dimanche, décembre 11

Nits, Ancienne Belgique, 8 décembre 2005

Je savais bien qu'en allant voir en dix jours les deux groupes responsables de mes deux meilleurs souvenirs de concert, je m'exposais à des désillusions et je pourrais effectivement reprendre quasiment mot pour mot ce que j'ai déjà écrit à propos du concert d'Elbow de la semaine dernière, soit en gros que c'était très bien mais que ce n'était "que" très bien et que je n'ai pas réussi à retrouver l'état d'émerveillement béat qui m'avait envahi lors du premier concert. Je suppose que mes attentes étaient trop grandes, ce qui n'est jamais une bonne chose.

La salle de l'AB se présente sous une configuration assez inhabituelle. La moitié postérieure de la fosse est garnie de sièges en gradins, une bonne manière sans doute de combiner des préventes sans doute insuffisantes pour viser le sold-out et le caractère somme toute assez BCBG du public des Nits. La salle se remplit d'ailleurs lentement et j'ai profité de la demi-heure précédant le concert pour discuter avec une hollandaise qui suit le groupe depuis 1982 et a déjà vu cinq concerts de la tournée. Une vraie fan donc, du genre à avoir Quest en deux exemplaires. Elle me sera d'ailleurs d'une aide précieuse lorsqu'il s'agira de retrouver le titre des morceaux en cours de concert.

La disposition des instruments sur scène m'a fait me demander si une première partie avait été rajoutée à la dernière minute. Devant la batterie de Rob Kloet et les claviers de Robert Jan Stips, on pouvait en effet voir une batterie en réduction, toute mignonne avec ses mini-cymbales et ses petits tambours, et un (pas si) petit piano électrique. Je me suis pris un instant à imaginer des mini-Nits (Nitsjes ?) venir jouer quelques chansons pour chauffer la salle. Je n'étais d'ailleurs pas complètement à côté de la plaque puisque le concert commence par une première partie "acoustique". Ce terme est à prendre dans son acception la plus lâche puisque l'instrumentation y est quasiment le même que dans la seconde partie (les effets de synthé à la "Mountains" en moins).

Si on ajoute ce parti-pris minimaliste de la première moitié du concert au fait que, contrairement à il y a deux ans, ils ne sont que trois sur scène, on comprend assez vite que ce concert ne pouvait pas proposer un son aussi touffu et envelopppant que dans mon souvenir. Les chansons sont toujours aussi formidables (vu la qualité du dernier album, elles sont même sans doute meilleures) et parfaitement interprétées mais la sauce prend moins bien. Cela se manifeste surtout dans les détails. Le public ne reprend pas Adieu Sweet Bahnhof en choeur. Aucune cascade de cailloux ne vient faire tinter la cymbale de Rob. Les commentaires entre les morceaux sont moins nombreux et moins drôles, peut-être parce que Henk Hofstede se sent obligé de respecter un trilinguisme de bon aloi (anglais, néerlandais, français). En revanche, malgré les pense-bêtes qui jonchent la scène au pied du micro, Henk nous offre un beau trou de mémoire pendant The Milkman. Comme toujours avec les Nits, l'incident les amuse beaucoup. Le plaisir que prend le groupe à jouer sur scène est en effet évident et se manifeste dans les déhanchements et les mimiques de Henk, dans la manière qu'a Rob de surbouger derrère sa mini-batterie ou dans le sourire permanent qu'arbore Robert Jan.

Les meilleurs moments du concert furent sans doute pour moi The Eiffet Tower, la pièce centrale du nouvel album, qui est aussi terrassante sur scène que sur disque, ou bien The Red Dog avec son sample Kustiricien. Quand, après environ deux heures, j'ai quitté la salle. J'étais content, rassasié mais pas vraiment euphorique. Je venais juste de vivre un concert des Nits en plus. C'est déjà pas mal et a suffi pour me convaincre d'attendre un petit quart d'heure au stand merchandising pour faire signer mes achats (le nouvel album solo de Hen(ri)k et le DVD de Wool) par les trois membres du groupe. Ce n'est que le deuxième groupe pour lequel je fais la démarche de quémander un autographe et je ne savais pas trop comment m'y prendre. Peut-on décemment faire signer à Robert Jan Stips l'abum solo d'un autre membre de Henk ou un DVD des Nits datant d'une époque où il ne faisait pas partie du groupe ? Dans le doute, je lui ai fait signer la setlist. On n'est jamais trop prudent.

SETLIST :
***1ère partie "acoustique" (comme dans un "living-room") :
Sketches of Spain (début à 20h17)
Cars & Cars
A Touch of Henry Moore
Giant Normal Dwarf
The Milkman
The Eating House (qui se conclut par quelques mesures de Si j'avais un marteau)
The Long Song
Nescio
J.O.S. Days
Norwegian Wood (pour commémorer les 25 ans de la mort de John Lennon)

***2ème partie "électrique" (21h10):
The Wind-Up Bird
The Train
The Eiffel Tower
Adieu Sweet Bahnhof
The Hole
Walter and Conny (instrumental extrait de l'album Omsk)
Bike in Head
Les Nuits
The Rising Sun
The Key Shop
The Red Dog (21h55)

***Premier rappel
House on House (tiré de Quest et donc pour moi tout à fait inédit)
In the Dutch Mountains

***Second rappel (non prévu sur la setlist)
Crime and Punishment
The Dream (bien que ma voisine ait noté Dreams, il me semble bien qu'il s'agissait de The Dream)
(fin à 22h20)

2 commentaires:

Yannick a dit…

Bonjour Pierre,

Je viens de découvrir ton blog et je le regrette car j'ai l'impression d'avoir manquer qqchose . Je suis tout comme toi sous le charme de groupe comme Elbow ( que je n'ai jamais vu ) et des Nits, qui reste pour moi ( avec peut-être Nick Cave et récemment Arcade Fire , si si c'est vraiment la claque pas un effet de mode ) le summum de la grâce sur scène .
Je m'apprête à les revoir en Mars à Paris et malgré ta retenue, mon impatience grandit .
En attendant Elbow, voire Arab Strap :) Continue comme ça

Anonyme a dit…

Salut Pierre,
Bonjour,
Ne faisant pas partie des 2000 élus, je cherche un exemplaire de Quest. Merci de ton aide. Filopat (Lille)
PS : que valent les deux premiers albums des Nits, étiquettés New Wave ? Perso, j'adore Work.