dimanche, novembre 27

Martha et Rufus Wainwright, Ancienne Belgique, 24 novembre 2005

Ca faisait plusieurs semaines que je me demandais pour quelle obscure raison j'avais acheté une place pour le concert de Rufus Wainwright à l'Ancienne Belgique. Il me semblait évident que deux arguments auraient dû m'en empêcher. Primo, c'était un concert ClearChannel, et le le prix de mon ticket allait donc (peut-être) en partie servir à financer la campagne de Jeb Bush en 2008. Deuxio, et c'est sans aucun doute la cause principale de mon étonnement, je supporte mal d'être exposé pendant plus de vingt minutes à sa voix et la surproduction de ces disques a également une fâcheuse tendance à m'écoeurer après quelques titres. Au moment de sa sortie, j'avais été absolument terrifié par Want One et son pompiérisme triomphant, où les mélodies étaient noyées sous un déluge de kitsch éhonté comme un pâtissier dissimulerait sa mince couche de ganache au chocolat sous une épaisse couche de crème fraîche de supermarché. Want Two était certes venu me réconcilier avec l'ami Rufus grâce à des chansons comme The One You Love ou The Art Teacher mais je restais néanmoins assez circonspect quant à l'intérêt de le voir sur scène. Peut-être avais-je lu une chronique dithyrambique d'un de ses concerts quelques minutes avant d'aller réserver mes places pour Elbow et les Nits et la coïncidence de voir son nom dans la liste des concerts disponibles m'a-t-elle un instant embrumé le jugement ? Qui sait ? Toujours est-il que, la date se rapprochant, j'avais de moins en moins envie d'assister au concert. Mais bon, comme vous le confirmerait le Guy Roux des Guignols, c'eût été gâââcher que de laisser une place dûment payée prendre la poussière sur un coin de table. En conséquence, jeudi à 19h00, trempé jusqu'aux os, je suis bien rentré dans la salle pour cinquante petites minutes d'attente et de séchage.

19h45 (soit 15 minutes avant l'heure annoncée), Martha Wainwright monte sur scène. Elle semble assez grande (1m75 au moins), le menton volontaire, des longs cheveux blonds et porte un tee-shirt blanc et une jupe noire. Elle est accompagnée par un batteur, un contrebassiste et un pianiste. Je n'avais jamais entendu une note de ses disques, connaissais juste le titre d'une de ses chansons (Bloody Motherfucking Asshole...inévitablement) et ne savais donc pas trop à quoi m'attendre. Je m'étais imaginé, par je ne sais trop quel étange processus mental, une musique assez barrée, chantée par une sorte de Brigitte Fontaine canadienne. J'avais tout faux. Son set fut en fait très sage, très professionnel et sa musique n'est pas si éloignée de celles de Sheryl Crow ou d'une Heather Nova unplugged (ce qui n'est sans doute pas la pire insulte qui soit mais n'est certainement pas non plus un compliment). En bonne commerçante, elle nous incite trois fois à aller acheter son album au stand merchandising en nous vantant les quatre bonus tracks. Elle fait malheureusement l'erreur d'en interpréter une à la guitare acoustique (Baby), qui dégénère rapidement en un festival de miaulements en tous genres. C'est le seul moment où j'ai vaguement compris pourquoi certains m'avaient prédit une première partie pénible. Pour le reste, ca se laisse écouter sans déplaisir et Martha a une personnalité franchement difficile à détester. Elle sourit, semble contente d'ête là, parle entre les morceaux, mélangeant allégrement anglais et (très bon) français. Elle conclut son set en chantant Dis-moi quand reviendras-tu de Barbara, ce qui lui permet de quitter la scène après 45 minutes sous des applaudissements nourris et sincères et me rappelle qu'il serait grand temps que je m'intéresse de plus près à la discographie de Barbara.

A 21 heures, Rufus monte à son tour sur scène, tout de noir vêtu, accompagné de six musiciens, tous multi-instrumentistes à des degrés divers (batteur, choristes, violoniste, claviériste, guitaristes, bassiste, j'en passe et des meilleurs) pour plus de 2h10 de concert. La première moitié du concert est assez conventionnelle et commence plutôt mal avec ce qui est sans doute le nadir de sa discographie, Oh What A World et son utilisation dégoulinante du Boléro de Ravel. Il enchaîne heureusement avec sa meilleure chanson pop, The One You Love. Toute la première heure oscillera ainsi entre sublime et ridicule, éclats de beauté et boursouflures interminables . Contrairement à l'écoute à domicile des albums, où on peut décider unilatéralement de sauter les morceaux les plus pénibles, la vision sur scène impose de tout voir et tout entendre. Je crois que cela m'a permis de mieux comprendre la manière dont Rufus Wainwright envisage sa musique. Une chanson comme Go or Go Ahead par exemple m'apparaît toujours aussi insupportable (quelque part entre November Rain de Guns'n'Roses et Meat Loaf) mais il a l'air tellement heureux de chanter au milieu de ces cascades orchestrales que j'ai des scrupules à lui en tenir rigueur. Après tout, ce n'est qu'un mauvais moment à passer et une fois ces morceaux finis, d'autres, moins hypertrophiés, finissent toujours par arriver et relancer l'intérêt. Finalement, je crois que j'aime surtout Rufus Wainwright quand il n'a pas peur de faire simple et chante des mélodies rapides. La manière qu'il a de forcer l'émotion dans certaines chansons lentes grâce à des notes tenues me rebute. Sa voix prend alors un timbre à la fois nasal et guttural qui me lasse très vite.

Au cours de la deuxième heure, le rassurant ronronnement dû à l'enchaînement des morceaux tirés de ses albums (surtout des deux derniers) s'interrompt. On le voit ainsi chanter une chanson de son père Loudon Wainwright III avec ses soeurs Martha et Lucy (One Man Guy, qu'il avait déjà reprise sur Poses) et une chanson de Noël extraite du nouvel album de sa mère. Martha vient faire les choeurs sur In My Arms. Les changements de costumes se multiplient (quatre en tout si j'ai bien compté) et la mise en scène se fait de plus en plus extravagante. D'abord, Rufus et ses musiciens, en toges blanches, nous gratifient d'une petite chorégraphie synchronisée. Un peu plus tard, deux roadies déguisés en centurions romains montent sur scène et crucifient (symboliquement je vous rassure) Rufus après l'avoir affublé d'une couronne d'épines, d'un masque de carnaval et lui avoir passé du rouge sur les lèvres. Le tout sert évidemment à introduire Gay Messiah.

Le meilleur passage du concert fut sans doute Old Whore's Diet, la longue chanson qui clôt Want Two. Son ambiance chaloupée apportant au concert un côté latino inattendu. Le bassiste y reproduit parfaitement la partie vocale d'Antony, ce qui lui vaudra les bravos du public. Le concert recèle quelques autres instants de grâce : un contrepoint de guitare fantomatique, des vocalises acrobatiques des deux choristes ou encore quelques solos de violon. En effet, bien que son instrument soit peint en doré et donc d'un parfait mauvais goût, la violoniste est au-dessus de tous reproches. De plus, Rufus Wainwright semble de bonne humeur, il discute pas mal entre les morceaux (son français est, à l'en croire, moins bon que celui de sa soeur pour cause de scolarité aux Etats-Unis).

A ma grande surprise, je dois donc reconnaître m'être beaucoup amusé. Je connaissais pourtant assez mal son répertoire (ce n'est qu'après coup que j'ai pu reconnaître Vibrate, Want, The Art Teacher, la reprise de Hallelujah, Natasha, Beautiful Child, Little Sister et quelques autres). Le concert se terminera sur un ultime rappel, seul au piano, avec la Complainte de la Butte et Cigarettes and Chocolate Milk, conclusion parfaite pour un concert qui m'a assez largement réconcilié avec le personnage. De plus, à cette époque où les tops de fin d'année commencent à se dessiner, Want Two vient de recevoir un fameux coup de pouce, ne serait-ce que parce que je l'ai écouté deux fois en écrivant ce billet.

Setlist (tirée du forum officiel)
Oh, what a world
The one you love
Natasha
14th street
Little Sister
In my arms (with Martha)
Go or go ahead
Peach trees
Between my legs
Poses
Vibrate
Spotlight on Christmas (la chanson tirée du nouvel album de sa mère je suppose)
Want
Chelsea Hotel (reprise de Leonard Cohen)
Art Teacher
Memphis Skyline
Waiting for a dream
(band introductions)
I don't know what it is
Old Whore's diet (danse en toge)
Gay Messiah (crucifié)
Hallelujah
--
One man guy (avec Martha et Lucy Wainwright)
Beautiful child
--
La Complainte de la Butte
Cigarettes and Chocolate Milk

samedi, novembre 26

Abba jour

Pour faire honneur à ma nouvelle réputation d'amateur de "pop vulgaire", je vous conseille d'aller faire un tour sur cette page remplie de reprises d'Abba par des gens très divers (dont, entre autres, Arno).

vendredi, novembre 25

Le conte de fées du jour

Qui aurait cru qu'un jour les membres de Looper deviendraient riches grâce à leur musique ? Sûrement pas eux.

jeudi, novembre 24

Jeu du jour

Pour tester à la fois votre anglais et votre culture musicale, il y a apparemment 76 noms de groupe (ou d'artistes ?) à trouver à l'intérieur de ce poster. (via le site de Virgindigital).

mercredi, novembre 23

La flemme...

Ce soir, je vais aller voir Rufus Wainwright à l'Ancienne Belgique bien que je ne sois pas en très grande forme et serais sans doute mieux dans mon lit qu'à regarder l'ami Rufus roucouler sur scène ou, d'ailleurs, qu'à écrire ce billet.

En attendant que je retrouve l'énergie de vous parler du nouvel album de Lisa Gerrard ou du coffret des Cocteau Twins, voici un peu de musique à se mettre entre les oreilles : de la "bonne pop, simplissime et efficace", de la pop française années 80 tendance ringarde attachante, de l'indé robotique comme je l'aime (Kelley Stolz ici) et de l'indé lyrique comme tout le monde l'aime. De quoi contenter à peu près tout le monde.

EDIT : Ca tombe plutôt bien que je ne sois pas en très grande forme aujourd'hui. Le concert de Rufus est demain en fait... et j'ai bien failli aller prendre le train pour rien.
EDIT 2 : En attendant de partir pour de bon voir Rufus Wainwright, voici une bonne tranche d'électro-pop ici, une reprise lounge de Go West et deux belles découvertes inclassables sur la Blogothèque (Magyar Posse ici et White Noise ).

vendredi, novembre 18

Paula Frazer à l'Escalier, 16 novembre 2005

La soirée de mercredi à l'Escalier de Liège était placée sous le signe de la guitare acoustique et des voix délicates, ce qui fait un contraste bienvenu avec l'album de Venetian Snares que je suis en train de subir en écrivant ceci.

La soirée commence avec Belle Close, une liégeoise à lunettes et gilet de laine blanc qui chante en s'accompagnant à la guitare. Son principal atout est une belle voix d'alto profonde qui permet de mettre un peu d'émotion dans des morceaux qui restent souvent assez sages et dont les textes (en anglais) semblent essentiellement axés sur les problèmes de couple ("si tu mets ta fierté de côté et si l'on se fait mutuellement confiance, je ne serai pas contrainte de rester en bordure de ta vie",... ce genre de choses). Musicalement, ça ne casse pas trois pattes à un canard mais le caractère bon enfant de son set est difficilement résistible, par exemple lorsqu'elle fait des commentaires en temps réel ("...et on termine ce morceau en improvisant quelques mesures...ploum ploum ploum... bon, voilà, ça devrait faire l'affaire", "vous êtes vraiment trop indulgents de m'applaudir", etc..). Après environ une demi-heure, elle termine par une reprise lascive (et très réussie) de Like A Virgin. Une très bonne première première partie.

Il est déjà presque dix heures quand les deux Moore Brothers (Oakland, Californie) montent sur scène. Greg Moore a une tête de Sergi Lopez barbu et Thom Moore un physique de joueur de football américain. A les voir, on a peine à croire qu'ils soient frères. Il suffit pourtant qu'ils ouvrent la bouche pour que cette parenté devienne parfaitement plausible. Tous les deux chantent avec une belle voix de ténor folk, celle de Thom évoque lointainement Ben Gibbard de Death Cab For Cutie tandis que celle de Greg est légèrement plus voilée. Le principe du concert est assez simple. Un frère joue de la guitare acoustique et chante la voix principale tandis que l'autre se contente de le doubler ou d'ajouter quelques choeurs. Dans un souci d'égalité, ils échangent systématiquement les rôles après chaque morceau. Musicalement, on pense à des Kings of Convenience plus minimalistes et moins frimeurs (je vais tenter de ne pas mentionner ici Simon & Garfunkel). Bien que l'on ait déjà entendu ce genre de choses cent fois, l'oreille est régulièrement accrochée par quelque trouvaille étonnante ou dérapage contrôlé (les hurlements de Greg pendant Tiger par exemple). Pourtant, de nouveau, plus encore que la musique, c'est le côté convivial du set qui conquiert sur le moment même l'auditoire. Ils font l'effort de parler en français quand ils le peuvent et disent beaucoup aimer Liège (c'est payant, le liégeois est en général chauvin). Ils vont même jusqu'à se présenter comme les "Oufti Brothers" et conclure leur première chanson par un "Oufti!" retentissant et rigoureusement irrésistible (même s'il faut sans doute être liégeois pour en saisir tout le sel).

Ils ont déjà sorti trois albums (le prochain, Murdered by the Moore Brothers, "our 'goth' album", sort en mars). J'ai acheté Now is the time for love (2004), leur dernier album, qui confirme a posteriori tout le bien que je pensais du set d'hier. Isolées sur disque, les chansons prouvent amplement qu'elles se suffisent à elles-mêmes. Le disque fonctionne sur le même principe de stricte égalité que le concert (14 plages, les paires sont de Greg, les impaires de Thom). A en croire ce dernier, cet album a été enregistré avec un seul microphone mais, heureusement, pour un disque entièrement acoustique, cette forme extrême de lo-fi n'est heureusement pas antinomique avec un bon confort d'écoute. Vous pouvez aller en écouter deux extraits dans mon billet de la semaine sur la Blogothèque. LIEN : le site des Moore Brothers.

Les Moore Brothers ont enregistré certains choeurs sur le nouvel album de Paula Frazer, Leave the sad things behind, ce qui explique sans doute qu'ils assurent la première partie de cette dernière pour toute cette tournée (qui ne passera pas par la France). En effet, la principale raison de ma présence à l'Escalier ce mercredi était évidemment Paula Frazer, que j'avais découverte avec Gentle Creatures, le premier album de Tarnation qui ait été distribué en Europe. J'espère ne pas faire injure à son talent en disant que, plus que dans ses chansons, le plaisir que je prends à écouter Paula Frazer réside dans sa voix, constamment sur le fil du rasoir et qui peut passer en une demi-seconde d'un grave guttural à un aigu cristallin. Lorsque l'envie me prend de faire des classements crétins, je la considère souvent comme la deuxième plus belle voix de l'histoire de la musique enregistrée (même si certains, j'ai les noms, y entendent un instrument de torture proche du crissement d'ongles sur tableau noir). Seule sur scène avec sa guitare acoustique, Paula Frazer ne peut évidemment pas rendre toutes les subtilités des arrangements de ses deux albums solo (voir par exemple Long Ago sur Leave the sad things behind) ou le caractère hanté de la country élctrique des deux albums de Tarnation (dont elle joua une poignée de chansons : Game of Broken Hearts, A place where I know, Idly,...). Pourtant, l'essence de ses chansons, encapsulée dans le timbre de sa voix et ses vocalises rêveuses, subsiste. Mon principal plaisir durant le concert fut d'ailleurs simplement de la regarder chanter, de voir sa voix naître et se déployer, plus puissante qu'on pourrait le croire mais toujours aussi prenante. Un moment de pur bonheur que j'attendaid depuis longtemps (la première partie des Tindersticks au Botanique avait été vraiment trop courte)

Bizarrement, je ne vais pour ainsi dire jamais voir de concerts à Liège. C'est idiot car ça présente plein d'avantages dont, par exemple, le fait de ne pas devoir partir avant le rappel pour attraper le dernier train (ce qui m'aurait privé d'A Place Where I Know). De plus, la célèbre convivialité liégeoise et le caractère très intime des salles de concert (et particulièrement de l'Escalier) donnent à ses derniers une dimension quasi-familiale franchement sympathique. Ce n'est pas si souvent qu'un artiste vu en concert vous serre spontanément la main en disant "See you next year" lorsque vous quittez la salle. Bon, d'un autre côté, il faut bien reconnaître que j'ai rarement l'occasion d'en profiter puisque les artistes qui m'intéressent le plus passent rarement à Liège, préférant souvent faire leur unique concert belge à Bruxelles. Pour conclure, il y a aussi, malheureusement, un gros désavantage dans le fait d'assister à des concerts à 500m de chez moi. Quand le public est scandaleusement clairsemé, comme ce fut le cas ce mercredi (une cinquantaine de personnes à tout casser) ou particulièrement dissipé (comme à la fin du concert de Paula Frazer, couvert d'un brouhaha incessant), je me sens vaguement honteux.

L'Amérique... l'Amérique...

Je vous conseille vivement d'aller écouter Bush was right par les Right Brothers. Apparemment, ce n'est pas une parodie. D'ailleurs, le groupe a également commis une chanson contre l'avortement. Elle s'appelle I want to live et est accompagnér d'une vidéo au goût très sûr contenant essentiellement des images d'échographies....Dennis Madalone n'a qu'à bien se tenir (rappelez-vous). Il a de la concurrence.

Alan Sparhawk

Alan Sparhawk de Low semble se remettre doucement de sa dépression. La preuve, il vient de mettre en ligne un album réalisé en collaboration avec Marc Gartman sous le nom de No Wait Wait. Plus d'informations et deux extraits ici.

jeudi, novembre 17

2006, nous voici !

Pet Shop Boys have just completed their new album in a West London studio.

The album has been produced by Trevor Horn and features 10 new Tennant/Lowe songs, a short introduction (also written by Tennant/Lowe) and Numb, a song by Diane Warren, originally recorded for the PopArt compilation in 2003.

Neil and Chris started writing songs for the album in January and commenced recording with Trevor Horn in May. Chris Lowe commented: "We've really enjoyed making this album with Trevor and his team and are very happy indeed with the finished result." Neil Tennant added: "We think it's a great Pet Shop Boys album and also a great Trevor Horn record."

The album is expected to be released worldwide in April 2006.


(tiré du site officiel)

PS : Ne vous inquiétez pas du fait que Diane Warren (Céline Dion, Aerosmith,...) est créditée pour un titre. La chanson est plutôt très bonne.

mercredi, novembre 16

Les nuits

Ayant découvert les Nits en plein âge d'or à la sortie de Giant Normal Dwarf, j'avais de leur carrière une vision assez simple. Après deux-trois albums d'échauffement, le groupe entame une décennie glorieuse en alignant les albums quasi-parfaits (de Omsk à Ting compris) sans effort apparent. La machine semble ensuite se gripper avec dA dA dA en 1994. Pour succéder au dépouillement de Ting, le groupe a changé totalement de style et enregistré un album très enjoué, très (trop ?) produit, avec des percussions presque sud-américaines par moments. Malheureusement, certaines compositions sont un peu faiblardes (ce qui ne leur était plus arrivé depuis le début des années 80) et j'ai encore aujourd'hui beaucoup de mal à l'écouter en entier. Suite à ce semi-échec (difficile d'appeler ratage complet un album qui contient Mourir avant quinze ans et Day and the Night), le trio central du groupe implose. Robert Jan Stips (membre à part entière depuis Omsk) part vers d'autres pâturages tandis que Rob Kloet et Henk Hofstede poursuivent leur route avec l'aide de deux nouvelles musiciennes, sortant dans cette configuration deux albums très inégaux. Le tempo ralentit, les ambiances se figent, les atmosphères se distendent jusqu'à obtenir la jazz-pop lymphatique de Wool. Comme les Nits sont incapables de sortir un disque qui soit réellement mauvais, ça reste toujours au moins "intéressant" mais je dois bien avouer que, sur la longueur, ces albums m'ennuient poliment, sans que cet ennui ne soit pimenté par un soupçon de mystère (bien que Wool s'en approche dans sa première moitié, quand il évoque le souvenir des deux-trois derniers albums de Leonard Cohen). Pourtant, si on va un peu fureter sur les mailing-lists consacrées au groupe, on tombe sur une minorité agissante pour laquelle Alankomaat et Wool sont les sommets inégalables de l'oeuvre des Nits. Cela ne veut néanmoins pas dire grand-chose puisqu'on y trouve aussi des hurluberlus pour lesquels Ting est de très loin leur album le plus faible. Tout cela reste donc très subjectif (et c'est tant mieux).

La production de l'album suivant (1974, sorti en 2003) laissait parfois un peu à désirer mais, dès les premières secondes de With Used Furniture, les intentions sont claires : marche arrière et net retour vers les rythmes endiablés et la joie ludique qui sous-tend la plupart de leurs meilleurs albums. Incidemment, Robert Jan Stips était pour cet album de retour au sein du groupe. Difficile donc de ne pas en inférer les relations empiriques suivantes :

(Nits avec Stips --> rythmé --> formidable)

(Nits sans Stips --> rêveur --> juste pas mal)

C'est certes une vision simpliste des choses. Les crédits d'écriture des premiers albums des Nits ou les albums solo de Henk Hofstede prouvent amplement que Stips est loin d'être le seul talent du groupe, d'autant que Supersister (le premier groupe de Stips) n'est pas loin d'être inécoutable. Pourtant, comme ces relations simples collent étonnamment bien aux impressions que me laissent les albums, je ne les avais jamais vraiment remises en cause. C'est donc avec une stupéfaction teintée d'un curieux sentiment de trahison que j'ai lu il y a quelques semaines les premières chroniques du nouvel album du groupe, Les Nuits. En effet, bien que Robert-Jan Stips ait participé activement à son écriture et à son enregistrement, on le comparait souvent à Alankomaat et Wool. Tout mon cadre de référence s'effondrait dans un grand fracas d'illusions perdues.

Heureusement, deux écoutes seulement allaient suffire pour me rassurer. Certes, Les Nuits est un album beaucoup plus calme et contemplatif que 1974 et rappelle beaucoup Wool par son atmosphère mais, cette nuance est d'importance, les chansons y sont dans l'ensemble bien plus intéressantes. Là où la plupart des chansons de Wool me semblaient curieusement unidimensionnelles, les chansons de Les Nuits semblent baigner dans un halo de mystère et révéler des faces cachées à chaque nouvelle écoute... comme The Eiffel Tower par exemple, un morceau à la fois si beau et si biscornu qu'il serait parfaitement à sa place sur l'album Tilt de Scott Walker. Henk y chante d'une voix plaintive sur un tapis de cordes dissonantes et quelques notes de guitare acoustique et de piano. Toute la chanson semble errer à la recherche de quelque chose (sans que l'on sache très bien quoi), comme en suspension. Les Nits ne faisant rien comme tout le monde, ils enchaînent directement avec Red Dog, une chanson aux antipodes de la précédente, basée sur ce que l'on pourrait définir comme un riff de fanfare Kusturicien. The Long Song suit et est la plus belle des chansons que les Tindersticks ne pourront plus jamais écrire sans être accusés de plagiat. Les trois morceaux suivants forment apparemment une trilogie consacrée à l'assassinat de Theo Van Gogh (quoique, si on ne le sait pas, ça ne saute pas franchement aux yeux).

Voici déjà la plage 9 et j'attends toujours l'habituelle baisse de qualité de milieu d'album. Ca tombe bien que j'en parle maintenant car c'est justement ici qu'elle arrive, avec The Wind-Up Bird, première chanson à ne pas tout à fait mériter le qualificatif de "splendide". Cela dit, relativisons la déception puisqu'elle rappelle beaucoup l'atmosphère de l'album le plus féérique des Nits (Giant, Normal, Dwarf), ce qui a comme conséquence directe que 90% des albums que j'ai aimés cette année se mutileraient volontiers le copy-control pour l'accueillir en leur sein.

En conclusion, il est étrange d'en venir à souhaiter qu'un disque soit plus court mais Les Nuits passe tellement près de la perfection que j'en viens presque à regretter la présence des deux chansons un peu moins bonnes (The Wind-Up Bird et The Milkman). Cela dit, à l'ère du compact, rien ne m'empêche de programmer les plages 1,2,3,4,5,6,7,8,10 avant lecture et de faire de cette version personnelle mon album de l'année. Je suis tenté.

Au final, il me reste juste à modifier légèrement mes relations causales empiriques :

(Nits avec Stips --> formidable)

(Nits sans Stips --> rêveur --> juste sympa)

Le fracas des illusions perdues n'est finalement pas aussi assourdissant que je l'avais craint.

mardi, novembre 15

Mini-Pops

Dans un monde où (à en croire les journaux) seuls les moins de douze ans sont encore susceptibles d'acheter des singles, le rajeunissement des artistes peut sembler aux maisons de disques comme une solution possible pour enrayer la baisse des ventes. Je vous ai notamment déjà parlé des mini-Busted, des mini-S Club et de la mini-Britney qui furent mises sur le marché durant ces dernières années.

Pourtant, et quoi qu'en disent les fâcheux, il n'y a pas aucune raison que seule la pop commerciale soit touchée par ce jeunisme galopant. La galaxie indé aussi y a succombé. Les dernières années n'ont d'ailleurs pas été avares en précocité plus ou moins talentueuse avec, par exemple, Patrick Wolf, Sondre Lerche, Smoosh, The Electric Soft Parade ou les Arctic Monkeys. En général, ces groupes et artistes parviennent à trouver assez vite un univers qui leur est propre et à s'affranchir (au moins partiellement) de l'influence de leurs aînés. En revanche, on peut difficilement décrire Fear of Music (15 à 17 ans) autrement que comme des Mini-Muse appliqués (le mimétisme vocal, notamment, est troublant). Jugez-en plutôt.

Dans un genre moins pro, la radio londonienne XFM organise Rock School 2. Vous pouvez écouter sur cette page les reprises proposées par les différents candidats. The Flaming Monkeys (12 à 14 ans) par exemple ont déjà généré un beau bouche-à-oreille.

samedi, novembre 12

Liens du week-end

- La chanson qui passe en fond sonore sur cette page m'amuse beaucoup, sans que je sache exactement pourquoi, sans doute l'accent délicieusement britannique.
- J'ai tenté cette semaine sur la Blogothèque d'écrire un billet autobiographique.... Je ne suis pas sûr que ce soit une grande réussite. Heureusement que les deux morceaux proposés sont intéressants, ça rattrape un peu.

mercredi, novembre 9

Festival Panoptica 2005

J'ai longtemps hésité avant de me rendre à la "Salle des Fêtes de Droixhe" pour assister à l'édition 2005 du festival Panoptica. Bien que l'affiche soit, de l'avis des spécialistes, de très bonne tenue, elle contenait peu de noms m'évoquant quoi que ce soit et aucun ayant a priori des raisons particulières de m'intéresser. Pourtant, je me suis retrouvé samedi soir à 21h, dans une salle quasiment vide (il était encore très tôt), bien décidé à me confronter aux dernières modes en matière de bidouilleries numériques.

Du moins, c'est ce que je pensais car le set d'aMute, qui ouvrait le festival, fut à tout prendre plus proche de Labradford que d'Autechre. Pour tout dire, il y avait même une guitare électrique sur scène. Nous n'avons pas été pris en traître, cela dit. Jérôme Deuson a pris le temps avant de commencer son set de nous expliquer que tous les sons seraient joués en direct avant d'être incorporés dans les boucles et que donc l'évolution de la matière sonore serait assez lente. L'ajout de trois notes de guitare pouvait ainsi prendre une ou deux minutes (je prends ma guitare, je la suspends à mon épaule, je chipote à mes pédales, je joue trois-quatre notes d'un air dubitatif, je chipote à mes boîtiers, j'en rejoue cinq d'un air inspiré, je chipote à mes boutons, je retire la lanière de ma guitare, je repose ma guitare, j'envoie la sauce vers les hauts-parleurs, je me demande ce que je vais faire après) et ainsi de suite.

C'est par moments assez pénible, notamment lors d'une séquence de deux ou trois minutes basées sur des bruits de CD qui bloquent (le toum-toum-toum continu qu'on entend parfois à la radio quand la technique fait des siennes). Pourtant, et je ne me lasserai jamais des surprises que recèlent souvent les discussions d'après-concert, des gens plus informés que moi ont décrété à la fin du concert que cela avait été "formidable" (j'ai été un instant tenté de rentrer illico à la maison pour vérifier dans mon dictionnaire si "formidable" avait un second sens). Cela dit, une étude très sérieuse réalisée au Eno Institute a montré que, si on boucle des séquences utilisant des notes aléatoires sur un tempo lent et contemplatif pendant une heure, on obtient en moyenne 8m34s de musique intéressante. aMute en a obtenu 14m57s et est donc théoriquement meilleur musicien qu'un générateur aléatoire, ce qui, en ces temps d'automatisation galopante, est plutôt rassurant pour son avenir.

Les concerts s'enchaînent presque sans temps mort et Arovane vient rapidement rappeler au public distrait qu'il s'agit bien d'un festival de musiques "électroniques". Arovane était de loin pour moi le projet le plus connu à l'affiche (pour tout dire, je crois bien avoir écouté un album un jour) et on se retrouve rapidement dans des sphères beacoup plus Autechrement correctes (on m'a dit qu'il fallait toujours tout comparer à Autechre, ça "fait bien"). J'associe en général Autechre à une forme de "déconstruction rythmique" (qui dans mon esprit signifie un truc du genre "dissimulation des beats derrière un déluge de couches et de textures arythmiques" et décrit parfaitement l'impression que me laissent les albums les plus récents du duo anglais). Autrement dit, bien que le tempo général soit très constant, on ne discerne pas de beats réguliers. Ce n'est pas forcément une mauvaise chose. Le spectateur baigne dans un océan de sons tellement complexe qu'il n'a pas vraiment le temps de s'ennuyer. Comme un regard se promenant sur une toile de maître, l'oreille du spectateur cérébral papillonne d'une couche à l'autre, jaugeant tour à tour les "crouik", les "blip" dissonants et les "tutututung" syncopés. Les clubbers les plus aguerris quant à eux parviennent à se mouvoir en rythme comme s'il s'agissait d'un remix de Poing! par David Guetta. Cela dit, comme souvent, je préfère, les passages plus atmosphériques où l'abstraction laisse momentanément la place à des émotions plus basiques.

La soirée se poursuit (avec une ponctualité toute germanique) avec les deux Suisses d'Intricate qui, après une heure au cours de laquelle les beats semblaient être un concept vaguement honteux, nous réveillent à grands coups de beats au Viagra (désolé) et de "nappes enveloppantes" (l'expression provient du texte de présentation qui défilait sur les écrans au début du set et qui, suivant le précepte énoncé plus haut, mentionnait également des similitudes évidentes entre les musiques d'Intricate et d'Autechre, similitudes que je cherche toujours). Sans doute parce que je suis très peu coordonné, bouger en rythme nécessite une grande partie de mes facultés mentales. Du coup, la musique sur laquelle je peux me trémousser est en général jugée moins sévèrement. Tout ce que je peux dire de ce set est qu'il m'a fait penser à celui de Modeselektor l'année dernière et que, en conséquence, j'ai passé un bon moment. Il m'en faut peu, au fond.

Le set suivant est assuré par Solvent, un Canadien assez proche de Lowfish. Entendez par là que certains des sons qu'il utilise m'évoquent irrésistiblement Jean-Michel Jarre (je vous laisse juger s'il s'agit d'un compliment ou non), que le set est décomposé en morceaux (séparés par du vrai silence et des vrais applaudissements de vrais gens), que le tout sonne franchement 80s. Il pousse même le vice jusqu'à utiliser un vocoder, ce qui lui vaut les quolibets rentrés des intégristes electros (j'ai cru entendre les mots "Danse des Canards" au détour d'une conversation) sans que les poppeux ne s'enthousiasment pour la cause. Si j'osais, j'ajouterais "N'est pas Cher qui veut". Dans l'ensemble cependant, ce n'est pas désagréable en fond sonore (et une frange du public avait l'air franchement enthousiaste) mais n'a non plus à mon avis un intérêt transcendant.

Boy Robot est un duo germano-suédois (honte à celui qui m'avait dit qu'ils étaient américains) dont seul John Zorn est présent ici. Sa musique est une sorte de digest prêt à écouter de tout ce que j'aime en électronica : une pulsation reconnaissable, des plages atmosphériques, des évolutions lentes dans la durée, des variations brusques de rythmes, des surprises, des moments de suspension, etc.. J'ai un peu de mal à en dire beaucoup plus. Aucun point de comparaison ne m'est venu à l'esprit sur le moment même et je n'ai à dire vrai plus qu'un souvenir assez vague d'à quoi ça ressemblait. Je vais tenter de trouver quelques morceaux à écouter en tout cas pour voir si ma bonne impression live se confirme sur disque.

La soirée se termine avec le set d'Apparat, le projet le plus surhypé de la soirée, si j'en crois mon échantillon représentatif de 1 spécialiste. Si j'ai bien retenu ce qu'on m'a expliqué, les disques de Apparat peuvent se classer en deux grandes catégories : les calmes (chez Shitkatapult ou Neo Ouija) et les plus orientés "dance-floor" sortis chez mes amis de BPitch (Paul Kalkbrenner, Ellen Allien, etc...). A en juger les commentaires d'après-concert, ce set contenait surtout ses morceaux les plus "dance-floor" et était à mon avis le plus intéressant de la soirée, touchant à de nombreux genres, de la trance (tendance Paul Van Dyk, voire Ferry Corsten) à la hard-techno à base de sons saturés (j'ai pensé pendant quelques secondes à T.Raumschmiere) en passant par la techno minimale, presque uniquement rythmique. Le public était assez enthousiaste et, pour une fois, j'étais plutôt d'accord. (j'ai désespérement cherché à caser "costume d'apparat" dans ce paragraphe mais n'y suis pas parvenu, à mon grand dam)

Voulant rester sur cette bonne impression, je me suis éclipsé (il était 3h30 quand même) avant le dernier set de Brothomstates vs Blamstrain que l'on m'a d'ailleurs par après décrit comme très décevant. En résumé, une très bonne soirée. La présence de chaises contre les murs m'a permis de surmonter mes accès de lassitude sans totalement décrocher (en regardant les visuels par exemple) et j'ai donc une fois de plus pu me frotter dans d'excellentes conditions à un genre de musique pour lequel j'ai une affinité de faible à moyenne et une connaissance quasi-nulle (d'ailleurs, tous les termes un tant soit peu techniques que j'ai employés l'ont potentiellement été à contre-sens. Vous êtes prévenus).

NB : J'ai passé sous silence les deux-trois plantages de Mac qui ont émaillé la soirée de peur de me faire taxer de suppôt de Bill Gates.

LIENS : La programmation du festival est détaillée et décrite bien mieux que je ne pourrais le faire ici, accompagnée des liens vers les sites des artistes (notamment Apparat) et des labels.

mardi, novembre 8

Qui a dit que la vie était chère ?

Le nouvel album de Bonnie 'prince' Billy en prix vert à la FNAC pour....28€. Heureusement, le nouveau Kate Bush était lui au prix très raisonnable (surtout pour un double CD) de 16€. Après une première écoute, je suis assez enthousiaste (ne serait-ce que pour avoir oser faire une chanson sur le nombre Pi avec les 100 premières décimales)

PS : Three Nits tracks there.

samedi, novembre 5

Deuxième service.

C'est terrible, je ne trouve le temps de rien écrire.

En attendant mon billet sur le nouvel album des Nits, encore une de mes marottes pop : New direction de S Club Juniors ici.

EDIT : Et tant que j'y suis, la seule bonne chanson de Busted est ici. Prochains billets prévus : le festival Panoptica 2005 et l'album des Nits, groupe dont je parle par ailleurs (de manière beaucoup trop rapide) dans mon billet de la semaine sur la Blogothèque.

jeudi, novembre 3

Insomnie, quand tu nous tiens.

Je ne suis pas parvenu à fermer l'oeil de la nuit. En guise de compensation, je m'en vais écouter Les Nuits, le nouvel album des Nits acheté hier (et dont je vous reparle très vite). En ce qui vous concerne, vous avez dormi et devrez donc vous contenter de :
- le premier single de Son of Dork, le nouveau groupe de l'ex-Busted James Bourne (plus tout à fait sûr du nom de famille) ici.
- une chanson pop robotique des années 80 que ce billet a fait émerger des tréfonds de mon inconscient.
- est-il possible de ne pas sourire en écoutant une reprise en japonais d'une chanson des Backstreet Boys ? Pas sûr.

EDIT : Histoire de mettre toutes mes marottes pop dans un même post et de pouvoir ainsi repartir du bon pied demain :
- deux étudiants chinois chantent I want it that way. C'est surtout drôle si vous appréciez la chanson, mais en avez un peu honte. C'est mon cas. (via Said the Gramophone)
- le nouveau single de Will Young.

EDIT 2 : Ce soir sur Arte, un reportage sur Leeds avec des gros morceaux de Black Wire à l'intérieur.

dimanche, octobre 30

Careless Whisper

J'avais déjà parlé de ce morceau ici, mais puisqu'il est à nouveau disponible, j'en reparle.
Ben Folds et Rufus Wainwright reprennent le slow crapuleux de Wham! ici.

jeudi, octobre 27

Aller au concert à pied, c'est possible.

J'avais l'habitude de me plaindre qu'il n'y avait jamais à Liège de concerts qui m'intéressent. Me serais-je trompé ? Il y a quelques semaines, j'avais déjà laissé passer l'occasion de voir Neil's Children sur scène parce que je n'étais tout simplement pas au courant de leur venue. Et là, je viens de voir que Matt Elliott et Paula Frazer venaient tous les deux en novembre. Je suis particulièrement content pour Paula Frazer que je n'avais vue jusqu'ici qu'une fois, en première partie des Tindersticks au Botanique.

Sinon, les premières chroniques de Les Nuits, le nouvel album des Nits (qui sort la semaine prochaine) le rapprochent de la période Alankomaat et Wool... Je suis inquiet.

mercredi, octobre 26

The Chalets et Art Brut, ABClub, 24 octobre 2005

Ce compte-rendu fait terriblement souvenir d'ancien combattant. J'en suis le premier consterné.

Etant entièrement dépendant des horaires de train pour mes concerts bruxellois, je me retrouve souvent à la salle quarante bonnes minutes avant le début supposé du concert (et souvent plus d'une heure avant le début effectif), c'est pourtant la première fois que je suis entré dans une salle complètement vide, embarrassante expérience que je ne suis pas sûr d'avoir envie de renouveler. Heureusement, dix minutes plus tard, quelques jeunes anglais (vivant en Belgique mais bon, ils étaient plus vrais que nature), sapés pour l'occasion en costume-cravate ironique ("It looks like you're going to a cricket match.") est venu mettre un peu d'animation. De toutes façons, l'attente n'est pas très longue puisque le concert commence pile à 20h00 avec l'entrée sur scène des Irlandais de The Chalets : trois types en jeans et tee-shirts rouges (guitare, basse et batterie) et deux chanteuses, en hauts talons, jupes à gros carreaux blancs, rouges et noirs. Le groupe remet au goût du jour la formule éprouvée des deux frontwomen chantant le plus souvent à l'unison, esquissant quelques petites chorégraphies élémentaires (férocement ironiques) et jouant à deux doigts sur des petits synthétiseurs qu'elles avaient dû recevoir pour leur douzième anniversaire. Leur manière d'introduire les morceaux révèle un côté bricolo-second-degré assez savoureux. "This song is called Two Chord Song cause it only has two chords.... We're geniuses." ou "This is the song we usually say was N°1 in Belgium..... You don't know it? Really? Come on ! It was HUGE !!" (je paraphrase). Les morceaux en eux-mêmes sont une sorte de mélange entre les passages les plus pop de Le Tigre... et Stereo Total disons. Une très bonne surprise donc et un groupe idéal de première partie, ne serait-ce que parce qu'on ne les imagine pas être un jour en tête d'affiche. LIENS : un morceau à écouter ici et site officiel .

A 9 heure pile, les musiciens (une bassiste, deux guitaristes et un batteur) montent sur scène et un guitariste arborant une coupe Chris Kavanagh qui semble tout droit issue de Spinal Tap (ou des Towers of London, ce qui revient au même) monte sur scène et joue le riff de Back in Black d'AC/DC. Comme, de plus, je ne reconnais aucun des musiciens que j'avais entr'aperçus au Pukkelpop il y a quelques semaines, je me dis qu'une deuxième première partie a dû être ajoutée au programme. Et bien pas du tout. Eddie Argos entre en scène, enlève ses chaussures, pend son chapeau au pied du micro tandis que la musique se fond dans le riff qui introduit Formed a band. Pas de doute, il s'agit bien d'Art Brut et le guitariste à tête de prof de maths que j'avais vu au Pukkelpop a soit changé de look, soit quitté le groupe pour potasser ses développements de Taylor. (EDIT : La deuxième option serait la bonne.)

Il faut croire que je n'ai pas retenu ma leçon après le concert de Hard-Fi il y a quinze jours parce que, bien que légèrement excentré, je me suis encore retrouvé pile en face de l'endroit où Eddie Argos venait au bord de la scène haranguer la foule de ses adorateurs. Ce ne serait pas si grave (après tout, les nombrils de rock-stars, c'est passionnant) s'il n'avait pas la fâcheuse habitude de ponctuer ses phrases par un grand jeté de jambe en avant qui, configuration de la salle aidant, me faisait toujours craindre pour ma virilité. J'ai d'ailleurs eu droit en cours de concert à une petite tape sur l'épaule et à un "XXXXXX, pal !" du chanteur. Le mot XXXXXX couvert par le bruit ambiant était peut-être "Thanks" mais il est tout aussi probable que c'était le moins sympathique "Move". Je n'en saurai jamais rien. C'est en tout cas la première fois que je me fais directement interpeller depuis la scène et ça m'a mis étrangement mal à l'aise.

Cela dit, je n'allais pas rester très longtemps immobile à cette place. Bien que je n'aurais pas spontanément placé Art Brut dans la catégorie "groupe à pogo", le public s'est rapidement échauffé et dès le deuxième morceau, My little brother, le public s'est déchaîné sur ma gauche et dans mon dos. J'ai cru quelques minutes que je pourrais rester impassible en périphérie de la tourmente mais, la scène m'arrivant aux genoux et les violentes poussées dans le dos se multipliant, je me suis dit qu'il serait finalement moins dangereux et plus amusant de joindre le mouvement (quitte à le faire sans trop y croire ou en se trouvant légèrement hors-sujet). Ca faisait plusieurs années que je ne m'étais plus laissé aller comme ça, depuis le concert de Placebo au Botanique à l'époque du second album en fait (putain, sept ans.... Ca paraît long comme ça mais essayez de pogoter sur Elbow, les Nits ou Patrick Wolf pour voir). Force est de constater que, finalement, le pogo, c'est un peu comme le vélo, ça ne s'oublie pas (et je le dis d'autant plus volontiers que je ne sais plus rouler à vélo). Il faut juste sauter en rythme, alternativement suivre et contrer les mouvements de ceux qui vous entourent et ne pas perdre l'équilibre. Ce n'est franchement pas compliqué. La preuve, les fans de Korn y arrivent très bien. De plus, un pogo "ironique" (le mot de la soirée, indubitablement) convient parfaitement aux textes d'Art Brut, qui se veulent entre autres choses un commentaire cynique sur la rock'n'roll attitude. Particulièrement savoureuse est la présentation des musiciens qui termine le concert. Le chanteur les cite à tour de rôle et chacun se lance à l'énoncé de son nom dans un "solo" tellement court et basique que ça ne peut qu'être voulu, sans doute en guise d'éclatant pied de nez à ceux qui croient toujours que le rock est affaire de technique.

Eddie Argos est indéniablement le centre de toutes les regards. Il a d'ailleurs la curieuse habitude de s'adresser à ses musiciens en les appelant Art Brut, comme si le groupe s'appelait en fait Eddie Argos and the Arts Bruts. "Come On, Art Brut, let's play My Little Brother". Il saute dans tous les sens, descend se mêler à la foule et parle longuement entre les morceaux. Ses commentaires ressemblaient d'ailleurs beaucoup à ceux que j'avais entendus au Pukkelpop (notamment l'injonction que chaque membre du public aille former un groupe en quittant la salle) mais atteignaient indéniablement mieux leur cible ici devant 150 personnes que devant un parterre de fans de Marilyn Manson à moitié endormis.

Il est dommage que sa voix ait été systématiquement sous-mixée (au moins pour les spectateurs proches de la scène) car ce que j'aime le plus dans la musique du groupe est justement le fait que la voix y est prédominante, mais cela n'avait finalement guère d'importance. L'enthousiasme communicatif du chanteur et l'ambiance mise par les spectateurs suffisent largement à faire de ce concert un des plus jouissifs de l'année. D'ailleurs, j'ai acheté un tee-shirt. Si ça, ce n'est pas une preuve.

Sinon, ça n'a rien à voir mais je n'ai su que penser du fait que le concert de Vincent Venet qui avait lieu le même jour dans la grande salle de l'Ancienne Belgique était parrainé par... Bel RTL.

Vous aimez Rachel ? Vous adorerez Girls Aloud.

Puisque tout le monde est à présent convaincu que l'album de Rachel Stevens est un chef-d'oeuvre, je passe à la prochaine étape de mon plan diabolique en vous proposant d'écouter le nouveau single de Girls Aloud, Biology, ici.

La chanson commence comme Waterloo de Abba. Elle bifurque après 30 secondes et va flâner en Kylie-land tandis que la tension monte, monte, monte imperceptiblement jusqu'à la délivrance se produisant lorsque le refrain proprement dit arrive à 1:35, avec une mention spéciale pour les choeurs à 2:00... et puis tout recommence. Certes, ça ne vaut pas Negotiate with love, mais bon. Ce n'est pas Noël tous les jours non plus.

PLUS :
- Un extrait du formidable My life in the Bush of ghosts de David Byrne et Brian Eno ici.
- Le morceau de Micah P. Hinson pour la compilation en hommage aux Buckley dont j'ai déjà parlé.

mardi, octobre 25

Hangedup et The Silver Mt Zion Elegies, Botanique, 20 octobre 2005

La nouvelle incarnation de A Silver Mt Zion a attiré la grande foule ce jeudi au Botanique (on pouvait même voir dans le public le parolier de Coeur de Loup, c'est dire). The Silver Mt Elegies regroupe en fait quatre membres de ASMZ (Efrim, guitare+voix, Ian, basse+voix plus une violoniste et une violoncelliste qu'Efrim n'a pas jugé bon de présenter) et les deux membres de Hanged'Up (Eric, batterie, et Geneviève, violon), qui assuraient d'ailleurs la première partie.

Sur papier, Hanged'up semble être le résultat d'un pari absurde, genre "Et si on écrivait des chansons avec rien qu'un violon et une batterie ?", le genre d'idées qui ne devrait a priori pas mener à grand-chose. Pourtant, je garde de Hanged-Up le souvenir d'un concert éblouissant lors du K-RAA-K festival en 2003. Le batteur était impressionnant de technique (et un brin frimeur) et la violoniste parvenait toujours à faire décoller les morceaux dans un tourbillon de doubles-croches. Je me souviens avoir passé une petite heure dans un état proche de la transe, les yeux fermés, assis au balcon en balançant la tête dans tous les sens. Un moment de pur bonheur qui ne s'est malheureusement pas reproduit lorsque je les ai revus par la suite, sans doute parce qu'ils passaient alors en première partie d'un autre groupe Constellation et qu'il devait faire tenir leur set dans une petite demi-heure. Or, en live, les morceaux de Hanged'Up suivent tous le même canevas. Geneviève enregistre d'abord quelques boucles. On la voit penchée sur ces pédales jouant de temps en temps une note pendant que le batteur nous fait patienter en cultivant sa ressemblance avec François Truffaut et en démontrant l'étendue de sa technique sans quasiment faire de bruit (avec notamment un fabuleux tour de main qui semble lui permettre de frapper tous ses tambours en un seul mouvement circulaire). Chaque morceau commence donc par trois ou quatre minutes d'attente incompressible où pas grand-chose ne se passe. Dès lors, si ils veulent jouer tout ce qui est prévu sur la setlist, ils sont forcés d'écourter les morceaux et donc d'abréger les climax, qui durent finalement presque moins longtemps que la mise en place. C'est très frustrant. Je n'ai jamais l'occasion de m'installer réellement dans le rythme ou de faire la preuve de mon don inné pour le head-banging. Leurs concerts seraient à mon avis beaucoup plus prenants s'ils acceptaient de jouer deux ou trois morceaux en moins mais en prenant plus de temps pour les développer. Leur musique se prête très bien à la répétition (après tout, une bonne part de leur répertoire pourrait être vue comme des variations autour du concert pour violon de Philip Glass). C'est dommage qu'ils semblent avoir peur d'en abuser.

J'étais très curieux de voir comment la musique de ASMZ (l'apport de Hangedup est objectivement assez faible à première écoute) se transposerait sur scène. J'aime beacoup certains de leurs disques (et en premier lieu le EP Pretty Little Ligntning Paw paru l'année dernière) pour leur côté fantômatique et désolé. Les voix y semblaient tordues par la douleur et le chagrin. Du coup, ce concert risque de faire disparaître une part du plaisir que je prenais à écouter leurs disques. Je crois que je préférais les images que provoquaient en moi ces voix à la vue d'Efrim s'époumonnant à chanter dans le tube qu'il forme avec ses deux mains en porte-voix.

La totalité du concert est constitué de morceaux inédits qu'ils ont écrits en quatre semaines de répétitions pour un festival flamand (si j'ai tout bien compris), ce qui explique sans doute les multiples anti-sèches pendant aux pieds de leur micro. Ces nouveaux morceaux ne se différencient à vrai dire guère de ceux que l'on peut entendre sur les deux derniers albums. Les voix y sont exploitées de la même façon et la construction des morceaux est assez similaire. Plus grave, j'ai l'impression que la musique de ASMZ ne gagne rien à être vue sur scène (et perd même un soupçon du mysère qui fait son charme). Du coup, entre deux passages très réussis, je dois avouer avoir parfois trouvé le temps long. Une semi-déception donc.

Do they know it's Halloween?

Le single de charité au casting le plus indiscutable depuis Band Aid 2 (il y a même un des Sparks).

Sinon, mon billet de la semaine sur la Blogothèque est consacré à Rachel Stevens et reprend en gros ce que j'en ai déjà écrit ici. L'entièreté de la bande originale de Harry Potter et la coupe de feu semble par ailleurs être écoutable ici. Les fans de Jarvis Cocker sont aux anges.

samedi, octobre 22

Radio 21... In memoriam

Contrairement à ce que j'avais annoncé il y a quelques jours, je ne suis pas revenu ici sur l'affaire Jérôme Colin, en grande partie parce que je n'en savais pas assez pour en dire quoi que ce soit d'intéressant. Les rares informations qui ont filtré vont dans des sens contradictoires et, bien que j'aie instinctivement plutôt envie de prendre fait et cause pour Jérôme Colin, je me vois mal prendre une position ferme et argumentée sur une question dont, au fond, je ne sais rien. Il semblerait que les affrontements entre l'animateur et sa direction aient atteint des proportions intenables. Je ne vois guère ce que je pourrais faire d'autre qu'en prendre acte avec regret. De plus, il n'y a plus réellement d'enjeux pratiques. Jérôme Colin ne souhaite plus travailler pour Pure FM et une "solution serait en passe d'être trouvée" pour ce qui est de sa participation aux émissions télévisées de la RTBF, ce qui était au fond l'objet unique de cette impressionnante pétition en ligne : plus de 4000 signatures en moins d'une semaine).

Finalement, cette éviction n'est qu'une pièce de plus à verser au dossier qui documente l'Europe-2isation (ou l'NRJisation, c'est en gros pareil, en remplaçant Julien Clerc par K-Maro) de Pure FM. De le radio "de découverte musicale" que ses premiers mois d'existence avaient pu laisser espérer, on est passé progressivement à un rassurant robinet d'eau tiède. Les émissions qui disparaissent sont toujours celles où l'apport de l'animateur dans la programmation est le plus grand. Elles sont remplacées par des émissions où la playlist règne en maître. Il ne reste plus guère que le Rock Show qui s'éloigne un peu de la ligne musicale générale de la station (mais la musique qui y passe m'intéresse vraiment trop peu). Cette volonté de couper tout ce qui dépasse est sans doute la partie la plus désespérante de toute cette histoire.

Apparemment, une station de radio doit, pour se développer et gagner des auditeurs, réduire l'éventail des musiques qu'elle diffuse. Je n'ai jamais bien compris les raisons sous-jacentes de cet état de fait mais la multiplication des exemples (des anciennes radios libres à Pure FM) semble indiquer que l'on ne peut pas lutter contre cette évolution qui, comme la mondialisation de l'économie, serait inéluctable. Il semblerait que l'auditeur lambda veuille à tout prix entendre en boucle les 25 mêmes chansons et surtout que l'animateur qui les annonce ne se mêle pas d'émettre un avis, surtout négatif. Le rassurant confort de la répétition que rient ne vient jamais interrompre, un tapis sonore familier qui se déroule sans surprise.

Il existe pourtant quelques contre-exemples. Pourquoi ne peut-on pas par exemple avoir en Belgique (ou en France pour ce que j'en sais) une station comme Radio 1 en Grande-Bretagne, qui respecte scrupuleusement des play-lists en journée (puisque c'est apparemment la panacée universelle de la radio pour "jeunes") et laisse carte blanche à ses animateurs en soirée. Personnellement, quand j'écoute la radio, j'ai envie d'être pris par la main et emmené à la découverte de chansons ou de genres que je ne connais pas, ou mal. Sur Pure FM, ce sera dorénavant presque impossible. Je serais notamment très curieux d'avoir une courbe de l'évolution du nombre moyen de morceaux différents diffusés par semaine sur Pure FM depuis les débuts. Il a sans doute nettement diminué, tout en restant encore sensiblement plus grand que sur NRJ (pour combien de temps ?).

Alors que Jérôme Colin annonçait la sortie prochaine d'un nouvel album de Kate Bush, il passait Running up that hill et expliquait sur antenne que les fans attendaient ce nouvel opus depuis plus de dix ans (il sort dans dix jours). En revanche, le directeur qui l'a viré (suivant l'exemple des participants au Phorum de dourfestival.net, je l'appellerai Crédit Lyonnais) n'a dit que "Kate Bush, elle est complètement folle. De toutes façons, ce n'est pas un disque pour Pure FM." Quand Jérôme Colin avait une touchante propension à s'enthousiasmer pour tout (Radiohead) et n'importe quoi (KoRn), le directeur de la station avoue sans états d'âme sur antenne "Parfois, j'en ai jusque là de toutes ces musiques." C'est sans doute un beau résumé du problème.

De plus, lors de sa dernière émission, Jérôme Colin a mentionné sur antenne la disparition de Big Dan, bel hommage de la part d'une radio dont, idéalement, Big Dan aurait dû être le public-cible.

Au revoir Jérôme donc et, de plus en plus clairement, adieu Radio 21 (dont il ne subsiste décidément plus rien de l'esprit). Bah, il restera toujours Internet, avec ce concert audio de Neil's Children par exemple.

EDIT : Rien de tel qu'un bon film Bollywoodien pour résumer de manière limpide toute cette pénible histoire.

vendredi, octobre 21

Katrina and the Waves (hum)

L'obligatoire single de charité en faveur des sinistrés du cyclone Katrina est sorti. La vidéo peut être vue ici. J'ai un peu honte mais je dois bien avouer que je ne reconnais quasiment personne (Céline Dion, deux Backstreet Boys et, inexplicablement, Lee Ryan). Il me semble avoir entr'aperçu Garou aussi, mais que ferait-il là ?

EDIT : Rien, car ce n'était pas lui. La liste complète des participants est disponible sur le site consacré à la chanson (rubrique About Us) et l'ensemble fait un peu deuxième catégorie de stars quand même. Ca ne va pas aider à calmer ceux qui se plaignent que les habitants de La Nouvelle-Orléans sont considérés comme des citoyens de seconde zone.

Jarvis Cocker, Radiohead et les Wyrd Sisters

Un extrait de la BO de Harry Potter et la coupe de feu vient d'apparaître. C'est un drôle de mélange entre la voix de Jarvis Cocker (sorte de symbole absolu des années 90) et les chansons typiques de la pop britannique récente (de Franz Ferdinand à Art Brut), d'où une curieuse impression d'anachronisme.

mercredi, octobre 19

En attendant...

- Des extraits de l'album de Rachel Stevens sont disponibles ici ici (c'est loin d'être le meilleur) et . Je vous rappelle que vous devez absolument l'acheter.
- La vidéo pour Tristan de Patrick Wolf ici.
- Une Madeleine de 1996, La Nacelle de Hugo ici.

mardi, octobre 18

La fin d'une belle aventure.

J'en parlerai plus longuement demain mais je viens d'apprendre que Jérôme Colin, l'un des derniers animateurs de Pure FM réellement passionnés par la chose musicale venait de se faire virer. Je ne comprends pas grand-chose au pourquoi de cette décision mais il m'apparaît important de signaler aux autorités de la RTBF que beaucoup de gens sont tristes de voir que l'on ait pu transformer en moins de 2 ans l'excellente Radio 21 en une sorte d'"Europe Fun 2". Je suis triste.

Pétition ici. N'hésitez pas à signer. Ca ne sert pas à grand-chose (il suffit de voir Tyan, réduite à vendre je ne sais quel produit dans les pages de pub) mais ça soulage.

samedi, octobre 15

Paul Kalkbrenner

Ceci n'est pas loin d'être génial, quelque part entre Vangelis, la chevauchée des Walkyries et Brian Eno. Depuis le temps que j'entends parler du label BPitch, il faudra bien un jour que je m'y intéresse.

Hung up

Le nouveau single de Madonna est disponible ici. Je ne sais trop qu'en penser. Il semble que le but soit ici de s'éloigner de la pop au sens strict pour faire de la dance (après tout, le prochain album s'intitule Confessions on a dancefloor). On est à la limite plus proche de ces single trance que les anglais aimaient tant au début des années 2000 (de Alice Deejay à Ian Van Dahl,... ce genre) que de la pop au sens strict. Les mélodies sont réduites à leur plus simple expression. Restent donc le beat, imperturbable, et le sample (ironique ?) de Abba pour faire bouger les jambes. Peut-être cela suffit-il, après tout.

vendredi, octobre 14

Cerisiers roses et pommiers blancs

Mon billet du jour sur la Blogothèque est consacré à Richard Gotainer.

Sinon, un extrait du nouvel album de Boards Of Canada est disponible ici et un morceau de Apoptygma Berzerk ici (celui ou celle qui peut me rappeler d'où proviennent les sons de cloche gagne toute ma gratitude).

jeudi, octobre 13

John Peel

La BBC a décidé qu'aujoud'hui serait le John Peel Day. Liste des programmes ici. Le tout peut s'écouter à partir de cette page.

+ le billet de Flum ici.

mercredi, octobre 12

Encore de la musique

- Quand l'Angleterre ciselait de la pop à guitares (Cocteau Twins, Slowdive, AR Kane)
- Mon esprit pervers prend pas mal de plaisir à écouter cette reprise toute en subtilité de First We Take Manhattan de Leonard Cohen.

mardi, octobre 11

Adoucissons les moeurs

- La musique actuelle de Modeselektor semble assez différente de ce que j'avais entendu en live l'année dernière, mais ça reste sympathique tout plein.
- Le nom OMC ne m'évoque rien (en musique j'entends). En revanche, le titre How bizarre m'évoque vaguement une petite comptine hip-hop sortie il y a quelques années, ici reprise par les joliments nommés The Diskettes. Sur la même page, un nouveau massacre de V/Vm, dont à ma grande honte je ne parviens plus à identifier la victime. De qui était encore cette chanson ?

PLUS :

- 2 inédits des Talking Heads (période Remain in light)

vendredi, octobre 7

Un peu de musique pour se changer les idées.

- Tout ce que vous avez toujours voulu savoir (en Portugais) sur le nouveau single de Madonna et son sample de Abba sans jamais avoir osé le demander.
- The Magic Numbers reprennent Crazy in Love de Beyonce.
- Il n'y a pas que moi qui le dis, même les webzines indés les plus prestigieux s'y mettent.

Hard-Fi, Ancienne Belgique, 05 octobre 2005

Le club de l'Ancienne Belgique est assez petit et peut sans doute difficilement contenir plus que 200 personnes. C'est peu pour le premier concert en Belgique de la "nouvelle sensation anglaise" (la 253ème depuis le début de cette année), Hard-Fi. J'ai déjà dit ailleurs tout le bien que je pensais de leur premier album, impressionnante collection d'hymnes pop imparables qui pourraient tous être le tube emblématique de groupes moins doués. The Ordinary Boys, par exemple, seraient sans doute moins ordinaires s'ils avaient dans leur répertoire un Cash Machine ou un Tied up too tight.

Lors de la petite heure de concert, le groupe rejouera l'album quasiment dans son intégralité. Il n'y a guère que Move On Now que je ne suis pas tout à fait sûr d'avoir entendu. Les versions live sont assez conformes aux versions studio, d'autant que toutes les parties de synthé sont diffusées sur bande. Dommage, car il y a peu de spectacles plus distrayants que celui fourni par des claviéristes prenant des poses de guitarkeyboard-hero, comme vous le confirmerait n'importe quel DVD live de Duran Duran (si une telle chose existe).

Ils étaient quatre sur scène : le bassiste à gauche (qui chante, on se demande un peu pourquoi, la plupart des choeurs en voix de tête), le guitariste à droite, le batteur au fond et, au centre de la scène, le chanteur-guitariste Richard Archer. Il est à moins d'un mètre de moi, une distance qui s'est avérée être largement inférieure à la "distance minimale de confort". J'ai ainsi dû rattraper en catastrophe le pied du micro avec la main avant qu'il ne se fracasse sur mon épaule (ces petites choses sont plus lourdes qu'on pourrait le croire), j'ai failli deux ou trois fois être éborgné par le manche de sa guitare et par son micro et je suis à peu près sûr que les gouttes qui me tombaient parfois sur la figure n'étaient pas de la pluie mais des postillons et/ou de la sueur.

On pourrait croire que je me plains là mais en fait, le principal intérêt de ce concert fut bien de me mettre (littéralement) face-à-face avec le chanteur d'un de ces groupes anglais surhypés que j'affectionne, dont j'écoute souvent les disques mais que j'ai rarement l'occasion de voir en concert, et sûrement pas d'aussi près. Le grand rideau à l'arrière de la scène arbore fièrement "Hard-Fi in operation" et la musique d'entrée (le thème d'Il était une fois dans l'Ouest) dénote un groupe qui n'a pas peur de se mettre en scène comme des U2 en devenir, même si l'exiguïté de la salle vient légèrement tempérer l'impression de grandeur qu'ils espèrent sans aucun doute créer.

Le concert en lui-même est assez basique. Les chansons s'enchaînent à la mitraillette et l'interaction musiciens-public est réduite à sa plus simple expression. Richard Archer a parfaitement intégré la gestuelle de l'indie-star anglaise en pleine éclosion. Il aboie ses paroles, le menton en avant, son regard vague semblant chercher sur le mur du fond une raison valable de ne pas regarder directement son public. A certains moments, il se penche vers l'avant (c'est en général le moment où je me penche vers l'arrière et regrette de ne pas avoir pris de parapluie). A d'autres, il va faire un petit duel de guitares avec son guitariste ou son bassiste. A la fin, il nous dit que nous avons été "an amazing audience", quand bien même le public a été assez statique (moi le premier). Rien de bien neuf donc. Une mécanique scénique qui a fait ses preuves, efficace et bien huilée, même s'il m'a fallu un peu de temps pour rentrer complètement dans l'ambiance. Les morceaux sont formidables (je ne le répéterai jamais assez) mais on ne gagne a priori pas grand-chose à les voir en live, sauf peut-être la surprise de constater que le deuxième instrument de prédilection du chanteur est le mélodica ou bien que l'une des causes de la popularité du groupe semble être son discours. Le NME avait d'ailleurs comparé Hard-Fi à The Streets pour leur manière de "chroniquer l'ennui d'une ville de province (Staines dans leur cas), les boulots merdiques que l'on se sent obligés d'accepter pour pour pouvoir se torcher la gueule honnêtement durant le week-end" (je paraphrase ce que j'ai compris du propos de Living for the weekend). Pourtant, aveuglé par la brillance musicale des chansons, je n'avais jusqu'ici pas du tout fait attention à ce qu'elles racontaient, un oubli que je m'empresserai de réparer en allant jeter un oeil sur les paroles (qui sont disponibles sur le site officiel du groupe ).

Je termine en disant qu'un groupe qui reprend en concert Seven Nation Army des White Stripes en modifiant la ligne de basse (oui, je sais ce n'est pas de la basse mais on fera comme si) et en ponctuant les refrains par des hurlements de loup ne peut pas être complètement mauvais.

Dans un peu plus de deux semaines, je remets ça au même endroit avec Art Brut.

Setlist approximative (plus sûr de l'ordre des morceaux entre 4 et 8) :

01. Intro
02. Middle Eastern Holiday
03. Gotta Reason

4-8. Do Better
Tied up too tight
Unnecessary trouble
Sick of it all (inédit, reprise ?)
Feltham is singing out

09. Seven Nation Army
10. Cash Machine
11. Hard to beat
----
12. Levi Stubbs (le chanteur seul à la guitare acoustique)
13. Stars of CCTV
14. Living for the weekend

PS : En attendant le début du concert, j'ai souvent jeté un regard vers la porte d'entrée de la salle, m'attendant à voir entrer un grand type à lunettes, qui avait toujours le chic pour aller aux mêmes concerts que moi (ainsi qu'à beaucoup d'autres). Il n'est pas venu. Je viens d'apprendre qu'il était décédé le week-end dernier. C'était devenu un ami, même si je ne le voyais guère que dans les salles de concert ou les festivals. Il avait également disséminé quelques commentaires sur ce blog. Ce billet lui est dédié. R.I.P. Big Dan.

jeudi, octobre 6

Doléances

Cet individu est dangereux. En un peu moins d'une heure, il m'a envoyé un pied de micro dans la figure et a manqué de m'éborgner avec son micro et le manche de sa guitare. Il a de plus abondamment postillonné et m'a arrosé de gouttes de sueur pendant tout le concert.

Je vous en dirai plus demain.

mardi, octobre 4

Opération humanitaire

Même quand on aime la pop contemporaine (au sens où je l'entends ici, c'est-à-dire de Britney Spears à Robbie Williams en gros), il faut bien reconnaître que, bien qu'à peu près tout le monde peut sortir un jour un single imparable, rares sont les albums récents qui tiennent la route sur la longueur. Dans la plupart des cas, on peut se retrouver avec une poignée de bonnes chansons et le reste de chutes de studio dont même un éliminé au premier tour de Pop Idol Liechetenstein ne voudrait pas (les premiers albums de Britney Spears ou les albums récents de Kylie Minogue sont de bons exemples). Parfois, un petit miracle survient et on découvre un album qui parvient à être aux 2/3 ou aux 3/4 convaincants (In the Zone de Britney Spears, Celebrity de *Nsync, Schizophrenic de JC Chasez ou même Millennium des Backstreet Boys, bien qu'il faudrait sans doute que je réécoute ce dernier). Cependant, les albums complètement réussis sont très rares. La sortie la semaine prochaine de, Come and get it, le deuxième album de Rachel Stevens est donc un véritable événement.

Voici huit raisons qui expliquent de manière scientifique pourquoi vous vous devez de l'acheter sans tarder.

1 - Contrairement à la plupart des chanteuses pop (oui, oui, Britney, c'est à toi que je parle), elle ne se sent pas obligée de nous infliger deux-trois ballades 'à voix' pour prouver à ses détracteurs qu'elle n'est pas qu'une machine à faire danser dans les discothèques mais est aussi capable de mettre de la substance et de l'émotion dans ses chansons. Ce besoin de se voir reconnaître du "talent" donne souvent de très mauvaises chansons et ceux qui ont besoin de leur dose de profondeur et de grands sentiments quand ils écoutent de la musique n'ont qu'à se rabattre sur James Blunt.

2 - Some Girls explique (littéralement) comment, pour réussir, il faut parfois faire des petites gâteries à son producteur (Richard X en l'occurrence) en précisant que l'on peut toujours faire passer le goût (première étape vers l'oubli) en buvant une coupe de champagne.

3 - It's All About Me est sans doute la chanson la plus faible de l'album (c'est la seule dont l'écoute ne me fait pas penser 'Waow. Voilà une très bonne chanson pop'). Elle contient néanmoins un sample éhonté de The Cure qui fera pâlir d'horreur les Goths les plus livides, ce qui fait de cet album l'équivalent musical d'un paquet de Persil.

4 - Toutes les chansons de l'album pourraient être des singles. D'ailleurs, à y bien regarder, quatre l'ont déjà été (Some Girls (le meilleur single de 2004), Negotiate with love, So Good ou le tout nouveau tout chaud I said never again (and here we are)). On peut d'ailleurs se demander si le fait de sortir quatre singles avant la sortie d'un album n'est pas une très mauvaise technique commerciale. Qui ira acheter un album dont il connaît déjà presque le tiers des chansons ? Moi évidemment... et vous, puisque vous vous devez de l'acheter sans tarder.

5 - Pour plein de raisons, la pop-music est dans une mauvaise passe commerciale, même en Grande-Bretagne, qui est pourtant son berceau historique. Tout indique que cet album (tout comme Schizophrenic l'année dernière) sera un désastre commercial. Or, si Rachel Stevens ne vend pas un nombre suffisant d'albums, il est probable que les chansons pop qui seront écrites dans le futur par les producteurs impliqués sur cet album seront à l'avenir refilées à Kelly Osbourne, qui se forcera à les chanter en prenant un air misérable tout en déclarant à qui veut l'entendre que son papa est un rockeur et qu'elle méprise donc la pop-music. Notre monde moderne comporte déjà bien assez d'hypocrisie pour ne pas ainsi en rajouter une couche.

6 - J'ai entendu il y a deux semaines So Good en faisant mes courses au supermarché alors que, à ma connaissance, aucun disque de Rachel Stevens n'est jamais officiellement sorti en Belgique. J'ai chanté en play-back et esquissé un pas de danse entre deux rayons et ai failli laisser choir mes douze pots de yaourt aux ananas (ma drogue de prédilection). Il s'agit donc d'un disque subversif qui s'attaque frontalement à la société de consommation... un peu comme les Sex Pistols, mais avec un plus beau sourire.

7 - Kylie Minogue est occupée à se soigner. A en juger par le single, le prochain album de Madonna promet d'être franchement embarrassant. Les nouveaux morceaux de Britney Spears laissent plutôt circonspects, d'autant que tout le monde sait que le premier album post-maternité d'une chanteuse est toujours un loukhoum écoeurant plein de divagations sur le sens de la vie et le bonheur de la transmission. Il ne reste donc que Rachel Stevens pour défendre la pop musique anglo-saxonne contre les assauts de James Blunt et Il Divo.

8 - Les clients Amazon n'ont qu'à cliquer ici, ce qui fait de l'achat de l'album le meilleur rapport plaisir sur effort depuis l'invention de la sieste en hamac entre deux palmiers.

Si avec de tels arguments vous n'êtes pas convaincus, il ne me reste plus que les yeux pour pleurer.

vendredi, septembre 30

Retour

A partir de cette semaine, je recommence à écrire pour le mp3-blog de la Blogothèque, à raison d'un billet toutes les deux semaines. Au programme cette semaine : Elbow et les Super Furry Animals.

Par ailleurs, vous pouvez écouter un extrait du nouvel album de Faye Wong ici. Profitez-en bien. J'ai toujours eu énormément de mal à trouver sur Internet des endroits où on peut écouter et/ou télécharger de la canto-pop. (D'ailleurs, si certains d'entre vous ont des tuyaux, je suis preneur.)

mardi, septembre 27

World pop music

- Vous pouvez écouter un extrait du nouvel album de tATu chez Stypod.

- Un nouveau mp3-blog consacré à la pop que l'on n'entend nulle part ailleurs vient de naître. Du russe, du norvégien, du hong-kongais... Que du bonheur.

- Il paraît qu'il existe encore, quelque part dans l'univers, des gens qui ne connaissent pas Fade to Grey de Visage. C'est intolérable. Comme déjà mentionné par ailleurs, je vous conseille d'enchaîner l'écoute de ce morceau par celle du One Word de Kelly Osbourne.

Sinon, ça fait deux jours que j'essaye d'écrire un billet, sans y arriver. Je ne perds pas espoir.

samedi, septembre 24

Au faussaire ! Au faussaire !

Internet est décidément plein de surprises. Je cherche des informations sur l'album que Scott Walker est censé enregistrer pour 4AD et tombe sur ça. C'est d'autant plus drôle que cet imposteur canadien s'appelle réellement Scott Walker alors que le vrai Scott Walker s'appelle en fait Noel Scott Engel.

jeudi, septembre 22

Ils se reconnaissent entre eux.

Les végétariens, c'est un peu comme les francs-maçons.

Sinon, et ça n'a rien à voir, vous pouvez aller écouter un morceau des Electric Prunes ici.

mercredi, septembre 21

Des images qui bougent

Quelques vidéos vues récemment sur le Web.

- Glosoli de Sigur Ros ici.
- Civil Sin de Boy Kill Boy ici. J'ai découvert hier ce groupe qui tente vaillamment de piétiner les plates-bandes des Killers. Etant donné que la chanson est plutôt meilleure que Mr Brightside et qu'en plus le chanteur imite les mimiques d'Eddie Vedder dans la vidéo de Jeremy, je pense que ça pourrait marcher. (Je tente des prédictions à l'emporte-pièce, mais si ça se trouve, ça tourne déjà en boucle sur MTV2).
- Push the Button, le nouveau single des Sugababes ici.

Hello, Kate.

Le nouveau single de Kate Bush s'appelle King of the Mountain et vient à l'instant d'être diffusé sur Radio 2 (la chaîne adulte grand public de la BBC). Je m'étais préparé à faire un compte-rendu circonstancié de l'événement. J'avais mis les baffles à un volume confortable et ouvert le bloc-notes pour noter mes impressions en direct. Las, durant les trois-quatre minutes de la chanson, je n'ai su quoi écrire et me suis finalement retrouvé avec ça :

staccatos, peu de percussions.
Voix n'a pas changé
Mélodie qui reste longtemps sans décoller.
Suivi par Bon Jovi... Je rêve.


Un grand moment de chronique en temps réel vous en conviendrez.
Une nouvelle écoute s'imposera donc. Cela devrait être possible dès cet après-midi (13h30) en allant sur cette page. La chanson est diffusée à 10h07 heure locale, soit 37 minutes après le début du show (il faut donc avancer de 35 minutes grâce aux boutons qui vont bien).

mardi, septembre 20

Grace (under pressure)

Une étonnante reprise de Jeff Buckley par King Creosote à écouter ici. La chanson est extraite d'une compilation hommage aux Buckley père et fils sur laquelle on retrouve des gens aussi intéressants que Micah P. Hinson, The Magic Numbers, Adem, Engineers, Tunng et Sufjan Stevens. Ca donne envie. Extraits ici.

Les dirigeants du monde libre.

Il y a pour moi un vrai mystère Elbow et la sortie de leur troisième album, Leaders of the free world, ne fait que l'épaissir. Le groupe est apparu à peu près en même temps que toute une kyrielle de groupes plus ou moins dépressifs dont, à première vue, rien ne les distinguait vraiment. Pourtant, alors que toute cette vague de groupes a depuis longtemps disparu de mon horizon musical (qui s'intéresse encore aux Turin Brakes... franchement ?), je ressens avec la musique du groupe une affinité très forte qui ne diminue pas et que je ne m'explique pas vraiment.

Les morceaux ont beau faire 3'30'' en moyenne, la notion de 'chanson' avec sa rassurante alternance couplet-refrain et ses mélodies à fredonner sous la douche est assez éloignée des préoccupations du groupe, qui préfère mettre sur pied des installations sonores qui paraissent à première vue comme grossières, un peu lourdingues et assemblées à la va-vite et sans souci du détail. Pourtant, l'écoute (répétée) des deux précédents albums du groupe ont été pour moi la source constante d'épiphanies mineures, d'éblouissements passagers. Mieux, le concert auquel j'ai assisté en mars 2004 a généré en moi une euphorie inattendue. J'avais à l'époque tenté de comprendre pour quelle raison la musique du groupe m'émouvait à ce point et n'y étais pas arrivé.

Une chose est sûre en tout cas. Cette première impression d'une musique qui manque de finesse et d'une instrumentation un peu lourdingue n'est qu'une vaste foutaise (peut-être en partie générée par la figure de bûcheron mal réveillé de Guy Garvey). Leurs albums finissent en effet par se révéler des miniatures pop aussi finement ciselées que le plus parfait des EP de Belle and Sebastian (période Dog on Wheels). Derrière le son un peu crade des guitares, les ambiances retenues, la batterie qui impose, tel un métronome imperturbable, un tempo moyen et la voix voilée du chanteur, se cachent des trésors de légèreté. Ce paradoxe (lourdeur aérienne, sophistication rudimentaire ?) n'est que le premier d'une longue série qui fait d'Elbow le groupe idéal pour développer son catalogue d'oxymores. La musique d'Elbow peut ainsi m'évoquer une tristesse euphorisante, une résignation confiante, un optimisme désespéré ou un bonheur sans joie. Il y a chez Guy Garvey un côté Droopy (même physiquement), mais son "I'm happy" est sincère. Sans doute est-ce parce que cet état d'esprit me touche que je suis à ce point réceptif à la musique d'Elbow.

Comment décrire cette dernière ? Les points de comparaison ne manquent pas. Le plus évident, à cause d'un troublant mimétisme vocal, est sans doute Peter Gabriel (Station Approach sonne comme une chute de studio de So ou Us) mais on peut également y entendre le Talk Talk de Spirit of Eden ou même des Nits qui auraient enregistré un album de chansons lentes entre Giant Normal Dwarf et Ting (cfr The stops). Toutes ces références sont inattaquables (oui, oui, même Peter Gabriel) et pourtant aucune ne rend complètement justice à cet album (ou aux deux précédents) qui, dans l'effet qu'il produit (sur moi en tout cas), est tout à fait unique. Le sommet du disque est sans doute l'enchaînement de Mexican Standoff, avec son riff de guitare imparable que l'on aurait envie d'entendre répété à l'infini, et ce qui est sans doute le plus beau morceau de l'album, The everthere, où une mélodie toute en suggestion serpente paresseusement entre une guitare acoustique et quelques notes de piano. Ce n'est pas grand-chose mais je ne suis pas sûr que ça ait déjà été fait avec autant de grâce.

Bon, je viens de me relire et ce n'est pas encore aujourd'hui que je parviendrai à exprimer clairement ce que m'évoque Elbow. Si j'osais, je dirais que ce billet est à nouveau "a thick Elbow in the water". Heureusement que je n'ose pas, j'aurais honte.

lundi, septembre 19

Je sais, je sais...

Je promets des billets sur Elbow pour samedi et le lundi suivant, toujours rien. On mettra ça sur le compte de la fatigue. En attendant le billet promis, vous pouvez aller jeter un oeil sur mon compte-rendu du concert de mars 2004 ici.

Dans un tout autre genre, la pochette du nouvel album de Madonna est visible ici.

samedi, septembre 17

Nous sommes tous des ingénieurs.

Un morceau des Engineers à écouter ici.

J'ai déjà dit tout le bien que je pensais du groupe ici et .

vendredi, septembre 16

Fluxblog nous gâte

- Un extrait du prochain album de The Fall.
- Un morceau de Magnetophone.
- Une reprise de Ray of Light de Madonna par un quatuor à cordes (avec de la disto).
- Un morceau de Quintron & Miss Pussycat, que j'avais vu en première partie de Le Tigre l'année dernière. On peut définir ça comme du post-punk synthétique (j'aime bien le terme post-punk, on peut lui faire dire n'importe quoi).

Par ailleurs, vous avez chez Said The Gramophone une reprise des Yeah Yeah Yeahs par mes surhypés préférés, Arcade Fire.

Pour ma part, je vous cause demain de l'album d'Elbow.

jeudi, septembre 15

Timide retour

- La bonne nouvelle du jour : Britney Spears sait enfin ce que Dieu attend d'elle. Elle l'a vu dans les yeux de son enfant.

- L'abomination du jour : les Royal Gigolos, ou quand la techno devient folle : Benny Benassi meets Mama Cass.

- L'info étonnante du jour : Les Nits auraient quitté PiaS pour retourner chez Sony.

- Le travail du jour. Retrouver un logiciel d'encodage pour reprendre le mp3-blog sur la Blogothèque.

mercredi, septembre 7

Soeur Anne, soeur Anne, ne vois-tu rien venir ?

Les premières images du film Edison circulent enfin sur le Web. Aucune sortie en salles n'est pourtant prévue. Les mauvaises langues diront que Justin Timberlake s'est révélé un acteur tellement pitoyable que les studios ont peur de le sortir. Les fans diront : "C'est même pas vrai. Kevin Spacey a même dit qu'il était le meilleur acteur avec lequel il ait jamais joué." A ce rythme-là, nous ne saurons sans doute jamais le fin mot de l'histoire.

Tant qu'à parler de méga-stars, le nouveau single de Madonna s'appelle Hung Up, contient un sample du Gimme Gimme Gimme de Abba et paraît dans l'ensemble assez pitoyable (jusqu'à ce que je change d'avis). Robbie Williams, quant à lui, se lance dans le reggae.

Désolé, je n'ai pas de liens à vous proposer. Vous devrez chercher par vous-mêmes si ça vous intéresse. En revanche, vous pouvez aller ici pour écouter ce qui est en gros une reprise du Sinatra français par la Kate Bush belge (hypothèse haute).

EDIT : Ce billet est pitoyable. On mettra ça sur le compte du stress.

dimanche, septembre 4

Sans transition (quoique)

On m'avait conseillé à plusieurs reprises de jeter un coup d'oeil à Nile, un groupe de death-metal qui, m'avait-on dit, se costumait en dieux égyptiens sur scène. Lorsque leur dernière vidéo a été mise en ligne, je me suis donc empressé d'aller la regarder, m'attendant à en prendre plein les yeux. La déception est cruelle. Les musiciens sont habillés en civil et ne paient franchement pas de mine. La vidéo n'est pas sans intérêt cela dit. On peut reconnaître au groupe un certain talent pour le 'hair-swinging' (malgré une calvitie galopante) et une dextérité époustouflante sur le manche des guitares. Je sens confusément qu'il y a là des doigtés qui feraient se pâmer la plupart des lecteurs de Guitare Magazine.

Mais visuellement, c'est une cruelle déception. N'y aurait-il que Mortiis et Gwar pour assouvir ma soif de costumes improbables ? Ce serait dommage car leur musique est un peu mollassone. Celle de Mortiis est même significativement plus proche de Apoptygma Berzerk (au hasard) que de Cannibal Corpse. C'est dire.

Pour conclure, je comprendrais tout à fait que vous vous disiez un truc du genre "L'éclectisme, c'est a priori une qualité mais passer des Pet Shop Boys à Nile en 24 heures est un hiatus un peutrop forcé pour être honnête.".

Et pourtant, des Pet Shop Boys au death-metal, il n'y a qu'un pas et je le prouve.

EDIT : Je précise que je n'y connais absolument rien en death-metal mais que, à très petites doses, j'éprouve pour le genre une indulgence coupable et une sorte de repect amusé (sans doute à cause d'un condisciple au lycée).
Autre EDIT : Ceux-ci sont tout de même pas mal du tout dans le genre.

samedi, septembre 3

Programme de demain

Une petite excursion à Bonn pour voir ceci (pour la deuxième fois).

vendredi, septembre 2

Linking Park (express)

- Un morceau de Efterklang à écouter chez Stylus, assez conforme à ce que je connais du groupe.
- Du Bent comme s'il en pleuvait chez Silence is a Rhythm Too (et les trois billets qui précèdent). Bent fait une sorte de coffe-music à la Morcheeba mais qui pavient souvent à être plus intéressante. Je vous laisse juge.
- Pour finir, pas de panique. Fats Domino va bien.

jeudi, septembre 1

Bouhouhou...

Un commentaire d'insultes a été envoyé sur mon précédent billet. Je pense bien que c'est le premier depuis le début de ce blog. Ca me déprime. En fait, je fais sans doute bien de me concentrer sur ce que j'aime et d'éviter de parler de choses qui ne m'intéressent pas. Apparemment, ça irrite certains de lire des opinions contraires aux leurs (alors que j'adore ça personnellement).

Sinon, je suis allé écouter le nouveau single des Sugababes ici et cela m'a un peu redonné la moral. Dans un autre genre, vous pouvez aller choper ici Fuck Forever, la chanson qui, selon le NME, va faire de Babyshambles le plus grand groupe d'Angleterre depuis Oasis. Je suis sceptique.