Ma chronique est en anglais car je l'ai écrite pour le forum anglophone dédié aux PSB et j'ai la flemme de la traduire en français pour la poster ici. De toutes façons, je soupçonne que la majorité des gens qui lisent ce blog ont une bonne connaissance de l'anglais, donc ça ne devrait pas poser trop de problèmes.
Musically speaking, it is probably the best show of them I've ever seen (and I saw quite a few, starting with the Nightlife tour).
- No interval to dampen the mood, which means an almost continuous mix (there is I think only one very short interruption).
- A very clever use of mash-ups to keep the spectator guessing about what will come next (although it will probably appeal more to the die-hard fans than to the casual fans, who might find it a bit tedious). It also means that most of the songs are played in never-heard-before remix versions. I hope there will be a at some point a live DVD or CD of this tour, so we can actually hear the finer details of the mix, because I probably missed loads of allusions to songs. We apparently heard bits of So Hard or What Have I done?, which totally escaped me.
- A grandiose set-list, which strays away from what they used to do in recent years (Go West and Always On My Mind sung in the first half for instance). In the middle of the show there is a downtempo section that is just to die for (Do I have to, King's Cross, Jealousy, The Way It Used To Be). It gave me goosebumps.
- My only small disappointment is that they totally left recent albums out of the setlist (there should have been a place for Minimal, Integral or Luna Park, as they would have been perfect for the mood of the show). I actually wonder how much of an input Stuart Price had in the setlist. If he had a real influence on the choices made, it could explain why the setlist is so heavily based on the first four albums.
- The Coldplay cover was totally unnecessary, but it might be the closest I ever get to my dream collaboration between the PSB and Brian Eno, so I won't hold too much of a grudge.
- As for external problems not directly related to the band, I thought the soundsystem was not very good and lacked loudness. At times I had to really pay attention to hear the music or Neil's vocals (which may or may not be partly pre-recorded).
Visually, it was a strange mix of DIY stage props (cardboard boxes as far as eyes can see), vintage visual effects (the huge pixels in some projections) and fancy light shows. I was a bit surprised to see they had kept the idea of basing the scenography on cubes. There is even more cubes here than on Cubism.
The choreography was not outstanding but it allowed me to keep focused on the music, which is always nice, especially when I see the show for the first time.
Set list :
Heart / More Than A Dream (reprise)
Did You See Me Coming?
Pandemonium / Can You Forgive Her?
Love Comes Quickly
Love etc.
Building a wall (reprise) / Integral (reprise)
Go West
Two Divided By Zero
Why Don't We Live Together?
Always On My Mind
Left To My Own Devices / Closer To Heaven
Do I Have To
King's Cross
The Way It Used To Be
Jealousy
Suburbia
All Over The World
Se A Vida E
Viva La Vida / Domino Dancing (reprise)
It's A Sin
-----------------
Being Boring
West End Girls
dimanche, juillet 12
Signes de vie.
Pour la première fois depuis au moins deux ans, j'ai quatre concerts prévus dans les mois qui viennent ; le samedi du festival de Dour, le vendredi du Pukkelpop, le concert de Patriiick Wolf en octobre au Botanique et le concert de The Big Pink en novembre à l'AB (bien que je n'ai pas la moindre idée de ce que leur musique peut donner en concert).
Sinon, je profite d'une semaine de travail à domicile pour écouter de très vieux mp3 téléchargés il y a quatre ou cinq ans et jamais écoutés depuis. Par bien des points, cette occupation se rapproche de l'archéologie. Ainsi, je suis franchement troublé de constater que, il y a quelques années, je pensais sincèrement que la musique de Merzbow pourrait me plaire et que je me devais donc d'en écouter, ou bien de retomber sur des noms qu étaient omniprésents dans les blogs et/ou la presse musicale à l'époque et qui ont depuis presque complètement disparu de la circulation : The Concretes, Lali Puna, Sufjan Stevens (qu'est-ce qu'il devient, lui ?), The Boredoms, Le Tigre, The Postal Service, Gravenhurst, etc...
Je suis aussi tombé sur deux compilations offertes par la Blogothèque à ses débuts, notamment un mix de Noël qui était dans l'ensemble assez formidable.
Sinon, je profite d'une semaine de travail à domicile pour écouter de très vieux mp3 téléchargés il y a quatre ou cinq ans et jamais écoutés depuis. Par bien des points, cette occupation se rapproche de l'archéologie. Ainsi, je suis franchement troublé de constater que, il y a quelques années, je pensais sincèrement que la musique de Merzbow pourrait me plaire et que je me devais donc d'en écouter, ou bien de retomber sur des noms qu étaient omniprésents dans les blogs et/ou la presse musicale à l'époque et qui ont depuis presque complètement disparu de la circulation : The Concretes, Lali Puna, Sufjan Stevens (qu'est-ce qu'il devient, lui ?), The Boredoms, Le Tigre, The Postal Service, Gravenhurst, etc...
Je suis aussi tombé sur deux compilations offertes par la Blogothèque à ses débuts, notamment un mix de Noël qui était dans l'ensemble assez formidable.
vendredi, juin 26
Michael Jackson RIP
Personne ne peut dénier l'énorme rôle qu'il a joué dans l'histoire de la musique américaine de la fin du XXème siècle, autant d'un point de vue artistique que d'un point de vue économique ou socio-politique. On l'a sans doute un peu oublié ces dernière années, depuis la sortie de Dangerous (son dernier album pas complètement raté), quand sa vie s'est transformée en une triste suite de procès (sur lesquels je m'interdis d'avoir la moindre opinion).
Cela dit, bien que j'aime beaucoup quelques chansons comme Beat It, Dirty Diana ou (plus perversement) Heal The World, je ne suis sans doute pas la personne la plus indiquée pour lui rendre un hommage vibrant car sa musique est issue d'un genre qui me laisse indifférent (la soul) et qu'il n'a donc commencé à m'intéresser qu'avec Thriller (j'avais 9 ans), quand il a abandonné la soul pour un style plus ouvertement pop. En conséquence, Michael Jackson n'a jamais fait partie de mon panthéon artistique personnel. Je ne vais donc pas en dire plus ici, laissant le soin aux vrais fanss de lui rendre l'hommage qu'il mérite.
Je me contenterai donc de poster la vidéo de la chanson de lui que je préfère
et cette vidéo, qui reste à ce jour le clip le plus mégalomane jamais produit :
Cela dit, bien que j'aime beaucoup quelques chansons comme Beat It, Dirty Diana ou (plus perversement) Heal The World, je ne suis sans doute pas la personne la plus indiquée pour lui rendre un hommage vibrant car sa musique est issue d'un genre qui me laisse indifférent (la soul) et qu'il n'a donc commencé à m'intéresser qu'avec Thriller (j'avais 9 ans), quand il a abandonné la soul pour un style plus ouvertement pop. En conséquence, Michael Jackson n'a jamais fait partie de mon panthéon artistique personnel. Je ne vais donc pas en dire plus ici, laissant le soin aux vrais fanss de lui rendre l'hommage qu'il mérite.
Je me contenterai donc de poster la vidéo de la chanson de lui que je préfère
et cette vidéo, qui reste à ce jour le clip le plus mégalomane jamais produit :
jeudi, juin 25
Steven Wells RIP

(source : IPC Media)
Je sors de ma léthargie pour signaler aux anciens (ou actuels) lecteurs du NME que l'un de leurs journalistes vedettes des années 90 est mort avant-hier aux Etat-Unis.
A l'époque, dans un NME tout entier dévoué à la gloire de la Britpop, il était toujours là pour faire entendre un autre son de cloche, que ce soit en remettant à sa place la mystique du groupe indie comme seul dépositaire de l'Intégrité Artistique, ou en se prenant de passion pour des groupes aussi différents que Atari Teenage Riot ou Daphné & Celeste (youtube est votre ami). Il formait un peu pour moi avec John Peel une sorte de modèle du journaliste rock anglais curieux de tout et libre de tout dogmatisme. Accessoirement, c'est le seul journaliste du NME dont j'ai jamais découpé les articles juste par ce qu'ils étaient de lui, bien que le sujet ne m'intéressait guère.
En guise d'hommage, et faute d'articles plus consistants sur le Web, un lien vers une chronique qui m'avait beaucoup marqué à l'époque (1999).
Plus d'infos ici, là, là ou là.
samedi, mai 30
Qui c'est ?
samedi, mai 23
La fille et le robot
A ma gauche : Royksopp, duo norvégien surestimé jusqu'à l'hystérie il y a quelques années par des journalistes qui n'y connaissaient rien en électro et se sentaient pourtant obligés de prendre le train en marche. Je les ai toujours trouvés insipides sur disque (à part pour cinq secondes de Poor Leno) et insupportables sur scène. J'étais loin de penser qu'ils pourraient un jour faire quoi que ce soit qui me plaise vraiment.
A ma droite, ceci :
Au milieu : moi qui ne sais comment réconcilier ma gauche et ma droite.
Pour éviter l'implosion cérébrale, on dira que c'est l'effet Robyn. Après tout, peut-être que Kleerup aussi, c'est un charlot de première qui ne fera plus jamais rien de bon. Qui sait ?
A ma droite, ceci :
Au milieu : moi qui ne sais comment réconcilier ma gauche et ma droite.
Pour éviter l'implosion cérébrale, on dira que c'est l'effet Robyn. Après tout, peut-être que Kleerup aussi, c'est un charlot de première qui ne fera plus jamais rien de bon. Qui sait ?
samedi, mai 9
Jimmy, va ta rhabiller
Bon, je me passerais volontiers de l'intro télé-réalité à la con, mais attendez le moment où il se met à chanter, juste pour rire.
lundi, avril 13
The Bachelor
Allez ici pour vous faire une idée du nouvel album de Patrick Wolf.
A suivre durant la semaine : un billet sur les joies du shopping dans les boutiques de CD d'occasion à Londres.
A suivre durant la semaine : un billet sur les joies du shopping dans les boutiques de CD d'occasion à Londres.
samedi, avril 4
Yes, Pet Shop Boys (III)
(suite de ce billet)
6 - More Than A Dream (9) : Je ne sais pas trop pourquoi j'aime autant cette chanson alors que le refrain sonne EXACTEMENT comme du Modern Talking (pour ceux d'entre vous qui se rappellent de ces sinistres pourvoyeurs de chansons en kit). Sans doute est-ce qu'il est ici amené par un préambule fait de scansions parlées "Live it", "Don't give it", qui fait que lorsque Neil part dans les aigus pour le refrain proprement dit, qui est tout aussi quelconque mélodiquement que ceux de Did you see me coming? ou All Over The World, c'est une sorte d'aboutissement. Ce refrain, je l'ai anticipé, attendu, espéré et quand il arrive enfin, je suis comprimé comme un ressort qui ne demanderait qu'à se détendre (loi de Hook ? comprenne qui pourra) dans une apothéose de sautillements-mains-en-l'air. Ce passage sera forcément un des sommets de leurs prochains concerts. Mieux encore, le dernier tiers de la chanson est absolument parfait (les "Aaaah" de 3:59 sont orgasmiques). Cette chanson ferait un formidable single, ce qui signifie forcément qu'ils ne la sortiront pas (ça fait 10 ans que les PSB ne savent plus choisir leurs singles). Accessoirement, c'est moi qui ai l'esprit mal tourné ou on peut vraiment interpéter sans trop de mal les paroles comme une ode au suicide ? (à écouter ici)
7 - Building A Wall (7.5) : Il s'agit sans doute pour moi du meilleur refrain de l'album, lente montée en parallèle de la voix et de l'accompagnement (harmonies montantes = effet euphorisant, c'est mathématique). Le reste de la chanson n'est pas forcément du même niveau. L'intro avec les quatre mots parlés fait ainsi tiquer pas mal de fans, mais elle ne me gêne pas vraiment. Pour moi, le principal problème ici est sans doute la manière dont les paroles sont plaquées sur la musique. Neil expérimente un peu en ceci qu'il tente de placer des paroles différentes sur le même refrain, et ça ne fonctionne pas. Alors que le refrain a manifestement été écrit pour coller à "I'm building a wall, a fine wall/ not so much to keep you out, more to keep me in", il sonne faux quand Neil tente de lui accoler les paroles "I'm losing my head/Well, why not?/More work for the undertaker/ Means there's less for me". De plus, ce sont des paroles indignes du meilleur parolier pop anglais. "Well, why not?", je vous jure. On dirait une parodie des Inconnus où un adolescent boutonneux rajoute des "Oh Oh" et des "Euh euh euh" pour avoir le bon nombre de pieds. Heureusement que Neil se rattrape sur la fin avec une sorte de mini-poème très prétentieux sur les horreurs de la guerre que Chris se fait un plaisir de torpiller d'un "Who do you think you are? Captain Britain?" goguenard. (à écouter ici)
8 - King of Rome (8) : La ballade Behaviour de l'album, qui rappelle beaucoup des chansons comme It's Only The Wind ou To Face The Truth, voire par instants Luna Park, typiquement le genre de chansons qu'ils sont les seuls à savoir faire. Tout dans cette chanson est ravissant. Des sons de corde du début (au synthé mais qu'importe) aux bongos qui la rythment tout le long, des interventions de trompette (au synthé mais qu'importe) aux longues notes tenues de Neil, tantôt montantes tantôt descendantes qui donnent l'impression d'être en train de se laisser bercer sur un matelas pneumatique par le clapotis des vagues. Et le tout se termine dans un brouillard indistinct, comme il se doit. Parfait. (à écouter ici)
9 - Pandemonium (8) : Le contraste ne pourrait pas être plus grand avec ce qui précède. Une rythmique martiale qui n'est pas sans rappeler le générique de Doctor Who, des ouh ouh ouh insouciants, une couplet torché en 15 secondes chrono pour laisser la place à un refrain qui associe l'efficacité brute de la Kalachnikov au manque de subtilité du bazooka (à moins que ce ne soit l'inverse). C'est la chanson la plus hi-NRG de l'album et elle est idéalement placée entre deux chansons calmes en fin de face B. Neil prétend que les paroles sont une satire de la folie médiatique ayant entouré Kate Moss et Pete Doherty. Je veux bien le croire mais bon, c'est très oblique et pas forcément très intéressant. (à écouter ici)
10 - The Way It Used To Be (10) : Une fois passé le premier sourire incrédule qui vient quand on reconnaît la progression harmonique des Valses de Vienne de François Feldman, on se retrouve emporté dans un tourbillon de 5 minutes, résolument mid-tempo (si, si, c'est possible, les tourbillons ne sont pas forcément rapides, il suffit pour mériter ce terme qu'ils vous emmènent inéluctablement en leur centre), sans couplets ou refrains récurrents. Les lignes mélodiques différentes s'enchaînent (l'influence sans doute de Xenomania, co-compositeur ici encore) dans une lente montée d'émotions contradictoires (nostalgie, colère rentrée, résignation) culminant dans une dernière phrase 'Sometimes I need to see the way it used to be' noyée sous la réverbération. Un chef-d'oeuvre et l'indiscutable sommet de l'album. Les trente secondes à partir de 3:07 sont à 2009 ce que la partie centrale de LoveStoned fut à 2007 : un moment de magie pure (à écouter ici)
11 - Legacy (9) : Pour clore leur album, ils ont choisi une chanson extrêmement bizarre, dans laquelle une mélodie insaisissable à base de quartes (expérimentale même si on en croit les commentaires de Neil et Chris) ploie sous la masse sonore sans cesse croissante d'un orchestre en crescendo continu, jusqu'à un étonnant intermède French Cancan (chanté en français), qui vient inopinément interrompre sa marche inéluctable, avant que le morceau ne reparte de plus belle pour finalement se dissiper sans réelle conclusion. Si cette dernière chanson de leur dernier album (en date) devait être la "legacy" des Pet Shop Boys en tant que groupe pop, elle serait courageuse et illustrerait parfaitement pourquoi je les aime tant (à écouter ici).
En conclusion, j'ai rarement vu un album aussi déséquilibré vers l'arrière. Toutes les meilleures chansons sont concentrées dans la seconde moitié. C'est franchement inhabituel. En général, les groupes font le contraire et rassemblent leur meilleures cartouches au début, histoire d'agripper l'attention de l'auditeur dès l'entame de l'album. Cela dit, pour avoir un peu fréquenté les forums de fans, peut-être le mystère n'est-il pas si grand. En effet, aussi incroyable que cela puisse paraître, un nombre non négligeable de fans préfèrent la première moitié de l'album. Peut-être ma manière d'appréhender la musique des Pet Shop Boys est-elle tout à fait minoritaire. En tout cas, l'album ne commence pour moi vraiment qu'à la plage 4, mais quand il commence, il devient franchement bon, même s'il reste sans doute un poil en-dessous de Fundamental, dont les paroles et les thèmes étaient plus intéressants et qui ne souffrait pas de ce trou noir de trois titres au début.
Pour informations, deux autre chansons sorties récemment méritent aussi qu'on s'y attarde.
This Used To Be The Future (9.5) : Un mélange détonant entre une de leurs meilleures B-side, The Sound Of The Atom Splitting, les rythmiques de Gary Numan, l'electro-body-music, la voix de Phil Oakey (The Human League) et le courant cyberpunk. Et oui, la chanson est aussi formidable que ce que cette description peut laisser penser.
Gin & Jag (9) : Une des deux faces B de Love Etc.. Une chanson hypnotique centré autour d'un refrain que l'on aurait du mal à qualifier autrement de geignard, tout en glissandos traînants, et des couplets en suspension. Une face B comme je les aime (à écouter ici).
6 - More Than A Dream (9) : Je ne sais pas trop pourquoi j'aime autant cette chanson alors que le refrain sonne EXACTEMENT comme du Modern Talking (pour ceux d'entre vous qui se rappellent de ces sinistres pourvoyeurs de chansons en kit). Sans doute est-ce qu'il est ici amené par un préambule fait de scansions parlées "Live it", "Don't give it", qui fait que lorsque Neil part dans les aigus pour le refrain proprement dit, qui est tout aussi quelconque mélodiquement que ceux de Did you see me coming? ou All Over The World, c'est une sorte d'aboutissement. Ce refrain, je l'ai anticipé, attendu, espéré et quand il arrive enfin, je suis comprimé comme un ressort qui ne demanderait qu'à se détendre (loi de Hook ? comprenne qui pourra) dans une apothéose de sautillements-mains-en-l'air. Ce passage sera forcément un des sommets de leurs prochains concerts. Mieux encore, le dernier tiers de la chanson est absolument parfait (les "Aaaah" de 3:59 sont orgasmiques). Cette chanson ferait un formidable single, ce qui signifie forcément qu'ils ne la sortiront pas (ça fait 10 ans que les PSB ne savent plus choisir leurs singles). Accessoirement, c'est moi qui ai l'esprit mal tourné ou on peut vraiment interpéter sans trop de mal les paroles comme une ode au suicide ? (à écouter ici)
7 - Building A Wall (7.5) : Il s'agit sans doute pour moi du meilleur refrain de l'album, lente montée en parallèle de la voix et de l'accompagnement (harmonies montantes = effet euphorisant, c'est mathématique). Le reste de la chanson n'est pas forcément du même niveau. L'intro avec les quatre mots parlés fait ainsi tiquer pas mal de fans, mais elle ne me gêne pas vraiment. Pour moi, le principal problème ici est sans doute la manière dont les paroles sont plaquées sur la musique. Neil expérimente un peu en ceci qu'il tente de placer des paroles différentes sur le même refrain, et ça ne fonctionne pas. Alors que le refrain a manifestement été écrit pour coller à "I'm building a wall, a fine wall/ not so much to keep you out, more to keep me in", il sonne faux quand Neil tente de lui accoler les paroles "I'm losing my head/Well, why not?/More work for the undertaker/ Means there's less for me". De plus, ce sont des paroles indignes du meilleur parolier pop anglais. "Well, why not?", je vous jure. On dirait une parodie des Inconnus où un adolescent boutonneux rajoute des "Oh Oh" et des "Euh euh euh" pour avoir le bon nombre de pieds. Heureusement que Neil se rattrape sur la fin avec une sorte de mini-poème très prétentieux sur les horreurs de la guerre que Chris se fait un plaisir de torpiller d'un "Who do you think you are? Captain Britain?" goguenard. (à écouter ici)
8 - King of Rome (8) : La ballade Behaviour de l'album, qui rappelle beaucoup des chansons comme It's Only The Wind ou To Face The Truth, voire par instants Luna Park, typiquement le genre de chansons qu'ils sont les seuls à savoir faire. Tout dans cette chanson est ravissant. Des sons de corde du début (au synthé mais qu'importe) aux bongos qui la rythment tout le long, des interventions de trompette (au synthé mais qu'importe) aux longues notes tenues de Neil, tantôt montantes tantôt descendantes qui donnent l'impression d'être en train de se laisser bercer sur un matelas pneumatique par le clapotis des vagues. Et le tout se termine dans un brouillard indistinct, comme il se doit. Parfait. (à écouter ici)
9 - Pandemonium (8) : Le contraste ne pourrait pas être plus grand avec ce qui précède. Une rythmique martiale qui n'est pas sans rappeler le générique de Doctor Who, des ouh ouh ouh insouciants, une couplet torché en 15 secondes chrono pour laisser la place à un refrain qui associe l'efficacité brute de la Kalachnikov au manque de subtilité du bazooka (à moins que ce ne soit l'inverse). C'est la chanson la plus hi-NRG de l'album et elle est idéalement placée entre deux chansons calmes en fin de face B. Neil prétend que les paroles sont une satire de la folie médiatique ayant entouré Kate Moss et Pete Doherty. Je veux bien le croire mais bon, c'est très oblique et pas forcément très intéressant. (à écouter ici)
10 - The Way It Used To Be (10) : Une fois passé le premier sourire incrédule qui vient quand on reconnaît la progression harmonique des Valses de Vienne de François Feldman, on se retrouve emporté dans un tourbillon de 5 minutes, résolument mid-tempo (si, si, c'est possible, les tourbillons ne sont pas forcément rapides, il suffit pour mériter ce terme qu'ils vous emmènent inéluctablement en leur centre), sans couplets ou refrains récurrents. Les lignes mélodiques différentes s'enchaînent (l'influence sans doute de Xenomania, co-compositeur ici encore) dans une lente montée d'émotions contradictoires (nostalgie, colère rentrée, résignation) culminant dans une dernière phrase 'Sometimes I need to see the way it used to be' noyée sous la réverbération. Un chef-d'oeuvre et l'indiscutable sommet de l'album. Les trente secondes à partir de 3:07 sont à 2009 ce que la partie centrale de LoveStoned fut à 2007 : un moment de magie pure (à écouter ici)
11 - Legacy (9) : Pour clore leur album, ils ont choisi une chanson extrêmement bizarre, dans laquelle une mélodie insaisissable à base de quartes (expérimentale même si on en croit les commentaires de Neil et Chris) ploie sous la masse sonore sans cesse croissante d'un orchestre en crescendo continu, jusqu'à un étonnant intermède French Cancan (chanté en français), qui vient inopinément interrompre sa marche inéluctable, avant que le morceau ne reparte de plus belle pour finalement se dissiper sans réelle conclusion. Si cette dernière chanson de leur dernier album (en date) devait être la "legacy" des Pet Shop Boys en tant que groupe pop, elle serait courageuse et illustrerait parfaitement pourquoi je les aime tant (à écouter ici).
En conclusion, j'ai rarement vu un album aussi déséquilibré vers l'arrière. Toutes les meilleures chansons sont concentrées dans la seconde moitié. C'est franchement inhabituel. En général, les groupes font le contraire et rassemblent leur meilleures cartouches au début, histoire d'agripper l'attention de l'auditeur dès l'entame de l'album. Cela dit, pour avoir un peu fréquenté les forums de fans, peut-être le mystère n'est-il pas si grand. En effet, aussi incroyable que cela puisse paraître, un nombre non négligeable de fans préfèrent la première moitié de l'album. Peut-être ma manière d'appréhender la musique des Pet Shop Boys est-elle tout à fait minoritaire. En tout cas, l'album ne commence pour moi vraiment qu'à la plage 4, mais quand il commence, il devient franchement bon, même s'il reste sans doute un poil en-dessous de Fundamental, dont les paroles et les thèmes étaient plus intéressants et qui ne souffrait pas de ce trou noir de trois titres au début.
Pour informations, deux autre chansons sorties récemment méritent aussi qu'on s'y attarde.
This Used To Be The Future (9.5) : Un mélange détonant entre une de leurs meilleures B-side, The Sound Of The Atom Splitting, les rythmiques de Gary Numan, l'electro-body-music, la voix de Phil Oakey (The Human League) et le courant cyberpunk. Et oui, la chanson est aussi formidable que ce que cette description peut laisser penser.
Gin & Jag (9) : Une des deux faces B de Love Etc.. Une chanson hypnotique centré autour d'un refrain que l'on aurait du mal à qualifier autrement de geignard, tout en glissandos traînants, et des couplets en suspension. Une face B comme je les aime (à écouter ici).
Yes, Pet Shop Boys (II)
(début du billet ici)
Dans les interviews ayant entouré la sortie de l'album, Neil et Chris prétendent avoir eu l'idée de demander au collectif Xenomania de produire leur album après s'être rendu compte qu'ils avaient écrit des chansons essentiellement pop et joyeuses, qui leur semblaient correspondre au profil des producteurs attitrés de Girls Aloud (et dans une moindre mesure de Rachel Stevens). On peut se demander si ce n'est pas plutôt le contraire qui s'est produit, le groupe ayant eu dans l'idée de créer leur album en collaboration avec Xenomania et ayant plus ou moins consciemment canalisé leur inspiration dans cette direction. Quoi qu'il en soit, cette collaboration entre l'usine à hits réunie autour de Brian Higgins et les princes consorts de la synth-pop eighties avait de quoi faire saliver. Quand en plus, les rumeurs ont commencé à circuler sur une participation de Johnny Marr (The Smiths), à la guitare et à l'harmonica (Bob Dylan alert!), d'Owen Pallett (Final Fantasy, Arcade Fire) et de Fred Falke (fourré dans la plupart des mauvais coups liés à la "French(-touch) connection"), l'excitation parmi les fans s'est fait palpable. L'heure est venue de voir si le résultat est à la hauteur des attentes. De ce point de vue, la première moitié de l'album n'est pas très encourageante.
1 - Love Etc. (8) : Les rumeurs ayant précédé la sortie de ce premier single prétendaient que cette chanson ne ressemblait à rien de ce que les PSB avaient pu faire auparavant. Avec le recul, ce n'est pas tout à fait vrai. Certes, le titre est co-écrit par Xenomania (le riff de synthés en fond sonore serait d'eux) et les choeurs mi-chantés mi-criés semblent à première écoute un peu incongrus, mais très vite, on retombe en terrain connu, cette construction basée sur l'alternance couplet-refrain interrompue par un middle-8 est typique des PSB et les paroles de vieux sage revenu de tout expliquant qu'il ne faut pas être riche pour connaître l'amour sont Tennantissimes. Incidemment, la chanson contient une des meilleures paroles de l'album "Too much of anything is never enough / Too much of everything is never enough". En fait, cette chanson me rappelle The Only One, que tout le monde détestait mais qui pour moi n'était pas loin d'être la meilleure chanson de Nightlife. (Vidéo ici)
2 - All Over The World (6) : Pressentie pour être le deuxième single, cette chanson a pour moi deux gros défauts : tout d'abord, la citation très plan-plan de Casse-Noisette, qui alourdit inutilement les premières secondes avant de revenir par deux fois piétiner le mix de ses gros sabots balourds (quitte à citer du classique, autant le faire avec une mélodie qui en vaille la peine, cfr Gainsbourg, qui faisait ça très bien) et le refrain un peu trop mécaniquement joyeux pour moi. Je ne sais trop pourquoi le 'This is a song' ouvrant le refrain sonne forcé à mes oreilles, comme si Neil le chantait sans y croire, s'excusant discrètement de se compromettre une envolée lyrique aussi clichetonneuse. C'est dommage parce que, par ailleurs, je trouve les couplets (surtout le passage vers 1:30) franchement plaisants (à écouter ici).
3 - Beautiful People (5) : Les journalistes présentent souvent cette chanson comme une tentative de pastiche de la pop 60s et je ne suis pas sûr de comprendre pourquoi, à part peut-être pour les percussions, qui semblent tout droit sortir d'une chanson des Supremes. En fait, si pastiche il y a, il s'agit d'un pastiche de I Get Along, leur pastiche d'Oasis, qui est déjà au départ un tribute-band pasticheur des Beatles. De pastiche en pastiche, l'influence 60s s'est sensiblement diluée et les arrangements de cordes d'Owen Pallett ou l'harmonica de Johnny Marr n'y changent malheureusement rien. Je crois que des plus de 200 (300 ?) chansons écrites par les PSB, il n'y en a pas trois qui ont un refrain aussi nul et non-avenu que celle-ci. Malgré une intro qui fait illusion et un premier couplet qui ne laisse pas vraiment prévoir la désillusion du refrain, on peut sans exagérer affirmer qu'il s'agit de la pire chanson de l'album, et le fait qu'elle ait été écrite dans un premier temps pour servir de bande-son à une des plus mauvaises sitcoms produites par la BBC n'arrange rien (à écouter ici).
4 - Did you see me coming? (6.5) : Une intro de guitare, vraiment ? Pendant 7 secondes, on aurait pu se croire chez Suede ou les Smiths (Johnny Marr toujours), mais bon, très vite, la rythmique synthétique entre en jeu et on revient en terrain connu. Malheureusement, ici aussi, j'ai du mal à me faire à ce refrain faussement enjoué, qui me rappelle cette pop scandinave (de BWO à Alcazar disons), agréable à petites doses, mais qui révèle très rapidement l'étroitesse de son inspiration (la disco et la pop de supermarché de Stock-Aitken-Waterman). Je peux avoir dit du bien de Bodies Without Organs dans le passé, mais il n'en reste pas moins que j'attends plus du (deuxième) meilleur groupe du monde que cette ritournelle en plastique qui tourne à vide. Pour être honnête, je dois en revanche avouer que j'ai un faible très prononcé pour les mélismes de synthés à 2:30 (à écouter ici).
Bon, pourriez-vous vous me dire, on a déjà dépassé le tiers de l'album et la moyenne des notes que tu donnes aux chansons n'atteint même pas 7/10. Qu'est ce qu'il t'arrive ? Tu t'es enfin rendu compte qu'ils étaient nuls ? Ca y est ? On peut sabler le champagne ? Tu t'es enfin débarrassé de cette admiration aveugle pour tes héros d'enfance ? Tu vas pouvoir t'intéresser à des musiques qui en valent vraiment la peine ? Le jazz kabyle, la no-wave japonaise, le death-metal norvégien, la scène anti-folk de Portland, la country sépulcrale californienne, et toutes ces choses que, enfermé dans un passé révolu, tu ne prenais pas le temps de connaître ?
Et bien, non, ne vous réjouissez pas trop vite, car c'est ici que les choses sérieuses commencent vraiment.
5 - Vulnerable (8.5) : Je n'aime rien tant que de voir une pop-song fonctionner à plein alors que, sur le papier, les prémisses en semblaient intenables. Quatre refrains identiques et trois couplets quasiment interchangeables, sans temps mort ni intermède instrumental. En quatre minutes quarante, Neil ne s'arrête pour ainsi dire pas de chanter. Cette chanson devrait a priori être une scie et sembler insupportable dès la troisième écoute. Et pourtant, c'est sans dout la chanson dont je me lasse le moins. Les mélodies des couplets et des refrains sont addictives, Neil y alterne avec bonheur entre son registre aigu et son registre grave et les petites ponctuations de guitare espagnole ne sont pas loin d'être géniales. J'ai écouté attentivement la chanson au casque pour tenter de percevoir ce qui me plaisiait tant, et je crois que la rythmique imperturbable en fond sonore, littéralement "relentless" dans sa marche en avant et qui empêche la chanson de se déliter par excès de répétition, explique sans doute en grande partie pourquoi cela fonctionne. Et puis, Vulnerable est mot si typiquement Petshopboysien. A première vue, il a l'air tout misérable, encombré de toutes ces lettres qui se prononcent à peine. Pourtant, lorsqu'il se retrouve ainsi propulsé au coeur d'une chanson, répété une dizaine de fois tout entouré de son écrin sonore, il en devient presque triomphal. (A ecouter ici).
(la suite ici)
Dans les interviews ayant entouré la sortie de l'album, Neil et Chris prétendent avoir eu l'idée de demander au collectif Xenomania de produire leur album après s'être rendu compte qu'ils avaient écrit des chansons essentiellement pop et joyeuses, qui leur semblaient correspondre au profil des producteurs attitrés de Girls Aloud (et dans une moindre mesure de Rachel Stevens). On peut se demander si ce n'est pas plutôt le contraire qui s'est produit, le groupe ayant eu dans l'idée de créer leur album en collaboration avec Xenomania et ayant plus ou moins consciemment canalisé leur inspiration dans cette direction. Quoi qu'il en soit, cette collaboration entre l'usine à hits réunie autour de Brian Higgins et les princes consorts de la synth-pop eighties avait de quoi faire saliver. Quand en plus, les rumeurs ont commencé à circuler sur une participation de Johnny Marr (The Smiths), à la guitare et à l'harmonica (Bob Dylan alert!), d'Owen Pallett (Final Fantasy, Arcade Fire) et de Fred Falke (fourré dans la plupart des mauvais coups liés à la "French(-touch) connection"), l'excitation parmi les fans s'est fait palpable. L'heure est venue de voir si le résultat est à la hauteur des attentes. De ce point de vue, la première moitié de l'album n'est pas très encourageante.
1 - Love Etc. (8) : Les rumeurs ayant précédé la sortie de ce premier single prétendaient que cette chanson ne ressemblait à rien de ce que les PSB avaient pu faire auparavant. Avec le recul, ce n'est pas tout à fait vrai. Certes, le titre est co-écrit par Xenomania (le riff de synthés en fond sonore serait d'eux) et les choeurs mi-chantés mi-criés semblent à première écoute un peu incongrus, mais très vite, on retombe en terrain connu, cette construction basée sur l'alternance couplet-refrain interrompue par un middle-8 est typique des PSB et les paroles de vieux sage revenu de tout expliquant qu'il ne faut pas être riche pour connaître l'amour sont Tennantissimes. Incidemment, la chanson contient une des meilleures paroles de l'album "Too much of anything is never enough / Too much of everything is never enough". En fait, cette chanson me rappelle The Only One, que tout le monde détestait mais qui pour moi n'était pas loin d'être la meilleure chanson de Nightlife. (Vidéo ici)
2 - All Over The World (6) : Pressentie pour être le deuxième single, cette chanson a pour moi deux gros défauts : tout d'abord, la citation très plan-plan de Casse-Noisette, qui alourdit inutilement les premières secondes avant de revenir par deux fois piétiner le mix de ses gros sabots balourds (quitte à citer du classique, autant le faire avec une mélodie qui en vaille la peine, cfr Gainsbourg, qui faisait ça très bien) et le refrain un peu trop mécaniquement joyeux pour moi. Je ne sais trop pourquoi le 'This is a song' ouvrant le refrain sonne forcé à mes oreilles, comme si Neil le chantait sans y croire, s'excusant discrètement de se compromettre une envolée lyrique aussi clichetonneuse. C'est dommage parce que, par ailleurs, je trouve les couplets (surtout le passage vers 1:30) franchement plaisants (à écouter ici).
3 - Beautiful People (5) : Les journalistes présentent souvent cette chanson comme une tentative de pastiche de la pop 60s et je ne suis pas sûr de comprendre pourquoi, à part peut-être pour les percussions, qui semblent tout droit sortir d'une chanson des Supremes. En fait, si pastiche il y a, il s'agit d'un pastiche de I Get Along, leur pastiche d'Oasis, qui est déjà au départ un tribute-band pasticheur des Beatles. De pastiche en pastiche, l'influence 60s s'est sensiblement diluée et les arrangements de cordes d'Owen Pallett ou l'harmonica de Johnny Marr n'y changent malheureusement rien. Je crois que des plus de 200 (300 ?) chansons écrites par les PSB, il n'y en a pas trois qui ont un refrain aussi nul et non-avenu que celle-ci. Malgré une intro qui fait illusion et un premier couplet qui ne laisse pas vraiment prévoir la désillusion du refrain, on peut sans exagérer affirmer qu'il s'agit de la pire chanson de l'album, et le fait qu'elle ait été écrite dans un premier temps pour servir de bande-son à une des plus mauvaises sitcoms produites par la BBC n'arrange rien (à écouter ici).
4 - Did you see me coming? (6.5) : Une intro de guitare, vraiment ? Pendant 7 secondes, on aurait pu se croire chez Suede ou les Smiths (Johnny Marr toujours), mais bon, très vite, la rythmique synthétique entre en jeu et on revient en terrain connu. Malheureusement, ici aussi, j'ai du mal à me faire à ce refrain faussement enjoué, qui me rappelle cette pop scandinave (de BWO à Alcazar disons), agréable à petites doses, mais qui révèle très rapidement l'étroitesse de son inspiration (la disco et la pop de supermarché de Stock-Aitken-Waterman). Je peux avoir dit du bien de Bodies Without Organs dans le passé, mais il n'en reste pas moins que j'attends plus du (deuxième) meilleur groupe du monde que cette ritournelle en plastique qui tourne à vide. Pour être honnête, je dois en revanche avouer que j'ai un faible très prononcé pour les mélismes de synthés à 2:30 (à écouter ici).
Bon, pourriez-vous vous me dire, on a déjà dépassé le tiers de l'album et la moyenne des notes que tu donnes aux chansons n'atteint même pas 7/10. Qu'est ce qu'il t'arrive ? Tu t'es enfin rendu compte qu'ils étaient nuls ? Ca y est ? On peut sabler le champagne ? Tu t'es enfin débarrassé de cette admiration aveugle pour tes héros d'enfance ? Tu vas pouvoir t'intéresser à des musiques qui en valent vraiment la peine ? Le jazz kabyle, la no-wave japonaise, le death-metal norvégien, la scène anti-folk de Portland, la country sépulcrale californienne, et toutes ces choses que, enfermé dans un passé révolu, tu ne prenais pas le temps de connaître ?
Et bien, non, ne vous réjouissez pas trop vite, car c'est ici que les choses sérieuses commencent vraiment.
5 - Vulnerable (8.5) : Je n'aime rien tant que de voir une pop-song fonctionner à plein alors que, sur le papier, les prémisses en semblaient intenables. Quatre refrains identiques et trois couplets quasiment interchangeables, sans temps mort ni intermède instrumental. En quatre minutes quarante, Neil ne s'arrête pour ainsi dire pas de chanter. Cette chanson devrait a priori être une scie et sembler insupportable dès la troisième écoute. Et pourtant, c'est sans dout la chanson dont je me lasse le moins. Les mélodies des couplets et des refrains sont addictives, Neil y alterne avec bonheur entre son registre aigu et son registre grave et les petites ponctuations de guitare espagnole ne sont pas loin d'être géniales. J'ai écouté attentivement la chanson au casque pour tenter de percevoir ce qui me plaisiait tant, et je crois que la rythmique imperturbable en fond sonore, littéralement "relentless" dans sa marche en avant et qui empêche la chanson de se déliter par excès de répétition, explique sans doute en grande partie pourquoi cela fonctionne. Et puis, Vulnerable est mot si typiquement Petshopboysien. A première vue, il a l'air tout misérable, encombré de toutes ces lettres qui se prononcent à peine. Pourtant, lorsqu'il se retrouve ainsi propulsé au coeur d'une chanson, répété une dizaine de fois tout entouré de son écrin sonore, il en devient presque triomphal. (A ecouter ici).
(la suite ici)
dimanche, mars 29
Yes, Pet Shop Boys (I)
Plantons tout d'abord le décor : Neil Tennant et Chris Lowe, mieux connus sous le nom de Pet Shop Boys, deuxième meilleur groupe du monde à moi que j'ai, meilleur groupe du monde encore en activité, seuls rescapés (avec Depeche Mode sans doute) de la révolution synthétique du début des années 80, ayant survécu on ne sait trop comment la vague techno-house et (hard-)rock qui a dévasté le monde de la musique pop durant des années 90 de sinistre mémoire (les deux chansons-phares de cette période : Bryan Adams et Wet Wet Wet, tout est dit), laissant comme horizon insurpassable des hit-parades du monde entier les clônes tristes de la télé-réalité naissante, les resucées boum-boum de la dance bas-du-front, l'explosion d'un R'n'B temporairement (je l'espère) gangréné par un matérialisme triomphant et revanchard et, à l'autre extrémité du spectre, pléthore de groupes et d'individus cherchant désespérément à convaincre de leur importance en vantant l'authenticité de leur démarche, en se drapant dans leurs racines prolétaires et leur refus d'une facilité commerciale vécue comme un aveu de défaite face à la dictature d'un idéal artistique d'autant plus incontournable que personne ne peut vraiment en expliciter les contours (fichtre! Je me suis un peu laissé emporter là).
Cette traversée du désert de la pop, dans ce que ce mot a de plus noble, s'est aussi fait sentir pour les Pet Shop Boys. Leurs trois albums sortis entre 1996 et 2002 sont, avec le recul et à des degrés divers, des déceptions. J'y trouvais bien évidemment toujours sur le moment même de quoi m'enthousiasmer, je ne suis pas fan pour rien (voir mon avis sur le dernier, Release, ici). To Step Aside, Boy Strange, Love Is A Catastrophe par exemple font indéniablement partie de leurs meilleures chansons, mais le ciment qui permet parfois, on ne sait trop ni pourquoi ni comment, à une collection de chansons et à un visuel (costumes, pochettes, clips, etc.) d'entrer en résonance avec l'air du temps, de rétablir une connection intime et personalisée entre un groupe et le grand public, et de présenter un tout homogène s'insérant harmonieusement dans la chronologie d'une carrière, ce ciment faisait cruellement défaut. Ces albums semblaient faits de bric et de broc et manquer d'une idée directrice claire. Bien que je ne sois pas du genre à croire que le public ait toujours raison (il a même, il faut bien l'avouer, le plus souvent tort), force est de reconnaître que cette succession d'albums moyens a grandement contribué à faire rentrer les Pet Shop Boys dans un semi-anonymat. Leurs chiffres de vente n'étaient plus avec Release qu'un cinquième de ce qu'ils étaient à la fin des années 80 et majoritairement imputables à des fans de la première heure. Le grand public n'était tout simplement plus intéressé.
Bien que Fundamental (2006) (dont je parle ici) n'ait rien fait pour enrayer le déclin de leur succès commercial, il a au moins permis au groupe de renouer avec une certaine forme d'ambition dans l'écriture et une recherche d'unité de style sur la longueur d'un album qui faisait cruellement défaut sur les albums précédents. Ils avaient notamment décidé de faire appel à un producteur unique pour tout l'album : Trevor Horn, une des personnalités emblématiques de leur "imperial phase" (pour reprendre le terme consacré par lequel on désigne leur période de triomphe commercial entre 1986 et 1989).
Aujourd'hui, trois ans plus tard, tous les indicateurs extérieurs semblent être revenus au vert : la pop commerciale est plus populaire que jamais, Britney Spears est revenue au firmament de la pop mondiale et suscite des vocations (Lady Gaga ou Lykke Li pour ne citer qu'elles), The Killers et Muse ont semble-t-il convaincu même les lecteurs du NME les plus hardcore que les synthétiseurs n'étaient pas forcément une invention du diable. En Angleterre, Girls Aloud symbolise parfaitement ce renouveau de popularité de la pop décomplexée des années 80. Sensibles sans doute à ce nouvel air du temps, les membres de la British Phonographic Industry ont décerné le mois dernier aux Pet Shop Boys un "Brit Award for Outstanding Contribution to Music" (voir ici). Il restait donc au groupe lui-même à sortir un album susceptible de surfer sur cette vague et de leur faire récupérer leur place au firmament du pop-business. En ont-il été capables ? Vous le saurez dans le prochain billet ici.
Cette traversée du désert de la pop, dans ce que ce mot a de plus noble, s'est aussi fait sentir pour les Pet Shop Boys. Leurs trois albums sortis entre 1996 et 2002 sont, avec le recul et à des degrés divers, des déceptions. J'y trouvais bien évidemment toujours sur le moment même de quoi m'enthousiasmer, je ne suis pas fan pour rien (voir mon avis sur le dernier, Release, ici). To Step Aside, Boy Strange, Love Is A Catastrophe par exemple font indéniablement partie de leurs meilleures chansons, mais le ciment qui permet parfois, on ne sait trop ni pourquoi ni comment, à une collection de chansons et à un visuel (costumes, pochettes, clips, etc.) d'entrer en résonance avec l'air du temps, de rétablir une connection intime et personalisée entre un groupe et le grand public, et de présenter un tout homogène s'insérant harmonieusement dans la chronologie d'une carrière, ce ciment faisait cruellement défaut. Ces albums semblaient faits de bric et de broc et manquer d'une idée directrice claire. Bien que je ne sois pas du genre à croire que le public ait toujours raison (il a même, il faut bien l'avouer, le plus souvent tort), force est de reconnaître que cette succession d'albums moyens a grandement contribué à faire rentrer les Pet Shop Boys dans un semi-anonymat. Leurs chiffres de vente n'étaient plus avec Release qu'un cinquième de ce qu'ils étaient à la fin des années 80 et majoritairement imputables à des fans de la première heure. Le grand public n'était tout simplement plus intéressé.
Bien que Fundamental (2006) (dont je parle ici) n'ait rien fait pour enrayer le déclin de leur succès commercial, il a au moins permis au groupe de renouer avec une certaine forme d'ambition dans l'écriture et une recherche d'unité de style sur la longueur d'un album qui faisait cruellement défaut sur les albums précédents. Ils avaient notamment décidé de faire appel à un producteur unique pour tout l'album : Trevor Horn, une des personnalités emblématiques de leur "imperial phase" (pour reprendre le terme consacré par lequel on désigne leur période de triomphe commercial entre 1986 et 1989).
Aujourd'hui, trois ans plus tard, tous les indicateurs extérieurs semblent être revenus au vert : la pop commerciale est plus populaire que jamais, Britney Spears est revenue au firmament de la pop mondiale et suscite des vocations (Lady Gaga ou Lykke Li pour ne citer qu'elles), The Killers et Muse ont semble-t-il convaincu même les lecteurs du NME les plus hardcore que les synthétiseurs n'étaient pas forcément une invention du diable. En Angleterre, Girls Aloud symbolise parfaitement ce renouveau de popularité de la pop décomplexée des années 80. Sensibles sans doute à ce nouvel air du temps, les membres de la British Phonographic Industry ont décerné le mois dernier aux Pet Shop Boys un "Brit Award for Outstanding Contribution to Music" (voir ici). Il restait donc au groupe lui-même à sortir un album susceptible de surfer sur cette vague et de leur faire récupérer leur place au firmament du pop-business. En ont-il été capables ? Vous le saurez dans le prochain billet ici.
dimanche, mars 15
Pour ne pas rester sur une note triste
La nouvelle chanson postée hier par Patrick Wolf sur sa page Myspace (Vulture) me fait frémir de bonheur. Patrick avait promis un album électro-punk rentre-dedans et il tient promesse. Après la semi-déception de The Magic Position, ça fait du bien.
EDIT : Et la vidéo est...euh.... comment dire... disons que la vidéo EST, au sens philosophique du terme.
EDIT : Et la vidéo est...euh.... comment dire... disons que la vidéo EST, au sens philosophique du terme.
Alain Bashung est mort
Le morceau que je voulais n'est pas dispo sur Youtube. Je sacrifierai donc l'originalité pour l'évidence :
(il y a eu un bel (et court) hommage par Stuart Staples des Tindersticks sur Pitchfork il y a une dizaine de jours)
(il y a eu un bel (et court) hommage par Stuart Staples des Tindersticks sur Pitchfork il y a une dizaine de jours)
jeudi, mars 5
The Big Pink
Une fois les tchak-boom synthétiques des premières secondes passés, je me suis rendu compte que ce morceau me rappelait beaucoup le 4AD de la fin des années 80, plein de shoegazing et de choeurs éthérés. Ca faisait longtemps que je n'avais pas eu l'impression qu'une sortie 4AD n'était pas en décalage avec le style musical qui avait fait la réputation du label il y a une vingtaine d'années. Ma curiosité est définitivement éveillée.
et, pour la route, un autre morceau, qui semble ne pas devoir sortir sur 4AD, mais bon :
et, pour la route, un autre morceau, qui semble ne pas devoir sortir sur 4AD, mais bon :
lundi, mars 2
Vous voulez découvrir Philip Glass?
Une bonne introduction dans la première demi-heure de cette émission de Musiq'3, la radio classique de la RTBF.
samedi, février 28
Excès de testostérone
En faisant le bilan musical de ma journée, je me suis rendu compte avec stupéfaction que je n'ai écouté aujourd'hui que du Metallica, du AC/DC et du Oasis ?!?!? Je dois couver quelque chose, par exemple une maladie rare dont le premier symptôme serait un soudain déséquilibre hormonal, en espérant que demain, je ne me retrouve pas à chantonner du Bruce Springsteen avec une chemise à carreaux. Brrrrr.
PS : le nouveau single de U2 ne me semble pas ressembler à grand-chose. Brian Eno était-il parti en vacances quand ils l'ont enregistré ?
PS : le nouveau single de U2 ne me semble pas ressembler à grand-chose. Brian Eno était-il parti en vacances quand ils l'ont enregistré ?
mardi, février 24
Récapitulatif des derniers billets
- Bon, le Bat For Lashes sera définitivement incoutournable. La preuve, il y a Scott Walker qui chante dessus.
- Tinted Windows, avec des vrais morceaux de Hanson et Smasking Pumpkins sort du bois (mouaif).
- Love, etc...
(et merci à Stereogum, officiellement ma source n°1 d'informations ces dernières semaines)
- Tinted Windows, avec des vrais morceaux de Hanson et Smasking Pumpkins sort du bois (mouaif).
- Love, etc...
(et merci à Stereogum, officiellement ma source n°1 d'informations ces dernières semaines)
dimanche, février 22
La revanche des boy bands
(Notez l'absence de "'s" dans boy bands)
Mon adoration aveugle de tout ce qui touche à la pop m'a parfois amené à dire du bien de ce genre honni entre tous : la chanson de boy bands, qui, comme tous les genres, contient pourtant son lot de gemmes. Je me suis souvent senti très seul en Francophonie dans cette mini-croisade. Tous les arguments amenant de l'eau à mon moulin sont donc bons à prendre.
Je note donc avec un certain plaisir que le boy band est en train de retrouver une sorte de reconnaissance de la part de l'establishment pop-rock anglo-saxon. J'en veux pour preuve cette collaboration tout à fait premier degré entre Coldplay et Gary Barlow, chantant lors du concert War Child après la cérémonie des Brit Awards, ce qui est sans aucun doute la meilleure chanson du Take That première période, Back For Good. (je vous fais grâce du rappel, déjà largement commenté par ailleurs, avec Bono, Chris Martin et The Killers.)
Par ailleurs, James Iha, guitariste de la meilleure époque de Smashing Pumpkins et un membre de Fountains Of Wayne ont enregistré un album avec Taylor Hanson (oui, oui, celui de Mmmmbop et de Weird, une chanson que j'aime décidément beaucoup :
(sacré Gus Van Sant, j'ignorais qu'il avait été leur vidéaste)
Je ne manquerai pas de jeter une oreille sur la chose quand ça sortira.
Mon adoration aveugle de tout ce qui touche à la pop m'a parfois amené à dire du bien de ce genre honni entre tous : la chanson de boy bands, qui, comme tous les genres, contient pourtant son lot de gemmes. Je me suis souvent senti très seul en Francophonie dans cette mini-croisade. Tous les arguments amenant de l'eau à mon moulin sont donc bons à prendre.
Je note donc avec un certain plaisir que le boy band est en train de retrouver une sorte de reconnaissance de la part de l'establishment pop-rock anglo-saxon. J'en veux pour preuve cette collaboration tout à fait premier degré entre Coldplay et Gary Barlow, chantant lors du concert War Child après la cérémonie des Brit Awards, ce qui est sans aucun doute la meilleure chanson du Take That première période, Back For Good. (je vous fais grâce du rappel, déjà largement commenté par ailleurs, avec Bono, Chris Martin et The Killers.)
Par ailleurs, James Iha, guitariste de la meilleure époque de Smashing Pumpkins et un membre de Fountains Of Wayne ont enregistré un album avec Taylor Hanson (oui, oui, celui de Mmmmbop et de Weird, une chanson que j'aime décidément beaucoup :
(sacré Gus Van Sant, j'ignorais qu'il avait été leur vidéaste)
Je ne manquerai pas de jeter une oreille sur la chose quand ça sortira.
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