lundi, novembre 15

Ecoutes du week-end (I)

Ce fut sans doute un bon week-end puisqu'il me semble avoir aimé presque tout ce que j'ai écouté, mais ça ne signifie pas que je sache comment faire passer mon enthousiasme. Parler d'un disque dont je connais bien les auteurs est finalement un exercice plutôt simple, je les situe brièvement, rappelle leur parcours et n'ai plus qu'à évoquer la musique en deux-trois mots passe-partout pour donner l'impression au lecteur qu'il en sait assez sur le disque pour pouvoir se faire une opinion. Quand, comme ici, je ne sais à peu près rien des artistes, je dois tenter de décrire la musique elle-même, et je me rends compte que je manque cruellement d'outils pour ce faire (après tout, c'est un métier, il n'y a aucune raison que ce soit simple). Donc, je m'entraîne. En espérant que votre rôle de cobaye ne vous empêchera pas d'avoir envie de découvrir ces disques qui, pour la plupart, en valent la peine.

- Micah P. Hinson - Micah P. Hinson and the Gospel of Progress.
Je ne sais quasiment rien de ce type dont j'ai croisé le nom au détour d'une chronique, si ce n'est qu'il gravite autour de The Earlies, qui ont d'ailleurs produit une partie de ce premier album. Pour autant que je puisse en juger après trois écoutes, il s'agit d'une sorte de petit chef-d'oeuvre (forcément pour un premier disque, rétorqueront sans doute les puristes). Pour aller vite, on pourrait dire que ça se situe quelque part entre Nick Drake (pour le côté vignettes folk), Belle and Sebastian (pour la science des arrangements) et Calexico (pour cette capacité toute Américaine à ouvrir les chansons vers l'extérieur, à les inscrire dans un décor qui les dépasse). Si on ajoute à cela une instrumentation très riche (accordéon, guitare, piano, violon, flûte, orgue Hammond,...), une utilisation par moments très 4AD des échos et une voix posée qui évoque à la fois Arab strap et Devendra Banhart, on se retrouve devant un hybride attachant, produit d'un croisement improbable entre l'Amérique (pour les thèmes) et l'Europe (pour la sophistication pop), qui se conclut magnifiquement par The Day Texas Sank To The Bottom Of The Sea, long crescendo résigné dont ne subsiste à la fin qu'un peu de violon.
+ Une chronique et le site du label (avec deux mp3).

- Aereogramme - Seclusion.
Un nouveau mini-album pour un groupe dont j'avais souvent entendu le nom, à défaut de la musique. Je peux comprendre pourquoi certains en font un groupe culte. Sur fond de guitares, le morceau d'ouverture, Inkwell, est carré juste comme il faut tandis que le second, Dreams and Bridges, est tout de guingois, mais tout aussi efficace. Le troisième est, peut-être, le morceau le plus calme à avoir jamais contenu des hurlements death-metal en son sein. Le quatrième, tout en guitares ciselées et mélodies diaphanes, est tout simplement beau. Le cinquième serait presque heavy si la voix douce du chanteur ne venait évoquer Death Cab for Cutie. Le sixième, instrumental qui s'efforce de partir dans tous les sens (et y parvient très bien) pourrait sans doute être la bande-son d'un James Bond dans un univers parallèle. Face à une palette aussi riche, je suis preneur de tout conseil sur ce qu'il faudrait que j'écoute à présent de ces braves gens.
+ Le site officiel et une chronique.


- Hot Chip - Coming on strong.
A priori, ce disque avait beaucoup d'atouts pour me plaire, avec son mélange d'électro minimale dans les rythmiques, de moog, de petits sons d'orgues et de basse. Cette prééminence de la guitare basse sur certains morceaux de l'album avait d'ailleurs conduit le NME à tenter de lancer dans la foulée un nouveau mouvement (le 37ème cette année) : le slapcore (ça n'a pas pris). Le disque tente pas mal de choses. Par moments, ça devient un peu lounge et on a même, sur un titre, un solo de saxophone (comme dans Careless Whisper). Pourtant, au bout du compte, je ne suis pas parvenu à faire un tout de cette frustrante collection de chansons disparates.
+ Le site officiel et le site du label.

La suite demain.

PS : Je vous invite vivement à écouter la version live de Careless Whisper par Rufus Wainwright et Ben Folds disponible ici. Merci à la Blogothèque pour le lien, et à Godspeed pour m'avoir rafraîchi la mémoire à ce sujet.

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