mercredi, octobre 25

Soirée Type, Planetarium de Bruxelles, 30 septembre 2006

Je ne me suis pas encore tout à fait habitué à mes nouveaux horaires. Entre les heures de travail sur place et à domicile, les déplacements en train et les démarches administratives, mes heures de loisirs ont fondu comme neige au soleil et c'est probablement ce blog qui en souffre le plus. Cela dit, il n'est pas le seul, c'est notamment la première année depuis longtemps que je ne croule pas sous les concerts en octobre-novembre. J'ai sciemment fait l'impasse sur le festival Panoptica qui avait lieu la semaine dernière, pour cause d'affiche insuffisamment attractive. J'ai brossé à la fois le concert des Pipettes et de Gogol Bordello à Bruxelles et ferai sans doute de même pour Arab Strap et Lisa Germano. En fait, il me faudra sans doute encore quelques semaines avant de retrouver le temps nécessaire à mes activités en ligne. En espérant que d'ici là, j'aurai encore quelques lecteurs (le plancher des 100 visiteurs quotidiens a été enfoncé au début de cette semaine).

En attendant, je vais profiter de cette demi-journée de congé pour dire un mot rapide du concert de Deaf Center et de Helios organisé par le label anglais Type Records au Planetarium de Bruxelles. C'est la première fois que j'assistais à un concert dans un Planetarium, bien qu'il s'agisse d'une idée déjà ancienne (cela existe à Paris depuis des années paraît-il). Etant donné que le label Type a été le pourvoyeur de certaines de mes découvertes les plus marquantes de ces dernières années (Khonnor et Ryan Teague principalement), je me suis laissé tenter par l'expérience. Expérience est sans aucun doute le mot juste, quoique "épreuve d'endurance pour les vertèbres" serait également parfaitement adéquat puisque, bizarrement, les sièges ne sont pas du tout étudiés pour faciliter la vision du plafond. Les dossiers sont quasiment verticaux, ce qui fait qu'il faut se contorsionner, se placer en oblique et occuper au minimum deux places si on veut pouvoir profiter du spectacle. Un ami parisien n'a pas manqué de signaler que les sièges au Planetarium de Paris étaient nettement mieux conçus.

J'avais de Deaf Center le souvenir d'une musique instrumentale à la limite du new-age, qui caresse agréablement l'oreille durant les quelques premières écoutes mais révèle assez vite ses limites et son absence de profondeur. Ce concert d'une heure m'a plutôt conforté dans cette opinion, d'autant que les images projetées au plafond accentuent péniblement les clichés new-age de la musique (outre les inévitables étoiles et constellations, on a droit à des paysages panoramiques, des plantes, etc.). Les nappes de synthés ne mènent à rien et ne semblent là que pour emplier des couches vaporeuses qui finissent par anesthésier toute émotion. Bizarrement, alors que leur album Pale Ravine m'avait laissé le souvenir d'un groupe essentiellement instrumental, la voix (samplée) d'une sorte de Lisa Gerrard de prisunic était omniprésente. Petite déception donc qui vient rappeler que la musique new-age-ambient-contemplative (appelons-la ainsi) est un des genres les plus difficiles qui soit. La ligne de démarcation entre le pire et le meilleur est en effet parfois assez floue même si l'existence de dissonances et de résolutions harmoniques me semble déjà un bon moyen de faire le premier tri. Le premier EP de Ryan Teague m'a principalement plu à cause de ses dissonances (on pourrait aussi citer la bande originale du Solaris de Steven Soderbergh).

Après un court entracte, la deuxième partie est assurée par Helios, un projet dont je ne connaissais pour ainsi dire rien, si ce n'est que certains avaient déjà fait de leur album Eingya un sérieux candidat au titre d'album de l'année. Dès les premières secondes, il est clair que la musique d'Helios est plus "organique" (ce qui n'est finalement qu'une manière très prétentieuse de dire qu'on y entend de la guitare acoustique et un peu de bonne vieille batterie...malgré l'obscurité quasi-complète, on entr'apercevait d'ailleurs l'instrument, incongru dans sa simplicité rustique à côté de la machinerie Star-trekienne du planetarium). En fait, la musique de Helios s'éloigne assez clairement de l'electronica mâtinée de 'nouvelle musique' qui forme l'ordinaire des sorties du label et évoque plutôt ce qu'auraient pu créer Mogwai ou Explosions in the sky s'ils avaient vécu avant l'invention de l'électricité : des lignes de guitares acoustiques toutes simples qui se répètent, se superposent et évoluent lentement sur une rythmique simple et lancinante. La recette est simple (et a déjà beaucoup servi) mais elle continue à générer en live un effet d'envoûtement diffus très agréable. J'ai malheureusement eu depuis lors l'occasion de me rendre compte que, formatée sur la longueur d'un album, la musique d'Helios fonctionnait un peu moins bien. Peut-être était-ce une bonne chose finalement que le groupe ait déjà épuisé son stock de disques à vendre.

Liens :
- L'avis sur la soirée de mon ami parisien
- Le site du label propose régulièrement des podcasts, dont un mix "classique" de Keith Kenniff (Helios, Goldmund), qui balaye avec bonheur presque 4 siècles de musique.

samedi, octobre 21

La publicité ciblée... ça marche.

Comme la plupart des clients Amazon, je reçois régulièrement des mails me disant : "Vous avez acheté un CD de Machin. Nous avons remarqué que les gens qui aiment Machin aiment souvent Truc. C'est pourquoi nous vous signalons la sortie du nouvel album de Truc." En général, les conseils sont totalement absurdes mais là, pour le coup, je suis bien content qu'ils m'aient signalé la sortie du nouvel album des Post Industrial Boys. Je m'étais depuis longtemps résolu à l'idée que le groupe ne sortirait jamais rien d'autre que son sublime premier album.

mercredi, octobre 18

Changement de look

Comme vous l'avez sans doute remarqué, je me suis amusé à chipoter avec la mise en page. Je crois que je préfère ce design-ci à l'ancien, dont je commençais à me lasser. Il a notamment l'avantage de laisser plus de place à la colonne latérale, que j'aimerais développer un peu. Qu'en pensez-vous ? La transition est-elle trop rude ?

Apparemment, Blogger ne permet pas de personnaliser facilement l'en-tête de son blog. J'aurais aimé pouvoir y mettre une image de mon choix. C'est manifestement possible mais je ne vois pas pour l'instant comment. Je continuerai à fouiller dans les recoins du site ce week-end.

PS : Pour certains utilisateurs Blogger, les commentaires 'signés' ne fonctionnent apparemment pas, mais les commentaires anonymes ne devraient normalement pas poser de problèmes.

Bouteille à la mer.

Une des rares choses que je trouve encore le temps de suivre sur le Web en ce moment est la tournée promo de Patrick Wolf en Angleterre. Enfin, quand je dis suivre, c'est surtout honteusement profiter du travail des autres, comme par exemple ici, où j'ai trouvé deux enregistrements parfaits des sessions radio qu'il a jouées hier soir. La version acoustique d'Accident and Emergency jouée chez Tom Robinson me réconcilierait presque avec la chanson.

Sinon, pour le reste, si vous vous inquiétiez encore (peu probable, mais bon) du fait que je n'avais plus le goût à rien et trouvais tout ce que j'écoutais médiocre, soyez rassurés. J'ai écouté ces deux dernières semaines une floppée d'excellents albums qui m'ont réconcilié avec l'humanité. En particulier :
- La compilation Plague Songs tient toutes les promesses de son tracklisting (le morceau de Scott Walker est encore plus hallucinant que d'habitude).
- L'album de Pierre Lapointe ne m'a pas déçu et le mélange d'acoustique et d'électronique que l'on y trouve m'a d'ailleurs un peu fait penser à Patrick Wolf (on y revient toujours).
- J'ai enfin réussi à acquérir une copie d'un des deux albums de Marissa Nadler et il est en tous points aussi merveilleux que je l'espérais. Ca faisait des années que je n'avais pas découvert une voix qui me parle à ce point. Le deuxième album est en commande chez mon disquaire depuis deux mois. Je ne désespère pas qu'il arrive un jour.

Sinon, pour le fan des Pet Shop Boys, ces deux semaines sont une sorte de Noël anticipé. Sortent en effet un livre d'art couvrant l'histoire de leur "visuel" durant vingt ans, le DVD d'un documentaire de deux heures sur le groupe, un nouveau single, un double album live reprenant le concert donné avec orchestre pour Radio 2 et la compilation Popjustice qui propose une version inédite de It's A Sin. Si on voulait être tout à fait complet, on pourrait aussi ajouter la sortie du best-of d'Electronic, le super groupe indie-pop auquel Neil Tennant a collaboré, et celle du nouvel album de Robbie Williams, qui contient deux chansons écrites ou produites par le groupe. Je crois que je n'ai rien oublié. Inutile de dire que le type au service marketing de EMI qui a cru que c'était une bonne idée de tout sortir en à peine huit jours mérite une mise à pied immédiate.

Je crois que je vais commencer dès maintenant ma série de billets sur les albums de l'année. C'est la seule solution que je vois si je veux espérer avoir fini d'ici la fin janvier. Je vais aussi me laisser tenter par la "modification du template" que Blogger Beta me propose. Comme je n'y connais pas grand-chose en HTML, c'est sans doute une très mauvaise idée. Ne vous étonnez donc pas si le blog est illisible pendant quelques jours.

Pour illustrer tout ça et vous remercier de m'avoir lu jusqu'ici :

- les deux B-sides du nouveau single des Pet Shop Boys et la version de We're the Pet Shop Boys par Robbie Williams.
- le single de Mika, un chanteur dont on risque d'entendre reparler, ne serait-ce que parce qu'il fait ce que les Scissor Sisters ne font plus.
- David F a été dénicher un joueur de dulcimer à marteaux qui n'est pas Lisa Gerrard. Pour le fan de Dead Can Dance, l'effet évocateur est troublant (et pourquoi est-ce que seulement une partie de ses billets apparaissent sur bloglines, rogntudju, je viens seulement de m'en rendre compte).
- Damon Albarn trouvait sans doute le temps long. Il a donc créé un nouveau groupe. Le single m'a l'air plutôt prometteur, une fois de plus.
- Un morceau de Bat for Lashes, qui n'est pas à cent mille lieues de Marissa Nadler. Je vais écouter l'album très vite. Ca risque de me plaire. PS : Si quelqu'un pouvait me dire de quelle chanson de girl-group des années 60 (à vue de nez) les premières secondes sont extraites, ça me permettrait de dormir. C'est un standard absolu (genre Ronettes ou Supremes), mais je ne parviens pas à recomposer la chanson jusqu'au refrain. Merci.

dimanche, octobre 15

Jose et son orchestre

Mon billet hebdomadaire bimensuel sur la Blogothèque est consacré à Junip, un des projets parallèles de Jose Gonzalez. Il pourrait me valoir des commentaires plus ou moins condescendants de la part de certains gratteux (j'y donne mon avis sur une question de technique de jeu, un domaine auquel je n'entends que pouic) mais la qualité des deux morceaux qui l'accompagnent (Official en particulier est sensationnel) devrait sans doute m'éviter l'excommunication. Espérons en tout cas.

(merci au passage à Vox et au Pêle-mêle du Boulevard Anspach à Bruxelles, qui en ont rendu la rédaction possible)

mardi, octobre 10

En passant...

Depuis une semaine, je ne suis en ligne que quelques minutes par jour. Difficile dans ces conditions de prévoir des mises à jours régulières. Une panne d'écran m'a même empêché de mettre en ligne mon billet d'hier sur la Blogothèque. En attendant que je retrouve une activité normale, voici quelques liens (que je n'ai d'ailleurs le plus souvent pas eu le temps d'écouter) :

- Un nouveau morceau de l'excellente compilation Plague Songs par Imogen Heap
- Patrick Wolf pour les nuls
- le boyband le plus grotesque de l'histoire (dans mon esprit tordu, c'est plutôt un compliment)
- une session radio enregistrée par Justin Timberlake pour la BBC
- un échange de bons procédés entre We Are Scientists et Art Brut (le nouveau single de ces derniers est d'ailleurs trouvable ici)
- Tiens, Amplifier a sorti un deuxième album.

samedi, octobre 7

Patriiick (bis)

Un nouveau morceau de l'album de Patrick Wolf est disponible ici.

Pour le reste, je devrais sans doute vous parler du concert consacré au label Type auquel j'ai assisté le weekend dernier au Planetarium de Bruxelles (avec Helios et Deaf Center). Je vais essayer de trouver le temps demain de goupiller un rapide compte-rendu (parce que, bon, la baisse brutale du nombre de visites quotidiennes me fait un peu de peine).

PS : Ma belle-soeur ne me lit pas mais elle aurait adoré ceci. Robbie Williams goes disco. Je n'ai malheureusement pas encore dégoté les morceaux enregistrés avec les Pet Shop Boys.

vendredi, octobre 6

La confession pénible du jour

Je viens d'installer Quicktime juste pour voir Justin Timberlake se prendre une tranche de jambon dans la figure... J'ai honte.

mardi, octobre 3

Le grand retour du billet de liens

- Ce n'est pas souvent que me prend l'envie d'acheter un album électro, simplement après en avoir entendu deux-trois extraits plic-ploc. La dernière fois, c'était Bola et son album Gnayse. Il sort ces jours-ci un album en édition limitée de morceaux plus anciens, dont notamment celui-ci.
- Vous vous souvenez que Kelly Osbourne avait copié les couplets de Fade To Grey pour son single One Word ? Maintenant, un groupe nommé Zeigest a décidé de lui rendre la monnaie de sa pièce, en s'inspirant largement du refrain de One Word pour leur morceau Cuffs. Une telle avalanche de singeries (au sens verbal du mot singer) inquiètera sans doute ceux qui attendent de la musique pop une innovation permanente mais force est de constater que, lorsqu'on s'inspire de bonnes chansons, on est toujours à peu près sûr d'obtenir un morceau potable. C'est encore le cas ici.

lundi, octobre 2

Patriiiick

Un des morceaux du nouvel album de Patrick Wolf est disponible dans le dernier Podcast des Inrocks. La voix de Jean-Daniel Beauvallet est assez insupportable et il tend à se répandre en banalités sur les chansons qu'il diffuse (et il ne prend d'ailleurs même pas la peine d'en donner le titre) mais bon, ça permet d'en savoir un peu plus sur à quoi ressemblera The Magic Position.

Sinon, je devrais sans doute signaler à mes lecteurs bien-aimés (c'est vous) que, ma charge de travail s'étant subitement alourdie depuis quelques jours, je risque d'être moins présent dans les prochaines semaines, voire dans les prochains mois. Première conséquence : j'ai échangé ma place hebdomadaire du vendredi sur la Blogothèque par une place bimensuelle le lundi. Deuxième conséquence : je ne vous cache pas que j'ai quelques doutes quant à ma capacité à rédiger en décembre-janvier la traditionnelle série de billets sur les albums de l'année. Nous verrons bien.

PS : Deux nouveaux mp3-blogs sont liés dans la colonne de gauche (et désolé à ceux dont j'étais persuadé qu'ils s'y trouvaient... et qui ne s'y trouvaient pas)

vendredi, septembre 29

La compilation du trimestre...

...sortira sur 4AD la semaine prochaine. Elle est consacrée aux dix plaies d'Egypte et fait intervenir des artistes aussi indispensables (pour moi) que Scott Walker, Brian Eno, Laurie Anderson, Robert Wyatt ou Rufus Wainwright. Toutes les informations sont disponibles ici. Chryde a proposé sur la Blogothèque le morceau de Wyatt et Eno ici et Sterogum celui de Rufus Wainwright. Je n'ai écouté aucun des deux vu que je compte bien acheter l'album. J'attendrai donc sagement d'avoir l'objet entre les mains pour en parler.

Pour le reste, je cherche toujours le disque qui me réconcilierait avec les nouveautés de cette rentrée 2006, mais ceette quête touche peut-être à sa fin. Le morceau de Pierre Lapointe proposé sur la dernière compilation des Inrocks (Deux par deux rassemblés, aussi écoutable sur sa page Myspace) m'a en effet titillé l'oreille, avec son étrange mélange d'orchestrations gainsbouriennes et de mélodies de génériques de feuilleton-culte. Je vais très vite tenter de creuser la question.

mercredi, septembre 27

Le Sport, c'est crevant.

Bouhou. Le groupe se sépare ou, en tout cas, arrête de publier de la musique sous ce nom. Your Brother Is My Only Hope ne connaîtra jamais de petit frère (merci à Absolut Noise pour l'info).

Sinon, je suis chaque semaine sidéré de voir à quel point les chroniques d'albums dans les Inrocks n'expriment jamais la moindre émotion. Les journalistes semblent se contenter de décrire le disque avec un détachement clinique et en alignant les clichés (toujours les mêmes). Peut-être est-ce parce que je les lis depuis trop longtemps et suis devenu imperméable à leur style, mais je peux compter sur les doigts de deux mains le nombre de disques que les Inrocks m'ont donné envie d'écouter depuis deux ans (alors que le NME me donne envie d'écouter un truc par semaine au moins).

Dans cet esprit, je me suis laissé aller sur une mailing-liste à un pastiche de leur style. L'exercice est un peu vain mais a au moins eu le mérite de m'amuser (et j'ai bien besoin de m'amuser pour oublier la fin de Le Sport).

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Un truc qui m'a toujours bien fait rire est que, lorsqu'un groupe sort un troisième album qui n'est objectivement qu'une copie-carbone du premier, on pourra lire dans les Inrocks, selon qu'il est bien vu ou pas de la rédaction (selon qu'il a la carte Inrocks ou pas, pour paraphraser Michel Ciment) :

"Trucmuche n'est pas un groupe qui court vainement derrière les dernières modes. Machin-chose et sa bande préfèrent au contraire réhabiliter le travail patient de l'artiste folk : ressasser inlassablement ses obsessions, extirper patiemment de sa vie quotidienne la substantifique moëlle de l'existence et la présenter avec révérence dans un écrin où se mêlent lignes de guitare finement ciselées et choeurs angéliques. Ce serait déjà immense (Johnny Cash, Townes Van Zandt et Bob Dylan n'ont jamais rien fait d'autre) mais Trucmuche aime à brouiller les pistes et cette armature folk en bois de pays est perpétuellement mise en danger par des intermèdes instrumentaux foutraques et des tempêtes bruitistes qui en gauchissent les surfaces et en brouillent les perspectives. Alors bien sûr, ce nouvel album n'apporte pas grand-chose de neuf à Music from jaded outlaws, leur séminal premier album. Certains peine-à-jouir pour qui la musique se doit d'être le miroir de son époque, de n'exister que dans le "here and now" (mais pourquoi?) diront sans doute que le groupe se répète et n'a plus rien à dire depuis deux albums au moins. Ils ont évidemment tort et il faut au contraire voir dans ce nouvel opus l'admirable travail d'artisans qui continuent inlassablement à creuser le même sillon, recherchant encore et toujours la recette de la chanson parfaite, celle qui résumerait toute leur oeuvre en quatre minutes définitives. Ce n'est pas être méchant que de secrètement espérer qu'ils ne la trouvent jamais et continuent de nous abreuver de leurs divins brouillons."

ou bien

"Cela suffit. Lorsque le premier album de Trucmuche est sorti, il était apparu à certains observateurs comme la preuve de l'émergence d'une nouvelle manière de concevoir la musique folk, notamment en la mêlant de force à l'énergie sonique de la noise. Difficile avec le recul de ne pas être effaré par un tel aveuglement. N'importe quel auditeur doté d'une paire d'oreilles en état de marche aurait immédiatement pu (dû ?) se rendre compte que ce mariage contre-nature était l'exemple-type de la fausse bonne idée. Pourtant, aujourd'hui encore, après trois albums d'éhonté rabachage, le groupe en est toujours au même stade, enregistrant ses petites chansons mal foutues, persuadé de contribuer à révolutionner la musique, alors que, ailleurs, la musique connaît sa révolution, sans eux. Trucmuche est objectivement devenu un groupe démodé, dépassé par des évolutions auxquelles ils ne comprennent rien, l'exemple-type de ces artistes auto-satisfaits à la musique vide que les nouveaux punks devront faire leur priorité d'envoyer au bûcher. Du passé faisons table rase."

(ça mériterait aussi sans doute d'être retravaillé mais bon...)

J'avais déjà bon goût à 10 ans.

C'est en tout cas ce que j'ai conclu après avoir revu le clip d'une chanson à laquelle je n'avais plus pensé depuis au moins quinze ans. La réentendre m'a procuré l'agréable sensation que mon plaisir de l'époque était resté intact et je suis même parvenu à me persuader que, si elle était sortie aujourd'hui, je l'aurais autant aimée qu'à l'époque. La production en particulier m'impressionne. Elle rappelle un peu celle de Life in a northern town de The Dream Academy.



Cela dit, quand on creuse un minimum la carrière du groupe, on tombe sur des trucs assez peu recommandables.

lundi, septembre 25

N'en dégoûte pas les autres.

Ca fait plusieurs semaines que je n'ai que du mal à dire des nouveautés qui sortent. J'ai déjà fait part de ma déception face aux singles de Patrick Wolf, Girls Aloud et McFly. C'est à présent JC Chasez qui s'y colle (et encore, je vous ai fait grâce de l'album des Scissor Sisters et du nouveau Depeche Mode).

En fait, plus généralement, je suis en pleine phase de bof-attitude pour tout ce qui touche à la musique. Tout ce que j'écoute me laisse indifférent et je ne suis donc pas très motivé pour découvrir les nouveaux albums de Tarnation, Clinic ou The Rapture, de peur sans doute que, malgré leurs probables qualités, ils ne soient engloutis dans les sables mouvants de ma neurasthénie. Je préfère donc en différer l'écoute, espérant une embellie prochaine de mon humeur générale.

Comme je n'aime en général pas trop dire du mal, je vais éviter de parler ici de mes déceptions à répétition et attendre de tomber sur un disque récent qui me plaise vraiment pour me répandre à nouveau. Je veux croire que, un jour, je découvrirai à nouveau un disque avec plaisir. Souhaitez-moi bonne chance.

samedi, septembre 23

Accident and Emergency

La vidéo du nouveau single de Patrick Wolf est apparue sur NME.com. Après deux visions, je suis franchement déçu, sans parvenir à expliquer précisément pourquoi. J'en reparlerai sans doute plus tard, par exemple lorsque la vidéo sera accessible sur un site qui ne nécessite pas une inscription préalable (cela dit, l'inscription sur NME.com est gratuite et ne génère pas de spam).

EDIT : En attendant, la chanson elle-même est disponible ici. La meilleure qualité sonore permet de se rendre compte que les arrangements sont plus complexes qu'ils n'en ont l'air a priori.

vendredi, septembre 22

Helpdesk : Version beta

Un gentil lecteur qui serait par ailleurs un gentil utilisateur de Blogger pourrait-il m'aider à comprendre le principe de la version Beta de Blogger qui vient d'apparaître ? Si je comprends bien tout ce qu'on ne m'explique pas, il faut pour pouvoir profiter des nouvelles fonctionnalités créer un nouveau blog. Ne peut-on pas passer de l'ancienne version à la nouvelle avec un blog pré-existant ? Ce serait idiot.

jeudi, septembre 21

Avec les images, c'est encore mieux.

J'ai beau me considérer comme un fan, je dois bien avouer que je n'avais jamais vu un seul clip des Nits (à part Radio Shoes lors d'une interview télévisée sur la RTBF). Je n'aurais d'ailleurs pas été autrement surpris si on m'avait dit qu'ils en avaient très peu fait mais non, Youtube en est plein. Petit aperçu rapide.

Tent (1979). Je commence par une émission télévisée, juste pour le plaisir de voir à quoi ressemblait Rob, Henk et les autres à leurs débuts. A les voir là, il était difficile d'imaginer ce que le groupe allait devenir. Les lunettes de Rob Kloet sont particulièrement étonnantes.



Nescio (1983). La première moitié des années 80 représente un peu la préhistoire des effets spéciaux et on n'évite pas ici une certaine forme de kitsch. C'est sans doute le moins Nitsien des clips que j'ai vus. L'esprit du groupe en semble absent.



Adieu Sweet Bahnhof (1984, ici). Le groupe y développe la matrice de tous ses clips futurs, avec notamment une vision poétique et gentiment absurde de la ville.

In the Dutch Mountains (1987)


Radio Shoes (1989, ici). Ce clip représente en fait mon premier contact avec les Nits et explique en grande partie pourquoi je suis devenu fan. La vidéo tranchait tellement avec tout ce que les chaînes musicales pouvaient nous présenter à l'époque que j'avais été très intrigué.

Cars & Cars (1993), où la sobriété des images forme le pendant parfait de la sobriété de la musique.


Le kitsch baroque de Nescio mis à part, tous ces clips se ressemblent un peu, sobres et emplis d'une poésie urbaine un peu absurde, avec une prédilection pour les plans-séquences et l'animation à partir d'images fixes. Les mauvaises langues diront qu'ils ressemblent tous à des anciens travaux de fins d'étude pour la section vidéo d'une école de cinéma (je pense que la plupart des membres du groupe ont fait les écoles d'art à Amsterdam), mais il ne faut jamais écouter les mauvaises langues, ça les encourage. Je viens en tout cas de passer une heure à regarder tout ça et de découvrir tout un pan de l'oeuvre du groupe dont je ne savais rien. C'est toujours bon à prendre.

mardi, septembre 19

MTV, la Musique de Ton Village

On peut penser ce qu'on veut de la vision de la musique défendue par MTV depuis vingt ans mais il m'a toujours semblé que, sur un point au moins, l'influence de la chaîne avait été positive : son caractère mondial permettait en effet aux spectateurs de tous les pays d'avoir un accès (limité mais réel) à la vie musicale d'autres pays (voire parfois d'autres continents). Une émission comme Most Wanted de Ray Cokes par exemple a sans doute plus fait pour faire prendre conscience aux adolescents des années 90 de leur appartenance à l'Europe que toutes les campagnes d'information organisées par l'UE. C'était en effet la première fois qu'une émission de télévision s'adressait directement à tout le continent, de la Suède à Israël et de la Grande-Bretagne à l'Autriche. Certains y ont vu une manifestation de l'impérialisme anglo-saxon (et de la langue anglaise). Je préfère y voir l'ébauche d'une nouvelle conscience "jeune" supra-nationale. Je garde par exemple un souvenir assez émerveillé des deux éditions du concours Eurovision alternatif organisé par Ray Cokes où des clips de tous les pays européens s'affrontaient.

Malheureusement, cette vision utopique de MTV comme chaîne fédératrice d'une "Internationale de la Musique" a été rapidement laminée par la fragmentation de MTV Europe en chaînes nationales, un choix que des considérations financières expliquent aisément (les écrans de pub peuvent être à la fois plus nombreux et mieux ciblés). On se retrouve donc dans une situation où il n'y a plus de réelles différences entre la musique diffusée par MTV et celle diffusée par les médias purement français (MCM, NRJ, Fun Radio ou Skyrock par exemple). Dans tous les cas, des programmateurs français travaillent à destination unique de spectateurs français, ce qui signifie en gros un accent mis sur les artistes locaux et la présence d'une poignée de stars anglo-saxonnes (presque toujours les mêmes).

Le comble du Franco-centrisme et de l'esprit de clocher a été atteint ce week-end avec la retransmission de la cérémonie américaine des MTV Music Awards, commentée en direct par une animatrice de la chaîne et deux glorieux représentants du hip-hop français. La traduction simultanée étant assez médiocre et les trois compères se moquant de ce qui se passe sur scène comme de leur première gourmette, il était impossible de comprendre quoi que ce soit. Mieux, la fenêtre insérée dans l'image pour nous montrer leur tronche empêchait de lire la moindre incrustation (notamment la liste des nom(in/m)és. La retransmission des MTV VMA n'était donc plus du tout l'occasion de se faire une idée sur l'état de la scène musicale aux Etats-Unis en 2006 (même si la victoire de James Blunt en dit déjà beaucoup), mais juste de connaître dans les moindres détails les a-priori de la scène rap française sur la musique américaine. Je vous avoue bien volontiers que cela m'intéresse assez peu (je suis assez grand pour me faire mon opinion tout seul) et j'ai rapidement éteint mon téléviseur. Après tout, qui a encore vraiment besoin de MTV quand Youtube et les autres mettent à disposition la musique du monde entier en version originale et sans commentaires surplombants.

vendredi, septembre 15

Hope and despair

Mon billet de la semaine sur la Blogothèque est consacré au split de Hope of The States. J'ai manifestement écrit les deux derniers paragraphes sans avoir désactivé l'option "phrases ronflantes pour ne rien dire" de mon précédent billet. Désolé.

PS : Vous voulez écouter une chanson country sur la romance impossible entre Britney Spears et Justin Timberlake ? Pas de problème. Et un extrait du prochain album de Patrick Wolf ? Y a qu'à demander.

mercredi, septembre 13

Blogomix

En tant qu'employé à temps partiel de la Blogothèque, je suis contractuellement tenu de lui faire de la publicité. J'ai donc été sommé de vous signaler plus longuement l'existence du Blogomix, le réseau d'échange de compilations qu'elle met sur pied durant ce mois de septembre. En kamikaze obéissant, je m'exécute, d'autant plus volontiers que ça me permet de m'adonner à une de mes activités préférées : multiplier les phrases ronflantes pour ne rien dire.

Rappelez-vous le temps béni d'avant Internet, d'avant le peer-to-peer, cette époque où la pulsion messianique du fan de musique qui voulait faire découvrir ses nouveaux emballements trouvait sa concrétisation dans une cassette audio compilée avec amour, enregistrée avec soin et dans une liste de titres notés consciencieusement mais dans une écriture difficilement lisible. Maintenant que l'on peut partager sans lever le petit doigt toute sa discothèque avec le monde entier sans le plus souvent se soucier qu'elle soit correctement taguée, le geste du partage ne nécessite plus le moindre investissement émotionnel et a donc perdu beaucoup de sa valeur. Comment ne pas le regretter ?

Soyons donc pour une fois réactionnaire et disons "Halte là !" à ce progrès aveugle qui déshumanise et virtualise nos relations avec autrui (jusque dans ce sanctuaire de l'affectif que représente le rapport à la musique) et contribue ainsi à défaire le lien social, cette fraternité d'espèce qui représente notre seul espoir de pouvoir vivre ensemble et en harmonie dans un monde contemporain dont les valeurs succombent peu à peu aux coups de boutoir d'un consumérisme et d'un individualisme forcenés. Revenons aux relations réelles, simples, franches et directes. Revenons aux bonnes vieilles compilations de grand-papa enregistrées en audio sur CD-r que l'on échange avec quelques amis triés sur le volet dans l'attente fébrile d'un feed-back reconnaissant. Retrouvons le plaisir de la communication personnalisée. Retrouvons le plaisir du courrier postal, du timbre, de l'adresse sans @, sans '.com' ou '.net' mais avec un code postal et ces localités qui portent en leurs noms le souvenir d'un histoire plusieurs fois millénaire ("Bourg-en-Bresse", "Colombey-Les-Deux-Eglises", "Paris", autrement plus évocateurs que "gmail.com", "hotmail.com" ou "free.fr"). Retrouvons le plaisir de l'objet, du support matériel dont la simple contemplation peut faire renaître en vous le souvenir d'une amitié naissante.

Vous aussi, retrouvez le sens des vraies valeurs et participez au Blogomix. Plus d'informations ici.

Mission accomplie. Je peux retourner à mes bêtises.

mardi, septembre 12

Blur vs Oasis, le retour

Au plus fort de la vague britpop, la sortie simultanée des nouveaux singles de Blur et d'Oasis (de mémoire, Roll with it et Country house) avait donné lieu à une guerre médiatique sans précédent. La question de savoir qui allait être le numéro 1 avait même fait l'ouverture du journal télévisé du soir sur la BBC (je crois que Blur l'avait finalement emporté). Avec le recul, aucun de ces deux singles ne méritait que l'on s'enthousiasme pour lui. Pourtant, pendant quelques semaines, tout le monde était tenu de prendre parti pour l'un ou pour l'autre. Toutes proportions gardées, le petit monde de la pop commerciale pourrait se retrouver dans une situation similaire fin octobre.



De nouveau, les deux chansons sont à première vue plutôt décevantes. Le nouveau single de McFly me semble être un échec complet, sans que je sache exactement exprimer pourquoi (heureusement pour leur prochain album, Lose It semble nettement meilleur). Le nouveau single de Girls Aloud, quant à lui, d'une production en béton armé mais qui n'habille que du vide, ce qui fait que, après deux écoutes, il devient rapidement insupportable (voir aussi Tous Ces Mots de Nadiya). Etant donné que je n'ai même plus Top of the Pops pour suivre la bataille en direct, je crois que je vais m'en désintéresser très vite.

Trois ans

vendredi, septembre 8

J'allais vous expliquer en détails....

... les raisons pour lesquelles ce blog allait probablement tourner au ralenti dans les prochains jours/semaines. Malheureusement, il semblerait que ce genre d'épanchements mal contrôlés irrite certains lecteurs. Je me contenterai donc de vous dire que j'ai une échéance importante dans deux semaines mais que je profiterai de mes heures de loisirs pour tirer les enseignements de vos commentaires de la semaine dernière et chercher une manière d'introduire les liens musicaux qui soit honnête (il est hors de question que je me mette à multiplier les superlatifs) mais donne malgré tout envie au lecteur de cliquer. La quadrature du cercle en quelque sorte.

PS : Mon billet prévu pour aujourd'hui sur la Blogothèque sera finalement publié la semaine prochaine. En attendant, pensez à préparer vos compilations pour le Blogomix, parce que les réseaux d'échange peer-2-peer ne sont pas forcément virtuels.

The Kursk

Je n'aime en général pas trop les fenêtres Youtube intégrées dans les blogs. Je me sens pourtant l'envie d'inclure dans ce billet la splendide vidéo de The Kursk de Matt Elliott (morceau déjà implicitement évoqué ici). Le verbe 'tenter' a toute son importance vu que je n'ai qu'une vague idée de la manière dont il faut s'y prendre. Ne vous étonnez donc pas si vous ne voyez rien apparaître ci-dessous.



EDIT : Ca a marché. Un nouveau triomphe de l'homme sur la machine (maintenant, c'est sûr : je suis le nouveau Neo).

jeudi, septembre 7

Crazy !

Danger Mouse est le nom anglais de Dare Dare Motus.

(oui, je sais, ce billet est consternant)

mercredi, septembre 6

Numb

La vidéo est apparue sur Youtube. On pourrait la décrire comme la rencontre entre Le cuirassé Potemkine, Metropolis et un imaginaire arty qui tourne à vide (surimpression d'images, flou, etc...). Comme en chaque fan des Pet Shop Boys sommeille un directeur de marketing, j'ajouterai juste que le choix des singles pour cet album a, une fois de plus, été réalisé en dépit du bon sens et je prédis que le classement de Numb dans les charts anglais sera le pire de leur carrière, ce qui les fera renoncer à sortir un quatrième single.

(j'ai perdu mon précédent billet dans un plantage de browser. Je doute d'avoir le courage de le réécrire. Sachez seulement qu'il était très fin, très spirituel et très informatif... et adressez vos plaintes à Bill Gates)

dimanche, septembre 3

Epouillage et dépouillement

Le sondage est un exercice dangereux car il y a toujours bien un aspect de la réponse reçue que l'on aurait préféré ne pas connaître. Il est d'ailleurs probable que, quel qu'ait été le résultat final, j'y aurais trouvé des raisons d'être subtilement contrarié et de vous chercher des poux sur la tête (je dirais n'importe quoi pour avoir un joli titre de billet qui en jette). Si vous aviez tous opté pour le format 'plus de liens et moins de textes', j'aurais été déçu de constater que toute la partie rédactionnelle/prise de position/billet d'humeur ne vous intéressait pas et que vous ne vouliez trouver ici qu'un accès impersonnel vers de la musique gratuite. Mon amour-propre de rédacteur en aurait pris un coup mais j'aurais au moins pu me sentir investi d'un rôle de 'passeur', d'une capacité à faire découvrir à d'autres la musique que j'aime.

Idéalement, vos votes auraient dû se répartir sur les deux options et j'aurais pu continuer à croire que mes billets, quel qu'en soit le format, rencontraient les attentes d'une partie au moins des gens qui me lisent.

En réalité, vous avez tous, dans une belle unanimité, voté pour le 'grand foutoir avec moins de liens'. J'en tire deux conclusions :
- l'écriture et le ton de ce blog plaisent, au moins au noyau dur de mes lecteurs (c'est encourageant)
- personne, ou presque, ne fait suffisamment confiance à mes goûts pour ressentir l'envie d'écouter les morceaux que j'aime (ce qui est tout de même un poil déprimant).

Pour ne parler que du mois d'août, il me semblait que des artistes comme Filthy Romance, Dangerous Muse, El Perro del Mar, Marissa Nadler ou Peter, Bjorn and John méritaient vraiment d'être découverts (au moins par ceux qui ne les connaissaient pas déjà) mais je sais à présent que mon compteur ne mentait pas et que seule une infime minorité d'entre vous prend effectivement la peine de cliquer sur les liens que je propose. Peut-être ne vous ai-je pas suffisamment mis l'eau à la bouche et pourrais-je tenter d'écrire des billets plus argumentés et construits sur ces artistes que je découvre et dont je ne connais qu'une ou deux chansons. Malheureusement, je ne suis pas sûr d'en être capable car j'ai besoin d'un minimum de familiarité avec un sujet pour oser en parler un peu longuement. Dès lors, comment puis-je espérer assouvir mes ambitions de 'passeur de hypes alternatives' et de 'Pitchfork crypto-disco' ?

Ce sondage me l'a révélé : je ne peux pas. Vous préférez lire des tartines plus ou moins ironiques sur Britney Spears, Arcade Fire, McFly ou Daft Punk (quand bien même je penserais plutôt du bien de la plupart d'entre eux) que de savoir ce que j'aime vraiment.

Pour le dire encore plus platement, la conclusion naturelle de ce sondage est : même mes lecteurs les plus fidèles sont persuadés que j'ai mauvais goût. Le constat est cruel.

EDIT : Pour répondre à un commentaire, il ne faut sans doute pas prendre ce billet tout à fait au premier degré. J'ai volontairement amplifié et noirci ce que j'ai ressenti en lisant les réponses au vague "sondage" d'avant-hier. Cela dit, le constat que mes coups de coeur n'intéressent a priori pas grand-monde me semble assez juste et il est sans doute préférable que j'en sois conscient, ne serait-ce que pour modifier la manière dont je les présente. Contrairement à ce que je pensais un peu naïvement, il ne suffit pas de donner un lien pour donner envie aux lecteurs de le cliquer. Il va donc falloir que je trouve une manière de mieux les mettre en valeur.

vendredi, septembre 1

Croisée des chemins

Je tenais à remercier tous ceux qui viennent plus ou moins régulièrement sur ce blog car ils m'ont permis de réaliser durant ces deux dernières semaines, mon meilleur jour, ma meilleure semaine et mon meilleur mois en termes de fréquentation. Comme j'ai l'esprit rationnel, il me semble probable qu'une partie de ce succès provient du format des posts "La chanson du jour" auquel je me suis astreint tous les jours du mois d'août (même si mon compteur gratuit semble indiquer qu'une poignée d'entre vous seulement cliquent effectivement sur les liens que je propose).

La popularité apparente de ces billets me force à me poser quelques questions. Je m'étais mis au défi fin juillet de poster quotidiennement sous cette forme pendant un mois mais je ne pensais pas continuer au-delà du 31 août. Le format de ces billets m'apparaît parfois assez contraignant (certains sujets s'y prêtent mal) et le temps qu'ils me prennent m'a empêché de me consacrer ces dernières semaines à des billets plus longs (notamment cette foutue série "à la découverte des classiques", que j'ai déjà annoncée deux fois et qui n'en est pourtant toujours qu'au stade de projet).

Je me demandais donc si vous aviez une préférence entre :
- continuer à utiliser le format "La chanson du jour", c'est-à-dire privilégier le caractère audio-blog en mettant l'accent sur les liens vers des morceaux de musique (mp3, youtube, myspace,...) quitte à raréfier les chroniques de disques et de concerts ou les billets d'humeur.
- revenir au format d'avant le mois d'août, c'est-à-dire un joyeux foutoir où je ne me force à rien et laisse venir l'inspiration au gré de mes humeurs, ce qui signifierait sans doute moins de liens, des mises à jour moins fréquentes mais un peu plus longues (et, vraisemblablement, beaucoup plus de mauvaise foi).

Les deux options ont leurs avantages et leurs inconvénients et je n'ai pour l'instant pas vraiment de préférence. N'hésitez donc pas à donner votre avis dans un commentaire. Votre opinion m'intéresse car ce blog est aussi le vôtre. (arf)

jeudi, août 31

La chanson du jour (XXXI)

Explosions in the sky - The rescue

Les anciens sauveurs de la cause post-rock proposent le Travels in Constants EP en téléchargement gratuit sur leur site. Peut-être est-il disponible depuis des lustres mais c'est la première fois que je tombe dessus. En tout cas, ceux qui ont aimé leur troisième album ne devraient pas être trop déçus.

mardi, août 29

Hein ?

Quoi ? Comment ? Je vais attendre d'y voir plus clair pour commenter.

EDIT : Ouf. Tout rentre dans l'ordre.

La chanson du jour (XXIX)

Le blogueur ayant proposé tous ces morceaux du week-end le lundi, se retrouva fort dépouvu une fois que mardi fut venu.

The Dykeenies

Le son de ce groupe me plaît bien (leur réponse à "Sounds like" est d'ailleurs très amusante). On sent qu'ils ont beaucoup écouté la vague Kaiser Chiefs-Killers-Bravery, pour le meilleur et pour le pire. Il leur manque peut-être juste encore de savoir écrire des bonnes chansons. Ca viendra sans doute mais, en l'état, je ne vois pas trop lequel des quatre morceaux préférés seraient vraiment à sa place dans une rubrique la chanson du jour.

Je repars donc en chasse. Cent fois sur le métier il faut remettre son ouvrage. Dure vie. En désespoir de cause, je suis allé replonger dans la (petite) série de mails promotionnels que j'ai reçus ces dernières semaines et qu'une première écoute rapide m'avait fait reléguer au purgatoire.

Taxidermists

De l'électro littéraire bruxelloise. C'est sympa. On pense un peu à Taxi Girl, un peu à Dominique A mais il manque un truc pour que je sois vraiment enthousiaste. Ce n'est pas encore la perle rare que je recherche.

Heureusement, dans les fins fonds de ma boîte aux lettres, je retombe sur un message non-lu. ("Comment, il ne lit pas toujours tous ces messages ? Quel manque d'organisation !" pourriez-vous vous dire, et vous auriez raison.)

Marianne Dissard - Sans façon

Marianne Dissard est francophone et vit à Tucson, Arizona. Elle prépare un album en collaboration avec Joey Burns de Calexico (mais John Convertino n'est pas très loin). Dans leur version démo, ses chansons me font penser à Carla Bruni (ce qui est plutôt un compliment). La seule chanson disponible en version définitive fait en revanche (forcément) penser à Calexico, dont le son doit sans doute commencer à me lasser parce que je crois bien que je préfère les démos.

lundi, août 28

La chanson du jour (XXVIII)

Comme tous les mp3-blogs se sont donnés le mot ce weekend, il y en aura même plusieurs.

Mephisto Waltz - Iceblink Luck

Le dernier post de Copy, Right? contient pas mal de morceaux intéressants sur le papier (des reprises des Pet Shop Boys, de Björk et d'autres) mais peu sont totalement satisfaisants à l'écoute. A part peut-être celui qui prouve que la musique des Cocteau Twins est ciselée avec une telle délicatesse que toute reprise ne peut être qu'une copie-carbone.

Gary Numan - Metal ou Cars

Gay Numan a beau être l'un des personnages les moins sympathiques de toute la vague new-wave synthétique. Il faut reconnaître que, lorsque ces morceaux sont sortis en 1980 (environ), ils sonnaient comme un avant-goût de l'an 2000. Aujourd'hui, en 2006, force est de reconnaître qu'ils ne sont toujours pas datés. Ca fait plusieurs fois que j'entends dire que les nouveaux albums de Numan (de l'électro-indus) sont très bons. Il faudra que je m'y penche. Sur la même page, vous avez aussi du Erasure, du Electronic (avec des vrais morceaux de Neil Tennant dedans) et du The Knife.

The Moore Brothers - Fresh Thoughts of You

Mais foin de toutes ces vieilleries. Le nouvel album de mes bons amis The Moore Brothers (à ce jour, les seuls musiciens à m'avoir serré la main alors que je quittais la salle à la fin d'un concert) vient de sortir avec quelques mois de retard sur la date prévue. Difficile sur deux morceaux de se faire une idée précise. Que ce soit en concert ou sur disque, leur musique gagne à être écoutée dans la longueur.

Pour finir, saviez-vous que Matt Bellamy a quasiment la même voix que Gwen Stefani ? C'est troublant.

dimanche, août 27

La chanson du jour (XXVII)

McFly - She Falls Asleep

Bonne nouvelle pour les perspectives commerciales de McFly en France : sans la moindre promotion, ils ont déjà amassé un nombre de fans français assez conséquent. Mieux, ces derniers sont tellement fanatisés qu'ils m'accusent de détester le groupe après avoir lu mon billet d'il y a deux semaines sur la Blogothèque (qui me semble pourtant plutôt positif). C'est le retour du syndrôme Lee Ryan. Voici quelques extraits choisis.

Première réaction et première incompréhension.
Quelle bande de cons ! rahhhh mais raaaaaaah ça m'enerve ! Z'ont jamais écout" c'ets clair!!!
Comment diable peut-on lire ce que j'ai écrit sur McFly et en déduire que je n'ai jamais écouté ? Ca m'échappe. Ca continue pourtant sur le même thème :
Maintenant un groupe qui sonne un peu pop et qui est composé de 3 garçons ou plus est considérer comme un Boys-Band , et forcément quand on parle Boys-Band on peut se dire " musique commerciale pour gamines dont les membres se contentent de play back et de chansons dont ils ne sont pas auteurs " , je pense que la moitié des abrutis qui écrivent ce genre de trucs ne savent absolument rien de Mcfly , et encore moins qu'ils écrivent et composent eux-même , ce dont beaucoup de groupes ne peuvent pas se vanter.
Je dis pourtant clairement et sans ambiguïté dans le texte que les membres de McFly écrivent et interprétent eux-mêmes leurs chansons. Les journaux ont-ils raison et les adolescents d'aujourd'hui seraient-ils devenus incapables de comprendre un texte écrit ?
pff ça me dégoute de voir des articles comme ça... comme disait [...], dès qu'il s'agit d'un groupe de mec qui font de la pop, ils sont desuite mal jugé par beaucoup de monde ! mais ces gens la faut les ignorer ils savent pas de quoi ils parlent, et surtout ils ont pas l'esprit ouvert... je veux bien qu'on critique et qu'on aime pas ce genre de musique, mais là c'est du non-respect !

Me voilà accusé de ne pas avoir l'esprit ouvert et de ne pas "respecter" la pop ! Une telle accusation me fend le coeur.

(en passant, je suis assez épaté par la qualité de l'écriture sur ce forum. Très peu de langage SMS et j'ai même appris un nouveau mot, "mélioratif". Ca change du forum Lee Ryan.)
mais c'est quoi cette abruti serieu y merite mon poing dans sa gueule celui la !!!! nan mais y connait meme pas il ne sait meme pas renseigner en parlant d'eux comme il le fais !!!

la prochaine fois y ferme sa gueule avant de l'ouvrir normalment un journaliste qui ecrit un article n'est pas censé les critiquer mais juste informer des nouvelles qu'il ne passe et aprés s'il été critique jounalistique la oui daccord mais il n'est que journaliste alors il va calmé ses ardeurs la prochaine si par exemple se groupe été connu en france et aurait du succés (qu'il a deja mais peu...) et bien il ne dirais pas ça...

je trouve sa désolant !!!!
(quoique, pas tous en fait)
Et non, je ne suis pas journaliste. Même la Belgique s'y met :
Ce type il y connait rien! jpari qu'il sais même pas de quoi il parle!
Les gens sont vraiment des gogoles, il n'ont rien d'autre a faire que lacher des critique subjectives qui n'en vaille même pas la peine...
il fait pitié ce type!
Une dernière salve :
Et puis c'est tellement pas recherché McFly selon lui, c'est certain qu'il a jamais entendu "She Falls Asleep"

On dirais que le fait que ce soit des groupe a succes le gène
Pfff c'est ridicule

Ah si, j'ai entendu She Falls Asleep. J'ai même dit que la chanson parvenait (in extremis) à ne pas être ridicule, ce qui, pour de la pop symphonique avec grand orchestre, n'est pas donné à tout le monde. Pour vous faire une idée, vous pouvez aller voir la vidéo non-officielle dont je donne le lien en début de billet. Les images redonnent au mot "cornichon" tout son sens mais vous y entendrez la chanson en entier.
C'est un article a la noix, le gars il a pas areter de tout critiquer, demain il va dire qu'elvis prestley était un pov type ! 'Faut pas laisser passer ca, et comme vous avez dit avant, c'est pas parce que un groupe est constitué de garcon que c'est forcement commercial et que ce qu'ils font, c'est pourri! chansons pop-punk assez médiocres (à la Blink-182) Je rêve ou il a dit que Blink 182 était médiocre!?! La je perd mon sang froid! c'est pas parce que lui aime pas que c'est forcement nul pour tout le monde et forcement commercial!!! quel abruti! ca devrait etre interdit d'écrire des trucs insultant comme sa surtout quand on ne connait pas!
Là, j'assume. Blink-182, c'était vraiment pas bon, en tout cas sur la base des singles. Il vaut mieux tant qu'à faire écouter Green Day ou The Offspring.
Un soi-disant connaisseur qui connait rien du tout et qui parle sans savoir, rahlala, comme beaucoup d'entre eux, ils n'écoutent pas et ne font rien pour savoir qui est qui, qui fait quoi et etc... et ils écrivent que de belles conneries!
Encore cet étrange reproche de parler sans avoir écouté. Je suis perplexe.
C'est bisar, parce que tous ce qu'il insulte dans son article, ce son des hommes, on dirait que les hommes n'ont pas leur place dans le monde de la musique avec son article!
Ca, en revanche, je peux facilement expliquer (quoique je n'ai pas l'impression d'avoir insulté qui que ce soit). C'est juste que l'article était consacré aux Top of the (male) pops. Les (females) pops étaient traités dans l'article qui précède.

La conversation a par la suite bifurqué vers les arbres jungiens et l'autoréalisation mais, comme je ne suis pas sûr d'avoir tout bien compris, j'en reste là de mes citations. Quoique je ne résiste pas à vous proposer cette dernière tentative psychanalytique.
bah euh oui apparemment son trouble releve de l'adolescence,je pense peut etre meme de l'enfance,quand on essaye d se forger une securité emotionnelle en faisant du mal aux autres ou en se faisant remarquer[...] ca peut aussi etre a cause dune haine expliquée contre le physique d'un des membres du groupe,il peut lui rappeler par exemple,l'amant de sa femme
(ok je sors)
peut etre tout simplement qu'il est c*n...


Au mépris du danger, je suis allé (naïvement sans doute) demander sur le forum pourquoi ils avaient pris mon article plutôt positif comme une descente en flammes du groupe. Après quatre pages de réactions, je ne suis pas sûr d'être beaucoup plus avancé. Apparemment, ils (ou plutôt elles, car je n'ai lu, me semble-t-il, que des jeunes filles) n'ont retenu de mon billet que les mots "gamins" (pourtant une description tout à fait valable pour des moins de 16 ans aux cheveux en pétard, ils n'avaient qu'à pas commencer si jeunes) et "bubblegum-pop". Tout le reste du texte est passé à la trappe. Elles réagissent en fait comme si elles avaient tellement intégré ce que leurs grands frères leur répètent à longueur d'année (soit, en paraphrasant, "Tu n'en as pas marre d'écouter de la pop de merde. Ecoute du rock. SYYSTEEEM OF A DOOOOOWNNN") que le mot pop et tous ses dérivés sont presque devenus pour elles un reproche. Elles se sentent donc obligées de considérer que McFly ne fait pas de la pop (ou, ce qui est pire, qu'on ne peut pas le dire). C'est absurde (j'irais même jusqu'à dire que McFly est un boy-band, c'est dire). Du coup, ma démarche, qui est de réhabiliter les termes "pop" ou "bubblegum-pop" (voire "boy-band"), leur paraît incompréhensible. Dans ces conditions, toute tentative de discussion est vouée à l'échec et j'ai d'ailleurs rapidement abandonné.

Cette incompréhension flagrante me fait me demander quel public je vise, exactement, lorsque je parle de (teen-)pop. Le public-cible, les (pré-)adolescent(e)s, ne comprend manifestement pas le ton que j'emploie et le public indé n'en a de toutes façons pas grand-chose à faire. Peut-être au fond que j'écris ces billets juste pour moi (ça tombe bien, je suis un lecteur régulier). Pour le reste, je jette le gant.

samedi, août 26

Courage...

...plus que deux écoutes avant que je ne trouve ça génial.

Et encore dix de plus pour que ça devienne (sans doute) insupportable.

Tout est question de dosage en fait.

La chanson du jour (XXVI)

Dolorian - The Flow of Seething Visions

Mon billet de la semaine sur la Blogothèque est consacré à mon album de death-metal préféré de tous les temps, qui es aussi le seul que j'ai écouté en entier. Dommage que les deux extraits proposés donnent une idée aussi incomplète de l'album dans son ensemble.

vendredi, août 25

La chanson du jour (XXV)

Marc Almond - Three Monkey Tango

Marc Almond a ouvert il y a quelques semaines sa page Myspace et compte y proposer régulièrement des morceaux inédits, des raretés. Pour l'instant, on y trouve une tentative dance un peu cheap (Neo Burlesque), une démo de 1995 (Lonely Drag) et deux chansons d'inspiration russe dans la lignée de son dernier album Heart on Snow.

jeudi, août 24

La chanson du jour (XXIV)

Peter, Bjorn and John - Amsterdam

Un des groupes les plus hypés du moment (voir notamment Young Folks sur leur page Myspace) chante le plus grand port européen, de manière radicalement différente de ce que faisait le grand Jâââcques : voix blanche et robotique et platitude assumée des mélodies. C'est pourtant presque aussi bien. Sur la même page, on trouve également une seconde portion (oserais-je "rawète" ?) de Justin T.

En bonus, l'adorable God Knows de El Perro Del Mar.

EDIT : Arf.

mercredi, août 23

La chanson du jour (XXIII)

Justin Timberlake (feat. T.I.) - My Love

Comme disent les Anglais : "Come on, click, you know you want to". Moi, en tout cas, j'ai cliqué et ça m'a rendu encore plus impatient d'entendre l'album.

Et, en prime, une des meilleures chansons de Hard-Fi (Living for the Weekend) reprise en acoustique par le groupe lui-même et par les Sugababes.

mardi, août 22

Daft Punk au Pukkelpop

Je ne m'attendais pas à me faire prendre à partie par des fans de Daft Punk pour un commentaire qui me semblait revendiquer fièrement sa totale subjectivité. L'événement me rappelle en tout cas pourquoi, en-dehors des comptes-rendus de festivals (où je ne peux leur échapper), j'évite soigneusement de dire du mal d'artistes que je n'aime pas, préférant leur réserver un châtiment pire encore, le silence.

Une petite explication de texte s'impose donc sans doute.

Comme auraient sans doute pu vous l'indiquer les termes "antichambre de l'enfer" ou "décérébrés" (malgré cette irrésistible répétition de 'é', je ne pense pas "vraiment" qu'un trépaneur fou se soit abattu sur la plaine de Kiewit entre les concerts de Placebo et de Daft Punk), je n'avais pas pour but de présenter des arguments rationnels susceptibles d'ébranler les convictions d'interlocuteurs de bonne volonté. Je voulais juste répandre mon fiel sur un groupe dont la 'musique' provoque en moi l'incompréhension la plus totale. C'était une simple réaction épidermique.

Cela dit, je ne suis pas d'accord avec cette maxime simpliste utilisée pour contrer à peu de frais les prises de position un peu tranchées ("tout ce qui est excessif est insignifiant"). Ce que je raconte est parfaitement signifiant, dans le sens où il s'agit d'une description fidèle de ce que j'ai ressenti. Mais comme toutes les prises de position en matière d'art (et tout ce qui fait intervenir la notion de goût en fait), son rayon de signifiance ne dépasse guère les 30 cm.

Je revendique donc tout à fait l'impression que le concert m'a laissée et la manière dont je l'ai décrite représente aussi clairement que possible mon état d'esrpit au moment même. Je n'en peux rien si Daft Punk est un des rares groupes dont le succès m'irrite. Cela étant dit, je n'ai aucun problème à reconnaître que d'autres puissent avoir une opinion différente. Je ne les ferai pas changer d'avis et eux ne me convaincront pas plus. Il n'y a donc aucune raison d'en faire une affaire personnelle. Je devrais d'ailleurs sans doute redonner le lien vers ce billet, qui a déjà longuement traité de toutes ces questions.

Pour finir, j'ajoute que même le premier album de Daft Punk me parait d'une totale insignifiance, et peut-être même plus que les autres car il a été le plus encensé. Cela dit, c'est sans doute plus mon problème que celui de Daft Punk.

La chanson du jour (XXII)

Belle and Sebastian - The state I am in

Il y a quelques semaines, les gentils membres de Belle and Sebastian sont allés fêter leurs 10 ans de carrière en petit comité (le Hollywood Bowl de Los Angeles, capacité : 17000) accompagnés d'un orchestre symphonique. L'orchestre est franchement sous-employé, l'enregistrement pirate est de qualité moyenne, mais pour les fans du groupe, c'est un vrai document.

lundi, août 21

Pukkelpop 2006

(Un peu) parce que mes billets de l'année précédente ont suscité plusieurs réactions négatives, (aussi) parce que j'ai vécu le festival en dilettante et n'ai pris aucune note, (et surtout) parce que la motivation me manque, je ne me fendrai pas cette année d'un compte-rendu chronologique et kilométrique du Pukkelpop. Je me contenterai, tel un instituteur acariâtre, de distribuer mes bons et mes mauvais points et de faire des petites listes synthétiques bien ordonnées :

Pas vus alors que je voulais les voir (avec motifs d'absence) :

Tunng (perdus sur la route, arrivés trop tard...dommage, je m'en faisais une joie)
Regina Spektor (chanteuse malade)
Babyshambles (chanteur en prison)
iForward Russia!, Gogol Bordello, The Pipettes, White Rose Movement, Dirty Pretty Things (indigestion de Pizza Hut, vomissements répétés)
Alice Russell (annulation)
Midlake (arrivée trop tardive)
!!! (pure flemme, j'ai préféré resté assis et discuter 'ships')
Delays, José Gonzalez, The Spinto Band, An Pierlé & White Velvet, Zita Swoon, Yeah Yeah Yeahs, Nouvelle Vague, Ministry (chevauchement entre deux scènes)
(quand on y pense, j'aurais quand même pu mieux rentabiliser mon ticket)

Mal vus :

Field Music : pas en place, ne mène à rien, assez pénible. La tente se vidait à vue d'oeil et nous avons suivi le mouvement
Gomez : je me souvenais pourtant avoir aimé leurs deux premiers albums
Infadels : ils ont fait leur mini-tube et il y avait un peu de synthés... mais bon, pas de quoi fouetter un chat
Turbonegro : beaucoup moins haut en couleur que ce que l'on nous avait laissé entendre. Du glam-métal assez pitoyable dans l'ensemble
65daysofstatic : arrivé pour les deux derniers morceaux du set. Ca avait l'air au moins aussi bien qu'à l'Ancienne Belgique. Ca vaudrait la peine que je les rechope pour un concert en salle.
HIM : il avait dû oublier sa trousse de maquillage à la maison, on aurait dit Johnny Depp dans sa phase la plus grungy, pas un goth-god.
The Raconteurs : Jack y est presque aussi insupportable qu'avec les White Stripes.
Snow Patrol : tous les groupes se produisant sur la grande scène devraient égarer leur matériel à l'aéroport et jouer des sets en acoustique. C'est très reposant.
Panic at the disco! : les petits surdoués de la scène nu-skate américaine montrent toutes leurs limites en reprenant Tonight Tonight des Smashing Pumpkins et Karma Police de Radiohead. Cela dit, c'est pas tous les jours que l'on voit des impros au piano sur la skate-stage, il faut au moins leur reconnaître ça.

Voici pour suivre la liste des groupes dont j'ai vu les concerts dans la longueur, de celui que je préfère à celui que j'aime le moins :

1. Radiohead
2. Belle and Sebastian
3. Scissor Sisters
4. We Are Scientists
4. The Dead 60s
6. The Knife
7. Massive Attack
8. DJ Shadow
9. Keane
10.Hot Chip
11.The Dresden Dolls
12.Arctic Monkeys
13.Placebo
14.TV On The Radio
15.Be Your Own Pet
16.Daft Punk
17.The Twilight Singers feat. Greg Dulli & Mark Lanegan (jamais entendus)

Comme je suis a priori plus séduit par le concert d'un groupe que j'aime que par celui d'un groupe qui me laisse indifférent, le classement des meilleurs concerts du festival risque de ne pas être très différent, mais du coup, les différences sont assez significatives. Les meilleurs concerts furent selon moi :

1. Radiohead : Sans surprise. Radiohead est de très loin le groupe en activité avec le plus petit coefficient "nombre de concerts vus/niveau de fanitude". Les tickets de leurs concerts étant en général vendus en 20 minutes sur des lignes téléphoniques surtaxées, je ne les ai en effet vus qu'une fois. Le groupe a joué pendant à peu près deux heures, en n'intégrant que très peu de nouveaux morceaux (trois, de mémoire) mais ils ont montré une fois de plus que les sculptures sonores les plus délicates peuvent tout à fait passer la rampe sur la grande scène. J'ai été ébahi de constater que la moindre subtilité de leurs arrangements reste parfaitement perceptible. Quand on pense que la moitié des groupes entendus en passant sur cette même scène ne semblaient être capables que d'injecter une bouillie sonore sans reliefs dans les oreilles des spectateurs, c'est une vraie performance.

2. Belle and Sebastian : Aucun effet de découverte ici. Je connais bien le dispositif scénique du groupe et la seule surprise du concert provient de la setlist, qui va volontairement piocher dans tous leurs albums et fait la part belle à des morceaux plus obscurs (Electronic Renaissance, Le Pastie de la bourgeoisie par exemple). Pour le reste, le fait de jouer il y a quelques jours avec un orchestre symphonique devant 17000 personnes ne leur a pas fait perdre leurs bonnes habitudes : faire monter une jeune fille pimpante pour danser sur Jonathan David ou quémander du mascara dans le public (pour chanter une chanson que je n'ai malheureusement pas reconnue). Je me suis senti très vieux quand Stuart a dit un truc du genre : "This is a song from our red album If you're feeling sinister, you kids'll have to borrow it from your parents."
EDIT : La chanson au mascara s'appellerait Lord Anthony. Merci François.

3. The Dresden Dolls : voilà un groupe dont la musique ne prend tout son sens qu'en live (comme c'est d'ailleurs aussi le cas pour Hanged'Up, autre duo avec batteur), avec une alternance entre des morceaux du groupe (dont l'irrésistible Coin-Operated Boy) et des reprises (Black Sabbath, Dans le port d'Amsterdam). Mention spéciale à l'accoutrement de la chanteuse. A revoir.

4. Hot Chip : Leur deuxième album The Warning était déjà une des meilleures surprises de l'année mais les morceaux qui s'y trouvent prennent encore une autre dimension en live. Over and over en particulier devient, joué live, bien plus qu'une bonne chanson de plus. Je n'avais pas le souvenir que le chanteur (au look improbable, bottes en caoutchouc blanc comprises) avait une aussi belle voix. Contrairement à ce que j'ai lu dans la presse, la grande majorité des instruments étaient joués live et le groupe est apparu comme un groupe très compact, une vraie musique de gang. Ce fut pour moi la très bonne surprise du festival.

5. The Dead 60s : Voilà un groupe qui ne révolutionnera jamais rien (à part peut-être l'art d'accommoder les restes) mais dont le chanteur dégage une telle énergie, avec ses mimiques simiesques et cette habitude très anglaise de rechercher en permanence les poses les plus arrogantes, que la musique en devient presque irrésistible (rhaaa, Riot Radio). De plus, les intermèdes dub qui m'ennuient profondément sur leurs disques (surtout sur les EP) sont ici des respirations bienvenues. Ces 45 minutes furent sans sans doute ce que je connaîtrai de plus proche d'un concert des Clash (pogo compris). Je ne comprendrai d'ailleurs jamais pourquoi le groupe ne s'appelle pas The Dead 70s-80s.

6. We are Scientists : Leur premier album réussit l'exploit de contenir les meilleures chansons qu'auraient pu (dû) interpréter Bloc Party, Franz Ferdinand ou les Stereophonics. Une collection quasi ininterrompue de tubes que le groupe reproduit avec plaisir en live. Il n'y a pas grand-chose à regarder sur scène et l'interaction avec le public est assez limitée (je me souviens juste d'une remarque assez arrogant sur comment ils étaient tellement bons musiciens qu'ils avaient réussi à retomber dans la bonne tonalité en milieu de morceau après avoir pris un mauvais départ) mais comme c'était la première fois que je les voyais, ça me convenait très bien.

7. TV on the Radio. Parfois, j'ai besoin de voir un groupe jouer pour comprendre sa musique. Sur disque, je suis toujours resté assez en-dehors de la musique de TV on the Radio, qui me semblait, je ne sais trop pourquoi, ronronnante et auto-satisfaite. Je ne m'attendais du coup pas du tout à ce que le chanteur dégage une telle énergie et imprime des inflexions à ce point 'funky' à sa voix. A voir le groupe jouer, l'extraordinaire richesse de cette musique qui mêle funk, soul, hip-hop, shoegazing et indie-rock saute aux yeux. Un morceau comme Who is the men behind those jazz hands? (de mémoire) est même quasiment irrésistible. Je réécouterai les albums avec des yeux nouveaux (si j'ose dire).

8. The Knife : Ce n'était qu'environ le dixième concert donné par le groupe depuis sa création (alors qu'ils ont déjà sorti 3 albums). Ils ont donc pris le temps de peaufiner leur dispositif scénique. A gauche, Olof, la tête couverte d'une cagoule noire, frappe avec des baguettes sur sa batterie synthétique (sooo 80s, darling). A droite, Karin, pareillement vêtue, chante. La scène étant en permanence plongée dans la pénombre, je n'en ai pas vu beaucoup plus. Il semblait y avoir un énorme pantin aux bras désarticulés à gauche, des projections sur des rideaux translucides situés à des profondeurs différentes ainsi que sur des panneaux ovales qui servent essentiellement à représenter des visages (notamment celui de Jay-Jay Johanson pour Marble House). Malheureusement, à moins d'arriver sous le chapiteau 30 minutes avant le début du concert, tout cela n'était guère visible. Reste donc la musique et, de ce point de vue, Heartbeats et Silent Shout n'ont pas démérité.

9. Massive Attack. La dernière fois que j'ai vu Massive Attack en concert, j'avais été épaté par l'accompagnement visuel de leur spectacle. Ils ont été cette année beaucoup plus sages de ce point de vue et, à part lorsque l'ange Elizabeth est venu pousser des vocalises sur deux titres, je me suis un peu ennuyé... mais bon Elizabeth Fraser était là, à moins de 100 mètres de moi. Ca excuse presque tout.

10. Scissor Sisters : Sur disque, les Scissor Sisters sont en train d'inventer la pop du troisième millénaire (comme disent les gazettes qui savent de quoi elles parlent). Sur scène, leur ambition est nettement moindre et ils se contentent de consciencieusement réinterpréter leurs morceaux. Je m'attendais à vrai dire à un show un peu plus spectaculaire. Certes, l'une des raisons qui font que les Scissor Sisters sont un groupe pop qui plait au public rock ou indé est justement le fait qu'ils sont aussi des musiciens mais, perdus sur la grande scène, ils ne parvenaient plus qu'à flamboyer par intermittences. Cela dit, le nouvel album (le délicieusement nommé Ta Dah) s'annonce prometteur.

11. Arctic Monkeys : Alex Turner s'est laissé pousser les rouflaquettes, leur bassiste bien-portant s'est fait virer (ou presque) pour déficit d'image. Ils enchaînent les tubes (étonnant de voir combient ils en ont déjà avec à peine un album) mais, comme sur disque, ça reste finalement beaucoup plus convenu que ce que l'on pourrait croire.

12. DJ Shadow : Quel intérêt y a-t-il à voir DJ Shadow en concert? Plus qu'un concert, on a l'impression d'assister à une soirée d'écoute commentée de ses trois albums. Ce n'est pas inintéressant, surtout quand la sortie du nouvel album est imminente et qu'un délicieux frisson d'avant-première parcourt la foule mais bon, ce n'est pas très festif. De plus, les projections qui accompagnent le concert semblent n'exister que pour confirmer que l'ami Josh n'aime vraiment pas George Bush. Je n'ai pas encore entendu les versions enregistrées des nouveaux morceaux mais Chris James (chanteur d'un groupe anglais dont le nom m'a échappé et qui était présent sur scène pour deux titres) a beau avoir de temps en temps une inflexion à la Thom Yorke, il n'empêche que, le reste du temps, sa voix n'est pas loin d'être insupportable. J'espère que ça me choquera moins sur l'album.

13. The Twilight Singers feat. Greg Dulli & Mark Lanegan
Je ne connaissais pas du tout Greg Dulli (dont on m'a en fait appris qu'il était le chanteur des Afghan Whigs) et à peine mieux Mark Lanegan. Le premier a une voix rocailleuse assez pénible, le second a une présence scénique indéniable (moins il en fait, moins on peut le quitter des yeux) mais n'intervient malheureusement que sur deux titres. Pourtant, le concert avait un petit côté "super-groupe de reprises" (avec notamment Where did you sleep last night? ou Put it down, baby, why don't you give me your love?) assez plaisant et il faut reconnaître que je n'ai pas vu dans ma vie assez de solos de guitare blues pour pouvoir en être lassé (à bien y réfléchir, ça devait sans doute être la première fois).

14. Keane : que de tubes, que de tubes, mais quel ennui aussi. Ce qui, sur disque, est un fond sonore quasi-parfait pour somnolences mal maîtrisées ou conversations mollassonnes devient, lorsqu'on se le prend en pleine figure à 110 db, un peu pénible. Pourtant, j'ai un petit faible pour leur premier album.

15. Placebo : Brian, je t'ai tant aimé à l'époque des deux premiers albums. Je me souviens encore t'avoir touché les cheveux lors d'un de tes stage-divings au Botanique. Puis, le temps meurtrier a accompli son travail de sape et nos chemins ont divergé. Je te retrouve aujourd'hui, chauve (et assumant enfin ta calvitie avec une coupe tout rasé au cordeau). Est-ce pour me punir que tu n'as joué que des morceaux de tes deux derniers albums ? J'ai espéré pendant 55 minutes entendre Without You I'm Nothing ou Pure Morning mais tu n'en fis qu'à ta tête, allant même jusqu'à préférer reprendre Running Up That Hill de Kate Bush. J'espère que tu ne les as pas joués alors que je quittais la plaine, la tête basse, pour aller voir Belle And Sebastian, ce serait cruel.

16. Be Your Own Pet : Que d'énergie, que d'énergie, mais surtout quelle incapacité à en faire quoi que ce soit de construit. Ce genre de rock primitif est décidément beaucoup trop roots pour moi, mais je suis sûr que cette chanteuse qui se trémousse en secouant ses beaux cheveux blonds doit faire naître des pensées coupables chez Philippe Manoeuvre ou Stéphane Deschamps. Je la leur laisse donc bien volontiers.

17. Daft Punk : Dieu que je les hais. De voir 30.000 personnes, apparemment toutes décérébrées pendant que j'allais voir Belle and Sebastian (c'est la seule explication que je vois), se réjouir d'entendre des boucles simplistes de 5 secondes répétées ad nauseam par deux crétins qui n'ont retenu de Kraftwerk que le vocoder, j'en viendrais presque à désespérer de la race humaine. Je ne me suis jamais senti aussi proche d'un groupe d'inconnus que je ne l'étais de ces trois personnes qui, avec moi, remontaient le mouvement de la foule qui se déversait dans ce qui devait sans doute être une antichambre de l'enfer. Brrrrr.

La chanson du jour (XXI)

Kammerflimmer Kollektief - Lichterloh (Nôze Remix)

Mes fournisseurs patentés en électro jazz-lounge (leurs albums méritent qu'on s'y attarde) sont ici passés à la sauce remixe. Le mélange est troublant.

(les billets XVIII à XXI sont frais du jour. N'hésitez pas à scroldonner.)

dimanche, août 20

La chanson du jour (XX)

Je n'ai jamais pu résister à un bon running-gag et, comme l'actualité le permet, voici encore un billet consacré à Dangerous Muse, dont deux nouvelles chansons sont désormais disponibles en streaming audio.

Dangerous Muse - Break Up
Dangerous Muse - In This Town


(le caractère 'humoristique' de ces billets à répétition est encore accentué par le fait que, pour la première fois, les morceaux sont assez médiocres)

samedi, août 19

La chanson du jour (XIX)

Je peux mourir heureux. Alors que je pensais la chose impossible, j'ai entendu (vaguement) et vu (encore plus vaguement) Elizabeth Fraser en concert. Pour fêter ça, une démo enregistrée avec un de ses grands fans, Jeff Buckley.

Jeff Buckley & Elizabeth Fraser - All Flowers (In Time Bend Toward The Sun)

vendredi, août 18

La chanson du jour (XVIII)

British Sea Power - Carrion

Pour rattraper le temps perdu (je n'ai qu'une parole et un morceau par jour, c'est un morceau par jour), commençons par un des groupes que j'ai le plus de scrupules à ne pas aimer comme il le mérite. Sur la même page, vous avez aussi deux morceaux de Scott Walker, dont un extrait du dernier album.

jeudi, août 17

La chanson du jour (XVII)

Je pars pour le Pukkelpop dans deux heures (et je suis déjà crevé et enrhumé... ça promet). La programmation de demain me met face à un dilemme cornélien (comme presque tous les dilemmes). A 13h55 se produisent :

The Pipettes - Pull Shapes :
Trois anglaises qui portent des robes à pois et remettent au goût du jour les harmonies spectoriennes des girl-bands 60s. Une exposition médiatique maximale en France (la couverture de Magic, la première page des quotidiens, etc...) mais une presse plutôt négative en Angleterre. Une poignée de chansons irrésistibles (dont, surtout, Pull Shapes) mais un album décevant sur la longueur.

Gogol Bordello - Last Wish of the Bride :
une bande de punks new-yorkais dont la musique est fortement inspirée de folklore gitan et/ou est-européen. Difficile en les écoutant de ne pas penser notamment au groupe de Emir Kusturica. Je ne connais rien de leurs préférences vestimentaires. Je n'ai pour ainsi dire rien lu nulle part à leur sujet. Ils ne possèdent pas de réels tubes mais l'album est assez jouissif sur la longueur.

Vous comprenez mon hésitation. Pour que vous ayez tous les éléments du dossier en main. J'ajouterai également que les deux groupes repassent à Bruxelles en automne. Je vous demande donc : Qui dois-je aller voir? Je ramasse les copies demain matin.

mercredi, août 16

La chanson du jour (XVI)

Goldfrapp - Boys will be boys

Goldfrapp abandonne le son électro-glam des deux derniers albums pour marcher sur les plates-bandes des Dresden Dolls en reprenant Boys Will Be Boys des Ordinary Boys, sans doute le groupe le plus anglo-anglais depuis The Beautiful South.

Et comme je suis un peu monomaniaque, voici trois versions de The Rejection. La première est la version single classique, les deux suivantes sont des remixes dont le meilleur est clairement le dernier. Le billet dans lequel j'ai trouvé les liens a été effacé, je vais donc éviter de le référencer.

mardi, août 15

La chanson du jour (XV)

Comme prévu, je n'ai pas eu le temps de dénicher une nouveauté présentant ne serait-ce qu'une ombre d'intérêt (The View... vraiment ?). Je voulais mettre une vieillerie vite fait pour conserver mon rythme d'un morceau par jour, mais Youtube est en maintenance. Du coup, je suis dubitatif et vais devoir reconnaître mon impuissance, à moins que je ne vous propose la vidéo polysexuelle de The Rejection, qui vient de faire son apparition sur le Web... Mouais, faisons ça.

Dangerous Muse - The rejection

dimanche, août 13

La chanson du jour (XIII)

Khonnor - Cantelopps

Sutemos.net est un site qui propose des albums d'electronica en Creative Commons. Je viens de découvrir l'adresse donc je ne peux pas encore vous donner des conseils très précis, mais on y trouve en tout cas un morceau de mon ami Khonnor, dont le premier album, Handwriting, avait été un de mes "coups de coeur" de 2004 (je commence à écrire comme parlent les animateurs de RTL... brrrr).

EDIT : Le texte de présentation de Khonnor sur la page ci-dessus m'a mené vers ces deux albums sortis uniquement en mp3. Miam.

samedi, août 12

La chanson du jour (XII)

The Maccabees - Latchmere

La vidéo est sans doute diffusée en boucle sur MTV2 (elle est aussi visible sur la page) mais tant pis, c'est un bel exemple de pop indé anglaise, dans ce que le genre peut avoir de plus réjouissant. On peut douter que le groupe sortira plus de deux albums dans sa carrière, mais qu'importe.

Et, pour ceux qui ne l'ont pas encore vue, la première vidéo musicale de Chris Cunninghman (Aphex Twin, Björk) depuis sept ans accompagne Sheena Is A Parasite, un morceau sans grand intérêt des nouveaux chouchous du NME, The Horrors. Tout est dans le calamar.

vendredi, août 11

L'immatérialité dépoussiérée

Depuis quelques jours, Romain de Blog Pop s'est lancé dans une entreprise de nettoyage par le vide de sa mp3-thèque, dont il rend compte au jour le jour sur son blog en l'accompagnant d'une série de réflexions, souvent brillantes, sur ce que cela représente de consommer de la musique aujourd'hui, à l'ère du tout-numérique. En le lisant, je me sens à la fois tout à fait concerné (cette obsession de la possession des oeuvres me caractérise aussi) mais aussi un peu épargné (parce que je n'ai jamais considéré qu'un mp3 était autre chose qu'un moyen commode d'écouter un disque que l'on n'est pas sûr d'aimer). Cela dit, il est fort possible que ma méthode d'acheter tout disque écouté et apprécié en mp3 soit au fond encore moins défendable. Après tout, les collectionneurs de mp3 (comme lui) et de disques (comme moi) se rejoignent dans le fait qu'ils n'ont pas le temps matériel d'écouter tout ce qu'ils possèdent, mais les fondus de mp3 ont au moins l'avantage de moins grever leur budget et de ne pas devoir trimbaler des dizaines de caisses marquées 'fragile' lorsqu'ils déménagent. Quitte à entasser de l'inutile, autant le faire de manière rationnelle.

Plus prosaïquement, je suis sûr d'au moins une chose : je serais tout à fait incapable de me débarrasser volontairement, comme il le fait, de cette masse de musique accumulée au cours des années. Je ne comprends pas bien pourquoi il ne grave pas tout ça sur une quinzaine de DVD. Cela prendrait à peine la place d'un gros bouquin et éviterait tout regret futur.

La chanson du jour (XI)

Filthy Romance - Tomorrows End

Si on en croit leur page Myspace, Filthy Romance ferait du Blues/Indie/Jazz. C'est bien évidemment n'importe quoi. Ils font de la pop orchestrale qui rappelle nettement plus Arcade Fire ou British Sea Power que John Lee Hooker ou Louis Armstrong. Il serait cependant indélicat de leur en tenir rigueur. Nul n'a jamais dit qu'être un bon musicien impliquait de savoir coller des étiquettes sur ce qu'on fait. J'aime en tout cas beaucoup ce morceau (moins les autres).

BONUS : Ca n'a rigoureusement rien à voir mais mon billet de la semaine sur la Blogothèque est (encore) consacré à Top of The Pops. Vous pouvez aussi aller écouter un peu de violoncelle ici.

jeudi, août 10

La chanson du jour (X)

The Loungs - I'm gonna take your girl

Ca commence un peu comme le Happy Together des Turtles, ça continue comme des Magic Numbers (en moins hippie peut-être), et ça finit dans une avalanche de cuivres. "Ca" est donc officiellement la chanson rétro la plus volontairement dans l'air du temps de la semaine... Dommage que le chanteur se laisse aller à un petit cri tout à fait hors-sujet vers 1:40. Sinon, c'est quasi parfait.

Seen my baby dancing, dans un genre plus remuant, n'est pas mal non plus, avec ses harmonies BeachBoyesques et ses synthés gentiment disco. (rassurez-moi, on ne doit pas accorder disco, si ?)

BONUS :
- Depuis le temps que j'entends parler de Phil Ochs, ça fait du bien de pouvoir mettre une voix sur le nom.
- Un documentaire de 90 minutes sur Lisa Gerrard devrait sortir en DVD et en salles à la rentrée. Plus d'informations ici.

mercredi, août 9

La chanson du jour (IX)

Voici un billet facile à écrire.

Micah P. Hinson - Jackeyed

Tout est dit. Son deuxième album devrait sortir le 10 octobre.

mardi, août 8

La chanson du jour (VIII)

A notre époque, tout va très vite. Smoosh, du haut de leur deuxième album, sont déjà irrémédiablement has-beens. Place donc à la nouvelle génération d'enfants-"prodiges". Life With An Astronaut est un gamin de 11 ans, qui interprète des reprises indie-pop-rock tout seul dans sa chambre. Sous le règne de Myspace, ça peut tout à fait suffire pour connaître un début de buzz et il importe finalement peu qu'il ne chante pas très juste ou ne soit jamais en rythme. Certains diront même que ça rend l'entreprise plus "authentique"

Life With An Astronaut - I'm not OK I promise

Je dois, à ma grande honte, avouer que je ne connaissais a priori pas les interprètes originaux des 4 morceaux proposés sur sa page. Il m'a donc fallu l'aide de Google pour retrouver, dans l'ordre, My Chemical Romance, AFI, My Chemical Romance et les Smiths.

lundi, août 7

La chanson du jour (VII)

Max Richter - Song

La musique de Max Richter (dont j'ai déjà parlé ici et ) se situe à la frontière de la musique néo-tonale (on pense à Arvo Pärt par moment), du new-age et de la musique d'ascenseur. Du coup, je ne sais pas trop si je dois y voir un représentant mieux peigné que la moyenne de l'internationale de la musique expérimentale (comme sa présence au Fat Cat festival pourrait le laisser croire) ou bien le descendant direct de Richard Claydermann. Son deuxième troisième album, Songs from before, sort dans les prochaines semaines et paraît bien dans la veine du premier deuxième, ce qui laisse penser que je devrais dans un premier temps beaucoup l'aimer, puis en avoir (stupidement) un peu honte.

dimanche, août 6

La chanson du jour (VI)

La collaboration entre Luke Haines (The Auteurs, Black Box Recorder,...) et Richard X (producteur d'Annie et de Rachel Stevens, entre autres, et auteur de mash-ups mythiques sous le nom de Girls on Top) peut surprendre à première vue. Elle n'étonnera cependant pas trop ceux qui ont écouté et apprécié The Facts of Life, le second album de Black Box Recorder et, après avoir écouté,

Luke Haines - Off my rocker at the art school bop,

même les autres devront reconnaître que ces deux-là étaient faits pour se rencontrer.

PS : Si je ne m'étais pas forcé à titrer mes billets par un simple compteur, j'aurais intitulé celui-ci "The Auteur and the Producer". Ca aurait été dommage de gâcher un si beau titre, alors je vous le mets quand même.

samedi, août 5

La chanson du jour (V)

Pour rester dans le ton de mon étrange accès d'égarement d'hier (Doctor Who, "une obsession" ? Pffff. Comme si.....), le morceau du jour ne pouvait être que :

Draco and the Malfoys - My Dad is Rich.

Il ne surprendra sans doute personne que ce soit franchement supérieur à

Harry and the Potters - Save Ginny Weasley

"The devil has all the best tunes" comme disait je ne sais plus qui.

vendredi, août 4

Integral vs Cybermen

Deux de mes obsessions récentes sont réunies dans cette vidéo Youtube qui mélange Integral des Pet Shop Boys avec des extraits de la deuxième saison de Doctor Who. Dépêchez-vous. C'est typiquement le genre de liens qui ne reste pas valable très longtemps.

La chanson du jour (IV)

Avec six bons mois de retard sur tout le monde, je découvre Marissa Nadler, qui me semble être le croisement parfait entre la pesanteur gothique de Kendra Smith et la légèreté pop de Liz Fraser.

Marissa Nadler - Old Love

Les trois autres morceaux valent aussi le détour (surtout shh).

Par ailleurs,
- mon billet de la semaine sur la Blogothèque est consacré à Top of The Pops.
- En prévision d'un prochain billet sur le même sujet, vous pouvez déjà aller écouter une des rares chansons que j'éprouve une vague honte à aimer : Flip Reverse de Blazing Squad.
- Le nom des Smiths ne vous évoque pas grand-chose ? Vous seriez incapable de citer une seule de leurs chansons ? Pas de panique. Cette mini-rétrospective sonore est faite pour vous.

jeudi, août 3

La chanson du jour (III)

Dans la grande famille des duos masculins électro-pop, je demande la branche new-yorkaise.

Dangerous Muse - Give Me Danger

Ce nouveau single est sans doute moins immédiatement accrocheur que le précédent (The Rejection, aussi en écoute sur leur page), mais il confirme que, lorsque ces braves gens se décideront enfin à sortir un disque, une écoute attentive s'imposera.

mercredi, août 2

La chanson du jour (II)

Pour célébrer leur probable inclusion à l'affiche du festival des Inrockuptibles à la rentrée, allez écouter :

Good Books - Walk with me.

C'est en gros un pastiche britannique (très réussi) de The Rapture (que deviennent-ils d'ailleurs ?).

PS : Bopperenlarme fait son compte-rendu de Benicassim avec photos, mp3 et tout le toutim.

EDIT : The Rapture sort son prochain album bientôt. Get Myself Into It est en écoute sur leur page Myspace. Merci Chryde.

mardi, août 1

La chanson du jour (I)

Pour célébrer les 25 ans de MTV et le fait que je suis manifestement devenu trop vieux pour connaître plus de trois vidéos nommées pour les MTV Video Music Awards, voici :

Noir - MTV

(via ce blog), une mise en boîte pince-sans-rire de l'esprit MTV sur fond de Dire Straits réinterprété au Casio. Indispensable, évidemment.

PS1 : Deux extraits du nouvel album de DJ Shadow ici.
PS2 : Merci à Ron pour sa dédicace. Ca tombe bien, c'est justement mon anniversaire aujourd'hui.