Après la mort de John Peel, c'est un autre pilier médiatique de la musique en Angleterre qui s'apprête à disparaître : Top of the Pops. Certes, ce n'est pas une disparition aussi irrémédiable que celle de John Peel, vu que l'émission hebdomadaire change juste de station, passant de BBC One à BBC Two. On pourrait même se dire qu'a priori, ce n'est qu'une réorganisation sans conséquence. Il n'en est pourtant rien. Il s'agit bien d'une sorte de mini-séisme.
BBC One est la chaîne généraliste de la BBC. C'est là que les émissions-phares de la télévision publique britannique trouvent tout naturellement leur place. BBC Two est une chaîne plus spécialisée, où se retrouvent les émissions qui n'ont pas a priori vocation à rencontrer un large public. C'est la chaîne des matches de snooker, des émissions d'astronomie et de jardinage, des films en version sous-titrée, etc... Ca n'en fait évidemment pas une moins bonne chaîne (QI avec Stephen Fry, Have I got news for you? ou Absolutely Fabulous par exemple font partie de mes émissions préférées et sont ou ont été d'abord programmés sur BBC Two) mais son audience est structurellement deux à trois fois moindre que celle de BBC One. Le transfert d'une chaîne à l'autre est donc une reconnaissance officielle par la BBC que la culture pop n'est dorénavant plus une préoccupation nationale.
Certes, cette décision reflète une réalité qui se manifestait déjà dans la baisse ds ventes de singles ou dans les chiffres d'audience de TOTP qui étaient au plus bas depuis quelques années (environ 3 millions de spectateurs chaque semaine). En vrai fan de pop, je pourrais dire que ce désintérêt de la pop-music est une nouvelle manifestation du conformisme rampant qui gangrène toutes les sociétés occidentales depuis la "fin des idéologies'. Pourtant, ces tentatives d'explication ne m'empêcheront pas d'éprouver un petit pincement au coeur en constatant que, dans un pays où, il n'y a pas si longtemps, la bataille entre Blur et Oasis pour la première place du hit-parade pouvait ouvrir un journal télévisé, la pop-culture soit, à l'instar de l'astronomie ou du jardinage, dorénavant considérée comme le hobby d'une frange limitée de la population. Pire, si on s'en réfère à la grille des programmes, la cuisine est dorénavant un centre d'intérêt plus répandu que la musique populaire.
La cuisine !? En Angleterre ?? C'est le monde à l'envers.
(Incidemment, cela signifie aussi que je ne pourrai plus voir régulièrement l'émission, et ça franchement, c'est pas cool).
Parce que la musique est une chose trop importante pour être laissée à ceux qui la prennent au sérieux.
mardi, novembre 30
lundi, novembre 29
Dites donc, c'est vachement calme ici.
Ca fait une semaine que je n'ai plus effectué de mise à jour (si tel est bien le terme Académie Française-friendly de update). En conséquence, je viens de connaître ma pire semaine pour ce qui est du nombre de visites (vous êtes impitoyables). En fait, il y a plusieurs raisons pour expliquer ce silence. La première est que les échéances du dépôt de ma thèse se rapprochent et que je suis encore très loin d'en avoir fini la rédaction. Du coup, l'envie de m'occuper de ce blog, ou de pratiquer toute autre activité n'ayant pas un rapport plus ou moins direct avec la physique nucléaire, tend à se dissiper dans la montée inexorable du stress.
De plus (et c'est sans doute lié), rien de ce que j'écoute pour l'instant ne me plait réellement. Depuis une semaine, j'ai écouté les albums de Dogs die in hot cars (contient quelques bonnes idées mais un peu écoeurant sur la longueur), Mark Lanegan (typiquement le genre de disques porté aux nues par la critique qui me laisse de marbre), Joanna Newsom (j'aime bien sa voix et elle a deux-trois bonnes chansons, mais dans l'ensemble les compositions sont un peu faibles, du coup ne surnage que cette impression de bizarrerie qui fait son fond de commerce, et ça ne suffit pas, voir aussi Antony and the Johnsons), Destroyer (pop grandiloquente avec des instruments un peu snob du genre cor anglais) entre autres choses, et tous m'ont déçu à des degrés divers. Donc, en attendant que quelque chose me happe à nouveau l'oreille et déclenche en moi une envie irrépressible d'en parler, je ne sais pas trop quoi dire.
Deux liens pour la route :
- Popjustice.com commente la sortie du single Band Aid 20, avec la bonne foi qui caractérise toujours sa démarche.
- Pourquoi les compilation Rough Trade Shops sont des petits bijoux.
De plus (et c'est sans doute lié), rien de ce que j'écoute pour l'instant ne me plait réellement. Depuis une semaine, j'ai écouté les albums de Dogs die in hot cars (contient quelques bonnes idées mais un peu écoeurant sur la longueur), Mark Lanegan (typiquement le genre de disques porté aux nues par la critique qui me laisse de marbre), Joanna Newsom (j'aime bien sa voix et elle a deux-trois bonnes chansons, mais dans l'ensemble les compositions sont un peu faibles, du coup ne surnage que cette impression de bizarrerie qui fait son fond de commerce, et ça ne suffit pas, voir aussi Antony and the Johnsons), Destroyer (pop grandiloquente avec des instruments un peu snob du genre cor anglais) entre autres choses, et tous m'ont déçu à des degrés divers. Donc, en attendant que quelque chose me happe à nouveau l'oreille et déclenche en moi une envie irrépressible d'en parler, je ne sais pas trop quoi dire.
Deux liens pour la route :
- Popjustice.com commente la sortie du single Band Aid 20, avec la bonne foi qui caractérise toujours sa démarche.
- Pourquoi les compilation Rough Trade Shops sont des petits bijoux.
mardi, novembre 23
La musique des sphères
Le site mp3.com a un nouveau jouet, le Musicvine, ou une représentation dans un un plan à deux dimensions d'un grand nombre d'artistes et de leurs relations mutuelles, qui semblent transcender les frontières communément admises entre tel ou tel genre. La manière dont les liens sont formés n'est pas très claire (et a sans doute un fondement statistique) mais en théorie, le concept est assez séduisant et on a tout de suite envie de se servir de l'outil pour découvrir des nouveaux noms.
Malheureusement, on devient assez vite quelque peu circonspect sur les rapprochements proposés. Ainsi, quand on introduit dans le moteur de recherches Wet Wet Wet (l'exemple typique du groupe poliment chiant dans mon esprit), on a la surprise de les voir présentés comme très proches des Sex Pistols. Du coup, lorsque je constate que les Pet Shop Boys sont étroitement liés à un groupe dont je n'ai jamais entendu parler, B.E.F., j'hésite un peu avant d'en faire mon nouveau groupe de chevet. De plus, mon esprit cartésien déplore par exemple que les relations entre deux groupes ne soient pas réciproques (si A est présenté comme proche de B, B n'est pas forcément proche de A).
Ceci dit, même si ce n'est pas encore tout à fait au point, ça reste une idée intéressante, d'autant que le site est visuellement assez beau.
Malheureusement, on devient assez vite quelque peu circonspect sur les rapprochements proposés. Ainsi, quand on introduit dans le moteur de recherches Wet Wet Wet (l'exemple typique du groupe poliment chiant dans mon esprit), on a la surprise de les voir présentés comme très proches des Sex Pistols. Du coup, lorsque je constate que les Pet Shop Boys sont étroitement liés à un groupe dont je n'ai jamais entendu parler, B.E.F., j'hésite un peu avant d'en faire mon nouveau groupe de chevet. De plus, mon esprit cartésien déplore par exemple que les relations entre deux groupes ne soient pas réciproques (si A est présenté comme proche de B, B n'est pas forcément proche de A).
Ceci dit, même si ce n'est pas encore tout à fait au point, ça reste une idée intéressante, d'autant que le site est visuellement assez beau.
lundi, novembre 22
Conseil de lecture
La presse musicale vue des Etats-Unis en deux parties, que je nommerai par souci de simplicité la première partie et la seconde partie. C'est très drôle.
Si j'avais dû me lancer dans une telle entreprise, tout au plus aurais-je pu écrire que Q est le pire magazine de tous les temps, que je ne parviens pas à me lasser du NME, que Rolling Stone (US) manque d'une ligne directrice et que Uncut est décidément trop rétro pour moi. Je ne peux pas lutter.
Si j'avais dû me lancer dans une telle entreprise, tout au plus aurais-je pu écrire que Q est le pire magazine de tous les temps, que je ne parviens pas à me lasser du NME, que Rolling Stone (US) manque d'une ligne directrice et que Uncut est décidément trop rétro pour moi. Je ne peux pas lutter.
samedi, novembre 20
J'ai toujours dit que ce garçon n'était pas clair.
Selon le NME, on a diagnostiqué chez le chanteur des Vines une pathologie mentale, le syndrôme d'Asperger.
Je ne sais trop que penser de cette information. Je suis par principe assez réticent face au fait de qualifier de "pathologiques" tous les comportements un peu excentriques. J'ai l'impression que cette tendance nouvelle de la psychiatrie résulte moins d'une envie de mener les individus à l'épanouissement personnel que d'une tentative larvée de les pousser à se conformer au profil le plus économiquement rentable (docile, travailleur, influençable,...) en réduisant la gamme des comportements 'normaux' ou acceptables (désolé pour cette tirade). Or, l'excentrcité peut avoir du bon parfois, elle est même souvent au coeur du processus créatif.
D'un autre côté, dans le cas précis de Craig Nicholls, il semblait assez clair que son 'excentricité' le rendait malheureux. Toutes les interviews s'accordent sur ce point et j'avais été frappé, en le voyant de très près sur scène au Botanique l'année dernière, d'à quel point il semblait ne prendre aucun plaisir à jouer sur scène. Ses yeux, notamment, semblaient vides de toute émotion (ce qui s'explique sans doute en partie par un abus de shit, mais tout cela est lié).
Donc, si ce diagnostic peut l'aider à trouver un équilibre plus sain et, surtout, à empêcher sa maison de disques de le renvoyer malgré lui en tournée (comme elle l'a fait dans le passé), c'est plutôt une bonne nouvelle. Qui sait, peut-être un jour pourra-t-il retrouver l'état de grâce qui lui avait permis d'écrire son très bon premier album.
Je ne sais trop que penser de cette information. Je suis par principe assez réticent face au fait de qualifier de "pathologiques" tous les comportements un peu excentriques. J'ai l'impression que cette tendance nouvelle de la psychiatrie résulte moins d'une envie de mener les individus à l'épanouissement personnel que d'une tentative larvée de les pousser à se conformer au profil le plus économiquement rentable (docile, travailleur, influençable,...) en réduisant la gamme des comportements 'normaux' ou acceptables (désolé pour cette tirade). Or, l'excentrcité peut avoir du bon parfois, elle est même souvent au coeur du processus créatif.
D'un autre côté, dans le cas précis de Craig Nicholls, il semblait assez clair que son 'excentricité' le rendait malheureux. Toutes les interviews s'accordent sur ce point et j'avais été frappé, en le voyant de très près sur scène au Botanique l'année dernière, d'à quel point il semblait ne prendre aucun plaisir à jouer sur scène. Ses yeux, notamment, semblaient vides de toute émotion (ce qui s'explique sans doute en partie par un abus de shit, mais tout cela est lié).
Donc, si ce diagnostic peut l'aider à trouver un équilibre plus sain et, surtout, à empêcher sa maison de disques de le renvoyer malgré lui en tournée (comme elle l'a fait dans le passé), c'est plutôt une bonne nouvelle. Qui sait, peut-être un jour pourra-t-il retrouver l'état de grâce qui lui avait permis d'écrire son très bon premier album.
vendredi, novembre 19
Une collaboration qui fait envie
Tiré de la newsletter Deltasonic :
Sinon, des extraits de deux des albums de l'année (selon moi) sont disponibles ici.
The Coral are putting the final touches to their third album which will be released early next year. The album is being produced by Geoff Barrow and Adrian Utley from the band Portishead.Je suis bien content de voir que Portishead est encore présenté comme un groupe en activité.
Sinon, des extraits de deux des albums de l'année (selon moi) sont disponibles ici.
jeudi, novembre 18
Erreur de jeunesse
En 1997, j'étais en plein dans ma phase indie-snob. Un jour, un ami que la chose musicale intéressait en général assez peu me demande ce que j'écoute comme type de musique. C'était évidemment (déjà) mon sujet de conversation favori et je lui réponds donc d'un air blasé : "Des trucs bizarres. Je te citerais bien des noms mais ils ne t'évoqueraient rien.", ce sur quoi, pas du tout déstabilisé par le caractère abrupt de ma réponse, il enchaîne : "C'est quoi de la musique bizarre ? De la musique, c'est de la musique, non ? Ca peut pas être si bizarre que ça." Pour illustrer mon propos, je lui ai alors fait écouter un morceau de Scott Walker, Farmer in the City, la plage d'ouverture de l'album Tilt sorti quelques semaines auparavant.
Aprés écoute, il a effectivement admis que c'était un peu bizarre. Je n'étais pas peu fier de voir la sophistication de mes goûts ainsi reconnue mais, rétrospectivement, j'ai un peu honte. J'étais à baffer, non ?
Je repense à ça parce que le morceau est en ce moment disponible sur ce mp3-blog. Si vous ne le connaissez pas, courez-y. C'est très beau, quoiqu'indéniablement un peu...bizarre.
Aprés écoute, il a effectivement admis que c'était un peu bizarre. Je n'étais pas peu fier de voir la sophistication de mes goûts ainsi reconnue mais, rétrospectivement, j'ai un peu honte. J'étais à baffer, non ?
Je repense à ça parce que le morceau est en ce moment disponible sur ce mp3-blog. Si vous ne le connaissez pas, courez-y. C'est très beau, quoiqu'indéniablement un peu...bizarre.
mercredi, novembre 17
Boy-band d'opérette
On entend souvent dire que ce qui rend l'époque à laquelle nous vivons si riche musicalement parlant est la porosité nouvelle des frontières entre les différents genres. Tous se marie avec n'importe quoi pour générer de passionnants hybrides que les journalistes s'empressent d'étiqueter en inventant des noms qui contiennent en général plein de traits d'union : trip-hop, funk-jazz, trash-polka, country-rock-soul, folktronica, ska-punk,... Cette grande famille des nouveaux genres comporte depuis peu un nouveau nom, le popera, qui, comme son nom l'indique, est le produit du croisement entre la pop et l'opéra.
La tentation de mélanger la musique classique et la musique pop existe depuis longtemps. Citons, pour le meilleur, Gainsbourg s'inspirant de Dvorak, Chopin ou Brahms pour composer ses chansons et, pour le pire, toute la clique des Rondo Veneziano, Bond, Vanessa Mae, Helmut Lotti, André Rieu ou Sarah Brightman qui refourguent sans vergogne une pâle muzak sans âme dans un emballage clinquant et tentent de faire croire que ce serait, pour quelque obscure raison (souvent liée à la présence de violons), de la musique noble. Le pire étant sans doute qu'ils y arrivent. Quand je parcours les rayons d'un disquaire et vois un présentoir classique ne comportant que de tels disques, il me vient en général une grande lassitude.
Malheureusement, il semblerait qu'on puisse toujours faire pire puisqu'un pas de plus vers l'ignominie a été franchi par le redoutable Simon Cowell, qui vient de lancer sur le marché anglais Il Divo, le premier boy-band opéra. On peut accéder au site du groupe ici, et notamment voir la vidéo de leur single (cliquez sur music). Je l'ai regardée. Je le regrette. C'est tout ce que je hais dans la culture pop enveloppé dans un petit paquet doré : une absence de talent patente qu'ils tentent de faire oublier en prétendant ne pas être des artistes 'pop' (comme si c'était honteux), mais des musiciens 'classiques' avec tout le prestige qui est encore attaché à ce terme. En fait, il n'en est évidemment rien. Ce qu'ils font, c'est et ça restera toujours du Westlife en smoking et avec des vibratos (et donc, forcément, en encore moins bien), et ce n'est pas la liste, complaisamment énumérée sur le site, des Conservatoires qu'ils ont fréquentés qui y changera quoi que ce soit.
C'est aussi, accessoirement, une des meilleures ventes d'albums de l'année en Angleterre.
La tentation de mélanger la musique classique et la musique pop existe depuis longtemps. Citons, pour le meilleur, Gainsbourg s'inspirant de Dvorak, Chopin ou Brahms pour composer ses chansons et, pour le pire, toute la clique des Rondo Veneziano, Bond, Vanessa Mae, Helmut Lotti, André Rieu ou Sarah Brightman qui refourguent sans vergogne une pâle muzak sans âme dans un emballage clinquant et tentent de faire croire que ce serait, pour quelque obscure raison (souvent liée à la présence de violons), de la musique noble. Le pire étant sans doute qu'ils y arrivent. Quand je parcours les rayons d'un disquaire et vois un présentoir classique ne comportant que de tels disques, il me vient en général une grande lassitude.
Malheureusement, il semblerait qu'on puisse toujours faire pire puisqu'un pas de plus vers l'ignominie a été franchi par le redoutable Simon Cowell, qui vient de lancer sur le marché anglais Il Divo, le premier boy-band opéra. On peut accéder au site du groupe ici, et notamment voir la vidéo de leur single (cliquez sur music). Je l'ai regardée. Je le regrette. C'est tout ce que je hais dans la culture pop enveloppé dans un petit paquet doré : une absence de talent patente qu'ils tentent de faire oublier en prétendant ne pas être des artistes 'pop' (comme si c'était honteux), mais des musiciens 'classiques' avec tout le prestige qui est encore attaché à ce terme. En fait, il n'en est évidemment rien. Ce qu'ils font, c'est et ça restera toujours du Westlife en smoking et avec des vibratos (et donc, forcément, en encore moins bien), et ce n'est pas la liste, complaisamment énumérée sur le site, des Conservatoires qu'ils ont fréquentés qui y changera quoi que ce soit.
C'est aussi, accessoirement, une des meilleures ventes d'albums de l'année en Angleterre.
mardi, novembre 16
Le verdict est tombé.
L'enregistrement de la nouvelle version de Do they know it's Christmas? est terminé, les CD sont sous presse et le verdict est sans appel. La pop-music va mal.
Regardons les éléments du dossier :
- La photo de famille (le lien qui se trouvait sur le site de la BBC ne fonctionne plus)
- Qui chante quoi.
- L'avis de la BBC et des internautes.
- Cependant, la principale pièce à conviction est la chanson elle-même. Pour l'écouter, c'est un peu plus compliqué (mais pas trop quand même). Il suffit d'aller ici et de 'skipper' une heure (4 fois 15 minutes donc).
C'est affreux.
Chris Martin se la joue piano syncopé et prend des libertés avec le tempo, ce qui donne, dès le départ, un caractère boiteux à la chanson. Ce ne serait pas si grave si on avait prévenu Dido, Robbie Williams ou les Sugababes qui, eux, restent fidèles à l'original. Il en est de même durant toute la chanson. Chacun chantonne dans son coin ou veut tirer la couverture à lui et ne surnage finalement plus qu'une impression de grand désordre. La palme du n'importe quoi revient sans doute à Bono, qui se laisse aller à des vocalises inutiles qui tombent comme un cheveu dans la soupe (et lui ont peut-être été inspirées par l'intervention toute en retenue de Pavarotti sur Miss Sarajevo). Et que dire de ce pauvre Dizzee Rascal ? Il regrettera sans doute longtemps ces deux phrases qui lui ont fait perdre en quelques secondes toute sa crédibilité. C'est sans doute injuste de le stigmatiser ainsi (il a juste le tort d'être médiocre différemment), mais je crains que dans vingt ans, on ne se souvienne de cette version comme "celle qui avait un rap grotesque au milieu".
En résumé, une petite catastrophe.
On pouvait a priori penser que l'article de Popjustice sur le sujet était empreint d'une mauvaise foi un peu excessive, mais finalement, non, il explique assez bien l'origine du désastre.
En espérant tout de même qu'on nous refourgue la version originale en B-side. Je la cherche en CD depuis longtemps. (Il semblerait, après recherches, que ce soit le cas.)
PS : Je me réserve le droit de changer d'avis lorsque j'aurai entendu la chanson dans de meilleures conditions.
EDIT : Ben voilà, je l'ai entendue dans de meilleures conditions (la chanson uniquement, j'ai malheureusement complètement oublié d'aller voir la vidéo hier). Je confirme mon impression que tout cela n'est quand même pas très réussi. La tentative de donner un petit air indé à la chanson ne fonctionne pas. Ceci dit, Bono vocalise moins que ce que mes enceintes m'avaient laissé croire, même si son petit ritardando sur 'instead' est d'un goût douteux. Je sauverai néanmoins les deux lignes des Sugababes, qui sont parfaites, comme souvent.
A l'instant, Bob Geldof était interviewé à Top of the Pops où il expliquait en gros que la question de savoir si le morceau était bon ou pas n'avait finalement pas grande importance et que c'est surtout l'intention qui compte, ce qui me semble une belle confirmation que même lui ne le trouve pas au-dessus de tout reproche. Je me demande quand même comment Nigel Godrich, qui est un garçon sérieux, n'a pas tenté de mettre un peu d'ordre dans tout ça. On ne peut pas dire que ce soit très bien 'produit'.
Regardons les éléments du dossier :
- La photo de famille (le lien qui se trouvait sur le site de la BBC ne fonctionne plus)
- Qui chante quoi.
- L'avis de la BBC et des internautes.
- Cependant, la principale pièce à conviction est la chanson elle-même. Pour l'écouter, c'est un peu plus compliqué (mais pas trop quand même). Il suffit d'aller ici et de 'skipper' une heure (4 fois 15 minutes donc).
C'est affreux.
Chris Martin se la joue piano syncopé et prend des libertés avec le tempo, ce qui donne, dès le départ, un caractère boiteux à la chanson. Ce ne serait pas si grave si on avait prévenu Dido, Robbie Williams ou les Sugababes qui, eux, restent fidèles à l'original. Il en est de même durant toute la chanson. Chacun chantonne dans son coin ou veut tirer la couverture à lui et ne surnage finalement plus qu'une impression de grand désordre. La palme du n'importe quoi revient sans doute à Bono, qui se laisse aller à des vocalises inutiles qui tombent comme un cheveu dans la soupe (et lui ont peut-être été inspirées par l'intervention toute en retenue de Pavarotti sur Miss Sarajevo). Et que dire de ce pauvre Dizzee Rascal ? Il regrettera sans doute longtemps ces deux phrases qui lui ont fait perdre en quelques secondes toute sa crédibilité. C'est sans doute injuste de le stigmatiser ainsi (il a juste le tort d'être médiocre différemment), mais je crains que dans vingt ans, on ne se souvienne de cette version comme "celle qui avait un rap grotesque au milieu".
En résumé, une petite catastrophe.
On pouvait a priori penser que l'article de Popjustice sur le sujet était empreint d'une mauvaise foi un peu excessive, mais finalement, non, il explique assez bien l'origine du désastre.
En espérant tout de même qu'on nous refourgue la version originale en B-side. Je la cherche en CD depuis longtemps. (Il semblerait, après recherches, que ce soit le cas.)
PS : Je me réserve le droit de changer d'avis lorsque j'aurai entendu la chanson dans de meilleures conditions.
EDIT : Ben voilà, je l'ai entendue dans de meilleures conditions (la chanson uniquement, j'ai malheureusement complètement oublié d'aller voir la vidéo hier). Je confirme mon impression que tout cela n'est quand même pas très réussi. La tentative de donner un petit air indé à la chanson ne fonctionne pas. Ceci dit, Bono vocalise moins que ce que mes enceintes m'avaient laissé croire, même si son petit ritardando sur 'instead' est d'un goût douteux. Je sauverai néanmoins les deux lignes des Sugababes, qui sont parfaites, comme souvent.
A l'instant, Bob Geldof était interviewé à Top of the Pops où il expliquait en gros que la question de savoir si le morceau était bon ou pas n'avait finalement pas grande importance et que c'est surtout l'intention qui compte, ce qui me semble une belle confirmation que même lui ne le trouve pas au-dessus de tout reproche. Je me demande quand même comment Nigel Godrich, qui est un garçon sérieux, n'a pas tenté de mettre un peu d'ordre dans tout ça. On ne peut pas dire que ce soit très bien 'produit'.
Ecoutes du week-end (II)
- Engineers - Folly.
Avec moins de 25 minutes et seulement six morceaux, ce n'est guère plus qu'un mini-album, mais à l'intérieur de cette durée réduite, il ont réussi à donner une belle impression de durée (et non, ce n'est pas une vacherie). Entre une plage d'ouverture qui évoque un shoegazing cotonneux à la Slowdive (on pense à Avalyn sur le premier morceau) qui s'élargirait brusquement pour englober l'univers et une conclusion en forme de longues nappes ambient, l'auditeur peut se laisser bercer par l'écoulement du temps sans jamais se lasser. Et si ces 25 minutes ne vous suffisent pas à atteindre la béatitude suprême, la touche Repeat est là pour vous donner une seconde chance, ou une troisième. Vivement recommandé. (je voulais placer 'My Bloody Valentine languide' dans ma chronique, mais n'y suis pas parvenu. Dommage. Je trouve que ça sonne bien.)
+ Une chronique et le site officiel.
- The Dears - No Cities Left.
La hype du moment, si on en croit les journaux. J'ai un peu de mal à vrai dire. Blur : oui, surtout la fin. Les Smiths : euh... oui aussi, mais lorsqu'on essaye de nous vendre une sorte de tribute-band Canadien avec un chanteur qui mêle la voix de Damon Albarn et les intonations de Morrissey, je ne peux m'empêcher de me demander "A quoi bon?". Ce n'est pas comme si les disques des originaux étaient devenus introuvables. Certes, ce n'est pas un crime de s'inspirer d'autres groupes, surtout si ils sont bons, mais là, j'ai l'impression qu'ils ne font rien d'autre que restituer leurs influences en évitant ainsi de trop s'investir dans ce qu'ils jouent. C'est sûr que, du coup, ça se laisse écouter, mais bon. Je redonnerai une chance au disque un de ces jours, en espérant pouvoir l'écouter pour lui-même.
+ Le site officiel (deux titres en écoute)
- Hawksley Workman - Lover/fighter.
Pour d'obscures raisons, ce n'est que maintenant que j'écoute ce disque qui avait fait beaucoup parler de lui à l'époque de sa sortie. Je partais pour être franc avec un a priori assez défavorable, basé en partie sur les déluges d'éloges lus à l'époque et qui semblaient disproportionnés ainsi que sur l'antipathie larvée que m'inspiraient ses interviews. J'ai réussi à me tenir à ces sentiments pendant les trois premiers morceaux, qui venaient gentiment corroborer tous mes a priori. Ca n'a pas duré. L'enchaînement de la pop Grandaddyesque de No Reason To Cry Out Your Eyes ou de Tonight Romanticize the Automobile et enfin de la sublime (je ne vois pas d'autres mots) complainte The Future Language of Slaves a eu raison de toutes mes idées préconçues, et même le petit rap malvenu de Smoke Baby n'est pas parvenu à leur faire redresser la tête. Je vais devoir bien vite partir en chasse de la discographie de ce monsieur. Je l'ai sans doute mal jugé. De plus, et je ne sais pas trop s'il s'agit d'un compliment ou d'une critique, Hawksley Workman cultive selon les chansons, un troublant mimétisme vocal avec, au choix, Baby Bird, Bono ou the Turin Brakes (je ne sais pas ce que j'ai en ce moment, mais je suis toujours en train de trouver des ressemblances "frappantes" entre les voix. La surdité peut-être).
+ Le site officiel.
Avec moins de 25 minutes et seulement six morceaux, ce n'est guère plus qu'un mini-album, mais à l'intérieur de cette durée réduite, il ont réussi à donner une belle impression de durée (et non, ce n'est pas une vacherie). Entre une plage d'ouverture qui évoque un shoegazing cotonneux à la Slowdive (on pense à Avalyn sur le premier morceau) qui s'élargirait brusquement pour englober l'univers et une conclusion en forme de longues nappes ambient, l'auditeur peut se laisser bercer par l'écoulement du temps sans jamais se lasser. Et si ces 25 minutes ne vous suffisent pas à atteindre la béatitude suprême, la touche Repeat est là pour vous donner une seconde chance, ou une troisième. Vivement recommandé. (je voulais placer 'My Bloody Valentine languide' dans ma chronique, mais n'y suis pas parvenu. Dommage. Je trouve que ça sonne bien.)
+ Une chronique et le site officiel.
- The Dears - No Cities Left.
La hype du moment, si on en croit les journaux. J'ai un peu de mal à vrai dire. Blur : oui, surtout la fin. Les Smiths : euh... oui aussi, mais lorsqu'on essaye de nous vendre une sorte de tribute-band Canadien avec un chanteur qui mêle la voix de Damon Albarn et les intonations de Morrissey, je ne peux m'empêcher de me demander "A quoi bon?". Ce n'est pas comme si les disques des originaux étaient devenus introuvables. Certes, ce n'est pas un crime de s'inspirer d'autres groupes, surtout si ils sont bons, mais là, j'ai l'impression qu'ils ne font rien d'autre que restituer leurs influences en évitant ainsi de trop s'investir dans ce qu'ils jouent. C'est sûr que, du coup, ça se laisse écouter, mais bon. Je redonnerai une chance au disque un de ces jours, en espérant pouvoir l'écouter pour lui-même.
+ Le site officiel (deux titres en écoute)
- Hawksley Workman - Lover/fighter.
Pour d'obscures raisons, ce n'est que maintenant que j'écoute ce disque qui avait fait beaucoup parler de lui à l'époque de sa sortie. Je partais pour être franc avec un a priori assez défavorable, basé en partie sur les déluges d'éloges lus à l'époque et qui semblaient disproportionnés ainsi que sur l'antipathie larvée que m'inspiraient ses interviews. J'ai réussi à me tenir à ces sentiments pendant les trois premiers morceaux, qui venaient gentiment corroborer tous mes a priori. Ca n'a pas duré. L'enchaînement de la pop Grandaddyesque de No Reason To Cry Out Your Eyes ou de Tonight Romanticize the Automobile et enfin de la sublime (je ne vois pas d'autres mots) complainte The Future Language of Slaves a eu raison de toutes mes idées préconçues, et même le petit rap malvenu de Smoke Baby n'est pas parvenu à leur faire redresser la tête. Je vais devoir bien vite partir en chasse de la discographie de ce monsieur. Je l'ai sans doute mal jugé. De plus, et je ne sais pas trop s'il s'agit d'un compliment ou d'une critique, Hawksley Workman cultive selon les chansons, un troublant mimétisme vocal avec, au choix, Baby Bird, Bono ou the Turin Brakes (je ne sais pas ce que j'ai en ce moment, mais je suis toujours en train de trouver des ressemblances "frappantes" entre les voix. La surdité peut-être).
+ Le site officiel.
lundi, novembre 15
Ecoutes du week-end (I)
Ce fut sans doute un bon week-end puisqu'il me semble avoir aimé presque tout ce que j'ai écouté, mais ça ne signifie pas que je sache comment faire passer mon enthousiasme. Parler d'un disque dont je connais bien les auteurs est finalement un exercice plutôt simple, je les situe brièvement, rappelle leur parcours et n'ai plus qu'à évoquer la musique en deux-trois mots passe-partout pour donner l'impression au lecteur qu'il en sait assez sur le disque pour pouvoir se faire une opinion. Quand, comme ici, je ne sais à peu près rien des artistes, je dois tenter de décrire la musique elle-même, et je me rends compte que je manque cruellement d'outils pour ce faire (après tout, c'est un métier, il n'y a aucune raison que ce soit simple). Donc, je m'entraîne. En espérant que votre rôle de cobaye ne vous empêchera pas d'avoir envie de découvrir ces disques qui, pour la plupart, en valent la peine.
- Micah P. Hinson - Micah P. Hinson and the Gospel of Progress.
Je ne sais quasiment rien de ce type dont j'ai croisé le nom au détour d'une chronique, si ce n'est qu'il gravite autour de The Earlies, qui ont d'ailleurs produit une partie de ce premier album. Pour autant que je puisse en juger après trois écoutes, il s'agit d'une sorte de petit chef-d'oeuvre (forcément pour un premier disque, rétorqueront sans doute les puristes). Pour aller vite, on pourrait dire que ça se situe quelque part entre Nick Drake (pour le côté vignettes folk), Belle and Sebastian (pour la science des arrangements) et Calexico (pour cette capacité toute Américaine à ouvrir les chansons vers l'extérieur, à les inscrire dans un décor qui les dépasse). Si on ajoute à cela une instrumentation très riche (accordéon, guitare, piano, violon, flûte, orgue Hammond,...), une utilisation par moments très 4AD des échos et une voix posée qui évoque à la fois Arab strap et Devendra Banhart, on se retrouve devant un hybride attachant, produit d'un croisement improbable entre l'Amérique (pour les thèmes) et l'Europe (pour la sophistication pop), qui se conclut magnifiquement par The Day Texas Sank To The Bottom Of The Sea, long crescendo résigné dont ne subsiste à la fin qu'un peu de violon.
+ Une chronique et le site du label (avec deux mp3).
- Aereogramme - Seclusion.
Un nouveau mini-album pour un groupe dont j'avais souvent entendu le nom, à défaut de la musique. Je peux comprendre pourquoi certains en font un groupe culte. Sur fond de guitares, le morceau d'ouverture, Inkwell, est carré juste comme il faut tandis que le second, Dreams and Bridges, est tout de guingois, mais tout aussi efficace. Le troisième est, peut-être, le morceau le plus calme à avoir jamais contenu des hurlements death-metal en son sein. Le quatrième, tout en guitares ciselées et mélodies diaphanes, est tout simplement beau. Le cinquième serait presque heavy si la voix douce du chanteur ne venait évoquer Death Cab for Cutie. Le sixième, instrumental qui s'efforce de partir dans tous les sens (et y parvient très bien) pourrait sans doute être la bande-son d'un James Bond dans un univers parallèle. Face à une palette aussi riche, je suis preneur de tout conseil sur ce qu'il faudrait que j'écoute à présent de ces braves gens.
+ Le site officiel et une chronique.
- Hot Chip - Coming on strong.
A priori, ce disque avait beaucoup d'atouts pour me plaire, avec son mélange d'électro minimale dans les rythmiques, de moog, de petits sons d'orgues et de basse. Cette prééminence de la guitare basse sur certains morceaux de l'album avait d'ailleurs conduit le NME à tenter de lancer dans la foulée un nouveau mouvement (le 37ème cette année) : le slapcore (ça n'a pas pris). Le disque tente pas mal de choses. Par moments, ça devient un peu lounge et on a même, sur un titre, un solo de saxophone (comme dans Careless Whisper). Pourtant, au bout du compte, je ne suis pas parvenu à faire un tout de cette frustrante collection de chansons disparates.
+ Le site officiel et le site du label.
La suite demain.
PS : Je vous invite vivement à écouter la version live de Careless Whisper par Rufus Wainwright et Ben Folds disponible ici. Merci à la Blogothèque pour le lien, et à Godspeed pour m'avoir rafraîchi la mémoire à ce sujet.
- Micah P. Hinson - Micah P. Hinson and the Gospel of Progress.
Je ne sais quasiment rien de ce type dont j'ai croisé le nom au détour d'une chronique, si ce n'est qu'il gravite autour de The Earlies, qui ont d'ailleurs produit une partie de ce premier album. Pour autant que je puisse en juger après trois écoutes, il s'agit d'une sorte de petit chef-d'oeuvre (forcément pour un premier disque, rétorqueront sans doute les puristes). Pour aller vite, on pourrait dire que ça se situe quelque part entre Nick Drake (pour le côté vignettes folk), Belle and Sebastian (pour la science des arrangements) et Calexico (pour cette capacité toute Américaine à ouvrir les chansons vers l'extérieur, à les inscrire dans un décor qui les dépasse). Si on ajoute à cela une instrumentation très riche (accordéon, guitare, piano, violon, flûte, orgue Hammond,...), une utilisation par moments très 4AD des échos et une voix posée qui évoque à la fois Arab strap et Devendra Banhart, on se retrouve devant un hybride attachant, produit d'un croisement improbable entre l'Amérique (pour les thèmes) et l'Europe (pour la sophistication pop), qui se conclut magnifiquement par The Day Texas Sank To The Bottom Of The Sea, long crescendo résigné dont ne subsiste à la fin qu'un peu de violon.
+ Une chronique et le site du label (avec deux mp3).
- Aereogramme - Seclusion.
Un nouveau mini-album pour un groupe dont j'avais souvent entendu le nom, à défaut de la musique. Je peux comprendre pourquoi certains en font un groupe culte. Sur fond de guitares, le morceau d'ouverture, Inkwell, est carré juste comme il faut tandis que le second, Dreams and Bridges, est tout de guingois, mais tout aussi efficace. Le troisième est, peut-être, le morceau le plus calme à avoir jamais contenu des hurlements death-metal en son sein. Le quatrième, tout en guitares ciselées et mélodies diaphanes, est tout simplement beau. Le cinquième serait presque heavy si la voix douce du chanteur ne venait évoquer Death Cab for Cutie. Le sixième, instrumental qui s'efforce de partir dans tous les sens (et y parvient très bien) pourrait sans doute être la bande-son d'un James Bond dans un univers parallèle. Face à une palette aussi riche, je suis preneur de tout conseil sur ce qu'il faudrait que j'écoute à présent de ces braves gens.
+ Le site officiel et une chronique.
- Hot Chip - Coming on strong.
A priori, ce disque avait beaucoup d'atouts pour me plaire, avec son mélange d'électro minimale dans les rythmiques, de moog, de petits sons d'orgues et de basse. Cette prééminence de la guitare basse sur certains morceaux de l'album avait d'ailleurs conduit le NME à tenter de lancer dans la foulée un nouveau mouvement (le 37ème cette année) : le slapcore (ça n'a pas pris). Le disque tente pas mal de choses. Par moments, ça devient un peu lounge et on a même, sur un titre, un solo de saxophone (comme dans Careless Whisper). Pourtant, au bout du compte, je ne suis pas parvenu à faire un tout de cette frustrante collection de chansons disparates.
+ Le site officiel et le site du label.
La suite demain.
PS : Je vous invite vivement à écouter la version live de Careless Whisper par Rufus Wainwright et Ben Folds disponible ici. Merci à la Blogothèque pour le lien, et à Godspeed pour m'avoir rafraîchi la mémoire à ce sujet.
dimanche, novembre 14
La (toute petite) Histoire en direct
Le gros de l'enregistrement de Do They Know It's Christmas? pour Band Aid 2000 a lieu aujourd'hui. Un journaliste de la BBC propose un blog de l'événement ici.
samedi, novembre 13
Promotion
Si vous avez toujours voulu savoir à quoi ressemblait Philip Glass, mais n'avez jamais eu le courage de vous y lancer, vous pouvez trouver ici et là quelques mp3 pour vous donner une idée qui me semble assez complète de sa production.
Mais aussi :
- un extrait du nouvel album de Styrofoam
- j'ai entendu parler d'un article dans le nouveau numéro du magazine 'Sofa' qui vante le renouveau de la pop européenne en mentionnant notamment Girls Aloud, Annie, Kylie Minogue et Rachel Stevens. Si vous avez l'occasion d'y jeter un oeil, n'hésitez pas. Je peux difficilement ne pas me sentir solidaire d'une telle campagne.
- et tant que j'y suis, je signale que l'avant-dernier numéro du NME (6/11) est quasiment entièrement consacré à John Peel, avec des témoignages et l'exhumation d'une interview de 1989 effectuée pour ses 50 ans. L'ensemble est vivement conseillé.
Mais aussi :
- un extrait du nouvel album de Styrofoam
- j'ai entendu parler d'un article dans le nouveau numéro du magazine 'Sofa' qui vante le renouveau de la pop européenne en mentionnant notamment Girls Aloud, Annie, Kylie Minogue et Rachel Stevens. Si vous avez l'occasion d'y jeter un oeil, n'hésitez pas. Je peux difficilement ne pas me sentir solidaire d'une telle campagne.
- et tant que j'y suis, je signale que l'avant-dernier numéro du NME (6/11) est quasiment entièrement consacré à John Peel, avec des témoignages et l'exhumation d'une interview de 1989 effectuée pour ses 50 ans. L'ensemble est vivement conseillé.
vendredi, novembre 12
Un bien beau poème
Honeymoon Poem
A honeymoon at last, to get away from it all
My assistant Fe gave me the call.
I remember it well, as she was smilin'
She said it was called Turtle Island.
I packed my bags light and quick,
Then grabbed my pink dress & favorite lipstick.
We hopped on a plane and took our flight
I slept really well, all through the night.
As we arrive, I turn and look out the door,
People are greeting us right at the shore.
A meal, a shower and some ice cream
Then I threw my man down, you know what I mean!
Magical nights filled with stars
Silence is golden, no running cars.
Private dinners, romantic fires
Little piece of heaven, whatever your heart desires.
Friendly "hellos" and never goodbyes
When you're having fun, oh, how time flies!
As we sit and prepare to make our part
I thank you, Turtle Island, with all my heart!
~ Britney
Ce moment de poésie vous était apparemment offert par la newsletter du fanclub de Britney Spears. Vu qu'il faut payer pour devenir membre, je n'ai malheureusement pas encore pu authentifier fermement la chose. Donc, pour l'instant, je laisse encore planer un doute sur l'authenticité de ce poème, un brin trop consternant pour être totalement crédible.
Retour vers le futur
A ceux qui me faisaient remarquer que ma fascination pour la pop anglaise était maladive ou que j'aimais par principe tout ce qui passait à Top of the Pops et plaisait aux 'kids' anglais, je pouvais toujours rétorquer que je ne trouvais rien à sauver chez ceux qui furent ces trois dernières années le plus grand groupe pop en Angleterre, Busted (sauf peut-être leur BO pour The Thunderbirds, comme déjà avoué ici).
Il y a quelques années, la presse musicale anglaise nous annonçait en jubilant le retour du rock et prophétisait la mort à moyen terme de la pop-music au sens où le grand public l'entend (de Kylie Minogue à Britney Spears disons). Selon ces oiseaux de mauvais augure, la réapparition de la pop préfabriquée à la fin des années 80 n'avait été qu'une aberration passagère de l'Histoire, vouée à rendre l'âme pour laisser à nouveau la place à la "vraie musique". C'est précisément à ce moment que sont apparus Busted, tentative désespérée de producteurs pop de se recycler, et j'ai vite décidé que je ne pouvais pas en conscience cautionner un groupe dont les chansons sont aussi quelconques juste parce qu'ils les écrivent eux-mêmes, font des bonds en rythme et jouent de la guitare (et puis, dans le genre pop à guitares préfabriquée, les Hives ont toujours été plus crédibles). Cette assemblage hybride de marketing pop et d'une sorte de pseudo-punk-rock acnéique m'avait toujours semblé une union contre-nature et j'évitais soigneusement de trop m'y frotter, sans m'en porter plus mal.
Malheureusement, il y a six mois, "Bardaf ! C'est l'embardée !", comme on dit chez nous. McFly apparaît, et je succombe. Peut-être est-ce parce que la pop préfabriquée a depuis longtemps déserté son hypothétique lit de mort et que, ne la sentant plus en danger, je peux me permettre de quitter son chevet, mais j'ai directement aimé les quatre singles de McFly, sans vraiment m'émouvoir du fait que le groupe était vendu sur
1) sa parenté avec Busted
2) le fait que les quatre membres du groupe écrivent leurs propres chansons avec l'aide d'un membre de... Busted.
3) le fait qu'ils jouent tout eux-mêmes : guitare électrique (avec des gros morceaux de solos qui tachent!), basse et batterie.
Il faut dire que, même s'ils ont tous les attributs théoriques du groupe crédible, leurs campagnes de promotion visent sans scrupule le public des pré-ados et ils n'ont pas peur de jouer avec leur image de groupe préfabriqué, comme le montre la brillante vidéo de leur dernier single, Room On The Third Floor, où ils n'hésitent pas à se présenter comme un "groupe en kit" à monter soi-même (ce qui est un indéniable trait de génie).
Je ne suis heureusement pas le seul à avoir succombé (courageux, mais pas téméraire, je ne m'avance que si je suis déjà un peu entouré). Les décidément formidables rédacteurs de Playlouder.com ont fait de même dans leur chronique de l'album.
Ceci dit, tout cela me laisse avec une sourde inquiétude. En entendant Saturday night par exemple, je me demande dans quelle mesure je ne suis pas en train de me laisser abuser par le retour de The Mini-Forbans.
Un dernier petit conseil. Le forum de leur site officiel réserve quelques fous rires, avec notamment des fictions écrites par les fans et impliquant les membres du groupe qui doivent être vues pour être crues.
Il y a quelques années, la presse musicale anglaise nous annonçait en jubilant le retour du rock et prophétisait la mort à moyen terme de la pop-music au sens où le grand public l'entend (de Kylie Minogue à Britney Spears disons). Selon ces oiseaux de mauvais augure, la réapparition de la pop préfabriquée à la fin des années 80 n'avait été qu'une aberration passagère de l'Histoire, vouée à rendre l'âme pour laisser à nouveau la place à la "vraie musique". C'est précisément à ce moment que sont apparus Busted, tentative désespérée de producteurs pop de se recycler, et j'ai vite décidé que je ne pouvais pas en conscience cautionner un groupe dont les chansons sont aussi quelconques juste parce qu'ils les écrivent eux-mêmes, font des bonds en rythme et jouent de la guitare (et puis, dans le genre pop à guitares préfabriquée, les Hives ont toujours été plus crédibles). Cette assemblage hybride de marketing pop et d'une sorte de pseudo-punk-rock acnéique m'avait toujours semblé une union contre-nature et j'évitais soigneusement de trop m'y frotter, sans m'en porter plus mal.
Malheureusement, il y a six mois, "Bardaf ! C'est l'embardée !", comme on dit chez nous. McFly apparaît, et je succombe. Peut-être est-ce parce que la pop préfabriquée a depuis longtemps déserté son hypothétique lit de mort et que, ne la sentant plus en danger, je peux me permettre de quitter son chevet, mais j'ai directement aimé les quatre singles de McFly, sans vraiment m'émouvoir du fait que le groupe était vendu sur
1) sa parenté avec Busted
2) le fait que les quatre membres du groupe écrivent leurs propres chansons avec l'aide d'un membre de... Busted.
3) le fait qu'ils jouent tout eux-mêmes : guitare électrique (avec des gros morceaux de solos qui tachent!), basse et batterie.
Il faut dire que, même s'ils ont tous les attributs théoriques du groupe crédible, leurs campagnes de promotion visent sans scrupule le public des pré-ados et ils n'ont pas peur de jouer avec leur image de groupe préfabriqué, comme le montre la brillante vidéo de leur dernier single, Room On The Third Floor, où ils n'hésitent pas à se présenter comme un "groupe en kit" à monter soi-même (ce qui est un indéniable trait de génie).
Je ne suis heureusement pas le seul à avoir succombé (courageux, mais pas téméraire, je ne m'avance que si je suis déjà un peu entouré). Les décidément formidables rédacteurs de Playlouder.com ont fait de même dans leur chronique de l'album.
Ceci dit, tout cela me laisse avec une sourde inquiétude. En entendant Saturday night par exemple, je me demande dans quelle mesure je ne suis pas en train de me laisser abuser par le retour de The Mini-Forbans.
Un dernier petit conseil. Le forum de leur site officiel réserve quelques fous rires, avec notamment des fictions écrites par les fans et impliquant les membres du groupe qui doivent être vues pour être crues.
jeudi, novembre 11
Marché virtuel
En ce matin de congé, en me promenant au gré des fils et des routeurs, j'ai trouvé deux trucs intéressants.
D'abord un extrait du nouvel album des Chicks on Speed qui, malgré l'envie apparente du groupe de s'éloigner de leur grandiose dernier album 99 cents, pourrait en être extrait.
Ensuite, la vidéo de Ladyflash par The Go! Team. Un groupe qui depuis son premier single n'a pas arrêté de me décevoir mais que certains persistent à trouver brillant. Jugez-en par vous-mêmes.
PS : J'ai décidé de tenter de mettre en gras les noms de groupes ou d'artistes dans mes billets. On va voir si je m'y tiens.
D'abord un extrait du nouvel album des Chicks on Speed qui, malgré l'envie apparente du groupe de s'éloigner de leur grandiose dernier album 99 cents, pourrait en être extrait.
Ensuite, la vidéo de Ladyflash par The Go! Team. Un groupe qui depuis son premier single n'a pas arrêté de me décevoir mais que certains persistent à trouver brillant. Jugez-en par vous-mêmes.
PS : J'ai décidé de tenter de mettre en gras les noms de groupes ou d'artistes dans mes billets. On va voir si je m'y tiens.
mercredi, novembre 10
lundi, novembre 8
Panoptica
Pour sa troisième édition, le festival Panoptica quitte le décor rustique de la Maison de la Métallurgie pour prendre possession de la Salle des Fêtes de Droixhe, dans la banlieue de Liège. Dommage. J'aimais bien l'idée d'assister à un festival de musiques électroniques dans un lieu dédié au culte du métal et de la vieille industrie. Le nouvel emplacement du festival est un bâtiment sans âme, dans un quartier résidentiel. Pourtant, ce déménagement est sans doute une bonne chose. La salle est plus grande et, contrairement à l'année dernière, il était possible de danser sans fracturer les côtes de ses voisins. Une spectatrice, assez âgée, l'a d'ailleurs fait sur tous les sets, rarement en rythme mais sans jamais ménager son enthousiasme, ce qui mérite un coup de chapeau. De plus, les écrans ont triplé en taille et en nombre. Comme le reconnait à demi-mot un des organisateurs, c'est sans doute la première fois que le sous-titre de la manifestation ('Electronic music & Visuals') n'est pas un demi-mensonge. Dès lors, ne faisons pas la fine bouche.
Je regretterai juste que la nouvelle configuration des lieux ne permette plus d'aller épier au-dessus des épaules des musiciens et de voir ce qu'ils trafiquent réellement sur leurs portables pendant les concerts. Je n'ai jamais pu me convaincre tout à fait que, après avoir lancé leur fichier .WAV, les musiciens ne se contentent pas de réouvrir cette partie de Spider Solitaire qui leur résiste depuis si longtemps (ou l'équivalent sur Mac), en l'interrompant juste de temps en temps pour lancer un petit son en direct histoire de ne pas s'endormir. Et pourquoi pas finalement ?
J'arrive, plein d'enthousiasme, vers 22h pour assister à la fin du set de Y.E.R.M.O VS PAUL ALIAS. Des Belges qui font du drone (selon ma définition), c'est-à-dire des sons genre frwaowoaoorwoaow qui modulent lentement, sans rythme apparent, et s'empilent à l'infini. Le son est épouvantablement fort et, à dire vrai, quand on vient du dehors, c'est tout à fait rédhibitoire, donc je remets au vestiaire mes ambitions de chroniqueur et attends que ça se passe. La présence de bruits de ballons de baudruche que l'on frotte me fourre malgré tout en tête cette appréciation, "Du Black Dice mal digéré", qui me convient très bien.
Les choses deviennent plus intéressantes quand, vers 22h40, les deux anglais d'ISAN se présentent sur scène. Sur disque, Isan, ce sont des jolies mélodies, des nappes de basses saturées juste comme il faut, des atmosphères bucoliques et des petits blip-glitch-crouitch qui dégringolent en arrière-plan. C'est tout à fait ravissant, même si pas toujours fondamentalement différent de Jean-Michel Jarre. Sur scène, Isan, c'est... euh, pareil en fait, vu qu'ils se contentent de rejouer les morceaux de leur dernier album, Meet Next Life. Dès lors, il y a deux manières d'envisager les choses : la négative ("Ils se foutent vraiment de notre gueule. Si j'avais su, je serai resté à la maison pour écouter le disque. La bière y est moins chère.") et la positive ("Putain, la qualité du son était vraiment exceptionnelle pour du live. On dirait l'album."). Je pencherais plutôt vers la seconde, ne serait-ce que parce que je ne bois pas de bière. Et puis maintenant je sais que Isan, c'est un type d'environ 40 ans qui ressemble à Tim Burton et un autre qui a l'air plus jeune et porte des tee-shirts avec un logo Atari, et ça, c'est le genre d'infos qui peut toujours servir à meubler un temps mort dans une conversation. De plus, je pense que c'était la première fois que je voyais un set de laptop découpé en chansons, avec des blancs entre chacune d'entre elles pour qu'on puisse applaudir poliment. Ca avait donc un petit côté 'première fois', ce qui est toujours sympathique.
Arrive ensuite la hype de la soirée, TOMCATS IN TOKYO, des Français qui ont bien la tête de l'emploi. Après les miniatures cristallines de Isan, on retrouve ici une caractéristique que j'ai fini par associer à l'électronica, soit le besoin impérieux de tout déconstruire. Ce qui est bel et bien lorsqu'on déborde d'idées et qu'on se sert de la frustration de l'auditeur en mal de repères pour le déstabiliser, l'oppresser ou que sais-je encore, mais qui parait un peu gratuit dans le cas contraire. Ici, ça déconstruit beaucoup, c'est nettement plus rythmé (bon point, un petit beat techno vient même pointer le bout de son nez à la fin du set) mais ça ne mène pas à grand-chose. Aucune mélodie, et même pas vraiment d'harmonie. Le seul morceau qui présente un embryon de progression harmonique, vers le milieu du set, est évidemment le meilleur. Pour le reste, beaucoup de bruit(s) pour rien, mais comme ce sont des petits jeunes qui n'en veulent, on me murmure à l'oreille qu'il ne faut pas trop vite les enterrer. Soit.
Ensuite, toujours sans temps mort, arrive l'Américain de LUSINE. On me garantit que le set entendu hier soir n'a que peu de liens avec ce que Lusine fait sur disque. A juger des réactions entendues autour de moi, c'est heureux. Citons ainsi le formidable "C'est tellement mauvais que je danse." entendu durant le set ou bien un dépité "Mais c'est de la house !". Ceci dit, c'est la première fois que la salle bouge et la danseuse solitaire du début est maintenant bien entourée. Donc, ça a dû plaire. Mais pas à moi.
Ma petite révélation vient ensuite. Ce sont les Allemands de MODESELEKTOR. La rumeur voulait qu'ils étaient tous complètement explosés à la bière (entre autres) au moment de monter sur scène, mais ça ne s'est guère remarqué. Ils semblent être assez influencés par le hip-hop (ne serait-ce que parce que l'un d'eux a un tee-shirt Public Enemy et qu'il aime à interpeller le public). Leur musique est une sorte de techno minimale avec des beats omniprésents et des basses à vous mettre l'estomac dans les talons, sur lesquels se greffent des motifs récurrents ou quelques descentes d'accord tristes. Le tout est à mon avis assez irrésistible et donne une féroce envie de 'bouger' (ce qui ne signifie pour moi guère plus que 'se dandiner légèrement d'un air gauche'). L'ambiance générale du set est très orientée discothèque, mais ce serait alors une musique de danse dont on aurait retiré tous les colifichets pop pour ne garder que le squelette : la pulsation, les rythmes légèrement syncopés et quelques notes clairsemées. Je suis sûr qu'au plus fort de leur set, ils auraient pu ne laisser que le beat pendant 1 ou 2 minutes sans que le public ne cesse de bouger. Certes, tout cela n'est pas très malin. Ca déconstruit par exemple assez peu, ce qui donne tout de suite un petit côté 'manant' (une expression dépréciative typiquement liégeoise) à la chose, mais c'est terriblement efficace. Dommage qu'ils se soient un peu perdus à la fin dans un rappel interminable qui a fini par lasser les plus enthousiastes.
C'est à peu près le moment où mon horloge interne a dit 'Stop ! Il est l'heure de rentrer.' Il faut dire qu'il était déjà plus de 3h du matin et que la fatigue commençait à se faire sentir. C'est un moment difficile que je dois surmonter à tous les festivals auxquels j'assiste et, en général, passé ce cap, même une prestation surprise de Dead Can Dance jouant les meilleurs morceaux des Pet Shop Boys avec Brian Eno aux claviers serait accueillie par des bâillements désapprobateurs entrecoupés de "C'est nul. Je veux rentrer." (voir par exemple le Rhaaa Lovely il y a quelques mois, même si Migala était effectivement assez quelconque).
Une panne de courant, après cinq minutes du set de FUNCKARMA VS CANE, a bien failli exaucer mes voeux muets, mais finalement, après quelques minutes d'incertitude, l'installation électrique fut remise en état et le set a pu se terminer sans heurts. Avec le recul, c'est tant mieux. D'abord parce qu'après cinq heures de projections très efficaces mais souvent réalisées avec des bouts de ficelles, il est accompagné d'images de synthèse impressionnantes, à base de formes géométriques qui tournent et retournent sans cesse sur elles-mêmes. Ensuite parce c'était musicalement très riche, très dense et qu'il y avait là une véritable intensité dramatique, presque un fil narratif. Est-ce la fatigue qui m'a rendu particulièrement réceptif ou bien était-ce véritablement le fruit de musiciens en état de grâce ? Je ne sais pas. Je serais même bien en peine de décrire ce que j'ai entendu. Sachez donc juste que c'était très bien.
CYLOB a beau être un petit protégé d'Aphex Twin et son set a beau avoir plutôt bien commencé, je suis quand même parti. A l'impossible nul n'est tenu, et surtout pas moi. Une bonne soirée donc, où j'ai à nouveau pu me frotter à un genre auquel je ne connais pas grand-chose. J'aime bien cette sensation de plongée dans l'inconnu.
Pour résumer, le quinté dans l'ordre est :
Funckarma vs Cane (NL)
Modeselektor (DE)
Isan (UK)
Tomcats in Tokyo (FR)
Lusine (US)
PS : On peut trouver sur le site d'Isan la vidéo d'un des titres joués hier soir.
Je regretterai juste que la nouvelle configuration des lieux ne permette plus d'aller épier au-dessus des épaules des musiciens et de voir ce qu'ils trafiquent réellement sur leurs portables pendant les concerts. Je n'ai jamais pu me convaincre tout à fait que, après avoir lancé leur fichier .WAV, les musiciens ne se contentent pas de réouvrir cette partie de Spider Solitaire qui leur résiste depuis si longtemps (ou l'équivalent sur Mac), en l'interrompant juste de temps en temps pour lancer un petit son en direct histoire de ne pas s'endormir. Et pourquoi pas finalement ?
J'arrive, plein d'enthousiasme, vers 22h pour assister à la fin du set de Y.E.R.M.O VS PAUL ALIAS. Des Belges qui font du drone (selon ma définition), c'est-à-dire des sons genre frwaowoaoorwoaow qui modulent lentement, sans rythme apparent, et s'empilent à l'infini. Le son est épouvantablement fort et, à dire vrai, quand on vient du dehors, c'est tout à fait rédhibitoire, donc je remets au vestiaire mes ambitions de chroniqueur et attends que ça se passe. La présence de bruits de ballons de baudruche que l'on frotte me fourre malgré tout en tête cette appréciation, "Du Black Dice mal digéré", qui me convient très bien.
Les choses deviennent plus intéressantes quand, vers 22h40, les deux anglais d'ISAN se présentent sur scène. Sur disque, Isan, ce sont des jolies mélodies, des nappes de basses saturées juste comme il faut, des atmosphères bucoliques et des petits blip-glitch-crouitch qui dégringolent en arrière-plan. C'est tout à fait ravissant, même si pas toujours fondamentalement différent de Jean-Michel Jarre. Sur scène, Isan, c'est... euh, pareil en fait, vu qu'ils se contentent de rejouer les morceaux de leur dernier album, Meet Next Life. Dès lors, il y a deux manières d'envisager les choses : la négative ("Ils se foutent vraiment de notre gueule. Si j'avais su, je serai resté à la maison pour écouter le disque. La bière y est moins chère.") et la positive ("Putain, la qualité du son était vraiment exceptionnelle pour du live. On dirait l'album."). Je pencherais plutôt vers la seconde, ne serait-ce que parce que je ne bois pas de bière. Et puis maintenant je sais que Isan, c'est un type d'environ 40 ans qui ressemble à Tim Burton et un autre qui a l'air plus jeune et porte des tee-shirts avec un logo Atari, et ça, c'est le genre d'infos qui peut toujours servir à meubler un temps mort dans une conversation. De plus, je pense que c'était la première fois que je voyais un set de laptop découpé en chansons, avec des blancs entre chacune d'entre elles pour qu'on puisse applaudir poliment. Ca avait donc un petit côté 'première fois', ce qui est toujours sympathique.
Arrive ensuite la hype de la soirée, TOMCATS IN TOKYO, des Français qui ont bien la tête de l'emploi. Après les miniatures cristallines de Isan, on retrouve ici une caractéristique que j'ai fini par associer à l'électronica, soit le besoin impérieux de tout déconstruire. Ce qui est bel et bien lorsqu'on déborde d'idées et qu'on se sert de la frustration de l'auditeur en mal de repères pour le déstabiliser, l'oppresser ou que sais-je encore, mais qui parait un peu gratuit dans le cas contraire. Ici, ça déconstruit beaucoup, c'est nettement plus rythmé (bon point, un petit beat techno vient même pointer le bout de son nez à la fin du set) mais ça ne mène pas à grand-chose. Aucune mélodie, et même pas vraiment d'harmonie. Le seul morceau qui présente un embryon de progression harmonique, vers le milieu du set, est évidemment le meilleur. Pour le reste, beaucoup de bruit(s) pour rien, mais comme ce sont des petits jeunes qui n'en veulent, on me murmure à l'oreille qu'il ne faut pas trop vite les enterrer. Soit.
Ensuite, toujours sans temps mort, arrive l'Américain de LUSINE. On me garantit que le set entendu hier soir n'a que peu de liens avec ce que Lusine fait sur disque. A juger des réactions entendues autour de moi, c'est heureux. Citons ainsi le formidable "C'est tellement mauvais que je danse." entendu durant le set ou bien un dépité "Mais c'est de la house !". Ceci dit, c'est la première fois que la salle bouge et la danseuse solitaire du début est maintenant bien entourée. Donc, ça a dû plaire. Mais pas à moi.
Ma petite révélation vient ensuite. Ce sont les Allemands de MODESELEKTOR. La rumeur voulait qu'ils étaient tous complètement explosés à la bière (entre autres) au moment de monter sur scène, mais ça ne s'est guère remarqué. Ils semblent être assez influencés par le hip-hop (ne serait-ce que parce que l'un d'eux a un tee-shirt Public Enemy et qu'il aime à interpeller le public). Leur musique est une sorte de techno minimale avec des beats omniprésents et des basses à vous mettre l'estomac dans les talons, sur lesquels se greffent des motifs récurrents ou quelques descentes d'accord tristes. Le tout est à mon avis assez irrésistible et donne une féroce envie de 'bouger' (ce qui ne signifie pour moi guère plus que 'se dandiner légèrement d'un air gauche'). L'ambiance générale du set est très orientée discothèque, mais ce serait alors une musique de danse dont on aurait retiré tous les colifichets pop pour ne garder que le squelette : la pulsation, les rythmes légèrement syncopés et quelques notes clairsemées. Je suis sûr qu'au plus fort de leur set, ils auraient pu ne laisser que le beat pendant 1 ou 2 minutes sans que le public ne cesse de bouger. Certes, tout cela n'est pas très malin. Ca déconstruit par exemple assez peu, ce qui donne tout de suite un petit côté 'manant' (une expression dépréciative typiquement liégeoise) à la chose, mais c'est terriblement efficace. Dommage qu'ils se soient un peu perdus à la fin dans un rappel interminable qui a fini par lasser les plus enthousiastes.
C'est à peu près le moment où mon horloge interne a dit 'Stop ! Il est l'heure de rentrer.' Il faut dire qu'il était déjà plus de 3h du matin et que la fatigue commençait à se faire sentir. C'est un moment difficile que je dois surmonter à tous les festivals auxquels j'assiste et, en général, passé ce cap, même une prestation surprise de Dead Can Dance jouant les meilleurs morceaux des Pet Shop Boys avec Brian Eno aux claviers serait accueillie par des bâillements désapprobateurs entrecoupés de "C'est nul. Je veux rentrer." (voir par exemple le Rhaaa Lovely il y a quelques mois, même si Migala était effectivement assez quelconque).
Une panne de courant, après cinq minutes du set de FUNCKARMA VS CANE, a bien failli exaucer mes voeux muets, mais finalement, après quelques minutes d'incertitude, l'installation électrique fut remise en état et le set a pu se terminer sans heurts. Avec le recul, c'est tant mieux. D'abord parce qu'après cinq heures de projections très efficaces mais souvent réalisées avec des bouts de ficelles, il est accompagné d'images de synthèse impressionnantes, à base de formes géométriques qui tournent et retournent sans cesse sur elles-mêmes. Ensuite parce c'était musicalement très riche, très dense et qu'il y avait là une véritable intensité dramatique, presque un fil narratif. Est-ce la fatigue qui m'a rendu particulièrement réceptif ou bien était-ce véritablement le fruit de musiciens en état de grâce ? Je ne sais pas. Je serais même bien en peine de décrire ce que j'ai entendu. Sachez donc juste que c'était très bien.
CYLOB a beau être un petit protégé d'Aphex Twin et son set a beau avoir plutôt bien commencé, je suis quand même parti. A l'impossible nul n'est tenu, et surtout pas moi. Une bonne soirée donc, où j'ai à nouveau pu me frotter à un genre auquel je ne connais pas grand-chose. J'aime bien cette sensation de plongée dans l'inconnu.
Pour résumer, le quinté dans l'ordre est :
Funckarma vs Cane (NL)
Modeselektor (DE)
Isan (UK)
Tomcats in Tokyo (FR)
Lusine (US)
PS : On peut trouver sur le site d'Isan la vidéo d'un des titres joués hier soir.
vendredi, novembre 5
United States of Canada
Il est difficile cette semaine de trouver un sujet de conversation qui n'ait pas trait aux Etats-Unis. Pourtant, ce blog se voulant résolument musical, je ne veux pas y déverser mes craintes stéréotypées, ni pontifier à l'envi sur les causes du divorce entre les Etats-Unis et l'Europe. Ce n'est pas le lieu. Dès lors, ma frustration est palpable et j'ai le clavier qui me démange. J'ai même flirté un instant avec l'idée d'ouvrir un blog politique, mais ai trouvé bien vite l'idée grotesque. Je ne dirai donc pas ici ce que m'inspire la réélection de Bush.
En revanche, rien ne m'empêche d'énumérer 10 faits intéressants sur le petit monde de la musique populaire aux Etats-Unis :
1) Parmi les groupes les plus populaires aux Etats-Unis ces dernières années, on trouve les Dixie Chicks (?), the Dave Matthews Band (??), Creed (??), Hootie and the Blowfish (???) et Phish (????). Ils ont tous tendance à se prendre un peu au sérieux.
2) Tout chanteur de plus de 45 ans est une légende vivante aux Etats-Unis, surtout s'il est le plus ringard des has-beens partout ailleurs (Elton John, Eric Clapton, Sting, Phil Collins, Billy Joel, Ozzy Osbourne,..). Tous les ans, il prend donc quelques semaines pour faire une tournée américaine et empocher quelques millions de dollars de bénéfices sans trop se crever.
3) Le hit-parade de référence aux Etats-Unis est essentiellement compilé en fonction des playlists des stations de radio, elles-mêmes aux mains de quelques grands groupes, ce qui fait que l'on peut, en caricaturant, être numéro 1 aux Etats-Unis avec une chanson que seulement 1000 personnes apprécient. Il suffit pour cela que ce soient les 1000 bonnes personnes....
4) ....à condition bien sûr que cette chanson relève du genre rap ou R'n'B, puisque les radios de ce format sont majoritaires aux Etats-Unis. En conséquence, les rappeurs squattent quasi-systématiquement les 10 premières places du Billboard Hot 100, le rock apparait aux alentours de la 15ème place, et la country aux alentours de la 30ème.
5) La chanson la plus populaire aux Etats-Unis après le 11 septembre était "Courtesy of the Red, White and Blue".
6) Les seuls artistes qui vendent encore des singles aux Etats-Unis sont les candidats de American Idol, l'équivalent de la Star Academy. Pour le reste, il se vend sans doute plus de singles dans le Grand Londres que dans tous les Etats-Unis.
7) Tous les disquaires ont un rayon 'Musique Chrétienne'.
8) Les Grammy Awards (équivalents des Victoires de la Musique) ont des catégories New-Age, Country et Polka et deux mystérieuses catégories "Spoken Word" et "Historical".
9) Il est de bon ton pour un artiste qui a gagné un prix lors d'une cérémonie quelconque de remercier Dieu. Il est d'ailleurs toujours de bon ton de remercier Dieu, même si on n'a rien gagné. Par exemple, un petit "Par-dessus tout, je voudrais remercier Dieu de m'avoir béni de tant de talents" est requis dans les notes de pochette de tous les albums, même (surtout?) les plus minables.
10) Evanescence et Limp Bizkit sont américains.
Est-ce mieux ? Est-ce moins bien ? Je n'en sais trop rien, mais c'est en tout cas différent. Si on n'arrive déjà pas à s'entendre sur ce qui devrait être un langage universel (la musique), comment pourrait-on espérer se comprendre sur le reste ?
PS : Pour faire plaisir à Nicolas qui reprochait à mon blog d'être de plus en plus pipole et de moins en moins musical (un coup bas dont j'ai eu du mal à me remettre), j'ajouterai qu'il est heureux que Britney 'Bush' Spears et Justin 'Kerry' Timberlake aient rompu leurs fiançailles avant les élections. Sinon, il y aurait eu du grabuge dans le ménage.
EDIT : A tous ceux qui voient dans ce billet une moquerie facile des Etats-Unis, sachez que ce n'était pas le but. Je voulais juste illustrer une incompréhension mutuelle.
En revanche, rien ne m'empêche d'énumérer 10 faits intéressants sur le petit monde de la musique populaire aux Etats-Unis :
1) Parmi les groupes les plus populaires aux Etats-Unis ces dernières années, on trouve les Dixie Chicks (?), the Dave Matthews Band (??), Creed (??), Hootie and the Blowfish (???) et Phish (????). Ils ont tous tendance à se prendre un peu au sérieux.
2) Tout chanteur de plus de 45 ans est une légende vivante aux Etats-Unis, surtout s'il est le plus ringard des has-beens partout ailleurs (Elton John, Eric Clapton, Sting, Phil Collins, Billy Joel, Ozzy Osbourne,..). Tous les ans, il prend donc quelques semaines pour faire une tournée américaine et empocher quelques millions de dollars de bénéfices sans trop se crever.
3) Le hit-parade de référence aux Etats-Unis est essentiellement compilé en fonction des playlists des stations de radio, elles-mêmes aux mains de quelques grands groupes, ce qui fait que l'on peut, en caricaturant, être numéro 1 aux Etats-Unis avec une chanson que seulement 1000 personnes apprécient. Il suffit pour cela que ce soient les 1000 bonnes personnes....
4) ....à condition bien sûr que cette chanson relève du genre rap ou R'n'B, puisque les radios de ce format sont majoritaires aux Etats-Unis. En conséquence, les rappeurs squattent quasi-systématiquement les 10 premières places du Billboard Hot 100, le rock apparait aux alentours de la 15ème place, et la country aux alentours de la 30ème.
5) La chanson la plus populaire aux Etats-Unis après le 11 septembre était "Courtesy of the Red, White and Blue".
6) Les seuls artistes qui vendent encore des singles aux Etats-Unis sont les candidats de American Idol, l'équivalent de la Star Academy. Pour le reste, il se vend sans doute plus de singles dans le Grand Londres que dans tous les Etats-Unis.
7) Tous les disquaires ont un rayon 'Musique Chrétienne'.
8) Les Grammy Awards (équivalents des Victoires de la Musique) ont des catégories New-Age, Country et Polka et deux mystérieuses catégories "Spoken Word" et "Historical".
9) Il est de bon ton pour un artiste qui a gagné un prix lors d'une cérémonie quelconque de remercier Dieu. Il est d'ailleurs toujours de bon ton de remercier Dieu, même si on n'a rien gagné. Par exemple, un petit "Par-dessus tout, je voudrais remercier Dieu de m'avoir béni de tant de talents" est requis dans les notes de pochette de tous les albums, même (surtout?) les plus minables.
10) Evanescence et Limp Bizkit sont américains.
Est-ce mieux ? Est-ce moins bien ? Je n'en sais trop rien, mais c'est en tout cas différent. Si on n'arrive déjà pas à s'entendre sur ce qui devrait être un langage universel (la musique), comment pourrait-on espérer se comprendre sur le reste ?
PS : Pour faire plaisir à Nicolas qui reprochait à mon blog d'être de plus en plus pipole et de moins en moins musical (un coup bas dont j'ai eu du mal à me remettre), j'ajouterai qu'il est heureux que Britney 'Bush' Spears et Justin 'Kerry' Timberlake aient rompu leurs fiançailles avant les élections. Sinon, il y aurait eu du grabuge dans le ménage.
EDIT : A tous ceux qui voient dans ce billet une moquerie facile des Etats-Unis, sachez que ce n'était pas le but. Je voulais juste illustrer une incompréhension mutuelle.
lundi, novembre 1
Mosh
Je devais mettre ce billet en ligne il y a une semaine. Je ne l'ai pas fait. Il arrive donc un peu tard. La vidéo de Mosh, le single 'politique' d'Eminem est apparue sur le Net il y a quelques jours, de même que la retranscription précise des paroles. Au vu des quelques lignes qui avaient alors filtré, je m'étais gaussé ici de l'apparente indigence des idées véhiculées par la chanson, allant jusqu'à rassurer Ignacio Ramonet que sa place d'éditoraliste au Monde Diplomatique ne serait pas mise en danger par la nouvelle fibre militante du Slim Shady.
J'avais tort. Pas parce qu'Eminem se livre dans Mosh à une analyse de la situation actuelle qui l'éclaire en quoi que ce soit, mais parce que j'avais oublié que ce n'était pas là son rôle. Autant Mosh n'apporte absolument aucun argument en faveur de la cause qu'il promeut, autant c'est un formidable appel aux armes, un hymne à l'insurrection.
Que cette insurrection prenne dans la vidéo la forme explicite d'une inscription sur les listes électorales n'est d'ailleurs pas le moins admirable. En le camouflant dans une chanson qui réactive son cocktail habituel d'auto-exaltation (il parle après tout de lui-même à la troisième personne, ce qui n'est jamais bon signe) et d'invectives tous azimuts, Eminem est ainsi parvenu à faire passer un message de conscience civique qui colle à vrai dire assez mal avec sa posture habituelle (contestataire et se situant fièrement en-dehors du système).
Cela mérite à tout le moins qu'on lui tire sa casquette (à l'envers).
EDIT : La Blogothèque propose une version de la vidéo de meilleure qualité ici.
J'avais tort. Pas parce qu'Eminem se livre dans Mosh à une analyse de la situation actuelle qui l'éclaire en quoi que ce soit, mais parce que j'avais oublié que ce n'était pas là son rôle. Autant Mosh n'apporte absolument aucun argument en faveur de la cause qu'il promeut, autant c'est un formidable appel aux armes, un hymne à l'insurrection.
Que cette insurrection prenne dans la vidéo la forme explicite d'une inscription sur les listes électorales n'est d'ailleurs pas le moins admirable. En le camouflant dans une chanson qui réactive son cocktail habituel d'auto-exaltation (il parle après tout de lui-même à la troisième personne, ce qui n'est jamais bon signe) et d'invectives tous azimuts, Eminem est ainsi parvenu à faire passer un message de conscience civique qui colle à vrai dire assez mal avec sa posture habituelle (contestataire et se situant fièrement en-dehors du système).
Cela mérite à tout le moins qu'on lui tire sa casquette (à l'envers).
EDIT : La Blogothèque propose une version de la vidéo de meilleure qualité ici.
samedi, octobre 30
Argh !!
Ca y est ! Le meilleur groupe du monde de tous les temps à moi que je préfère se reforme et part en tournée française. On parle aussi d'une date à Bruxelles. Je ne pensais pas que ça arriverait si vite. Brendan Perry et Lisa Gerrard semblaient avoir coupé les ponts de manière assez définitive.
Bon, dès lundi, je m'occuperai de trouverai des places et tenterai de passer outre le fait que le prix de mon billet servira en partie à engraisser je ne sais quelle secte charismatique chrétienne.
Bon, dès lundi, je m'occuperai de trouverai des places et tenterai de passer outre le fait que le prix de mon billet servira en partie à engraisser je ne sais quelle secte charismatique chrétienne.
vendredi, octobre 29
Jack & Jill Party
Pour dissiper l'ambiance légèrement funèbre de mes derniers billets, je ne saurais trop vous conseiller la vision de cette vidéo en Flash créée à partir de la chanson écrite par Pete Burns et les Pet Shop Boys. C'est ici.
Attention aux âmes pures. Ca contient un peu de fesses.
(mes cours de marketing commencent à porter leurs fruits, dirait-on)
Merci à Popjustice pour le lien.
Attention aux âmes pures. Ca contient un peu de fesses.
(mes cours de marketing commencent à porter leurs fruits, dirait-on)
Merci à Popjustice pour le lien.
jeudi, octobre 28
Et après ?
La question de l'après-Peel est déjà largement débattue dans les médias britanniques. L'inquiétude est grande de voir sa case horaire sur Radio 1 se fondre dans le tout-venant du reste de la programmation.
Les relations entre John Peel et la station qui l'accueillait depuis bientôt 40 ans étaient apparemment parfois assez conflictuelles. C'est une des nombreuses informations que l'on peut déduire, entre deux éclats de rire, de ce grandiose florilège de citations.
En conséquence, il ne semble pas garanti que la BBC va tenter de lui trouver un remplaçant qui partage sa vision de la musique. Or, nombreux sont ceux qui pensent que l'esprit Peel devrait survivre à l'homme lui-même. ACME a donc envisagé une formule qui pourrait peut-être fonctionner, au moins à titre intérimaire, en attendant que la BBC déniche un hypothétique remplaçant idéal.
Les relations entre John Peel et la station qui l'accueillait depuis bientôt 40 ans étaient apparemment parfois assez conflictuelles. C'est une des nombreuses informations que l'on peut déduire, entre deux éclats de rire, de ce grandiose florilège de citations.
En conséquence, il ne semble pas garanti que la BBC va tenter de lui trouver un remplaçant qui partage sa vision de la musique. Or, nombreux sont ceux qui pensent que l'esprit Peel devrait survivre à l'homme lui-même. ACME a donc envisagé une formule qui pourrait peut-être fonctionner, au moins à titre intérimaire, en attendant que la BBC déniche un hypothétique remplaçant idéal.
Un, mais pas deux.
Extrait de la dernière newsletter de Marc Almond :
Marc's family would like you to know that because of the progress he has made so far, Marc has today been moved out of the intensive care unit. His family have passed on to him the overwhelming amount of good wishes which have been received and Marc is aware of all the messages of love and support.C'est la première fois qu'il est officiellement confirmé qu'il n'est pas, ou plus, dans le coma.
mercredi, octobre 27
John Peel est mort....
...à 65 ans durant ses vacances au Pérou, après presque 40 ans de bons et loyaux services sur la BBC. Durant cette période, sa place de présentateur sur Radio 1 n'avait jamais vraiment été remise en question, malgré les tentatives nombreuses et répétées de la maison-mère de rajeunir l'audience de la station. Son émission passait toujours trois fois par semaine à 23h.
Je n'ai malheureusement pas souvent eu l'occasion de l'écouter. Elle évoque donc surtout pour moi les vacances dans le Nord de la France, là où les ondes de BBC Radio 1 parviennent encore (on la capte très bien à Wissant par exemple). J'aurais certes pu m'astreindre à l'écouter via le Web lorsque ses émissions sont devenues écoutables à la demande il y a quatre ou cinq ans mais je n'avais en général pas le temps, ni la patience, de passer deux heures d'affilée inconfortablement assis devant mon ordi. Je me prenais à rêver qu'une station radio d'ici décide de retransmettre son émission, comme ce fut le cas dans un pays scandinave pendant quelques temps.
N'ayant pas dû écouter en tout plus d'une cinquantaine d'émissions de John Peel, ma connaissance du personnage est surtout constituée de ouï-dire. En conséquence, je suis assez mal placé pour dresser son portrait. Je pourrais au mieux compiler rapidement des choses lues ou entendues par ailleurs et ça n'aurait aucun intérêt. Le mieux est sans doute d'aller sur le site de son émission, et de consulter les play-lists, ou encore de lire l'hommage qui lui est consacré sur le site de la BBC.
En fait, pour ceux qui n'ont pas eu la chance de vivre dans un endroit où Radio 1 pouvait être captée, John Peel était surtout un nom, presque un talisman que l'on chérissait lorsque, adolescent, on se lançait, à corps perdus (tout dans l'adolescence se fait à corps perdus), à la conquête des musiques différentes (et contrairement à ce que mon blog pourrait laisser croire, je suis également passé par là, sans jamais en sortir complètement). L'omniprésence de ce personnage mystérieux était encore accentuée par le fait que la discographie, officielle ou non, de tous les groupes possibles et imaginables semblaient contenir l'une ou l'autre Peel Session, de Dead Can Dance aux Cocteau Twins, de Trail of Dead à Godspeed You Black Emperor, de Belle and Sebastian à Arab Strap, d'Interpol aux Yeah Yeah Yeahs, de Boards of Canada à Autechre, de Marc Almond à The Human League, en passant même (ils sont partout) par les Pet Shop Boys.
Ce qui me frappait toujours lorsque j'avais la possibilité d'écouter ses émissions était l'incroyable diversité des musiques qu'il diffusait. Il pouvait passer sans transition d'un disque de zouk à un disque de death-metal (comme seuls les norvégiens peuvent en faire, selon ses propres termes que je n'ai pas oubliés), et alterner rap, rock, pop, world-music, techno et post-rock sans jamais se soucier de dérouter ou de perdre son public. Peel était un modèle pour tous ceux qui envisagent la musique sous le signe de l'éclectisme et pour lesquels l'exigence artistique n'est pas synonyme d'étroitesse d'esprit. Certes, à force de passer tout ce qui lui plaisait dans tous les genres, sans se soucier de ce que la mode de l'époque dictait, il a parfois laissé ses auditeurs quelque peu pantois (voir l'épisode récent des Cuban Boys), mais ça lui a surtout valu d'accompagner la naissance de toutes les grandes révolutions musicales, que ce soit le punk, la drum&bass ou la techno. Cette curiosité de tous les instants ne s'est jamais estompée. Là où de grandes figures de la radio (notamment française) ou de la presse musicale sont pour toujours associées à une période ou à un genre donné et ont continué à exercer leur métier au ralenti, en misant sur leur réputation passée, John Peel semble avoir tout vu, tout prévu, tout entendu pendant plus de 40 ans.
Mark E. Smith est en deuil. Les Undertones sont en deuil. Pulp est en deuil. Thom Yorke est en deuil. Mêmes les hamsters sont en deuil. Plus généralement, tout qui possède une paire d'oreilles et n'a pas peur de les utiliser est en deuil aujourd'hui. C'est étonnant quand on y pense que la mort d'un animateur radio que j'ai finalement très peu écouté puisse m'émouvoir à ce point. Sans doute est-ce que, avec la mort de John Peel, c'est tout un pan de la musique, et de mon rapport avec elle, qui semble basculer dans le passé.
Ne soyons pas trop tristes cependant. Des milliers de Peel Sessions survivront à la mort de leur instigateur, ainsi que, espérons-le, sa manière d'envisager la musique comme un grand tout en constante ébullition. Le conseil d'administration de Radio 1 a intérêt a bien choisir son remplaçant car, à voir le nombre hallucinant de groupes qui, depuis quelques heures, rendent spontanément hommage à l'influence de John Peel sur leur décision de faire de la musique, on peut se demander si l'extraordinaire richesse et créativité de la musique britannique ne pourrait pas s'expliquer en grande partie par son influence.
Je n'ai malheureusement pas souvent eu l'occasion de l'écouter. Elle évoque donc surtout pour moi les vacances dans le Nord de la France, là où les ondes de BBC Radio 1 parviennent encore (on la capte très bien à Wissant par exemple). J'aurais certes pu m'astreindre à l'écouter via le Web lorsque ses émissions sont devenues écoutables à la demande il y a quatre ou cinq ans mais je n'avais en général pas le temps, ni la patience, de passer deux heures d'affilée inconfortablement assis devant mon ordi. Je me prenais à rêver qu'une station radio d'ici décide de retransmettre son émission, comme ce fut le cas dans un pays scandinave pendant quelques temps.
N'ayant pas dû écouter en tout plus d'une cinquantaine d'émissions de John Peel, ma connaissance du personnage est surtout constituée de ouï-dire. En conséquence, je suis assez mal placé pour dresser son portrait. Je pourrais au mieux compiler rapidement des choses lues ou entendues par ailleurs et ça n'aurait aucun intérêt. Le mieux est sans doute d'aller sur le site de son émission, et de consulter les play-lists, ou encore de lire l'hommage qui lui est consacré sur le site de la BBC.
En fait, pour ceux qui n'ont pas eu la chance de vivre dans un endroit où Radio 1 pouvait être captée, John Peel était surtout un nom, presque un talisman que l'on chérissait lorsque, adolescent, on se lançait, à corps perdus (tout dans l'adolescence se fait à corps perdus), à la conquête des musiques différentes (et contrairement à ce que mon blog pourrait laisser croire, je suis également passé par là, sans jamais en sortir complètement). L'omniprésence de ce personnage mystérieux était encore accentuée par le fait que la discographie, officielle ou non, de tous les groupes possibles et imaginables semblaient contenir l'une ou l'autre Peel Session, de Dead Can Dance aux Cocteau Twins, de Trail of Dead à Godspeed You Black Emperor, de Belle and Sebastian à Arab Strap, d'Interpol aux Yeah Yeah Yeahs, de Boards of Canada à Autechre, de Marc Almond à The Human League, en passant même (ils sont partout) par les Pet Shop Boys.
Ce qui me frappait toujours lorsque j'avais la possibilité d'écouter ses émissions était l'incroyable diversité des musiques qu'il diffusait. Il pouvait passer sans transition d'un disque de zouk à un disque de death-metal (comme seuls les norvégiens peuvent en faire, selon ses propres termes que je n'ai pas oubliés), et alterner rap, rock, pop, world-music, techno et post-rock sans jamais se soucier de dérouter ou de perdre son public. Peel était un modèle pour tous ceux qui envisagent la musique sous le signe de l'éclectisme et pour lesquels l'exigence artistique n'est pas synonyme d'étroitesse d'esprit. Certes, à force de passer tout ce qui lui plaisait dans tous les genres, sans se soucier de ce que la mode de l'époque dictait, il a parfois laissé ses auditeurs quelque peu pantois (voir l'épisode récent des Cuban Boys), mais ça lui a surtout valu d'accompagner la naissance de toutes les grandes révolutions musicales, que ce soit le punk, la drum&bass ou la techno. Cette curiosité de tous les instants ne s'est jamais estompée. Là où de grandes figures de la radio (notamment française) ou de la presse musicale sont pour toujours associées à une période ou à un genre donné et ont continué à exercer leur métier au ralenti, en misant sur leur réputation passée, John Peel semble avoir tout vu, tout prévu, tout entendu pendant plus de 40 ans.
Mark E. Smith est en deuil. Les Undertones sont en deuil. Pulp est en deuil. Thom Yorke est en deuil. Mêmes les hamsters sont en deuil. Plus généralement, tout qui possède une paire d'oreilles et n'a pas peur de les utiliser est en deuil aujourd'hui. C'est étonnant quand on y pense que la mort d'un animateur radio que j'ai finalement très peu écouté puisse m'émouvoir à ce point. Sans doute est-ce que, avec la mort de John Peel, c'est tout un pan de la musique, et de mon rapport avec elle, qui semble basculer dans le passé.
Ne soyons pas trop tristes cependant. Des milliers de Peel Sessions survivront à la mort de leur instigateur, ainsi que, espérons-le, sa manière d'envisager la musique comme un grand tout en constante ébullition. Le conseil d'administration de Radio 1 a intérêt a bien choisir son remplaçant car, à voir le nombre hallucinant de groupes qui, depuis quelques heures, rendent spontanément hommage à l'influence de John Peel sur leur décision de faire de la musique, on peut se demander si l'extraordinaire richesse et créativité de la musique britannique ne pourrait pas s'expliquer en grande partie par son influence.
lundi, octobre 25
Art Academy
Lorsque vous aimez Pascal Obispo et Jean-Jacques Goldman et que vous avez envie de vous attacher à des vedettes en devenir et de les suivre pas à pas sur le chemin parsemé d'embûches, de rires et de larmes, qui les mènera d'une déprimante normalité (la vôtre, en fait) vers le rêve et la glamour du star-system, vous n'avez apparemment qu'à allumer votre téléviseur. (Parlez de la Star Ac, et il vous viendra des élans de dossier de presse, étrange, non ?)
En revanche, si vous considérez que la musique s'est arrêtée à Stravinsky, si le mot concert évoque spontanément pour vous des fauteuils confortables en velours rouge et des théâtres à l'Italienne plutôt que des grands hangars sans âme où 15000 personnes hurlent en choeur leur enthousiasme, comment pouvez-vous assouvir ce besoin d'empathie avec les interprètes et cette envie de voir s'affronter des jeunes gens sympathiques et pleins de talent dans un fracas d'ambitions antagonistes ? Hein, comment ? Et bien, la réponse est simple : vous ne pouvez pas....
....sauf si vous avez la chance d'habiter en Belgique, qui abrite depuis très longtemps une compétition musicale chic et de bon goût où, en alternance, pianistes, violonistes et, plus récemment, chanteurs et chanteuses de toutes nationalités s'affrontent en direct et en prime-time à la télévision, sous les regards avides de toute une nation. Ainsi, trois années sur quatre, nos petits écrans sont envahis pendant une semaine de musiciens, jeunes mais déjà confirmés, qui vont enchaîner leur Mozart, leur Tchaikovski et leur Sibelius en espérant impressionner le jury et empocher ainsi le prestigieux Premier Prix. Cette visibilité médiatique du concours doit à mon avis être quelque chose d'assez unique au monde, et les candidats acquièrent pour quelques mois un statut de quasi-pop stars, en tout cas aux yeux de la frange de la population qui suit le concours. Ils font la une des journaux, sont invités sur les plateaux de télévision et partent même en tournée dans la foulée du concours pour récolter les fruits de leur popularité nouvelle. Une vraie petite "Art Academy" donc, jusque dans les détails les plus inattendus. Les concurrents sont ainsi tous réunis pendant la durée du concours et des répétitions dans une grande maison, la "Chapelle", où ils vivent en communauté.... (malheureusement sans y être filmés 24 heures sur 24. Conscients de la frustration que cela peut causer, les journaux télévisés ne manquent néanmoins pas de nous présenter chaque année quelques images où on les voit jouer au ping-pong, manger ou rire. Ca ne vaut pas la caméra dans la piscine, certes, mais c'est mieux que rien.)
Evidemment, comme on flotte ici dans le bon goût et le raffinement, cette compétition ne porte pas un nom aussi vulgairement commun que 'Star Academy'. Non, ça s'appelle le Concours Musical International Reine Elisabeth de Belgique, ce qui sonne, il faut bien le reconnaître, nettement moins plouc, même quand on l'appelle familièrement le 'Reine Elisabeth'.
Par atavisme familial, je n'y ai pas échappé, et année après année, j'ai vu les concertos pour violon succéder aux concertos pour piano et aux sonates. C'est sans aucun doute à cause de ce rendez-vous annuel que j'ai développé une fascination maladive pour le Concerto pour violon de Sibelius ou bien les concertos pour piano de Prokofiev.
En conséquence, je suis allé voir jeudi dernier Severin von Eckardstein, le gagnant du concours 2003 de piano, interpréter le Troisième Concerto pour piano de Prokofiev. Après une petite mise en bouche de l'orchestre, il arrive sur scène et des applaudissements nourris retentissent pendant plusieurs minutes. Rien que d'apparaître, encore tout auréolé de sa notoriété récente, il provoque l'enthousiasme de la foule. Cela me fit sourire de constater que, quel que soit l'âge moyen des spectateurs ou le genre de musique concerné, les effets de l'exposition médiatique sont les mêmes.
Ceci dit, entendons-nous bien. Le "Zabeth" n'est pas, quoique le parallèle m'amuse, la Star Academy. Les concurrents ne suivent aucun cours pendant la durée du concours, et ne se présentent donc aux éliminatoires qu'après avoir longuement étudié par ailleurs. En conséquence, presque tous les lauréats finissent par faire une carrière de plus ou moins haut niveau et le concours représente plus pour eux une occasion de se situer par rapport à d'autes musiciens que de faire sa promotion. Je m'en voudrais de laisser croire que les gagnants du concours sont des non-entités artistiques comme peuvent l'être Michal, Steeve, Jenifer, Linkup ou L5 (en espérant ne pas écorcher les noms). Après tout, Vladimir Ashkenazy et Gidon Kremer sont passés par là et, pour autant que je puisse en juger, Severin von Eckardstein est effectivement un très bon pianiste. Une fois le concert terminé (surtout après son interprétation en rappel d'un extrait de la transcription pour piano de Roméo et Juliette, toujours de mon ami Proko), il aurait été difficile de lui dénier son droit aux applaudissements.
Il m'est toujours apparu assez évident que la Star Academy n'est qu'un moyen cynique pour les producteurs de rentabiliser leurs nouveaux poulains dès le casting préliminaire (et non plus seulement lorsque le premier single est prêt à sortir), donc de faire en quelque sorte payer les frais de leur apprentissage par le public. Cette rentabilité préliminaire permet alors aux maisons de disques de les abandonner sans regrets quelques mois plus tard, lorsqu'une nouvelle génération de candidats arrive, des rêves de gloire plein la tête. La Star Academy n'a jamais eu pour mission de lancer des carrières, mais juste de créer quelques icônes transitoires qui pourront occuper pour quelques mois l'espace médiatique avant de s'éclipser pour laisser la place aux nouveaux. J'imagine ainsi que la plupart des ex-candidats de la Star Academy (ou des autres émissions du même type) doivent porter un regard amer et désabusé sur leur expérience.
Donc, pourriez-vous vous dire, si les candidats du CMIREB ont vraiment un talent suffisant pour leur garantir une carrière après coup, tout cela n'a en fait guère de liens avec la Star Academy, si ? Non, peut-être pas. Sauf que, à l'entracte, ce pauvre Severin, 26 ans (déjà/seulement selon le point de vue), s'est retrouvé, le sourire légèrment crispé, à peine protégé par une table basse, à signer des autographes tandis qu'une meute de grands-mères aux cheveux mauves se pressaient autour de lui pour lui serrer la main en clamant "C'était magnifique ! Bravo !" avant de retourner vers leurs amies en disant : "Quel charmant jeune homme. Il est si jeune, et il joue si bien du piano. Il ferait un bien beau gendre, pas comme cet abruti de XXX dont mon idiote de (petite-)fille est allée s'amouracher." Ce genre de commentaires serait-il envisageable si Severin n'avait été, pour quelques jours, une star de la télévision ?
En revanche, si vous considérez que la musique s'est arrêtée à Stravinsky, si le mot concert évoque spontanément pour vous des fauteuils confortables en velours rouge et des théâtres à l'Italienne plutôt que des grands hangars sans âme où 15000 personnes hurlent en choeur leur enthousiasme, comment pouvez-vous assouvir ce besoin d'empathie avec les interprètes et cette envie de voir s'affronter des jeunes gens sympathiques et pleins de talent dans un fracas d'ambitions antagonistes ? Hein, comment ? Et bien, la réponse est simple : vous ne pouvez pas....
....sauf si vous avez la chance d'habiter en Belgique, qui abrite depuis très longtemps une compétition musicale chic et de bon goût où, en alternance, pianistes, violonistes et, plus récemment, chanteurs et chanteuses de toutes nationalités s'affrontent en direct et en prime-time à la télévision, sous les regards avides de toute une nation. Ainsi, trois années sur quatre, nos petits écrans sont envahis pendant une semaine de musiciens, jeunes mais déjà confirmés, qui vont enchaîner leur Mozart, leur Tchaikovski et leur Sibelius en espérant impressionner le jury et empocher ainsi le prestigieux Premier Prix. Cette visibilité médiatique du concours doit à mon avis être quelque chose d'assez unique au monde, et les candidats acquièrent pour quelques mois un statut de quasi-pop stars, en tout cas aux yeux de la frange de la population qui suit le concours. Ils font la une des journaux, sont invités sur les plateaux de télévision et partent même en tournée dans la foulée du concours pour récolter les fruits de leur popularité nouvelle. Une vraie petite "Art Academy" donc, jusque dans les détails les plus inattendus. Les concurrents sont ainsi tous réunis pendant la durée du concours et des répétitions dans une grande maison, la "Chapelle", où ils vivent en communauté.... (malheureusement sans y être filmés 24 heures sur 24. Conscients de la frustration que cela peut causer, les journaux télévisés ne manquent néanmoins pas de nous présenter chaque année quelques images où on les voit jouer au ping-pong, manger ou rire. Ca ne vaut pas la caméra dans la piscine, certes, mais c'est mieux que rien.)
Evidemment, comme on flotte ici dans le bon goût et le raffinement, cette compétition ne porte pas un nom aussi vulgairement commun que 'Star Academy'. Non, ça s'appelle le Concours Musical International Reine Elisabeth de Belgique, ce qui sonne, il faut bien le reconnaître, nettement moins plouc, même quand on l'appelle familièrement le 'Reine Elisabeth'.
Par atavisme familial, je n'y ai pas échappé, et année après année, j'ai vu les concertos pour violon succéder aux concertos pour piano et aux sonates. C'est sans aucun doute à cause de ce rendez-vous annuel que j'ai développé une fascination maladive pour le Concerto pour violon de Sibelius ou bien les concertos pour piano de Prokofiev.
En conséquence, je suis allé voir jeudi dernier Severin von Eckardstein, le gagnant du concours 2003 de piano, interpréter le Troisième Concerto pour piano de Prokofiev. Après une petite mise en bouche de l'orchestre, il arrive sur scène et des applaudissements nourris retentissent pendant plusieurs minutes. Rien que d'apparaître, encore tout auréolé de sa notoriété récente, il provoque l'enthousiasme de la foule. Cela me fit sourire de constater que, quel que soit l'âge moyen des spectateurs ou le genre de musique concerné, les effets de l'exposition médiatique sont les mêmes.
Ceci dit, entendons-nous bien. Le "Zabeth" n'est pas, quoique le parallèle m'amuse, la Star Academy. Les concurrents ne suivent aucun cours pendant la durée du concours, et ne se présentent donc aux éliminatoires qu'après avoir longuement étudié par ailleurs. En conséquence, presque tous les lauréats finissent par faire une carrière de plus ou moins haut niveau et le concours représente plus pour eux une occasion de se situer par rapport à d'autes musiciens que de faire sa promotion. Je m'en voudrais de laisser croire que les gagnants du concours sont des non-entités artistiques comme peuvent l'être Michal, Steeve, Jenifer, Linkup ou L5 (en espérant ne pas écorcher les noms). Après tout, Vladimir Ashkenazy et Gidon Kremer sont passés par là et, pour autant que je puisse en juger, Severin von Eckardstein est effectivement un très bon pianiste. Une fois le concert terminé (surtout après son interprétation en rappel d'un extrait de la transcription pour piano de Roméo et Juliette, toujours de mon ami Proko), il aurait été difficile de lui dénier son droit aux applaudissements.
Il m'est toujours apparu assez évident que la Star Academy n'est qu'un moyen cynique pour les producteurs de rentabiliser leurs nouveaux poulains dès le casting préliminaire (et non plus seulement lorsque le premier single est prêt à sortir), donc de faire en quelque sorte payer les frais de leur apprentissage par le public. Cette rentabilité préliminaire permet alors aux maisons de disques de les abandonner sans regrets quelques mois plus tard, lorsqu'une nouvelle génération de candidats arrive, des rêves de gloire plein la tête. La Star Academy n'a jamais eu pour mission de lancer des carrières, mais juste de créer quelques icônes transitoires qui pourront occuper pour quelques mois l'espace médiatique avant de s'éclipser pour laisser la place aux nouveaux. J'imagine ainsi que la plupart des ex-candidats de la Star Academy (ou des autres émissions du même type) doivent porter un regard amer et désabusé sur leur expérience.
Donc, pourriez-vous vous dire, si les candidats du CMIREB ont vraiment un talent suffisant pour leur garantir une carrière après coup, tout cela n'a en fait guère de liens avec la Star Academy, si ? Non, peut-être pas. Sauf que, à l'entracte, ce pauvre Severin, 26 ans (déjà/seulement selon le point de vue), s'est retrouvé, le sourire légèrment crispé, à peine protégé par une table basse, à signer des autographes tandis qu'une meute de grands-mères aux cheveux mauves se pressaient autour de lui pour lui serrer la main en clamant "C'était magnifique ! Bravo !" avant de retourner vers leurs amies en disant : "Quel charmant jeune homme. Il est si jeune, et il joue si bien du piano. Il ferait un bien beau gendre, pas comme cet abruti de XXX dont mon idiote de (petite-)fille est allée s'amouracher." Ce genre de commentaires serait-il envisageable si Severin n'avait été, pour quelques jours, une star de la télévision ?
vendredi, octobre 22
Marshall fait de la politique
Eminem offre à tous les acheteurs de son nouvel album (Encore) la possibilité de gagner de super-cadeaux, dont des 'plaques en platine' (si c'est bien là le sens de platinum plaques, je suppose que ça pourrait aussi être des disques de platine), des chaussures griffées Eminem et la possibilité de travailler sur sa prochaine vidéo.
En voilà une bonne idée pour contrer les vilains pirates qui ne font rien qu'à lui voler ses sous : prévoir de vendre 10 millions d'exemplaires de son album et dire aux acheteurs qu'ils ont une chance sur 100.000 de gagner un lot minable et une chance sur 1.000.000 de gagner un super prix de la mort qui tue. C'est sûr que les acheteurs vont se ruer sur le disque avec une ferveur retrouvée.
Sauf que pas du tout, évidemment.
En revanche, s'il se décarcasse pour proposer un beau livret et un prix de vente pas trop élevé, il obtiendra de meilleurs résultats. De très nombreuses nouveautés sont maintenant en vente à moins de 15€ (même le formidable double album de Nick Cave), ce qui aurait été inimaginable il y a à peine deux ans. Dans mon souvenir, The Eminem Show était lors de sa sortie en vente au prix délirant de 22€, avec un DVD bonus de.... TZADAM !, 10 minutes. L'affaire du siècle en d'autres termes. Je ne suis pas sûr que les gens prêts à mettre une telle somme pour un disque soient encore très nombreux. D'autant que, si The Eminem Show tenait encore à peu près la route, je me permets, après avoir entendu Just Lose It et Mosh, d'avoir des doutes sue ce nouvel album.
Mosh est sa chanson anti-Bush. On nous annonçait depuis quelques semaines un album très politique, ce qui pouvait surprendre de la part d'Eminem, qui semblait se complaire dans l'apolitisme depuis le début de sa carrière. Dans ce contexte, sans doute l'apparition sur le Net de ce titre à quelques jours des élections (et de la sortie de l'album) est-elle une pernicieuse manoeuvre politico-publicitaire.
A première vue, il ne faut néanmoins pas s'attendre à voir Eminem écrire l'édito du prochain Monde Diplomatique. En effet, la chanson contient apparemment des analyses géo-politiques aussi finement ciselées que
Ceci dit, peut-être le reste de la chanson est-il plus intéressant. Musicalement, c'est assez plan-plan mais, ayant beaucoup de mal à comprendre ce qu'il raconte sans avoir les paroles sous les yeux, peut-être le reste des paroles est-il d'une clairvoyance redoutable. Qui sait ?
Et puis, tout ce qui peut contribuer à la non-réélection de Bush est bon à prendre.
En voilà une bonne idée pour contrer les vilains pirates qui ne font rien qu'à lui voler ses sous : prévoir de vendre 10 millions d'exemplaires de son album et dire aux acheteurs qu'ils ont une chance sur 100.000 de gagner un lot minable et une chance sur 1.000.000 de gagner un super prix de la mort qui tue. C'est sûr que les acheteurs vont se ruer sur le disque avec une ferveur retrouvée.
Sauf que pas du tout, évidemment.
En revanche, s'il se décarcasse pour proposer un beau livret et un prix de vente pas trop élevé, il obtiendra de meilleurs résultats. De très nombreuses nouveautés sont maintenant en vente à moins de 15€ (même le formidable double album de Nick Cave), ce qui aurait été inimaginable il y a à peine deux ans. Dans mon souvenir, The Eminem Show était lors de sa sortie en vente au prix délirant de 22€, avec un DVD bonus de.... TZADAM !, 10 minutes. L'affaire du siècle en d'autres termes. Je ne suis pas sûr que les gens prêts à mettre une telle somme pour un disque soient encore très nombreux. D'autant que, si The Eminem Show tenait encore à peu près la route, je me permets, après avoir entendu Just Lose It et Mosh, d'avoir des doutes sue ce nouvel album.
Mosh est sa chanson anti-Bush. On nous annonçait depuis quelques semaines un album très politique, ce qui pouvait surprendre de la part d'Eminem, qui semblait se complaire dans l'apolitisme depuis le début de sa carrière. Dans ce contexte, sans doute l'apparition sur le Net de ce titre à quelques jours des élections (et de la sortie de l'album) est-elle une pernicieuse manoeuvre politico-publicitaire.
A première vue, il ne faut néanmoins pas s'attendre à voir Eminem écrire l'édito du prochain Monde Diplomatique. En effet, la chanson contient apparemment des analyses géo-politiques aussi finement ciselées que
They tell us ‘no’, we say ‘yeah,’ they tell us ‘stop’, we say ‘go’ / Rebel with a rebel yell, raise hell, we gonna let him know / Stomp, push, shove, mush, fuck Bush / Until they bring our troops home / Come onou
Maybe we can reach al Qaeda through my speech / Let the president answer on higher anarchy / Strap him with an AK-47, let him go fight his own war / Let him impress Daddy that way / …no more blood for oil.
Ceci dit, peut-être le reste de la chanson est-il plus intéressant. Musicalement, c'est assez plan-plan mais, ayant beaucoup de mal à comprendre ce qu'il raconte sans avoir les paroles sous les yeux, peut-être le reste des paroles est-il d'une clairvoyance redoutable. Qui sait ?
Et puis, tout ce qui peut contribuer à la non-réélection de Bush est bon à prendre.
jeudi, octobre 21
(Mr et Mme Gallagher) Savent-ils que c'est Noël (qui a cassé le vase de Tante Martha ? Parce que bon.. c'est toujours Liam qui se fait engueuler)
La chanson "Do they know it's Christmas?" va être prochainement enregistrée pour la troisième fois. Tout le monde se souvient de la version originale en 1985, avec tout ce que la new-wave britannique contenait de gominé(e)s. La deuxième sortie, en 1989, est passée tout à fait inaperçue, en tout cas par moi. Si j'ai tout bien compris, il s'agissait d'une initiative des redoutables Stock, Aitken et Waterman, ce qui expliquerait sans doute qu'elle ne m'ait laissé aucun souvenir. La liste des participants (Kylie Minogue, Jason Donovan, Bros, Big Fun, Wet Wet Wet, Cliff Richard et Chris Rea) est une autre explication possible.
Aujourd'hui, quinze ans plus tard, Midge "Dancing with tears in his eyes" Ure est en train de mettre sur pied un nouveau projet. On parle déjà de la participation de Coldplay (Chris Martin est le Bono du XXIème siècle apparemment, le pauvre), Jamelia, The Darkness, Noel Gallagher et Robbie Williams. Ca va être top délire.
Ceci dit, comme moyen de jauger le niveau moyen de la musique populaire en Angleterre, c'est assez efficace :
1985 : La pop anglaise est en plein boum. Bonne version.
1989 : La pop anglaise gît à terre dans un tas de boue pendant que Madchester danse sur son cadavre en ricanant. La version disparait dans l'oubli.
2004 : On va enfin savoir comment va la pop anglaise. A priori, je parierais sur "moyennement bien".
NB : J'ai vérifié dans la charte. J'ai droit à un intitulé de post vaseux tous les mois.
Aujourd'hui, quinze ans plus tard, Midge "Dancing with tears in his eyes" Ure est en train de mettre sur pied un nouveau projet. On parle déjà de la participation de Coldplay (Chris Martin est le Bono du XXIème siècle apparemment, le pauvre), Jamelia, The Darkness, Noel Gallagher et Robbie Williams. Ca va être top délire.
Ceci dit, comme moyen de jauger le niveau moyen de la musique populaire en Angleterre, c'est assez efficace :
1985 : La pop anglaise est en plein boum. Bonne version.
1989 : La pop anglaise gît à terre dans un tas de boue pendant que Madchester danse sur son cadavre en ricanant. La version disparait dans l'oubli.
2004 : On va enfin savoir comment va la pop anglaise. A priori, je parierais sur "moyennement bien".
NB : J'ai vérifié dans la charte. J'ai droit à un intitulé de post vaseux tous les mois.
Tiré du Sun...
...donc, c'est sûrement vrai.
"Jarvis Cocker has been signed to write the soundtrack to the new Harry Potter film. He has already chosen Franz Ferdinand to appear and write a track."
Tout cela me parait assez improbable. Y a-t-il une scène du livre dans laquelle on puisse faire intervenir un groupe de rock ? Je suis perplexe.
Et Jeunet serait en pourparlers pour réaliser le cinquième film.
"Jarvis Cocker has been signed to write the soundtrack to the new Harry Potter film. He has already chosen Franz Ferdinand to appear and write a track."
Tout cela me parait assez improbable. Y a-t-il une scène du livre dans laquelle on puisse faire intervenir un groupe de rock ? Je suis perplexe.
Et Jeunet serait en pourparlers pour réaliser le cinquième film.
mercredi, octobre 20
Et pendant ce temps, David McAlmont pousse des hurlements de désespoir
Brett et Bernard se haïss(ai)ent. Brett et Bernard ont pourtant décidé de retravailler ensemble, en souvenir du bon vieux temps, lorsque Suede était encore un groupe excitant. Une telle entreprise ne pouvait finir que dans les larmes.
Ils prétendent avoir trouvé le nom de leur nouveau groupe ('The Tears' donc. Je précise pour ceux qui seraient trop paresseux pour cliquer sur un lien) dans un poème plus ou moins obscur de Philip Larkin. Ils récoltent donc un 10/10 en snobisme tête-à-claques mais, fondamentalement, ce choix est tellement bateau que je suis prêt à parier qu'il y a, au moment où j'écris ces mots, 885 groupes qui répètent sous ce nom dans les caves humides d'Angleterre, et je veux bien être pendus s'ils ont tous lu le même poème.
Ils prétendent avoir trouvé le nom de leur nouveau groupe ('The Tears' donc. Je précise pour ceux qui seraient trop paresseux pour cliquer sur un lien) dans un poème plus ou moins obscur de Philip Larkin. Ils récoltent donc un 10/10 en snobisme tête-à-claques mais, fondamentalement, ce choix est tellement bateau que je suis prêt à parier qu'il y a, au moment où j'écris ces mots, 885 groupes qui répètent sous ce nom dans les caves humides d'Angleterre, et je veux bien être pendus s'ils ont tous lu le même poème.
Le comptoir des Indés.
Voici le groupe en 'The' de la semaine, 'The' Dead 60s, qui remettent 'The' Clash et 'The' Specials à l'honneur avec quelques hurlements parfaitement à propos. La vidéo de Riot Radio est visible ici.
Vous aimez les chansons en duo pendant lesquelles les deux interprètes semblent s'ignorer royalement ? Vous allez adorer David Bowie chantant Fashion avec le lutin Franky Blacky. Attention, ce document contient des poses de rock-star ridicule(s).
Sinon, un rédacteur du NME, journal qui n'en est plus à une bonne blague près, à écrit dans un article sur Interpol il y a deux semaines.
Vous aimez les chansons en duo pendant lesquelles les deux interprètes semblent s'ignorer royalement ? Vous allez adorer David Bowie chantant Fashion avec le lutin Franky Blacky. Attention, ce document contient des poses de rock-star ridicule(s).
Sinon, un rédacteur du NME, journal qui n'en est plus à une bonne blague près, à écrit dans un article sur Interpol il y a deux semaines.
...Interpol qui, avec la sortie de Antics, devrait rejoindre The Music parmi les plus grands groupes de rock au monde.Je dois avouer ne pas avoir compris exactement ce qu'il voulait dire par là. Que "grand" se rapporte au succès commercial ou à la valeur intrinsèque du groupe, la phrase n'accepte aucune interprétation plausible. C'est un peu comme si, au détour d'une phrase dans Marie-Claire, on tombait sur
...Virigine Ledoyen, dont la beauté rivaliserait sans peine avec celle de la sublime Alice Sapritch.On reste un instant interloqué, puis l'étonnement laisse la place à un curieux malaise, comme si on venait soudainement de basculer dans une dimension parallèle.
mardi, octobre 19
lundi, octobre 18
Admirez-moi ce coup droit
Bien que mon billet précédent ne m'incite guère à la rigolade, je me suis dit que ce serait dommage que vous passiez à côté de ça.
EDIT : Je crois que je préfère l'intitulé du billet comme ça.
EDIT : Je crois que je préfère l'intitulé du billet comme ça.
Mauvaise nouvelle
Marc Almond a été grièvement blessé dans un accident de la route. Bien que la news ne donne aucun détail sur l'étendue exacte des blessures, le ton employé me fait craindre le pire.
Je suis triste.
Je suis triste.
Un peu de douceur dans ce monde de brutes ne peut faire de mal.
En cette époque où les artistes semblent tétanisés par la peur de ne pas en faire assez et en rajoutent toujours plus pour être sûrs de faire passer clairement leurs intentions, il est rassurant de voir débarquer sur sa platine un disque pour lequel les mots légèreté, délicatesse et suggestion ont gardé tous leur sens.
L'album commence par la chanson qui lui donne son titre, "Voyage voyage" (je traduis), et ce disque est effectivement une invitation à l'errance sans but, à la contemplation flemmarde de ce qui nous entoure ou de ce qui, au contraire, se trouve là-bas, dans des contrées plus ou moins lointaines. Le petit solo d'accordéon malingre qui conclut cette première plage plante ainsi un état d'esprit qui ne variera plus tout au long des onze vignettes qui constituent cet album, même si la langue utilisée et les lieux évoqués varient au gré des chansons, passant par exemple de Moscou à l'Amérique, via le Tibet.
N'en déduisez pas qu'il s'agit d'un de ces disques gentiment chiants, où une joliesse foutraque ne parvient que rarement à excuser le caractère inabouti des mélodies. L'album est beaucoup plus ambitieux et fait preuve d'une large palette de rythmes et d'atmosphères et de tempos. Des chansons lentes (dont le bouleversant 'Amour') côtoie ainsi des morceaux plus rapides. Il est aussi étonnamment divers dans son instrumentation : choeurs célestes, orchestres à cordes, guitares, harmonica, piano, accordéon et percussions se relaient pour tresser une tapisserie sonore particulièrement riche. De plus, le disque ne manque pas d'humour et, par des citations tous azimuts, s'inscrit sans avoir l'air d'y toucher dans son époque. Le Dalaï-Lama, auquel une chanson est consacrée, est ainsi évoqué par quelques notes rêveuses au piano, et Moscou par un pastiche de Tatu qui réjouira ceux qui, comme moi, n'ont pu ou voulu résister à 'All the things she said' ou 'Not gonna get us'.
Comme on le voit, le disque ne se contente donc pas de décliner son parti-pris déambulatoire comme un écrivain à la mode étire péniblement la demi-idée de son nouveau best-seller sur des centaines de pages. Toute sa richesse provient au contraire de son inventivité permanente, de la multitude de points de vue et de genres qu'il convoque. Pourtant, si certains morceaux bifurquent parfois vers un incongru boogie-rock à l'ancienne, d'autres vers de la musique de danse ou encore un sorte de rock pesant, ils restent fidèles au projet global du disque : la découverte du monde et l'évocation de sa diversité.
La chanson consacrée à l'Amérique est particulièrement emblématique de ce qu'est ce disque. Elle commence par une mélodie a cappella qui n'est pas sans rappeler les Beatles dans leur veine la plus sautillante ou encore un James Brown tardif. Vient ensuite un long récitatif où le chanteur décrit ce que lui évoque l'Amérique, de manière apparemment assez critique (le propos du disque est de ce point de vue ancré dans son époque, pour le meilleur et pour le pire). De manière quasiment impressionniste, il égrène ainsi quelques mots qui en sont venus à représenter l'Amérique dans le monde (Coca-Cola, Mickey Mouse, Wonderbra même). Le morceau bifurque ensuite vers une amusante citation du 'This is not a love song' de Public Image Limited, avec un petit solo hardeux incongru. Sans jamais verser dans la caricature grossière que ce sujet aurait de nos jours tendance à inspirer, le tout reflète à merveille l'ambivalence de l'Amérique et celle du monde envers elle.
Rarement album aura aussi bien porté son titre. Des voyages comme ceux-là, on en redemande. Merci Messieurs Rammstein.
La vidéo de Amerika est visible ici.
L'album commence par la chanson qui lui donne son titre, "Voyage voyage" (je traduis), et ce disque est effectivement une invitation à l'errance sans but, à la contemplation flemmarde de ce qui nous entoure ou de ce qui, au contraire, se trouve là-bas, dans des contrées plus ou moins lointaines. Le petit solo d'accordéon malingre qui conclut cette première plage plante ainsi un état d'esprit qui ne variera plus tout au long des onze vignettes qui constituent cet album, même si la langue utilisée et les lieux évoqués varient au gré des chansons, passant par exemple de Moscou à l'Amérique, via le Tibet.
N'en déduisez pas qu'il s'agit d'un de ces disques gentiment chiants, où une joliesse foutraque ne parvient que rarement à excuser le caractère inabouti des mélodies. L'album est beaucoup plus ambitieux et fait preuve d'une large palette de rythmes et d'atmosphères et de tempos. Des chansons lentes (dont le bouleversant 'Amour') côtoie ainsi des morceaux plus rapides. Il est aussi étonnamment divers dans son instrumentation : choeurs célestes, orchestres à cordes, guitares, harmonica, piano, accordéon et percussions se relaient pour tresser une tapisserie sonore particulièrement riche. De plus, le disque ne manque pas d'humour et, par des citations tous azimuts, s'inscrit sans avoir l'air d'y toucher dans son époque. Le Dalaï-Lama, auquel une chanson est consacrée, est ainsi évoqué par quelques notes rêveuses au piano, et Moscou par un pastiche de Tatu qui réjouira ceux qui, comme moi, n'ont pu ou voulu résister à 'All the things she said' ou 'Not gonna get us'.
Comme on le voit, le disque ne se contente donc pas de décliner son parti-pris déambulatoire comme un écrivain à la mode étire péniblement la demi-idée de son nouveau best-seller sur des centaines de pages. Toute sa richesse provient au contraire de son inventivité permanente, de la multitude de points de vue et de genres qu'il convoque. Pourtant, si certains morceaux bifurquent parfois vers un incongru boogie-rock à l'ancienne, d'autres vers de la musique de danse ou encore un sorte de rock pesant, ils restent fidèles au projet global du disque : la découverte du monde et l'évocation de sa diversité.
La chanson consacrée à l'Amérique est particulièrement emblématique de ce qu'est ce disque. Elle commence par une mélodie a cappella qui n'est pas sans rappeler les Beatles dans leur veine la plus sautillante ou encore un James Brown tardif. Vient ensuite un long récitatif où le chanteur décrit ce que lui évoque l'Amérique, de manière apparemment assez critique (le propos du disque est de ce point de vue ancré dans son époque, pour le meilleur et pour le pire). De manière quasiment impressionniste, il égrène ainsi quelques mots qui en sont venus à représenter l'Amérique dans le monde (Coca-Cola, Mickey Mouse, Wonderbra même). Le morceau bifurque ensuite vers une amusante citation du 'This is not a love song' de Public Image Limited, avec un petit solo hardeux incongru. Sans jamais verser dans la caricature grossière que ce sujet aurait de nos jours tendance à inspirer, le tout reflète à merveille l'ambivalence de l'Amérique et celle du monde envers elle.
Rarement album aura aussi bien porté son titre. Des voyages comme ceux-là, on en redemande. Merci Messieurs Rammstein.
La vidéo de Amerika est visible ici.
dimanche, octobre 17
La comédie musicale la plus improbable de l'année
Là où les producteurs français se contentent de monter à la chaîne des spectacles sur des sujets aussi convenus que Notre-Dame de Paris, Le Petit Prince, Ali Baba ou Roméo et Juliette, espérant sans doute ainsi couvrir leurs monstuosités sonores d'une couche de vernis culturel, les Germanophones ont droit à une comédie musicale sur Falco, le roi du rap BCBG autrichien. Les plus de 25 ans se souviendront peut-être de 'Rock me Amadeus', entre autres pépites.
L'idée n'est pas neuve. Des comédies musicales du même type, centrées autour d'un artiste pop-rock, pullulent à Londres. Le principe est simple : écrire une vague histoire permettant aux chansons les plus connues d'être insérées dans le spectacle et la mettre en scène à la va-vite, histoire de forcer le fan à payer de nouveau pour entendre dans un nouvel environnement des chansons qu'il connait déjà par coeur, et cela sans que les artistes aient à quitter leur fauteuil pour encaisser leurs droits d'auteur (Abba, Madness, Queen se sont tous récemment pliés à l'exercice). C'est un peu le réalisation du vieux rêve de Michael Jackson qui aurait voulu (et l'a fait si les rumeurs sont vraies) rester chez lui pendant ses propres concerts et laisser faire le boulot à ses doublures.
Dans le cas de Falco, le résultat de cette odieuse course au profit passe en ce moment de ville allemande en ville autrichienne et possède même son propre site Web. Je ne saurais trop vous conseiller les extraits sonores disponibles ici, rien que pour entendre comment l'acteur tente de reproduire le débit (a priori inimitable) de Falco, et y arrive somme toute assez bien.
Il ne fait aucun doute dans mon esprit que le spectacle est très mauvais, mais le fait qu'il existe me met d'excellente humeur et me donne envie de parler prochainement de Falco ici.
L'idée n'est pas neuve. Des comédies musicales du même type, centrées autour d'un artiste pop-rock, pullulent à Londres. Le principe est simple : écrire une vague histoire permettant aux chansons les plus connues d'être insérées dans le spectacle et la mettre en scène à la va-vite, histoire de forcer le fan à payer de nouveau pour entendre dans un nouvel environnement des chansons qu'il connait déjà par coeur, et cela sans que les artistes aient à quitter leur fauteuil pour encaisser leurs droits d'auteur (Abba, Madness, Queen se sont tous récemment pliés à l'exercice). C'est un peu le réalisation du vieux rêve de Michael Jackson qui aurait voulu (et l'a fait si les rumeurs sont vraies) rester chez lui pendant ses propres concerts et laisser faire le boulot à ses doublures.
Dans le cas de Falco, le résultat de cette odieuse course au profit passe en ce moment de ville allemande en ville autrichienne et possède même son propre site Web. Je ne saurais trop vous conseiller les extraits sonores disponibles ici, rien que pour entendre comment l'acteur tente de reproduire le débit (a priori inimitable) de Falco, et y arrive somme toute assez bien.
Il ne fait aucun doute dans mon esprit que le spectacle est très mauvais, mais le fait qu'il existe me met d'excellente humeur et me donne envie de parler prochainement de Falco ici.
vendredi, octobre 15
Ca fait peur
On dit souvent que Bowie est un caméléon. Ca lui a pas mal servi au cours de sa carrière, mais je ne suis pas sûr que sa nouvelle apparence va lui rapporter des hordes de fans.
Brrrr.
Brrrr.
jeudi, octobre 14
Parce que les meilleures choses ont une fin
Les trois dernières infos indispensables du NME :
N°790 - En 1989, le bassiste des Rolling Stones, Bill Wyman (52 ans), a épousé Mandy Smith (19 ans). Ils "se connaissaient" depuis que Mandy avait 13 ans. Ces longues fiançailles ne les ont pourtant pas empêchés de divorcer peu après. Plus tard, le fils Wyman épousa la mère de Mandy Smith, ce qui en fit le beau-père de son ex-belle mère.
N°795 - L'année dernière, l'Etat de l'Oregon a assimilé le fait de changer le nom d'un fichier MP3 à un acte terroriste.
N°797 - Lors d'un procès pour rupture de contrat relatif à un concert pour lequel il n'était jamais venu chanter, Michael Jackson a expliqué qu'il ne pouvait être tenu de se souvenir de petits détails de la vie quotidienne tels que les horaires et les contrats car il était un "visionnaire".
Et, parce qu'elle le vaut bien, une info sur B-Kay :
Il est interdit aux photographes de presse de prendre des clichés de Destiny's Child avec Beyoncé au centre. Elle doit être sur les côtés et laisser la place centrale à une des deux autres. Elle a peur sinon que la renommée acquise durant sa carrière solo ne transforme le groupe en "Beyoncé et les deux autres". Cette humilité n'est-elle pas admirable ? D'autres devraient en prendre de la graine.
N°790 - En 1989, le bassiste des Rolling Stones, Bill Wyman (52 ans), a épousé Mandy Smith (19 ans). Ils "se connaissaient" depuis que Mandy avait 13 ans. Ces longues fiançailles ne les ont pourtant pas empêchés de divorcer peu après. Plus tard, le fils Wyman épousa la mère de Mandy Smith, ce qui en fit le beau-père de son ex-belle mère.
N°795 - L'année dernière, l'Etat de l'Oregon a assimilé le fait de changer le nom d'un fichier MP3 à un acte terroriste.
N°797 - Lors d'un procès pour rupture de contrat relatif à un concert pour lequel il n'était jamais venu chanter, Michael Jackson a expliqué qu'il ne pouvait être tenu de se souvenir de petits détails de la vie quotidienne tels que les horaires et les contrats car il était un "visionnaire".
Et, parce qu'elle le vaut bien, une info sur B-Kay :
Il est interdit aux photographes de presse de prendre des clichés de Destiny's Child avec Beyoncé au centre. Elle doit être sur les côtés et laisser la place centrale à une des deux autres. Elle a peur sinon que la renommée acquise durant sa carrière solo ne transforme le groupe en "Beyoncé et les deux autres". Cette humilité n'est-elle pas admirable ? D'autres devraient en prendre de la graine.
mardi, octobre 12
Robinet à clips
La vidéo d'Eminem pour 'Just lose it' est apparue sur le Net (et sans doute à la télévision aussi, même si je ne suis pas encore tombé dessus). Elle ne tient pas ses promesses. Michael Jackson est une proie facile en ce moment, et s'y attaquer démontre au mieux un manque d'inspiration. De plus, un type de 32 ans qui s'amuse encore à faire des blagues pipi-caca mériterait quand même de se poser des questions sur son métier. Ceci dit, le "Boy shake that ass. Oops, I mean girl. Girl girl girl" m'a fait sourire. Je commence à me lasser de la règle qui veut que, pour annoncer tous ses albums, il nous sorte une chanson bas du front avec un clip rigolo(My name is, The Real Slim Shady, Without me dans le désordre). Ceci dit, le "Boy shake that ass. Oops, I mean girls. Girls girls girls" m'a fait sourire. L'album serait quant à lui une diatribe anti-Bush, que ce grand timide ne sortira que la semaine après les élections.
Plus intéressante est la vidéo du nouveau single de Gwen Stefani, que certains présentent déjà comme la chanson de l'année. Certes, mêler une rythmique dance à la Kylie Minogue avec les tics vocaux de Cyndi Lauper est une idée tellement évidente qu'on s'étonne que personne n'y ait pensé auparavant. La production est parfaite et le refrain imparable. Quel dommage dès lors qu'après le premier enchaînement couplet-refrain, tout soit déjà dit. Je suis un peu déçu, mais comme j'ai toujours trouvé Gwen Stefani très énervante, je ne suis sans doute pas objectif. Ceci dit, les fans ont intérêt à aller voir la vidéo sur le Net car il n'est pas sûr que la longue intro sans musique passera souvent à la téloche.
Tout cela ici.
Plus intéressante est la vidéo du nouveau single de Gwen Stefani, que certains présentent déjà comme la chanson de l'année. Certes, mêler une rythmique dance à la Kylie Minogue avec les tics vocaux de Cyndi Lauper est une idée tellement évidente qu'on s'étonne que personne n'y ait pensé auparavant. La production est parfaite et le refrain imparable. Quel dommage dès lors qu'après le premier enchaînement couplet-refrain, tout soit déjà dit. Je suis un peu déçu, mais comme j'ai toujours trouvé Gwen Stefani très énervante, je ne suis sans doute pas objectif. Ceci dit, les fans ont intérêt à aller voir la vidéo sur le Net car il n'est pas sûr que la longue intro sans musique passera souvent à la téloche.
Tout cela ici.
Quelques faits
N°468 - Quand Alan McGee a vu les Super Furry Animals en concert pour la première fois, il leur a dit : "Vous êtes formidables mais vous devriez chanter en anglais." (sous-entendu "pas en gallois"). Le chanteur Gruff Rhys lui aurait alors répondu : "C'était de l'anglais".
N°758 - John Denver est mort dans un accident d'avion en 1997. Il avait construit lui-même l'appareil. Les mouettes arrivèrent sur le lieu de l'accident avant les secours. En 20 minutes, elles avaient emporté son cerveau, ses dents, ses yeux (en fait, les trois-quarts de sa tête) et ses poumons.
N°766 - Terry Kaith, le guitariste de Chicago (le groupe, pas la ville), a commis un suicide accidentel en jouant à la roulette russe. Ses derniers mots furent "T'inquiète, il n'est pas chargé".
Et une petite dernière sur Morrissey :
N°776 - Quand on demanda à Morrissey en 1984 pourquoi les Smiths n'avaient pas encore fait de vidéos pour promouvoir leurs chansons, il répondit qu'il pensait que les clips n'étaient qu'un phénomène de mode qui s'estomperait très vite.
N°758 - John Denver est mort dans un accident d'avion en 1997. Il avait construit lui-même l'appareil. Les mouettes arrivèrent sur le lieu de l'accident avant les secours. En 20 minutes, elles avaient emporté son cerveau, ses dents, ses yeux (en fait, les trois-quarts de sa tête) et ses poumons.
N°766 - Terry Kaith, le guitariste de Chicago (le groupe, pas la ville), a commis un suicide accidentel en jouant à la roulette russe. Ses derniers mots furent "T'inquiète, il n'est pas chargé".
Et une petite dernière sur Morrissey :
N°776 - Quand on demanda à Morrissey en 1984 pourquoi les Smiths n'avaient pas encore fait de vidéos pour promouvoir leurs chansons, il répondit qu'il pensait que les clips n'étaient qu'un phénomène de mode qui s'estomperait très vite.
lundi, octobre 11
Trop beau pour être vrai.
C'eût été une formidable manière de brouiller les frontières entre bon et mauvais goût, rock et pop, pitoyable et sublime mais ce n'est sans doute qu'une parodie intelligente et bien faite. Ce n'est déjà pas si mal.
Pauvre Trail of Dead. Portés aux nues à leurs débuts comme les fers de lance d'un renouveau du rock'n'roll tant vanté à l'époque, ils sont arrivés juste un peu trop tôt et laissèrent leur place sous les projecteurs à une armada de Vines, Strokes, Datsuns et White Stripes, pas franchement plus doués. 'Madonna', leur deuxième album, fut à l'époque une excellente surprise, tout comme leur EP sorti en 2003 (The secret of Elena's tomb). Ceci dit, "Worlds Apart" est vraiment un très mauvais titre (et ils jouent beaucoup trop fort en concert, ai-je entendu dire, ce qui est extrêmement vilain).
Merci à Arnaud.
Breakstuff hears the new Trail of Dead album...
...is going to be called Worlds Apart. It's a concept album plotting the career highs and lows of the terrible 90s boy band which Trail of Dead feel closely mirrors their own career. As everyone knows, Worlds Apart were put together by a management company through auditions of crazy looking boys bent on destruction. They then got a stylist in to help the boys with their image of dyed black hair, eyeliner and nice jumpers and put them into intensive classes on media relations and dance routines. After a couple of records on cool indie labels to gain some dedicated obsessive fans, the boy band were then picked up by a major and spent the next few years travelling the world, being chased by screaming girls and not really selling that many records. All excellent inspiration for an album, I'm sure you'll agree. We also have an exclusive picture of the cover art which has been handpainted by Conrad and will feature liner notes by Nathan Moore, ex-member of the excellent Brother Beyond as well as Worlds Apart, who also contributes additional backing vocals to a number of tracks. The album has been delayed until the end of January so that the band can be given a strict talking to by Interscope heavies and convinced to think of a better idea. Can't wait.
Pauvre Trail of Dead. Portés aux nues à leurs débuts comme les fers de lance d'un renouveau du rock'n'roll tant vanté à l'époque, ils sont arrivés juste un peu trop tôt et laissèrent leur place sous les projecteurs à une armada de Vines, Strokes, Datsuns et White Stripes, pas franchement plus doués. 'Madonna', leur deuxième album, fut à l'époque une excellente surprise, tout comme leur EP sorti en 2003 (The secret of Elena's tomb). Ceci dit, "Worlds Apart" est vraiment un très mauvais titre (et ils jouent beaucoup trop fort en concert, ai-je entendu dire, ce qui est extrêmement vilain).
Merci à Arnaud.
dimanche, octobre 10
La solution de facilité.
Quand on travaille au NME et qu'on manque d'articles pour remplir son canard, on monte vite fait bien fait un numéro spécial '1OO1 awesome rock facts' (voir le numéro du 18/09/2004), soit 1001 informations consciencieusement numérotées et plus ou moins passionnantes sur le petit monde de la musique qui fait transpirer les jeunes. Un petit aperçu aujourd'hui, avec deux infos totalement indispensables sur Morrissey.
N°198 - En 1987, un fan de Morrissey a forcé sous la menace d'un pistolet une station de radio de Denver à passer des disques de Smiths pendant plus de 5 heures, avant que la police ne se décide à intervenir.
N°201 - En 2001, Moz le végétarien a déclaré que le meilleur moment selon lui des 15 dernières années fut l'épidémie de fièvre aphteuse dans les îles Britanniques.
Quand on y réfléchit, c'est amusant de se dire qu'un ami des animaux, végétarien par conviction, puisse se réjouir de la mort de centaines de millers de bêtes, mais je suppose que je peux comprendre le raisonnement sous-jacent.
Je vous donnerai encore quelques exemples dans les prochains jours si je ne trouve rien de plus intéressant à écrire.
N°198 - En 1987, un fan de Morrissey a forcé sous la menace d'un pistolet une station de radio de Denver à passer des disques de Smiths pendant plus de 5 heures, avant que la police ne se décide à intervenir.
N°201 - En 2001, Moz le végétarien a déclaré que le meilleur moment selon lui des 15 dernières années fut l'épidémie de fièvre aphteuse dans les îles Britanniques.
Quand on y réfléchit, c'est amusant de se dire qu'un ami des animaux, végétarien par conviction, puisse se réjouir de la mort de centaines de millers de bêtes, mais je suppose que je peux comprendre le raisonnement sous-jacent.
Je vous donnerai encore quelques exemples dans les prochains jours si je ne trouve rien de plus intéressant à écrire.
samedi, octobre 9
Pourquoi les popstars feraient mieux de se contenter de chanter
Après avoir ouvert un restaurant qui a fait faillite en quelques mois, Britney Spears s'est improvisée décoratrice d'intérieur et a donné son nom à une suite dans un hôtel à Boston. Je vous invite à aller lire l'amusant compte-rendu par un journaliste américain d'une nuit dans un environnement entièrement conçu par Britney Spears. La bible en "peau de veau" rose qu'elle a fait placer dans la table de nuit me plait particulièrement. C'est la deuxième fois en quelques semaines que son raffinement et son bon goût ont été remis en question. Souvenez-vous du menu et du code vestimentaire de son mariage.
Dans le même ordre d'idée, Busted se lance dans la politique. Les trois membres du groupe ont avoué leurs honteux penchants Conservateurs (Tory en anglais). La raison invoquée par l'un des membres du groupe est hilarante :
Dans le même ordre d'idée, Busted se lance dans la politique. Les trois membres du groupe ont avoué leurs honteux penchants Conservateurs (Tory en anglais). La raison invoquée par l'un des membres du groupe est hilarante :
"Yeah, actually, you know what, I am not going to be ripped off any more. From the financial position I am in now, I am a fucking Tory boy too."Ils ont depuis publié un communiqué disant laconiquement que leurs propos ont été retirés du contexte, comme c'est la règle dans ce genre de situations. Toujours est-il que ça ne pouvait tomber à un plus mauvais moment. Je venais juste de trouver une chanson de Busted que j'aimais bien. Cette déclaration d'amour à l'argent et à l'establishment n'empêchera toutefois pas le nouveau groupe de Charlie Simpson de signer un contrat chez le label férocement indé Fierce Panda (si j'en crois Popbitch, ce qui n'est jamais sans risques).
jeudi, octobre 7
L'humanité va mal.
Les classements des meilleurs groupes du monde sont souvent sources de consternation, mais lorsqu'en plus ils sont compilés par un magazine en perdition et basés sur des critères de type économique, ils en deviennent franchement pitoyables.
Voici à titre d'exemple le classement des 50 plus grands groupes de tous les temps compilé par Q (dans leur numéro de novembre 2004) sur base des ventes d'albums mondiales, de la taille de leur plus grand concert et de leur longévité dans les classements des meilleurs ventes d'albums au Royaume-Uni.
1) Pink Floyd
2) Led Zeppelin
3) Rolling Stones
4) U2
5) Queen
6) Dire Straits
7) Bruce Springsteen and the E Street Band
8) The Beatles
9) Bob Marley and the Wailers
10) Fleetwood Mac
11) The Eagles
12) The Beach Boys
13) Oasis
14) Bon Jovi
15) Guns N' Roses
16) Nirvana
17) Genesis
18) Bee Gees
19) Metallica
20) Boston
21) R.E.M.
22) Backstreet Boys
23) Red Hot Chili Peppers
24) AC/DC
25) The Police
26) Steve Miller Band
27) ABBA
28) Santana
29) Simply Red
30) Supertramp
31) The Carpenters
32) Journey
33) Spice Girls
34) Def Leppard
35) Deep Purple
36) UB40
37) Aerosmith
38) Wham!
39) Pearl Jam
40) Hootie & the Blowfish
41) Status Quo
42) Simple Minds
43) Wet Wet Wet
44) 'N Sync
45) Eurythmics
46) Duran Duran
47) Erasure
48) The Shadows
49) Boyz II Men
50) Van Halen
Bon, évidemment, tout n'y est pas à jeter mais on y trouve tout de même une belle brochette de tocards (Boston ? Journey ?? Wet Wet Wet ??? Boyz II Men ????). En tout état de cause, sur les 50, un seul dont je pourrais honnêtement me dire fan (non je ne vous dirai pas lequel). Pourtant, j'ai confusément l'impression que les gens susceptibles de maugréer contre la médiocrité de la musique commerciale ne citeraient pas spontanément la plupart de ces groupes pour appuyer leur thèse. Allez comprendre.
Voici à titre d'exemple le classement des 50 plus grands groupes de tous les temps compilé par Q (dans leur numéro de novembre 2004) sur base des ventes d'albums mondiales, de la taille de leur plus grand concert et de leur longévité dans les classements des meilleurs ventes d'albums au Royaume-Uni.
1) Pink Floyd
2) Led Zeppelin
3) Rolling Stones
4) U2
5) Queen
6) Dire Straits
7) Bruce Springsteen and the E Street Band
8) The Beatles
9) Bob Marley and the Wailers
10) Fleetwood Mac
11) The Eagles
12) The Beach Boys
13) Oasis
14) Bon Jovi
15) Guns N' Roses
16) Nirvana
17) Genesis
18) Bee Gees
19) Metallica
20) Boston
21) R.E.M.
22) Backstreet Boys
23) Red Hot Chili Peppers
24) AC/DC
25) The Police
26) Steve Miller Band
27) ABBA
28) Santana
29) Simply Red
30) Supertramp
31) The Carpenters
32) Journey
33) Spice Girls
34) Def Leppard
35) Deep Purple
36) UB40
37) Aerosmith
38) Wham!
39) Pearl Jam
40) Hootie & the Blowfish
41) Status Quo
42) Simple Minds
43) Wet Wet Wet
44) 'N Sync
45) Eurythmics
46) Duran Duran
47) Erasure
48) The Shadows
49) Boyz II Men
50) Van Halen
Bon, évidemment, tout n'y est pas à jeter mais on y trouve tout de même une belle brochette de tocards (Boston ? Journey ?? Wet Wet Wet ??? Boyz II Men ????). En tout état de cause, sur les 50, un seul dont je pourrais honnêtement me dire fan (non je ne vous dirai pas lequel). Pourtant, j'ai confusément l'impression que les gens susceptibles de maugréer contre la médiocrité de la musique commerciale ne citeraient pas spontanément la plupart de ces groupes pour appuyer leur thèse. Allez comprendre.
mardi, octobre 5
Yes they can.
Je n'ai rien contre le fait que les mauvais groupes sortent des coffrets pour satisfaire leurs hordes de fans. Après tout, il n'y a pas de raisons que seuls les gens de bon goût se retrouvent avec des disques qui ne rentrent pas dans leurs étagères. Ils pourraient néanmoins éviter d'apporter du même coup toute l'eau du Mississippi au moulin de leurs détracteurs. Franchement. Comment ne pas éclater de rire face à ça ?
D'autant que l'affirmation du titre semble curieusement interrogative, et on croit entendre en écho Jon et Richie murmurer d'une petite voix plaintive "...can they?". Ils ont ensuite le bon goût de répondre sans ambiguïté à cette question à peine formulée avec des photos que même Freddie Mercury aurait trouvées embarrassantes.
On vient d'ailleurs de me signaler que le titre et les costumes s'inspirent de la pochette d'un disque d'Elvis Presley, avec une pointe de surenchère assez savoureuse. Ceci dit, je vous avoue que, même pour Elvis, l'idée est passablement ridicule.
Merci à Popbitch pour le lien, et à Terant pour m'avoir signalé l'original.
D'autant que l'affirmation du titre semble curieusement interrogative, et on croit entendre en écho Jon et Richie murmurer d'une petite voix plaintive "...can they?". Ils ont ensuite le bon goût de répondre sans ambiguïté à cette question à peine formulée avec des photos que même Freddie Mercury aurait trouvées embarrassantes.
On vient d'ailleurs de me signaler que le titre et les costumes s'inspirent de la pochette d'un disque d'Elvis Presley, avec une pointe de surenchère assez savoureuse. Ceci dit, je vous avoue que, même pour Elvis, l'idée est passablement ridicule.
Merci à Popbitch pour le lien, et à Terant pour m'avoir signalé l'original.
Souvenons-nous...
... de la chanson enregistrée par Carl Lewis peu après les Jeux Olympiques de Los Angeles. Je me garde bien d'être plus précis car l'année de parution est 1985 ou 1987 selon les sources consultées.
A quand la chanson de Michael Phelps ?
A quand la chanson de Michael Phelps ?
dimanche, octobre 3
What a performance tonight
On peut diviser les concerts 'rock' en deux catégories. La première est la plus éprouvée : le chanteur est au centre de la scène, entouré de ses musiciens, les morceaux se succèdent, entrecoupés ou non de quelques paroles adressées au public ("Fuck Bush", "This one is called Karma Police", "It's good to be here", "As you've been a fantastic audience, we'll play one more", ce genre de choses). La seconde est plus récente (on pourrait timidement émettre l'hypothèse qu'elle est née avec Pink Floyd ou Jean-Michel Jarre). Elle consiste à considérer le concert comme un spectacle total dont la musique ne serait qu'un des ingrédients. Dans ce cas, la scène est le plus souvent énorme, les jeux de lumière aveuglants (avec des rayons laser. Ca donne toujours bien, les rayons laser) et les effets pyrotechniques à l'extrême limite de ce que les réglementations en vigueur autorisent. Il faut de nombreux danseurs et danseuses, des choristes, une petite section de cuivres, deux batteurs,.... On reste ici dans le domaine du concert (les musiciens sont visibles sur scène, les chanteurs au centre), mais tout y est démesuré, énorme et grandiose. C'est le cas de la plupart des spectacles des superstars de la pop actuelle, de Britney Spears (son récent Onyx Hotel Tour où elle ne chantait pas) à Justin Timberlake. Pourtant, une caractéristique lie ces deux types de spectacle : la place des artistes dont le nom est sur l'affiche y est centrale. Que Thom Yorke se prenne pour un derviche tourneur pendant que Jonny se lance accroupi dans un solo de transistors ou que Britney Spears fasse semblant de s'octroyer un peu de bon temps avec le "touch of [her] hand" sur un grand lit aux draps beiges froissés tandis que 10 danseurs se trémoussent à ses côtés, tout tourne autour d'eux : les chorégraphies, les jeux de lumière, la disposition de la scène, etc. Et comment pourrait-il en être autrement ? Pour pouvoir se permettre de mettre sur pied des spectacles de ce type, il faut de l'argent. Donc, pour espérer rentrer dans ses frais, il faut être une star et pouvoir attirer des centaines de milliers de spectateurs. Et quand on est une star, on se comporte sur scène comme une star et on ne se confond pas avec le décor. C'est ainsi.
Pour voir des concerts à grand spectacle ne tournant pas au délire mégalomane, il faut donc aller fureter du côté des artistes un peu moins connus. Le cabaret décadent, cheap et à la limite du mauvais goût, de Fischerspooner est un bel exemple. Casey Spooner semble n'y être qu'un intervenant parmi d'autres, surtout quand il ne chante pas. Warren Fischer est quant à lui carrément absent. Pourtant, on sent confusément que, si le groupe avait vendu un nombre de disques en accord avec l'importance qu'il s'accorde, on assisterait sans doute à un tout autre spectacle où leur nom apparaîtrait en lettres de feu au-dessus d'une scène gigantesque et où un orchestre symphonique serait, on ne sait trop comment, incorporé entre deux couplets de Emerge.
Il est pourtant un exemple d'artistes au sommet de leur gloire, riches à millions et ayant mis sur pied un spectacle hors de prix derrière lequel ils se sont en grande partie dissimulés : les Pet Shop Boys. Leur tournée Performance en 1991 fut une entreprise complètement dingue dont, dès la conception, on savait qu'elle serait déficitaire. Même si tous les concerts affichaient complet, la perte sèche serait d'environ 500.000 livres. Un caprice qu'ils pouvaient se permettre à l'époque, lorsqu'ils étaient encore les musiciens "indépendants" les plus riches d'Angleterre. Ce ne serait sans doute plus cas aujourd'hui.
Le rapport à la scène du groupe a toujours été assez conflictuel. Partant du principe qu'il n'y aurait pas de sens à prétendre qu'ils sont réellement capables de reproduire leurs chansons live, ils ont rapidement trouvé leur salut dans une distanciation ironique. Lors de leurs nombreuses apparitions, Neil chante tandis que Chris, l'air impassible et ennuyé, se tient debout derrière son clavier, ne cherchant même pas à faire semblant de jouer. Ce dispositif a fait leur succès à la télévision, à une époque où le minimalisme n'était pas encore à la mode. Pourtant, ils sentaient légitimement que, pour un spectacle payant, ce genre de mise en scène pourrait passer pour un léger foutage de gueule. Ne sachant trop comment s'y prendre, ils ont donc très peu fait de scène au début de leur carrière. Ils ont bien effectué une première petite tournée en 1989, dont je ne sais quasiment rien et qui était axée autour des projections vidéo réalisées par Derek Jarman, mais ce n'est que deux ans plus tard; en 1991, qu'ils ont osé se lancer dans une vraie tournée mondiale, Performance. Leur quatrième et meilleur album venait de paraître. Leurs singles passaient en boucle à la radio et tout semblait devoir leur sourire. C'était le bon moment pour s'autoriser un tel caprice. Incidemment, leur première tournée où ils monteront sur scène en tant que musiciens aura lieu en 2002 et contredira en quelque sorte tout ce qui avait présidé à la tournée de 1991.
En effet, la réflexion sous-jacente derrière le projet Performance était la suivante. Puisqu'ils ne peuvent pas se présenter en tant que musiciens et qu'ils ne se sentent pas non plus suffisamment charismatiques pour organiser le spectacle entièrement autour de leurs deux personnes, ils ont décidé que le concert serait un mélange haut-de-gamme entre la danse contemporaine, le théâtre et l'opéra, avec une grosse dizaine de danseurs, quatre chanteurs, des décors soignés et des éclairages aux petits oignons. Chaque chanson aurait sa mise en scène propre mais s'inscrirait dans un cadre narratif global, mais à vrai dire assez lâche. Tout devrait être fait pour que le public ne se sente pas en concert et il serait d'ailleurs superbement ignoré jusqu'à la dernière chanson. Les instruments seraient invisibles (même ceux joués live). Mieux, bien que Neil Tennant chanterait la plupart des morceaux, il n'hésiterait pas à laisser le micro à d'autres lorsque la mise en scène l'exigerait. Quant à Chris, disons juste que rien ne donnerait à penser que les touches que ces doigts effleurent distraitement de temps à autre sur sur un clavier portatif ont une quelconque incidence sur les sons qui sortent des enceintes.
Quand on y réfléchit un peu, ce n'est pas une idée si farfelue que de se servir de chansons comme bases de saynètes théâtrales (muettes). Pourtant, à ma connaissance, ça n'a jamais été refait depuis, sans doute parce que le mélange de prétention et d'auto-dérision nécessaire à ce qu'une telle idée germe est une combinaison assez rare.
Voilà pour l'idée de base, mais sur de telles prémisses, le spectacle aurait pu se révéler un désastre. Il n'en est rien, sans doute parce que, comme souvent, ils ont su s'entourer de bons chanteurs, de bons danseurs (en majorité classiques), de bons costumiers, metteurs en scène, éclairagistes,...
Le concert commence par une petite séquence onirique de théâtre contemporain (tendance Robert Wilson), où on pressent une symbolique mûrement réfléchie, juste au-delà de la compréhension, sur une musique de Strauss (Richard évidemment, pas Johann et ses valses à deux balles pour buveurs de café en sachet). Par la suite, en vrac, il y aura des dortoirs de collège anglais avec leur lot de pensées interdites, un gigantesque crâne de Staline en pierre que des Russes épris de liberté feront éclater avec un marteau et une faucille, des séance d'électro-chocs, des anges, des cochons obsédés par l'argent, des frères Dupondt jaune canari et rose fuschia, des demi-marié(e)s, des mises à mort, et bien d'autres choses, le tout dans un joyeux foutoir qui, pourtant, semble le plus souvent tout à fait maîtrisé.
Bien sûr tout ne fonctionne pas toujours complètement et, sur quelques titres, ça tombe tout à fait à plat (So hard ou Where the streets have no name par exemple), mais quand ça fonctionne, et que les éclairages, la musique, les chorégraphies se fondent en un tout, on arrive à des moments d'une beauté assez inouïe (voir My October Symphony, I'm not scared ou les secondes moitiés de We all Feel Better in the dark et How can you expect to be taken seriously? par exemple). Même Rent, dont le dépouillement minimaliste tranche avec le reste du spectacle, réserve son quota de frissons dans le dos.
Performance représente sans doute la quintessence de ce qui rendait, à l'époque, les Pet Shop Boys uniques et qu'ils ont sans doute en partie perdu depuis, soit une volonté de n'en faire qu'à leur tête et de considérer leur "pop art" comme un art majeur, jusque dans ses excès et son artificialité. Pour tous ceux qui, contre vents et marées, maintiennent que les Pet Shop Boys ne sont qu'un groupe de has-beens se prenant pour Village People, la vision de ce DVD devrait être obligatoire. Les autres le chériront d'eux-mêmes.
Pour voir des concerts à grand spectacle ne tournant pas au délire mégalomane, il faut donc aller fureter du côté des artistes un peu moins connus. Le cabaret décadent, cheap et à la limite du mauvais goût, de Fischerspooner est un bel exemple. Casey Spooner semble n'y être qu'un intervenant parmi d'autres, surtout quand il ne chante pas. Warren Fischer est quant à lui carrément absent. Pourtant, on sent confusément que, si le groupe avait vendu un nombre de disques en accord avec l'importance qu'il s'accorde, on assisterait sans doute à un tout autre spectacle où leur nom apparaîtrait en lettres de feu au-dessus d'une scène gigantesque et où un orchestre symphonique serait, on ne sait trop comment, incorporé entre deux couplets de Emerge.
Il est pourtant un exemple d'artistes au sommet de leur gloire, riches à millions et ayant mis sur pied un spectacle hors de prix derrière lequel ils se sont en grande partie dissimulés : les Pet Shop Boys. Leur tournée Performance en 1991 fut une entreprise complètement dingue dont, dès la conception, on savait qu'elle serait déficitaire. Même si tous les concerts affichaient complet, la perte sèche serait d'environ 500.000 livres. Un caprice qu'ils pouvaient se permettre à l'époque, lorsqu'ils étaient encore les musiciens "indépendants" les plus riches d'Angleterre. Ce ne serait sans doute plus cas aujourd'hui.
Le rapport à la scène du groupe a toujours été assez conflictuel. Partant du principe qu'il n'y aurait pas de sens à prétendre qu'ils sont réellement capables de reproduire leurs chansons live, ils ont rapidement trouvé leur salut dans une distanciation ironique. Lors de leurs nombreuses apparitions, Neil chante tandis que Chris, l'air impassible et ennuyé, se tient debout derrière son clavier, ne cherchant même pas à faire semblant de jouer. Ce dispositif a fait leur succès à la télévision, à une époque où le minimalisme n'était pas encore à la mode. Pourtant, ils sentaient légitimement que, pour un spectacle payant, ce genre de mise en scène pourrait passer pour un léger foutage de gueule. Ne sachant trop comment s'y prendre, ils ont donc très peu fait de scène au début de leur carrière. Ils ont bien effectué une première petite tournée en 1989, dont je ne sais quasiment rien et qui était axée autour des projections vidéo réalisées par Derek Jarman, mais ce n'est que deux ans plus tard; en 1991, qu'ils ont osé se lancer dans une vraie tournée mondiale, Performance. Leur quatrième et meilleur album venait de paraître. Leurs singles passaient en boucle à la radio et tout semblait devoir leur sourire. C'était le bon moment pour s'autoriser un tel caprice. Incidemment, leur première tournée où ils monteront sur scène en tant que musiciens aura lieu en 2002 et contredira en quelque sorte tout ce qui avait présidé à la tournée de 1991.
En effet, la réflexion sous-jacente derrière le projet Performance était la suivante. Puisqu'ils ne peuvent pas se présenter en tant que musiciens et qu'ils ne se sentent pas non plus suffisamment charismatiques pour organiser le spectacle entièrement autour de leurs deux personnes, ils ont décidé que le concert serait un mélange haut-de-gamme entre la danse contemporaine, le théâtre et l'opéra, avec une grosse dizaine de danseurs, quatre chanteurs, des décors soignés et des éclairages aux petits oignons. Chaque chanson aurait sa mise en scène propre mais s'inscrirait dans un cadre narratif global, mais à vrai dire assez lâche. Tout devrait être fait pour que le public ne se sente pas en concert et il serait d'ailleurs superbement ignoré jusqu'à la dernière chanson. Les instruments seraient invisibles (même ceux joués live). Mieux, bien que Neil Tennant chanterait la plupart des morceaux, il n'hésiterait pas à laisser le micro à d'autres lorsque la mise en scène l'exigerait. Quant à Chris, disons juste que rien ne donnerait à penser que les touches que ces doigts effleurent distraitement de temps à autre sur sur un clavier portatif ont une quelconque incidence sur les sons qui sortent des enceintes.
Quand on y réfléchit un peu, ce n'est pas une idée si farfelue que de se servir de chansons comme bases de saynètes théâtrales (muettes). Pourtant, à ma connaissance, ça n'a jamais été refait depuis, sans doute parce que le mélange de prétention et d'auto-dérision nécessaire à ce qu'une telle idée germe est une combinaison assez rare.
Voilà pour l'idée de base, mais sur de telles prémisses, le spectacle aurait pu se révéler un désastre. Il n'en est rien, sans doute parce que, comme souvent, ils ont su s'entourer de bons chanteurs, de bons danseurs (en majorité classiques), de bons costumiers, metteurs en scène, éclairagistes,...
Le concert commence par une petite séquence onirique de théâtre contemporain (tendance Robert Wilson), où on pressent une symbolique mûrement réfléchie, juste au-delà de la compréhension, sur une musique de Strauss (Richard évidemment, pas Johann et ses valses à deux balles pour buveurs de café en sachet). Par la suite, en vrac, il y aura des dortoirs de collège anglais avec leur lot de pensées interdites, un gigantesque crâne de Staline en pierre que des Russes épris de liberté feront éclater avec un marteau et une faucille, des séance d'électro-chocs, des anges, des cochons obsédés par l'argent, des frères Dupondt jaune canari et rose fuschia, des demi-marié(e)s, des mises à mort, et bien d'autres choses, le tout dans un joyeux foutoir qui, pourtant, semble le plus souvent tout à fait maîtrisé.
Bien sûr tout ne fonctionne pas toujours complètement et, sur quelques titres, ça tombe tout à fait à plat (So hard ou Where the streets have no name par exemple), mais quand ça fonctionne, et que les éclairages, la musique, les chorégraphies se fondent en un tout, on arrive à des moments d'une beauté assez inouïe (voir My October Symphony, I'm not scared ou les secondes moitiés de We all Feel Better in the dark et How can you expect to be taken seriously? par exemple). Même Rent, dont le dépouillement minimaliste tranche avec le reste du spectacle, réserve son quota de frissons dans le dos.
Performance représente sans doute la quintessence de ce qui rendait, à l'époque, les Pet Shop Boys uniques et qu'ils ont sans doute en partie perdu depuis, soit une volonté de n'en faire qu'à leur tête et de considérer leur "pop art" comme un art majeur, jusque dans ses excès et son artificialité. Pour tous ceux qui, contre vents et marées, maintiennent que les Pet Shop Boys ne sont qu'un groupe de has-beens se prenant pour Village People, la vision de ce DVD devrait être obligatoire. Les autres le chériront d'eux-mêmes.
samedi, octobre 2
Glassismes
Ce message vient sans doute un peu tard pour permettre à qui que ce soit de changer son plan de soirée, mais je viens de m'apercevoir que ce soir à 22h30, ARTE diffuse un documentaire consacré à Philip Glass. Je ne pense pas l'avoir jamais vu ou entendu parler de son oeuvre. Je suis assez curieux d'entendre ça. Je me demande si quand on lui pose une question, il répond :
Yes Yes Yes
Yes Yes Yes
Yes Yes Yes
Indeed Indeed Indeed Indeed
Indeed Indeed Indeed Indeed
Indeed Indeed Indeed Indeed
Yes Indeed Yes Indeed
Yes Indeed Yes Indeed
Yes Indeed Yes Indeed
If you say so Is you say so If you say so
If you say so Is you say so If you say so
If you say so Is you say so If you say so
... et ainsi de suite pendant 5 minutes, tandis qu'en fond sonore, les cordes et les vents jouent des arpèges en sens opposé sur un rythme binaire tandis que les cuivres scandent des notes répétées sur un rythme ternaire.
Sans doute pas, mais il devrait.
PS : Pour un centième billet, on aurait difficilement pu faire plus consternant. On dira que le 101ème sera meilleur.
Yes Yes Yes
Yes Yes Yes
Yes Yes Yes
Indeed Indeed Indeed Indeed
Indeed Indeed Indeed Indeed
Indeed Indeed Indeed Indeed
Yes Indeed Yes Indeed
Yes Indeed Yes Indeed
Yes Indeed Yes Indeed
If you say so Is you say so If you say so
If you say so Is you say so If you say so
If you say so Is you say so If you say so
... et ainsi de suite pendant 5 minutes, tandis qu'en fond sonore, les cordes et les vents jouent des arpèges en sens opposé sur un rythme binaire tandis que les cuivres scandent des notes répétées sur un rythme ternaire.
Sans doute pas, mais il devrait.
PS : Pour un centième billet, on aurait difficilement pu faire plus consternant. On dira que le 101ème sera meilleur.
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