vendredi, janvier 19

Les albums de 2006 (VIII)

Le Sport - Euro Deluxe Dance Party (Songs I wish I had written)
Si je me contentais pour classer ces albums de faire la somme du plaisir que les différentes chansons m'ont procuré, cet album serait sans aucun doute dans le top 3, ne serait-ce que pour Your Brother Is My Only Hope, la chanson electro-pop parfaite, dont j'ai déjà abondamment parlé ici (et ailleurs) et qui plane tellement au-dessus de 99% des autres chansons de l'année qu'elle justifie à elle que cet album soit acheté et chéri comme un trésor caché. Malheureusement, j'ai plutôt tendance à considérer qu'un album se juge non pas sur sa meilleure chanson mais sur le niveau moyen des différents morceaux qui le composent, et c'est là que ça se gâte pour le duo suédois. Tout d'abord, la production et le mixage de l'album me laisse dubitatif. Plus de la moitié des chansons ont un son saturé et métallique assez désagréable à l'oreille et qui a une fâcheuse tendance à noyer tous les reliefs. Ensuite, force est de constater que rares sont les compositions ici qui arrivent à la cheville de Your Brother Is My Only Hope. Les hommages à New Order sur It's not the end of the world et Lovetrain sont sympathiques mais anodins. Tout fan des Pet Shop Boys ne manquera pas de sourire en entendant If Neil Tennant Was My Lover mais devra rapidement reconnaître que la mélodie du morceau n'est pas à la hauteur de celles de son inspirateur. Le Sport, qui a splitté il y a quelques mois, restera le groupe d'un seul album, et cet album vaudra essentiellement pour une chanson. Ce n'est déjà pas si mal. "So I might as well dance and get down with the Eurosport beat coz in just few years it will all be too late".
- Liens : Site officiel, MySpace
- A écouter : Your Brother Is My Only Hope(mp3), It's not the end of the world (MySpace)
- L'album ne semble déjà plus être disponible sur CD-on, où je l'ai acheté

Robin Guthrie - Continental (Rocket Girl)
Robin Guthrie était le guitariste des Cocteau Twins, mon deuxième groupe-phare de la grande époque de 4AD. Depuis que Liz Fraser a décidé de quitter le groupe, il poursuit une discrète carrière solo en sortant des albums essentiellement instrumentaux sous son propre nom. Continental (à ma connaissance le deuxième de ces albums) hésite constamment entre l'auto-citation Cocteau-Twinesque et une musique ambient à base de nappes de guitares. Un morceau comme Continental par exemple semble tout droit extrait d'un hypothétique CD-bonus instrumental de Victorialand et lorsque, à 2m30, la batterie et les guitares ciselées et saturées d'écho typiques du groupe rentrent, je tends à chaque fois l'oreille, m'attendant à entendre Liz Fraser entonner quelques vocalises acidulées. Malheureusement, cette attente est à chaque fois déçue, ce qui provoque en moi une frustration fugace. L'autre grande inspiration de cet album est la musique ambient, quelque part entre les travaux d'Eno de la fin des années 70-80 (une collcaboration avec Harold Budd serait en préparation) et la scène post-rock de la fin des années 90 et du début des années 2000 (Tortoise, Labradford, Pan American, Dead Texan, ce genre de choses). Ces deux grandes inspirations sont éminemment recommandables (pour tout dire, elles ont toutes les deux joué un grand rôle dans mon éducation musicale) et cet album joue donc parfaitement son rôle de Madeleine. Chaque écoute me donne envie de me replonger dans un pan de mon éducation musicale laissé en jachère depuis quelques années. Le revers de la médaille cependant est que j'ai l'impression d'avoir déjà entendu tout cela 100 fois. Ma familiarité avec la musique de Robin Guthrie, couplée à l'absence de voix, finit par me laisser l'impression d'une musique sans surprises, ce qui me laisse face à un paradoxe : Continental est un très bel album et la musique qu'il contient me parle directement mais ces raisons qui devraient me le faire aimer sont justment celles qui me le font trouver un peu frustrant, sans doute parce que j'y vois un reflet tronqué de ce qu'un nouvel album des Cocteau Twins pourrait donner.
- Liens : Site officiel, MySpace
- A écouter : Continental (mp3)
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Kelley Stoltz - Below the branches (Sub Pop)
Le disque commence avec un orchestre qui s'accorde (ce qui est d'autant plus intriguant qu'aucun orchestre ne joue ensuite sur le disque) et se poursuit par une intro Arcade-Firesque en diable, toute en ostinato de piano et percussions. Voilà, c'est à peu près tout ce que je peux dire de ce disque qui semble frappé d'une étrange malédiction. A chaque fois que je le mets pour l'écouter, je me mets instantanément à penser à autre chose et quand je me force, je n'en retiens pour ainsi dire rien, si ce n'est une succession aléatoire de vagues "Ah tiens, c'est pas mal.", "Bof!", "Ca, j'aime bien.", "Ca moins." qui ne se cristallisent jamais dans une opinion globale. Je ne suis à dire vrai pas sûr qu'une telle incapacité à émettre un avis soit la preuve que je trouve le disque mauvais ou inintéressant. C'est juste qu'il ne me parle pas et que, même en me faisant violence, je ne parviens pas à formuler une appréciation. Il me semble a priori qu'il devrait plaire à tout ceux qui aiment ce rock épique à la Arcade Fire, Wolf Parade et les autres, surtout s'ils sont sensibles aux sonorités rétro de type blues ou rockabilly. L'utilisation de ces notes répétées au piano pour marquer la pulsation fonctionne parfaitement, les chansons sont imposantes et bénéficient d'un souffle indéniable, la voix de Kelley Stoltz est habitée tout bien comme il faut. Ever thought of coming back sonne comme un bonus track du Here Come The Warm Jets de Brian Eno réenregistré par une bande de canadiens exaltés. Memory Collector commence comme une chanson de Philip Glass et The Sun Comes Through pourrait tout aussi bien être un énorme classique de rock 70s. Décortiqué élément par élément ou pris par fragments, cet album semble avoir tout pour lui, mais il n'y a rien à faire : sur la longueur, je ne rentre pas dedans. Je suis en train de taper ceci en l'écoutant pour la cinquième fois en deux jours et, comme pour les quatre fois précédentes, je me dis juste "C'est plutôt pas mal.". Je renonce à être plus explicite. J'avais acheté cet album dans un magasin d'occasions, me rappelant vaguement avoir aimé l'album précédent (Antique Glow), que je serais à présent très curieux de réécouter.
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- A écouter : Ever thought of coming back (mp3)
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Ragots et potins

Je m'en voudrais de transformer ce blog en une succursale d'Ici Paris mais ceci est presque trop beau pour être vrai. J'aime beaucoup "a meeting of minds".

Pour ceux qui ne verraient pas de qui il s'agit, une petite piqûre de rappel s'impose sans doute.


et tant qu'on y est :

Mix-tape Sinner DC

En rattrapant mon retard sur ce qui est sans doute mon mp3-blog préféré (music-for-robots), je suis tombé sur un billet parlant de Sinner DC et, partant de là, sur leur dernière mix-tape, où on retrouve des noms comme Pan Sonic, Klaxons et Arpanet. Je conseille.

Je devrais reprendre un rhytme de publication normal pour les albums de l'année dès demain.

mardi, janvier 16

Bel échantillon

Une des raisons pour lesquelles je reste fidèle depuis (beaucoup trop) longtemps à la mailing-list Nowplaying (ex-Lenoirliste) est entre autres qu'un filtrage à peu près objectif des votes du premier tour du "top morceaux" de l'année donne une liste de 25 participants au second tour qui contient à la fois Nelly Furtado et Acid Mothers Temple, les Pet Shop Boys et (mes bons amis de) Wolf Eyes, The Spinto Band et DAT Politics. Le tout est écoutable vie une radioblog ici.

EDIT : Le succès de la radio-blog est tel que le site a dépassé sa bande passante pour le mois. Il faut donc attendre le premier février.

lundi, janvier 15

Les albums de 2006 (VII)

Service minimum cette semaine. Ce sera sans doute le seul billet avant le weekend.

The Feeling - Twelve Stops and home (Island/Universal)
J'ai des idées très arrêtées sur ce qu'est la bonne pop-music contemporaine et j'ai toujours eu beaucoup de mal avec la pop commerciale qui ne s'assume pas comme telle (c'est-à-dire dans mon esprit artificielle, légère, insouciante, éphémère) et tente de se construire une respectabilité en s'inspirant servilement de modèles réputés plus "sérieux" - les Beatles (la moitié des groupes anglais qui marchent en ce moment, Snow Patrol et Embrace en tête), la musique folk (Sandi Thom, James Blunt), la musique classique (Il Divo ou G4) ou le jazz (Joss Stone, Katie Melua)- mais n'est en fait guère plus que de la muzak insipide marketée pour les "jeunes mères de famille et conducteurs de Renault Espace qui n'achètent qu'un ou deux disques par an". Lorsque les mécheux de The Feeling sont apparus au début de l'année, ils me semblaient rentrer en plein dans cette catégorie (ne serait-ce que par leurs têtes de premiers de la classe et leur air inspiré quand ils passaient à Top of the Pops) et j'étais bien résolu à les détester ou, mieux encore, à les ignorer. Malheureusement, j'ai commis l'erreur à ne jamais commettre quand on veut s'accrocher à ses préjugés : j'ai écouté l'album, et il m'a bien fallu admettre que ces gens savent composer des chansons. Alors, bien sûr, ce n'est pas foncièrement original, mais c'est parfaitement réalisé et d'une rafraîchissante absence de prétention. Les influences obligées de ce genre de musique (Beatles, Queen, Madness, Beach Boys, etc.) apparaissent ici plus comme des clins d'oeil que comme des hommages compassés. Aussi, et surtout, les arrangements sont pleins de piano (mon péché mignon). Progressivement et sans que j'y prenne garde, les chansons de cet album se sont fait une place dans mon jukebox interne et n'ont jamais manqué de me mettre le sourire aux lèvres (Sewn, Never Be Lonely, Love it when you call). Strange, en particulier, provoque en moi une envie irrépressible de chanter à tue-tête (en tout cas après les 30 secondes d'intro filandreuse). Cet album a été cette année mon cadeau de prédilection quand je devais offrir un disque à des gens qui n'écoutent guère de musique. Il est suffisamment passe-partout pour plaire au plus grand nombre mais je l'aime assez pour ne pas avoir à me faire violence en passant à la caisse. Drôle d'année 2006, qui m'a vu m'enthousiasmer pour de la chanson française et de la "pop pour mère de famille", deux genres que j'évitais pourtant jusque là soigneusement de fréquenter.
- Liens : Site officiel, MySpace
- A écouter : Strange (mp3), Sewn (video)
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Dolorian - Voidwards (Wounded Love/Avantgardemsic)
Même pour les cas les plus graves de "boulimie culturelle", il existe toujours des limites. Dans mon cas particulier, je me suis rapidement rendu compte qu'il m'était matériellement impossible de m'intéresser sérieusement à tous les genres musicaux et j'ai très vite décidé de me concentrer prioritairement sur les genres pour lesquels j'ai le plus d'affinités (pop-rock-électro-chanson-musique contemporaine) et à laisser en jachère des pans entiers de mon éducation musicale. Je n'ai ainsi jamais pris le temps de m'intéresser au jazz, à la variété française, à la musique classique d'avant 1840 environ, au rap, à la soul, aux "classiques du rock" ou au metal. Je ne doute pas que si je m'y plongeais, j'y trouverais de nouvelles raisons de m'enthousiasmer mais j'y ai reononcé. Cela ne siginifie cependant pas que, si les circonstances s'y prêtent, je refuse de jeter une oreille sur un disque ou l'autre relevant de ces genres. C'est ce qui m'est arrivé pour Dolorian, auquel Music For Robots avait conscré il y a quelques mois un billet. J'ai tellement aimé le morceau proposé à cette occasion (The One Whose Name Has No End) que j'ai directement acheté l'album, que je trouve fascinant. J'ai depuis appris que le genre pratiqué par ce groupe finlandais est une forme particulière de death-metal appelée le "doom-metal", caractérisé par de longs développements atmosphériques et une tension rentrée qui n'explose jamais tout à fait. Je ne ressentirai peut-être jamais le besoin d'en savoir plus sur ce groupe ou ce genre mais il n'en reste pas moins qu'il s'agit sans doute d'un des disques que j'ai le plus écoutés et que je suis le plus content d'avoir découverts durant cette année 2006.
- Liens : Site officiel, MySpace, mon article sur la Blogothèque
- A écouter : The Flow of Seething Visions (mp3)
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Gogol Bordello - Gypsy Punks Underdog World Strike (Side One Dummy)
Tous ceux qui ne sont pas complètement convaincus par le Gulag Orkestar de Beirut mais se sentent néanmoins attirés par les sonorités d'Europe Orientale devraient trouver leur bonheur dans cet album des new-yorkais de Gogol Bordello où violon tzigane, accordéon et accent russe dansent une java endiablée avec le dub (Not A Crime), le punk (le bien-nomme Immigrant Punk), ou même la chanson italienne (Santa Marinella). En écoutant ces 15 chansons, on pense successivement à The Clash, à Nick Cave (première période), à Goran Bregovic ou encore à Sixteen-Horsepower, soit en fait tous ces artistes qui partagent une même capacité à galvaniser l'auditeur, à canaliser en quatre ou cinq minutes une énergie qui dépasse de loin le cadre de la simple chanson, fût-elle l'excitation euphorique d'une beuverie entre amis, la ferveur d'une crise mystique ou l'agitation pleine d'espoir d'une manifestation révolutionnaire (les chansons recèlent une poignée de phrases qui feraient des slogans parfaits : "It's all non-sensical." ou "It's the Underdog World Strike" ou, plus tordu, "Start Wearing Purple for me now"). Peu d'albums de 2006 donnent en tout cas autant envie de sauter sur place ou de se perdre dans un gigantesque pogo extatique. Dommage qu'une série d'imprévus m'ait empêché de les voir en concert car je suppute que le disque, pourtant déjà très bon, ne ferait pas le poids face à une prestation live.
- Liens : Site officiel, MySpace
- A écouter : Dogs Were Barking (mp3), Underdog World Strike (mp3), Not A Crime (video), Start Wearing Purple (video)
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jeudi, janvier 11

SexyBack roots

Etant en train de rédiger ma chroniquette sur l'album de Justin Timberlake, je ne résiste pas au plaisir de vous signaler cette très belle reprise americana de SexyBack par Rock Plaza Central, un groupe que je ne connaissais pas mais que j'ai du coup très envie de découvrir.

- La vidéo (via Pitchfork)

- Le mp3

mercredi, janvier 10

Les albums de 2006 (VI)

Howling Bells - Howling Bells (Bella Union)
Chaque année, je réécoute à cette époque pour mon classement au moins un album du premier semestre dont je gardais un souvenir ébloui et pour lequel je ne parviens pas tout à fait à retrouver mon enthousiasme. Micah P. Hinson l'année dernière, Howling Bells cette année. Entendons-nous bien, il s'agit sans aucun doute pour moi d'un des meilleurs albums de rock à guitares de cette année... mais ce n'est que ça. Alors que j'avais le souvenir d'une musique qui me parlait aux tripes, je me retrouve avec un disque que j'apprécie de l'extérieur, comme un bel ouvrage un peu froid. Ai-je eu le tort de ne plus l'écouter pendant quelques mois et donc de ne pas entretenir mon enthousiasme initial ? Ma découverte de Marissa Nadler (à laquelle on pense parfois en écoutant la voix de la chanteuse de Howling Bells, notamment sur A Ballad For The Bleeding Hearts) a-t-elle bouleversé ma grille d'appréciation ? Peut-être. Cela dit, il me reste le plaisir d'écouter ce qui est indéniablement un excellent disque de rock, que certains qualifient de gothique sans que je comprenne trop pourquoi (la pochette en noir et blanc ? le nom du groupe ?). Pour moi, le point de comparaison le plus immédiat n'est pas Sisters of Mercy mais plutôt le peu que je connais (et aime) de PJ Harvey (pour la voix féminine mise très en avant et qui peut se faire successivement rugueuse et séductrice), Tarnation (pour certaines intonations de country crépusculaire) ou même les Catchers (pour certaines fulgurances mélodiques qui agrippent immédiatement l'oreille, comme sur Velvet Girl), etc... Ce n'est sans doute pas un album qui va remettre en cause la manière dont quiconque envisage la musique mais cela faisait longtemps que, dans le genre, je n'avais plus entendu un disque aussi bien foutu (depuis To Bring You My Love peut-être). Le disque idéal à offrir à votre meilleur ami qui lit religieusement les Inrocks chaque semaine puisque, bien que totalement dans le coeur de cible du journal, il n'est même pas classé dans le top 100 de l'année.
- Liens : Site officiel, MySpace
- A écouter : Broken Bones (mp3), Setting Sun (video)
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Cat Power - The Greatest (Matador)
Cat Power fait typiquement partie de ces artistes dont j'entends depuis longtemps dire le plus grand bien mais sur lesquels je ne me suis jamais vraiment penché. J'ai bien écouté Moon Pix mais n'en garde guère de souvenirs. J'ai aussi vu Cat Power en concert à Roskilde mais j'étais loin de la scène et Iron Maiden jouait juste à côté (je n'ai donc pas vu ou entendu grand-chose). Du coup, l'idée que je me fais de Cat Power résulte plus d'une accumulation d'ouï-dire que d'une expérience personnelle. Si j'en crois ce que j'entends autour de moi depuis des années, Cat Power était jusqu'à récemment une chanteuse américaine sans visage (suite à une coiffure dont la seule fonction était de dissimuler ses traits). Sur scène, elle était systématiquement saoûle et pétrifiée par le trac (ou, dans ses meilleurs jours, seulement l'un ou l'autre). Elle interprétait des chansons folk à la guitare acoustique avec une voix fragile et bouleversante devant laquelle quiconque doué de sensibilité se devait de fondre comme une motte de beurre dans une poêle à crêpes. Les choses semblaient devoir être ainsi figées pour l'éternité. Chaque nouvel album suscitait immanquablement l'enthousiasme des mêmes personnes, qui l'exprimaient immanquablement dans les mêmes termes. Puis, d'un seul coup, en 2006, bardaf, c'est l'embardée. Il semblerait que Chan Marshall ait commis l'affront suprême vis-à-vis de son public de la première heure. Elle semble être devenue heureuse, s'être libérée de ses inhibitions et avoir enregistré de manière très professionnelle un nouvel album avec des grands musiciens de Memphis. Pire, elle s'est mise à esquisser sur scène quelques pas de danse amusés, voire parfois à sourire au public (sacrilège, pour un peu, on croirait voir Yvette Horner). Cela dit, à quelque chose malheur est bon. Cette nouvelle version de Cat Power, si elle a désespéré de nombreux fans, m'a personnellement intrigué et je me retrouve du coup avec un très beau disque de blues-soul-folk classieux (biffer les mentions inutiles) qui n'est pas à 100,000 lieues de l'idée (très vague) que je me fais d'un album de Norah Jones ou de Katie Melua, c'est-à-dire inoffensif et parfait comme musique de fond. Ne me reste plus qu'à creuser les premiers albums pour voir si Cat Power, comme tout le reste, c'était vraiment mieux avant (et surtout ce What Would The Community Think, dont je n'arrête pas d'entendre parler).
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- A écouter : Where Is My Love (mp3)
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The Vines - Vision Valley (Capitol)
The Vines auront tout connu dans leur pourtant courte carrière. Une hype hallucinante (et à ce jour sans égale, dans le NME en tout cas) a précédé la sortie de leur très bon premier album. Le retour de bâton qui s'en est (en)suivi a été d'une férocité inouïe. Certes, leur deuxième album fait de fonds de tiroirs était décevant, surtout après les interviews promotionnelles pleines de fanfaronnades Gallagheresques du genre "Le premier album n'était qu'un brouillon. Vous allez enfin voir ce dont nous sommes capables. blah blah blah..". Pourtant, les membres du groupe méritaient-ils vraiment les tombereaux d'injures qu'ils se sont pris dans la tronche à cette époque ? Pas sûr. Pour ne rien arranger, après une tournée pleine d'incidents en tous genres, le chanteur Craig Nicholls avait été diagnostiqué comme autiste léger (le syndrôme d'Asperger, très à la mode chez les rock-stars), ce qui le rendait inapte à partir en tournée. Une inspiration tarie et l'impossibilité de défendre ses chansons en concert. Le groupe semblait irrémédiablement condamné. J'ai donc été assez surpris d'apprendre au début de cette année qu!il avait enregistré un nouvel album. Mais pour quel public ? A peine cinq ans après leur apparition sur la scène rock internationale, The Vines sont déjà considérés par presque tout le monde comme des has-beens ventripotents qui feraient mieux d'abandonner. C'est dommage parce que ce troisième album est plutôt une bonne surprise. On y retrouve l'alternance, habituelle chez les Vines, de bombinettes punk hurlées (Gross Out, Anysound ou F*k Yeh) et de ballades épiques, qui vous rappelleront selon votre degré d'indulgence David Bowie, Dire Straits, Gary Moore, les Connells ou ZZ Top (comme par exemple le bluffant Spaceship qui clot l'album). Dans le genre "groupes en The", je ne trouve pas que ce disque soit pire que First Impressions On Earth. Cela dit, je ne suis pas forcément très objectif parce que, de tous les groupes apparus à cette époque, The Vines a toujours été mon préféré, loin devant les Strokes, les White Stripes et les autres. D'abord parce que j'aime beaucoup la voix de Craig Nicholls (mon critère ultime), et ensuite parce que là où les autres allaient chercher leur inspiration chez le Velvet Underground, Television ou le blues roots (toutes références qui me parlent assez peu), leur musique est un mélange de Nirvana, des Pixies et de Bowie (ce qui me convient mieux). Je suis donc bien content de les retrouver, et ce d'autant plus que le reste du monde semble s'en foutre éperdument.
- Liens : Site officiel
- A écouter : Vision Valley (mp3)
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mardi, janvier 9

La sélection provisoire...

... de mes albums de préférés de 2006 est sur la Blogothèque. Le classement final risque d'être assez différent (j'ai bêtement oublié de mentionner Gogol Bordello par exemple) mais, un blog sérieux ne pouvant apparemment plus publier de bilan 2006 passé le 15 janvier, j'ai rapidement torché une première ébauche qui a été publiée hier.

PS : Je ne saurais trop vous conseiller d'aller également farfouiller dans les sélections de mes petits camarades. Il y a des bonnes pioches à faire.

lundi, janvier 8

Les albums de 2006 (V)

Sparks - Hello Young Lovers (Gut)
Qui aurait cru que, plus de 35 ans après leur premier album, les Sparks seraient encore capables de provoquer des débats aussi animés ? J'ai déjà raconté ici la révélation qu'avait été pour moi Lil' Beethoven, leur précédent album. J'étais donc très impatient d'écouter ce nouvel album, le premier dont j'aie vraiment attendu la sortie en direct. Je dois malheureusement admettre que, lorsque la première plage de l'album commence, cette impatience est dans un premier temps amèrement déçue. Dick Around est en effet un véritable foutoir, fait de lambeaux de mélodies et d'orchestration qui semblent n'avoir aucun rapport les uns avec les autres. On retrouve en gros les mêmes idées directrices que sur Lil Beethoven : jeu sur les répétitions, orchestrations imposantes, enchevêtrement de thèmes et de contrethèmes (ils doivent être un des rares groupes pop à réellement utiliser les techniques du contrepoint), mais rien ne fonctionne. Après un morceau, on sait déjà que ce ne sera pas un des meilleurs albums du groupe. Waterproof est un autre morceau bancal, qui semble n'aller nulle part. Heureusement, l'album contient également quelques sommets qui font très vite remonter l'enthousiasme. As I Sit Down To Play The Organ At The Notre-Dame Cathedral est clairement pour moi le meilleur moment du disque. Russell y chante notamment cette phrase grammaticalement boiteuse mais très drôle : "As I sit down to play the organ at the Notre-Dame cathedral, you know you're gonna get upstaged by Him". Metaphor explique également que "Chicks, dig, dig, d-i-g, dig, dig, metaphors. Use them wisely, use them well. And you'll never know the hell of loneliness.". Cet humour omniprésent fait partie intégrante de la musique des Sparks et permet de faire digérer aux estomacs trop sensibles le caractère un peu "too much" et pour certains assez prétentieux de leur musique. Pourtant, si les compositions des Sparks sont souvent complexes, elles restent très accrocheuses. Je défie quiconque à la seconde écoute de Rock, Rock, Rock de ne pas se sentir obligé de reprendre en choeur : "I will rock, rock, rock, like a mother, like a mother, like a mother.". Donc, en résumé, oui, cet album est sensiblement moins bon que le précédent (mais bon, Lil Beethoven était un pur chef-d'oeuvre) mais une discographie qui couvre plus de trois décennies a le droit de connaître des hauts et des bas et ça me réconforte de savoir que les frères Mael sont toujours bien présents.
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- A écouter : Rock Rock Rock (mp3), Perfume (video)
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Our Brother The Native - Tooth and Claw (Fat Cat)
J'avais découvert le groupe l'année dernière lors de son concert au Fat Cat Festival, où ils avaient été comme un îlot paradisiaque fait de mélodies et de voix douces perdu au milieu d'un océan de bruit. Ecouté sur ma chaîne, la musique de Our Brother The Native perd un peu son rôle de contraste rassurant et ne reste finalement qu'une sorte de CocoRosie au masculin, avec ce que cela peut comporter d'irritant. Voix d'enfants, bruits d'oiseau et nappes de guitare acoustique se mélangent pour former une musique rêveuse et champêtre, sorte de post-rock ambient et ludique. Un disque qui s'écoute avec plaisir mais qui, une fois terminé, ne laisse presque aucune trace.
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- A écouter: Apodiformes (mp3), une video live du Fat Cat Festival
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Mogwai - Mr Beast (Rock Action/PIAS)
J'avais quitté Mogwai en assez mauvais termes. Leur album studio précédent (Happy Songs For Happy People, 2003) me semblait à la limite du désastre. Le groupe avait entièrement perdu la rage de ses débuts sans avoir tout à fait osé se recycler dans la musique finement ciselée qu'ils étaient pourtant capables de produire. Que ce soit sur disque ou en concert, leur musique sonnait faux, comme s'ils se forçaient à faire du bruit sans trop y croire, pensant que c'était tout ce que l'on attendait d'eux. Pour tout dire, je considérais le groupe comme complètement fini. J'avais tort. Cet album, sorti au premier semestre (ils en ont sorti un autre depuis, j'y reviendrai), présente un groupe au meilleur de sa forme, semblant avoir enfin retrouvé la recette-miracle qui leur permettait sur Come on Die Young ou Rock Action de concilier un sens très sûr de la mélodie avec les brusques variations de volume qu'ils affectionnent. L'album commence par un Auto Rock en forme de long crescendo où une mélodie au piano se voit progressivement adjoindre des coups de butoir de basse et de percussion. Le morceau suivant, Glasgow Mega-Snake, est irrésistible et représente à mon avis ce qu'ils ont fait de mieux dans le genre "déluge de guitares". Celui qui suit est une sorte de ballade au vocoder. Tout l'album oscille ainsi entre ces deux pôles typiquement Mogwaiens que sont le bruit (la fureur) et le calme (la suspension), mais il le fait avec une maestria et un naturel auquel le groupe avait cessé de nous habituer. Il faut reconnaître que l'album s'essouffle un peu dans la seconde moitié (au moins jusqu'au We're No Here final), mais je suis tellement content de retrouver le Mogwai que j'aime que je suis tout prêt à faire comme si de rien n'était.
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- A écouter : Glasgow Mega-Snake (mp3), Friend Of The Night (video)
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vendredi, janvier 5

Les albums de 2006 (IV)

Juan d'Oultremont - Bambi is dead (Freaksville)
Juan d'Oultremont est devenu un personnage quasi-incontournable sur la scène médiatique belge en multipliant les casquettes : télévision, radio, arts plastiques (paraît-il), parolier (les textes de la plupart des chansons connues de Philippe Lafontaine sont de lui) et maintenant chanteur. Ce mini-album a en fait été produit sous l'impulsion de Benjamin Schoos, alias Miam Monster Miam (que d'aucuns appellent le Beck de Seraing), avec la participation de Jérôme Mardaga (alias Jeronimo) et Sophie Galet (alias Sophie Galet), le tout à 250m de chez moi. Le charme (et la limite) de ce disque est que l'on n'en sait jamais exactement à quel degré le prendre. La production est trop soignée pour qu'on évacue le disque d'un revers de la main comme une simple blague potache, mais l'ambiance générale est suffisamment déconnante pour que les limites (réelles) de l'exercice paraissent accessoires. Si mes oreilles ne sont pas encore en trop mauvais état, une chanson semble ainsi dire : "Mon ami Judas est un bandit sans foi ni loi. Avec son pote Adolphe, il lâche des pets sous les bras.", ce qui permet à peu près de situer l'esprit général de l'entreprise.
Je ne sais pas trop comment Juan d'Oultremont le prendrait mais on pense parfois à certaines (bonnes) chansons tardives de Richard Gotainer (Pipeau ou Les beaux seins de Cathy par exemple seraient parfaits dans la BO de Rendez-vous Au Tas De Sable') qui auraient été réécrites par un adolescent rigolard. Dans mon esprit, c'est plutôt un compliment. Musicalement, je dirai juste que l'on navigue quelque part entre des archétypes de boogie-blues et une sorte de lo-fi bricolo. Au bout du compte, ce mini-album, qui aurait pu être embarrassant, se révêle assez réussi.
- Liens : Sites officiels de Juan d'Oultremont et de Miam Monster Miam, interview et session acoustique dans Vox.
- A écouter : Peur de Bambi (mp3)
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The Pipettes - We are the Pipettes (Memphis Industries)
Le son et la production des Pipettes fait immanquablement penser à Phil Spector, aux Shangri-Las et à toute cette bubblegum-pop américaine dont je ne sais à vrai dire pas grand-chose. Des lignes de violon aux "doo doo wap" des choeurs, tout est fait pour recréer en laboratoire une sorte d'archétype de pop primitive. Pull Shapes est sans aucun doute un des singles les plus irrésistibles de cette année. Difficile de l'écouter sans imaginer, en noir et blanc, des garçons à col roulé et des filles en jupe à carreaux, coiffés au bol ou avec des couettes et tapant des mains en se dandinant d'un air un peu gauche. En tant qu'exercice de style, cet album est un triomphe. Bien sûr, toute l'imagerie des Pipettes est à peu près aussi spontanée qu'une standing-ovation du public dans une émission d'Ardisson et le caractère manipulateur de ce plan marketing aux petits oignons peut irriter. Des robes à pois aux clips, tout semble avoir été conçu en fonction de cette seule option rétro-ironique, ce qui les rend un pru trop unidimensionnelles (même si certains voient dans les paroles une salutaire entrerprise sous-jacente de subversion féministe). Tout cela ne serait pourtant pas très grave si l'album était complètement à la hauteur de ses ambitions. Malheureusement, bien qu'il n'y ait rien à redire sur la production (qui remplit parfaitement son rôle de machine à remonter le temps), il me semble qu'il y a très peu de chansons à la hauteur de Pull Shapes sur l'album (We Are The Pipettes, Sex et ABC peut-être). Si les Pipettes sont indéniablement parvenues à réaliser le pastiche parfait d'un album des années 60, elles ne sont à mon avis pas complètement parvenues à réaliser un grand album de pop des années 60. Je ne suis pas sûr que cet album, s'il était sorti à l'époque, serait parvenu jusqu'à nous comme un classique.
- Liens : Site officiel, MySpace
- A écouter : Sex (mp3), Pull Shapes (video)
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Junior Boys - So this is goodbye (Domino)
Ces deux canadiens m'avaient fait découvrir avec leur premier album une autre manière de faire de la musique électronique et ils poursuivent ici dans la même veine. Le tapis sonore est souvent assez minimaliste et ne contient que très peu de notes tenues, ce qui donne à leur musique une sonorité assez sèche (même si l'extrait que je vous propose est un peu l'exception à cette impression générale). Pourtant, cette option de dépouillement est contredite par un chanteur dont les intonations expriment une forme de lyrisme désespéré. Le résultat est régulièrement formidable (sur In The Morning et So This Is Goodbye par exemple) mais l'album est sans doute pour moi un peu trop homogène et pâtit, sans doute injustement, de la concurrence de Hot Chip qui, sur un canevas pas très éloigné, a sorti un album beaucoup plus immédiat (ce qui n'empêche pas So This Is Goodbye d'être régulièrement cité dans les tops de l'année outre-Atlantique).
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- A écouter : So This Is Goodbye (mp3)
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mercredi, janvier 3

Les albums de 2006 (III)

Dominique A - L'horizon (Olympic)
Bien que La Mémoire Neuve était déjà une fabuleuse collections de chansons et Remué un impressionnant concentré de bile et de rage, ce nouvel album (qui arrive après les décevants Auguri et Tout Sera Comme Avant), me semble marquer l'apothéose du développement de Dominique A en tant que chanteur et compositeur. A l'entendre ici, j'ai l'impression que, après plus de 15 ans, il a accepté de se revendiquer comme musicien, et ose enfin employer tous les outils de son art, notamment l'emphase et le lyrisme. La chanson qui ouvre l'album (et lui donne son nom) est parcourue d'un souffle épique que je n'avais jusque là jamais retrouvé dans son oeuvre. Cette nouvelle confiance me semble manifeste tout au long des 11 chansons qui composent ce disque. L'avant-dernière, Rue des Marais, est même une sorte de chef-d'oeuvre, qui sonne (pour donner une idée) comme un long développement autour de la première moitié du Exit Music For A Film de Radiohead. Les bourdonnements de guitare dans la seconde moitié, notamment, me font frémir de plaisir.
Presque chaque chanson sur cet album "sonne" juste, comme si l'interprète Dominique A (avec l'aide de ses musiciens) avait enfin trouvé un terrain d'entente avec le compositeur-parolier Dominique A. Je pourrais évidemment pinailler sur quelques points de détail. Ainsi, le break vaguement rock dans Retour Au Quartier Lointain aurait pu être mieux amené et les paroles de La Relève me semble s'égarer sur la fin dans la poésie de bazar (ou alors je suis irrémédiablement imperméable à la poésie, ce qui est très possible). Pourtant, face à une telle réussite, ce serait mesquin. Je me demande comment ce disque a été reçu à l'époque de sa sortie il y a quelques mois parce que, quand on y réfléchit, ce n'est pas forcément simple d'être un chanteur français "indépendant" (entendez par là biberonné et révélé par les Inrockuptibles). Regardez ce pauvre Miossec qui, pour avoir osé mettre des "papadadam" dans son single La Facture D'Electricité s'est retrouvé accusé par ses fans de la première heure d'avoir vendu son âme à la variété. Comme L'Horizon paraît à mon esprit formé par la pop plus immédiatement accrocheur (Dans Un Camion est une sorte de tube, non ?) que ses premiers albums, je ne peux m'empêcher de me demander si Dominique A s'est retrouvé accablé du même reproche. Je n'ai pas vraiment l'impression qu'il fasse ici un musique de variété, mais si c'est le cas, j'en redemande.
- Liens : Site officiel
- A écouter : Rue des marais (mp3)
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Lisa Gerrard - The Silver Tree (Rubber Records/EMI)
Depuis que je tiens ce blog musical, je n'ai jamais eu autant l'impression de me mettre à nu que lorsque j'ai tenté d'expliquer ce que représentait pour moi la musique de Dead Can Dance. C'est une évidence pour moi que Dead Can Dance était, est et restera mon groupe préféré, même si je les écoute à présent beaucoup moins. On pourrait presque dire que je n'ai plus besoin d'écouter les disques du groupe pour les apprécier. Il suffit que je me remémore mes écoutes passées pour être envahi par les sensations qui étaient les miennes à l'époque, presque comme un réflexe Pavlovien.

Les deux précédents albums solo de Lisa Gerrard avaient été des déceptions à des degrés divers. Je suis d'ailleurs convaincu que la magie de Dead Can Dance provenait en grande partie de son interaction avec Brendan Perry, dont le côté troubadour bourru parvenait à ancrer dans la réalité terrestre ses envolées les plus éthérées ou mystiques. De plus, j'ai un peu vécu la spectaculaire redécouverte de la religion par Lisa Gerrard comme une trahison personnelle (surtout manifeste à l'époque de Immortal Memory et de la sortie du film de Mel Gibson). Je tenais férocement à cette idée que la musique de Dead Can Dance n'était pas, comme on me le répétait souvent à l'époque, de la "musique d'église" mais était au contraire la porte d'accès vers une transcendance qui n'avait rien à voir avec les religions établies. Ecouter des morceaux comme Cantara, The Host of Seraphim ou Black Sun, avec ce mélange de violence et de beauté qui caractérise la musique du groupe, m'obligeait à me poser des questions. La musique de Lisa Gerrard en solo tendait plutôt à m'imposer des réponses.

Cette évolution dans la manière dont Lisa Gerrard semblait envisager sa musique (si on en croit les interviews en tout cas) s'était en plus accompagnée selon moi d'une nette panne d'inspiration. Un disque comme la BO de Whale Rider par exemple ne contenait pas une seule bonne idée de chanson. Sur Duality et Immortal Memory, des albums pourtant plus accomplis (et où, de manière très révélatrice, elle se sentait obligée d'être épaulée par des compositeurs extérieurs), Lisa Gerrard me semblait trop souvent se contenter de marmonner quelques notes sans ligne mélodique sur des nappes de synthé new-age qui rappelait plus directement Enya que Aion. Sûre, à juste titre, du pouvoir évocateur de sa voix, elle semblait vivre dans l'illusion que cela suffisait à faire un album. A mon avis, elle se trompait et c'est un soulagement pour moi de voir qu'elle semble avoir tourné le dos à cette absence d'ambition (peut-être est-ce d'ailleurs une conséquence de la tournée de Dead Can Dance en 2005, au cours de laquelle elle se serait apparemment retrouvée en lutte ouverte avec Brendan Perry sur la manière dont les chansons de Dead Can Dance devaient sonner).

The Silver Tree est pour moi l'album du retour en grâce, même si je ne suis pas sûr de pouvoir expliquer concrètement pourquoi. Bien que rien ici ne rappelle les transes que pouvait provoquer son travail avec Dead Can Dance ou les dissonances délicieusement malaisantes de The Mirror Pool, j'ai l'impression d'y retrouver une attention à la construction des morceaux, une envie de les faire évoluer dans le temps et de ne plus se contenter de ressasser une forme unique. Un morceau comme Towards The Tower, par exemple, est d'autant plus cinématographique pour moi qu'il ne ressemble guère à ses précédentes musiques de film. Durant 10 minutes, on y passe d'une atmosphère à l'autre comme un film passe d'une scène à l'autre, du calme à la tempête, de l'ombre à la lumière, du sourire aux larmes. Autre exemple de diversification, Space Weaver est une curieuse expérience trip-hop qui ressemble de manière troublante à ce que Liz Fraser avait déjà fait avec Massive Attack. Elle a de plus la bonne idée d'y chanter en anglais, ce qu'elle devrait à mon avis faire plus souvent.

Je pourrais continuer à énumérer ces raisons qui me semblent prouver que The Silver Tree marque une renaissance de son inspiration mais je ne suis pas sûr que cela soit très utile. Il n'est d'ailleurs pas impossible que certains d'entre vous ne voient aucune différence fondamentale entre cet album et les deux précédents. Peu importe au fond. Que ce soit elle et/ou moi qui ayons évolué, je me retrouve à nouveau en phase avec l'héroïne de mon adolescence. Pourvu que ça dure.

- Liens : Site officiel
- A lire : l'interview de Lisa Gerrard dans le numéro de décembre de D-side, même si on n'échappe pas à quelques clichés vaguement new-age sur la vie, l'art, l'inspiration et le reste
- A voir : le DVD Sanctuary (commandé mais toujours pas regardé)
- A écouter : Abwoon (mp3)
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lundi, janvier 1

Les albums de 2006 (II)

Bodies Without Organs (BWO) - Halcyon Days (Capitol/EMI)
BWO est le nouveau groupe d'Alexander Bard, la tête pensante de Army of Lovers, célèbres pourvoyeurs de pop kitsch durant les années 90. Il faut pour rentrer dans ce disque une grande résistance aux maniérismes pop les plus éculés : la montée d'un ton dans la reprise du refrain, les synthés clinquants, les mélodies qui en font toujours un peu trop (voir We Could Be Heroes pour un florilège éclatant de ces tics de composition), le chanteur à boucles blondes et yeux bleux qui chantent des ballades en serrant les poings et en regardant fixement la caméra,... Heureusement, des années de pratique du genre m'ont appris à passer outre les défauts d'un disque pour pouvoir profiter plus pleinement de ses qualités. Donc, oui, BWO fait de la retro-hi-NRG-cheesy-pop. On ne peut non plus nier que les synthés sonnent comme si on venait de les ressortir d'un entrepôt où ils auraient pris la poussière pendant 15 ans, loin des progrès techniques et des évolutions du goût du public. Tout cela est vrai mais ne doit pas complètement éclipser le fait que certaines chansons appellent irrésistiblement le dandinement et le chantonnement du refrain, le sourire aux lèvres (Temple of Love, Angel of Night, la reprise vaguement trance d'Obsession d'Army of Lovers et Voodoo Magic, le meilleur titre du premier album, refourgué ici en bonus-track). Ce n'est donc pas un disque que je recommanderais à tout le monde. Beaucoup le trouveront insupportable. D'autres lui trouveront de réelles qualités mais ne pourront pas complètement occulter ses défauts les plus manifestes (les trois plus mauvaises chansons de l'album sont VRAIMENT mauvaises). Ces derniers, dont je suis, se retrouvent donc face à un parfait exemple de ce qu'on appelle habituellement les plaisirs coupables. Et c'est ça qui est bon. Allez, tous en choeur : "Will my arms be strong enough to take you through the night?"
- Liens : Site du groupe
- A écouter : Juggernaut (mp3), Temple Of Love (vidéo), Crystal Odyssey, Chariots Of Fire (vidéo) (toutes les trois franchement kitschs), Voodoo Magic (vidéo live)
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Muse - Black Holes And Revelations (A&E/Warner)
Aaah, Muse, le seul groupe dont le nom semble pertinent à tout le monde. Les thuriféraires y verront un hommage aux divinités qui les inspirent (merci Euterpe), les contempteurs une description assez juste de ce groupe de geeks qui font mu-muse avec leurs instruments dans de grands élans masturbatoires. Ca fait quatre albums que la plaisanterie dure.... et je dois avouer qu'elle ne m'a jamais semblé aussi bonne. C'est d'assez loin l'album du groupe que je préfère. Il faut dire qu'ils ont ici le chic pour titiller mes zones sensibles. Le morceau d'ouverture Take A Bow commence ainsi par un hommage assez transparent aux oeuvres de jeunesse pour orgues de Philip Glass. L'étonnamment brillant premier single, Supermassive Black Hole, avec ses falsettos funky et moites, présente des ressemblances plus que troublantes avec le Do Something de Britney Spears. Map of the Problematique sonne exactement comme un remix par Apoptygma Berzerk du Enjoy the Silence de Depeche Mode. Franchement, je serais bien en peine de trouver le moindre défaut aux quatre premiers morceaux de cet album. Certainement pompier, probablement grotesque mais indéniablement brillant. Malheureusement, le groupe ne parvient pas complètement à confirmer sur la longueur. Certes, le riff d'entrée d'Assassin est une tuerie absolue et les accords Tchaikovskiens de Hoodoo peuvent provoquer un sourire indulgent mais les morceaux calmes sont vraiment trop insignifiants et une certaine lassitude finit par s'installer après le huitième morceau. Est-ce pour cela que Knights of Cydonia, que de nombreux commentateurs présentent comme le morceau de bravoure de l'album, me paraît complètement anodin ? Peut-être. N'empêche que, si on se limite à quelques morceaux-phares, on peut trouver dans cet album un EP que certains auront vite fait de qualifier de génial. C'est un peu le même problème que pour Wolfmother, le groupe australien dont le Dimension EP était quasi-parfait mais dont l'album paraît interminable.
- Liens : Site du groupe, Myspace
- A écouter : Take A Bow (mp3), Supermassive Black Hole (vidéo), Assassin (vidéo live)
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The Moutain Goats - Get Lonely (4AD)
Ca doit bien faire le quatrième ou le cinquième album du groupe sur 4AD. Label oblige, je me suis senti obligé de les écouter tous, et l'ai toujours fait avec un a-priori très positif. Pourtant, l'enthousiasme maximum que je sois jamais parvenu à réunir pour la musique de John Darnielle est un dubitatif "Mouais, c'est sympa." (c'était pour le précédent album, à mon avis le meilleur). En fait, dans le genre (anti-)folk vaguement minimaliste, il me semble qu'il existe des artistes autrement plus passionnants (de Micah P. Hinson à Smog par exemple). The Mountain Goats souffrent un peu selon moi d'une voix un peu trop passe-partout et d'une production trop rudimentaire... Les chansons sont souvent attachantes (New Monster Avenue notamment), mais à la fois trop chétives pour convaincre sur leurs qualités musicales propres et trop sûres d'elles-mêmes pour que leur simplicité émeuve. Si vous ajoutez à cela que j'ai acheté cet album en partie parce qu'on m'avait dit que Scott Walker l'avait produit (ce qui est faux, bien évidemment), vous comprendrez que je me sente un peu floué.. mais bon, c'est toujours ça de pris pour la collection 4AD que je menace depuis longtemps d'entreprendre.
- Liens : Site officiel, Myspace
- A écouter : Maybe Sprout Wings (mp3)
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vendredi, décembre 29

Les albums de 2006 (I)

Deaf Center - Pale Ravine (Type)
Cet album est un des quatre que j'ai achetés cette année et qui vient brouiller la distinction entre rock, ambient, musique contemporaine et électro. Des quatre, il s'agit sans doute du plus ouvertement ambient, celui qui recourt le plus ouvertement à la bonne vieille recette Budd-Enoesque "nappes de synthés planouillantes + motifs mélodiques au piano". Alors, bien sûr, c'est dans l'ensemble très bien fait (les morceaux au piano seul, Eloy par exemple, me semblent moins convaincants) et, à tout prendre, plus intéressant que le set live auquel j'ai assisté il y a quelques semaines. Malheureusement, il ne fait guère de doutes que, dans le grand concours de séduction un peu cheap auquel se livrent les albums de 2006 pour le classement de fin d'année, ce pauvre album de Deaf Center et ses longues plages méditatives n'est pas le mieux armé. Un top albums se gagne au sprint, avec des riffs imparables, des mélodies immédiates, des tubes irrésistibles, pas avec des bandes-son de réveil difficile qui s'apprécient presque sans y penser. C'est un peu la limite de l'exercice.
- Liens : Label Type
- A écouter : White Lake (mp3), Stone Beacon
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Tortoise and Bonnie 'Prince' Billy - The Brave And The Bold (Overcoat/Domino)
De Tortoise, je gardais le souvenir d'un excellent album de 1996 (Millions now living will never die) puis d'une longue descente dans les enfers du post-rock jazzy-lounge branchouille (l'enthousiasme délirant qui a entouré la sortie de TNT m'a toujours stupéfié). De Bonnie 'Prince' Billy, je gardais le souvenir de quelques excellents albums studio et d'un inécoutable album live sorti l'année dernière. Que les deux collaborent sur un album de reprises de Devo et Elton John (entre autres) ne m'apparaissait pas a priori comme une bonne idée évidente. Le résultat final me déconcerte d'ailleurs parfois un peu. La country-noise de It's expected I'm gone est assez pénible et je ne sais trop que penser des rythmes vaguement sud-américains de Cravo é Canela ou des tendances Suicidesques de That's Pep!. En fait, c'est lorsque l'apport de Tortoise se fait le moins évident, que l'on s'éloigne des morceaux originaux et que Will Odham se contente de faire des morceaux "à la Bonnie 'prince' Billy" que je me retrouve à vraiment aimer le disque, comme sur Cavalry Cross par exemple. Cela dit, tant qu'à écouter du Bonnie 'prince' Billy, autant écouter un vrai disque de Bonnie 'prince' Billy, comme The Letting Go par exemple. J'y reviendrai.
- Liens : Site de Tortoise, Site en Français consacré à Will Oldham
- A écouter : Cavalry Cross (mp3)
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Johnny Cash - Personal File (Legacy/Columbia)
Je soupçonne John Carter Cash d'avoir engagé trois personnes à temps plein pour fouiller les archives de son père, gratter les fonds de tiroir et ainsi trouver de quoi alimenter la pléthorique discographie posthume du Man in Black. Le coffret Unearthed avait été annoncé comme la toute dernière occasion de découvrir des nouvelles chansons de Johnny Cash. Depuis, les sorties se succèdent pourtant à un rythme étourdissant. Rien que pour cette année, j'en ai deux à couvrir (sans compter la ressortie augmentée du Live at San Quentin). Heureusement, la qualité reste encore ici assez élevée. Personal File reprend ainsi une cinquantaine de chansons enregistrées en solo à la guitare par Johnny Cash entre 1973 et 1982, comme une sorte de journal intime ou d'autobiographie. Dans la grande tradition Cashienne, les chansons du CD1 sont souvent précédées d'un bref monologue de mise en situation. Telle chanson a été interprétée sur scène durant ses années de lycée, telle autre passait à la radio pendant qu'il travaillait près d'un fleuve, etc... Celles du CD2 sont presque exclusivement des chants religieux, qui laisse parfois apparaître une certaine forme de mysticisme, notamment dans la manière dont Cash exprime son désir d'avoir une relation "personnelle" avec Jésus, les Prophètes et tous les autres (One of these days I'm gonna sit down and talk to Paul par exemple). Autre exemple : le refrain de Sanctified, qui, sur une mélodie tout ce qu'il y a de plus sautillante, dit en gros "Je tente de mater le démon, j'essaie d'être sanctifié". De telles paroles m'apparaissent souvent complètement abracadabrantes, surtout au premier degré auquel elles ont sans doute été écrites, mais elles sont une bon moyen, pour l'agnostique vaguement athée que je suis, de mieux comprendre la personnalité de Johnny Cash. Comme, en plus, le son est très bon et que les chansons sont souvent formidables, le document est inestimable. Je ne sais pas ce que je penserai des disques de Cash qui sortiront en 2012 (et seront sans doute intitulés American Recordings XXIX et Live In The Shower 1977), mais celui-ci est une très bonne pioche.
- Liens : Site Officiel
- A écouter : Paradise, Saginaw Michigan, A Fast Song, Sanctified (mp3),...
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jeudi, décembre 28

Les albums de 2006 (intro)

Ca y est, c'est parti. L'idée est de publier tous les deux jours un billet reprenant trois albums de 2006. Je précise d'emblée que je me force ici à donner un avis sur tous les albums de 2006 que je possède, y compris ceux que j'ai pas ou peu aimés et/ou ceux que j'aime mais dont je n'ai pas grand-chose à dire. Certaines chroniques seront sans doute sans grand intérêt. Vous êtes prévenus. :)

Je me suis déjà astreint au même exercice en 2004 et en 2005. Comme vous pouvez le lire par ailleurs, l'exercice m'avait un peu pesé l'année dernière (l'air de rien, ça demande un boulot de fou). Cette année, j'ai donc logiquement décidé de multiplier par deux ma charge de travail et d'insérer également des photos des pochettes (woaw... des photos), et des mp3 illustratifs (WOAW...du son !). En conséquence, afin de respecter la charte tacite des mp3-blogs, j'ai également introduit des Liens Amazon.

mardi, décembre 26

Liens d'après-dinde et bûche

- Elea de Nameless fait son top 10 chez Jérôme Colin et a la bonne idée de mettre en avant Lupen Crook, un de mes albums de l'année. J'y reviens très vite.
- Avez-vous l'oreille musicale (le retour) ? Je vous ai déjà parlé ici du test où vous deviez différencier des mélodies très proches. Deux autres tests sont depuis venus s'ajouter à la panoplie disponible : un test sur les fréquences (auquel je fais un score apparemment très moyen) et un test sur les rythmes. Les trois liens sont disponibles via cet article de Fluctuat.
- Obscure Sounds a mis en ligne un des top albums dans lequel je me reconnais le plus et l'a agrémenté de nombreux mp3. Une bonne pioche. Le même blog propose également une sélection de chants de Noël (dont un Jingle Bells de Pet Shop Boys que je ne pense pas avoir déjà entendu), des extraits du prochain album de !!! et un hommage à James Brown.
- Le devenu trop rare Edward O se lance dans son top 100 des chansons de l'année en proposant à chaque fois un lien Youtube.
- la nouvelle vidéo de Patrick Wolf est visible ici. Je suis désormais officiellement impatient d'écouter son troisième album. Ca tombe bien, il n'y a plus trop longtemps à attendre.

J'en reste là pour l'instant. Le Père Noël m'a apporté un beau torticolis qui m'empêche de rester trop longtemps devant mon clavier.

lundi, décembre 25

Jingle Bells

Joyeux Noël de ma part et de la part de :
- Justin Timberlake qui, à 11 ans, vous chante Jingle Bells

- McFly, qui reprend Happy Xmas (War is over) pour Jo Whiley on BBC Radio 1.
- The Kinks, qui chantent Father Christmas
- José Gonzalez, Radiohead, Mark Kozelek et d'autres (via Nameless)
- Wham!, parce que même si on n'ose pas trop le dire, on aime tous secrètement cette chanson


Et, en extra-bonus, les pires vidéos de Noël de tous les temps :









Pour ma part, sauf événement majeur, je reviens après Noël avec, espérons, les premiers billets sur les albums de l'année.

mercredi, décembre 20

Pierre Lapointe, Botanique, 17 décembre 2006

(suite de ce billet)

Après 20 minutes d'entracte, les musiciens pénètrent sur scène. Un guitariste (Philippe Bergeron), une pianiste-accordéoniste-choriste (Josianne Hébert), un (contre)bassiste-sampliste (Philippe Brault), un violoniste-bidouilleur (Guido del Fabbro). Les musiciens commencent à jouer l'intro de Dans la forêt des mal-aimés tandis que les spectateurs cherchent en vain le chanteur des yeux. On commence à peine à connaître le nom de Pierre Lapointe en Europe et déjà il nous fait des entrées de stars ?! Ne se prendrait-il pas un peu trop au sérieux ? La question m'apparaît encore plus pertinente après avoir vu la manière dont son regard balaie le public lorsqu'il monte sur scène pour chanter la première phrase, comme en terrain conquis. Je ne connais de Pierre Lapointe que ses deux albums, pas de quoi donc me faire une opinion sur sa personnalité. Pourtant, ma première pensée en le voyant évoluer sur scène est qu'il n'a pas l'air de se prendre pour n'importe qui. Allait-ce être un de ces concerts où la beauté de la musique se retrouve ternie par l'antipathie que m'inspirent ses créateurs ? Heureusement non, car il a la suprême intelligence de désamorcer cette arrogance (réelle ou feinte) qui émane de son attitude sur scène en en faisant le moteur d'un effet comique. Ainsi, la plupart de ses interventions parlées entre les morceaux sont très écrites (je doute qu'elles changent d'un concert à l'autre) et ne servent qu'à renforcer cette impression de chanteur confit dans l'auto-satisfaction, parfois aux dépens de ses musiciens ou de son public.

Extraits choisis (je paraphrase) : "Calmez-vous les enfants. Je sais que mon charisme sexuel vous rend fous de désir mais, par pitié, tâchez de vous contrôler.", "Non content d'avoir révolutionné la chanson française, je suis également en train de révolutionner la mise en scène.", "Tiens d'ailleurs, pourquoi ne vous présenterais-je pas mes musiciens ? Mais d'un autre côté, pourquoi le ferais-je... De toutes façons, hypnotisés par ma présence magnétique, vous ne les voyez pas..." ou, en annonçant Au nom des cieux galvanisés "Moi depuis que je suis vedette, ça va bien merci mais vous, les célibataires du public, vous ne savez pas vraiment ce que c'est que d'être aimé et vous ne le saurez jamais.". Il joue en rappel son "tube" (ou, à tout le moins, la chanson par laquelle je l'ai découvert sur une compilation des Inrocks Deux par deux rassemblés) et exige de son public des cris d'adoration extatique qu'il accueille avec des poses très convaincantes de rock-star... Non, il n'y a pas à dire, il tient son personnage à la perfection. Alors, pure invention comique ou coup de génie marketing pour faire accepter au public une tendance naturelle à l'arrogance ? Je n'en sais rien et au fond, je m'en fous un peu. L'important est que cela fonctionne. Il s'agit sans doute du premier concert où j'ai failli m'étrangler de rire.

Il va de soi que ce personnage de scène ne peut tenir la route que si le concert est musicalement au-dessus de tout reproche. Heureusement, il l'est. Permettez-moi de renoncer à toute mesure mais, sur les seize morceaux du concert, je ne pense pas qu'un seul soit rien moins que formidable. Je ne connais ces chansons que depuis quelques semaines mais chaque intro provoquait pourtant déjà en moi le frisson de plaisir du fan qui, après des années d'attente, avait enfin le plaisir d'entendre sa chanson préférée en concert. D'où me vient cet enthousiasme débordant ? Est-ce le mélange Patrick-Wolfesque d'électronique et d'instruments classiques (violon et piano principalement) qui transforme par exemple la seconde moitié de L'endomètre rebelle en hymne techno ? Ou est-ce au contraire la beauté classique et rudimentaire de chansons comme Au 27-100 rue des partances qui rappelle le meilleur Romain Didier ? Ou bien la charge émotive des harmonies spectrales du Lion Imberbe ? Ou encore les nappes de claviers zébrées d'éclairs électriques qui assombrissent l'intro de certains morceaux ? A moins que ce ne soit la démesure orchestrale de Deux par deux rassemblés qui évoque irrésistiblement le Serge Gainsbourg d'Initials B.B. ? Plus sûrement sans doute, il s'agit du fait que tout cela coexiste à l'intérieur d'une même oeuvre, d'un même concert, sans que jamais une impression de trop-plein ne naisse.

Je pourrais encore multiplier les superlatifs pendant des paragraphes entiers mais je pense que la nature débordante de mon enthousiasme doit avoir déjà transparu à travers ce qui précède. Un des cinq concerts de ma vie ? Peut-être. J'en suis en tout cas ressorti avec des frissons de bonheur dans le dos qui ont continué jusqu'à mon arrivée à la gare. Cela ne m'était plus arrivé depuis mon premier concert des Nits à l'Ancienne Belgique et c'est précieux.

LIENS :
- La page Myspace (non-officielle mais avec des trucs à écouter et à voir)
- Le site officiel
- Le billet d'Indie-boy traqueur.

SETLIST :

- Dans la forêt des mal-aimés
- Debout sur ma tête
- Qu'en est-il de la chance ?
- Reine Emilie
- Vous
- Tel un seul homme
- L'endomètre rebelle
- Au nom des cieux galvanisés
- Hyacinthe la jolie
- Au 27-100 rue des partances
- De Glace
- Le lion Imberbe
- Nous n'irons pas
- Le colombarium
- Au pays des fleurs de la transe
-------
- Deux par deux rassemblés
- Tous les visages

VIDEO : - Une vidéo partielle du concert est disponible sur Youtube (merci momo1951), avec également de courts extraits des concerts de Arman Mélies et Renan Luce. Le son est médiocre mais on voit notamment de beaux exemples des poses de rock-stars dont je parle pendant Deux par deux rassemblés. Les fans de coiffure approximative seront aussi ravis d'apprendre que l'on me voit de dos durant toute la seconde moitié du clip. :p

mardi, décembre 19

Liens divers

Ca doit se voir que je suis en quasi-congé cette semaine... les billets se succèdent, sans doute dans l'espoir que je finirai par en écrire un qui suscite une réaction.

- Romain de Blog Pop nous gratifie d'une classieuse sélection de quatre morceaux soul, ce qui est d'autant plus apprécié que je n'y connais strictement rien.
- Stylus parle de la plus belle bande originale de film de tous les temps, composée par Zbigniew Preisner pour La double vie de Véronique de Krzysztof Kielslowski. Le concerto de Van den Budenmayer en Mi Mineur qu'il vous propose d'écouter (dans une version différente de celle de la Bande Originale) est à ce jour un des cinq ou six morceaux qui me procurent systématiquement des frissons dans le dos (avec le Ederlezi de Goran Bregovic).
- Le morceau de Noël des Pet Shop Boys (et un morceau de Noël d'Erasure) chez Paul, de The Zapping.
- Patrick Wolf a signé sur une major. Il est donc désormais marketé un peu comme McFly, via la création de street-teams. Le coup est rude, mais on pourrait se dire que cela lui permet de se payer des graphistes de talent pour lui concevoir de jolies pochettes. Et bien non.

Tous aux abris...

...ceci est mon 666ème billet. Pendant que les exégètes dissertent du caractère démoniaque ou non de ce nombre, je vous propose le seul clip vidéo qui m'ait jamais mis physiquement mal à l'aise face à mon poste de télévision : From the cradle to enslave, de Cradle of Filth. Difformité, snuff-movies, torture, maison hantée, culte satanique, giclées de sang, gorges tranchées... Tout y est. J'aime bien le fait que le logo MTV apparaisse accompagné d'un coeur, signifiant sans doute que la diffusion a eu lieu durant le "Love weekend".

Arman Méliès + Renan Luce, Botanique, 17 décembre 2006

Bien que j'écoute régulièrement ses deux albums, je n'avais jamais pensé avoir la possibilité de voir Pierre Lapointe en Belgique, en tout cas pas avant que sa notoriété dans nos contrées soit devenue plus grande. C'est donc par hasard, en lisant mes statistiques de visites que j'ai eu vent pour la première fois de la possible venue de Pierre Lapointe à Bruxelles. Un visiteur mieux informé que moi avait en effet atterri sur ce blog après une recherche Google "Pierre Lapointe concert Bruxelles" qui m'avait mis la puce à l'oreille. Malheureusement, la soirée était annoncée comme une triple affiche Renan Luce-Pierre Lapointe-Armand Mélies (sic), qui laissait supposer que le Québecois ne serait là que pour assurer une première partie rapide au piano avant de laisser la place à la tête d'affiche. Ne connaissant les deux autres chanteurs à l'affiche que de nom, j'avais donc longtemps hésité avant d'acheter ma place. En y repensant après coup, je peux dire que je l'ai échappé belle.

Mais reprenons au commencement.

Le premier artiste à monter sur scène ressemble vaguement à Yann Tiersen et semble à première vue avoir comme seul instrument une guitare acoustique. Enfin, jusqu'à ce que l'on regarde à ses pieds où s'étalent une collection de pédales d'effets à faire jaunir d'envie bien des habitués du Fat Cat Festival, ce qui lui permet de faire sonner sa guitare acoustique comme une guitare électrique et surtout d'enregistrer des boucles qui se superposent progressivement entre elles. En fait, il apparaît assez vite que ce monsieur s'est inventé le créneau du Matt Elliott français. Une rythmique frappée sur le corps de la guitare se voit progressviement accompagnée de quelques accords, d'un squelette de mélodie puis d'ad-libs vocaux (souvent en falsetto), jusqu'à obtenir in fine une nappe sonore d'une grande richesse, rendue d'autant plus fascinante que l'on a pu en suivre la genèse en direct. Durant les 40 minutes de sa prestation, il a ainsi joué une poignée de chansons dont deux ou trois étaient franchement réussies. Dommage qu'à la rythmique synthétique dont il usait parfois, il ait cru bon d'ajouter un vrai batteur qui alourdissait inutilement ses morceaux (ou alors c'est parce que j'étais juste au pied de la batterie et me prenait les coups de grosse caisse en plein tympan gauche). Une bonne surprise, même si l'écouter m'a parfois rappelé pourquoi je suis en général aussi rétif aux chanteurs francophones ("mes rêves ont les formes d'un théâtre sans décors"... franchement).

LIEN : La page Myspace et le site officiel de Arman Méliès

Après une courte mise en place de la scène, un batteur, un guitariste (vague mélange de Jacques Gamblin et de Mathieu Amalric), un contrebassiste chamarré et un chanteur ridiculement petit montent sur scène. Etait-ce Arman Méliès, Pierre Lapointe ou Renan Luce ? Le suspense était à son comble, d'autant que, quel que soit le nom de ce chanteur de poche au milieu de la scène, il apparaît assez vite qu'il est une vraie star, au moins pour la poignée de fans hystériques dans les premiers rangs. Cette déstabilisante indécision n'allait heureusement pas durer très longtemps cela dit car un aimable spectateur a rapidement crié "Vas-y, Renan", me permettant ainsi d'enfin mettre un nom sur les visages (au pluriel parce que, du coup, le précédent se révélait finalement être Arman Méliès...Bonjour Arman, ravi de faire ta connaissance). Des chansons comme Les voisines, La lettre ou Chien mouillé font l'unanimité autour de moi. Bien qu'entraînantes et foncièrement sympathiques, ces chansons ne font pourtant pas le poids à côté des trois titres qui m'ont vraiment plu. Monsieur Marcel prétexte de l'histoire d'un fossoyeur vieillissant pour se lancer dans une amusante défense du petit commerce et de l'artisanat à la française. Camelote est une sorte de contes de fées absurde qui parvient à invoquer l'esprit d'Amélie Poulain sans me donner l'envie de raser Montmartre pour en faire un parking de tanks de guerre (une peformance, assurément). Le repenti, enfin, est un rappel acoustique qui vaut essentiellement pour ses paroles, racontant la longue planque d'un repenti de la Mafia dans la banlieue de Dijon, où il ne peut s'empêcher de mettre son savoir-faire aux services du voisinage. Trois très bonnes chansons sur un set de 45 minutes. Pour un premier contact, ça semblait prometteur et, après une petite heure de concert, j'étais plutôt séduit et avais pris la ferme décision d'offrir son album pour l'anniversaire d'une amie fan de chanson française. Néanmoins, un doute m'étreignait et, ne voulant pas commettre d'impair en m'enthousiasmant innocemment pour un chanteur officiellement infréquentable, j'ai pris autour de moi le pouls de l'opinion générale et on m'a vite fait clairement comprendre qu'il n'était que l'éhontée création d'une major décidée à occuper le créneau Delerm sur Europe 2 pendant que l'original allait restocker son magasin à clichés. Fiooouu, je l'ai échappé belle. Oubliez donc tout ce que vous venez de lire. Renan Luce est un nullard. J'achèterai son album en portant un masque de Mickey pour ne pas qu'on me reconnaisse.

LIEN : La page Myspace de Renan Luce.

Blague à part, deux excellentes premièrs parties donc.. de quoi m'ouvrir l'appétit avant le plat de résistance. Pierre Lapointe serait bien la tête d'affiche.. et à en juger par le matériel qui s'accumule sur scène, il n'est pas venu tout seul

(la suite ici).

lundi, décembre 18

Et dire que j'hésitais à y aller....

Vous saurez bientôt tout sur le concert de Pierre Lapointe au Botanique (Bruxelles).

jeudi, décembre 14

Programme des hostilités

L'heure du bilan annuel a sonné. La liste des albums à considérer pour le titre très convoité de "disque Je dis ça, je dis rien" de l'année est finalisée. Je ne promets pas d'écrire une chronique pour tous ces albums (comme j'étais parvenu à le faire en 2004 et en 2005) car la possibilité que je doive jeter l'éponge en cours de route par manque de temps est réelle... Nous verrons bien.


..And you will....trail of dead : So divided
Amplifier : Insider
Apparat Organ Quartet : Apparat Organ Quartet
Arctic Monkeys : Whatever people say I am, that's what I'm not
B. Flesichmann : The humbucking coil
Bodies Without Organs (BWO) : Halcyon days
Bonnie 'prince' Billy : The Letting Go
Calexico : Garden Ruin
Cash Johnny : American V - A Hundred highways + Personal File
Casiotone for the painfully alone : Etiquette
Cat Power : The greatest
Deaf Center : Pale Ravine
Dolorian : Voidwards
Dominique A : L'horizon
d'Oultremont Juan : Bambi is dead
Elliott Matt : Failing Songs
Espers : Espers II
Feeling (The) : Twelve Stops and Home
Film School : s/t
Final Fantasy : He poos clouds
Gerrard Lisa : The Silver Tree
Gogol Bordello : Gypsy Punks Underdog World Strike
Guthrie Robin : Continental
Hinson Micah P. : Micah P. Hinson and the opera circuit
Hope of the States : Left
Hot Chip : The warning
Howling Bells : s/t
Isan : Plans drawn in pencil
Jamelia : Walk with me
Johannsson Johann : IBM 1401, a user's manual
Junior Boys : So this is goodbye
Knife (The) : Silent shout
Lapointe Pierre : La forêt des mal-aimés
Le Sport : Euro Deluxe Dance Party
Lil'Chris : Lil'chris
Lo-Fi Fnk : Boylife
Lupen Crook : Accidents occur whilst sleeping
McFly : Motion in the ocean
Midlake : The trials of Van Occupanther
Mogwai : Mr Beast
Mojave 3 : Puzzles like you
Morrissey : Ringleader of the tormentors
Mountain Goats (The) : Get Lonely
Muse : Black holes and revelations
Our Brother the Native : Teeth and claws
Pet Shop Boys : Fundamental
Peter, Bjorn and John : Writer's Block
Pipettes (The) : We are the Pipettes
Post Industrial Boys : Trauma
Richter Max : Songs from Before
Scissor Sisters : Ta-Dah
Simon Paul : Surprise
Sparks : Hello young lovers
Staples Stuart A. : Leaving Songs
Stoltz Kelley : Below the branches
Teague Ryan : Coins & Crosses
Timberlake Justin : Futuresex/Lovesounds
Tortoise & Bonnie 'prince' Billy : The brave and the bold
Tunng : Comments of the inner chorus
TV on the Radio : Return to Cookie Mountain
Two Gallants : What The Toll Tells
Vines (The) : Vision Valley
Walker Scott : The drift
Williams Robbie : Rudebox
Woven Hand : Mosaic
Yeah Yeah Yeahs : Show your bones
Yorke Thom : The eraser
Zutons (The) : Tired of hanging around

samedi, décembre 9

Merci NME

Ces trois dernières semaines, le NME était vendu accompagné d'une compilation gratuite émanant d'un label indépendant (1969, Transgressive et Modular) et je suis tombé en pâmoison devant un des morceaux de la compilation Transgressive. Je n'ai pas la moindre idée de qui est ce Johnny Flynn, mais je soupçonne que vous serez nombreux à vouloir, comme moi, en savoir plus après avoir écouté Tickle Me Pink sur sa page Myspace. Imaginez le plus sublime des folkeux 60s qui serait produit par le Matt Elliott des albums solos et vous aurez une toute petite idée de ce à quoi la chanson ressemble.

mercredi, décembre 6

Objectivité et subjectivité

Ceux d'entre vous qui me lisent depuis longtemps ne seront pas surpris que je défende ardemment le droit à la critique subjective et n'accorde aucun crédit à la notion d'objectivité. La chronique d'un disque n'est donc selon moi tenue à aucun impératif d'impartialité ou de recul et peut se baser sur les réactions les plus épidermiques. Rien à redire d'un point de vue déontologique. Néanmoins, il faut bien admettre que parfois le seul résultat de cette totale liberté est que le chroniqueur apparaît aux yeux du monde comme un parfait crétin qui se regarde écrire. Un bel exemple ici.

Ceci dit, on est tous les parfaits crétins de quelqu'un. J'ai reçu ce commentaire hier :
pff ferme ta gueule va, tu dois vraiment être mal baisé toi j'te l'dis ! C'est sans doute l'gars l'plus parfait du monde et toi la fille la plus stupide qui soi. Donc voilà sur ce trouve toi quelqu'un (enfin si c'est possible) et apprend a fermer ta gueule une bonne fois pour toute !!!!!!!
Brrrr.

lundi, décembre 4

Et bien dansez maintenant....

Mon billet de la quinzaine sur la Blogothèque est consacré à l'"électro dansante", une appellation stupide qui me permet de rassembler Ellen Allien, Multiplex et Lowfish.

samedi, décembre 2

Et encore

- Les classements des meilleurs albums de l'année. Ca y est, c'est parti. On commence par Rough Trade.
- Le grand retour de Kate Bush vous a laissé froid ? Vous auriez préféré qu'elle se réinvente en papesse de l'extravagance electro-pop ? Vous serez donc comblé en allant écouter With Every Heartbeat sur la page MySpace de Kleerup (via XO). Pour information, la chanteuse s'appelle Robyn et est depuis plus de deux ans la coqueluche des blogs pop internationaux. Je n'avais jusqu'à présent jamais remarqué cette parenté vocale avec Mrs Bush. (Le morceau est également téléchargeable sur Into the Groove)
- Le hurlement rebelle s'est passablement émoussé avec le temps..... Billy Idol tel que vous ne l'avez sans doute jamais vu.

PS : Finalement, après avoir réécouté les deux albums, j'ai décidé de prendre ma place pour le concert de Pierre Lapointe, quitte à être frustré par la longueur.