dimanche, janvier 24

samedi, janvier 16

Top albums 2009

Je m'aperçois que j'ai oublié de signaler ici la parution sur la Blogothèque de la liste commentée de mes 10 albums de 2009, agrémentée de quelques considérations geignardes sur comment strodur la laïfe, qui m'empêche d'écouter autant de disques que je voudrais ou que j'en avais pris l'habitude.

Pour information, le texte de ce billet est repris ci-dessous :

2009, introspection rétrospective
Cela fait des mois que je ne trouve plus le temps d’écouter tous les nouveaux disques qui sortent, obsession de la découverte qui était encore l’ordinaire de mes loisirs il y a deux ou trois ans. Petit à petit, j’ai l’impression que la musique a perdu pour moi une partie de son importance et est devenue au mieux un passe-temps occasionnel. A mon échelle, j’ai d’ailleurs acheté peu de nouveautés cette année et je pense bien n’avoir écouté aucun album téléchargé (légalement ou non).

Pire, cette diminution de mon « temps de cerveau disponible » m’a rendu frileux, réticent à prendre des risques en sortant de ma zone de confort, et je me suis souvent tenu à l’écart des nouvelles têtes, préférant me concentrer sur les valeurs sûres, ces artistes dont je sais à l’avance qu’ils tiendront leurs promesses.

Ce manque de temps m’a également fait rechercher plus volontiers encore que d’habitude les plaisirs immédiats de la pop commerciale (de très bonne facture cette année, avec par exemple Lady Gaga, Little Boots, Dizzee Rascal, Calvin Harris, Lily Allen ou les Black-Eyed Peas) que ceux plus longs en bouche, des musiques que j’appellerais plus marginales, à défaut de trouver un terme plus approprié, même si les albums de Pan Sonic & Haino Keiji, David Sylvian et Sunn O))) m’ont chacun à leur manière confirmé que je pouvais encore occasionnellement me plonger avec délices dans des musiques plus abruptes.

La conjonction de ces deux tendances lourdes a fait en sorte que les albums que j’ai préférés cette année ont en majorité été l’œuvre d’artistes pop que j’aime et suis depuis longtemps.

Pet Shop Boys – Yes
Après l’excellent Fundamental, Neil Tennant et Chris Lowe confirment leur retour au devant de la scène avec un album produit par Xenomania, la Rolls-Royce de la production pop britannique au XXIème siècle (Girls Aloud, Rachel Stevens, Annie, etc.). J’ai déjà longuement écrit sur cet album. Je me contenterai donc d’ajouter ici que The Way It Used To Be a conservé jusqu’en décembre son statut de morceau de l’année.

Nits – Strawberry Wood
Un titre en forme d’hommage transparent aux Beatles (Norwegian Fields) et un retour vers les sommets aériens de Ting ou Giant Normal Dwarf, où Henk Hofstede, Rob Kloet et Robert Jan Stips enchaînent avec une facilité déconcertante des morceaux de pop parfaite. Les deux concerts auxquels j’ai assisté sont sans aucun doute mes deux meilleurs souvenirs live de l’année, et ce n’est pas Rom qui me contredira.

Pierre Lapointe – Sentiments humains
Il était clair pour moi que Pierre Lapointe (le Patrick Wolf québecois) ne parviendrait jamais tout à fait à retrouver les époustouflants sommets de son deuxième album La Forêt de Mal-Aimés. Je ne fus donc pas surpris dans un premier temps d’être un peu déçu, de rester sur ma faim. Puis, au fur et à mesure des écoutes, je me suis attaché à ces chansons, un peu moins immédiates, mais qui petit à petit sont parvenues à sortir de l’ombre de leurs imposantes aînées.

Patrick Wolf – The Bachelor
La dernière fois que nous avions entendu parler de lui, Patrick Wolf (le Pierre Lapointe anglais) était au bord de l’anéantissement artistique, forcé de promouvoir jusqu’à la nausée son décevant troisième album, sorti par une major anxieuse de rentabiliser au plus vite son investissement. Les concerts de cette tournée m’avaient laissé l’impression d’un chanteur au bout du rouleau, pour qui la musique était devenue une insurmontable corvée. Ce nouvel album est donc sans doute pour moi la meilleure surprise de l’année. Patrick y retrouve l’inspiration foisonnante de ses deux premiers disques, canalisée par une science de la production et des arrangements qui a parfois fait défaut dans le passé. Un morceau comme Vulture (coproduit avec Alec Empire d’Atari Teenage Riot) est une bombinette comme il n’en avait plus enregistré depuis Bloodbeat. Cela dit, son clip étant déconseillé à toutes les personnes sensibles, je vous proposerai plutôt d’écouter Damaris, chanson qui, dans un genre plus conventionnel, est tout aussi enthousiasmante.

frYars – Dark Young Hearts
Comme le précédent, ce disque est l’œuvre d’un vingtenaire anglais multi-instrumentiste à la frontière entre l’électronique et l’acoustique, et a été financé via Bandstocks, le site permettant aux fans de devenir actionnaires des albums de leur artiste préféré. Cela fait longtemps que la blogosphère pop bruissait de rumeurs flatteuses sur frYars aka Ben Garrett et si cet album ne confirme pas complètement toutes les promesses des EP autoproduits sortis précédemment, il a en revanche permis de révéler au plus grand nombre ces chansons intriguantes et biscornues que sont Olive Eyes, The Ides ou Benedict Arnold.

A-Ha – Foot of the mountain
Cela a-t-il encore du sens de parler de A-Ha en 2010 ? Même ceux qui sont prêts à admettre que cela ait jamais eu du sens ne peuvent pas ne pas se poser la question. Malgré les ricanements moqueurs de toute ma famille, de la plupart de mes amis et des gens qui me liront ici, je réponds oui. D’abord parce que ce sera la dernière année d’existence du groupe, qui a annoncé sa séparation future il y a quelques semaines. Ensuite parce que le défi qu’ils se sont lancé de réenregistrer un album de pop synthétique, du genre de celle qui avait fait leur gloire dans la seconde moitié des années 80 a été un succès au-delà de toutes mes espérances.

Soap & Skin – Lovetune for vacuum
Jeune autrichienne de 19 ans, Anja Plaschg a enregistré son premier album sur 4 ans, essentiellement chez elle. Chaque morceau a donc été longuement ruminé, retravaillé, ce qui explique sans doute l’impression de maîtrise, parfois terrifiante, qu’il dégage. Situées quelque part entre Sigur Ros, Kate Bush, Wim Mertens et Faun Fables et bénéficiant par endroit de l’apport de Fennesz, ces chansons imposent une atmosphère de contemplation sévère qui, bien que totalement dénuée d’humour, ne devient jamais prétentieuse ou pesante.

Annie – Don’t stop
Anniemal, le premier album de la Norvégienne m’avait laissé sur ma faim, ne parvenant pas tout à fait pour moi à justifier l’enthousiasme qu’il semblait susciter un peu partout (et était essentiellement basé sur le fait qu’elle faisait de la pop et ne s’appelait ni Britney ni Christina). Ce deuxième album, au contraire, est une sorte de chef-d’oeuvre, comme avait pu l’être il y a quelques années Come And Get It de Rachel Stevens. On y retrouve la patte de Richard X (mentor déjà présent sur le précédent) et les décidément omniprésents compositeurs-producteurs de Xenomania.

Lisa Germano – Magic Neighbor
Tous ceux qui se sont enthousiasmés il y a qulques années ans pour Emily Haines ferait bien de redécouvrir l’originale qui, sur cet album, me semble retrouver tout à fait l’inspiration qui lui avait permis de complèter durant les années 90 mon carré de dames bout-de-ficelle-de-cheval du label 4AD (Paula Frazer, Liza Fraser, Lisa Gerrard, Lisa Germano).

tUnE-yArDs – BiRd-BrAiNs
Affublé de la plus moche pochette jamais sortie sur 4AD, cet album fut sans doute celui que je fus le plus surpris d’aimer. A priori rien ici n’était censé me plaire : voix hésitante et geignarde, guitares semblant toujours légèrement désaccordées, esthétique lo-fi foutraque, soit tout ce qui me fis fuir comme la peste la grande majorité de la musique indépedante américaine de ces vingt dernières années. Pourtant, je ne sais trop pourquoi, cela fonctionne ici, sans doute à cause de la qualité des compositions, comme par exemple la comptine enfantine de Lions ou l’étonnant pastiche world-music de Hatari.

J’ai commencé ce billet en me disant que la musique m’avait cette année surtout servi à emplir le silence pendant que je faisais d’autres choses, une fonction utilitaire a priori peu propice à provoquer en moi des émotions intenses, mais réécoutant tous ces albums en rédigeant ceci, je me rends compte que ma capacité à m’enthousiasmer est intacte et qu’il me suffirait d’un peu de temps pour que je retrouve cette faculté adolescente, un peu ridicule mais tellement agréable, de croire pendant un instant qu’un disque est capable de me transformer, d’altérer durablement le filtre à travers lequel je perçois la vie et le monde.

samedi, janvier 2

2009 fut l'année

- où presque tous mes artistes cultes ont sorti un album, souvent très bon : les Nits ont sorti un album qui rivalise avec leurs plus beaux sommets, Patrick Wolf a sorti son meilleur disque depuis cinq ans, les Pet Shop Boys ont renoué avec le succès populaire, même si cet album est un poil en-dessous du précédent. Quant à Pierre Lapointe, même s'il n'a pas tout à fait retrouvé le niveau miraculeux de son précédent album, il a prouvé qu'il restait malgré tout une tête au-dessus de ses poursuivants directs en Francophonie. Je vois vrai dire mal comment 2010 pourra rivaliser, même si on peut espérer de bonnes choses de Lisa Gerrard, Brendan Perry et Elbow.
- où la pop mondiale a retrouvé le goût des synthés, quelque part entre la trance de la fin des années 90, l'électroclash de 2003 et le milieu des années 80. Lady Gaga, La Roux, Little Boots, Black-Eyed Peas et les autres furent autant de raison de se faire plaisir à bon compte (le CD 1 de Now 73, par exemple, est du pur bonheur de discothèque).
- où David Guetta a remplacé les Neptunes et Timbaland comme producteur ultime. Je ne suis pas sûr qu'on a gagné au change, même si I gotta feeling ou son duo avec Kelly Rowland sont indéniablement de bonnes chansons.
- où je me suis mis à réécouter de la chanson française, avec une attention particulière sur les grands anciens : de Jean Ferrat (qui risque fort de devenir un plaisir coupable) à Alain Souchon, en passant par Alain Bashung.
- où j'ai accepté que ma présence sur la toile (ici ou ailleurs) serait limitée. Je doute que 2010 soit meilleur, malheureusement. Je regrette le temps où je trouvais chaque semaine le temps de poster des chroniques de mes concerts ou de mes écoutes et de faire le tour des blogs pour en extraire les plus belles pépites.

Bonne année à tous.

dimanche, décembre 20

Christmas Number One

En Angleterre, le classement des meilleures ventes de singles la semaine de Noël a toujours revêtu une grande importance, grâce notamment à Top Of The Pops sur la BBC, importance que le Top 50 français, même à sa grande époque n'a jamais eu.

Pas étonnant donc que tous les médias anglais se soient passionnés cette semaine pour l'improbable duel entre

- à ma gauche, Joe McElderry, le gagnant de X-Factor, une sorte de Star-Ac sur ITV, un type transparent comme l'eau tiède, qui reprend The Climb, une chanson de Hannah Montana, terrible combinaison des deux poisons en train de tuer à petit feu la culture populaire : Walt Disney et la télé-réalité. L'horreur totale.



- à ma droite (à moins que ce ne soit l'inverse), le bien connu Killing In The Name de Rage Against The Machine, un temps chanson culte de Lovin' Fun sur Fun Radio et propulsé depuis quelques semaines rempart de la "vraie musique" contre "la domination des charts par le reality-karaoke" grâce à une campagne Facebook lancée par un anonyme qui voulait voir disparaître le sourire gominé (si si) et auto-satisfait de Simon Cowell (le prince machiavélique qui préside aux destinées de X-Factor et de American Idol).



L'Histoire populaire retiendra que Rage Against The Machine a gagné, que cette victoire marque l'émergence d'un contre-pouvoir lié au Web face aux grosses machines des télévisions privées, mais en fait j'ai bien peur que toute cette affaire n'ait finalement laissé que des perdants.
- Joe Machinchose que l'on prive de sa sucette en chocolat, ce qui est injuste quand on pense que tous les précédents gagnants de X-Factor, tous aussi inintéressants que lui (en tout cas à l'époque, j'oublie ici Bleeding Love de Leona Lewis), l'ont eue cette sucette.
- Tom Morello, le leader d'extrême-gauche de RATM, qui s'est révélé pour la cause être un has-been vieillissant, trop heureux d'exploiter jusqu'à la nausée cette publicité inattendue (sa page Twitter est particulièrement déprimante).
- Simon Cowell lui-même qui, de Svengali pénible et somme toute inoffensif, doit être ravi de se retrouver ainsi élevé en symbole persécuté du mépris des classes moyennes et hautes envers les goûts simples du peuple.

Quelle tristesse.

mercredi, décembre 16

Mes premières fois...

...première fois que j'ai acheté un 33 tours francophone :



...première fois que j'ai acheté un 33 tours anglophone :



...première fois que j'ai acheté un 45 tours (un des très rares 45 tours que j'aie jamais acheté d'ailleurs), avec la voix de Sandra, icône s'il en est de cette époque :

http://www.youtube.com/watch?v=FfRAiTtOVEY

...premier souvenir de clip :



Fondamentalement, j'étais foutu dès l'enfance.

vendredi, décembre 11

Désolé

L'applet Twitter semble avoir été piratée. Les tweets apparaissant dans la colonne de droite ne sont pas les miens. J'ai donc tout enlevé. Vous n'aurez qu'à aller me suivre en direct sur Twitter si vous voulez.

Et j'ai un double compte-rendu des Nits à écrire.

vendredi, novembre 27

Ceci est très bon



Une voix blanche mixée très en avant, une intro Ultravoxienne, un mid-tempo lancinant, un refrain en suspension qui se résout progressivement en un long crescendo de nappes, un solo de guitare à la limite de la contry,.... Ce morceau a tout pour me plaire. Je ne sais rien de Hurts, si ce n'est que Popjustice aime bien et qu'ils sont de Manchester. Mais a-t-on vraiment besoin d'en savoir plus sur un groupe pour aimer sa musique?

La dernière fois que je m'étais ainsi enthousiasmé pour une chanson qui ne venait de nulle part, c'était en 2002. Déjà un clip en noir et blanc, déjà un duo masculin anglais, déjà une chanson naviguant entre pop et électro.

Je suis très prévisible en fait.



A l'époque, alors que je prédisais que cette chanson serait un tube mondial, ça n'avait pas du tout marché. Je n'ai jamais entendu parler de Syntax nulle part, même pas dans les Inrocks (pourtant encore assez friand de trip-hop à cette époque). Espérons que mon enthousiasme ne soit pas à nouveau le prémice d'un échec annoncé.

PS : Pour ceux qui ne me suivent pas sur Twitter, j'en profite pour resignaler l'interview de Liz Fraser dans le Guardian.

lundi, novembre 23

The Big Pink + The Germans, Ancienne Belgique, 3 novembre 2009

Cela faisait longtemps que je n'étais plus entré dans la petite salle du Club de l'Ancienne Belgique, au moins trois ans je dirais. Est-ce parce que mes goûts sont devenus plus mainstream et que les artistes qui m'intéressent jouent à présent dans de plus grandes salles, ou plus généralement parce que l'expérience du live me tente moins qu'auparavant ? Un peu les deux sans doute. Pourtant, bien que je me sentais un peu en porte-à-faux avec le public déjà présent, la mallette que j'ai bien été obligé de ramener du boulot n'arrangeant rien, j'ai retrouvé avec un certain plaisir cette atmosphère confinée, qui me rappelle certains concerts de Godspeed You Black Emperor, des Kills, de Patrick Wolf ou de Sunn O))).

La raison de ma présence est The Big Pink, duo londonien porté par un buzz qui ne faiblit pas (les requêtes Google menant quotidiennement sur ce blog en témoignent) et dont les deux premiers singles m'avaient tout à la fois rappelé tout un pan de la musique indé des années 90 (quelque part entre le trip-hop, le shoegaze de Slowdive et l'indie crapoteux mâtiné d'électro de The Wolfgang Press) et semblé totalement original. Cet enthousiasme avait dans un premier temps été amplifié par leur signature sur mon label fétiche 4AD avant de retomber quelque peu à l'écoute de l'album, pas totalement convaincant sur la longueur.

Mais commençons par le commencement, c'est-à-dire la première partie assurée par The Germans, groupe belge néerlandophone dont le post-rock basé sur la répétition et l'empilement des couches sonores m'a à dire vrai semblé en 2009 un peu anachronique (voire parachronique me souffle le petit Robert). Il y a bien cà et là quelques idées intrigantes, dans l'utilisation des voix notamment, et le batteur se débrouille plutôt bien, mais dans l'ensemble j'ai trouvé ça assez faiblard. J'ai pourtant cru un instant que le dernier morceau allait emporter sur le fil mon adhésion, avec sa ligne de synthé glaciale sur laquelle une voix monocorde venait scander quelques mots désespérés. Hélas, bien vite, le morceau retombe dans les travers des précédents. Le tempo s'emballe, le bassiste surbouge et le public se rendort. Pire, le claviériste nous dégote en guise de baroud d'honneur un crapuleux son d'ultra-basse qui tombe comme un cheveu dans la soupe et qui a bien failli retourner les estomacs de tout le public, ce qui était sans nul doute le but poursuivi mais bon, n'est pas Sunn O))) qui veut et je dois bien avouer que la fin du set m'est apparue comme une délivrance.

Commence ensuite le ballet des roadies installant le matos, avec notamment des racks à pédales kilométriques, tandis que de la fumée est injectée à jets continus dans la salle, à tel point que l'on finit par se demander si la salle contiendra encore assez d'oxygène pour assurer la survie du public pendant le concert. Des essais de spot, ostentatoirement dirigés directement vers les visages du public, semblent d'ailleurs indiquer que l'effet recherché par les techniciens est celui d'un lever de soleil dans le brouillard, ce qui ne serait pas si grave si cet effet brouillardeux n'avait aussi présidé à la balance sonore.

En effet, lorsque le groupe entre en scène, c'est pour instantanément ériger un mur de guitares et de basse que même les coups de boutoir de la batteuse ne parviendront jamais à abattre. La voix était par moments tellement couverte qu'il en devenait difficile de reconnaître les morceaux joués. Dommage car, comme l'écoute de l'album le confirme, leurs meilleures chansons valent surtout pour la manière dont la voix plaintive du chanteur se combine avec les blips, les effets électroniques et les changements d'atmosphère qui parsèment les chansons. Si on ajoute à cela une communication avec le public proche du zéro absolu pendant la toute petite heure de concert, il est difficile de ne pas en arriver à la conclusion que le groupe n'a absolument rien à proposer en live. Une occasion ratée.

lundi, novembre 16

A-Ha, Ancienne Belgique, 11 novembre 2009

Je me souviens assez mal de mon premier concert de A-Ha. C'était déjà à l'Ancienne Belgique, en 2003 pour la tournée Lifelines. Surnage seulement le souvenir de mon enthousiasme de grand enfant face à un des groupes phares de mes douze ans, que je ne pensais jamais voir en concert, tempéré par une légère déception qu'ils n'aient pas fait un peu plus d'efforts : son un peu bouillasse, arrangements approximatifs, peu de communication avec le public, voix fatiguée. Lorsqu'un nouveau concert à l'AB a été annoncé il y a quelques semaines, j'ai donc un peu hésité avant d'acheter ma place, pour me laisser finalement convaincre par l'écoute de quelques chansons du nouvel album, qui semblait marquer le retour aux sonorités pop synthétiques de leur (excellent) premier album. Bien m'en prit car, quelques semaines plus tard, le groupe a annoncé sa future séparation. Il y a donc de bonnes chances que cela soit le dernier concert d'eux auquel j'aie l'occasion d'assister. Snif, dirait Beigbeder!

Lorsque j'arrive devant la salle à 19h10, je constate que des barrièrs Nadar ont été placées sur le trottoir afin de canaliser la foule voulant. C'est la première fois que de telles précautions sont prises pour un concert auquel j'assiste. Bien que cela fait presque 20 ans que A-Ha n'est plus un groupe à la mode, les organisateurs ont prévu un dispositif superstar, ce qui est sans doute mérité vu le monde présent 80 minutes avant le début du concert. Je prends place dans la file, qui avance heureusement assez vite. Une fois dans le hall, se pose la question du placement. Vais-je me placer dans la fosse, le plus près possible de la scène, comme d'habitude, ou au contraire m'installer dans les gradins au fond de la salle, histoire d'amortir la déception que je crains déjà de ressentir? Je décide finalement de me placer dans la fosse et de patienter debout pendant la grosse heure d'attente, tout en écoutant discuter les fans autour de moi. Le fan de pop commerciale que je suis assiste finalement assez rarement à des concerts pop et j'aime bien, quand l'occasion se présente, écouter discuter le public et voir comme il diffère de celui des concerts indés : plus âgé (la trentaine en moyenne), assez pop sur lui, moins de coiffures d'indie-kid anglais, plus de queues de cheval et de coupes passe-partout, moins de tee-shirts Kraftwerk et plus de tenues d'employés de bureau, d'enseignants et/ou de secrétaires, un public moins blasé et venu dans le seul but de s'amuser entre amis. Beaucoup d'étrangers aussi, notamment des Français, dont certains avaient déjà assisté au concert parisien de la veille (la communauté des fans français de A-Ha est étonnamment active et bien organisée).

Dès l'extinction des lumières, il paraît clair que ce concert ne sera pas aussi rudimentaire que celui de 2003. Une bande-son introductive intrigante, dans laquelle se mêlent synthés inquiétants et lambeaux de voix, indique clairement que ce show a été pensé comme un vrai spectacle, et pas comme un simple enchaînement d'interprétations approximatives d'extraits de leur répertoire. Ces louables intentions se voient confirmées quand, après le lever de rideau, l'organisation de la scène est révélée au public : taille maximale, avec le fond couvert d'un écran géant sur lequel se succèderont pendant deux heures images fixes, clips, gros plans filmés en direct, etc.. Les éclairages sont également très réussis.

Autre bonne surprise : le son est parfait, avec un mix très clair. Les trois membres du groupe sont accompagnés sur scène de deux musiciens et il est difficile de dire qui fait quoi. Il est clair que Magne Furuholmen ne joue pas tout en direct (le riff de Take On Me par exemple est clairement pré-enregistré, mais celui de Train of Thought semble être interprété sur place), et si Pal Waaktaar garde sa guitare en bandoulière durant tout le concert, il est parfois bien difficile de distinguer ce qu'il joue vraiment. Dès lors, peut-être pour faire taire les fâcheux (dont je serais très peiné de faire partie), ils se sont autorisé un bref intermède acoustique à la mi-concert, comprenant si je me souviens bien And You Tell Me et Velvet. Cela dit, qu'importe toutes ces considérations. Je n'étais pas là pour les lignes de piano de Magne (n'aurait-il pas été cocasse qu'il soit membre de Depeche) ou les solos de guitare de Pal, mais bien pour écouter Morten chanter et la balance était de ce point de vue parfaite, faisait la part belle à sa voix, placée très en avant.

Parlons-en, d'ailleurs, de cette voix que j'ai pris l'habitude de qualifier de deuxième plus beau timbre de la musique mondiale (après l'inaccessible Lisa, évidemment). A ce stade, mon indéfectible honnêteté et mon objectivité foncière m'obligent malhereusement à mentionner que la voix de Morten Harket, n'a plus tout à fait le même souflle épique, la même agilité dans les changements de registre que dans les années 80. Son falsetto en particulier a perdu ses harmoniques et sonne moins plein, plus forcé. Cela dit, bien qu'à les voir sur scène, on aurait tendance à l'oublier (ils n'ont pour ainsi dire pas changé...je suppute que, quelque part dans un grenier de la banlieue d'Oslo, un portrait du groupe subit à leur place les outrages du temps), il faut garder à l'esprit que tout ce beau monde approche gentiment du demi-siècle et qu'il est tout à fait admirable que, à cinquante ans, Morten puisse encore en remontrer à 95% des chanteurs actuels, d'autant que son type de voix n'est pas a priori celui qui vieillit le mieux (Stuart Staples au hasard est de ce point de vue plus tranquille).

Pour continuer dans les bonnes nouvelles, la set-list est aux petits oignons et fait la part belle aux deux premiers albums, ainsi qu'au petit dernier, le franchement très bon Foot Of The Mountain. Alors bien sûr, on peut regretter l'absence de Living A Boy's Adventure Tale, de I've been losing you ou de The Weight Of The Wind (qui auraient tous avantageusement remplacé Velvet) mais bon, l'essentiel des tubes et des albums-tracks incontournables sont là. J'avoue avec un honte à peine revendiquée que les intros de Scoundrel Days ou Dream Myself Alive m'ont donné la chair de poule.

Pour terminer, je dirais que Morten et Magne, très souriants, semblent plutôt heureux d'être là (c'est moins sûr pour Pal, plus renfrogné), se sentant possiblement plus à l'aise avec leur statut de pop-stars vieillissantes après être tombé d'accord pour dissoudre le groupe en janvier 2011. Magne est celui qui communique le plus facilement, s'essayant au français, et même à quelques mots de néerlandais, lorsqu'il interpelle le public. Aucune mention ne sera faite d'un possible retour en Belgique pour leur tournée d'adieux. Seule réelle déception d'une soirée qui m'a laissé gentiment euphorique. Je me sens plus fan maintenant qu'il y a deux semaines. La preuve ? J'ai réécouté en écrivant ceci les trois albums enregistrés entre 1990 et 2003, ceux dont je pensais qu'il n'y avait rien à sauver et y ai déniché cinq morceaux que j'aime vraiment bien. Comme quoi. En attendant qu'un jour peut-être, je me lance ici dans une discographie commentée du groupe, je m'en vais me repasser les deux albums suivants. Peut-être parviendrais-je même à réécouter Analogue avec une oreille neuve et réévaluer à la hausse un album qui m'avait laissé à l'époque le souvenir d'un immense ratage? Qui sait. Après un concert pareil, tout est possible.

Setlist :

- The Sun Always Shines On TV (Hunting High and Low)
- Riding The Crest (Foot Of The Mountain)
- The Bandstand (Foot Of The Mountain)
- Scoundrel Days (Scoundrel Days)
- Stay On These Roads (Stay On These Roads)
- Manhattan Skyline (Scoundrel Days)
- Hunting High And Low (Hunting High and Low)
- The Blood That Moves The Body (Stay On These Roads)
- I Dream Myself Alive (Hunting High and Low)
- And You Tell Me (Hunting High and Low)
- Velvet (Minor Earth, Major Sky)
- Train Of Thought (Hunting High and Low)
- Sunny Mystery (Foot Of The Mountain)
- Forever Not Yours (Lifelines)
- Shadowside (Foot Of The Mountain)
- Summer Moved On (Minor Earth, Major Sky)
- Foot Of The Mountain (Foot Of The Mountain)
----
- Cry Wolf (Scoundrel Days)
- Analogue (Analogue)
- The Living Daylights (Stay On These Roads)
----
- Take On Me (Hunting High and Low)

(et j'ai encore quatre autres brouillons de compte-rendu de concert à mettre au net)

jeudi, novembre 12

Cinq en un

En un billet, vous allez recevoir trois bonnes nouvelles, un lien et une première impression. Vous êtes prêts ? C'est parti.

Bonne nouvelle 1 : Les Tindersticks se sont reformés.
Bonne nouvelle 2 : Ils ont signé sur 4AD.
Le lien
Bonne nouvelle 3 : Une chanson de l'album est téléchargeable en avant-première au lien ci-dessus
La première impression : Ca part bien, et puis Stuart et sa bande essaie de se renouveler en lorgnant du côté d'Arcade Fire et en introduisant des choeurs masculins qui me semblent de prime abord assez discutables. Mais bon, je mentirais en disant que je ne suis pas content de les réentendre.

dimanche, novembre 1

Bon Halloween de la part de Dangerous Muse

http://tinyurl.com/yctl9j9

jeudi, octobre 29

Plan B for Plan B

Les plus fidèles lecteurs de ce blog se rappelleront sans doute que je m'étais enflammé comme un cube de Zip en 2007 pour l'album de Plan B, un rappeur anglais qui me semblait avoir atteint musicalement (si pas forcément dans les paroles, plus quelconques) une sorte d'équilibre parfait entre la voix et les accompagnements musicaux, le plus souvent acoustiques.



Mais bon, comme souvent quand je m'enflamme (Lupen Crook par exemple), le reste du monde prend un malin plaisir à me pleuvoir dessus (why? why? Is it because I lied when I was 17?) donc le disque n'a pas marché. Bah ! Mon bon gars Ben Drew a plus d'une corde à son arc, et il revient cette année avec un disque qui ajoute à son style rap habituel ce qui sonne furieusement comme un morceau rétro garage à la Hives... et, tout différent que ce soit de son premier album, je continue à trouver ça génial (ma fidélité en admiration est sans égale). Le morceau est écoutable ici ou sur sa page myspace.

mardi, octobre 27

Jeremy



Si la qualité d'une vidéo se juge à la plus-value qu'elle apporte à la chanson, Jeremy de Pearl Jam est un des meilleurs clips des 20 dernières années. Musicalement, le groupe me laisse tout à fait indifférent et la chanson n'est pas en soi exceptionnelle (même si c'est de loin celle de Pearl Jam que je préfère et si la voix d'Eddie Vedder y est plutôt intéressante) mais la combinaison des paroles, des images et du fait divers réel sur lequel le tout est basé en fait un témoignage exemplaire de son époque (1992) et de ce qu'était alors la culture MTV, plutôt protestataire et iconoclaste et très éloignée de la glorification du conformisme et du consumérisme des émissions de téléréalité qui sont aujourd'hui le fond de commerce de la chaîne (Paris Hilton et les autres).

Pour tout dire, cela fait une heure que je chantonne "Jeremy spoke in" en corrigeant mes copies d'examen et en me demandant si cela me rend plus sévère ou plus indulgent dans mes cotations.

Pour finir, je me rends compte en revoyant ces images aujourd'hui que j'avais à l'époque mal compris la fin du clip qui, dans sa version remontée pour MTV, laissait penser que Jeremy avait flingué tous azimuts, "à la Columbine", alors qu'en fait, il se tire une balle dans la tête, ce qui rend à mon avis la vidéo encore plus 'forte'.

Non, vraiment, c'est du grand art.

(ce billet vous est offert par mon écoute de Ten, album acheté en solde il y a bien cinq ans, mais écouté pour la première fois il y a peu)

dimanche, octobre 18

Vintage Nits



J'ai mon ticket pour leyur concert de Huy le 18 novembre... et je me demande si je dois aussi en prendre un pour le 10 décembre au Botanique.

mercredi, octobre 14

Lien du jour

Pour ceux que la chose intéresse, le NME recense les vidéos les plus "exxxplicites" de ces dernières années.

dimanche, octobre 11

"The boy is doing fine"

En attendant mon prochain compte-rendu du concert de Patrick Wolf au Botanique :




lundi, octobre 5

Klaus Schulze & Lisa Gerrard, AB, 25 septembre 2009 (II)

(ceci est la suite de ce billet)



J'ai rarement vu l'Ancienne Belgique présenter une moyenne d'âge aussi élevée. Une étude sociologique rigoureuse des spectateurs visibles depuis mon siège m'apprendra que le spectateur moyen était ventru, portait des lunettes et voyait avec désespoir sa chevelure blanchir et/ou disparaître (paille, poutre, toussah).

Les gérants de l'Ancienne Belgique connaissant bien leur métier, la salle est en configuration "musique de vieux" (comme pour Lambchop, Sigur Ros, etc.), ce qui signifie que les deux-tiers arrière de la fosse sont garnis de sièges en gradin. Tant mieux, le programme annonce une première partie solo pour Klaus Schulze et la perspective de me laisser bercer par ses nappes enveloppantes, douillettement prostré dans un fauteuil moelleux, me tente assez. Il sera toujours temps d'aller me prosterner aux pieds de la reine Lisa durant la seconde partie.

Lorsque le rideau s'ouvre à 20h30, la scène présente cinq énormes diffuseurs-amplis disposés en arc-de-cercle et couverts de boutons à pousser, de curseurs à tirer, de molettes à tourner et de loupiotes clignotantes. Devant l'espace ainsi délimité se trouvent à gauche et à droite des synthétiseurs et au milieu un Moog et un Mac. Au milieu de tout cela, un siège en cuir et, assis sur ce dernier, un type à lunettes, mal coiffé, en veston et tee-shirt, remercie le public de son accueil par un petit geste de la main... (comme quoi même les légendes vivantes peuvent aussi ressembler à des vendeurs d'électro-ménager.)

La taille imposante de toute cette machinerie évoque une curieuse impression de modernité ringarde. Un peu comme si, ayant pleinement conscience d'être un produit des années 70 et assez confiant dans son statut pour ne pas se sentir obligé de faire semblant de s'adapter aux technologies actuelles, Klaus Schulze avait crânement refusé de remplacer l'essentiel de son matos de l'époque (Mac excepté). Ce refus de participer à la course à la miniaturisation en électronique m'est plutôt sympathique.

Musicalement parlant, ça commence plutôt mal par quelques échantillons de voix que Klaus Schulze semble empiler en déput du bon sens à l'aide du synthé situé à sa droite, alternant on ne sait trop pourquoi le très aigu et le très grave. Et moi de penser d'un air inquiet que ce n'est pas parce qu'on a inventé un style et fait des disques cultes qu'on est capable d'improviser en direct et que
peut-être l'heure et demie de concert serait ainsi composée de brics et de brocs assemblés à la truelle. Heureusement, cette introduction ratée ne dure que quelques minutes, puis Klaus Schulze prend place à l'autre extrémité de son bunker. Immédiatement, il est évident que la suite du concert sera plus construite et, rapidement, la musique se rapproche de ce à quoi je m'attendais : des nappes planantes qui se succèdent comme des vagues sur lesquelles surnagent une écume composée de beats légers mid-tempo et de quelques arpèges charmants. C'est très agréable, même si on ne peut s'empêcher de penser que composer et/ou interpréter ce genre de choses ne doit plus demander beaucoup d'effort, que l'ami Klaus ne fait ici qu'appliquer les techniques qu'il a mises en place par le passé et pourrait tout aussi bien rester à la maison (Klaus ?) et demander à un roadie d'appuyer sur Start au début du concert. D'ailleurs, anecdote croustillante, c'est exactement ce qui s'est produit lors d'une date à Essen en Allemagne quelques jours plus
tôt. KS, souffrant, avait été obligé de garder le lit et Lisa Gerrard avait assuré le concert seule en scène sans que cela semble poser le moindre problème logistique.

Après un gros quart d'heure, un long decrescendo au cours duquel les différentes couches sonores disparaissent les une après les autres semble annoncer une autre phase du concert et, effectivement, en contradiction flagrante avec l'horaire officiel, Lisa apparaît, dans une robe de soirée rouge, et prend place au micro situé à la gauche de la scène.

Voir Lisa Gerrard chanter est toujours pour moi une expérience aussi étrange : ses yeux tour à tour fermés ou anormalement exorbités, ses regards fixes et hallucinés, son placement légèrement de biais par rapport à l'axe du micro, ce surprenant tic qui la fait régulièrement poser la main sur le pied de son micro, peut-être pour vérifier qu'elle est toujours bien à la bonne distance, le lent balancement de gauche à droite de sa tête lorsqu'elle veut créer un effet de vibrato. Ce n'est qu'en la voyant chanter en direct que l'on comprend à quel point son art est aussi le fruit d'un effort permanent, le résultat de longues années de travail et de perfectionnement. Vocalement parlant, Lisa apparaît ici en pleine possession de ses moyens. Elle retrouve même par moments une certaine forme d'urgence dans la voix qui rappelle Dead Can Dance (Yulunga par exemple), mais ces moments où elle semble sur le point d'entrer en transe ne sont jamais poussés à leur terme, même à la toute fin du morceau, malgré un tempo qui s'accélère quelque peu et une interaction plus poussée entre la voix et les machines. Mais bon, dans l'ensemble, je suis plutôt rassuré...sauf que, dès que le rideau se referme pour l'entracte, une inquiétude sourde m'étreint soudainement. Et si l'horaire officiel (première partie : KS solo, deuxième partie, les deux ensemble) était simplement inversé ? Et si Lisa ne revenait plus ?

Heureusement, il n'en est rien et, si on excepte le fait que la robe de Lisa est passée du rouge au bleu et un solo virtuose de Moog de l'ami Klaus dans les premières minutes (qui rappelle à ceux qui l'auraient oublié que Klaus Schulze vient quand même du rock progressif), la seconde partie ressemble d'ailleurs beaucoup à la première, en mieux.

En guise de résumé, je dirai que, pendant la grosse heure et demi de concerts, Klaus Schulze et Lisa Gerrard donnent parfois l'impression de se chercher, ce qui est inévitable si, comme j'en ai eu l'impression et comme les spécialistes semblent le confirmer, Lisa Gerrard chante réellement en improvisant et en se laissant guider par les impulsions données par la musique de Klaus Schulze. Cela dit, quand ils se trouvent, ils se trouvent bien. Lorsque, lors des cinq-dix dernières minutes de la deuxième partie (extrait ici), les meilleures de tout le concert, Lisa et Klaus parviennent à marier leurs deux sons, à les fondre l'un dans l'autre, tout prend un sens nouveau et les possibilités offertes par cette collaboration étrange apparaissent clairement.

Après un tel moment de grâce, le rappel est au mieux anecdotique. Je n'en ai d'ailleurs retenu que la phrase amusante prononcée par Klaus Schulze en remontant sur scène : "I'm going to start alone. She'll come back in a moment. She's getting air.... She's not a synthesizer you know. She's analogue.", qui est me semble-t-il la meilleure conclusion possible pour ce trop long billet.

Pour ceux qui veulent un autre son de cloche, vous trouverez ici la chronique du concert de Paris par un ami, qui est avant tout fan de Klaus Schulze.

(Source de l'image ici)

dimanche, septembre 27

Klaus Schulze & Lisa Gerrard, AB, 25 septembre 2009 (I)

Par bien des points, il s'agit d'une collaoration contre-nature. Les synthés d'une froideur toute germanique de Klaus Schulze (je m'autorise à utiliser un cliché aussi éculé car je ne connais pour ainsi dire rien de ses oeuvres et il faut bien que je fasse illusion, surtout dans un paragraphe d'introduction) et les vocalises supra-terrestres débordantes d'émotion de Lisa Gerrard n'auraient jamais dû se rencontrer, et encore moins se fondre dans une collaboration à long terme. Et pourtant...

Lorsque leur premier album commun Farscape a paru en 2008, je ne savais trop dans un premier temps que penser. Après avoir été déçu à répétition durant le années 2000 par les choix artistiques de Lisa Gerrard, que je sentais sombrer petit à petit dans l'anecdotique, en refusant de se coltiner à d'autres tempéraments que le sien et en ne travaillant plus qu'avec des collaborateurs de second plan qui se gardaient bien de la pousser à se mettre en danger, j'avais fini par ne plus espérer grand chose d'elle. Trop souvent, Lisa avait choisi pour accompagner sa voix de simples nappes planouillantes sans personnalité propre (sur la BO de Whale Rider notamment) et le résultat avait été décevant, car ces nappes étaient conçues comme un simple entonnoir qui canalise l'attention de l'auditeur vers une voix qui, à n'être ainsi reliée à rien, réussissait le triste exploit de paraître banale. Même Lisa Gerrard n'a pas le droit de dérouler en roue libre et espérer que je trouve ça génial par défaut (même si pour l'efficacité de ma démonstration, je passe ici sous silence The Silver Tree (2006), un album qui m'avait déjà un peu réconcilié avec ses productions récentes).

Connaissant la réputation de Klaus Schulze comme pape allemand du synthé planant, je m'étais donc dit dans un premier temps que cette nouvelle direction allait au moins l'obliger à s'adapter, à abandonner ses ficelles habituelles pour chercher une nouvelle manière de chanter, à mettre sa voix au service d'une autre personnalité artistique, possiblement aussi forte et établie que la sienne.

L'écoute de Farscape m'avait un peu fait déchanter. Comme tout le monde, Klaus Schulze s'est sans doute trouvé dans un premier temps tétanisé par la voix de Lisa Gerrard et n'a pas osé la mettre en danger, se contentant durant les cinq premiers tableaux de tisser un léger tapis d'arpèges et lâchant la bride à Lisa, qui n'était sans doute que trop heureuse de retrouver ses petites habitudes. Les choses commencent seulement à devenir intéressante dans les deux derniers tableaux à la fin du CD2, où un début de dialogue s'installe entre la voix de Lisa Gerrard et l'accompagnement de Klaus Schulze.

Cela dit, le disque, portait déjà en germe le signe d'un possible renouveau. En effet, la longueur des morceaux, une vingtaine de minutes en moyenne, donnait à la chanteuse une liberté nouvelle dont elle semblait ne pas trop savoir que faire mais qui a sans doute dû inconsciemment lui ouvrir de nouvelles perspectives. Après tout, bon nombre de musiques du monde (Nusrat Fateh Ali Khan par exemple) fonctionnent sur le mode de la répétition jusqu'à l'épuisement. Or, c'est une direction dont, jusqu'à présent, les origines pop-rock de Dead Can Dance l'avaient tenue éloignée. Peut-être cette notion de durée allait-elle la conduire à repenser la manière dont elle envisage son chant, à retrouver l'envie de construire des morceaux et cette capacité unique à créer puis à résoudre des tensions, capacité qui était le secret de fabrication de ses productions des années 80 et 90 et qu'on retrouve dans son état le plus pur dans des morceaux comme The Host of Seraphim ou Cantara par exemple.

Tel était mon état d'esprit ce vendredi soir lorsque, confortablement installé dans un des sièges de l'AB, je vois s'éteindre les lumières de la salle (comble) : joie de revoir Lisa Gerrard dans une salle à taille humaine, curiosité de voir de quoi est capable Klaus Schulze, mais faible espoir de pouvoir réellement retrouver l'intensité exceptionnelle de mes concerts de Dead Can Dance et Lisa Gerrard dans les années 90. Qu'en a-t-il été ? Vous le saurez en suivant le prochain épisode des fabuleuses aventures de "Petit Pierre au pays des synthés magiques et de la bonne fée Lisa" (titre provisoire).

Compte-rendu à suivre

mercredi, septembre 23

Muse s'amuse

Muse est passé il y a quelques jours à la télévision italienne, qui les a obligés à jouer en playback.... Ca ne leur a pas plu.

Je ne sais pas ce qu est le plus drôle ici : la manière dont la présentatrice présente "The Muse", le jeu de batterie très inspiré de Matt Bellamy ou le fait que le faux chanteur Dom a tout fait pour ressembler à un Thom Yorke qui aurait fait plus de sport et moins de crise d'angoisse dans sa cave.



Donc, ils ont de l'humour...

Il ne me reste plus qu'à me faire une opinion sur l'album. Ce sera ma mission du weekend.