mardi, juillet 3

Les albums de 2006 (XXIII)

And You Will Know Us By The Trail Of Dead - So Divided (Interscope)
Quand le groupe a commencé à se faire une petite réputation par ici (pour leur second album), la presse les avait rapidement classés aux côtés des Strokes, des White Stripes et des autres dans une jolie case "renouveau du rock à l'aube d'un nouveau millénaire" et, effectivement, à l'époque, le nom "Trail of Dead" évoquait un mur de guitares et des concerts apocalyptiques (où certains spectateurs ont laissé quelques précieux points d'audition). Un peu plus tard, le groupe a d'ailleurs été transféré à grands renforts de publicité sur Interscope, qui entendait bien faire d'eux les nouveaux Nirvana. Las, au petit jeu de la popularité, ils se sont fait doubler par à peu près tout le monde. Pourtant, le label continue à leur faire confiance, même s'il est à présent évident que Trail of Dead ne connaîtra jamais la gloire internationale. Les membres du groupe s'en sont apparemment accommodés et ont passé les dernières années à renouveler et élargir leur univers musical. Certes, la chanson qui ouvre l'album, Stand In Silence, est dans la droite lignée de leurs débuts mais c'est quasiment la seule parce que pour le reste c'est franchement arty. Naked Sun mélange blues-rock crade (si quelqu'un pouvait me dire de quelle chanson très connues ils se sont inspirés, ça m'aiderait) et explosion de cuivres. Sur la durée de l'album, on pense successivement à des groupes comme les Flaming Lips (Wasted State of Mind ou Eight Days of Hell), Mercury Rev (Gold Heart Mountain), Hope of the States, Elbow ou dEUS par exemple (il est des listes moins satisfisaisantes). L'album part donc un peu dans tous les sens et peut évoquer à un moment ou à un autre à peu près tous les groupes indés des 15 dernières années. C'est à la fois une qualité (diversité, bonnes influences, toussah) et un défaut (manque d'originalité, seconde division, toussah) mais ça reste un disque où aucun morceau n'est à jeter et que l'on peut écouter quatre ou cinq fois d'affilée sans se lasser, ce qui est déjà beaucoup. J'ai beaucoup lu à l'époque de sa sortie que cet album était une catastrophe et que le groupe y avait atteint le nadir de son inspiration. Je ne suis pas sûr de comprendre d'où vient cette condamnation presque unanime. Dans son genre, il me semble franchement réussi.
- Liens : Site officiel, Myspace (notez les styles proposés)
- A écouter : Naked Sun (video), Wasted State of Mind (mp3)
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Stuart A. Staples - Leaving Songs (Beggars Banquet)
Jusqu'à présent, la séparation des Tindersticks avait laissé un vide que rien ne semblait pouvoir combler, et surtout pas le premier album solo de Stuart Staples, qui ne parvenait jamais à dépasser le stade du "simplement plaisant". Les choses pourraient peut-être changer avec cet album qui me semble être sensiblement meilleur, renouant en partie avec les sonorités luxuriantes du groupe (la pochette crédite tout de même 17 musiciens, dont certains étaient d'ailleurs déjà membres des Tindersticks, David Boulter en tête). Une chanson comme Already Gone par exemple, avec son orgue et ses cuivres aurait tout à fait eu sa place sur les grands albums des Tindersticks. Goodbye to Old Friends et That Leaving Feeling sont deux autres belles surprises. Cet album prouve que Stuart Staples n'a pas perdu son inspiration. Dommage donc qu'il retombe parfois dans les petits travers de son premier album, notamment dans les morceaux les plus calmes, c'est-à-dire ceux qui s'éloignent le plus de l'art de la tension qui faisait pour moi tout le prix de la musique du groupe (voir par exemple Pulling Into The Sea, qui conclut l'album). Pour ceux qui aiment les références improbables, j'ajouterai juste que l'on trouve sur l'album un duo avec Maria McKee (la même, je suppose, que celle qui chantait Show Me Heaven pendant que Tom Cruise faisait vroum vroum. Voir aussi ici) et un hommage, volontaire ou non à Auberge de Chris Rea sur l'intro de Which way the wind.
- Liens : Site officiel
- A écouter : That leaving feeling (mp3)
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Morrissey - Ringleader of the termentors (Attack/Sanctuary)
Je n'ai véritablement découvert Morrissey qu'avec You Are The Quarry. J'aime beaucoup ce que je connais des Smiths mais n'ai jamais jugé nécessaire d'en connaître plus et ai sans remords fait l'impasse sur les quinze ans de carrière solo qui ont suivi. Connaissant mal sa vie et son oeuvre, je regarde le mythe qui entoure Morrissey de l'extérieur et n'ai pour me faire une opinion globale sur le personnage que ces deux albums. Je risquais donc de tomber dans le crime de lèse-majesté ou bien de porter aux nues des oeuvrettes crépusculaires n'arrivant pas à la cheville de ses grandes oeuvres passées, pièges dans lequel mon opinion plutôt tiède et incertaine m'empêche heureusement de tomber. La première chose qui frappe en écoutant l'album est la production, franchement somptueuse (avec des vrais morceaux d'Ennio Morricone dedans), notamment sur Life is A Pigsty. En fait, la première moitié de l'album me plaît beaucoup, la sauvagerie d'I will see you in far off-places laissant la place au lyrisme de Dear God Please Help Me, le tout teinté par la préciosité naturelle de la voix de Morrissey. Malheureusement, les choses se gâtent un peu par la suite avec une deuxième moitié d'album riche en guitares et sans grand intérêt.... et j'ai un peu de mal à en dire plus. Je trouve l'album dans l'ensemble un peu moins bon que You Are The Quarry mais y vois néanmoins une raison supplémentaire d'un jour me pencher plus sérieusement sur son oeuvre (d'autant que bon...qui d'autre que Morrissey partage avec les Pet Shop Boys le fait d'avoir collaboré avec Johnny Marr et Ennio Morricone, hein ?). J'aime aussi le fait que le CD soit entièrement noir (et ne suis d'ailleurs pas sûr de comprendre comment il peut encore être lu optiquement, mais bon, je suis une bille en technique)
- Liens : Site officiel
- A écouter : You have killed me (mp3)
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2 commentaires:

dragibus a dit…

Effectivement Trail Of Dead sera (en tout cas chez nous aussi vu la seule date FR de leur tournée automnale) un groupe d'outsiders, de loosers (comme dEUS), qui font une musique tres facile d'accès, vendable à souhait, merveilleuse mais qui mystérieusement restera dans l'ombre
Toujours ...

lyle a dit…

Personnellement je déteste ce Morrissey, le pire disque qu'il ait jamais sorti...