnologiques.

2) Tous les artistes ne s'adressent pas aux mêmes auditeurs (André Rieu et Tony Conrad ne doivent pas avoir le moindre fan en commun et s'en portent tous les deux très bien). Inversément, tous les auditeurs n'attendent pas les mêmes choses de la musique qu'ils écoutent. Mieux, le même auditeur recherche en général des choses différentes selon son humeur ou le genre considéré. Qui prétendrait que le plaisir pris à écouter un disque ambient de Brian Eno est de même nature que celui pris à écouter le Requiem de Mozart ou un album de Led Zeppelin ?

3) Les disques et les genres de musique auxquels s'intéresse tout un chacun est le produit d'une histoire personnelle complexe qui rend illusoire de vouloir classer les auditeurs selon leur niveau d'"éducation musicale". D'autant que les facteurs déterminants en ce domaine sont le degré de curiosité que l'on éprouve envers la chose musicale ainsi que la quantité de temps (et d'argent) que l'on est prêt à y consacrer. En conséquence, ceux qui prennent de haut les gens ayant des goûts plus mainstream qu'eux peuvent souvent, bien qu'ils s'en défendraient sûrement, sombrer dans le jugement de classe (sans parler du fait que la musique n'est qu'un des nombreux aspects de la culture).

A ce stade, vous pourriez vous dire que, si je considère vraiment que tout se vaut et que rien de ce que peux dire ne devrait a priori concerner personne d'autre que moi, je devrais sans doute en tirer les conséquences, clore ce blog inutile, arrêter de lire ceux des autres et vivre mon goût de la musique en autarcie. Et bien non. En effet :

a) L'amateur de musique est souvent un peu snob et aime bien s'imaginer qu'autrui aurait a priori beaucoup à apprendre de lui. Etant aussi par nature assez confiant en la qualité de ses goûts (forcément, dirait Coluche, puisque "c'est avec ça qu'il juge"), il est en général convaincu qu'un individu de bonne volonté à qui il ferait écouter un disque qu'il aime ne pourrait que se former une opinion identique et l'aimer aussi. Il s'imagine même parfois que l'individu en question éprouverait fatalement un vague sentiment de reconnaissance d'avoir été ainsi "éduqué".

Cette conviction (parfaitement irrationnelle) est à mon avis plus ou moins présente chez tous les amateurs de musique, même ceux qui ne trouvent a priori rien à redire aux points 1 à 3 qui précèdent. Le désir de partager ses goûts avec d'autres est à la base de la plupart des fanzines, et plus récemment des blogs musicaux (dont le mien). Il est aussi à l'origine des billets que j'écris pour la Blogothèque, dont le sous-texte pourrait souvent se résumer ainsi : "Tenez, vous n'avez plus qu'à cliquer sur ce lien mp3 pour ressentir le même plaisir d'écoute que moi." C'est naïf, certes, mais d'une naïveté que je trouve presque touchante.

b) De plus, personne n'est complètement singulier et on partage tous au moins une partie de nos goûts avec d'autres. En conséquence, chaque billet que j'écris peut potentiellement faire entrer en contact des personnes dont la sensibilité musicale est proche de la mienne (il doit bien y en avoir une ou deux) et des artistes que j'apprécie. Autrement dit, s'il n'est pas raisonnable d'espérer convaincre une majorité de lecteurs, il est toujours possible de leur faire des propositions, ce qui légitime tout à fait l'existence des blogs et les fanzines. De la même manière, je lis les billets des autres dans l'espoir d'y trouver des propositions qui me plaisent.

Si je m'en tenais strictement aux principes que je viens d'évoquer, je serais obligé de commencer toutes mes phrases par des "Je pense que", "Je crois que" ou "En toute amitié et sans vouloir remettre en cause la validité de vos opinions, il me semble possible, si pas forcément souhaitable, d'envisager la possibilité que, dans certaines conditions bien précises, on puisse suggérer que", ce qui serait, sur la longueur d'un billet, assez pénible à lire (et encore plus à écrire si on tape à deux doigts). Je n'en fais donc rien.

Une fois disparue la tentation de lier en quoi que ce soit les goûts des individus avec leur personnalité (ou pire, leur "valeur"), la discussion autour d'un artiste ou d'une oeuvre devient une sorte de jeu abstrait, joute oratoire sans véritable enjeu. L'amateur de musique voulant défendre ses goûts et dégoûts peut alors presque tout dire, y compris "C'est nul", "Tut tut tut, tu dis n'importe quoi" ou "Tu devrais avoir honte de dire pareilles sottises", ces phrases n'étant plus que des armes parmi d'autres, dont le pouvoir potentiellement blessant disparaît de n'être plus connectées aux personnes, mais seulement aux oeuvres. C'est sans doute ce goût de la polémique qui me fait tant aimer Le Masque et la Plume, même quand je suis en désaccord avec ce qui s'y dit.

Cela dit, cette rafraîchissante liberté de ton n'est envisageable que si on se trouve en face d'un interlocuteur ayant la même vision ludique de la discussion. Dans le cas contraire, cela devient vite intenable. Je peux ainsi très vite me braquer si je perçois derrière un "Tu as vraiment mauvais goût." une mise en cause personnelle, ou inversément me sentir coupable lorsque mon interlocuteur en perçoit une de ma part. Cela dit, entre deux personnes de bonne composition, il est toujours possible de s'expliquer et de s'excuser.

Ouf. Je crois bien avoir écrit l'essentiel de ce que je voulais dire. La prochaine fois que je me retrouverai face à un interlocuteur rendu furieux par mes propos sur KorN, Rondo Venziano ou Arcade Fire, je pourrai toujours le renvoyer ici, où il trouvera à la fois une explication et, s'il se sent obligé de tout lire, une forme de punition

Bravo à ceux qui sont arrivés jusqu'ici.

dimanche, décembre 11

C'est presque Noël...

... et lehoubablog nous propose donc une (anti-)chanson de Noël des Sparks ici.

Sinon, dans un registre plus autopromotionnel, mon billet de la semaine sur la Blogothèque est consacré à The Knife.

Nits, Ancienne Belgique, 8 décembre 2005

Je savais bien qu'en allant voir en dix jours les deux groupes responsables de mes deux meilleurs souvenirs de concert, je m'exposais à des désillusions et je pourrais effectivement reprendre quasiment mot pour mot ce que j'ai déjà écrit à propos du concert d'Elbow de la semaine dernière, soit en gros que c'était très bien mais que ce n'était "que" très bien et que je n'ai pas réussi à retrouver l'état d'émerveillement béat qui m'avait envahi lors du premier concert. Je suppose que mes attentes étaient trop grandes, ce qui n'est jamais une bonne chose.

La salle de l'AB se présente sous une configuration assez inhabituelle. La moitié postérieure de la fosse est garnie de sièges en gradins, une bonne manière sans doute de combiner des préventes sans doute insuffisantes pour viser le sold-out et le caractère somme toute assez BCBG du public des Nits. La salle se remplit d'ailleurs lentement et j'ai profité de la demi-heure précédant le concert pour discuter avec une hollandaise qui suit le groupe depuis 1982 et a déjà vu cinq concerts de la tournée. Une vraie fan donc, du genre à avoir Quest en deux exemplaires. Elle me sera d'ailleurs d'une aide précieuse lorsqu'il s'agira de retrouver le titre des morceaux en cours de concert.

La disposition des instruments sur scène m'a fait me demander si une première partie avait été rajoutée à la dernière minute. Devant la batterie de Rob Kloet et les claviers de Robert Jan Stips, on pouvait en effet voir une batterie en réduction, toute mignonne avec ses mini-cymbales et ses petits tambours, et un (pas si) petit piano électrique. Je me suis pris un instant à imaginer des mini-Nits (Nitsjes ?) venir jouer quelques chansons pour chauffer la salle. Je n'étais d'ailleurs pas complètement à côté de la plaque puisque le concert commence par une première partie "acoustique". Ce terme est à prendre dans son acception la plus lâche puisque l'instrumentation y est quasiment le même que dans la seconde partie (les effets de synthé à la "Mountains" en moins).

Si on ajoute ce parti-pris minimaliste de la première moitié du concert au fait que, contrairement à il y a deux ans, ils ne sont que trois sur scène, on comprend assez vite que ce concert ne pouvait pas proposer un son aussi touffu et envelopppant que dans mon souvenir. Les chansons sont toujours aussi formidables (vu la qualité du dernier album, elles sont même sans doute meilleures) et parfaitement interprétées mais la sauce prend moins bien. Cela se manifeste surtout dans les détails. Le public ne reprend pas Adieu Sweet Bahnhof en choeur. Aucune cascade de cailloux ne vient faire tinter la cymbale de Rob. Les commentaires entre les morceaux sont moins nombreux et moins drôles, peut-être parce que Henk Hofstede se sent obligé de respecter un trilinguisme de bon aloi (anglais, néerlandais, français). En revanche, malgré les pense-bêtes qui jonchent la scène au pied du micro, Henk nous offre un beau trou de mémoire pendant The Milkman. Comme toujours avec les Nits, l'incident les amuse beaucoup. Le plaisir que prend le groupe à jouer sur scène est en effet évident et se manifeste dans les déhanchements et les mimiques de Henk, dans la manière qu'a Rob de surbouger derrère sa mini-batterie ou dans le sourire permanent qu'arbore Robert Jan.

Les meilleurs moments du concert furent sans doute pour moi The Eiffet Tower, la pièce centrale du nouvel album, qui est aussi terrassante sur scène que sur disque, ou bien The Red Dog avec son sample Kustiricien. Quand, après environ deux heures, j'ai quitté la salle. J'étais content, rassasié mais pas vraiment euphorique. Je venais juste de vivre un concert des Nits en plus. C'est déjà pas mal et a suffi pour me convaincre d'attendre un petit quart d'heure au stand merchandising pour faire signer mes achats (le nouvel album solo de Hen(ri)k et le DVD de Wool) par les trois membres du groupe. Ce n'est que le deuxième groupe pour lequel je fais la démarche de quémander un autographe et je ne savais pas trop comment m'y prendre. Peut-on décemment faire signer à Robert Jan Stips l'abum solo d'un autre membre de Henk ou un DVD des Nits datant d'une époque où il ne faisait pas partie du groupe ? Dans le doute, je lui ai fait signer la setlist. On n'est jamais trop prudent.

SETLIST :
***1ère partie "acoustique" (comme dans un "living-room") :
Sketches of Spain (début à 20h17)
Cars & Cars
A Touch of Henry Moore
Giant Normal Dwarf
The Milkman
The Eating House (qui se conclut par quelques mesures de Si j'avais un marteau)
The Long Song
Nescio
J.O.S. Days
Norwegian Wood (pour commémorer les 25 ans de la mort de John Lennon)

***2ème partie "électrique" (21h10):
The Wind-Up Bird
The Train
The Eiffel Tower
Adieu Sweet Bahnhof
The Hole
Walter and Conny (instrumental extrait de l'album Omsk)
Bike in Head
Les Nuits
The Rising Sun
The Key Shop
The Red Dog (21h55)

***Premier rappel
House on House (tiré de Quest et donc pour moi tout à fait inédit)
In the Dutch Mountains

***Second rappel (non prévu sur la setlist)
Crime and Punishment
The Dream (bien que ma voisine ait noté Dreams, il me semble bien qu'il s'agissait de The Dream)
(fin à 22h20)

vendredi, décembre 9

Pourquoi les francophones n'arrivent-ils jamais...

...à des classements manifestant un éclectisme aussi réjouissant que celui-ci ? Entendons-nous bien. Je suis loin d'approuver l'inclusion de tous les morceaux présents mais force est de constater que cette manière de tout assumer avec la tête haute et la conscience tranquille est admirable. Imaginerait-on un blog français (pour ne rien dire d'un magazine papier) aussi installé que l'est Stylus nous pondre un classement pareil ? J'en doute.

Par ailleurs, je m'en voudrais de ne pas vous signaler que deux extraits du dernier album d'Elbow sont écoutables ici.

mercredi, décembre 7

Les tops, c'est bien. Les entendre, c'est mieux.

Rien de plus frustrant que de lire des dizaines de classements des meilleurs morceaux de l'année sans jamais pouvoir les écouter. On a toujours l'impression d'être passé à côté de plein de choses. C'est pourquoi il faut saluer l'initiative de Said The Gramophone, qui permet d'écouter les 22 meilleures (selon eux) chansons de l'année. Vous y trouvez des choses dont j'ai parlé ici (il y a même de la pop vulgaire), des choses dont je parlerai lors de mon top albums, et des choses que je n'aime pas du tout. De quoi satisfaire tout le monde donc. C'est ici, et non .

mardi, décembre 6

La musique adoucit les moeurs

Surtout les tranches d'ambient proposées aujourd'hui par le stypod de Stylusmagazine.com. Vivement conseillé.

vendredi, décembre 2

Many Fingers et Matt Elliott à la Soundstation, 30 novembre 2005

Je gardais de mes écoutes de The Third Eye Foundation (dans ma période "pas de salut en-dehors du post-rock" en 1998) le souvenir d'une musique claustrophobique et assez oppressante (bien que ma réécoute hier de You Guys Kill Me m'a fait relativiser cette impression). Les deux albums solo de Matt Elliott m'ont donc un peu surpris. On y entendait un musique beaucoup plus apaisée et à la limite de la joliesse que je n'aurais jamais a priori associée avec le bonhomme. J'étais très curieux d voir comment cela allait se traduire sur scène.

La soirée commence à 21h10 (ce qui me fait dire que la ponctualité de l'AB à du bon, parfois) par Half Asleep, le projet de la Bruxelloise (?) Valérie Leclercq, dont je gardais un bon souvenir de l'album paru chez Hinah. Forcée de jouer en solo, elle tente de maintenir l'attention d'une salle dont la configuration est assez peu propice à ce genre d'exercice. Je ne sais pas trop si elle y a réussi. N'étant pas vraiment en état de suivre un set de folk languissant, j'ai préféré passer une demi-heure à discuter au bar et ainsi conserver le plutôt bon souvenir qui me restait de leur prestation en duo (au festival Rhaaa Lovely je crois).

Les choses sérieuses commencent avec la montée sur scène de Chris Cole, également connu sous le nom de Many Fingers. Je ne savais pour ainsi dire rien du bonhomme si ce n'est qu'il accompagnait Matt Elliott au violoncelle durant cette tournée mais les échos que j'en avais eu étaient plutôt favorables. Sa musique est basée sur la superposition progressive de différentes couches sonores. Il commence en général par une mélodie au clavier, qu'il met en boucle et à laquelle il superpose ensuite rythmiques à la batterie, lignes mélodiques de guitare sèche ou de violoncelle, effets de voix, etc.., permettant ainsi à la musique d'évoluer au fur et à mesure que de nouvelles couches viennent enrichier ou remplacer les anciennes. Chaque morceau dure environ cinq minutes, au cours desquelles l'atmosphère peut changer du tout au tout, même si l'ambiance générale est dans l'ensemble plutôt rythmée et festive (à la différence du set de aMute au festival Panoptica qui, sur un principe similaire, faisait une musique beaucoup plus contemplative). Il s'agissait pour Chris Cole (et pour Matt Elliott) du dernier concert d'une tournée européenne de plus de deux mois et ça se sentait. Il semblait complètement au bout du rouleau. Ses gestes manquaient parfois de coordination et étaient accomplis avec un étrange mélange de surexcitation et d'extrême lassitude, comme s'il comptait sur un dernier rush d'adrénaline pour le mener jusqu'à la fin de la soirée. Il est finalement parvenu au bout de son calvaire, bien que la synchronisation des différentes boucles ne semble pas être une tâche aisée, ce qui explique sans doute qu'il ait poussé au cours de son set plus d'une quinzaine de hurlements rageurs et jeté à plusieurs reprise ses baguettes et son tabouret sur le sol. A chaque fois, je craignais qu'il abandonne son set et quitte la salle pour ne plus y revenir. Mais non, il a tenu bon, en "parfait professionnel" (selon les termes de Matt Elliott lui-même).

Lorsque Matt Elliott monte sur scène, il semble beaucoup plus détendu que son congénère, discute en très bon français entre deux morceaux, nous gratifiant au passage d'un surréaliste "Vous êtes le meilleur public que l'on ait jamais eu" après deux minutes de concert. Sa musique relève aussi de l'empilement de boucles, ici essentiellement vocales, de telle sorte que l'on pourrait décrire ses morceaux comme des polyphonies à une voix. Le résultat donne parfois l'impression étrange d'être le résulat d'un croisement entre I Muvrini et Yann Tiersen, deux noms que je n'associerais a priori pas à Third Eye Foundation, et fascine par l'écart qui existe entre la simplicité du dispositif scénique (une guitare et un micro) et l'effet obtenu. Le rôle de Chris durant cette partie du concert semble a priori assez faible. Tapi dans l'ombre au fond de la scène, il ajoute simplement de-ci de-là quelques touches de violoncelle (à moins qu'il ne soit également responsable de toute la mise en boucle. Je n'ai pas vu Matt Elliott chipoter à un seul boîtier durant toute cette partie du concert et, pour autant que je puisse en juger, il ne se servait pas de pédales). Cette première partie de "chansons" (le terme est de lui) a confirmé l'impression que m'avait laissé l'écoute de son dernier album, Drinking Songs. Pourtant, à l'instar de ce dernier, le concert s'est conclu par The Maid We Messed, un morceau électro bruitiste d'environ 20 minutes qui rappelle plus directement les travaux passés de Matt Elliot et a plongé les spectateurs dans un agréable état d'hébétude rassasiée. Heureusement qu'il n'a pas fait plus long cela dit car je pense que je n'aurais pas tenu (la Soundstation, avec son sol crasseux et une absence totale de sièges est un lieu de cauchemar pour qui a mal aux jambes). En guise de rappel, il nous a fait écouter le remix oppressant qu'il a enregistré pour une groupe français dont il demande que l'on ne mentionne pas le nom (son mix a été refusé par le groupe). La soirée aurait été presque parfaite si j'avais eu moins mal aux jambes et s'il avait été possible d'acheter Drinking Songs à la sortie du concert mais, même en repartant les mains vides et les jambes lourdes, ça reste une très bonne soirée.

Scandale, scandale...

Les classements de fin d'année dans la presse musicale seraient-ils en partie édités pour répondre à des impératifs éditoriaux ? C'est en tout cas ce que prétend un blog anglais à propos du classement publié cette semaine dans le NME. Bon, un "Sus à la corruption ! Vendu ! Brûlons ce torchon tabloïde !" pourrait sans doute résumer succinctement les réactions provoquées par cet article mais bon, y a-t-il encore des gens qui prennent ces classements pour argent comptant ? (A part le mien évidemment qui est forcément au-dessus de tout reproche.)

D'autant que je dois avouer comprendre sans peine que le rédacteur en chef du NME trouve génant que les deux personnalités ayant le plus souvent fait la une cette année (Oasis et Pete Doherty, dont les frimousses en une garantissent des ventes en kiosque supérieures de 30% à la moyenne selon des chiffres lus je ne sais plus où) ne soient pas repris en position utile dans le classement de fin d'année et ça ne me choque pas plus que ça qu'il les fasse arbitrairement remonter de quelques places. C'est une simple question de cohérence éditoriale. D'autant que ce n'est pas comme si un classement de 50 disques basés sur les votes de 25 rédacteurs (à vue de nez) avait une quelconque valeur scientifique. Ce qui me fait garder ma confiance (entendez par là "mon plaisir de lecture") dans le NME est que les chroniques des albums d'Oasis et Babyshambles au moment de la sortie ont été assez tièdes. Or, c'est bien au moment de la sortie que l'avis des critiques a le rôle le plus grand sur les ventes, non ? A moins que je ne sois en train de défendre l'indéfendable pour ne pas avoir à critiquer le magazine musical le plus drôle que je connaisse. Comme souvent, It's only Rock'n'Roll exprime sans doute le mieux ce que je pense.

PS : Si vous représentez une maison de disques et voulez m'offrir des vacances aux Maldives pour que votre poulain soit classé en 24ème position dans mon top albums à venir, écrivez-moi. L'adresse est dans la colonne de gauche. Merci d'avance. J'ai besoin de soleil.

PS2 : Vous pouvez aller regarder l'intégrale du récent concert en Islande de Sigur Ros ici. Ca devrait au moins vous faire oublier pendant deux heures le cynisme ambiant.

It's Friday, I'm in...

...la Blogothèque avec cette semaine un billet sur Kendra Smith en attendant que je vous cause du concert de Matt Elliott ou de ce que l'on retrouve en plongeant dans ses anciennes cassettes audio.

jeudi, décembre 1