dimanche, janvier 9

Jelly J-Lo


Voici la pochette du nouvel album de Jennifer Lopez. Je ne sais pas vous, mais quand j'ai vu cette photo, ma première réaction fut de ne pas bien comprendre ce que je voyais et de tenter de me souvenir du fait divers tragique dans lequel elle avait perdu une jambe. Aucun accident de mobylette ou de moissonneuse-batteuse ne me revenant à la mémoire, j'y ai regardé de plus près (augmenter la luminosité de l'écran aide beaucoup) et j'ai fini par comprendre que la jambe manquante était bien là, quelque part entre son menton et sa main droite.

Rassuré sur son intégrité physique, je me suis alors inquiété de son bien-être : "Quel sadique, ce photographe, de lui faire prendre une telle position. Ca doit être terriblement inconfortable, non ?" Comme je ne recule devant aucun sacrifice pour vous apporter des informations vérifiées, je me suis donc assis par terre et ai tenté d'imiter sa position. Une question ("Le pied gauche, derrière ou devant la jambe droite ?") et quelques longs soupirs plus tard ("Fiou, on a plus quinze ans."), je peux affirmer que, oui, c'est TRES inconfortable, ce qui explique sans doute son sourire crispé.

Puis, soudainement, j'ai compris la raison d'être de cette position. C'est la seule qui permette de cadrer dans un seul cliché ses deux atouts principaux, c'est-à-dire son visage et le contour de son postérieur. Je tiens peut-être là une des raisons pour lesquelles ces positions de contorsionnistes moldaves, avec les jambes qui font des noeuds, sont devenues une sorte de nouveau standard de la photographie des stars. (Je ne vous cherche pas d'exemple. Vous n'avez qu'à feuilleter vos numéros de FHM.)

Cela étant dit, je ne doute pas que, pour une artiste telle que J-Lo, le choix de la pochette est un problème pris très au sérieux par les maisons de disques et que cette photo n'a été approuvée qu'après moults sondages. En conséquence, il est possible que mon ironie moqueuse soit une réaction minoritaire. Ce qui est en revanche certain, c'est que le single qui lance cet album, Get Right est assez mauvais et contient les cuivres les plus irritants depuis Underground. Ce ne sera une surprise que pour ceux qui ont déjà aimé une chanson de J-Lo. (Qu'ils se dénoncent.)

samedi, janvier 8

The Libertine

La vidéo du nouveau single de Patrick Wolf est visible sur playlouder.com, plus précisément ici.

Merci à Michael pour le lien.

vendredi, janvier 7

Les albums de 2004 (III)

Lisa Gerrard & Patrick Cassidy - Immortal memory (4AD)
Triste histoire que celle de Lisa Gerrard. Depuis la séparation de Dead Can Dance, elle s'est spécialisée dans les musiques de films, pour des résultats en général sympatoches, mais sans grand intérêt. C'est donc avec une énorme impatience que j'attendais de la voir revenir avec un véritable album. La déception fut à la hauteur de l'attente. En effet, l'album ressemble beaucoup à ses musiques de films. Elle semble y avoir délaissé l'expression pour l'illustration. Des chansons comme Cantara ou The Host of Seraphym inscrivaient immédiatement l'auditeur dans une autre dimension, le mettant en contact avec quelque chose qui le dépassait. Ecouter la musique de Dead Can Dance, surtout quand Lisa chantait, était une expérience de l'ordre de la transcendance, et c'est ce qui faisait sa force. A présent, elle ne semble plus capable que d'enrober quelques vagues notes tenues en soufflet par des nappes de cordes et de synthés. L'illustration la plus claire de ce qui a été perdu est sans doute le fait que rien dans cet album n'est chantable. J'ai passé des heures entières depuis 10 ans à chanter en voix de tête Sanvean, The Spider's stratagem, Yulunga ou Cantara dans le noir absolu. Je défie quiconque de faire de même sur ces chansons. Les lignes mélodiques sont trop inconsistantes. De plus, je regrette de voir l'éventail de ses inspirations se réduire à ce point. Là où Dead Can Dance allait puiser en Afrique, en Asie, en Europe et en Amérique du Sud les sources de leurs chansons, cet album semble se replier frileusement sur l'Occident, allant jusqu'à justifier pour la première fois cette appellation infâmante de "musique d'église" que j'ai souvent entendu accolée à la musique de DcD (voir le franchement pénible morceau en latin accompagné à l'orgue). On peut sans doute voir là une conséquence de l'embrigadement de Lisa Gerrard depuis quelques années dans les rangs des fondamentalistes chrétiens (elle rêvait de composer la musique de La Passion du Christ de Mel Gibson), et je ne suis pas sûr d'être prêt à le lui pardonner. Ceci dit, l'album a manifestement été un échec commercial et le mari de Lisa Gerrard a dans une interview blâmé 4AD qui aurait été une trop petite structure pour gérer l'immensité du talent de son épouse (je paraphrase, mais le sens y est). Il semblerait que la réunion de Dead Can Dance pour une tournée en 2005 indique qu'elle a fini par se rendre compte qu'elle avait peut-être aussi une part de responsabilité dans cet échec. J'espère que ce retour aux sources aux côtés de Brendan Perry la remettra sur de bons rails, mais je ne peux m'empêcher d'en douter.

Clinic - Winchester Cathedral (Domino)
J'ai toujours été bien embêté lorsque je devais décrire la musique de Clinic. A l'époque de Internal Wrangler, c'était plus simple. Il suffisait de dire qu'ils faisaient du Radiohead. Depuis, les choses sont moins claires. On pourrait dire qu'il s'agit d'un hybride situé à mi-chemin entre Sonic Youth et Piano Magic (mais "on" se ferait alors reprendre de volée par les fans des uns et des autres). En fait, si j'ai tant de mal à décrire ce qu'ils font, c'est sans doute parce que je ne sais pas exactement ce qui m'y plait. Peut-être est-ce cette capacité à créer des riffs entêtants (comment ne pas dodeliner de la tête en écoutant Country Mile par exemple), ou bien ces orchestrations luxuriantes où quelques instruments inattendus viennent parfois pointer leurs anches ? En tout cas, les musiciens de Clinic ont un son qu'ils ne partagent avec personne, et ce nouvel album est pour moi bien meilleur que Walking with thee, qui m'avait pas mal déçu à l'époque.

Elizabeth Anka Vajagic - Stand with the stillness of this day (Constellation)
Pour un disque Constellation, c'est étonnamment immédiat. Je n'irai sans doute pas jusqu'à parler de disque pop, mais c'est en tout cas un vrai disque de chansons, constitué essentiellement de complaintes larmoyantes qui, sans crier gare, peuvent bifurquer vers des Godspeederies langoureuses, comme sur la plage 6, And The Sky Lay Still, par exemple. Sa manière de chanter avec une voix de gorge grave (on pense un peu à Transmissionary Six ou à PJ Harvey par exemple) sans avoir peur des excès de pathos (dégueulandos compris) rappelle la chanson de la scène du cabaret dans Mulholland Drive. De plus, et c'est souvent bon signe, c'est aussi bien en concert qu'en disque. (voir aussi ici)

A écouter

Trois liens rapides :

- un extrait de la BO de The Hole
- des extraits de deux des disques de l'année 2004 sur Constellation
- un peu de Boris Vian

jeudi, janvier 6

Almond update

La bonne : Marc Almond est suffisamment rétabli que pour avoir envie de rectifier les rumeurs qui ciruclent sur son compte.

La mauvaise : Contrairement à ce que j'ai écrit ici il y a quelques semaines, il ne participe pas au nouvel album de Kate Bush.

PS : J'ai toujours trouvé que, toute fausse qu'elle soit, l'expression "que pour" sonnait bien.

Népotisme

Quelques morceaux interprétés par ma cousine.

(C'est très chic. Même si je ne la vois jamais, c'est tout de même ma cousine.)
(Je vous en parlerais volontiers plus longuement, mais j'ai toutes les peines du monde à dégoter ses disques. Ceci dit, je ne désespère pas. Son album de chansons pour enfants sorti l'année dernière vient ainsi d'apparaître sur Amazon.fr.)

mercredi, janvier 5

Les albums de 2004 (II)

Blonde Redhead - Misery is a butterfly (4AD)
Malgré la déception relative de l'album de Lisa Gerrard, 2004 a été plutôt une bonne année pour 4AD. La nouvelle tournée des Pixies a sans doute fait beaucoup pour doper les ventes de leurs anciens disques. L'album de TV on the radio semble squatter les premières places des classements d'un peu tout le monde (mais pas le mien). Le label a de plus annoncé la sortie d'un très attendu nouvel album de Scott Walker pour l'année prochaine. Ce n'est pas si mal pour un label que l'on annonce moribond depuis presque dix ans. Ils ont par ailleurs continué de proposer à des groupes ayant déjà fait leur preuve ailleurs de sortir un disque pour eux. Après Magnetophone, Piano Magic ou les Mountain Goats, c'est au tour des Sonic Youth Juniors de Blonde Redhead d'enfouir ainsi un de leurs disques dans un écrin V23. Ils en ont profité pour sortir leur album le plus mélodique. Les guitares s'y font plus discrètes et la voix haut perchée de Kazu se fait presque câline par moments. Une très bonne surprise.

The Killers - Hot Fuss (Lizard King)
Les Killers ont beaucoup pour eux. Ils sont américains et font de la musique anglaise, ce qui est déjà une belle preuve de bon goût. Ils marient ici à merveille synthés et guitares et créent un attachant hybride electro-indie comme je n'en avais plus entendu depuis longtemps, en fait depuis que, dans le petit monde du rock'n'roll, le dernier chic est d'enregistrer ses chansons en une prise sur un deux-pistes à Toerag. Ce retour à un son un peu plus complexe et synthétique me fait plaisir. De plus, le chanteur Brandon Flowers a un jour déclaré qu'il faudrait penser à remplacer sur le mont Rushmore les têtes de ces quatre présidents qui font la gueule par celles de Neil Tennant et de Chris Lowe (excellente idée... évidemment). Je partais donc avec une montagne d'a priori positifs, et la première moitié de l'album les confirme tous. Jenny was a friend of mine, Somebody Told me ou On Top sont des bombes pop comme on en a peu connus ces dernières années. Malheureusement, l'album comporte aussi des chansons plus lentes, où Brandon se met à couiner jusqu'à devenir franchement embarrassant (Indie Rock'n'Roll et Everything will be alright par exemple). Dommage.

Craig Armstrong - Piano Works (Sanctuary)
Le piano seul est à la mode cette année, de William Sheller (très bon disque) à Gonzales (pas encore écouté) en passant par Craig Armstrong qui nous propose ici quelques morceaux inédits et des réarrangements de morceaux qu'il avait produits et/ou écrits pour d'autres projets (Massive Attack ou les BO de Moulin Rouge et Romeo+Juliet par exemple). Le résultat est franchement enchanteur. On pense un peu à Brian Eno, à Philip Glass et à Wim Mertens, et très peu à Richard Claydermann, ce qui est plutôt bon signe. Peut-être parce que Craig Armstrong a l'intelligence de soigner sa production, de rajouter de-ci de-là quelques échos ou quelques vagues percussions, bref d'habiller son piano seul pour ne pas lasser. Certes, tout cela est très léger, fragile comme une bulle de savon, et on n'échappe pas toujours aux mélos sirupeux (Angelina par exemple est un peu trop sucré pour moi) mais à condition d'être consommé avec modération, cet album conservera un petit temps sa place dans ma pile de disques à mettre pour s'endormir.

Pour tous ceux qui, comme moi, se sont déjà....

.... demandé "Pourquoi Elvis il chantait Love Me Tender ? Ca ne devrait pas être Love Me Tenderly ?", la réponse est là.

mardi, janvier 4

Les albums de 2004 (I)

Faire son top de l'année est un exercice difficile, qui demande patience, rigueur et endurance. Je me suis donc astreint, quoique c'est plus un plaisir qu'une corvée, à écouter tous les disques de 2004 que j'ai achetés et à donner en quelques lignes mon impression. Ce ne sont pas des chroniques, juste un état de ce que je pense du disque en ce mois de janvier 2005. C'est tout à fait subjectif et pas exempt de mauvaise foi. Je les posterai dans les prochains jours, avant de tenter de faire un classement en bonne et due forme pour la fin du mois, à temps pour les NowPlaying Awards. Première fournée aujourd'hui.

Leonard Cohen - Dear Heather (Columbia)
Après un décevant 'Ten New Songs', que j'ai dû écouter trois fois en tout et pour tout, le bonze Leonard revient avec un nouvel album un chouïa plus consistant. Ce qui frappe de prime abord est à quel point ce disque 'sonne' bien. Là où ses précédents disques souffraient d'une production atroce, souvent à base de synthés bon marché et de choeurs féminins, ce disque présente un son beaucoup plus organique et délicat (peut-être a-t-il abandonné le synthé, à moins qu'il n'ait à coup de méditation transcendentale, trouvé le moyen d'utiliser un autre son que le 'Default Casio sound'). Le disque présente même deux petits chefs-d'oeuvre : un morceau authentiquement soul (The Letters), et Undertow, où le petit solo de trompette bouchée est tout simplement parfait. Dommage que le disque se dilue un peu par la suite. Comme souvent chez Cohen, c'est très beau mais un peu trop uniforme pour parvenir à maintenir mon attention tout du long. Je ne suis pas sûr non plus que son texte sur le 11 septembre soit ce qu'il a écrit de plus intéressant.

Interpol - Antics (Labels)
Depuis deux ans, tous les groupes qui avaient marqué en 2001 et 2002 le "révolution du rock" (marque déposée) reviennent pour nous refourguer une portion réchauffée de ce qu'ils avaient déjà fait à l'époque. En général, le public, qui en a vu d'autres, ne s'y est pas laissé prendre et les ont superbement snobés. The Strokes, Black Rebel Motorcycle Club, The Vines sont ainsi tous repartis la queue entre les jambes après que leurs disques aient été descendus avec joie par un peu tout le monde. En attendant la prochaine salve, avec les albums des Yeah Yeah Yeahs et des Kills, il faut bien reconnaître que, de toute cette clique, c'est sans doute Interpol qui s'en sort le mieux car, contrairement aux précédemment cités, ce nouvel album n'est pas sensiblement moins bon que le premier. Certains disent même qu'il est meilleur. Rien n'a fondamentalement changé pourtant. C'est toujours lugubre à souhait, ça décolle toujours bien comme il faut quand le refrain arrive. Non, vraiment, il n'y a pas à dire, c'est de la belle ouvrage. Pourtant, j'ai un peu de mal à m'enthousiasmer de nouveau. J'espère qu'ils vont enfin se décider à changer leur recette pour le troisième album.

Franz Ferdinand - Franz Ferdinand (Domino)
Le public ayant écouté des disques et dansé tout l'été, les albums sortis en début d'année se trouvèrent fort dépourvus une fois l'heure des bilans venue. Serait-il sorti il y a deux ou trois mois, ce disque serait sans doute plus haut dans le classement à venir. Là, après plusieurs mois d'exposition médiatique maximale, après des myriades de diffusions radio pour Take Me Out ou Michael, après un nombre de couvertures de magazines qui ferait rougir tous les candidats du Loft 1, le disque a perdu un peu de son facteur 'Waouw', celui qui permet de gagner sans peine des places dans les tops de fin d'année. Tout cela est remarquablement fait et l'album est bourré jusqu'à la gueule de chansons imparables, mais bon, l'enthousiasme est un peu retombé et tout le monde est déjà largement passé à autre chose, non ?

2005 sera.....

Juste après les rétrospectives de l'an qui s'achève (j'y viens dans un instant), le mois de janvier est propice aux séances de divination. Quelle sera la sensation de l'année ? Quelles seront les grandes tendances ? Y aura-t-il plus de guitares ? Plus de synthés ? Sera-ce l'année de l'explostion grime en Angleterre ou celle du retour du folk dans le mainstream américain ? etc....

Toute la presse se livre avec délices à ce petit jeu. Ca doit être contagieux, car l'année dernière, après des recherches approfondies, j'avais mentionné au tout début de janvier les noms de Keane, The Killers, Scissor Sisters et Franz Ferdinand comme candidats au succès (même si pour les deux derniers, c'était déjà à l'époque plus une constatation qu'une prévision). Avec le recul, je ne suis pas peu fier de la justesse de mes prédictions. Je le dis avec d'autant plus d'assurance qu'il n'y a absolument aucun moyen de vérifier. J'ai perdu le mail où j'en parle, je cite de mémoire et ne me souviens évidemment que des prévisions qui se sont concrétisées (si on excepte The Ordinary Boys, que j'avais également cités et qui semblent avoir d'ores et déjà sombré dans l'oubli).

Cette année, en revanche, mes éventuelles élucubrations risquent d'être encore accessibles ici-même en décembre. L'exercice est donc beaucoup plus aventureux. Je ne m'y risquerai pas. Voici néanmoins les sites de trois groupes à venir dont on parle déjà un peu en Angleterre :

- celui de The Faders, encore en construction mais qui a la bonne idée de vous proposer un extrait suffisamment long qui permet de se faire une idée de ce qui sera (peut-être) leur premier single. A priori, de l'electro forte en gueule, ça devrait me plaire.
- celui de Genie Queen, nouveau girl band qui sonne un peu comme les Sugababes. C'est un site tout en Flash, très joli (et très prétentieux) dans lequel on est censé errer sans but en cliquant au hasard sur des papillons roses. Le marketing sur le Web, c'est vraiment n'importe quoi. Quand leur premier single arrivera sur le marché, j'aurai déjà eu le temps d'associer leur nom à la perte de temps. Beau résultat.
- celui de PureTS. Le groupe annonce l'inévitable apparition sur le marché de groupes de filles à la Busted et à la McFly. Trois Avril Lavigne pour le prix d'une. Une sorte de promotion donc... Les extraits sonores proposés sur le site laissent prévoir le pire.

EDIT : Je viens de constater que Mr Popjustice avait déjà écrit tout ça et bien mieux que je ne le pourrais, ici.
J'en profite donc pour signaler qu'il vient de lancer sa radio en ligne, et qu'on y entend les Pet Shop Boys, New Order, Madonna, The Magnetic Fields, Fischerspooner, KLF, Rachel Stevens, Bananarama,.... mais aussi Worlds Apart et Mandy Moore. Il ne faut donc pas hésiter à faire un peu de rangement, ce que les options 'skip' et 'ban' permettent aisément. Pour vous lancer, il suffit de choisir un nom d'utilisateur. L'adresse e-mail demandée est facultative. Quand j'aurai le temps, je me vois bien me lancer le même genre d'aventure.

vendredi, décembre 31

Dernier billet de l'année.

L'être humain est ainsi fait qu'il a tendance à accorder une importance démesurée à ce qui est le plus récent. En conséquence, ce que je vais écrire ici sera, pour le pire ou le meilleur, une sorte de symbole de ce que 'Je dis ça, je dis rien' a été cette année (et ce au moins jusqu'à ce que je publie un nouveau billet). J'avais donc intérêt à bien choisir mon sujet si je voulais conserver un semblant de crédibilité en 2005. Pourtant, bizarrement, je n'ai rien trouvé de plus approprié que de vous proposer d'aider Britney Spears à soigner son acné galopante et de vous donner le lien vers une chanson inédite de son prochain album.

Certes, une légère inquiétude m'a étreint au moment de cliquer sur "Publier" et je me suis dit que j'aurais plutôt dû vous parler de l'album de Elizabeth Anka Vajagic, qui est en train de gravir à toute vitesse les échelons de mon classement des albums en 2004. Ca aurait sans doute eu plus de tenue mais je craignais que cela ne soit pas assez "champagne-flonflons" en ce 31 décembre, parce que bon, on peut penser ce qu'on veut des chansons de Britney Spears, mais elles sont quand même nettement plus festives que celles de Vajagic, non ? De plus, son nom est plus court à écrire (et si ça n'est pas un argument valable, je ne sais pas ce qu'est un argument valable). Donc, Britney ce fut. J'assume.

Il ne me reste plus qu'à vous souhaiter à tous une bonne et heureuse année 2005 et à vous remercier de venir me lire de temps à autre. Je ne pensais pas lorsque j'ai commencé à tenir ce blog que j'y prendrais un tel plaisir. C'est un peu grâce à vous. Merci.

jeudi, décembre 30

Ecoutez

- la reprise dont tout le monde parle : Seven Nation Army par les boy-scouts préférés de la planète indé, The Flaming Lips.
- la reprise de Smells like Teen Spirit par Dokaka et une adorable version au piano de Enjoy the Silence (via cette page).
- le nouveau groupe hype dont on se doit de parler, soit Smoosh, des gamines blondes de 12 ans (non, pas celles-là) qui font de la "musique qui déchire". David F. propose un lien vers Massive Cure, qui fait un peu penser à Blonde Redhead. La deuxième photo qui illustre le billet permet en plus de se rendre compte que des gamin(e)s de 12 ans qui font de la musique dans leur salon finissent tous par ressembler à Hanson, ce qui est tout de même troublant.

PS : Je voulais illustrer cette ressemblance avec une photo extraite de la vidéo de MMMbop, mais il se fait que la plupart des sites de fans sur Hanson ont disparu depuis longtemps. La gloire est décidément quelque chose de bien éphémère. Souvent, fan varie....

mercredi, décembre 29

Ca fait peur.

Popbitch a mentionné récemment l'existence de ce groupe, Prussian Blue, soit deux petites filles californiennes de 12 ans, blondes avec des couettes, qui font de la musique folk en costume traditionnel bavarois. Et après tout, pourquoi pas ? Les choses se gâtent néanmoins très fort quand on regarde de quoi les textes causent :
Times are very tough now For a proud White man to live. And although it may appear That this world has no life to give, Times are soon changing, This can't go on for long. And on that joyful summer’s day We’ll sing our Victory song. The women, they’ll smile, on Victory Day. And the children, they’ll laugh And they’ll sing and they’ll play, And the forests will echo our grace, For the brand new dawn of our Race…
Brrrr.

De plus, en interview, elles semblent toutes contentes qu'un magazine allemand leur ait consacré un article, avant de s'émerveiller devant le fait que la magazine était "tout en allemand".

On peut néanmoins trouver un peu de réconfort dans le fait que la chanson proposée en mp3 est nulle et qu'elles chantent comme des patates, mais tout de même, au moins avec les groupes de skin-heads, on savait à quoi s'en tenir. Là, c'est plus vicieux.

Vite, un bon Marvin Gaye pour effacer tout ça de ma mémoire.

A défaut, ceci m'a fait sourire.

Plus que deux mois dormir

Le nouvel album de Patrick Wolf vu par lui-même. Je ne suis pas sûr que ce petit texte confus fasse vraiment justice à l'album, mais bon, ça permet de patienter.

Tout autre chose : je me suis lancé depuis une semaine dans une tâche titanesque qui est de réécouter tous mes albums de 2004 en vue de faire mon classement de l'année, histoire de tenter d'atténuer l'usure du temps qui pénalise souvent les albums sortis en début d'année (même si j'ai peur que cela ne suffise pas à faire remonter Franz Ferdinand). C'est un exercice amusant, qui permet notamment de se rendre compte d'à quel point le regard que l'on porte sur un disque peut avoir évolué en quelques mois, parfois à la hausse, parfois à la baisse. Ca prouve bien le caractère extrêmement volatil de ce genre d'opinions. Je suis par exemple persuadé que l'avis qu'on se fera sur un disque dépend fortement de l'état d'esprit dans lequel on l'a écouté pour la première fois. C'est particulièrement vrai pour moi qui, sur une journée-type ne peut pas écouter de la musique plus que 3 ou 4 heures et écoute donc rarement un album plus de 10 fois en un an.

lundi, décembre 27

Le contrecoup de Noël

Tout finit par passer, même Noël. Les cadeaux qui attendaient sous un sapin illuminé, enguirlandé et couvert de cheveux d'ange ont été remis à leurs destinataires. Comme d'habitude, au réveillon, plus personne n'avait faim après l'entrée mais chacun s'est néanmoins forcé à ingurgiter de la dinde ou du gibier et une bûche dégoulinante de crème fraîche.

Se profile maintenant à l'horizon la corvée du réveillon de la St-Sylvestre, où chacun se doit de s'amuser même s'il n'en a pas envie, mais avant de clôturer pour cette année le chapitre de Noël, je m'en voudrais de ne pas mentionner cette jolie reprise twee-pop de Last Christmas par PAS/CAL.

Bien que le rapport avec Noël soit moins évident (une ressemblance avec l'ange Gabriel peut-être ?), je tenais aussi à signaler que la plus belle chanson d'Antony and the Johnsons est téléchargeable en ce moment sur le site du label Secretly Canadian, avec également quelques chansons de Magnolia Electric Co (soit Jason Molina de Songs: Ohia) ou des Early Day Miners.

EDIT : Ces deux dernières sont inaccessibles pour le moment, mais je suppose qu'elles seront à nouveau disponibles dans quelques jours.

vendredi, décembre 24

Joyeux Noël.

Je vous souhaite à tous un joyeux Noël et, tant que j'y suis, une bonne année. Pour passer le réveillon avec de la musique de circonstance, vous pouvez aller là (avec, certes, Hanson mais aussi Low, Powder et My Chemical Romance) ou bien consulter la triplette de billets de Noël de la Blogothèque (là, là et là).

Si vous êtes d'humeur aventureuse, vous pouvez aussi aller vous perdre là (à vos risques et périls, je ne connais pas ce groupe, mais ça a l'air redoutablement cornichon), là (avec des vrais morceaux de Johnny Cash dedans) et là (youhou, de la guitare). Amusez-vous.

jeudi, décembre 23

Il pleut des tops.

Un des classements les plus attendus de l'année est toujours celui de Pitchfork. En dépit de sa position quasi-monopolistique sur le créneau des webzines indés américains, il n'a en effet pas peur de faire preuve d'une rafraîchissante ouverture d'esprit dans ses choix. Ils le prouvent encore cette année en plaçant Rachel Stevens, Britney Spears et Annie (n°1, ce que je ne suis pas sûr de comprendre tout à fait, exotisme mis à part) dans leur classement des singles, au milieu des plus prévisibles Walkmen, de LCD Soundsystem, Animal Collective, The Go! Team ou M.I.A..

Le classement des albums part, comme souvent, un peu moins dans tous les sens et se resserre autour d'une forme d'indé plus conventionnelle mais ne faisons pas la fine bouche. C'est du bon boulot, d'autant qu'ils accompagnent chaque disque classé d'un petit texte en général plutôt bien torché.

J'ai donc une envie (féroce mais vaine) de faire aussi bien. Comme je compte bien me lancer à mon tour dans la course aux classements en janvier, j'ai recensé hier soir tous mes achats récents pour pouvoir procéder à la compilation de mon top de l'année. Je me suis ainsi rendu compte que, au cours des 5 derniers mois, 175 CD se sont ajoutés à ma collection (y compris les CD proposés par les Inrocks, le NME, etc.. ou bien les CD à 1€ que j'ai achetés lors de l'ouverture d'un mastodonte de la distribution dans ma ville). Le prix d'acquisition moyen de ces disques est donc sans doute assez bas. Cela n'empêche pas ce chiffre d'être grotesque et de me rendre vaguement honteux.

mardi, décembre 21

Le lien du jour.

Un plan séquence de Britney Spears à moitié nue, dansant en faisant du play-back sur Toxic. C'est là et je serais bien en peine de dire s'il s'agit d'une chute de studio, d'un faux très bien réalisé ou d'une vidéo officielle. Je suis perplexe.

lundi, décembre 20

Jouons jouons

Comme l'année dernière, le site de la radio londonienne XFM vous propose depuis 10 jours de reconnaître 72 pochettes de disques. Pour ceux qui veulent, toutes les solutions sont données en commentaire sur la Blogothèque.

Je donne ici assez peu de liens vers des mp3-blogs (pour la bonne et simple raison que j'écoute en général les fichiers bien après les avoir téléchargés. En conséquence, lorsque me prend l'envie d'en parler, ils ne sont en général plus disponibles. Pourtant, ici, j'ai écouté de suite le premier morceau proposé, sans doute parce que le petit texte introductif de David F. a piqué ma curiosité, et c'est assez formidable. Une forme d'écriture à base de piano, cordes, vents et voix qui passe du piano-jazz à la musique de films muets puis se déconstruit de plus en plus avant de retomber sur ses pattes avec une jolie petite ritournelle bucolique (et parvient même à incorporer une mini-citation des Quatre Saisons). Le tout en 3m25s.

samedi, décembre 18

Qui a dit qu'on n'apprenait rien à la télévision ?

Malgré ma fatigue, il me semble avoir entendu deux informations de la plus haute importance en regardant hier soir l'épisode de QI consacré à la musique.
- Warner a racheté il n'y pas très longtemps les droits de "Happy Birthday to you" pour la coquette somme de 25 millions de dollars et s'attend à engranger des bénéfices substantiels. La chanson aurait été créée en 1933 par un instituteur américain qui aurait pris l'habitude de saluer ses élèves en leur chantant "Good morning to you all." et n'aurait pris ses paroles actuelles qu'en 1938. Ca semblerait donc indiquer que les droits d'auteur aux USA sont réservés pour plus de 65 ans. Fichtre. (Plus d'infos ici.)
- Le son d'un fouet qui claque dans l'air ne provient pas du contact entre deux segments de la lanière comme on pourrait le croire, mais est le mini-"Bang!" provoqué par l'extrémité de la lanière lorsqu'elle franchit le mur du son. (Plus d'infos ici.)

Dingue, non ? Les informations fournies par les liens que j'ai inclus ne sont pas toutes totalement cohérentes avec ce dont je me souvenais de l'émission et que j'ai retranscrit ici. A priori vous auriez intérêt à faire confiance au lien.

Note : A ceux qui me reprocheraient de dériver dans le hors-sujet, je répondrai qu'on entend un bruit de fouet dans The Ubiquitous Mr Lovegrove de Dead Can Dance et que, de toutes façons, la distinction bruit-musique est essentiellement culturelle. (Mouais, faites comme si il s'agissait d'un argument convaincant.)