samedi, février 26

J'ai basculé du côté obscur.

La Blogothèque a mis les petits plats dans les grands pour traiter de la sortie du deuxième album de Patrick Wolf : une belle chronique de l'album, un beau compte-rendu du concert et l'interview que j'ai réalisée au début du mois sont en ligne depuis quelques jours. Si on ajoute à cela une chronique dans les Inrocks, bientôt une dans Magic, des passages dans l'émission de Bernard Lenoir sur France-Inter et une multitude de chroniques et interviews fleurissant sur le Web francophone, il faut bien se rendre à l'évidence : Patrick Wolf devient hype. Quand on pense qu'à une époque, une recherche Google "Patrick Wolf Lycanthropy" limitée aux sites francophones ne me renvoyait qu'à moi-même, il faut féliciter Tomlab qui semble avoir pris la promotion de ce deuxième album en France très au sérieux.

On ne peut évidemment que s'en réjouir. Pendant deux ans, j'ai chanté à qui voulait les entendre (et aux autres) les louanges de Lycanthropy. Cela n'a pas été tout à fait inutile et j'aime à me dire (même si ce n'est sans doute pas vrai) que tous les Belges francophones qui ont connu Patrick Wolf en 2003 l'ont fait par mon intermédiaire (plus ou moins directement). J'en tire une certaine fierté. J'ai toujours été un prosélyte dans mes goûts musicaux car je vis dans l'illusion que si quelqu'un écoute sans a priori une chanson que j'aime, il ne peut qu'y succomber. C'est évidemment faux (ne serait-ce que parce que cela contredit ma conviction que le concept de "qualité intrinsèque" d'une oeuvre est dangereux). Pourtant, cette illusion est en grande partie la raison d'être de ce blog ou sous-tend la manière dont je parle musique avec des amis.

Cette vision des choses n'est pas partagée par tout le monde. Sur le forum plus ou moins officiel consacré à Patrick Wolf, des voix s'élèvent d'ailleurs déjà pour regretter de voir le moyen public (parler de 'grand public' me semble encore un peu présomptueux) s'y intéresser. C'est une attitude très répandue et que je n'avais jusque là jamais bien comprise.

Peut-être suis-je à présent plus à même de la comprendre. Lorsque, la semaine dernière, j'ai ouvert le Télé-Moustique (une sorte de Télé 7 jours belge) et y ai découvert une chronique dithyrambique de Wind in the Wires, j'ai ressenti un court pincement au coeur. Je l'ai bien vite réprimé car il contredit toute ma vision de la musique mais le fait est qu'il était là. Dorénavant, je ne pourrai plus me moquer ouvertement de ceux qui prétendent que les premiers concerts d'Autechre en Belgique devant 20 personnes étaient (forcément) les meilleurs. Je suis contaminé.

PS : L'interview que j'ai effectuée m'a aussi permis de me rendre compte que journaliste musical, c' est un vrai boulot, autant en amont pour la préparation des questions qu'en aval pour la retranscription, la rédaction de l'article et la mise en page. (mais bon, cela reste malgré tout la carrière qui me fait le plus rêver en ce moment donc n'hésitez pas à m'envoyer vos offres d'emploi. :) Sinon, la prochaine fois, j'essaierai d'être plus au point techniquement dans l'enregistrement de l'interview et penserai à avoir une montre devant les yeux, histoire de ne pas devoir quémander quelques minutes supplémentaires en avouant, tout penaud, que je n'ai aucune idée du temps qu'il me reste.

1 commentaire:

gwendal a dit…

Plus "Ghost song" sur la dernière compile Domino dans The Wire...