mercredi, février 28

Droopy's in the house



Je ne sais à peu près rien sur Lemony Snicket (qui serait apparemment une série de livres pour enfants) mais la mini-interview de Stephen Merritt est franchement très drôle et le morceau qu'il interprète ensuite (Smile, No One Cares How You Feel) vaut également l'écoute.
(via Popjustice)

vendredi, février 23

Les albums de 2006 (XVI)

Hot Chip - The Warning (EMI/Capitol)
Le NME est connu pour ses tentatives incessantes de lancer des nouvelles scènes ou, à défaut, de donner des noms idiots à celles qui seraient apparues sans leur aide. Ainsi, en 2003 (environ), le magazine anglais avait tenté de lancer le "slapcore", sorte de musique vaguement dansante qui devait son nom à la place prédominante qu'y occupait la guitare basse. Hot Chip avait été désigné à l'époque comme la tête de proue du mouvement, avec un succès mitigé. Il faut dire que le premier album du groupe, dont je n'ai gardé qu'un très vague souvenir, n'était pas très bon. Ces douteux débuts rendent plus incroyable encore la réussite éclatante de ce deuxième album. On pourrait hâtivement classer la musique de Hot Chip dans la catégorie de l'électro-pop-dance mais ce serait sans doute oublier un peu vite le fait que la musique du groupe est presque entièrement analogique (essentiellement, si j'en crois leur formation scénique, à base d'orgues Moog) et surtout la voix blanche et fragile d'Alexis Taylor, le seul chanteur sans doute à s'être présenté sur une scène du Pukkelpop avec des bottes en caoutchouc blanc montant mi-tibia (je n'en revenais pas, au début du concert, quand je me suis rendu compte que le roadie excentrique qui venait de s'escrimer pendant une demi-heure à installer le matos sur scène était en fait le chanteur du groupe). C'est dans des situations comme celles-ci que je regrette de ne pas être anglophone. Là où un bloggeur britannique pourrait écrire sans honte "Alexis Taylor's soulful voice adds poignancy to the relentless dance music created by his Moog-operating colleagues", les pauvres francophones que nous sommes sont obligés d'utiliser des expressions aussi désespérément grotesques que "dance-music qui a une âme" (eurgh!) ou "la voix d'Alexis Taylor apporte un supplément d'âme" (EURGH !). Pourtant, même si cela sonne tout à fait ridicule en Français, c'est bien en gros ce que je veux dire. Des chansons comme And I was a boy from school et Look after me sont empreintes d'une mélancolie atone qui serait presque déprimante si la musique, légère (voire discrètement lounge), ne venait en désamorcer la charge émotive. De plus, l'album est beaucoup plus varié que ce que l'on pourrait croire. Je pourrais encore citer Colours, petite gemme qui rappelle les meilleurs Nits et, surtout, Over and Over, redoutable machine à faire danser qui évoque The Rapture ou !!! mais que tout le monde connaît sans doute déjà par coeur.
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- A écouter : Look after me (mp3), And I was a boy from school (video), Over and Over (video), Colours (video)
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Tunng - Comments Of The Inner Chorus (Full Time Hobby/Static Caravan)
A l'époque de la sortie de leur premier album, Tunng avait été rapidement classé dans le (ou la ?) folktronica, catégorie nouvellement créée et qui, comme son nom l'indique, se trouve au confluent du folk et de l'electronica. Sur la plupart des chansons de ce deuxième album, le groupe semble se rapprocher du premier et délaisser le second. Les influences électroniques sont en effet ici plus légères : quelques crouuuiiich discrets de radio mal réglée, une forme primitive de sampling sur Woodcat (où les mots de différents chanteurs sont accolés pour former une phrase), quelques citations de dialogues venant du cinéma ou de la télévision (j'ai l'impression de reconnaître la voix de Barbara Windsor au début de The Wind-Up Bird), quelques notes de synthé sur Engine Room ou Red And Green, et c'est à peu près tout. Pour le reste, on nage en pleine folkitude. Une voix fragile (parfois accompagnée d'une autre voix fragile), égrène des couplets bondissants sur fond de guitare acoustique. Une chanson comme Jenny Again me fait beaucoup penser à Ralph McTell (mon principal point de repère en folk anglais), voire parfois à Simon & Garfunkel (mon principal point de repère en folk américain). Le tout est d'un goût exquis mais sans doute un peu trop désincarné pour moi. Je regrette un peu de n'y percevoir ni la volonté de divertir qui donne naissance à la meilleure pop, ni l'expression d'une sensibilité originale que l'on est en droit d'attendre du folk. C'est évidemment le problème lorsque l'on veut combiner des genres différents, on se retrouve un peu à poursuivre deux lièvres à la fois.
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- A écouter : Stories (mp3), Jenny Again (video), It's because...we've got hair (video)
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Amplifier - Insider (Steamhammer)
La musique pratiquée par les trois Anglais d'Amplifier rentre parfaitement dans la catégorie "gros rock qui tache". Toutes guitares dehors, les morceaux se déploient comme ces ciels bouchés, presque noirs, qui précèdent l'orage. Presque sans temps morts, sans différenciation refrain-couplet, les morceaux se fondent tous dans un magma de guitares hurlantes dont j'ai peine à retirer autre chose qu'une certaine forme de puissance imposante. Par moments, on est assez proche d'une forme de heavy-metal. Pourquoi, dans ces conditions, me suis-je retrouvé à aimer ça, pourriez-vous vous demander. Sans doute parce que je considère One Great Summer, sur leur premier album éponyme, comme une des dix meilleures chansons de rock à guitares du millénaire (ça ne fait jamais que cinq ans) et aussi parce que le chanteur Sel Balamir a la chance d'avoir, outre un nom de féroce défendeur de Minas-Tirith, une des voix les plus puissamment évocatrices du rock contemporain. Grave et timbrée, elle apporte à la musique du groupe une densité et une gravité qui se combinent parfaitement avec les assauts incessants de la basse, de la guitare et de la batterie. Imaginez la rencontre entre Twisted Sister, Black Sabbath, Mogwai, Pearl Jam et The Cure et vous aurez une bonne idée de ce que m'évoque la musique d'Amplifier. Alors bien sûr, cet album est totalement irréconciliable avec la légèreté, la finesse, la sophistication et la délicatesse avec laquelle vous avez sans nul doute fini par m'associer (arf!) mais bon, il faut savoir varier ses plaisirs et écouter Insider ou RIP à plein volume fait indéniablement partie des petits plaisirs de l'existence.
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- A écouter : Insider (mp3)
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jeudi, février 22

Micah P. Hinson, Rotonde, Botanique, 11 février 2007

A l'époque de la sortie de son premier album, je me rappelle avoir été sidéré la première fois que j'ai vu une photo de Micah P. Hinson. Alors que je m'attendais à voir un cow-boy aux cheveux blond sale avec une barbe de trois jours, un Stetson et une chemise à carreaux, je suis tombé sur un gringalet à lunettes portant des boucles d'oreille-boutons un peu ridicules. Ses chansons, sa voix et son apparence me semblaient en décalage absolu, presque irréconciliables, un peu comme si vous découvriez que Robert Smith ressemblait à Bézu (paix à son âme) ou que Patti Smith avait la tête d'Yvette Horner. Ce côté 'geek' m'a dans un premier temps étonné mais, en le voyant sur scène, je me suis rendu compte qu'il parvenait à en jouer jusqu'à devenir presque touchant.

Cela passe tout d'abord par une tendance continue à l'auto-dépréciation. Il remercie le public en prenant la plupart du temps un air gêné. Ainsi, après avoir joué en début de concert Beneath The Rose, le single issu de son premier album, et été copieusement applaudi, il dit "Merci mais j'ai peur que ce soit de loin la meilleure chanson qus nous ayons à vous proposer. Le reste sera moins bon. J'aurais dû la garder pour la fin.". Il s'excuse de ne pas avoir pu financièrement emmener avec lui la quinzaine de musiciens ayant enregistré son album et de n'être accompagné que d'un batteur ("très bon marché", bien qu'il joue aussi d'un peu de pedal- lap-steel) . Il s'excuse même de devoir improviser des nouveaux arrangements pour certains morceaux parce que Virgin Express a égaré son banjo lors du vol vers Bruxelles. Il chante également des reprises de John Denver et de Richard Hawley, Suzanne de Leonard Cohen et un des singles du premier album d'Interpol en laissant entendre à chaque fois qu'il trouve que ce sont des bien meilleures chansons que celles qu'il écrit lui-même.

Il cultive par ailleurs avec application son côté dilettante. "Les responsables de la salle m'ont autorisé entre une et trois pauses-cigarettes durant le concert. Je vais en prendre une maintenant." Il finira par en fumer quatre (à toute vitesse, je n'ai jamais vu personne tirer sur son filtre avec un tel enthousiasme) mais prendra soin d'occuper le public à chaque fois en lui contant des anecdotes. Il raconte ainsi comment une spectatrice italienne a hurlé en plein concert "Your voice fights fascism" avant de demander "Someone know the difference between communism and fascism?" et de se lancer dans quelques considérations vaseuses sur le sujet. Il raconte comment tous les poissons de son aquarium sont morts un jour parce qu'il y avait versé de l'eau trop froide, et comment le patriarche de l'aquarium était allé voir successivement chaque poisson pour les réconforter avant de se laisser mourir lui-même ("Les poissons sont capables de sentiments, de compassion. Je l'ai vu de mes propres yeux."). Sinon, il jure comme un charretier, parle souvent à son batteur en tournant le dos au public et, quand il casse une corde de sa guitare, il la change, accroupi sur scène, en pestant contre l'absence de roadies. Ce fut donc un concert plein de temps morts (il est tout de même parvenu à casser trois cordes en moins de deux heures) et qui baignait dans une ambiance un peu potache. Il termine d'ailleurs en disant. "Merci d'avoir supporté notre amateurisme. De toutes façons, le professionalisme, c'est très surfait.".

Je n'ai à dire vrai pas grand chose à dire sur la musique proprement dite. Si on fait abstraction des arrangements, elle est finalement assez proche de ce que les albums laissent supposer, en plus lo-fi et crade. La chanson finale par exemple, Patience, est presque méconnaissable tellement il hurle. Un concert qui valait donc plus selon moi pour le personnage, par le rapport qu'il instaurait avec son public que pour ses qualités purement musicales, même si je suis toujours ravi de voir chanter des gens dont j'admire la voix. J'avais d'ailleurs vu il y a un ou deux ans Mark Kozelek au même endroit en avais tiré sensiblement les mêmes conclusions.

LIEN : Vous pouvez aller lire la chronique de son concert de Londres sur Playlouder, histoire notamment de connaître le titre de la chanson d'Interpol qu'il a interprétée.

mercredi, février 21

Ryan Teague + Murcof, Beursschouwburg, Bruxelles 17 février 2007

Comme il s'agissait de mon premier concert au Beursschouwburg, je voulais juste dire, en guise de prambule, que la beauté du bâtiment (même si la salle de concert proprement dite est assez quelconque) m'a plongé dans une réelle perplexité face à l'avenir institutionnel de la Belgique.

Des deux musiciens à l'affiche du concert, je ne connaissais que le premier, Ryan Teague, dont j'ai dit beaucoup de bien du EP Six Preludes il y a un an et dont j'ai par ailleurs évoqué le nouvel album il y a à peine une semaine. J'étais curieux de voir comment la musique très écrite du bonhomme allait pouvoir être rendue live et j'avais à dire vrai un peu peur de voir arriver sur scène un type tout seul avec un laptop qui se serait contenté de remixer en direct les différents morceaux de l'album. J'avais tort d'être inquiet car ce sont quatre personnes qui, peu après 20h30, monte sur scène. Il apparaît assez vite que les trois instrumentistes présents sur scène ont tous reçu une solide formation classique (ils ont d'ailleurs tous une partition devant les yeux). Le percussioniste joue d'un xylophone d'orchestre avec quatre maïoches (là où la plupart des amateurs n'en utilisent que deux) et la harpiste tire tous les partis de sa harpe à pédales, ce qui permet notamment au spectateur de déduire des changements constants d'altération des notes que la musique écrite par Ryan Teague est harmoniquement assez complexe. A côté de ces deux beaux instruments d'orchestre, la monstruosité électrico-design utilisée par la violoncelliste fait un peu désordre (j'ai toujours trouvé que le violon(celle) électrique, avec ses formes futuristes, était un instrument grotesque). A gauche de la scène, Ryan Teague, un vague air de Jarvis Cocker malgré une frange trop longue, joue les chefs d'orchestre derrière son laptop.

Musicalement, le concert est nettement plus proche de son premier EP que du récent album. Tous les morceaux (sauf un) sont construits de la même manière : les instruments y brodent autour des rythmiques du laptop des enluminures qui apparaissent d'emblée assez complexes. En effet, la musique de Ryan Teague n'est jamais évidente, souvent inattendue et demande une attention soutenue de l'auditeur car les voix de chaque instrument y sont d'importance égale. On n'y trouve pas, comme dans 95% des musiques dont je parle ici, de soliste que les autres musiciens se contenteraient d'accompagner discrètement. Non, je dirais même que ça contrepointe allègrement dans tous les sens. Bien que la plupart des morceaux ont une fâcheuse tendance à se ressembler, cette complexité de bon aloi et l'incongruité de cet assemblage disparate d'instruments (harpe, violoncelle et xylophone, ça ne s'entend quand même pas tous les jours, surtout dans une salle de concert rock) intriguent et les spectateurs, debouts ou assis par terre, ont écouté dans un silence quasi-religieux la cinquantaine de minutes du concert. Bizarrement, le morceau le plus applaudi est celui où Ryan Teague va faire un tour en coulisses, tandis que les trois musiciens se lancent dans un morceau de 6-7 minutes dont les sonorités médiévales sont assez bluffantes.

Je pressentais déjà en écoutant ses disques que Ryan Teague était une personnalité à suivre. Cette soirée me l'a confirmé. Dommage que je ne sois pas équipé pour enregistrer les concerts auxquels j'assiste car, contrairement à la plupart des concerts que j'ai vus depuis un an, j'aurais été curieux de réécouter celui-ci à tête reposée.

Après une petite demi-heure de pause, le Mexicain Murcof fait son apparition. La scène étant surélevée, le public, en majorité assis ou couché, le voit avec un curieux effet de contre-plongée. Etant donné que son visage est éclairé du dessous par l'écran de son laptop et qu'en plus les fumigènes qui envahissent la scène reflètent les éclairages bleus et rouges des projecteurs comme du brouillard, le concert prend parfois des allures d'apparition satanique. Le bouc et la calvitie de Murcof n'arrangent rien. Je ne connaissais absolument rien de sa musique avant de le voir ce samedi mais il semblerait finalement que ce ne soit pas très grave car ceux qui connaissent ses travaux précédents étaient tous d'accord pour dire que ce qu'il nous a livré durant une petite heure n'avait que peu de rapports avec ses oeuvres précédentes. Tout ce que je peux dire, à titre personnel, c'est que j'ai beaucoup aimé. L'utilisation de samples d'instruments traditionnels (de l'orgue notamment) apportait une véritable dimension dramatique à son mélange de techno minimale (les rythmiques utilisées, souvent très discrètes, m'ont fait penser aux premiers travaux de Pan Sonic) et d'ambient-drone. Passant sans heurts d'une atmosphère contemplative à des passages presque dansants, il a livré un set qui me donne très envie d'en savoir un peu plus sur son oeuvre, et surtout sur l'album qui est censé sortir dans quelques semaines (sur Leaf, si j'ai tout bien compris).

Excellente soirée donc, même si pas assez bonne pour me donner le courage de revenir au même endroit le lendemain pour les concerts de Plaid et Ratatat.

dimanche, février 18

Les albums de 2006 (XV)

Matt Elliott - Failing Songs (Ici d'ailleurs)
Si je ne me trompe, il s'agit du troisième album que Matt Elliott (ex-Third Eye Foundation) sort sous son propre nom. Comme sur les deux précédents, la post-electro apocalyptique de son groupe laisse ici la place à un folk spectral où les voix semblent n'être que des réminiscences de marins morts en mer il y a plusieurs siècles (je devrais sans doute souffler à Gore Verbinski l'idée de confier à Matt Elliott la bande son du troisième volet de Pirates des Caraïbes). L'accompagnement se limite sur la plupart des morceaux à un peu de guitare, de percussions légères et quelques notes de piano ou de violon. Comme le titre le mentionne explicitement, cet album semble être la mise en musique d'un constat d'échec total (pour la musique ? pour l'humanité ? pour Matt Elliott lui-même ? plus sûrement sans doute pour tout cela à la fois). Les paroles de Lone Gunmen Required, par exemple, commencent par "Here we stand alone again / Divided by the same old men / Hands behind our back again / Our backs against the wall again.", celles de The Failing Song par "As youths we used to talk at night / Of the joys that life was going to bring our way / And the failures of our forebears / Were as clear to us as the cold light of day" (comme vous vous en doutez sans doute le second paragraphe commence par "But now..."). Pourtant, ce constat se trouve constamment contredit par la beauté même des chansons. Ces douloureux échecs et ces espérances déçues que les paroles de l'album ressassent ne sont-ils pas le passage obligé avant une renaissance, un nouveau départ ? Je n'ai jamais souscrit à l'idée que l'on écoute de la musique triste pour se sentir encore plus triste. Au contraire, la musique, quand elle est belle, est source de plaisir, et tant qu'il est possible de ressentir du plaisir, il reste de l'espoir. Contre toute apparence, ce disque est donc sans doute un cri d'espoir, l'expression d'une inébranlable volonté de continuer la lutte. L'électronique bruitiste de TEF vient d'ailleurs parfois bousculer les chansons squelettiques qui constituent 80% de l'album (comme sur Desamparado par exemple), comme pour ajouter un peu de chaos dans un discours qui pourrait sinon paraître trop transparent.
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- A écouter : Lone Gunmen Required (mp3)
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Lupen Crook - Accidents Occur Whilst Sleeping (Tap’n’Tin Records)

J'ai consacré mon billet de la quinzaine sur la Blogothèque à cet album. Je vous encourage vivement à aller y faire un tour (ou à tout à le moins écouter les morceaux, dont les liens sont également disponibles ci-dessous) car il fera sans aucun doute partie de mon top 4 final (dont la publication n'est plus si éloignée, promis).
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- A écouter : Love 80(mp3), The Dead Relative (mp3), Halloween (mp3)
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mercredi, février 14

Les albums de 2006 (XIV)

Woven Hand - Mosaic (Glitterhouse)
J'aime beaucoup Sixteen-Horsepower et Woven Hand, en grande partie à cause de la voix de prêcheur exalté de David Eugene Edwards. Pourtant, si on excepte For Heaven's Sake (sur le deuxième album de 16HP, si je ne m'abuse), je serais incapable de vous citer de mémoire le moindre titre de chansons ou de vous chantonner la moindre de leurs mélodies. Je prends en effet leurs albums non pas comme des collections de chansons mais comme un moyen de me plonger dans un univers où rock mystique, country crépusculaire et folk gothique dansent le sabbat au clair de lune de Salem (ooh le joli cliché). C'est devenu un cliché (bah, tant que je m'en rends compte...) mais la musique de David Eugene Edwards est réellement hantée par quelque chose qui semble le dépasser. S'il était né dans l'Antiquité, il serait sans doute parvenu à fidéliser des disciples et à créer une religion. Etant un musicien rock né au XXème siècle, ses disciples sont des fans devant lesquels il se contente de chanter, ce qui est sans doute sur le long terme moins dangereux. Cela faisait en tout cas longtemps qu'un disque de DEE ne m'avait pas autant touché. Aux habituels guitares, banjo et percussion, s'ajoute ici un orgue particulièrement inspiré et qui apporte un supplément de gravité à une musique qui était pourtant déjà au départ assez peu guillerette. De nouveau, il m'est difficile de mettre en exergue un morceau plutôt qu'un autre. Les "Alleluia" dévastateurs de Winter Shaker, le minimalisme oppressant de Elktooth et Dirty Blue sont d'évidents sommets mais ils ne prennent tout leur sens qu'intégrés dans l'ensemble de l'album.
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- A écouter : Winter Shaker (mp3)
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Micah P. Hinson - Micah P. Hinson and the Opera Circuit (Sketchbook)
Il n'a pas manqué grand chose au premier album du Texan, Micah P. Hinson and The Gospel of Progress, pour se retrouver en tête de mon classement de 2004 : sortir quelques mois plus tard aurait sans doute suffi. Comme souvent, ce qui m'avait tout d'abord attiré était sa voix, à la fois rauque et timbrée, qui ne ressemblait à rien de ce que j'avais pu entendre auparavant (et, en y réfléchissant, à rien de ce que j'ai entendu depuis). Le premier album bénéficiait en plus d'une impressionnante collection de chansons où la subtilité des arrangements n'empêchait pas les mélodies de s'incruster durablement dans l'esprit. Pour un premier album, il s'agissait indéniablement pour moi d'un coup de maître. Depuis, Micah P. Hinson s'était fait discret, se contentant de sortir l'année dernière un plaisant EP intitulé The Baby and the Satellite. J'attendais ce deuxième véritable album avec impatience et ai été un peu déçu. La voix est toujours aussi belle, les arrangements toujours aussi luxuriants (d'autant que Micah P. Hinson s'entoure ici de 13 musiciens) mais les chansons sont à mon avis plus quelconques. L'album distille une country-folk acoustique élégante mais n'agrippe jamais vraiment l'attention de l'auditeur, bercé par une succession de chansons sans surprises. Même les instants de rage qui surgissent une fois ou deux sur l'album (You're only lonely par exemple) semblent être dans l'ordre des choses et font à peine dresser l'oreille. Si je veux pouvoir apprécier ses chansons, j'ai donc besoin de les écouter individuellement, en-dehors du contexte de l'album. She Don't Own Me ou Little Boys Dream, par exemple, font indéniablement leur petit effet si un shuffle malicieux les place entre deux morceaux d'electro-pop, de rock ou de death-metal mais redeviennent malheureusement assez quelconques une fois que la surprise du contraste disparaît et qu'on les replace au coeur de l'album. C'est un bel exemple de ce que j'appelle le songwriting "filandreux". Bien que ce soit un terme que j'emploie régulièrement, je n'ai jamais très bien su expliciter ce qu'il signifiait pour moi. Si je devais m'y risquer, je dirais qu'elle m'évoque une soupe au potiron chaude à laquelle on a ajouté de l'emmenthal rapé, qui a fondu. Les amateurs de soupe au potiron (ou à l'oignon) savent sans doute que l'on peut alors se retrouver à enrouler autour de sa fourchette d'interminables fils de fromage, de plus en plus fins qui semblent ne jamais devoir épuiser la masse gélatineuse de fromage fondu qui flotte au milieu de l'assiette. Une musique filandreuse, c'est pour moi un peu la même chose : une musique sans structure, qui dure mais ne donne jamais l'impression de progresser vers quoi que ce soit. Cela dit, je reste confiant pour l'avenir de la carrière de Micah P. Hinson et son concert de la semaine dernière au Botanique semble me donner raison.
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- A écouter : She don't own me (mp3)
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Mates of State - Bring it back (Barsuk Records)
Même si je n'ai pas la moindre idée de la note que Pitchfork a donné à cet album (après vérification, ce serait un 7.8), les relais qui ont porté le nom de ce groupe à mes oreilles sont en gros les mêmes que ceux qui m'ont fait prendre conscience de Arcade Fire, Clap Your Hands Say Yeah!, Love Is All et les autres. Je m'attendais donc à une sorte d'indie-pop vaguement prétentieuse et inutilement compliquée. J'avais tout faux. Il s'agit d'un des disques les plus immédiatement accrocheurs de l'année (et, après avoir écrit plus de la moitié de mes chroniques de l'année, je dois bien me rendre compte que c'est essentiellement ce que je recherchais en 2006, sans doute plus encore que les autres années). Le premier nom qui me vient en tête en écoutant ce disque est celui des Catchers. La manière dont les voix de Kori Gardner et Jason Hammel se croisent et se répondent me rappellent les meilleurs moments de Mute. C'est particulièrement flagrant sur Think Long, Nature in the wreck et So Many Ways. Si elle est indéniablement pop (deux écoutes de l'album et vous vous retrouverez à en chantonner des mélodies sous votre douche), la musique de Mates of State n'est pas lisse ou cliniquement produite. Les instrumentations sont le plus souvent assez simples et le son parfois presque crade (sur For The Actor par exemple). C'est sans doute cette indécision, cet entre-deux qui fait que le disque peut plaire aussi bien aux fans de pop commerciale qu'à ceux d'indie-rock Pitchforkesque, même si sans doute pas aux plus jusqu'au-boutistes de ces deux catégories. Cela dit, n'ayant jamais bien compris les critères d'appréciation des ayatollahs de l'indie-police, je peux aussi tout à fait me tromper. C'est toute la beauté de l'exercice de la chronique subjective. Chacun déblatère des kilomètres de bêtises sur ce qu'il ressent. Toutes les bêtises ainsi déblatérées se contredisent et expriment des opinions irréconciliables. Pourtant, il semblerait que de plus en plus de gens en lisent et en écrivent, espérant confusément, contre toute raison, dénicher une vérité absolue qui s'importait à tous (mais non, je ne suis pas terrassé par l'inanité de mon entreprise... ou si peu !)
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mardi, février 13

Ca m'avait échappé.

Lu sur la newsletter 4AD :
Lisa Gerrard - Australia/Europe April 2007

02 Australia, Melbourne, : Forum Theatre
04 Australia, Sydney, : State Theatre
05 Australia, Brisbane, : Playhouse at the QPAC
11 Spain, Barcelona, : L'auditori
13 Italy, Milan, : Conservatorio
15 France, Paris, : Grand Rex
17 Belgium, Brussels, : Cirque Royal (chic, en espérant qu'il y ait encore des places demain)
18 Germany, Duisburg, : Theater Am Marientor
20 Netherlands, Holland, The Hague: World Forum
22 Germany, Hamburg, : Schauspielhaus
23 Germany, Berlin, : Tempodrom
25 Poland, Warsaw, : Roma Theatre
27 Czech Republic, Prague, : Archa
29 UK, England, London: Shaftesbury Theatre

Dans un autre genre, j'ai pu me libérer pour aller voir les Pet Shop Boys à Paris le 21 mai. Youpie !

(demain, si tout va bien, deux billets pour le prix d'un)

samedi, février 10

Les albums de 2006 (XIII)

Je prends de plus en plus de retard sur mon planning mais compte cependant bien mener l'entreprise à son terme. Ca prendra le temps qu'il faudra. En attendant, ce soir, c'est Micah P. Hinson au Botanique.

TV on the Radio - Return to Cookie Mountain (4AD)
Jusqu'à l'été dernier, j'étais assez circonspect sur le phénomène TV On The Radio. Je n'avais pas compris grand-chose au premier album, qui m'avait paru un peu nébuleux, partant dans tous les sens sans ligne directrice clairement identifiable. Leur musique me semblait gentiment inconsistante, comme un mortier qui n'aurait pas pris. Les différents ingrédients (voix, batterie, guitares) s'entremêlaient, se confondaient, voire se contredisaient, et ne restait plus pour moi qu'un brouillard indistinct duquel ne surnageait qu'une impression de vague malaise. Je lisais certes çà et là que le groupe "réinventait le rock du XXIème siècle" et que ne pas s'en rendre compte était une honteuse preuve d'aveuglement, mais cela ne faisait qu'augmenter ma perplexité. Voir le groupe sur scène au Pukkelpop durant le mois d'août m'a permis d'un peu mieux saisir leur démarche, et notamment de comprendre que, contrairement à ce que je pensais, la musique de TVOTR n'est pas uniquement une musique cérébrale, conçue comme une expérience scientifique dans le cadre d'une thèse de doctorat sur "les phénomènes d'hybridation entre rock et soul dans les musiques populaires des Etats-Unis au début du XXIème siècle". Certes, il y a un peu de ça (certains membres du groupe conservent à tous moments l'air concentré et grave du chimiste en train de manipuler des produits dangereux) mais le chanteur contredit brillament cette absence de vie. Il se contorsionne, glapit et hulule dans une éruption d'énergie brute qui semble devoir se fondre dans l'insondable proto-post-kraut-rock-shoegazing des autres musiciens, dont il parvient cependant à émerger. Sur scène, cette contradiction, rendue évidente par les postures des uns et des autres, fonctionne en plein. Sur disque, sans ces repères visuels, je continue malheureusement à rester en-dehors. Je peux en admirer certains aspects, mais de manière totalement abstraite, comme on admire une belle démonstration mathématique. Peut-être mon esprit est-il trop formaté par la pop pour comprendre tout à fait cette manière de concevoir la musique comme un complexe mélange des contraires ? Pour la petite histoire, il s'agit d'un des rares albums dont la seconde moitié m'apparaît nettement meilleure que la première. Ils ne font décidément rien comme tout le monde.
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Ryan Teague - Coins & Crosses (Type)
Je gardais un excellent souvenir du premier EP de Ryan Teague, Six Preludes, où électronique et cordes dissonantes se mêlaient pour former un tapis sonore nettement plus aventureux que la moyenne des disques du genre, quelque part entre ambient, new-age et "nouvelles musiques". Ce premier véritable album continue dans la même veine tout en restant plaisamment inclassifiable. Presque totalement dénué de voix, il est trop complexe harmoniquement pour être du new-age à la Max Richter, pas assez apaisant pour être de l'ambient à la Deaf Center et, si Ryan Teague utilise bien les cordes d'un orchestre philharmonique, la construction de la plupart des morceaux ne rentre pas tout à fait dans les canons des "nouvelles musiques", à part peut-être sur Fantasia for String Orchestra et Accidia. Ce dernier morceau pourrait d'ailleurs se faire passer pour un respectueux remix minimal-electro de la première moitié du premier mouvement de la 3ème Symphonie de Gorecki, s'il ne venait malheureusement à se perdre vers la fin dans une interminable conclusion pour clochettes. L'album dure environ 50 minutes et les vingt premières sont sans doute les meilleures. Après un court Introit, la plage qui donne son nom à l'album mêle électronique, hurdy-gurdy et harpe pour former un tapis sonore cotonneux qui, bien que ne menant nulle part, invite au voyage. Tableau I ressemble plus à une musique de film mais est tout aussi prenant. Malheureusement, la fin de l'album, plus déconstruite, est un peu moins convaincante, à moins que comme souvent avec les disques de ce genre, je ne me lasse au fur et à mesure que le disque se déroule. Pour le comparer avec son concurrent direct (l'album de Deaf Center, paru sur le même label), cet album est clairement plus ambitieux mais n'est pas toujours complètement à la hauteur de ses ambitions. Cela dit, sur les morceaux où il l'est, il est impressionnant.
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McFly - Motion in the Ocean (Island)
Quand les adolescents de McFly sont apparus sur le marché de la pop anglaise pour (pré-)adolescentes, ils ont été accueillis comme des sauveurs, à la fois par son public-cible, en manque d'idoles à punaiser sur ses murs depuis le split de Busted, et, plus bizarrement, par une bonne frange de la critique d'outre-Manche. Je me rappelle notamment avoir lu des chroniques qui comparaient favorablement leur premier album avec celui des Beatles ou des Beach Boys (même moi en étais tout ébaubi). Trois ans et deux albums plus tard, il ne reste malheureusement plus grand chose de cet enthousiasme. Le groupe a vu ses ventes fondre comme neige au soleil (même si elles feraient sans doute encore l'envie de 90% des groupes indés) et est devenu la tête de Turc préférée de la plupart des critiques. Alors bien sûr, les bonnes raisons de s'être lassé de McFly ne manquent pas : une suite lassante de "coups publicitaires" (souvent à base de nudité ou de travestissement), la promotion d'un film inepte (à la Spiceworld), une musique qui n'évolue guère et des interviews où les membres du groupe, bien que tous majeurs, semblent partager collectivement l'esprit d'un enfant de 13 ans fasciné par les diverses sécrétions de son corps. Comme tous les groupes pop pour pré-adolescent(e)s, McFly semble donc bien mal parti pour fidéliser son public vieillissant et donc se garantir une certaine longévité. C'est dommage parce que, sur la seule base de la qualité des chansons, il s'agit sans doute de leur meilleur album. Plus diversifié que le premier album mais moins sérieux que le second, il comprend quelques-unes des meilleures chansons du groupe. On y retrouve les influences classic-rock habituelles du groupe (principalement The Who ou Queen, dont ils reprennent Don't stop me now en fin de disque). Pourtant, ces influences sont rapidement assimilées et servent à écrire des chansons originales et souvent assez imparables. Transylvania est une tentative bluffante de réinjecter dans la pop du XXIème siècle la démesure de Bohemian Rhapsody (d'ailleurs explicitement crédité dans la vidéo). {Friday Night}, avec ses gros riffs de guitare et son refrain crié, est la meilleure chanson que The Offspring n'écrira plus. Little Joanna, Home is where the heart is et quelques autres remplissent également parfaitement leur contrat même si, comme toujours avec les groupes de ce genre, les chansons calmes doivent être écoutées avec la plus grande circonspection (Bubblewrap en particulier). Cela dit, Motion In The Ocean délivre en quantité tout ce que je demande d'un bon disque pop. Je suis d'ailleurs convaincu que bon nombre de ces chansons, peut-être avec des paroles légèrement différentes pour gommer leur côté adolescent mal dégrossi, pourraient plaire au NME et à tous les tenants de l'orthodoxie pop indé si seulement elles étaient interprétées par un groupe qui ait les bons vêtements, les bonnes coupes de cheveux, la bonne attitude et revendique les bonnes références. Mais bon, ça fait longtemps que j'ai arrêté de croire qu'il existait un lien quelconque entre la popularité d'un groupe et la qualité de ses chansons. Je regretterai juste que leur insuccès commercial récent privera sans doute leur musique de la possiblité d'évoluer. Ils feront peut-être un quatrième album mais je doute qu'ils en feront un cinquième. Dommage, j'aurais été curieux d'écouter ce qu'ils auraient pu enregistrer dans 5 ou 10 ans.
- Liens : Site officiel
- A écouter : Transylvania (mp3), Transylvania (video), Star Girl (video), Friday Night (video)
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mardi, février 6

Je l'ai échappé belle.

Quand un morceau de mélodie non identifiée me passe par la tête, je deviens obsédé par l'idée de lui redonner un titre et un interprète. Ca peut parfois me gâcher ma journée. C'est donc avec une certaine angoisse que je me suis demandé ce matin, juste après avoir entendu l'intro du nouveau single de Lily Allen, (Littlest Things) : "Rhaaa, mais à quoi les accords de l'intro me font-ils bien penser ?". J'ai donc immédiatement éteint la radio pour tenter de suivre le fil de mes souvenirs et me suis retrouvé avec les informations suivantes :
- Ca commence par des lalalala.
- Après avoir cru quelques secondes que c'était en français, je me suis rendu compte que non.
- Tempo plutôt lent.

Heureusement, ma journée n'allait pas être pourrie par cette angoissante indécision car, cinq minutes plus tard, j'ai eu le bonheur d'entendre le refrain émerger dans un coin brumeux de ma conscience.

PS : Si vous aussi, vous voulez jouer au jeu des ressemblances, ne cliquez pas sur ce lien qui vous donne la solution.

lundi, février 5

Les albums de 2006 (XII)

Peter Bjorn and John - Writer's Block (V2/Wichita)
Pour beaucoup, Peter Bjorn and John est le groupe d'une seule chanson, le sifflotant Young Folks (suis-je le seul à trouver que la voix y ressemble étrangement à celle de Vaya Con Dios ?), un de ces morceaux qui semblent faire l'unanimité autour d'eux. Pourtant, tout bon qu'il soit, ce n'est pas le morceau de l'album que je préfère. J'ai déjà dit ici tout le bien que je pensais de Amsterdam qui parvient à ressuciter le spectre de la cold-wave robotique du début des années 80 (on dirait une chanson de Gary Numan) sans utiliser le moindre synthétiseur. Objects of my affection mêle un riff de guitare dévastateur et une voix typiquement new-wave (voir les Nits de Woman Cactus par exemple) pour créer une de ces chansons épiques et tourbillonnantes que l'on se surprend à écouter cinq fois de suite sans y penser. Cet album est souvent présenté comme une collection de chutes de studio indignes assemblées à la va-vite pour mettre en valeur la gemme Young Folks. C'est injuste car je trouve que c'est un des albums les plus homogènes et consistants de l'année. Outre les trois chansons déjà mentionnées, Paris 2004, Let's call it off et Roll the credits par exemple soutiennent sans rougir la comparaison avec la plupart des disques d'indie-pop sortis cette année. Certes, en choisissant de se spécialiser dans la pop légère et gentiment désinvolte, le groupe se condamne à ne jamais devenir l'obsession de personne. Il serait irréaliste de lui demander plus qu'un plaisir fugace, comme ces amours de vacances qui font les meilleurs souvenirs.
- Liens : Site officiel, la page MySpace
- A écouter : Objects of my affection (mp3), Young Folks (video)
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Apparat Organ Quartet - s/t (Skelt)
Dire que ce disque date de 2006 est à la limite de l'abus de langage vu que les morceaux furent tous enregistrés avant 2003 et que l'album était déjà sorti une première fois en 2004. Pourtant, c'est bien en 2006 qu'il a été distribué en Belgique pour la première fois. C'est aussi en 2006 que le groupe a effectué une mini-tournée en Europe, notamment à Louvain et au Festival "Islande Mon Amour" à Paris. J'ai déjà eu l'occasion de parler de ce disque qui mélange avec bonheur Kraftwerk, l'electro ludique de Console, les compositeurs minimalistes et l'énergie du rock, voire à certains moments du heavy-metal. Créé comme une ensemble instrumental (4 orgues et une batterie) gentiment prise de tête dans l'esprit des premiers Philip Glass ou Steve Reich, le groupe de Johann Johannsson (dont je reparlerai bientôt) et de ses amis Hordur, Ulfur, Arnar et Sighvatur a évolué et est devenu une redoutable machine à faire danser. Les cinq membres du groupe ayant tous une multitude d'autres projets, il est peu probable que cet album connaisse jamais une suite. Dommage car, pour comparer avec des artistes stylistiquement assez proches, je trouve cet album bien plus intéressant que ce que les représentants de l'électronique grand public produisent ces dernières années (des Chemical Brothers à Mylo en passant par Royksopp et les autres).
- Liens : Page MySpace, mon article sur la Blogothèque
- A écouter : Cruise Control (mp3)
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Casiotone For The Painfully Alone - Etiquette (Tomlab)
Il existe finalement assez peu d'artistes électroniques qui n'ont à aucun moment l'ambition de faire gigoter l'auditeur. Si le terme n'était pas complètement ridicule, je me laisserais aller à parler d'"électro d'auteur", dans le sens où les chansons sont clairement ici le résultat d'une démarche de songwriter, plus que de laborantin de studio. Je me trompe peut-être mais l'écoute de ce disque me donne l'impression que les paroles ont toutes été écrites avant la musique et que cette dernière n'est que le moyen utilisé pour les transmettre. Les mélodies sont simples, les recherches sonores inexistantes et l'accent est surtout placé sur l'adéquation entre les voix et l'accompagnement musical. Les ambiances sont le plus souvent déprimantes, à tel point que l'on pense parfois à Smog (sur I Love Creedence particulièrement), sans doute à cause du timbre de la voix de Owen Ashworth et de son débit volontairement inexpressif (en y repensant, je me rends d'ailleurs compte que "voix de Smog + électronique" aurait été une assez bonne description des premiers albums de Tarwater). Tout cela donne au final un disque qui est dans l'esprit beaucoup plus indie-folk que pop ou électro. Il n'y a guère que sur le single Young Shields que l'on trouve une mélodie qui soit chantonnable. Casiotone For The Painfully Alone est indéniablement un artiste attachant, mais son refus d'en faire trop et le caractère résolument anti-spectaculaire de sa musique sont parfois aussi frustrants qu'admirables.
- Liens : La page MySpace, le concert à emporter
- A écouter : Nashville Parthenon (mp3)
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Pour mes amis robots :
- Peter Bjorn & John - Objects Of My Affection
- Apparat Organ Quartet - Cruise Control
- Casiotone For The Painfully Alone - Nashville Parthenon

dimanche, février 4

Les albums de 2007 (I)

Mon billet de la quinzaine sur la Blogothèque est consacré à Mika.

vendredi, février 2

Divas étherées

- Marissa Nadler reprend Cortez The Killer de Neil Young.
- Un forcing d'AbsolutNoise m'a enfin fait prendre conscience de l'intrinsèque formidabilité de Dear Euphoria, une suédoise qui s'accompagne au piano et rappelle un peu la Kate Bush première période, en plus contemplatif. De nombreux morceaux à écouter sur son site officiel et sur sa page Myspace. Awaiting est sans doute la chanson que je préfère.

PS : C'est frustrant. Avec le nouveau Blogger 2.0, les titres stupîdes que l'on donne à ses billets en attendant de trouver mieux ne sont plus modifiables dans l'URL. Du coup, se dédire complètement devient infaisable et je ne prends plus la peine de les changer. Je me retrouve donc à devoir assumer d'avoir intitulé un billet 'Divas étherées'. Dure vie....

EDIT : Un podcast de Patrick Wolf vient d'être publié sur Playlouder.