Patti Smith - Trampin' (Columbia)
J'ai avec Patti Smith un peu le même problème qu'avec Morrissey. En gros, je connais d'elle Because the night, à cause de la reprise dance qui en avait été faite au début des années 90 (par Double You? Ca commence à dater) et son album Gone Again, que j'avais beaucoup aimé (sans doute l'effet Buckley). Tout le reste, et notamment tout ce qui fait sa 'légende', se noie dans un brouillard indistinct (Horses ? Easter ? Mapplethorpe ?). Ne me reste donc pour me former une opinion que ce disque et je regrette un peu de ne pas pouvoir le replacer dans son contexte. Du coup, j'ai l'impression de ne pas avoir grand-chose à en dire. Je préfère franchement les chansons plus calmes (Mother Rose est absolument parfait) et suis plus circonspect quand des guitares bien grasses s'invitent à la fête (Stride of the mind par exemple). De même, j'ai un peu de mal à accrocher quand elle tente de justifier son image de poétesse rock avec d'interminables récitatifs comme Gandhi et Radio Baghdad, sans doute en partie parce que, comme toujours, je n'écoute pas les paroles (je vais tenter d'en trouver une retranscription). Cela dit, la moitié des morceaux me plaisent (2,4,7,8,9,11) et le timbre de sa voix m'intéresse beaucoup. Un jour, peut-être, je me pencherai sur ses anciens albums.
The Hidden Cameras - Mississauga Goddam (Rough Trade)
J'aimais beaucoup 'The smell of our own', le premier album du groupe à avoir connu une sortie de grande ampleur, et plus encore 'Ecce homo', son brouillon plus confidentiel. Pourtant, ce nouvel album me crispe, sans que je sache si c'est leur écriture ou mon état d'esprit qui a changé (il faudrait que je les réécoute). Les morceaux sont presque tous construits sur le même canevas : tempo rapide, basse martelée, phrases répétées,... Tout y est fait pour que l'auditeur se sente emmené dans une sarabande endiablée et follement gaie. J'imagine que, en concert, toute la salle sautille en arborant un sourire amusé. Ooh. Entendons-nous bien, je ne suis pas un monstre et moi aussi j'aime beaucoup sautiller en arborant un sourire amusé, mais pas sous la contrainte. Après une demi-heure de ce régime, je finis par ressentir l'envie d'y échapper et de plonger dans une autre ambiance (me repasser l'intégrale des Tindersticks par exemple), d'autant que, à plusieurs moments, la voix de Joel Gibb me hérisse le poil. Franchement, si je n'entendais plus 'Enema, maaaa, maaaahaaaaa...' qu'au jour de ma mort, ce serait trop tôt (et je vous fais grâce de mes pensées sur le 'gumblblblnanaa' dans Fear Is On). Heureusement, le disque contient trois belles chansons, plus calmes (Builds the Bone, We Oh We et Mississauga Goddam) où le tempo se relâche enfin et où la voix se fait plus caressante (elle sonne même curieusement proche de celle de Mark Kozelek quand il chante 'We Oh We'). Ces trois chansons, par les quelques instants de répit qu'elles ménagent, me permettent de tenir tout l'album sans souffrir de crampes. Hourrah.
Micah P. Hinson and the Gospel of Progress - S/T (Sketchbook)
Lorsque j'entendis ce disque pour la première fois, à la fin de l'été (notez comme je signale incidemment que c'était bien avant que les Inrocks en parlent), il m'était apparu immédiatement comme mon "album de l'année". Il semblait flotter tellement au-dessus de la mêlée que je ne voyais pas comment il aurait pu en être autrement. Je l'ai ensuite abandonné pendant quelques semaines, tout en lui conservant dans ma tête son statut d'"album de l'année". Cette semaine, en le réécoutant pour en parler dans cette série de billets (qui touche enfin à sa fin), je n'ai bizarrement pas pu me remettre dans l'état d'euphorie qui fut le mien en septembre. Le disque n'est évidemment pas devenu mauvais entre-temps. Il continue à distiller une dream-folk-pop teintée de country et très inspirée. La voix de Micah P. Hinson est toujours aussi subtilement éraillée. Les alternances entre dépouillement et empilement sont toujours aussi intelligemment amenées (Close your eyes ou At last, our promises). La production impressionniste des Earlies (entre autres) est toujours aussi inventive (The Possibilities) et les mélodies imparables (Caught in between). Stand In My Way est la valse la plus émouvante depuis Elliott Smith. L'épique The Day Texas Sank To The Bottom Of The Sea conclut l'album par un longue (plus de huit minutes) complainte en crescendo où guitare acoustique, piano, voix, cordes, orgue, choeurs s'invitent tour à tour avant de se dissoudre dans le silence. En fait, la seule chanson faible de l'album est Patience, en grande partie parce que Micah P. Hinson y tente de chanter la colère, et échoue. Treize titres donc et un seul n'est pas inattaquable. Evidemment, cela suffit à en faire un des albums de l'année, si plus tout à fait L'album de l'année. Pourtant, je regrette de ne pas tout à fait à retrouver l'état d'enthousiasme extatique qui fut le mien il y a quelques semaines. Cela dit, rien ne prouve que cela soit définitif. Peut-être pourrai-je dans quelques mois réécouter le disque et être à nouveau terrassé par sa beauté. C'est tout le mal que je me souhaite.
Parce que la musique est une chose trop importante pour être laissée à ceux qui la prennent au sérieux.
jeudi, janvier 27
mercredi, janvier 26
Liens du jour
- Ecoutez le nouveau single de New Order. Il sonne exactement comme tous les singles de New Order depuis dix ans, à se demander pourquoi ils en ont écrit un autre.
- La newsletter des Zutons me dit ceci :
- Un test particulièrement idiot pour savoir quel type de rockeur vous êtes. Apparemment, je suis emo..... Je n'ai bien évidemment jamais écouté un seul disque emo de ma vie.
- The Guardian explique en quoi aller à un concert des Charlatans fait (parfois) vomir. Cet article m'intrigue. Cette redoutable "winter vomiting disease" qui touche plus d'un million de personnes chaque année en Angleterre traverse-t-elle parfois la Manche ? Je n'ai pas le souvenir d'avoir jamais observé ce genre de symptômes, ni chez moi ni dans mon entourage.
Merci à la np.
- La newsletter des Zutons me dit ceci :
A quick reminder that you can listen to a special live session by the band that they did for AOL in October 2004. You can hear the entire session including Havana Gang Brawl, Rail Road, Zuton Fever and You Will You Won't. Just go to the live video and audio section of the AOL siteAprès rapide visite sur la page d'AOL, je soupçonne qu'il faut être membre pour en profiter. Je vous laisse l'info quand même au cas où certains parmi vous y auraient accès.
- Un test particulièrement idiot pour savoir quel type de rockeur vous êtes. Apparemment, je suis emo..... Je n'ai bien évidemment jamais écouté un seul disque emo de ma vie.
- The Guardian explique en quoi aller à un concert des Charlatans fait (parfois) vomir. Cet article m'intrigue. Cette redoutable "winter vomiting disease" qui touche plus d'un million de personnes chaque année en Angleterre traverse-t-elle parfois la Manche ? Je n'ai pas le souvenir d'avoir jamais observé ce genre de symptômes, ni chez moi ni dans mon entourage.
Merci à la np.
lundi, janvier 24
Les albums de 2004 (XII)
Einstürzende Neubauten - Perpetuum Mobile (Mute)
Quand on me décrivait un concert d'"Einsturz", les termes qui revenaient le plus souvent étaient "industriel", "tôle" et "perceuse". Lorsque je suis enfin allé les voir en avril dernier, je m'attendais donc à quelque chose de très sauvage et de passablement barré. Force est de reconnaître que si ces termes recouvrent bien une partie de la réalité, ils font abstraction d'une autre, au moins aussi importante, qui serait elle mieux décrite par les termes : "chuchotement", "mélodie" et "silence". Sur disque, c'est un peu pareil. L'album m'intéresse surtout par ses morceaux les plus calmes (Grundstuck) ou sa capacité à générer une alternance de bruit et de calme au coeur de la même chanson. On souhaiterait ainsi que Perpetuum Mobile soit conforme à son titre et ne s'arrête jamais de passer de l'un à l'autre. Le disque contient aussi des chansons franchement pop (YouMe & MeYou), voire presque dansantes (Der Weg Ins Freie). J'étais allé voir ce concert par curiosité sans rien en espérer de particulier et en suis ressorti bien plus enthousiaste que je ne l'aurais cru. Le disque a ensuite confirmé que EN possède bien toutes les caractéristiques du groupe dont je pourrais devenir fan.
The Magnetic Fields - i (Nonesuch)
Stephen Merritt est indéniablement une personnalité attachante et ses textes ont un côté délicieusement 'écrit' ("So you quote love unquote me" par exemple). Pourtant, je ne suis jamais parvenu à réellement le considérer à la hauteur de sa réputation. A sa décharge, l'adoration aveugle qu'il suscite chez certains rend la tâche quasiment impossible. L'album s'intitule I car toutes les chansons ont un titre qui commence par la lettre I et une fois sur deux par le pronom I. On nage donc en pleine confession autobiographique, pour ne pas dire en plein délire mégalo. I thought you were my boyfriend contient une petite mélodie au piano assez irrésistible et In an operetta est un beau pastiche. Pourtant, le disque souffre de se cantonner dans un registre mid-tempo avec un son qui varie peu. Les chansons que l'on peut chantonner sont assez rares et je doute que celles dont on étudiera les textes à l'université dans 20 ans soient tellement plus nombreuses. Du coup, si le disque fonctionne à moitié sur plusieurs tableaux (pop, confessions, sophistication des arrangements,...), il ne fonctionne parfaitement sur aucun. De plus, je pensais que le fait de se vanter de n'avoir utilisé aucun synthé pour enregistrer un disque était officiellement devenu ringard en 1981, d'autant que je me demande alors vraiment d'où vient ce son au début de I thought you were my boyfriend.
The Dead Texan - S/T (Kranky)
J'ai déjà en gros dit ce que j'en pensais dans mon billet sur le concert du groupe il y a quelques jours. Adam Bryanbaum crée ici à l'aide de longues nappes (et d'un soupçon de guitares) une série de vignettes à la limite de l'ambient et du new-age qui lorgnent de manière assez évidente vers Brian Eno. Malheureusement, avec 11 morceaux pour 46 minutes, il a un peu tendance à passer trop rapidement sur ses bonnes idées. L'ambient est une musique qui demande du temps et de l'espace pour se déployer et il semble bizarrement avoir eu peur de faire trop long. Ainsi, le morceau Glen's goo, avec ses 4 petites minutes, ne donne qu'un avant-goût frustrant de ce qu'il aurait pu être (et fut dans une certaine mesure lors du concert). Aegina Airlines sonne comme un hommage à the Plateaux of Mirror, le disque de Brian Eno et Harold Budd mais, de nouveau, 2:48 est bien trop court pour que la magie puisse opérer réellement. Bizarrement, dans cette course à la concision, les morceaux auxquels il a accordé le plus de place sont souvent les moins intéressants (La ballade d'Alain Georges ou Beatrice pt. two). Le meilleur moment du disque est sans doute When I see Scissors I cannot help but think of you, notamment à cause d'un très bel emploi du piano. Etrange disque donc, qui contient une poignée de bonnes idées, malheureusement sous-exploitées, et pas mal de remplissage. Franchement, à tous ceux qui s'enflamment comme des torches à la simple mention de cet album, je ne peux que conseiller de se précipiter sur les disques de Brian Eno (On Land et The Plateaux of Mirror par exemple) ou même la BO de Solaris par Cliff Martinez. Ils y trouveront à mon avis en nettement plus abouti tout ce qui n'existe qu'en germes sur cet album.
Quand on me décrivait un concert d'"Einsturz", les termes qui revenaient le plus souvent étaient "industriel", "tôle" et "perceuse". Lorsque je suis enfin allé les voir en avril dernier, je m'attendais donc à quelque chose de très sauvage et de passablement barré. Force est de reconnaître que si ces termes recouvrent bien une partie de la réalité, ils font abstraction d'une autre, au moins aussi importante, qui serait elle mieux décrite par les termes : "chuchotement", "mélodie" et "silence". Sur disque, c'est un peu pareil. L'album m'intéresse surtout par ses morceaux les plus calmes (Grundstuck) ou sa capacité à générer une alternance de bruit et de calme au coeur de la même chanson. On souhaiterait ainsi que Perpetuum Mobile soit conforme à son titre et ne s'arrête jamais de passer de l'un à l'autre. Le disque contient aussi des chansons franchement pop (YouMe & MeYou), voire presque dansantes (Der Weg Ins Freie). J'étais allé voir ce concert par curiosité sans rien en espérer de particulier et en suis ressorti bien plus enthousiaste que je ne l'aurais cru. Le disque a ensuite confirmé que EN possède bien toutes les caractéristiques du groupe dont je pourrais devenir fan.
The Magnetic Fields - i (Nonesuch)
Stephen Merritt est indéniablement une personnalité attachante et ses textes ont un côté délicieusement 'écrit' ("So you quote love unquote me" par exemple). Pourtant, je ne suis jamais parvenu à réellement le considérer à la hauteur de sa réputation. A sa décharge, l'adoration aveugle qu'il suscite chez certains rend la tâche quasiment impossible. L'album s'intitule I car toutes les chansons ont un titre qui commence par la lettre I et une fois sur deux par le pronom I. On nage donc en pleine confession autobiographique, pour ne pas dire en plein délire mégalo. I thought you were my boyfriend contient une petite mélodie au piano assez irrésistible et In an operetta est un beau pastiche. Pourtant, le disque souffre de se cantonner dans un registre mid-tempo avec un son qui varie peu. Les chansons que l'on peut chantonner sont assez rares et je doute que celles dont on étudiera les textes à l'université dans 20 ans soient tellement plus nombreuses. Du coup, si le disque fonctionne à moitié sur plusieurs tableaux (pop, confessions, sophistication des arrangements,...), il ne fonctionne parfaitement sur aucun. De plus, je pensais que le fait de se vanter de n'avoir utilisé aucun synthé pour enregistrer un disque était officiellement devenu ringard en 1981, d'autant que je me demande alors vraiment d'où vient ce son au début de I thought you were my boyfriend.
The Dead Texan - S/T (Kranky)
J'ai déjà en gros dit ce que j'en pensais dans mon billet sur le concert du groupe il y a quelques jours. Adam Bryanbaum crée ici à l'aide de longues nappes (et d'un soupçon de guitares) une série de vignettes à la limite de l'ambient et du new-age qui lorgnent de manière assez évidente vers Brian Eno. Malheureusement, avec 11 morceaux pour 46 minutes, il a un peu tendance à passer trop rapidement sur ses bonnes idées. L'ambient est une musique qui demande du temps et de l'espace pour se déployer et il semble bizarrement avoir eu peur de faire trop long. Ainsi, le morceau Glen's goo, avec ses 4 petites minutes, ne donne qu'un avant-goût frustrant de ce qu'il aurait pu être (et fut dans une certaine mesure lors du concert). Aegina Airlines sonne comme un hommage à the Plateaux of Mirror, le disque de Brian Eno et Harold Budd mais, de nouveau, 2:48 est bien trop court pour que la magie puisse opérer réellement. Bizarrement, dans cette course à la concision, les morceaux auxquels il a accordé le plus de place sont souvent les moins intéressants (La ballade d'Alain Georges ou Beatrice pt. two). Le meilleur moment du disque est sans doute When I see Scissors I cannot help but think of you, notamment à cause d'un très bel emploi du piano. Etrange disque donc, qui contient une poignée de bonnes idées, malheureusement sous-exploitées, et pas mal de remplissage. Franchement, à tous ceux qui s'enflamment comme des torches à la simple mention de cet album, je ne peux que conseiller de se précipiter sur les disques de Brian Eno (On Land et The Plateaux of Mirror par exemple) ou même la BO de Solaris par Cliff Martinez. Ils y trouveront à mon avis en nettement plus abouti tout ce qui n'existe qu'en germes sur cet album.
Simon Fisher Turner, vous connaissiez ?
Non, moi non plus. Même si, à lire un bref résumé de sa carrière, je me dis que j'aurais eu au moins 2 bonnes raisons de le connaître. Dana de Mystical Beast a posté quelques extraits de la bande originale qu'il a composée pour le film de vampires Nadja et ça m'a l'air franchement très bien, dans le genre ambient malaisant.
The Kills à l'Ancienne Belgique
Je me suis toujours demandé à qui s'adressaient les showcases de ce type. Qu'est-ce qui pousse un groupe à venir jouer ses nouvelles chansons dans des petites salles et devant un public composé en grande partie de gagnants de concours radio ou presse ? La salle étant petite et le public n'étant a priori pas constitué de fans, l'ambiance n'est pas très stimulante pour les musiciens et je doute qu'ils y prennent plaisir. Certes, cela entretient le buzz autour de la sortie de l'album, mais pourquoi alors ne pas organiser une véritable tournée de promotion avec des concerts de durée normale et des salles plus grandes ? Mystère. Cela dit, puisque ça existe, je serais bien bête de ne pas en profiter, comme ce fut le cas mardi pour The Kills, au Club de l'Ancienne Belgique.
C'est la deuxième fois que je les voyais en live, après leur excellente prestation au Pukkelpop en 2003. Malgré la différence d'échelle, ce concert-ci était tout aussi bon. De nouveau, ils sont deux sur scène, simplement accompagnés par une boîte à rythmes. Malgré cette configuration minimale, ils parviennent à mettre en branle une énergie assez incroyable, notamment sonore (les bouchons sont obligatoires), qui fait d'ailleurs l'essentiel de leur intérêt parce que, si on est honnête deux minutes, les chansons sont à peine écrites et souvent basées sur une seule phrase et un seul riff.
L'intérêt n'est donc pas tant dans les morceaux interprétés que dans la manière dont ils le sont, et notamment dans l'interaction des deux membres du groupe, qui parviennent à changer totalement la façon dont on ressent une chanson simplement en décidant de l'interpréter en se regardant, en se tournant le dos ou en faisant face à la salle. Le contraste sur scène entre Hotel et VV est tout aussi fascinant. Quand lui semble être dans une logique de l'affrontement permanent et prend plaisir à assassiner les spectateurs du regard en leur criant ce qui, vu l'expression de son visage, doit sans doute être des insultes, elle accepte parfois de jouer un jeu de séduction avec le public par ses poses ou ses mimiques et fait ainsi un peu penser à Karen O, la chanteuse d'un groupe qui, sur scène, évoque par bien des points The Kills (les Yeah Yeah Yeahs).
Cela dit, l'intensité du lien qui unit Hotel et VV relègue souvent au second plan le lien qu'ils forment avec les spectateurs qui, plus que pour d'autres groupes, ne sont réellement que des spectateurs. Du coup, lorsque, après un set de 40' (et très peu d'anciens morceaux), ils quittent la scène et que les lumières se rallument, on n'a pas le sentiment d'avoir partagé grand-chose avec eux, mais après tout qu'importe. Sur le moment même, c'était parfait.
C'est la deuxième fois que je les voyais en live, après leur excellente prestation au Pukkelpop en 2003. Malgré la différence d'échelle, ce concert-ci était tout aussi bon. De nouveau, ils sont deux sur scène, simplement accompagnés par une boîte à rythmes. Malgré cette configuration minimale, ils parviennent à mettre en branle une énergie assez incroyable, notamment sonore (les bouchons sont obligatoires), qui fait d'ailleurs l'essentiel de leur intérêt parce que, si on est honnête deux minutes, les chansons sont à peine écrites et souvent basées sur une seule phrase et un seul riff.
L'intérêt n'est donc pas tant dans les morceaux interprétés que dans la manière dont ils le sont, et notamment dans l'interaction des deux membres du groupe, qui parviennent à changer totalement la façon dont on ressent une chanson simplement en décidant de l'interpréter en se regardant, en se tournant le dos ou en faisant face à la salle. Le contraste sur scène entre Hotel et VV est tout aussi fascinant. Quand lui semble être dans une logique de l'affrontement permanent et prend plaisir à assassiner les spectateurs du regard en leur criant ce qui, vu l'expression de son visage, doit sans doute être des insultes, elle accepte parfois de jouer un jeu de séduction avec le public par ses poses ou ses mimiques et fait ainsi un peu penser à Karen O, la chanteuse d'un groupe qui, sur scène, évoque par bien des points The Kills (les Yeah Yeah Yeahs).
Cela dit, l'intensité du lien qui unit Hotel et VV relègue souvent au second plan le lien qu'ils forment avec les spectateurs qui, plus que pour d'autres groupes, ne sont réellement que des spectateurs. Du coup, lorsque, après un set de 40' (et très peu d'anciens morceaux), ils quittent la scène et que les lumières se rallument, on n'a pas le sentiment d'avoir partagé grand-chose avec eux, mais après tout qu'importe. Sur le moment même, c'était parfait.
dimanche, janvier 23
J'ai (un peu) honte
Vous pouvez trouver ici une chanson extraite du dernier épisode de la série télévisée I dream, dans laquelle on retrouvait tous les membres de S Club 8. Triste histoire que celle de cette bande d'adolescents (environ 16 ans maintenant mais guère plus que 12 à leurs débuts) assemblée sur le modèle de S Club 7 et qui, bien qu'ayant de meilleures chansons que ces derniers(Sundown et New Direction par exemple), ne sont jamais parvenus à imiter leur succès. L'échec retentissant de l'album qui a accompagné la série marque d'ailleurs sans doute la fin du groupe.
Quoique cela m'embarrasse de l'avouer, j'ai vu presque tous les épisodes (une dizaine en tout). Dans l'ensemble, ce n'était franchement pas terrible mais il y avait toujours bien une ligne de dialogue ou une idée à sauver du naufrage, notamment cette chanson, pastiche très réussi des productions Bollywoodiennes. Avant que vous ne me le demandiez, oui, c'est bien Christopher "Back to the Future" Lloyd qui chante.
Quoique cela m'embarrasse de l'avouer, j'ai vu presque tous les épisodes (une dizaine en tout). Dans l'ensemble, ce n'était franchement pas terrible mais il y avait toujours bien une ligne de dialogue ou une idée à sauver du naufrage, notamment cette chanson, pastiche très réussi des productions Bollywoodiennes. Avant que vous ne me le demandiez, oui, c'est bien Christopher "Back to the Future" Lloyd qui chante.
Test-Achats
Depuis l'arrivée du Media Markt et de ses prix planchers en septembre dernier, une féroce guerre des prix s'était engagée entre la FNAC et le nouvel arrivant, ce qui était tout bénéfice pour le consommateur. Liège était ainsi devenue pendant quelques mois la Mecque du disque et du DVD pas cher. Ainsi, les nouveautés s'y vendaient entre 13€50 et 15€ (le double Nick Cave, l'album de Keane, les best-of de Britney Spears et Robbie Williams, le Smile de Brian Wilson, le dernier Elton John, pour citer ceux dont je me souviens pour les avoir vus la semaine dernière), ce qui changeait agréablement des prix entre 17 et 18€ qui existaient auparavant. Il devenait ainsi pour la première fois depuis très longtemps plus intéressant d'acheter son disque ou ses DVD en magasin plutôt que via les mail-orders du type Amazon. Pour donner un exemple sur des produits de grande distribution, le double DVD de Harry Potter III coûtait 22€50 à comparer avec les 28€ proposés par Amazon. Mieux, l'édition collector du Retour du Roi était en vente à 32€, soit 13€ de moins que le prix proposé par Amazon. Evidemment, cette baisse des prix était très localisée. Les autres magasins de la ville étaient incapables d'aligner leur prix. D'après les quelques informations dont je dispose, les prix à Bruxelles et Paris par exemple restaient aussi sensiblement plus élevés.
Comme toutes les bonnes choses, ça ne pouvait pas durer. Ainsi, en effectuant hier mon tour hebdomadaire des rayons de la FNAC, j'ai eu la désagréable surprise de voir que bon nombre de prix avaient été sensiblement augmentés, de 4€ en moyenne (le best-of de Britney Spears était passé de 13€90 à 18€90 par exemple). Certains articles poussent même le vice jusqu'à doubler de prix (le coffret 5 DVD d'Olive et Tom, champions de foot est ainsi passé d'environ 35€ à 65€). Avant que l'on ne me fasse la remarque, je m'empresse de préciser que ce n'était pas l'augmentation habituelle lorsque la période des prix verts se termine, d'abord parce qu'il n'y a pas de raison que la moitié des disques dans les présentoirs passent en prix blanc la même semaine et ensuite parce que les nouveaux prix étaient toujours annoncés comme étant des prix verts. Il semblerait que ce soit plutôt un réajustement tardif des prix verts.
Dès lors, il y a deux hypothèses. Soit la FNAC et le Media Markt se sont entendus pour augmenter leurs prix en même temps (j'irai vérifier la semaine prochaine si les prix de ce dernier ont suivi la même courbe ascendante), soit la FNAC ne pouvait plus suivre et a jeté l'éponge, comptant sur la qualité de son service pour conserver sa clientèle. Dans les deux cas, c'est une mauvaise nouvelle. J'attends avec une certaine crainte de voir à quel prix seront proposées les nouveautés de ces prochaines semaines.
PS : Tous les disques et DVD cités ici ne sont pas sur ma liste d'achats. J'ai juste une bonne mémoire visuelle. ;o) Je ne garantis pas non plus l'exactitude de tous les prix mentionnés, même si les ordres de grandeur y sont.
Comme toutes les bonnes choses, ça ne pouvait pas durer. Ainsi, en effectuant hier mon tour hebdomadaire des rayons de la FNAC, j'ai eu la désagréable surprise de voir que bon nombre de prix avaient été sensiblement augmentés, de 4€ en moyenne (le best-of de Britney Spears était passé de 13€90 à 18€90 par exemple). Certains articles poussent même le vice jusqu'à doubler de prix (le coffret 5 DVD d'Olive et Tom, champions de foot est ainsi passé d'environ 35€ à 65€). Avant que l'on ne me fasse la remarque, je m'empresse de préciser que ce n'était pas l'augmentation habituelle lorsque la période des prix verts se termine, d'abord parce qu'il n'y a pas de raison que la moitié des disques dans les présentoirs passent en prix blanc la même semaine et ensuite parce que les nouveaux prix étaient toujours annoncés comme étant des prix verts. Il semblerait que ce soit plutôt un réajustement tardif des prix verts.
Dès lors, il y a deux hypothèses. Soit la FNAC et le Media Markt se sont entendus pour augmenter leurs prix en même temps (j'irai vérifier la semaine prochaine si les prix de ce dernier ont suivi la même courbe ascendante), soit la FNAC ne pouvait plus suivre et a jeté l'éponge, comptant sur la qualité de son service pour conserver sa clientèle. Dans les deux cas, c'est une mauvaise nouvelle. J'attends avec une certaine crainte de voir à quel prix seront proposées les nouveautés de ces prochaines semaines.
PS : Tous les disques et DVD cités ici ne sont pas sur ma liste d'achats. J'ai juste une bonne mémoire visuelle. ;o) Je ne garantis pas non plus l'exactitude de tous les prix mentionnés, même si les ordres de grandeur y sont.
vendredi, janvier 21
Allez écouter
cette chanson de Picnic at the Whitehouse. Je l'ai chérie en secret pendant 10 ans, sans jamais rencontrer quelqu'un d'autre qui la connaisse. Il était temps que je confronte mon enthousiasme irrationnel à des opinions extérieures, histoire de le ramener à de plus juste proportions.
Ou alors vous pouvez aller là pour écouter Geri Halliwell dire 'Thank you', 'Stop it', 'Bye', 'Come in' ou vous donner des gros bisous.
Il n'y a pas à dire. Internet, c'est formidable.
Ou alors vous pouvez aller là pour écouter Geri Halliwell dire 'Thank you', 'Stop it', 'Bye', 'Come in' ou vous donner des gros bisous.
Il n'y a pas à dire. Internet, c'est formidable.
Les albums de 2004 (XI)
Gravenhurst - Flashlight Seasons (Warp)
Je ne sais pas si le 'folk atmosphérique' est un genre reconnu mais il trouve en tout cas ici un bel ambassadeur, digne héritier de Mojave 3 par exemple. Gravenhurst est le groupe d'un seul homme, Nick Talbot, qui a écrit, interprété et enregistré ce disque en solitaire. Essentiellement basé autour du binôme guitare acoustique et voix haut perchée, le disque contient également quelques rares touches d'orgues, de claviers, d'harmonica ou de percussions. Une chanson comme I turn my face to the forest floor résume bien pour moi la teneur de ce disque empli d'une beauté fragile mais qui ne manque pas d'assurance. (voir aussi ici)
Devendra Banhart - Rejoicing in the hands (XL Recordings)
Kings of Convenience - Riot in an empty street (Source)
(voir ici)
Nouvelle Vague - Nouvelle vague (Peacefrog)
A croire que chaque année nous réserve son groupe de reprises à la mode, de Senor Coconut à Mike Flowers Pop et de Scala à Nouvelle Vague. Le concept, auquel l'album se résume, est de faire des reprises de chansons new-wave ('nouvelle vague' donc) en style bossa-nova (qui ne veut pas dire nouvelle vague mais bon, il y a quand même 'nova'). Il semble avoir été inventé uniquement pour permettre à des journalistes d'écrire des trucs du genre "Le soleil brésilien rencontre la pluie britannique et forme un arc-en-ciel d'élégance." Ils ne s'en sont pas privés et, grâce à leurs dithyrambes climatiques, le groupe est même parvenu à organiser quelques concerts branchouilles. Tant mieux pour eux. On peut tout de même regretter que la question de savoir si ça apporte quoi que ce soit aux originaux ne semble pas avoir été posée. Le détournement pour le plaisir du détournement, c'est gentil mais ça ne va pas très loin. Le seul morceau qui semble parvenir à percer son corset conceptuel est Marian, sans doute parce que je n'en connais pas la version originale.
22-20s - 22-20s (Heavenly)
Cette année aura vu apparaître une évolution fondamentale dans le paysage musical britannique : les groupes en The ne sont plus en The. Les hypes rock indé de l'année ne sont pas The Franz Ferdinand, ni The Kasabian, ni The Razorlight, et encore moins The 22-20s. Non, non. Ce cliché éculé est définitivement rangé au vestiaire. Maintenant, les groupes se présentent sans article, tout juste habillés d'une dizaine de chansons de blues énervé, de quelques fanfaronnades à placer dans les interviews du NME et de Kerrang, d'une lippe boudeuse et de quelques milliers de cheveux savamment ébouriffés. Il faut bien convenir que ça fonctionne malgré tout plutôt bien. 22-20s prend ainsi fièrement sa place dans la lignée The White Stripes-The Von Bondies-The Black Keys avec quelques chansons imparables (Devil in me, Such a fool) et une bonne dose de wock'n'woll attitude. Certes, ils n'enregistreront jamais de quatrième album et tous, sauf le premier bien entendu, se vendront moins que le précédent. Qu'ils en proftent donc bien tant que ça dure (et nous aussi). D'ici cinq ans, la récré sera finie.
Dominique A - Tout sera comme avant (Labels)
Pourquoi diable est-ce que je continue à acheter les albums de Dominique A quand je sais pertinemment bien que je ne parviendrai pas à m'y attacher, que je les écouterai cinq ou six fois avant de ne plus jamais y repenser (c'est en tout cas ce qui s'est passé pour Auguri) ? Serait-ce la promesse d'un CD bonus maousse (9 titres), la lecture d'un article enthousiaste dans une revue quelconque ou bien une nouvelle preuve de mon inertie ? Peut-être un peu tout ça mais je crois en fait que c'est essentiellement parce que j'aime beaucoup sa voix et que l'entendre dans des nouvelles chansons suffit déjà dans une certaine mesure à mon bonheur. Ce disque n'a plus grand-chose à voir avec ce qu'il faisait à ses débuts, ni même avec Remué. Il s'agit plutôt d'un disque très arty qui fait un peu penser au dernier Bashung. Voyez par exemple ce que l'on trouve dans la liste des instruments utilisés : ukulélé, marimba, cajon, hang, gu-zheng et marimbula, cuatro, cavaqinho et ondes martenot (sans compter un orchestre symphonique). On est très loin du minimalisme Casio de son premier album. Pourtant, cela reste indéniablement du Dominique A. Les mélodies sont toujours aussi fragiles et les notes tenues aussi incertaines. Seulement, elles se déploient maintenant sur un fond instrumental déstructuré et vaguement syncopé, et pourquoi pas après tout ?
Je ne sais pas si le 'folk atmosphérique' est un genre reconnu mais il trouve en tout cas ici un bel ambassadeur, digne héritier de Mojave 3 par exemple. Gravenhurst est le groupe d'un seul homme, Nick Talbot, qui a écrit, interprété et enregistré ce disque en solitaire. Essentiellement basé autour du binôme guitare acoustique et voix haut perchée, le disque contient également quelques rares touches d'orgues, de claviers, d'harmonica ou de percussions. Une chanson comme I turn my face to the forest floor résume bien pour moi la teneur de ce disque empli d'une beauté fragile mais qui ne manque pas d'assurance. (voir aussi ici)
Devendra Banhart - Rejoicing in the hands (XL Recordings)
Kings of Convenience - Riot in an empty street (Source)
(voir ici)
Nouvelle Vague - Nouvelle vague (Peacefrog)
A croire que chaque année nous réserve son groupe de reprises à la mode, de Senor Coconut à Mike Flowers Pop et de Scala à Nouvelle Vague. Le concept, auquel l'album se résume, est de faire des reprises de chansons new-wave ('nouvelle vague' donc) en style bossa-nova (qui ne veut pas dire nouvelle vague mais bon, il y a quand même 'nova'). Il semble avoir été inventé uniquement pour permettre à des journalistes d'écrire des trucs du genre "Le soleil brésilien rencontre la pluie britannique et forme un arc-en-ciel d'élégance." Ils ne s'en sont pas privés et, grâce à leurs dithyrambes climatiques, le groupe est même parvenu à organiser quelques concerts branchouilles. Tant mieux pour eux. On peut tout de même regretter que la question de savoir si ça apporte quoi que ce soit aux originaux ne semble pas avoir été posée. Le détournement pour le plaisir du détournement, c'est gentil mais ça ne va pas très loin. Le seul morceau qui semble parvenir à percer son corset conceptuel est Marian, sans doute parce que je n'en connais pas la version originale.
22-20s - 22-20s (Heavenly)
Cette année aura vu apparaître une évolution fondamentale dans le paysage musical britannique : les groupes en The ne sont plus en The. Les hypes rock indé de l'année ne sont pas The Franz Ferdinand, ni The Kasabian, ni The Razorlight, et encore moins The 22-20s. Non, non. Ce cliché éculé est définitivement rangé au vestiaire. Maintenant, les groupes se présentent sans article, tout juste habillés d'une dizaine de chansons de blues énervé, de quelques fanfaronnades à placer dans les interviews du NME et de Kerrang, d'une lippe boudeuse et de quelques milliers de cheveux savamment ébouriffés. Il faut bien convenir que ça fonctionne malgré tout plutôt bien. 22-20s prend ainsi fièrement sa place dans la lignée The White Stripes-The Von Bondies-The Black Keys avec quelques chansons imparables (Devil in me, Such a fool) et une bonne dose de wock'n'woll attitude. Certes, ils n'enregistreront jamais de quatrième album et tous, sauf le premier bien entendu, se vendront moins que le précédent. Qu'ils en proftent donc bien tant que ça dure (et nous aussi). D'ici cinq ans, la récré sera finie.
Dominique A - Tout sera comme avant (Labels)
Pourquoi diable est-ce que je continue à acheter les albums de Dominique A quand je sais pertinemment bien que je ne parviendrai pas à m'y attacher, que je les écouterai cinq ou six fois avant de ne plus jamais y repenser (c'est en tout cas ce qui s'est passé pour Auguri) ? Serait-ce la promesse d'un CD bonus maousse (9 titres), la lecture d'un article enthousiaste dans une revue quelconque ou bien une nouvelle preuve de mon inertie ? Peut-être un peu tout ça mais je crois en fait que c'est essentiellement parce que j'aime beaucoup sa voix et que l'entendre dans des nouvelles chansons suffit déjà dans une certaine mesure à mon bonheur. Ce disque n'a plus grand-chose à voir avec ce qu'il faisait à ses débuts, ni même avec Remué. Il s'agit plutôt d'un disque très arty qui fait un peu penser au dernier Bashung. Voyez par exemple ce que l'on trouve dans la liste des instruments utilisés : ukulélé, marimba, cajon, hang, gu-zheng et marimbula, cuatro, cavaqinho et ondes martenot (sans compter un orchestre symphonique). On est très loin du minimalisme Casio de son premier album. Pourtant, cela reste indéniablement du Dominique A. Les mélodies sont toujours aussi fragiles et les notes tenues aussi incertaines. Seulement, elles se déploient maintenant sur un fond instrumental déstructuré et vaguement syncopé, et pourquoi pas après tout ?
jeudi, janvier 20
Wolf update
Sur le site officiel de Patrick Wolf, vous pouvez pour l'instant télécharger une chanson inédite, Souvenirs.
mercredi, janvier 19
La chose que je hais le plus au monde
Dans ce qui sera peut-être le début d'une longue série, voici un truc qui m'énerve : les présentateurs télé ou radio qui, pour bien signifier leur respect et leur admiration pour tel ou telle artiste, se sentent obligés de faire précéder leur nom par Monsieur ou Madame. Du temps de Taratata, Nagui était le champion toutes catégories de l'exercice et on avait droit chaque semaine à des "Je vous demande d'applaudir ...(petit blanc pour faire monter l'attention du spectateur) MONSIEUR Claude Nougaro." ou "MADAME Véronique Sanson" ou encore "MONSIEUR Charles Aznavour". Il semblerait que Daniela Lumbroso ait maintenant repris le flambeau. C'est toujours aussi insupportable.
Les albums de 2004 (X)
Lambchop - Awcmon/Noyoucmon (City Slang)
Sortir des albums doubles pour le prix d'un simple est plutôt une bonne idée marketing. Devant le rayon, l'acheteur potentiel se dit confusément qu'il en aura de toutes façons pour son argent. C'est d'ailleurs en partie la raison pour laquelle il s'agit du premier disque de Lambchop que j'achète à sa sortie. Et pourtant... Avec environ deux fois 45 minutes, ce double album ne contient pas tellement plus de musique qu'un simple CD de 78 minutes bourré jusqu'à la gueule. Pis, il donne une désagréable impression de remplissage. J'aimais bien leur album Nixon et je garde un bon souvenir de leur concert à Bruxelles lors de la tournée Is a Woman mais je dois bien avouer que pour décrire ce double album, le premier mot qui me vient à l'esprit est "ennui" : un ennui élégant, raffiné, de bon goût et qui ne manque pas de classe, mais un ennui quand même. C'est bien simple. Il suffit que je mette ce disque sur la platine pour instantanément penser à autre chose. Pourtant, j'aime bien le son Lambchop, notamment pour la voix de Kurt Wagner, mais ces chansons me filent entre les oreilles comme le sable sec entre les doigts d'un poing fermé. Je ne désespère pas que cela change un jour.
Bonnie "prince" Billy - sings Greatest Palace Music (Domino)
C'est amusant de réécouter ce disque juste après celui de Lambchop, qui est stylistiquement assez proche. Comment puis-je rester indifférent à l'un et succomber à l'autre ? Parce que la voix de Will Oldham est plus émouvante que celle d'un vieux briscard comme Kurt Wagner ? Parce que la production est plus variée (même si le producteur de ce disque vient de Lambchop) ? Parce que la pochette est plus jolie (le pseudo-Cézanne à l'avant, pas la franchement terrifiante photo de Will à l'arrière) ? Peut-être tout simplement parce que les chansons sont meilleures. De plus, ce disque a une fonction pratique. En sa qualité de pseudo best-of aux hormones, il me permet de faire une croix sans trop de mauvaise conscience sur les disques de Palace (dont je n'ai jamais entendu une traître note) et de me contenter des albums de Bonnie 'prince' Billy.
Post Industrial Boys - Post Industrial Boys (gogi.ge.org)
Un OSNI réalisé par un groupe de musiciens (apparemment) géorgiens (la Géorgie ex-soviétique, pas l'américaine). Le boîtier arbore sur sa face arrière une faucille et un marteau noirs sur fond couleur yaourt aux fruits des bois. Pas de nom de label reconnaissable ni de date de sortie. Juste, bizarrement, un code-barres. La pochette mentionne comme compositeur et producteur un certain George Dzodzuashvili tandis que l'écriture des textes est le plus souvent laissée aux interprètes de chaque titre, qui ont tous des noms en -dze ou en -shvili. C'est à une chronique des Inrocks que je dois la découverte de ce petit bijou (comme quoi, ils peuvent toujours surprendre). De mémoire, elle faisait référence pour décrire l'album à Bacharach et Kraftwerk. Deux noms qui me semble-t-il n'ont pas grand chose à voir avec ce que contient le disque. Si je devais chercher des points de comparaison, ce serait plutôt chez Broadcast et Leonard Cohen que je les trouverais. Tout le disque baigne ainsi dans une ambiance d'électronique élégante, vaguement jazzy et qui me rappelle Broadcast ou, à la limite, certains morceaux de Stereolab. La deuxième référence ne vaut que pour la chanson qui donne son titre à l'album, où un certain Gogi chante, avec une voix qui m'évoque celle de Cohen, des phrases du genre "Post Industrial Boys have a wonderful voice. They read some James Joyce and make a careful choice. Post Industrial Boys subscribe to Village Voice." ou "Dow Jones Average tells hypocrisy of postindustrial mediocracy." sur un petit tapis de boîte à rythmes et quelques notes de synthé. S'il est sorti une plus belle chanson en 2004, je dois encore la découvrir. Tout le reste de l'album est à l'avenant, en majorité chanté en russe et, sur un titre, dans une langue imaginaire (ce qui pour moi revient un peu au même). L'avant-dernier morceau, Kampolina, sonne lui comme une BO de Badalamenti (c'est un compliment). En définitive un disque presque parfait.
Max Richter - The blue notebooks (Fat Cat)
Voilà un disque qui va beaucoup profiter de la réécoute de janvier. J'en avais gardé le souvenir d'un très bel album de "nouvelle musique" néo-tonale, sorte de requiem pour cordes et piano évoquant à la fois les contemplatifs slaves à la Arvo Pärt et les minimalistes américains, beau mais un peu trop évanescent pour enthousiasmer réellement. En le réécoutant, je dois bien admettre qu'il est tout de même assez emballant et pas si transparent que cela. Certes, le disque porte parfois ses références comme un étendard. J'étais ainsi très fier d'avoir repéré à quel point la plage 4 était un hommage au premier album de DJ Shadow (à Stem plus précisément), avant de me rendre compte que son titre était Shadow Journal. De même, Arboretum sonne étrangement comme un inédit des 'Metamorphosis' pour piano seul de Philip Glass. Written in the sky semble lui avoir été composé pour servir de bande-son à la dernière scène d'un film tragique. Je l'imagine assez bien par exemple en fond sonore d'une scène de naufrage où le héros se noierait après avoir réussi in extremis à placer son fils sur un radeau de fortune. La caméra suivrait en contre-plongée la descente de son corps s'abîmant dans les profondeurs tandis qu'en arrière-plan on verrait le radeau flotter sur la surface et s'éloigner vers le lointain. Juste avant le générique, un gros plan nous montrerait le visage apaisé du père ayant sauvé son enfant d'une mort certaine puis (allons au bout de nos idées) un léger mouvement de caméra nous montrerait son poing serré d'où dépasserait la chaîne d'un médaillon, celui que lui avait offert sa femme au début du film. Ce serait d'autant plus émouvant qu'elle serait morte en donnant naissance à l'enfant. Ils seraient ainsi tous les deux morts pour le mener à l'âge adulte. Ce serait beau. Les Oscars pleuvraient comme des grenouilles dans un film à Oscars et Max Richter aurait composé la musique.
Sortir des albums doubles pour le prix d'un simple est plutôt une bonne idée marketing. Devant le rayon, l'acheteur potentiel se dit confusément qu'il en aura de toutes façons pour son argent. C'est d'ailleurs en partie la raison pour laquelle il s'agit du premier disque de Lambchop que j'achète à sa sortie. Et pourtant... Avec environ deux fois 45 minutes, ce double album ne contient pas tellement plus de musique qu'un simple CD de 78 minutes bourré jusqu'à la gueule. Pis, il donne une désagréable impression de remplissage. J'aimais bien leur album Nixon et je garde un bon souvenir de leur concert à Bruxelles lors de la tournée Is a Woman mais je dois bien avouer que pour décrire ce double album, le premier mot qui me vient à l'esprit est "ennui" : un ennui élégant, raffiné, de bon goût et qui ne manque pas de classe, mais un ennui quand même. C'est bien simple. Il suffit que je mette ce disque sur la platine pour instantanément penser à autre chose. Pourtant, j'aime bien le son Lambchop, notamment pour la voix de Kurt Wagner, mais ces chansons me filent entre les oreilles comme le sable sec entre les doigts d'un poing fermé. Je ne désespère pas que cela change un jour.
Bonnie "prince" Billy - sings Greatest Palace Music (Domino)
C'est amusant de réécouter ce disque juste après celui de Lambchop, qui est stylistiquement assez proche. Comment puis-je rester indifférent à l'un et succomber à l'autre ? Parce que la voix de Will Oldham est plus émouvante que celle d'un vieux briscard comme Kurt Wagner ? Parce que la production est plus variée (même si le producteur de ce disque vient de Lambchop) ? Parce que la pochette est plus jolie (le pseudo-Cézanne à l'avant, pas la franchement terrifiante photo de Will à l'arrière) ? Peut-être tout simplement parce que les chansons sont meilleures. De plus, ce disque a une fonction pratique. En sa qualité de pseudo best-of aux hormones, il me permet de faire une croix sans trop de mauvaise conscience sur les disques de Palace (dont je n'ai jamais entendu une traître note) et de me contenter des albums de Bonnie 'prince' Billy.
Post Industrial Boys - Post Industrial Boys (gogi.ge.org)
Un OSNI réalisé par un groupe de musiciens (apparemment) géorgiens (la Géorgie ex-soviétique, pas l'américaine). Le boîtier arbore sur sa face arrière une faucille et un marteau noirs sur fond couleur yaourt aux fruits des bois. Pas de nom de label reconnaissable ni de date de sortie. Juste, bizarrement, un code-barres. La pochette mentionne comme compositeur et producteur un certain George Dzodzuashvili tandis que l'écriture des textes est le plus souvent laissée aux interprètes de chaque titre, qui ont tous des noms en -dze ou en -shvili. C'est à une chronique des Inrocks que je dois la découverte de ce petit bijou (comme quoi, ils peuvent toujours surprendre). De mémoire, elle faisait référence pour décrire l'album à Bacharach et Kraftwerk. Deux noms qui me semble-t-il n'ont pas grand chose à voir avec ce que contient le disque. Si je devais chercher des points de comparaison, ce serait plutôt chez Broadcast et Leonard Cohen que je les trouverais. Tout le disque baigne ainsi dans une ambiance d'électronique élégante, vaguement jazzy et qui me rappelle Broadcast ou, à la limite, certains morceaux de Stereolab. La deuxième référence ne vaut que pour la chanson qui donne son titre à l'album, où un certain Gogi chante, avec une voix qui m'évoque celle de Cohen, des phrases du genre "Post Industrial Boys have a wonderful voice. They read some James Joyce and make a careful choice. Post Industrial Boys subscribe to Village Voice." ou "Dow Jones Average tells hypocrisy of postindustrial mediocracy." sur un petit tapis de boîte à rythmes et quelques notes de synthé. S'il est sorti une plus belle chanson en 2004, je dois encore la découvrir. Tout le reste de l'album est à l'avenant, en majorité chanté en russe et, sur un titre, dans une langue imaginaire (ce qui pour moi revient un peu au même). L'avant-dernier morceau, Kampolina, sonne lui comme une BO de Badalamenti (c'est un compliment). En définitive un disque presque parfait.
Max Richter - The blue notebooks (Fat Cat)
Voilà un disque qui va beaucoup profiter de la réécoute de janvier. J'en avais gardé le souvenir d'un très bel album de "nouvelle musique" néo-tonale, sorte de requiem pour cordes et piano évoquant à la fois les contemplatifs slaves à la Arvo Pärt et les minimalistes américains, beau mais un peu trop évanescent pour enthousiasmer réellement. En le réécoutant, je dois bien admettre qu'il est tout de même assez emballant et pas si transparent que cela. Certes, le disque porte parfois ses références comme un étendard. J'étais ainsi très fier d'avoir repéré à quel point la plage 4 était un hommage au premier album de DJ Shadow (à Stem plus précisément), avant de me rendre compte que son titre était Shadow Journal. De même, Arboretum sonne étrangement comme un inédit des 'Metamorphosis' pour piano seul de Philip Glass. Written in the sky semble lui avoir été composé pour servir de bande-son à la dernière scène d'un film tragique. Je l'imagine assez bien par exemple en fond sonore d'une scène de naufrage où le héros se noierait après avoir réussi in extremis à placer son fils sur un radeau de fortune. La caméra suivrait en contre-plongée la descente de son corps s'abîmant dans les profondeurs tandis qu'en arrière-plan on verrait le radeau flotter sur la surface et s'éloigner vers le lointain. Juste avant le générique, un gros plan nous montrerait le visage apaisé du père ayant sauvé son enfant d'une mort certaine puis (allons au bout de nos idées) un léger mouvement de caméra nous montrerait son poing serré d'où dépasserait la chaîne d'un médaillon, celui que lui avait offert sa femme au début du film. Ce serait d'autant plus émouvant qu'elle serait morte en donnant naissance à l'enfant. Ils seraient ainsi tous les deux morts pour le mener à l'âge adulte. Ce serait beau. Les Oscars pleuvraient comme des grenouilles dans un film à Oscars et Max Richter aurait composé la musique.
mardi, janvier 18
Les albums de 2004 (IX)
Scissor Sisters - Scissor Sisters (Polydor)
Les Scissor Sisters ont sans aucun doute été l'une des "révélations de l'année". En début d'année, lorsque l'album est sorti, je me rappelle avoir pensé : "Ce disque est incroyable. Tous les morceaux pourraient être des singles." Quelques mois plus tard, j'ai un peu l'impression que tous l'ont été. Sept sur les onze titres de l'album ont en tout cas été abondamment diffusés en radio. D'où vient ce succès ? A mon avis, pas de leur capacité à innover mais plutôt de leur capacité à remettre au goût du jour une certaine élégance dans l'écriture pop. Ca faisait longtemps que je n'avais plus entendu un disque aussi bien arrangé et orchestré. Là où de nombreux disques supportent assez mal l'écoute au casque, celui-ci semble au contraire bénéficier d'une écoute attentive, en révélant par exemple de jolies guitares saturées en accompagnement ou bien le petit solo de saxophone sur Mary. Je pourrais aussi ajouter que l'idée de mixer Pink Floyd et les Bee Gees n'est pas loin d'être géniale, que Jake Shears a une voix étrangement proche de celle de Elton John (jeune) sur Mary et que Return to Oz, non contente d'être la plus belle chanson de l'album, est aussi la plus belle chanson que le Bowie de la grande époque aurait dû écrire (on croirait entendre un inédit de Space Oddity). La version anglaise de l'album possède deux morceaux inédits (et plus électro) précédés d'un petit speech où une membre du groupe dit un truc du genre "Vous venez d'écouter notre premier album. Merci. J'espère que vous l'avez apprécié ce disque. Après ce petit bruit, vous aurez le choix entre remettre le disque à son début ou écouter ces deux morceaux réservés au pressage britannique de l'album." Un disque formidable ET bien élevé. Que demander de plus ?
William Sheller - Epures (Mercury)
J'écoute très peu de chanson française, et moins de 3% des disques que je possède sont chantés en français. Si on fait abstraction des grands anciens (Gainsbourg et Brel principalement), les chanteurs français pour lesquels j'ai de l'estime se comptent sur les doigts d'une main (Bashung, Chamfort, Romain Didier et Gotainer) et le seul que j'écoute régulièrement est William Sheller. Est-ce son côté solitaire sophistiqué ou bien ses prétentions classiques qui me le rendent sympathique ? Je ne sais pas trop mais le fait est que c'est un des rares chanteurs francophones (avec Dominique A) que j'ai vu en concert et je considère Univers, par exemple, comme un véritable chef-d'oeuvre. Cette année, il est revenu à la formule qui lui avait valu gloire et récompense il y a une petite dizaine d'années avec 'Sheller en solitaire', piano+voix. Cet album contient 11 nouvelles chansons et une reprise des Machines Absurdes pour une durée totale de 33 minutes à peine (c'est peu). On se retrouve ici en terrain ultra-connu, les changements d'accord typiques et la voix de Sheller ne dépayseront personne. Le disque n'apporte donc pas grand-chose de neuf mais comme ça faisait presque 10 ans qu'il n'avait plus rien sorti dans ce genre, je lui pardonne volontiers, surtout quand les chansons sont de ce niveau.
Junior Boys - Last Exit (Kin/Domino)
Lorsque j'ai entendu parler de ce disque pour la première fois, il était présenté comme le meilleur disque pop de l'année. Force est de constater que le terme 'pop' est quelque peu trompeur. Si je devais définir ce genre de son, je parlerais plutôt d'électro minimaliste (là me prend une énorme envie d'ajouter 'à la Kompakt' mais, n'ayant écouté qu'une seule compilation Kompakt, j'ai peur que ce ne soit un peu téméraire), avec quelques paroles rajoutées. Aux premières écoutes, le disque m'a étonné par son dépouillement et le fait qu'il semblait ne contenir quasiment aucune note tenue. Les boîtes à rythmes, les synthés et les voix sonnent presque toujours staccato. Pourtant, malgré les multiples répétitions, le disque n'est jamais ennuyeux et est même souvent rythmiquement assez fascinant. Les voix sont souvent plus murmurées que chantées et mixées en retrait. Elles ne prennent donc que rarement le dessus sur l'accompagement. Il est pourtant une exception notable à cette règle : Teach Me How To Fight, une complainte en suspension d'un beauté assez sidérante et sans aucun doute le plus beau morceau de l'album. La voix y prend réellement les rênes de la chanson et on regrette qu'ils n'aient pas laissé plus souvent libre cours à leurs envies lyriques. (bio et extraits ici)
The Network - Money Money 2020 (Reprise)
Après Slipknot, voici un autre groupe à masques. Je ne sais pas grand-chose d'eux. C'est un disque assez difficile à définir. Les instruments sont essentiellement rock. Pourtant, l'ensemble a un petit côté rétro 80s, dû en partie à quelques touches de synthés, mais aussi à une manière de chanter qui rappelle un peu les débuts de la new-wave. En fait, The Network pourrait être assez fidèlement décrit comme "Green Day ayant remplacé Billie Joe Armstrong par Gary Numan" (voir Hungry Hungry Models par exemple). La rumeur veut d'ailleurs que derrière les masques se chachent des membres de Green Day. Je me suis demandé deux ou trois fois si mon affection pour ce disque signifie que je suis susceptible d'aimer aussi les albums de Green Day mais il est des questions auxquelles il vaut mieux ne jamais apporter de réponses, même si le groupe subit actuellement une réhabilitation vertigineuse. Un bon point aussi pour la citation de Public Image Limited (et idem pour Rammstein d'ailleurs). (extraits ici).
Les Scissor Sisters ont sans aucun doute été l'une des "révélations de l'année". En début d'année, lorsque l'album est sorti, je me rappelle avoir pensé : "Ce disque est incroyable. Tous les morceaux pourraient être des singles." Quelques mois plus tard, j'ai un peu l'impression que tous l'ont été. Sept sur les onze titres de l'album ont en tout cas été abondamment diffusés en radio. D'où vient ce succès ? A mon avis, pas de leur capacité à innover mais plutôt de leur capacité à remettre au goût du jour une certaine élégance dans l'écriture pop. Ca faisait longtemps que je n'avais plus entendu un disque aussi bien arrangé et orchestré. Là où de nombreux disques supportent assez mal l'écoute au casque, celui-ci semble au contraire bénéficier d'une écoute attentive, en révélant par exemple de jolies guitares saturées en accompagnement ou bien le petit solo de saxophone sur Mary. Je pourrais aussi ajouter que l'idée de mixer Pink Floyd et les Bee Gees n'est pas loin d'être géniale, que Jake Shears a une voix étrangement proche de celle de Elton John (jeune) sur Mary et que Return to Oz, non contente d'être la plus belle chanson de l'album, est aussi la plus belle chanson que le Bowie de la grande époque aurait dû écrire (on croirait entendre un inédit de Space Oddity). La version anglaise de l'album possède deux morceaux inédits (et plus électro) précédés d'un petit speech où une membre du groupe dit un truc du genre "Vous venez d'écouter notre premier album. Merci. J'espère que vous l'avez apprécié ce disque. Après ce petit bruit, vous aurez le choix entre remettre le disque à son début ou écouter ces deux morceaux réservés au pressage britannique de l'album." Un disque formidable ET bien élevé. Que demander de plus ?
William Sheller - Epures (Mercury)
J'écoute très peu de chanson française, et moins de 3% des disques que je possède sont chantés en français. Si on fait abstraction des grands anciens (Gainsbourg et Brel principalement), les chanteurs français pour lesquels j'ai de l'estime se comptent sur les doigts d'une main (Bashung, Chamfort, Romain Didier et Gotainer) et le seul que j'écoute régulièrement est William Sheller. Est-ce son côté solitaire sophistiqué ou bien ses prétentions classiques qui me le rendent sympathique ? Je ne sais pas trop mais le fait est que c'est un des rares chanteurs francophones (avec Dominique A) que j'ai vu en concert et je considère Univers, par exemple, comme un véritable chef-d'oeuvre. Cette année, il est revenu à la formule qui lui avait valu gloire et récompense il y a une petite dizaine d'années avec 'Sheller en solitaire', piano+voix. Cet album contient 11 nouvelles chansons et une reprise des Machines Absurdes pour une durée totale de 33 minutes à peine (c'est peu). On se retrouve ici en terrain ultra-connu, les changements d'accord typiques et la voix de Sheller ne dépayseront personne. Le disque n'apporte donc pas grand-chose de neuf mais comme ça faisait presque 10 ans qu'il n'avait plus rien sorti dans ce genre, je lui pardonne volontiers, surtout quand les chansons sont de ce niveau.
Junior Boys - Last Exit (Kin/Domino)
Lorsque j'ai entendu parler de ce disque pour la première fois, il était présenté comme le meilleur disque pop de l'année. Force est de constater que le terme 'pop' est quelque peu trompeur. Si je devais définir ce genre de son, je parlerais plutôt d'électro minimaliste (là me prend une énorme envie d'ajouter 'à la Kompakt' mais, n'ayant écouté qu'une seule compilation Kompakt, j'ai peur que ce ne soit un peu téméraire), avec quelques paroles rajoutées. Aux premières écoutes, le disque m'a étonné par son dépouillement et le fait qu'il semblait ne contenir quasiment aucune note tenue. Les boîtes à rythmes, les synthés et les voix sonnent presque toujours staccato. Pourtant, malgré les multiples répétitions, le disque n'est jamais ennuyeux et est même souvent rythmiquement assez fascinant. Les voix sont souvent plus murmurées que chantées et mixées en retrait. Elles ne prennent donc que rarement le dessus sur l'accompagement. Il est pourtant une exception notable à cette règle : Teach Me How To Fight, une complainte en suspension d'un beauté assez sidérante et sans aucun doute le plus beau morceau de l'album. La voix y prend réellement les rênes de la chanson et on regrette qu'ils n'aient pas laissé plus souvent libre cours à leurs envies lyriques. (bio et extraits ici)
The Network - Money Money 2020 (Reprise)
Après Slipknot, voici un autre groupe à masques. Je ne sais pas grand-chose d'eux. C'est un disque assez difficile à définir. Les instruments sont essentiellement rock. Pourtant, l'ensemble a un petit côté rétro 80s, dû en partie à quelques touches de synthés, mais aussi à une manière de chanter qui rappelle un peu les débuts de la new-wave. En fait, The Network pourrait être assez fidèlement décrit comme "Green Day ayant remplacé Billie Joe Armstrong par Gary Numan" (voir Hungry Hungry Models par exemple). La rumeur veut d'ailleurs que derrière les masques se chachent des membres de Green Day. Je me suis demandé deux ou trois fois si mon affection pour ce disque signifie que je suis susceptible d'aimer aussi les albums de Green Day mais il est des questions auxquelles il vaut mieux ne jamais apporter de réponses, même si le groupe subit actuellement une réhabilitation vertigineuse. Un bon point aussi pour la citation de Public Image Limited (et idem pour Rammstein d'ailleurs). (extraits ici).
lundi, janvier 17
Les albums de 2004 (VIII)
Slipknot - Vol. 3: (the subliminal verses) (Roadrunner)
Le groupe continue sur la voie du deuxième album, avec un bon trash-metal des familles (Duality et Three-Nil sont parfaites dans le genre) et quelques tentatives calmes plus ou moins, mais plutôt moins que plus, bienvenues (Circle par exemple). Malheureusement, ils ont eu la mauvaise idée de mettre les paroles dans le livret. Du coup, on ne peut pas ignorer à quel point elles sont consternantes. Je persiste néanmoins à penser que tout le monde devrait avoir chez soi un bon disque de metal bas du front, ne serait-ce que pour faire enrager les voisins qui écoutent des disques de fanfare le dimanche matin. De plus, le livret est sublime. v23 devrait leur intenter un procès. (voir aussi ici et là)
N.E.R.D - Fly or die (Virgin)
Sur la foi de quelques singles imparables réalisés pour Kelis, Justin Timberlake ou Britney Spears entre autres, les Neptunes se sont forgés une réputation qui dépasse de très loin les frontières du hip-hop. Ce n'est pas du goût de tout le monde et certains puristes pestent de les voir ainsi cachetonner à gauche et à droite pour un peu n'importe qui. Si on suit leur raisonnement, un album comme celui-ci, où ils sont seuls aux commandes et libres de suivre leur inspiration sans contraintes, devrait être bien meilleur que ces chansons éparses qu'ils produisent et écrivent avec un cahier des charges bien précis pour tel ou telle star planétaire. Bizarrement, il n'en est rien. Certes, l'album contient son lot de perles (Fly or Die, Jump, Maybe, She wants to move) mais il a du mal à tenir le rythme sur la longueur. Comment expliquer cette semi-déception ? Peut-être font-ils une musique qui ne fonctionne vraiment que si elle est consommée en petits paquets de quatre minutes faciles à écouter. Peut-être ont-ils besoin pour composer de se confronter à une image ou à une personnalité qui les inspire. Peut-être aussi sous-estime-t-on l'apport des co-compositeurs dans ses singles qu'ils ont produits pour d'autres. Je ne sais pas. Toujours est-il que si cet album 'sonne' très bien et fait un usage très sûr de ses emprunts, il a un peu tendance à m'ennuyer au bout d'une demi-heure. PS : Si quelqu'un pouvait dire à Pharrell que sa voix de fausset est plus un handicap qu'un atout, ce serait déjà un bon début.
Rammstein - Reise Reise (Universal)
Je ne sais pas trop comment quiconque pourrait ne pas prendre du plaisir à écouter ce disque, quoique je suppose que ceux qui le prendront comme une "oeuvre" au premier degré auront plus de mal que les autres. Sûrement des gens capables de chanter "We're all living in Amerika. Coca-Cola Wonderbra. Amerika ist wunderbar" sur la mélodie de Yellow Submarine ne peuvent pas se prendre complètement au sérieux. Si ? Ils peuvent ? Vous êtes sûrs ?.....Au cas où mon hypothèse haute selon laquelle il s'agit d'un disque de clowns tomberait à l'eau dans un fracas assourdissant d'illusions brisées, voici donc quelques autres arguments en faveur de cet album : il s'appelle Voyage Voyage comme la deuxième meilleure chanson de Desireless, les Pet Shop Boys se sont fendus de deux excellents remixes de Mein Teil, la chanson Moskau contient les plus belles mélodies mi-chantées mi-criées en Russe de l'après-t.A.T.u, un morceau cite explicitement Public Image Limited et ils ont même pensé à enregistrer des ballades dont une qui s'intitule, au cas où n'aurait pas bien perçu que c'était une chanson plus calme que les autres, Amour Amour. De plus, le disque regorge de trouvailles sonores en tous genres (avec une mention particulière pour Dalai Lama). Non, franchement, c'est imparable... à ne surtout pas prendre au sérieux mais imparable. (vour aussi ici)
Björk - Medulla (Polydor)
Est-ce moi qui ne fréquente plus les bonnes personnes ou bien ce disque a-t-il, quelques semaines à peine après sa sortie, déjà été oublié ? Pourtant, il contient son lot de bonnes choses, et surtout un petit chef-d'oeuvre, Vokuro, qui est peut-être ce qu'elle a fait de mieux. Le gimmick sur lequel tout le monde s'est attardé (l'absence d'instruments) n'est finalement qu'un détail. La complexité de la production sur un bonne moitié des morceaux prouve bien que cela ne constitue pas réellement une contrainte qui mérite qu'on s'y attarde. A l'époque de sa sortie, l'album m'était apparu particulièrement inégal, mais à le réécouter aujourd'hui, il m'apparait sans doute plus homogène, même si les morceaux que je préférais à l'époque sont encore ceux que je préfère aujourd'hui. Peut-être Björk méritait-elle de voir son piédestal chanceler quelque peu, mais j'aurais préféré que cela se produise pour Vespertine que pour cet album-ci. (voir aussi ici)
Le groupe continue sur la voie du deuxième album, avec un bon trash-metal des familles (Duality et Three-Nil sont parfaites dans le genre) et quelques tentatives calmes plus ou moins, mais plutôt moins que plus, bienvenues (Circle par exemple). Malheureusement, ils ont eu la mauvaise idée de mettre les paroles dans le livret. Du coup, on ne peut pas ignorer à quel point elles sont consternantes. Je persiste néanmoins à penser que tout le monde devrait avoir chez soi un bon disque de metal bas du front, ne serait-ce que pour faire enrager les voisins qui écoutent des disques de fanfare le dimanche matin. De plus, le livret est sublime. v23 devrait leur intenter un procès. (voir aussi ici et là)
N.E.R.D - Fly or die (Virgin)
Sur la foi de quelques singles imparables réalisés pour Kelis, Justin Timberlake ou Britney Spears entre autres, les Neptunes se sont forgés une réputation qui dépasse de très loin les frontières du hip-hop. Ce n'est pas du goût de tout le monde et certains puristes pestent de les voir ainsi cachetonner à gauche et à droite pour un peu n'importe qui. Si on suit leur raisonnement, un album comme celui-ci, où ils sont seuls aux commandes et libres de suivre leur inspiration sans contraintes, devrait être bien meilleur que ces chansons éparses qu'ils produisent et écrivent avec un cahier des charges bien précis pour tel ou telle star planétaire. Bizarrement, il n'en est rien. Certes, l'album contient son lot de perles (Fly or Die, Jump, Maybe, She wants to move) mais il a du mal à tenir le rythme sur la longueur. Comment expliquer cette semi-déception ? Peut-être font-ils une musique qui ne fonctionne vraiment que si elle est consommée en petits paquets de quatre minutes faciles à écouter. Peut-être ont-ils besoin pour composer de se confronter à une image ou à une personnalité qui les inspire. Peut-être aussi sous-estime-t-on l'apport des co-compositeurs dans ses singles qu'ils ont produits pour d'autres. Je ne sais pas. Toujours est-il que si cet album 'sonne' très bien et fait un usage très sûr de ses emprunts, il a un peu tendance à m'ennuyer au bout d'une demi-heure. PS : Si quelqu'un pouvait dire à Pharrell que sa voix de fausset est plus un handicap qu'un atout, ce serait déjà un bon début.
Rammstein - Reise Reise (Universal)
Je ne sais pas trop comment quiconque pourrait ne pas prendre du plaisir à écouter ce disque, quoique je suppose que ceux qui le prendront comme une "oeuvre" au premier degré auront plus de mal que les autres. Sûrement des gens capables de chanter "We're all living in Amerika. Coca-Cola Wonderbra. Amerika ist wunderbar" sur la mélodie de Yellow Submarine ne peuvent pas se prendre complètement au sérieux. Si ? Ils peuvent ? Vous êtes sûrs ?.....Au cas où mon hypothèse haute selon laquelle il s'agit d'un disque de clowns tomberait à l'eau dans un fracas assourdissant d'illusions brisées, voici donc quelques autres arguments en faveur de cet album : il s'appelle Voyage Voyage comme la deuxième meilleure chanson de Desireless, les Pet Shop Boys se sont fendus de deux excellents remixes de Mein Teil, la chanson Moskau contient les plus belles mélodies mi-chantées mi-criées en Russe de l'après-t.A.T.u, un morceau cite explicitement Public Image Limited et ils ont même pensé à enregistrer des ballades dont une qui s'intitule, au cas où n'aurait pas bien perçu que c'était une chanson plus calme que les autres, Amour Amour. De plus, le disque regorge de trouvailles sonores en tous genres (avec une mention particulière pour Dalai Lama). Non, franchement, c'est imparable... à ne surtout pas prendre au sérieux mais imparable. (vour aussi ici)
Björk - Medulla (Polydor)
Est-ce moi qui ne fréquente plus les bonnes personnes ou bien ce disque a-t-il, quelques semaines à peine après sa sortie, déjà été oublié ? Pourtant, il contient son lot de bonnes choses, et surtout un petit chef-d'oeuvre, Vokuro, qui est peut-être ce qu'elle a fait de mieux. Le gimmick sur lequel tout le monde s'est attardé (l'absence d'instruments) n'est finalement qu'un détail. La complexité de la production sur un bonne moitié des morceaux prouve bien que cela ne constitue pas réellement une contrainte qui mérite qu'on s'y attarde. A l'époque de sa sortie, l'album m'était apparu particulièrement inégal, mais à le réécouter aujourd'hui, il m'apparait sans doute plus homogène, même si les morceaux que je préférais à l'époque sont encore ceux que je préfère aujourd'hui. Peut-être Björk méritait-elle de voir son piédestal chanceler quelque peu, mais j'aurais préféré que cela se produise pour Vespertine que pour cet album-ci. (voir aussi ici)
Radiohead annihilé en quelques phrases
dimanche, janvier 16
Listes diverses
J'ai beau tenter de me forcer à mûrir, je continue à prendre un plaisir puéril à compiler mes classements de l'année. Cela dit, je me rends bien compte qu'ils dominent peut-être un peu trop la teneur de mes billets ces dernières semaines. Heureusement, cela ne devrait plus trop durer.
Dans le cadre des Nowplaying Awards, j'ai donc compilé cet après-midi la liste de mes concerts préférés en 2004 et celle de mes morceaux préférés de 2004.
Concerts
1 - Elbow (AB, Bruxelles)
2 - Patrick Wolf (AB, Bruxelles)
3 - Einstürzende Neubauten (AB, Bruxelles)
4 - Kraftwerk (AB, Bruxelles)
5 - Nits (Grand-Place de Bruxelles)
6 - Funckarma vs Cane (Panoptica, Liège)
7 - Sun Kil Moon (AB, Bruxelles)
8 - Elizabeth Anka Vajagic+Hanged'up (AB, Bruxelles)
9 - B&S (AB, Bruxelles)
10 - Explosions in the sky (Rhaaa Lovely, au milieu de nulle part)
11 - Le Tigre (AB, Bruxelles)
12 - Lambchop (AB, Bruxelles)
13 - The Vines (Botanique, Bruxelles)
Morceaux (ou chansons)
Par principe, j'exclus toujours de ce classement les extraits d'albums que j'ai achetés, sans doute parce qu'il y a en moi un vieux fond snobinard qui me fait considérer le format 'album' comme plus noble que le format 'chanson'. Ce parti-pris exclut de mon classement bon nombre de chansons qui y auraient sinon été incluses comme par exemple :
Aereogramme - I don't need your love
JC Chasez - Build my world
Hope of the States - Black Dollar Bills
The Killers - Jenny was a friend of mine
Morrissey - Irish blood, English heart
Scissor Sisters - Return to Oz
Rammstein - Moskau
Pan American - Het Volk
Junior Boys - Teach me how to fight
Björk - Vokuro
Eminem - Toy Soldiers ou Mosh
En conséquence, je me retrouve avec un classement très très pop :
1 - Rachel Stevens - Some girls
2 - O-Zone - Dragostea din tei
3 - The Dead 60s - Riot radio
4 - Ben Folds et Rufus Wainwright - Careless whisper (live)
5 - Wolfman ft Pete Doherty - This is for lovers
6 - Britney Spears - Everytime
7 - Kylie Minogue - I believe in you
8 - Jamelia - See it in a boy's eyes
9 - The Go! Team - The Ice storm
10- Amplifier - One great summer
Pour information, ce classement est en fait une compilation faite à la va-vite de deux sous-classements ayant trait à la pop MTV et à la pop NME (si tant est que l'on puisse faire une réelle séparation entre les deux).
Pop MTV
1 - Rachel Stevens - Some girls
2 - O-Zone - Dragostea din tei
3 - Britney Spears - Everytime
4 - Kylie Minogue - I believe in you
5 - Jamelia - See it in a boy's eyes
6 - Minnie Driver - Everything I've got in my pocket
7 - Girls Aloud - The show
8 - Kelis - Trick me
9 - Busted - Thunderbirds are go
10- D-side - Pushing me out
(et, en vrac Robbie Williams - Radio, The 411 - Dumb, TDR - Never coming down, Gwen Stefani - What are you waiting for? et Britney Spears - Toxic que j'ai trop entendu)
Pop NME :
1 - The Dead 60s - Riot radio
2 - Ben Folds et Rufus Wainwright - Careless whisper
3 - Wolfman ft Pete Doherty - This is for lovers
4 - The Go! Team - The Ice storm
5 - Amplifier - One great summer
6 - The Earlies - Morning wonder
7 - Neil's Children - I hate models
8 - Art Brut - Formed a band
9 - Bloc Party - Banquet
10- The Cloud Room - Hey now
Dieu que tout cela est fastidieux.
Dans le cadre des Nowplaying Awards, j'ai donc compilé cet après-midi la liste de mes concerts préférés en 2004 et celle de mes morceaux préférés de 2004.
Concerts
1 - Elbow (AB, Bruxelles)
2 - Patrick Wolf (AB, Bruxelles)
3 - Einstürzende Neubauten (AB, Bruxelles)
4 - Kraftwerk (AB, Bruxelles)
5 - Nits (Grand-Place de Bruxelles)
6 - Funckarma vs Cane (Panoptica, Liège)
7 - Sun Kil Moon (AB, Bruxelles)
8 - Elizabeth Anka Vajagic+Hanged'up (AB, Bruxelles)
9 - B&S (AB, Bruxelles)
10 - Explosions in the sky (Rhaaa Lovely, au milieu de nulle part)
11 - Le Tigre (AB, Bruxelles)
12 - Lambchop (AB, Bruxelles)
13 - The Vines (Botanique, Bruxelles)
Morceaux (ou chansons)
Par principe, j'exclus toujours de ce classement les extraits d'albums que j'ai achetés, sans doute parce qu'il y a en moi un vieux fond snobinard qui me fait considérer le format 'album' comme plus noble que le format 'chanson'. Ce parti-pris exclut de mon classement bon nombre de chansons qui y auraient sinon été incluses comme par exemple :
Aereogramme - I don't need your love
JC Chasez - Build my world
Hope of the States - Black Dollar Bills
The Killers - Jenny was a friend of mine
Morrissey - Irish blood, English heart
Scissor Sisters - Return to Oz
Rammstein - Moskau
Pan American - Het Volk
Junior Boys - Teach me how to fight
Björk - Vokuro
Eminem - Toy Soldiers ou Mosh
En conséquence, je me retrouve avec un classement très très pop :
1 - Rachel Stevens - Some girls
2 - O-Zone - Dragostea din tei
3 - The Dead 60s - Riot radio
4 - Ben Folds et Rufus Wainwright - Careless whisper (live)
5 - Wolfman ft Pete Doherty - This is for lovers
6 - Britney Spears - Everytime
7 - Kylie Minogue - I believe in you
8 - Jamelia - See it in a boy's eyes
9 - The Go! Team - The Ice storm
10- Amplifier - One great summer
Pour information, ce classement est en fait une compilation faite à la va-vite de deux sous-classements ayant trait à la pop MTV et à la pop NME (si tant est que l'on puisse faire une réelle séparation entre les deux).
Pop MTV
1 - Rachel Stevens - Some girls
2 - O-Zone - Dragostea din tei
3 - Britney Spears - Everytime
4 - Kylie Minogue - I believe in you
5 - Jamelia - See it in a boy's eyes
6 - Minnie Driver - Everything I've got in my pocket
7 - Girls Aloud - The show
8 - Kelis - Trick me
9 - Busted - Thunderbirds are go
10- D-side - Pushing me out
(et, en vrac Robbie Williams - Radio, The 411 - Dumb, TDR - Never coming down, Gwen Stefani - What are you waiting for? et Britney Spears - Toxic que j'ai trop entendu)
Pop NME :
1 - The Dead 60s - Riot radio
2 - Ben Folds et Rufus Wainwright - Careless whisper
3 - Wolfman ft Pete Doherty - This is for lovers
4 - The Go! Team - The Ice storm
5 - Amplifier - One great summer
6 - The Earlies - Morning wonder
7 - Neil's Children - I hate models
8 - Art Brut - Formed a band
9 - Bloc Party - Banquet
10- The Cloud Room - Hey now
Dieu que tout cela est fastidieux.
samedi, janvier 15
Liens
- Une interview récente de Patrick Wolf pour annoncer son nouvel album.
- Une interview où Marc Almond évoque son accident de l'année dernière. En résumé, ses cheveux sont devenus gris et il s'est remis à bégayer mais sa voix n'est apparemment pas endommagée.
- Stylus Magazine proposé son top 50 des singles de 2000 à 2004. C'est très américano-centriste, mais l'essentiel y est. On peut juste regretter de voir le détestable R. Kelly trôner à la première place.
- Le NME dévoile ses 10 paris pour 2005. Ce sont en gros les mêmes que ceux du sondage de la BBC dont j'ai parlé il y a quelques jours.
- Une interview où Marc Almond évoque son accident de l'année dernière. En résumé, ses cheveux sont devenus gris et il s'est remis à bégayer mais sa voix n'est apparemment pas endommagée.
- Stylus Magazine proposé son top 50 des singles de 2000 à 2004. C'est très américano-centriste, mais l'essentiel y est. On peut juste regretter de voir le détestable R. Kelly trôner à la première place.
- Le NME dévoile ses 10 paris pour 2005. Ce sont en gros les mêmes que ceux du sondage de la BBC dont j'ai parlé il y a quelques jours.
Des images qui bougent
Ca faisait très longtemps que je n'avais plus été faire l'inventaire des vidéos proposées sur le site de Top of the Pops. C'est une erreur grossière que je suis en train de réparer.
- The Music : Breaking
Autant l'album de The Music m'insupporte sur la longueur, autant j'aime bien écouter un morceau de temps à autre. Surtout que voir Robert Harvey danser comme un lapin Duracell sous acides (pour paraphraser le NME) provoque toujours chez moi l'ébache d'un sourire narquois.
- Minnie Driver : Invisible girl
Le précédent single de Minnie Driver (Everything I've got in my pocket) était une très bonne surprise qui venait contredire une loi générale voulant que lorsque des stars hollywoodiennes se mettent à la musique, il faut faire des provisions de boules Quiès (voir Keanu Reeves et cet acteur australien à Oscars dont le nom m'échappe Russell Crowe). Heureusement, le monde étant ce qu'il est, une deuxième loi générale voulant que tout le monde s'en fout de toutes façons a bien été vérifiée. L'album est passé tout à fait inaperçu. Vu que ce deuxième single est clairement moins bon que le premier, peut-être cela valait-il mieux.
- Rooster : Staring at the sun
Suite au split de Busted hier, les adolescentes anglaises ont passé la nuit à se poser des questions existentielles. Pour les plus atteintes, c'était : "Corde, couteau ou barbituriques ?" (réponse : rien de tout ça). Pour les plus réalistes, c'était : "Rooster ou McFly ?" (réponse après avoir entendu cette chanson : McFly)
- The Killers : Somebody told me
Depuis que MTV ne passe plus de clips, je n'ai plus jamais l'occasion de voir les clips des meilleures chansons de l'année. Un grand merci donc à la BBC (ce n'est tout de même pas de leur faute que le clip n'a aucun intérêt)
- Hanson : Penny and me
Je vous en recause dès que je trouve l'album. Ce dernier sortant sur Cooking Vinyl. Hanson est dorénavant officiellement un groupe indé. Hourrah !
- Mylo : Destroy rock'n'roll
En voilà un beau clip. Il me ferait presque aimer la chanson, 'presque' parce que l'engouement autour de Mylo m'échappe pour l'instant complètement.
- Chemical Brothers : Galvanize
Ce morceau me met à cran dès l'introduction. Le rythme haché et le son du sample utilisé (du violon ou un insrument proche) me donne immédiatement envie d'éteindre la radio ou, ici, les hauts-parleurs. Je n'ai jamais été très client des Frères Chimiques, mais là, ils touchent le fond et le fait qu'ils utilisent un rappeur à la mode légendaire n'y changera rien.
PS : Si les liens directs ne fonctionnent pas, vous pouvez tenter de passer par là. Vous avez jusqu'au vendredi 21 janvier normalement.
EDIT : Laurent me fait remarquer que, pour décrire le rappeur utilisé par les Chemical Brothers sur leur single, j'aurais plutôt dû employer le terme 'révéré' que le terme 'à la mode'. Il n'a sans doute pas tort. Je vous retranscris son mail. J'y apprends des choses :
- The Music : Breaking
Autant l'album de The Music m'insupporte sur la longueur, autant j'aime bien écouter un morceau de temps à autre. Surtout que voir Robert Harvey danser comme un lapin Duracell sous acides (pour paraphraser le NME) provoque toujours chez moi l'ébache d'un sourire narquois.
- Minnie Driver : Invisible girl
Le précédent single de Minnie Driver (Everything I've got in my pocket) était une très bonne surprise qui venait contredire une loi générale voulant que lorsque des stars hollywoodiennes se mettent à la musique, il faut faire des provisions de boules Quiès (voir Keanu Reeves et cet acteur australien à Oscars dont le nom m'échappe Russell Crowe). Heureusement, le monde étant ce qu'il est, une deuxième loi générale voulant que tout le monde s'en fout de toutes façons a bien été vérifiée. L'album est passé tout à fait inaperçu. Vu que ce deuxième single est clairement moins bon que le premier, peut-être cela valait-il mieux.
- Rooster : Staring at the sun
Suite au split de Busted hier, les adolescentes anglaises ont passé la nuit à se poser des questions existentielles. Pour les plus atteintes, c'était : "Corde, couteau ou barbituriques ?" (réponse : rien de tout ça). Pour les plus réalistes, c'était : "Rooster ou McFly ?" (réponse après avoir entendu cette chanson : McFly)
- The Killers : Somebody told me
Depuis que MTV ne passe plus de clips, je n'ai plus jamais l'occasion de voir les clips des meilleures chansons de l'année. Un grand merci donc à la BBC (ce n'est tout de même pas de leur faute que le clip n'a aucun intérêt)
- Hanson : Penny and me
Je vous en recause dès que je trouve l'album. Ce dernier sortant sur Cooking Vinyl. Hanson est dorénavant officiellement un groupe indé. Hourrah !
- Mylo : Destroy rock'n'roll
En voilà un beau clip. Il me ferait presque aimer la chanson, 'presque' parce que l'engouement autour de Mylo m'échappe pour l'instant complètement.
- Chemical Brothers : Galvanize
Ce morceau me met à cran dès l'introduction. Le rythme haché et le son du sample utilisé (du violon ou un insrument proche) me donne immédiatement envie d'éteindre la radio ou, ici, les hauts-parleurs. Je n'ai jamais été très client des Frères Chimiques, mais là, ils touchent le fond et le fait qu'ils utilisent un rappeur à la mode légendaire n'y changera rien.
PS : Si les liens directs ne fonctionnent pas, vous pouvez tenter de passer par là. Vous avez jusqu'au vendredi 21 janvier normalement.
EDIT : Laurent me fait remarquer que, pour décrire le rappeur utilisé par les Chemical Brothers sur leur single, j'aurais plutôt dû employer le terme 'révéré' que le terme 'à la mode'. Il n'a sans doute pas tort. Je vous retranscris son mail. J'y apprends des choses :
Que le morceau ne soit pas terrible, on est d'accord, mais parler de Q-Tip (ex A Tribe Called Quest, 15 ans de carrière) comme d'un rappeur à la mode, c'est un peu beaucoup pour un type aujourd'hui sans maison de disques et dont le dernier disque n'est jamais sorti et ne sortira probablement jamais car justement pas assez à la mode(cela fait maintenant 3 ans qu'il est dans les cartons de sa maison de disques alors qu'il était pourtant très très bon).Dont acte. Merci Laurent.
vendredi, janvier 14
Les albums de 2004 (VII)
McFly - Room on the 3rd floor (Island)
La sensation pop anglaise de l'année. Imaginez quatre types d'environ 18 ans, lancés à grands renforts de publicité par des producteurs multi-récidivistes tentant de noyauter le marché des pré-adolescentes. Ils ont des cheveux dans tous les sens, écrivent eux-mêmes leurs chansons sur des thèmes aussi universels que "Yeah ! C'est samedi soir. Les vieux sont pas là. On va faire la fête à la maison" (Saturday Night), "Cette fille, elle est trop bizarre. Elle a les cheveux de toutes les couleurs." (Five Colours in her hair) ou "Elle m'a posé un lapin... quand je pense que je lui avais préparé des broccolis" (Broccoli). A priori, la seule réaction envisageable serait de les ranger bien vite dans la catégorie "Non, vraiment, je suis devenu trop vieux pour ce genre de choses". Pourtant, je vous défie de trouver cette année un disque de pop à guitares aussi efficace ou jouissif que celui-là. Certes, ce n'est pas d'une originalité folle (pensez rockabilly et pop 60s ou, de manière peut-être plus parlante, 'mini-Forbans') et leurs voix ne sont franchement pas inoubliables. Je ne pousserai donc sans doute pas mon enthousiasme aussi loin que certains commentateurs anglais qui ont comparé cet album aux oeuvres de jeunesse des Beach Boys ou des Beatles (ce serait de plus un mauvais service à leur rendre) mais il est bien meilleur que ce que l'on était en droit d'espérer. Reste maintenant à voir si une brillante carrière à la Beach Boys peut réellement s'ouvrir à eux. J'en doute mais aime bien l'idée que certains le pensent, d'autant que le split de Busted leur ouvre un boulevard.
Morrissey - You are the quarry (Sanctuary)
Bien que j'éprouve pour les Smiths un intérêt poli depuis quelques années, ils n'ont jamais fait partie de mes groupes fétiches. Morrissey et Marr ne se parlaient déjà plus quand j'ai acheté mon premier disque et je ne me suis jamais senti un besoin impérieux de m'y mettre réellement. Je me contente d'écouter de temps à autre les compiles de singles ou Strangeways Here We Come. De même, je n'ai aucun souvenir des premiers albums solos de Morrissey. Son retour en 2004 représentait donc pour moi la première occasion de vivre en direct la sortie d'un de ses disques. A vrai dire, je n'en attendais pas grand-chose mais Irish Blood, English Heart, un des meilleurs singles de l'année, est vite venu changer ça, surtout en me rappelant à quel point il chante bien (n'oublions pas qu'il s'est inspiré de Sacha Distel pour placer sa voix). J'ai trouvé l'album vraiment très bon, même si je serais bien en peine de le situer par rapport au reste de sa discographie. Si on ajoute à ça un plan médias d'enfer et une série d'interviews toutes plus pince-sans-rire les unes que les autres (son passage à Friday Night with Jonathan Ross sur BBC One est un modèle du genre), je pouvais difficilement ne pas succomber à la Moz-mania. Je finirai sans doute par me pencher plus avant sur la carrière des Smiths et de Morrissey, histoire d'avoir un avis plus pertinent sur son prochain album. J'ai vu hier que 'Vauxhall and I' était en vente à 7€50. C'est un bon début.
The Libertines - The Libertines (Rough Trade)
Typiquement le groupe que l'on préfère commenter qu'écouter. Comment ne pas être ému par les confessions croisées de Pete et Carl dans le NME ou rêver d'une réconciliation sur scène dans quelques mois ? Pourtant, quand on réduit le groupe à ce qu'il montre sur ce disque, ce n'est pas grand-chose : une collection de chansons à peine formées, pour lesquelles le mot 'bordélique' semble avoir été inventé. C'est parfois plaisant, sur The Man Who Would Be King par exemple, qui rappelle la Mano Negra, mais dans l'ensemble on se dit que s'ils n'avaient mis plus de talent dans leur oeuvre et un peu moins dans leur vie, ils auraient eu une plus longue carrière.
La sensation pop anglaise de l'année. Imaginez quatre types d'environ 18 ans, lancés à grands renforts de publicité par des producteurs multi-récidivistes tentant de noyauter le marché des pré-adolescentes. Ils ont des cheveux dans tous les sens, écrivent eux-mêmes leurs chansons sur des thèmes aussi universels que "Yeah ! C'est samedi soir. Les vieux sont pas là. On va faire la fête à la maison" (Saturday Night), "Cette fille, elle est trop bizarre. Elle a les cheveux de toutes les couleurs." (Five Colours in her hair) ou "Elle m'a posé un lapin... quand je pense que je lui avais préparé des broccolis" (Broccoli). A priori, la seule réaction envisageable serait de les ranger bien vite dans la catégorie "Non, vraiment, je suis devenu trop vieux pour ce genre de choses". Pourtant, je vous défie de trouver cette année un disque de pop à guitares aussi efficace ou jouissif que celui-là. Certes, ce n'est pas d'une originalité folle (pensez rockabilly et pop 60s ou, de manière peut-être plus parlante, 'mini-Forbans') et leurs voix ne sont franchement pas inoubliables. Je ne pousserai donc sans doute pas mon enthousiasme aussi loin que certains commentateurs anglais qui ont comparé cet album aux oeuvres de jeunesse des Beach Boys ou des Beatles (ce serait de plus un mauvais service à leur rendre) mais il est bien meilleur que ce que l'on était en droit d'espérer. Reste maintenant à voir si une brillante carrière à la Beach Boys peut réellement s'ouvrir à eux. J'en doute mais aime bien l'idée que certains le pensent, d'autant que le split de Busted leur ouvre un boulevard.
Morrissey - You are the quarry (Sanctuary)
Bien que j'éprouve pour les Smiths un intérêt poli depuis quelques années, ils n'ont jamais fait partie de mes groupes fétiches. Morrissey et Marr ne se parlaient déjà plus quand j'ai acheté mon premier disque et je ne me suis jamais senti un besoin impérieux de m'y mettre réellement. Je me contente d'écouter de temps à autre les compiles de singles ou Strangeways Here We Come. De même, je n'ai aucun souvenir des premiers albums solos de Morrissey. Son retour en 2004 représentait donc pour moi la première occasion de vivre en direct la sortie d'un de ses disques. A vrai dire, je n'en attendais pas grand-chose mais Irish Blood, English Heart, un des meilleurs singles de l'année, est vite venu changer ça, surtout en me rappelant à quel point il chante bien (n'oublions pas qu'il s'est inspiré de Sacha Distel pour placer sa voix). J'ai trouvé l'album vraiment très bon, même si je serais bien en peine de le situer par rapport au reste de sa discographie. Si on ajoute à ça un plan médias d'enfer et une série d'interviews toutes plus pince-sans-rire les unes que les autres (son passage à Friday Night with Jonathan Ross sur BBC One est un modèle du genre), je pouvais difficilement ne pas succomber à la Moz-mania. Je finirai sans doute par me pencher plus avant sur la carrière des Smiths et de Morrissey, histoire d'avoir un avis plus pertinent sur son prochain album. J'ai vu hier que 'Vauxhall and I' était en vente à 7€50. C'est un bon début.
The Libertines - The Libertines (Rough Trade)
Typiquement le groupe que l'on préfère commenter qu'écouter. Comment ne pas être ému par les confessions croisées de Pete et Carl dans le NME ou rêver d'une réconciliation sur scène dans quelques mois ? Pourtant, quand on réduit le groupe à ce qu'il montre sur ce disque, ce n'est pas grand-chose : une collection de chansons à peine formées, pour lesquelles le mot 'bordélique' semble avoir été inventé. C'est parfois plaisant, sur The Man Who Would Be King par exemple, qui rappelle la Mano Negra, mais dans l'ensemble on se dit que s'ils n'avaient mis plus de talent dans leur oeuvre et un peu moins dans leur vie, ils auraient eu une plus longue carrière.
That's all, folks!
Busted se sépare.
Pour être honnête, je n'ai a priori pas grand chose à faire de Busted. Je ne peux néanmoins m'empêcher de me demander s'ils n'étaient pas sur le point de dévenir enfin intéressants. Leur dernier single (Thunderbirds are go) fut après tout leur unique bonne chanson. Qui sait ce qu'ils auraient fait plus tard ?
Cela dit, sociologiquement, c'est toujours intéressant d'aller faire un tour sur le forum officiel du groupe et d'observer la douleur des fans (sincère même si on a un peu de mal à la comprendre) ainsi que les messages de provocation que des ados boutonneux se sentent obligés de poster, du genre "Ah ah ah ah ! Ils étaient nuls de toutes façons. Ecoutez de la vraie musique comme Nirvana et Green Day.". C'est un beau résumé de l'humanité.
Il faut aussi admirer l'optimisme de Charlie Simpson (le membre qui a causé le split). Il a l'air de penser sincèrement que, une fois que Busted aura mis la clé sous le paillasson, il aura une meilleure chance de convaincre les fans d'indé que son nouveau groupe punk-rock, Fightstar, est meilleur. J'ai bien peur pour lui qu'il ne se heurte à un mur de préjugés insurmontable... mais bon, je ne vais pas plaindre un type qui proclame son admiration pour Thatcher en interview. Faut pas déconner.
EDIT : Comme je le prévoyais, un numéro d'appel a été mis en place pour que les fans puissent confier leur désespoir à une oreille compatissante :
Ca, c'est du service public. Merci la BBC.
Pour être honnête, je n'ai a priori pas grand chose à faire de Busted. Je ne peux néanmoins m'empêcher de me demander s'ils n'étaient pas sur le point de dévenir enfin intéressants. Leur dernier single (Thunderbirds are go) fut après tout leur unique bonne chanson. Qui sait ce qu'ils auraient fait plus tard ?
Cela dit, sociologiquement, c'est toujours intéressant d'aller faire un tour sur le forum officiel du groupe et d'observer la douleur des fans (sincère même si on a un peu de mal à la comprendre) ainsi que les messages de provocation que des ados boutonneux se sentent obligés de poster, du genre "Ah ah ah ah ! Ils étaient nuls de toutes façons. Ecoutez de la vraie musique comme Nirvana et Green Day.". C'est un beau résumé de l'humanité.
Il faut aussi admirer l'optimisme de Charlie Simpson (le membre qui a causé le split). Il a l'air de penser sincèrement que, une fois que Busted aura mis la clé sous le paillasson, il aura une meilleure chance de convaincre les fans d'indé que son nouveau groupe punk-rock, Fightstar, est meilleur. J'ai bien peur pour lui qu'il ne se heurte à un mur de préjugés insurmontable... mais bon, je ne vais pas plaindre un type qui proclame son admiration pour Thatcher en interview. Faut pas déconner.
EDIT : Comme je le prévoyais, un numéro d'appel a été mis en place pour que les fans puissent confier leur désespoir à une oreille compatissante :
Help and advice
If you're upset about Busted splitting and would like to talk to someone you can call the One Life line on 0800 110 100 or have a read of One Life's Healthy Mind and Bereavement pages.
Ca, c'est du service public. Merci la BBC.
jeudi, janvier 13
Victoire d'outre-tombe
Ca fait plusieurs semaines que la presse anglaise fait monter la sauce autour de la question du 1000ème numéro 1 de l'Histoire. Il apparait à présent certain que l'artiste qui aura l'honneur d'emporter le morceau est Elvis Presley. Bon, et après tout, pourquoi pas ? Je suppose que ça ferait moins pitié que de voir cet honneur historique échouer à quelqu'un comme les Fast Food Rockers (disparus depuis des mois mais dont la simple pensée me fait encore frissonner aujourd'hui), Steve Brookstein, Il Divo ou Michelle McManus. Comme le fait remarquer It's only rock'n'roll fun, le plus inquiétant dans cette politique de rééditions en série est sans doute que l'on pourrait retrouver Elvis numéro 1 jusqu'en mai, avec en dernière semaine, une dizaine de ses singles dans le classement. Et ça, franchement, ce serait à vous dégoûter de regarder Top of the Pops.
Les albums de 2004 (VI)
The Album Leaf - In a safe place (City Slang)
Où Tristeza rencontre Sigur Ros. Ce n'est donc pas une très grande surprise de constater que l'album se situe au confluent de l'électro et du post-rock atmosphérique. Comme on ne se refait pas, les morceaux que je préfère sont ceux où l'influence de Sigur Ros est la plus manifeste, comme Over The Pond, mais l'ensemble est de très bonne facture, même si je ne suis pas sûr que l'ajout de voix, sur On Your Way par exemple, s'imposait vraiment (des extraits ici.
JC Chasez - Schizophrenic (Jive)
On ne peut qu'être triste pour ce pauvre JC. Son album solo devait au départ sortir à peu près au même moment que Justified, l'album de son comparse Justin Timberlake, mais face à l'ampleur qu'a pris ce dernier et sans doute afin de ne pas encombrer le marché, sa maison de disques l'a forcé à retarder sa sortie. Au début de 2004, après avoir été annoncé et reporté à plusieurs reprises, l'album sort enfin. Le plan marketing se met en place, centré autour de sa présence durant le spectacle prévu à la mi-temps d'un grand match de football américain, le Pro Bowl (je n'ai pas bien compris de quoi il s'agissait), deux semaines après le Superbowl. Et là, patatras, la plus célèbre "wardrobe malfunction" de l'Histoire fout tout le projet à l'eau. La NFL prend peur à l'idée de choquer avec une chanson intitulée Some Girls Dance With Women et remplace au pied levé ce pauvre JC par des danses folkloriques hawaïennes. Pire, son nouveau single All Day Long I Dream About Sex (il les cherche, faut dire) est blacklisté par toutes les radios de peur de représailles et sans doute un peu parce que cela leur apparaît sur le moment même comme une bonne manière de dire à leurs auditeurs "Le déclin moral de ce pays ne passera pas par nous". Autant dire que dans ces conditions, la sortie de l'album fut plutôt confidentielle et sa carrière commerciale courte. C'est d'autant plus rageant qu'il s'agit sans aucun doute du meilleur disque pop de l'année. Il puise à toutes les sources (électro, disco, pop, R'n'b, hip-hop,...), il cite "I feel love", "Sunglasses at night" et se paye un duo avec Dirt McGirt (dont j'ai appris récemment qu'il s'agissait d'un prête-nom de feu Ol' Dirty Bastard.. top crédibilité), il chante tour à tour comme Micheal Jackson, Prince (et ..hum... Sting sur la tentative reggae Everything you want) et accouche ainsi d'une sorte d'album pop définitif (en ce compris dans le fait que les dernières plages sont franchement dispensables). Il réussit même cet exploit de créer une ballade pop qui soit complètement et totalement irrésistible (au premier degré, sans l'ombre d'une posture ironique genre "c'est tellement mauvais que c'est bon") : Build My World, que j'ai chantonné (gémissements à la Prince compris) durant toute l'année. Et tout cela sans recourir à des collaborateurs à la mode. Si on excepte le morceau écrit par Basement Jaxx, en forme de renvoi d'ascenseur pour sa présence sur Kish Kash, il a tout co-écrit avec ses collaborateurs habituels. Chapeau bas. Dans quinze ans, quand l'heure de la réhabilitation sera venue, je pourrai me vanter d'avoir de suite compris à quel point cet album est génial et ferai l'admiration de tous. Ou pas. Tout n'est pas perdu cependant, il est retourné en studio pour enregistrer son deuxième album, avec Guy Chambers, l'ex-compositeur attitré de Robbie Williams. Croisons les doigts car, à quoi bon aimer la pop commerciale si c'est pour se retrouver avec des albums de l'année si peu connus. (des extraits ici)
Pan American - Quiet city (Kranky)
Après un troisième album qui flirtait avec l'électro minimaliste de Pan Sonic, Mark Nelson revient avec un album beaucoup plus organique (les guitares acoustiques sont au premier plan) et ambient (les nappes de synthés feraient se rengorger l'ami Brian Eno). Il vient même de temps à autre pousser la chansonnette lui-même. C'est de très loin le meilleur album de l'année pour s'endormir paisiblement. Het Volk, la plage 7 est une sorte de symphonie pour synthés et cuivres qui est belle à pleurer et rappelle la formidable BO écrite par Cliff Martinez pour le remake de Solaris par Soderbergh. Cet album ne fut sans doute écouté que par les post-rockeux convaincus. Pourtant, avec une promotion idoine, il pourrait sans doute intéresser le grand public (écoute partielle ici)
Sunn o))) - White 2 (Southern Lord)
(voir ici)
Pan Sonic - Kesto (Blast First/Mute)
(voir ici)
Où Tristeza rencontre Sigur Ros. Ce n'est donc pas une très grande surprise de constater que l'album se situe au confluent de l'électro et du post-rock atmosphérique. Comme on ne se refait pas, les morceaux que je préfère sont ceux où l'influence de Sigur Ros est la plus manifeste, comme Over The Pond, mais l'ensemble est de très bonne facture, même si je ne suis pas sûr que l'ajout de voix, sur On Your Way par exemple, s'imposait vraiment (des extraits ici.
JC Chasez - Schizophrenic (Jive)
On ne peut qu'être triste pour ce pauvre JC. Son album solo devait au départ sortir à peu près au même moment que Justified, l'album de son comparse Justin Timberlake, mais face à l'ampleur qu'a pris ce dernier et sans doute afin de ne pas encombrer le marché, sa maison de disques l'a forcé à retarder sa sortie. Au début de 2004, après avoir été annoncé et reporté à plusieurs reprises, l'album sort enfin. Le plan marketing se met en place, centré autour de sa présence durant le spectacle prévu à la mi-temps d'un grand match de football américain, le Pro Bowl (je n'ai pas bien compris de quoi il s'agissait), deux semaines après le Superbowl. Et là, patatras, la plus célèbre "wardrobe malfunction" de l'Histoire fout tout le projet à l'eau. La NFL prend peur à l'idée de choquer avec une chanson intitulée Some Girls Dance With Women et remplace au pied levé ce pauvre JC par des danses folkloriques hawaïennes. Pire, son nouveau single All Day Long I Dream About Sex (il les cherche, faut dire) est blacklisté par toutes les radios de peur de représailles et sans doute un peu parce que cela leur apparaît sur le moment même comme une bonne manière de dire à leurs auditeurs "Le déclin moral de ce pays ne passera pas par nous". Autant dire que dans ces conditions, la sortie de l'album fut plutôt confidentielle et sa carrière commerciale courte. C'est d'autant plus rageant qu'il s'agit sans aucun doute du meilleur disque pop de l'année. Il puise à toutes les sources (électro, disco, pop, R'n'b, hip-hop,...), il cite "I feel love", "Sunglasses at night" et se paye un duo avec Dirt McGirt (dont j'ai appris récemment qu'il s'agissait d'un prête-nom de feu Ol' Dirty Bastard.. top crédibilité), il chante tour à tour comme Micheal Jackson, Prince (et ..hum... Sting sur la tentative reggae Everything you want) et accouche ainsi d'une sorte d'album pop définitif (en ce compris dans le fait que les dernières plages sont franchement dispensables). Il réussit même cet exploit de créer une ballade pop qui soit complètement et totalement irrésistible (au premier degré, sans l'ombre d'une posture ironique genre "c'est tellement mauvais que c'est bon") : Build My World, que j'ai chantonné (gémissements à la Prince compris) durant toute l'année. Et tout cela sans recourir à des collaborateurs à la mode. Si on excepte le morceau écrit par Basement Jaxx, en forme de renvoi d'ascenseur pour sa présence sur Kish Kash, il a tout co-écrit avec ses collaborateurs habituels. Chapeau bas. Dans quinze ans, quand l'heure de la réhabilitation sera venue, je pourrai me vanter d'avoir de suite compris à quel point cet album est génial et ferai l'admiration de tous. Ou pas. Tout n'est pas perdu cependant, il est retourné en studio pour enregistrer son deuxième album, avec Guy Chambers, l'ex-compositeur attitré de Robbie Williams. Croisons les doigts car, à quoi bon aimer la pop commerciale si c'est pour se retrouver avec des albums de l'année si peu connus. (des extraits ici)
Pan American - Quiet city (Kranky)
Après un troisième album qui flirtait avec l'électro minimaliste de Pan Sonic, Mark Nelson revient avec un album beaucoup plus organique (les guitares acoustiques sont au premier plan) et ambient (les nappes de synthés feraient se rengorger l'ami Brian Eno). Il vient même de temps à autre pousser la chansonnette lui-même. C'est de très loin le meilleur album de l'année pour s'endormir paisiblement. Het Volk, la plage 7 est une sorte de symphonie pour synthés et cuivres qui est belle à pleurer et rappelle la formidable BO écrite par Cliff Martinez pour le remake de Solaris par Soderbergh. Cet album ne fut sans doute écouté que par les post-rockeux convaincus. Pourtant, avec une promotion idoine, il pourrait sans doute intéresser le grand public (écoute partielle ici)
Sunn o))) - White 2 (Southern Lord)
(voir ici)
Pan Sonic - Kesto (Blast First/Mute)
(voir ici)
mercredi, janvier 12
Les albums de 2004 (V)
Lorsque je me suis lancé dans cette aventure, je ne pensais pas que cela générerait tant de mots (j'en suis à moins de la moitié). Je suis en train de réfléchir à une manière de mettre ça en ligne autrement que via un nouveau billet (par exemple en leur associant une date plus ancienne), histoire de ne pas faire fuir mes lecteurs. En effet, je ne pense pas que, si j'étais à votre place, j'aurais le courage de lire tout ça. :o)
The Vines - Winning days (Heavenly)
Quand on repensera aux Vines dans 10 ans (si tant est qu'on le fasse), surnagera l'image d'un grand gâchis. Quoi qu'en disent certains fâcheux, leur premier album, Highly Evolved, était très bon. Je l'ai réécouté récemment pour m'en assurer et ça tient toujours parfaitement la route. De plus, la hype orchestrée par le NME autour de Craig Nicholls est sans doute ce qu'ils ont fait de plus divertissant ces dernières années. Leur article 'Anatomie d'une rock-star', notamment, reste un sommet du genre. Depuis, une série de concerts souvent catastrophiques n'ont cessé de faire baisser leur cote. Pour renverser la tendance, ils devaient donc revenir avec un album indiscutable, ce qui n'aurait a priori pas dû poser de difficultés puisque Craig ne cessait de répéter que les idées de chansons géniales se bousculaient dans son esprit, à tel point qu'il avait peur d'en oublier la plupart avant d'avoir eu l'occasion de les fixer en studio. Un tel bouillonnement créatif laissait augurer d'un deuxième album forcément génial. Las, il contient en fait essentiellement des anciennes chansons qui furent écartées du premier parce qu'elles n'étaient pas assez bonnes, d'où sans doute la consternation avec laquelle il fut accueilli par les critiques puis par le public, malgré une chanson-titre tout à fait convenable. Je doute fort qu'ils enregistrent un jour un troisième album. Dommage.
Adem - Homesongs (Domino)
J'ai eu la chance de voir Adem sur scène en première partie de Sun Kil Moon au Botanique au début de l'année. J'avais acheté l'album dans la foulée, apprenant en chemin que l'Adem en question était l'un des membres de Fridge, un groupe dont j'ai souvent entendu parler même si, à ma grande honte, je n'en ai jamais entendu une traître note. L'album présente un folk élégant à base de guitares sèches, de flûtes à bec et de percussions. C'est joliment fait et, dans les meilleurs moments, assez enthousiasmant (voir le formidable Everything you need). Malheureusement, c'est assez inégal et, sur certains titres (souvent quand les ambiances se veulent plus intimistes), ça devient même franchement filandreux (Pillow par exemple). Je ne suis pas sûr que le dépouillement convienne tout à fait au tempérament de Mr Adem (surtout quand on a Four Tet au mixage, c'est un peu dommage de ne pas lui donner un peu plus de matière sonore). De plus, depuis des traumatismes d'enfance, je hais la flûte à bec avec passion et la moindre note suffit à me crisper jusqu'à la crampe... Ca n'aide pas.
Isan - Meet next life (Morr Music)
Mes (mauvaises) fréquentations font que je suis régulièrement soumis à de l'electronica et que je vais même me perdre à l'occasion dans des festivals spécialisés, la plupart du temps avec un certain plaisir (le festival Panoptica encore récemment). En revanche, sur disque, c'est souvent un peu quitte ou double. Je suis le premier à reconnaître que je n'y connais pas grand-chose, et les jugements que je porte sur tel ou tel artiste sont souvent épidermiques. Sans surprises, les disques qui me plaisent vraiment sont les plus mélodiques, comme Incunabula d'Autechre ou bien le premier album de Boards of Canada. Isan rentre très clairement dans cette catégorie d'une électro lumineuse et ouverte sur le monde, bucolique entends-je même parfois. On ne s'étonne guère de les savoir tous les deux fans des Smiths par exemple. Clairement, ici les lignes mélodiques sont au moins aussi imporantes que les redoutables 'textures' qui viennent toujours pointer leur nez quand on tente de me convaincre qu'un morceau électro plus aride est un chef-d'oeuvre indiscutable. Malheureusement, ce qui me plait dans ce disque, sa légèreté, son absence de prétention, est aussi ce qui le rend légèrement trop long, et ces mélodies ciselées finissent après 45 minutes par sonner un peu toutes pareilles.
The Vines - Winning days (Heavenly)
Quand on repensera aux Vines dans 10 ans (si tant est qu'on le fasse), surnagera l'image d'un grand gâchis. Quoi qu'en disent certains fâcheux, leur premier album, Highly Evolved, était très bon. Je l'ai réécouté récemment pour m'en assurer et ça tient toujours parfaitement la route. De plus, la hype orchestrée par le NME autour de Craig Nicholls est sans doute ce qu'ils ont fait de plus divertissant ces dernières années. Leur article 'Anatomie d'une rock-star', notamment, reste un sommet du genre. Depuis, une série de concerts souvent catastrophiques n'ont cessé de faire baisser leur cote. Pour renverser la tendance, ils devaient donc revenir avec un album indiscutable, ce qui n'aurait a priori pas dû poser de difficultés puisque Craig ne cessait de répéter que les idées de chansons géniales se bousculaient dans son esprit, à tel point qu'il avait peur d'en oublier la plupart avant d'avoir eu l'occasion de les fixer en studio. Un tel bouillonnement créatif laissait augurer d'un deuxième album forcément génial. Las, il contient en fait essentiellement des anciennes chansons qui furent écartées du premier parce qu'elles n'étaient pas assez bonnes, d'où sans doute la consternation avec laquelle il fut accueilli par les critiques puis par le public, malgré une chanson-titre tout à fait convenable. Je doute fort qu'ils enregistrent un jour un troisième album. Dommage.
Adem - Homesongs (Domino)
J'ai eu la chance de voir Adem sur scène en première partie de Sun Kil Moon au Botanique au début de l'année. J'avais acheté l'album dans la foulée, apprenant en chemin que l'Adem en question était l'un des membres de Fridge, un groupe dont j'ai souvent entendu parler même si, à ma grande honte, je n'en ai jamais entendu une traître note. L'album présente un folk élégant à base de guitares sèches, de flûtes à bec et de percussions. C'est joliment fait et, dans les meilleurs moments, assez enthousiasmant (voir le formidable Everything you need). Malheureusement, c'est assez inégal et, sur certains titres (souvent quand les ambiances se veulent plus intimistes), ça devient même franchement filandreux (Pillow par exemple). Je ne suis pas sûr que le dépouillement convienne tout à fait au tempérament de Mr Adem (surtout quand on a Four Tet au mixage, c'est un peu dommage de ne pas lui donner un peu plus de matière sonore). De plus, depuis des traumatismes d'enfance, je hais la flûte à bec avec passion et la moindre note suffit à me crisper jusqu'à la crampe... Ca n'aide pas.
Isan - Meet next life (Morr Music)
Mes (mauvaises) fréquentations font que je suis régulièrement soumis à de l'electronica et que je vais même me perdre à l'occasion dans des festivals spécialisés, la plupart du temps avec un certain plaisir (le festival Panoptica encore récemment). En revanche, sur disque, c'est souvent un peu quitte ou double. Je suis le premier à reconnaître que je n'y connais pas grand-chose, et les jugements que je porte sur tel ou tel artiste sont souvent épidermiques. Sans surprises, les disques qui me plaisent vraiment sont les plus mélodiques, comme Incunabula d'Autechre ou bien le premier album de Boards of Canada. Isan rentre très clairement dans cette catégorie d'une électro lumineuse et ouverte sur le monde, bucolique entends-je même parfois. On ne s'étonne guère de les savoir tous les deux fans des Smiths par exemple. Clairement, ici les lignes mélodiques sont au moins aussi imporantes que les redoutables 'textures' qui viennent toujours pointer leur nez quand on tente de me convaincre qu'un morceau électro plus aride est un chef-d'oeuvre indiscutable. Malheureusement, ce qui me plait dans ce disque, sa légèreté, son absence de prétention, est aussi ce qui le rend légèrement trop long, et ces mélodies ciselées finissent après 45 minutes par sonner un peu toutes pareilles.
Top EP 2004
Dans le cadre des Now Playing Awards :
1 - Thee Silver Mountain Reveries - The "Pretty Little Lightning Paw" EP (Constellation)
2 - Sigur Ros - Ba Ba Ti Ki Di Do (Geffen)
3 - Engineers - Folly (Echo)
4 - Pete Burns - Jack & Jill Party (Olde English)
5 - Aereogramme - Seclusion (Undergroove)
6 - Pet Shop Boys - Flamboyant (Parlophone)
7 - Rammstein - Mein Teil (Universal)
8 - Calexico - Black Heart (City Slang)
9 - Katerine & Helena Noguerra - Euro 2004 (Inrocks/Barclay)
10- Bloc Party - EP (Wichita)
PS : les liens correspondent à mes billets déjà publiés (quand ils existent). Pour le Thee Silver Mountain Reveries, on trouve en outre un extrait mp3.
1 - Thee Silver Mountain Reveries - The "Pretty Little Lightning Paw" EP (Constellation)
2 - Sigur Ros - Ba Ba Ti Ki Di Do (Geffen)
3 - Engineers - Folly (Echo)
4 - Pete Burns - Jack & Jill Party (Olde English)
5 - Aereogramme - Seclusion (Undergroove)
6 - Pet Shop Boys - Flamboyant (Parlophone)
7 - Rammstein - Mein Teil (Universal)
8 - Calexico - Black Heart (City Slang)
9 - Katerine & Helena Noguerra - Euro 2004 (Inrocks/Barclay)
10- Bloc Party - EP (Wichita)
PS : les liens correspondent à mes billets déjà publiés (quand ils existent). Pour le Thee Silver Mountain Reveries, on trouve en outre un extrait mp3.
mardi, janvier 11
A good Texan is a dead Texan
The Dead Texan est le nouveau projet d'Adam Bryanbaum Wiltzie (de Stars of the Lid) et de Christina Vantzos, une vidéaste. Lorsque l'on m'a dit que le groupe donnait un concert dans une librairie, j'avais spontanément imaginé une petite scène posée entre les rayons philosophie et poésie d'un magasin chic, du genre à mettre du Derrida et du Louis-René des Forêts en vitrine. Et bien pas du tout, le terme librairie était apparemment à prendre dans son acception la plus belge, c'est-à-dire celle de marchands de journaux. J'ai donc passé le concert entouré de magazines, précisément à la limite entre le rayon déco et le rayon de cul, pas très loin de Muteen et de Jeune et Jolie que je zyeutais d'un air curieux pendant l'entracte. Cet environnement formait un contraste assez saisissant avec le public très arty qui s'y entassait.
Le concert commence par une première partie d'une grosse demi-heure, un duo de guitaristes bouclés qui, si mon voisin ne s'est pas payé ma tête, s'appelle VINZ et est basé à Bruxelles (Google ne m'apprend rien de plus). L'un est assis et prostré sur sa guitare. L'autre est debout et chante, avec une voix qui me rappelle un peu celle de Michael Stipe. A eux deux, ils créent une sorte de folk-drone languide. L'un des morceaux (en anglais) semble parler d'une femme dont le sang se répand sur le sol et qui sourit tellement sa douleur est insupportable (c'est en tout cas en gros le tableau que j'ai réussi à reconstruire à partir des bouts de phrases que je comprenais). Dès lors, le sourire béat collé sur le visage du chanteur donnait à leur prestation un caractère un peu poisseux. Il a bizarrement conservé ce même sourire pour interpréter une étonnante reprise du Smalltown Boy de Bronski Beat avant de conclure sur une chanson qu'il me semblait avoir déjà entendue vingt fois mais qui, à en croire mon voisin, ne serait pourtant pas une reprise. Etrange concert en tout cas, qui donne envie d'en savoir un peu plus sur leur compte.
Ensuite, nous voyons arriver sur scène une petite brune et, bizarrement, le type qui, derrière le comptoir, nous avait vendu une boisson rafraîchissante quelques minutes plus tôt. Nous apprendrons en fait après le concert qu'Adam vit à Bruxelles depuis quatre ans et travaille à temps partiel dans cette librairie. Cet emploi apparait moins absurde quand on sait qu'une partie du magasin est réservée à la vente de disques. Malheureusement, tout le stock avait dû être déplacé pour laisser la place au public et seuls un CD de Mitchell Akiyama et un vinyl d'Animal Collective près du comptoir nous laissent entr'apercevoir à quoi peuvent ressembler les lieux durant la journée. Pour ceux que ça intéresse, le magasin est situé au 43a rue Lesbroussart, à Ixelles, tout près de l'Avenue Louise (une bonne adresse si vous voulez acheter votre exemplaire de Wire à un artiste Kranky, ce qui serait, vous en conviendrez, du dernier chic).
L'album de The Dead Texan, que certains n'hésitent pas à qualifier d'album de l'année, se situe aux confins du post-rock, de l'ambient et d'une certaine forme de new-age. Il combine nappes de synthés, petites enluminures au piano avec quelques notes de guitare et quelques rares voix. Parfois, ces différents éléments s'agencent pour former un cocon sonore à ce point douillet qu'on voudrait qu'il nous enveloppe à jamais. On pense alors à The Plateaux of Mirror, l'album de Harold Budd et Brian Eno (1980). De tels instants de grâce surgissent quelques fois sur l'album (sur Glen's goo, When I see scissors I cannot help but think of you et The Struggle par exemple) et, judicieusement, ce sont sur ces morceaux que le concert s'est concentré, en leur donnant une ampleur dont les versions albums, trop courtes, ne rendaient qu'imparfaitement compte. L'ensemble a duré sans doute un peu moins d'une heure et je ne me suis pour ainsi dire jamais ennuyé (seule une transition dans le premier tiers du concert m'a semblé un peu laborieuse).
J'ai été surpris de voir que, même à l'intérieur du cadre strict que forment les nappes préprogrammées et les projections vidéo pré-montées, ils ont laissé une place importante à l'interprétation live. Les ostinatos lents à la Laurie Anderson (cfr Superman) sont interprétés en direct par Christina. La moue excédée d'Adam quand son doigt accrochait la touche d'à côté témoigne également que la petite mélodie cristalline au piano dans When I see the scissors... était jouée en direct. Un très bon concert donc, supérieur à mon avis au disque, qui m'est apparu plus inégal. Notons que, comme ça semble devenir la norme chez Kranky, l'album est accompagné d'un DVD qui reprend les projections vidéos vues en concert, de nouveau en format abrégé. Comme sur le disque, les plages n'y font jamais plus de 4min30 et, bien que je n'aie pas regardé ma montre durant le concert, je suis prêt à parier que les morceaux y étaient nettement plus longs.
Quelques extraits de l'album sont en écoute ici.
Le concert commence par une première partie d'une grosse demi-heure, un duo de guitaristes bouclés qui, si mon voisin ne s'est pas payé ma tête, s'appelle VINZ et est basé à Bruxelles (Google ne m'apprend rien de plus). L'un est assis et prostré sur sa guitare. L'autre est debout et chante, avec une voix qui me rappelle un peu celle de Michael Stipe. A eux deux, ils créent une sorte de folk-drone languide. L'un des morceaux (en anglais) semble parler d'une femme dont le sang se répand sur le sol et qui sourit tellement sa douleur est insupportable (c'est en tout cas en gros le tableau que j'ai réussi à reconstruire à partir des bouts de phrases que je comprenais). Dès lors, le sourire béat collé sur le visage du chanteur donnait à leur prestation un caractère un peu poisseux. Il a bizarrement conservé ce même sourire pour interpréter une étonnante reprise du Smalltown Boy de Bronski Beat avant de conclure sur une chanson qu'il me semblait avoir déjà entendue vingt fois mais qui, à en croire mon voisin, ne serait pourtant pas une reprise. Etrange concert en tout cas, qui donne envie d'en savoir un peu plus sur leur compte.
Ensuite, nous voyons arriver sur scène une petite brune et, bizarrement, le type qui, derrière le comptoir, nous avait vendu une boisson rafraîchissante quelques minutes plus tôt. Nous apprendrons en fait après le concert qu'Adam vit à Bruxelles depuis quatre ans et travaille à temps partiel dans cette librairie. Cet emploi apparait moins absurde quand on sait qu'une partie du magasin est réservée à la vente de disques. Malheureusement, tout le stock avait dû être déplacé pour laisser la place au public et seuls un CD de Mitchell Akiyama et un vinyl d'Animal Collective près du comptoir nous laissent entr'apercevoir à quoi peuvent ressembler les lieux durant la journée. Pour ceux que ça intéresse, le magasin est situé au 43a rue Lesbroussart, à Ixelles, tout près de l'Avenue Louise (une bonne adresse si vous voulez acheter votre exemplaire de Wire à un artiste Kranky, ce qui serait, vous en conviendrez, du dernier chic).
L'album de The Dead Texan, que certains n'hésitent pas à qualifier d'album de l'année, se situe aux confins du post-rock, de l'ambient et d'une certaine forme de new-age. Il combine nappes de synthés, petites enluminures au piano avec quelques notes de guitare et quelques rares voix. Parfois, ces différents éléments s'agencent pour former un cocon sonore à ce point douillet qu'on voudrait qu'il nous enveloppe à jamais. On pense alors à The Plateaux of Mirror, l'album de Harold Budd et Brian Eno (1980). De tels instants de grâce surgissent quelques fois sur l'album (sur Glen's goo, When I see scissors I cannot help but think of you et The Struggle par exemple) et, judicieusement, ce sont sur ces morceaux que le concert s'est concentré, en leur donnant une ampleur dont les versions albums, trop courtes, ne rendaient qu'imparfaitement compte. L'ensemble a duré sans doute un peu moins d'une heure et je ne me suis pour ainsi dire jamais ennuyé (seule une transition dans le premier tiers du concert m'a semblé un peu laborieuse).
J'ai été surpris de voir que, même à l'intérieur du cadre strict que forment les nappes préprogrammées et les projections vidéo pré-montées, ils ont laissé une place importante à l'interprétation live. Les ostinatos lents à la Laurie Anderson (cfr Superman) sont interprétés en direct par Christina. La moue excédée d'Adam quand son doigt accrochait la touche d'à côté témoigne également que la petite mélodie cristalline au piano dans When I see the scissors... était jouée en direct. Un très bon concert donc, supérieur à mon avis au disque, qui m'est apparu plus inégal. Notons que, comme ça semble devenir la norme chez Kranky, l'album est accompagné d'un DVD qui reprend les projections vidéos vues en concert, de nouveau en format abrégé. Comme sur le disque, les plages n'y font jamais plus de 4min30 et, bien que je n'aie pas regardé ma montre durant le concert, je suis prêt à parier que les morceaux y étaient nettement plus longs.
Quelques extraits de l'album sont en écoute ici.
Le son de 2005
Si vous cherchez à savoir ce que l'année 2005 vous réserve en matière de hypes incoutournables, vous seriez bien inspirés d'aller consulter les résultats de ce sondage de la BBC. En effet, un sondage analogue avait, l'année dernière, tapé plutôt juste. Jugez-en plutôt :
Les occupants des places 1,2,4,5,6 et 7 ont sans aucun doute fait leur trou cette année. Je regrette personnellement l'échec des Ordinary Boys, sans toutefois trouver cela spécialement injuste.
Pour cette année 2005, on nous prédit donc :
Dans le tas, j'attends avec une impatience non dissimulée le premier album de Bloc Party et celui des Dead 60s, dont le Riot Radio est un des meilleurs singles de l'année dernière dans la catégorie plagiat de The Clash (en écoute sur leur site). Je suis un peu surpris de voir encore The Dears dans ce classement vu qu'on en parle depuis des mois et que l'album est de 2003, mais bon... Pour le reste, nous verrons bien. Le peu que j'ai entendu de Kaiser Chiefs, The Magic Numbers et The Bravery était assez quelconque.
1. Keane
2. Franz Ferdinand
3. Wiley
4. Razorlight
5. Joss Stone
6. McFly
7. Scissor Sisters
8. The Ordinary Boys
9. Tali
10. Gemma Fox
Les occupants des places 1,2,4,5,6 et 7 ont sans aucun doute fait leur trou cette année. Je regrette personnellement l'échec des Ordinary Boys, sans toutefois trouver cela spécialement injuste.
Pour cette année 2005, on nous prédit donc :
1. The Bravery
2. Bloc Party
3. Kano
4. The Game
5. Kaiser Chiefs
6. KT Tunstall
7. The Dead 60s
8. The Dears
9. Tom Vek
10. The Magic Numbers
Dans le tas, j'attends avec une impatience non dissimulée le premier album de Bloc Party et celui des Dead 60s, dont le Riot Radio est un des meilleurs singles de l'année dernière dans la catégorie plagiat de The Clash (en écoute sur leur site). Je suis un peu surpris de voir encore The Dears dans ce classement vu qu'on en parle depuis des mois et que l'album est de 2003, mais bon... Pour le reste, nous verrons bien. Le peu que j'ai entendu de Kaiser Chiefs, The Magic Numbers et The Bravery était assez quelconque.
lundi, janvier 10
Les albums de 2004 (IV)
Soulwax - Any minute now (Pias)
Le premier album de Soulwax m'avait laissé rigoureusement indifférent mais, comme un peu tout le monde, j'avais succombé à leur incarnation festive 2 Many DJs, moins pour l'album As heard on Radio Soulwax Vol. 2, que j'avais trouvé un peu décevant, que pour leurs DJ sets (je garde un souvenir émerveillé de leur passage à la Route du Rock). A priori, le retour de Soulwax m'intéressait donc beaucoup et, sur la foi d'un premier single imparable (Any minute now), je n'ai pas hésité longtemps avant d'acheter l'album. Grossière erreur. Non content d'arborer une pochette qui fait mal aux yeux quand on la regarde, il contient aussi un mélange de rock et d'électro qui fait mal aux oreilles quand on l'écoute (sauf peut-être sur le single et sur Please...Don't be yourself). Je ne sais pas à quoi ce rejet est dû, mais rien ne retient mon attention et le son du disque finit par me mettre réellement de mauvaise humeur. Il s'agit sans doute d'une de mes déceptions les plus cuisantes de l'année. Dommage, car je partais avec des montagnes d'a priori positifs.
The Zutons - Who killed the Zutons? (Deltasonic)
J'ai un peu tendance à considérer cet album comme le quatrième album de The Coral, avec juste un peu de saxophone en plus. Ca pourrait passer pour une vacherie (suceurs de roue, aucune originalité, toussah...) mais c'est évidemment un compliment vu que, de tous les groupes apparus depuis cinq ans, The Coral est sans doute mon préféré (sur disque en tout cas). On retrouve ici le même sens de la mélodie immédiate, la même science de l'arrangement qui fait mouche, la même capacité à faire gigoter l'auditeur. On touche ici à un concept qui m'est cher, celui de pop parfaite. Toutes les chansons semblent couler de source, comme si on les connaissait depuis toujours. C'est sans doute aussi la raison pour laquelle c'est un album qui conquiert l'auditeur dès la première écoute, comme une évidence. Pour être à la hauteur de leurs glorieux aînés, il manque juste peut-être aux Zutons un chanteur du calibre de James Skelly. Leurs voix ont beau être très proches dans le timbre, il manque ici un petit quelque chose qui me fait continuer à préférer The Coral aux Zutons (voir aussi ici ce que j'en pensais à l'époque).
The Knife - Deep Cuts (Rabid)
Cet album représente un petit mystère. A priori, il représente une synthèse de tout ce que je peux rechercher dans un disque : des mélodies électro-pop efficaces, un caractère entraînant, une production aux petits oignons, un côté un peu déclamatoire dans les voix (voir par exemple Rock Classics, qui évoque un cabaret décadent dans le Berlin des années 20). En conséquence, à chaque fois que je l'écoute, je me dis que c'est décidément très bien. Pourtant, je ne parviens pas à m'enthousiasmer et ne le mets en fait sur la platine qu'assez rarement. Je me contente d'apprécier le disque d'un air un peu distant sans ressentir le besoin de me l'approprier complètement et en faire un de mes 'disques de l'année'. Je serais bien en peine de dire ce qu'il manque à ce disque pour me convaincre tout à fait, mais je ne désespère pas de trouver.
Le premier album de Soulwax m'avait laissé rigoureusement indifférent mais, comme un peu tout le monde, j'avais succombé à leur incarnation festive 2 Many DJs, moins pour l'album As heard on Radio Soulwax Vol. 2, que j'avais trouvé un peu décevant, que pour leurs DJ sets (je garde un souvenir émerveillé de leur passage à la Route du Rock). A priori, le retour de Soulwax m'intéressait donc beaucoup et, sur la foi d'un premier single imparable (Any minute now), je n'ai pas hésité longtemps avant d'acheter l'album. Grossière erreur. Non content d'arborer une pochette qui fait mal aux yeux quand on la regarde, il contient aussi un mélange de rock et d'électro qui fait mal aux oreilles quand on l'écoute (sauf peut-être sur le single et sur Please...Don't be yourself). Je ne sais pas à quoi ce rejet est dû, mais rien ne retient mon attention et le son du disque finit par me mettre réellement de mauvaise humeur. Il s'agit sans doute d'une de mes déceptions les plus cuisantes de l'année. Dommage, car je partais avec des montagnes d'a priori positifs.
The Zutons - Who killed the Zutons? (Deltasonic)
J'ai un peu tendance à considérer cet album comme le quatrième album de The Coral, avec juste un peu de saxophone en plus. Ca pourrait passer pour une vacherie (suceurs de roue, aucune originalité, toussah...) mais c'est évidemment un compliment vu que, de tous les groupes apparus depuis cinq ans, The Coral est sans doute mon préféré (sur disque en tout cas). On retrouve ici le même sens de la mélodie immédiate, la même science de l'arrangement qui fait mouche, la même capacité à faire gigoter l'auditeur. On touche ici à un concept qui m'est cher, celui de pop parfaite. Toutes les chansons semblent couler de source, comme si on les connaissait depuis toujours. C'est sans doute aussi la raison pour laquelle c'est un album qui conquiert l'auditeur dès la première écoute, comme une évidence. Pour être à la hauteur de leurs glorieux aînés, il manque juste peut-être aux Zutons un chanteur du calibre de James Skelly. Leurs voix ont beau être très proches dans le timbre, il manque ici un petit quelque chose qui me fait continuer à préférer The Coral aux Zutons (voir aussi ici ce que j'en pensais à l'époque).
The Knife - Deep Cuts (Rabid)
Cet album représente un petit mystère. A priori, il représente une synthèse de tout ce que je peux rechercher dans un disque : des mélodies électro-pop efficaces, un caractère entraînant, une production aux petits oignons, un côté un peu déclamatoire dans les voix (voir par exemple Rock Classics, qui évoque un cabaret décadent dans le Berlin des années 20). En conséquence, à chaque fois que je l'écoute, je me dis que c'est décidément très bien. Pourtant, je ne parviens pas à m'enthousiasmer et ne le mets en fait sur la platine qu'assez rarement. Je me contente d'apprécier le disque d'un air un peu distant sans ressentir le besoin de me l'approprier complètement et en faire un de mes 'disques de l'année'. Je serais bien en peine de dire ce qu'il manque à ce disque pour me convaincre tout à fait, mais je ne désespère pas de trouver.
dimanche, janvier 9
Jelly J-Lo
Voici la pochette du nouvel album de Jennifer Lopez. Je ne sais pas vous, mais quand j'ai vu cette photo, ma première réaction fut de ne pas bien comprendre ce que je voyais et de tenter de me souvenir du fait divers tragique dans lequel elle avait perdu une jambe. Aucun accident de mobylette ou de moissonneuse-batteuse ne me revenant à la mémoire, j'y ai regardé de plus près (augmenter la luminosité de l'écran aide beaucoup) et j'ai fini par comprendre que la jambe manquante était bien là, quelque part entre son menton et sa main droite.
Rassuré sur son intégrité physique, je me suis alors inquiété de son bien-être : "Quel sadique, ce photographe, de lui faire prendre une telle position. Ca doit être terriblement inconfortable, non ?" Comme je ne recule devant aucun sacrifice pour vous apporter des informations vérifiées, je me suis donc assis par terre et ai tenté d'imiter sa position. Une question ("Le pied gauche, derrière ou devant la jambe droite ?") et quelques longs soupirs plus tard ("Fiou, on a plus quinze ans."), je peux affirmer que, oui, c'est TRES inconfortable, ce qui explique sans doute son sourire crispé.
Puis, soudainement, j'ai compris la raison d'être de cette position. C'est la seule qui permette de cadrer dans un seul cliché ses deux atouts principaux, c'est-à-dire son visage et le contour de son postérieur. Je tiens peut-être là une des raisons pour lesquelles ces positions de contorsionnistes moldaves, avec les jambes qui font des noeuds, sont devenues une sorte de nouveau standard de la photographie des stars. (Je ne vous cherche pas d'exemple. Vous n'avez qu'à feuilleter vos numéros de FHM.)
Cela étant dit, je ne doute pas que, pour une artiste telle que J-Lo, le choix de la pochette est un problème pris très au sérieux par les maisons de disques et que cette photo n'a été approuvée qu'après moults sondages. En conséquence, il est possible que mon ironie moqueuse soit une réaction minoritaire. Ce qui est en revanche certain, c'est que le single qui lance cet album, Get Right est assez mauvais et contient les cuivres les plus irritants depuis Underground. Ce ne sera une surprise que pour ceux qui ont déjà aimé une chanson de J-Lo. (Qu'ils se dénoncent.)
samedi, janvier 8
The Libertine
vendredi, janvier 7
Les albums de 2004 (III)
Lisa Gerrard & Patrick Cassidy - Immortal memory (4AD)
Triste histoire que celle de Lisa Gerrard. Depuis la séparation de Dead Can Dance, elle s'est spécialisée dans les musiques de films, pour des résultats en général sympatoches, mais sans grand intérêt. C'est donc avec une énorme impatience que j'attendais de la voir revenir avec un véritable album. La déception fut à la hauteur de l'attente. En effet, l'album ressemble beaucoup à ses musiques de films. Elle semble y avoir délaissé l'expression pour l'illustration. Des chansons comme Cantara ou The Host of Seraphym inscrivaient immédiatement l'auditeur dans une autre dimension, le mettant en contact avec quelque chose qui le dépassait. Ecouter la musique de Dead Can Dance, surtout quand Lisa chantait, était une expérience de l'ordre de la transcendance, et c'est ce qui faisait sa force. A présent, elle ne semble plus capable que d'enrober quelques vagues notes tenues en soufflet par des nappes de cordes et de synthés. L'illustration la plus claire de ce qui a été perdu est sans doute le fait que rien dans cet album n'est chantable. J'ai passé des heures entières depuis 10 ans à chanter en voix de tête Sanvean, The Spider's stratagem, Yulunga ou Cantara dans le noir absolu. Je défie quiconque de faire de même sur ces chansons. Les lignes mélodiques sont trop inconsistantes. De plus, je regrette de voir l'éventail de ses inspirations se réduire à ce point. Là où Dead Can Dance allait puiser en Afrique, en Asie, en Europe et en Amérique du Sud les sources de leurs chansons, cet album semble se replier frileusement sur l'Occident, allant jusqu'à justifier pour la première fois cette appellation infâmante de "musique d'église" que j'ai souvent entendu accolée à la musique de DcD (voir le franchement pénible morceau en latin accompagné à l'orgue). On peut sans doute voir là une conséquence de l'embrigadement de Lisa Gerrard depuis quelques années dans les rangs des fondamentalistes chrétiens (elle rêvait de composer la musique de La Passion du Christ de Mel Gibson), et je ne suis pas sûr d'être prêt à le lui pardonner. Ceci dit, l'album a manifestement été un échec commercial et le mari de Lisa Gerrard a dans une interview blâmé 4AD qui aurait été une trop petite structure pour gérer l'immensité du talent de son épouse (je paraphrase, mais le sens y est). Il semblerait que la réunion de Dead Can Dance pour une tournée en 2005 indique qu'elle a fini par se rendre compte qu'elle avait peut-être aussi une part de responsabilité dans cet échec. J'espère que ce retour aux sources aux côtés de Brendan Perry la remettra sur de bons rails, mais je ne peux m'empêcher d'en douter.
Clinic - Winchester Cathedral (Domino)
J'ai toujours été bien embêté lorsque je devais décrire la musique de Clinic. A l'époque de Internal Wrangler, c'était plus simple. Il suffisait de dire qu'ils faisaient du Radiohead. Depuis, les choses sont moins claires. On pourrait dire qu'il s'agit d'un hybride situé à mi-chemin entre Sonic Youth et Piano Magic (mais "on" se ferait alors reprendre de volée par les fans des uns et des autres). En fait, si j'ai tant de mal à décrire ce qu'ils font, c'est sans doute parce que je ne sais pas exactement ce qui m'y plait. Peut-être est-ce cette capacité à créer des riffs entêtants (comment ne pas dodeliner de la tête en écoutant Country Mile par exemple), ou bien ces orchestrations luxuriantes où quelques instruments inattendus viennent parfois pointer leurs anches ? En tout cas, les musiciens de Clinic ont un son qu'ils ne partagent avec personne, et ce nouvel album est pour moi bien meilleur que Walking with thee, qui m'avait pas mal déçu à l'époque.
Elizabeth Anka Vajagic - Stand with the stillness of this day (Constellation)
Pour un disque Constellation, c'est étonnamment immédiat. Je n'irai sans doute pas jusqu'à parler de disque pop, mais c'est en tout cas un vrai disque de chansons, constitué essentiellement de complaintes larmoyantes qui, sans crier gare, peuvent bifurquer vers des Godspeederies langoureuses, comme sur la plage 6, And The Sky Lay Still, par exemple. Sa manière de chanter avec une voix de gorge grave (on pense un peu à Transmissionary Six ou à PJ Harvey par exemple) sans avoir peur des excès de pathos (dégueulandos compris) rappelle la chanson de la scène du cabaret dans Mulholland Drive. De plus, et c'est souvent bon signe, c'est aussi bien en concert qu'en disque. (voir aussi ici)
Triste histoire que celle de Lisa Gerrard. Depuis la séparation de Dead Can Dance, elle s'est spécialisée dans les musiques de films, pour des résultats en général sympatoches, mais sans grand intérêt. C'est donc avec une énorme impatience que j'attendais de la voir revenir avec un véritable album. La déception fut à la hauteur de l'attente. En effet, l'album ressemble beaucoup à ses musiques de films. Elle semble y avoir délaissé l'expression pour l'illustration. Des chansons comme Cantara ou The Host of Seraphym inscrivaient immédiatement l'auditeur dans une autre dimension, le mettant en contact avec quelque chose qui le dépassait. Ecouter la musique de Dead Can Dance, surtout quand Lisa chantait, était une expérience de l'ordre de la transcendance, et c'est ce qui faisait sa force. A présent, elle ne semble plus capable que d'enrober quelques vagues notes tenues en soufflet par des nappes de cordes et de synthés. L'illustration la plus claire de ce qui a été perdu est sans doute le fait que rien dans cet album n'est chantable. J'ai passé des heures entières depuis 10 ans à chanter en voix de tête Sanvean, The Spider's stratagem, Yulunga ou Cantara dans le noir absolu. Je défie quiconque de faire de même sur ces chansons. Les lignes mélodiques sont trop inconsistantes. De plus, je regrette de voir l'éventail de ses inspirations se réduire à ce point. Là où Dead Can Dance allait puiser en Afrique, en Asie, en Europe et en Amérique du Sud les sources de leurs chansons, cet album semble se replier frileusement sur l'Occident, allant jusqu'à justifier pour la première fois cette appellation infâmante de "musique d'église" que j'ai souvent entendu accolée à la musique de DcD (voir le franchement pénible morceau en latin accompagné à l'orgue). On peut sans doute voir là une conséquence de l'embrigadement de Lisa Gerrard depuis quelques années dans les rangs des fondamentalistes chrétiens (elle rêvait de composer la musique de La Passion du Christ de Mel Gibson), et je ne suis pas sûr d'être prêt à le lui pardonner. Ceci dit, l'album a manifestement été un échec commercial et le mari de Lisa Gerrard a dans une interview blâmé 4AD qui aurait été une trop petite structure pour gérer l'immensité du talent de son épouse (je paraphrase, mais le sens y est). Il semblerait que la réunion de Dead Can Dance pour une tournée en 2005 indique qu'elle a fini par se rendre compte qu'elle avait peut-être aussi une part de responsabilité dans cet échec. J'espère que ce retour aux sources aux côtés de Brendan Perry la remettra sur de bons rails, mais je ne peux m'empêcher d'en douter.
Clinic - Winchester Cathedral (Domino)
J'ai toujours été bien embêté lorsque je devais décrire la musique de Clinic. A l'époque de Internal Wrangler, c'était plus simple. Il suffisait de dire qu'ils faisaient du Radiohead. Depuis, les choses sont moins claires. On pourrait dire qu'il s'agit d'un hybride situé à mi-chemin entre Sonic Youth et Piano Magic (mais "on" se ferait alors reprendre de volée par les fans des uns et des autres). En fait, si j'ai tant de mal à décrire ce qu'ils font, c'est sans doute parce que je ne sais pas exactement ce qui m'y plait. Peut-être est-ce cette capacité à créer des riffs entêtants (comment ne pas dodeliner de la tête en écoutant Country Mile par exemple), ou bien ces orchestrations luxuriantes où quelques instruments inattendus viennent parfois pointer leurs anches ? En tout cas, les musiciens de Clinic ont un son qu'ils ne partagent avec personne, et ce nouvel album est pour moi bien meilleur que Walking with thee, qui m'avait pas mal déçu à l'époque.
Elizabeth Anka Vajagic - Stand with the stillness of this day (Constellation)
Pour un disque Constellation, c'est étonnamment immédiat. Je n'irai sans doute pas jusqu'à parler de disque pop, mais c'est en tout cas un vrai disque de chansons, constitué essentiellement de complaintes larmoyantes qui, sans crier gare, peuvent bifurquer vers des Godspeederies langoureuses, comme sur la plage 6, And The Sky Lay Still, par exemple. Sa manière de chanter avec une voix de gorge grave (on pense un peu à Transmissionary Six ou à PJ Harvey par exemple) sans avoir peur des excès de pathos (dégueulandos compris) rappelle la chanson de la scène du cabaret dans Mulholland Drive. De plus, et c'est souvent bon signe, c'est aussi bien en concert qu'en disque. (voir aussi ici)
jeudi, janvier 6
Almond update
La bonne : Marc Almond est suffisamment rétabli que pour avoir envie de rectifier les rumeurs qui ciruclent sur son compte.
La mauvaise : Contrairement à ce que j'ai écrit ici il y a quelques semaines, il ne participe pas au nouvel album de Kate Bush.
PS : J'ai toujours trouvé que, toute fausse qu'elle soit, l'expression "que pour" sonnait bien.
La mauvaise : Contrairement à ce que j'ai écrit ici il y a quelques semaines, il ne participe pas au nouvel album de Kate Bush.
PS : J'ai toujours trouvé que, toute fausse qu'elle soit, l'expression "que pour" sonnait bien.
Népotisme
Quelques morceaux interprétés par ma cousine.
(C'est très chic. Même si je ne la vois jamais, c'est tout de même ma cousine.)
(Je vous en parlerais volontiers plus longuement, mais j'ai toutes les peines du monde à dégoter ses disques. Ceci dit, je ne désespère pas. Son album de chansons pour enfants sorti l'année dernière vient ainsi d'apparaître sur Amazon.fr.)
(C'est très chic. Même si je ne la vois jamais, c'est tout de même ma cousine.)
(Je vous en parlerais volontiers plus longuement, mais j'ai toutes les peines du monde à dégoter ses disques. Ceci dit, je ne désespère pas. Son album de chansons pour enfants sorti l'année dernière vient ainsi d'apparaître sur Amazon.fr.)
mercredi, janvier 5
Les albums de 2004 (II)
Blonde Redhead - Misery is a butterfly (4AD)
Malgré la déception relative de l'album de Lisa Gerrard, 2004 a été plutôt une bonne année pour 4AD. La nouvelle tournée des Pixies a sans doute fait beaucoup pour doper les ventes de leurs anciens disques. L'album de TV on the radio semble squatter les premières places des classements d'un peu tout le monde (mais pas le mien). Le label a de plus annoncé la sortie d'un très attendu nouvel album de Scott Walker pour l'année prochaine. Ce n'est pas si mal pour un label que l'on annonce moribond depuis presque dix ans. Ils ont par ailleurs continué de proposer à des groupes ayant déjà fait leur preuve ailleurs de sortir un disque pour eux. Après Magnetophone, Piano Magic ou les Mountain Goats, c'est au tour des Sonic Youth Juniors de Blonde Redhead d'enfouir ainsi un de leurs disques dans un écrin V23. Ils en ont profité pour sortir leur album le plus mélodique. Les guitares s'y font plus discrètes et la voix haut perchée de Kazu se fait presque câline par moments. Une très bonne surprise.
The Killers - Hot Fuss (Lizard King)
Les Killers ont beaucoup pour eux. Ils sont américains et font de la musique anglaise, ce qui est déjà une belle preuve de bon goût. Ils marient ici à merveille synthés et guitares et créent un attachant hybride electro-indie comme je n'en avais plus entendu depuis longtemps, en fait depuis que, dans le petit monde du rock'n'roll, le dernier chic est d'enregistrer ses chansons en une prise sur un deux-pistes à Toerag. Ce retour à un son un peu plus complexe et synthétique me fait plaisir. De plus, le chanteur Brandon Flowers a un jour déclaré qu'il faudrait penser à remplacer sur le mont Rushmore les têtes de ces quatre présidents qui font la gueule par celles de Neil Tennant et de Chris Lowe (excellente idée... évidemment). Je partais donc avec une montagne d'a priori positifs, et la première moitié de l'album les confirme tous. Jenny was a friend of mine, Somebody Told me ou On Top sont des bombes pop comme on en a peu connus ces dernières années. Malheureusement, l'album comporte aussi des chansons plus lentes, où Brandon se met à couiner jusqu'à devenir franchement embarrassant (Indie Rock'n'Roll et Everything will be alright par exemple). Dommage.
Craig Armstrong - Piano Works (Sanctuary)
Le piano seul est à la mode cette année, de William Sheller (très bon disque) à Gonzales (pas encore écouté) en passant par Craig Armstrong qui nous propose ici quelques morceaux inédits et des réarrangements de morceaux qu'il avait produits et/ou écrits pour d'autres projets (Massive Attack ou les BO de Moulin Rouge et Romeo+Juliet par exemple). Le résultat est franchement enchanteur. On pense un peu à Brian Eno, à Philip Glass et à Wim Mertens, et très peu à Richard Claydermann, ce qui est plutôt bon signe. Peut-être parce que Craig Armstrong a l'intelligence de soigner sa production, de rajouter de-ci de-là quelques échos ou quelques vagues percussions, bref d'habiller son piano seul pour ne pas lasser. Certes, tout cela est très léger, fragile comme une bulle de savon, et on n'échappe pas toujours aux mélos sirupeux (Angelina par exemple est un peu trop sucré pour moi) mais à condition d'être consommé avec modération, cet album conservera un petit temps sa place dans ma pile de disques à mettre pour s'endormir.
Malgré la déception relative de l'album de Lisa Gerrard, 2004 a été plutôt une bonne année pour 4AD. La nouvelle tournée des Pixies a sans doute fait beaucoup pour doper les ventes de leurs anciens disques. L'album de TV on the radio semble squatter les premières places des classements d'un peu tout le monde (mais pas le mien). Le label a de plus annoncé la sortie d'un très attendu nouvel album de Scott Walker pour l'année prochaine. Ce n'est pas si mal pour un label que l'on annonce moribond depuis presque dix ans. Ils ont par ailleurs continué de proposer à des groupes ayant déjà fait leur preuve ailleurs de sortir un disque pour eux. Après Magnetophone, Piano Magic ou les Mountain Goats, c'est au tour des Sonic Youth Juniors de Blonde Redhead d'enfouir ainsi un de leurs disques dans un écrin V23. Ils en ont profité pour sortir leur album le plus mélodique. Les guitares s'y font plus discrètes et la voix haut perchée de Kazu se fait presque câline par moments. Une très bonne surprise.
The Killers - Hot Fuss (Lizard King)
Les Killers ont beaucoup pour eux. Ils sont américains et font de la musique anglaise, ce qui est déjà une belle preuve de bon goût. Ils marient ici à merveille synthés et guitares et créent un attachant hybride electro-indie comme je n'en avais plus entendu depuis longtemps, en fait depuis que, dans le petit monde du rock'n'roll, le dernier chic est d'enregistrer ses chansons en une prise sur un deux-pistes à Toerag. Ce retour à un son un peu plus complexe et synthétique me fait plaisir. De plus, le chanteur Brandon Flowers a un jour déclaré qu'il faudrait penser à remplacer sur le mont Rushmore les têtes de ces quatre présidents qui font la gueule par celles de Neil Tennant et de Chris Lowe (excellente idée... évidemment). Je partais donc avec une montagne d'a priori positifs, et la première moitié de l'album les confirme tous. Jenny was a friend of mine, Somebody Told me ou On Top sont des bombes pop comme on en a peu connus ces dernières années. Malheureusement, l'album comporte aussi des chansons plus lentes, où Brandon se met à couiner jusqu'à devenir franchement embarrassant (Indie Rock'n'Roll et Everything will be alright par exemple). Dommage.
Craig Armstrong - Piano Works (Sanctuary)
Le piano seul est à la mode cette année, de William Sheller (très bon disque) à Gonzales (pas encore écouté) en passant par Craig Armstrong qui nous propose ici quelques morceaux inédits et des réarrangements de morceaux qu'il avait produits et/ou écrits pour d'autres projets (Massive Attack ou les BO de Moulin Rouge et Romeo+Juliet par exemple). Le résultat est franchement enchanteur. On pense un peu à Brian Eno, à Philip Glass et à Wim Mertens, et très peu à Richard Claydermann, ce qui est plutôt bon signe. Peut-être parce que Craig Armstrong a l'intelligence de soigner sa production, de rajouter de-ci de-là quelques échos ou quelques vagues percussions, bref d'habiller son piano seul pour ne pas lasser. Certes, tout cela est très léger, fragile comme une bulle de savon, et on n'échappe pas toujours aux mélos sirupeux (Angelina par exemple est un peu trop sucré pour moi) mais à condition d'être consommé avec modération, cet album conservera un petit temps sa place dans ma pile de disques à mettre pour s'endormir.
Pour tous ceux qui, comme moi, se sont déjà....
.... demandé "Pourquoi Elvis il chantait Love Me Tender ? Ca ne devrait pas être Love Me Tenderly ?", la réponse est là.
mardi, janvier 4
Les albums de 2004 (I)
Faire son top de l'année est un exercice difficile, qui demande patience, rigueur et endurance. Je me suis donc astreint, quoique c'est plus un plaisir qu'une corvée, à écouter tous les disques de 2004 que j'ai achetés et à donner en quelques lignes mon impression. Ce ne sont pas des chroniques, juste un état de ce que je pense du disque en ce mois de janvier 2005. C'est tout à fait subjectif et pas exempt de mauvaise foi. Je les posterai dans les prochains jours, avant de tenter de faire un classement en bonne et due forme pour la fin du mois, à temps pour les NowPlaying Awards. Première fournée aujourd'hui.
Leonard Cohen - Dear Heather (Columbia)
Après un décevant 'Ten New Songs', que j'ai dû écouter trois fois en tout et pour tout, le bonze Leonard revient avec un nouvel album un chouïa plus consistant. Ce qui frappe de prime abord est à quel point ce disque 'sonne' bien. Là où ses précédents disques souffraient d'une production atroce, souvent à base de synthés bon marché et de choeurs féminins, ce disque présente un son beaucoup plus organique et délicat (peut-être a-t-il abandonné le synthé, à moins qu'il n'ait à coup de méditation transcendentale, trouvé le moyen d'utiliser un autre son que le 'Default Casio sound'). Le disque présente même deux petits chefs-d'oeuvre : un morceau authentiquement soul (The Letters), et Undertow, où le petit solo de trompette bouchée est tout simplement parfait. Dommage que le disque se dilue un peu par la suite. Comme souvent chez Cohen, c'est très beau mais un peu trop uniforme pour parvenir à maintenir mon attention tout du long. Je ne suis pas sûr non plus que son texte sur le 11 septembre soit ce qu'il a écrit de plus intéressant.
Interpol - Antics (Labels)
Depuis deux ans, tous les groupes qui avaient marqué en 2001 et 2002 le "révolution du rock" (marque déposée) reviennent pour nous refourguer une portion réchauffée de ce qu'ils avaient déjà fait à l'époque. En général, le public, qui en a vu d'autres, ne s'y est pas laissé prendre et les ont superbement snobés. The Strokes, Black Rebel Motorcycle Club, The Vines sont ainsi tous repartis la queue entre les jambes après que leurs disques aient été descendus avec joie par un peu tout le monde. En attendant la prochaine salve, avec les albums des Yeah Yeah Yeahs et des Kills, il faut bien reconnaître que, de toute cette clique, c'est sans doute Interpol qui s'en sort le mieux car, contrairement aux précédemment cités, ce nouvel album n'est pas sensiblement moins bon que le premier. Certains disent même qu'il est meilleur. Rien n'a fondamentalement changé pourtant. C'est toujours lugubre à souhait, ça décolle toujours bien comme il faut quand le refrain arrive. Non, vraiment, il n'y a pas à dire, c'est de la belle ouvrage. Pourtant, j'ai un peu de mal à m'enthousiasmer de nouveau. J'espère qu'ils vont enfin se décider à changer leur recette pour le troisième album.
Franz Ferdinand - Franz Ferdinand (Domino)
Le public ayant écouté des disques et dansé tout l'été, les albums sortis en début d'année se trouvèrent fort dépourvus une fois l'heure des bilans venue. Serait-il sorti il y a deux ou trois mois, ce disque serait sans doute plus haut dans le classement à venir. Là, après plusieurs mois d'exposition médiatique maximale, après des myriades de diffusions radio pour Take Me Out ou Michael, après un nombre de couvertures de magazines qui ferait rougir tous les candidats du Loft 1, le disque a perdu un peu de son facteur 'Waouw', celui qui permet de gagner sans peine des places dans les tops de fin d'année. Tout cela est remarquablement fait et l'album est bourré jusqu'à la gueule de chansons imparables, mais bon, l'enthousiasme est un peu retombé et tout le monde est déjà largement passé à autre chose, non ?
Leonard Cohen - Dear Heather (Columbia)
Après un décevant 'Ten New Songs', que j'ai dû écouter trois fois en tout et pour tout, le bonze Leonard revient avec un nouvel album un chouïa plus consistant. Ce qui frappe de prime abord est à quel point ce disque 'sonne' bien. Là où ses précédents disques souffraient d'une production atroce, souvent à base de synthés bon marché et de choeurs féminins, ce disque présente un son beaucoup plus organique et délicat (peut-être a-t-il abandonné le synthé, à moins qu'il n'ait à coup de méditation transcendentale, trouvé le moyen d'utiliser un autre son que le 'Default Casio sound'). Le disque présente même deux petits chefs-d'oeuvre : un morceau authentiquement soul (The Letters), et Undertow, où le petit solo de trompette bouchée est tout simplement parfait. Dommage que le disque se dilue un peu par la suite. Comme souvent chez Cohen, c'est très beau mais un peu trop uniforme pour parvenir à maintenir mon attention tout du long. Je ne suis pas sûr non plus que son texte sur le 11 septembre soit ce qu'il a écrit de plus intéressant.
Interpol - Antics (Labels)
Depuis deux ans, tous les groupes qui avaient marqué en 2001 et 2002 le "révolution du rock" (marque déposée) reviennent pour nous refourguer une portion réchauffée de ce qu'ils avaient déjà fait à l'époque. En général, le public, qui en a vu d'autres, ne s'y est pas laissé prendre et les ont superbement snobés. The Strokes, Black Rebel Motorcycle Club, The Vines sont ainsi tous repartis la queue entre les jambes après que leurs disques aient été descendus avec joie par un peu tout le monde. En attendant la prochaine salve, avec les albums des Yeah Yeah Yeahs et des Kills, il faut bien reconnaître que, de toute cette clique, c'est sans doute Interpol qui s'en sort le mieux car, contrairement aux précédemment cités, ce nouvel album n'est pas sensiblement moins bon que le premier. Certains disent même qu'il est meilleur. Rien n'a fondamentalement changé pourtant. C'est toujours lugubre à souhait, ça décolle toujours bien comme il faut quand le refrain arrive. Non, vraiment, il n'y a pas à dire, c'est de la belle ouvrage. Pourtant, j'ai un peu de mal à m'enthousiasmer de nouveau. J'espère qu'ils vont enfin se décider à changer leur recette pour le troisième album.
Franz Ferdinand - Franz Ferdinand (Domino)
Le public ayant écouté des disques et dansé tout l'été, les albums sortis en début d'année se trouvèrent fort dépourvus une fois l'heure des bilans venue. Serait-il sorti il y a deux ou trois mois, ce disque serait sans doute plus haut dans le classement à venir. Là, après plusieurs mois d'exposition médiatique maximale, après des myriades de diffusions radio pour Take Me Out ou Michael, après un nombre de couvertures de magazines qui ferait rougir tous les candidats du Loft 1, le disque a perdu un peu de son facteur 'Waouw', celui qui permet de gagner sans peine des places dans les tops de fin d'année. Tout cela est remarquablement fait et l'album est bourré jusqu'à la gueule de chansons imparables, mais bon, l'enthousiasme est un peu retombé et tout le monde est déjà largement passé à autre chose, non ?
2005 sera.....
Juste après les rétrospectives de l'an qui s'achève (j'y viens dans un instant), le mois de janvier est propice aux séances de divination. Quelle sera la sensation de l'année ? Quelles seront les grandes tendances ? Y aura-t-il plus de guitares ? Plus de synthés ? Sera-ce l'année de l'explostion grime en Angleterre ou celle du retour du folk dans le mainstream américain ? etc....
Toute la presse se livre avec délices à ce petit jeu. Ca doit être contagieux, car l'année dernière, après des recherches approfondies, j'avais mentionné au tout début de janvier les noms de Keane, The Killers, Scissor Sisters et Franz Ferdinand comme candidats au succès (même si pour les deux derniers, c'était déjà à l'époque plus une constatation qu'une prévision). Avec le recul, je ne suis pas peu fier de la justesse de mes prédictions. Je le dis avec d'autant plus d'assurance qu'il n'y a absolument aucun moyen de vérifier. J'ai perdu le mail où j'en parle, je cite de mémoire et ne me souviens évidemment que des prévisions qui se sont concrétisées (si on excepte The Ordinary Boys, que j'avais également cités et qui semblent avoir d'ores et déjà sombré dans l'oubli).
Cette année, en revanche, mes éventuelles élucubrations risquent d'être encore accessibles ici-même en décembre. L'exercice est donc beaucoup plus aventureux. Je ne m'y risquerai pas. Voici néanmoins les sites de trois groupes à venir dont on parle déjà un peu en Angleterre :
- celui de The Faders, encore en construction mais qui a la bonne idée de vous proposer un extrait suffisamment long qui permet de se faire une idée de ce qui sera (peut-être) leur premier single. A priori, de l'electro forte en gueule, ça devrait me plaire.
- celui de Genie Queen, nouveau girl band qui sonne un peu comme les Sugababes. C'est un site tout en Flash, très joli (et très prétentieux) dans lequel on est censé errer sans but en cliquant au hasard sur des papillons roses. Le marketing sur le Web, c'est vraiment n'importe quoi. Quand leur premier single arrivera sur le marché, j'aurai déjà eu le temps d'associer leur nom à la perte de temps. Beau résultat.
- celui de PureTS. Le groupe annonce l'inévitable apparition sur le marché de groupes de filles à la Busted et à la McFly. Trois Avril Lavigne pour le prix d'une. Une sorte de promotion donc... Les extraits sonores proposés sur le site laissent prévoir le pire.
EDIT : Je viens de constater que Mr Popjustice avait déjà écrit tout ça et bien mieux que je ne le pourrais, ici.
J'en profite donc pour signaler qu'il vient de lancer sa radio en ligne, et qu'on y entend les Pet Shop Boys, New Order, Madonna, The Magnetic Fields, Fischerspooner, KLF, Rachel Stevens, Bananarama,.... mais aussi Worlds Apart et Mandy Moore. Il ne faut donc pas hésiter à faire un peu de rangement, ce que les options 'skip' et 'ban' permettent aisément. Pour vous lancer, il suffit de choisir un nom d'utilisateur. L'adresse e-mail demandée est facultative. Quand j'aurai le temps, je me vois bien me lancer le même genre d'aventure.
Toute la presse se livre avec délices à ce petit jeu. Ca doit être contagieux, car l'année dernière, après des recherches approfondies, j'avais mentionné au tout début de janvier les noms de Keane, The Killers, Scissor Sisters et Franz Ferdinand comme candidats au succès (même si pour les deux derniers, c'était déjà à l'époque plus une constatation qu'une prévision). Avec le recul, je ne suis pas peu fier de la justesse de mes prédictions. Je le dis avec d'autant plus d'assurance qu'il n'y a absolument aucun moyen de vérifier. J'ai perdu le mail où j'en parle, je cite de mémoire et ne me souviens évidemment que des prévisions qui se sont concrétisées (si on excepte The Ordinary Boys, que j'avais également cités et qui semblent avoir d'ores et déjà sombré dans l'oubli).
Cette année, en revanche, mes éventuelles élucubrations risquent d'être encore accessibles ici-même en décembre. L'exercice est donc beaucoup plus aventureux. Je ne m'y risquerai pas. Voici néanmoins les sites de trois groupes à venir dont on parle déjà un peu en Angleterre :
- celui de The Faders, encore en construction mais qui a la bonne idée de vous proposer un extrait suffisamment long qui permet de se faire une idée de ce qui sera (peut-être) leur premier single. A priori, de l'electro forte en gueule, ça devrait me plaire.
- celui de Genie Queen, nouveau girl band qui sonne un peu comme les Sugababes. C'est un site tout en Flash, très joli (et très prétentieux) dans lequel on est censé errer sans but en cliquant au hasard sur des papillons roses. Le marketing sur le Web, c'est vraiment n'importe quoi. Quand leur premier single arrivera sur le marché, j'aurai déjà eu le temps d'associer leur nom à la perte de temps. Beau résultat.
- celui de PureTS. Le groupe annonce l'inévitable apparition sur le marché de groupes de filles à la Busted et à la McFly. Trois Avril Lavigne pour le prix d'une. Une sorte de promotion donc... Les extraits sonores proposés sur le site laissent prévoir le pire.
EDIT : Je viens de constater que Mr Popjustice avait déjà écrit tout ça et bien mieux que je ne le pourrais, ici.
J'en profite donc pour signaler qu'il vient de lancer sa radio en ligne, et qu'on y entend les Pet Shop Boys, New Order, Madonna, The Magnetic Fields, Fischerspooner, KLF, Rachel Stevens, Bananarama,.... mais aussi Worlds Apart et Mandy Moore. Il ne faut donc pas hésiter à faire un peu de rangement, ce que les options 'skip' et 'ban' permettent aisément. Pour vous lancer, il suffit de choisir un nom d'utilisateur. L'adresse e-mail demandée est facultative. Quand j'aurai le temps, je me vois bien me lancer le même genre d'aventure.
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